Actualités sur les sectes en mai 2008

Béatitudes Castres - Béatitudes de Saint Luc : l'affaire classée sans suite
Témoins de Jéhovah Corse : Jéhovah privé de salle de réunion
Sectes Les nouveaux visages des sectes
Sectes J'ai grandi dans une secte
Sectes Quand la doctrine justifie les pires abus
Sectes Le gourou d'une secte arrêté au Nouveau Mexique
Sectes Assemblée nationale Question/réponse - Roy Patrick - Scientologie
Sectes Assemblée Nationale - Question/réponse - Michel Liebgott - Loi 1905
Satanisme Georges Fenech : “Nous suspectons le collégien de Meyzieu d'appartenir à un réseau satanique”
Raël Interdit de séjour en Valais, Raël recourt au Tribunal Fédéral
Chaînes d'argent Le piège des chaînes d'argent
Scientologie Anonymous : le masque et l'enclume
Moon Moon père et fils
Falungong Discréditer n'est pas diffamer
Sectes Les derniers adeptes d'une secte retranchée sous terre sont sortis vendredi
Méditation transcendantale Une école dite sectaire veut s'installer à Woluwees
Témoins de Jéhovah La cour Suprême délibère sur le cas d'une adolescente qui refuse une transfusion
Sectes Assemblée Nationale - Question/réponse - Villain François Xavier - Grelliet Jean - Mourrut Etienne
Mormons fondamentalistes Secte polygame : la Cour condamne le raid
Sectes Quatre associations adressent une lettre à Madame la Ministre de l'Intérieur et un communiqué à l'AFP
Les Béatitudes Les Béatitudes, la communauté qui aurait viré à "l'enfer"pour un roubaisien
Satanisme Deux ans de prison ferme requis contre un couple profanateur
Sectes Les sectes, forum du Nouvel Obs du 27 mai 2008
Actualités diverses Communiqué de presse de Danièle CREACHCADEC - Gaylord LE CHEQUER- Cheick MAMADOU  - Conseillers municipaux de Montreuil

(*) Articles et documents qui, compte tenu de leur taille, ne sont pas ci-dessous, mais sur une page particulière ou sur le Web


France : Béatitudes

Castres . Béatitudes de Saint Luc : l'affaire classée sans suite

La Dépêche, 2 mai 2008 par Jean-Marc Guilbert.

[Texte intégral]

Le coup est dur pour le couple Michelena. Myriam et Pascal, anciens membres de la communauté des Béatitudes à Cuq-les-Vielmur entre 1998 et 2002 espéraient beaucoup de la plainte qu'ils avaient déposé en avril 2005 contre leur ancienne communauté religieuse pour des faits d'escroqueries et abus de faiblesse.

Depuis de longs mois en effet, toune autour de cette communauté qui compte une trentaine de sites en France, reconnue par le Vatican comme «laïque» le doute et le soupçon de «dérives sectaires». La Miviludes, mission interministérielle de vigilance contre les dérives sectaires a déjà pointé du doigt les Béatitudes, anciennement nommées «Lions de Judas et de l'agneau immolé».

Selon les associations «anti sectes» , cette communauté joue, ou jouait en tout cas, un jeu dangereux, mêlant thérapie, médecine , psychologie et spiritualité.

Des domaines qui , pourtant, doivent rester étanches.

C'est aussi tout cela que le couple Michelena espérait dénoncer en allant devant la justice castraise et en publiant un livre, «Les marchands d'âmes» aux éditions Golias.

Aujourd'hui, la justice vient de trancher et a classé sans suite la plainte des Michelena.

Dans son ordonnance de revoi en effet, la juge d'instruction estime en effet qu'il n'y a pas eu abus de faiblesse mais plutôt un ressenti de «manipulation mentale», une notion qui l'entre pas dans droit tel quel. Par ailleurs, elle ne s'exprime pas sur l'escroquerie, estimant que les faits dénoncés par Myriam et Pascal Michelena étaient prescrits de toute façon.

«Si nous avons tardé à porter plainte, c'est parce que nous avons essayé en premier lieu de trouver une solution avec les institutions éclésiales et le tribunal d'officialité de Toulouse. N'ayant pas été entendus, nous sommes allés vers la justice pénale. Aujourd'hui, nous sommes ecoeurés par tout cela. Mais nous voulons tourner la page en espérant que d'autres victimes trouvent le courage et l'énergie de prendre le relais.»

La communauté estime que les choses ont changé

La communauté des Béatitudes dont fait partie le château Saint-Luc a, depuis le début de cette affaire, reconnu que «des erreurs avaient été commises» par le passé.

Le berger Bernard-Marie notamment expliquait il y a quelques mois dans nos colonnes que desormais, tous les frères et sœurs de la communauté disposait d'une couverture sociale par exemple et que les domaines du travail psychologique sur soi des membres et le domaine religieux étaient maintenant strictement séparés.

D'ailleurs, fin 2007, les autorités du Vatican qui avaient donné un statut d'association de fidèles aux Béatitudes pour 5 ans, leur ont imposé de nouvelles obligations.

Selon nos informations, ces obligations comportent notamment l'interdiction faite aux membres de la communauté de porter l'habit religieux, l'obligation faite aux familles d'avoir une résidence indépendante des autres membres, la protection des enfants, l'obligation de disposer d'un emploi...etc.

Par ailleurs, le Vatican demande explicitement aux dirigeants de la communauté de proscrire les pratiques liées à ce que l'on appelle le «psycho-spirituel», c'est à dire le mélange entre le religieux et une forme de thérapie.


France : Témoins de Jéhovah

Corse : Jéhovah privé de salle de réunion

AFP, 3 mai 2008

[Texte intégral]

Le juge des référés du tribunal administratif (TA) de Bastia a ordonné aujourd'hui la suspension de la construction d'une salle de réunion destinée à accueillir des Témoins de Jéhovah, à Lucciana (Haute-Corse).

Le permis de construire d'une bâtisse de 170m2, susceptible de recevoir une centaine de personnes, avait été accordé le 23 janvier 2007. Le maire de Lucciana, José Galetti, estimait le permis "ficelé" en toute régularité, selon un riverain.

Les habitants d'un lotissement voisin, regroupés en collectif, ont demandé au TA la suspension du permis, soutenant notamment que la notice jointe au dossier ne permettait pas "d'apprécier l'impact visuel du bâtiment envisagé".


France : Sectes

Les nouveaux visages des sectes

Le Dauphiné Libéré, 3 mai 2008

[Texte intégral]

La thématique du "développement personnel" est au coeur d'une montée en puissance de pratiques particulièrement inquiétantes...

Sur l'inépuisable marché de l'obscurantisme, les sectes conquièrent des parts tous les jours. De l'église de Scientologie aux micro-associations locales, toutes surfent sur les mouvements en vogue. La thématique du "développement personnel" est ainsi au coeur d'une montée en puissance de pratiques particulièrement inquiétantes inspirées pour la plupart du New Age.

Selon nos informations, des dizaines d'associations suspectées de dérives sectaires par les pouvoirs publics sont créées chaque année en Rhône-Alpes, et cela en toute légalité...

"Nous sommes confrontés à un développement exponentiel des micro-structures qui exploitent les domaines de la thérapie individuelle pour prendre le contrôle de personnes en souffrance ou tout simplement mal dans leur peau", confirme Isabelle Ferrari, de l'ADFI (Association de défense des familles et de l'individu victimes de sectes)Savoie-Isère.

Des drames familiaux

Le développement de pratiques fumeuses, à mi-chemin entre charlatanisme et escroquerie, pourrait prêter à sourire si ces activités ne faisaient pas exploser chaque jour des familles entières. Car le processus de désocialisation des victimes est soigneusement rodé : en s'appuyant sur des méthodes connues - hypnose, sophrologie, psychothérapie - et d'autres plus obscures (psychogénéalogie, décodage biologique des êtres vivants (sic), massages énergétiques, gestalthérapie, cristallothérapie, etc.), certains thérapeutes auto-proclamés instaurent une relation de domination amicale très forte avec les "patients" et suivent deux objectifs majeurs : les convaincre que leurs difficultés proviennent de leur entourage et de traumatismes infligés dans le passé. Le cas dit "des faux souvenirs induits", détaillé dans le dernier rapport de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), est terrifiant : "Le syndrome du faux souvenir est le fait de praticiens ramenant systématiquement toutes les difficultés de la personne à des souvenirs occultés souvent depuis la prime enfance, de maltraitances tels l'abus sexuel (viol, inceste) dans l'entourage familial", détaille le rapport de la Miviludes. "Nous nous trouvons régulièrement confrontés à des personnes dont le conjoint a annoncé solennellement au cours d'une réunion de famille qu'il avait été violé par ses parents. Son psychothérapeute auto-proclamé l'avait convaincu de rompre définitivement avec son milieu familial", explique-t-on à l'ADFI. Familles laminées du jour au lendemain, enfants confiés à la DDASS, suicides de parents accusés à tort et parfois placés en garde à vue : la sinistre mécanique sectaire produit son lot de désespoir.

Selon un autre spécialiste rhônalpin des dérives sectaires, l'objectif principal des gourous est bien entendu financier. De fausses psychothérapies coûteuses en stages de développement personnel dirigés par des "coachs" plutôt intéressés, de séances "anti-stress" en stages de formation fantaisistes, le patient y laisse ses revenus, ses économies et, à l'occasion, celles de ses proches : jamais sans doute, "l'accomplissement de soi" n'a fait autant de dégâts !

De curieux cours de rattrapage

"Des micro-structures organisées en associations ont investi les secteurs de la santé, de l'éducation et de la formation. Elles sont parfois des émanations de grandes sectes et elles gangrènent littéralement le milieu associatif. Elles mettent à profit liberté d'association et d'expression pour se constituer en entité organisée ; dans un second temps, elles orientent leur action sur le domaine très à la mode de l'accomplissement de soi pour parvenir à leur but, qui est la prise de contrôle psychologique et financière", résume un très bon connaisseur du phénomène.

Le phénomène est à ce point alarmant que des responsables de l'éducation nationale mettent régulièrement en garde les parents d'élèves, comme cela s'est produit à Voiron (Isère) récemment, contre un organisme proposant des sessions de rattrapage à l'adresse des élèves en difficulté, et qui était en fait une "filiale" de secte très connue.

Plus largement, le secteur de la formation est devenu ces dernières années un vecteur de prosélytisme privilégié : certaines grandes administrations et de très honorables sociétés privées proposent régulièrement et en toute bonne foi à leurs salariés des stages organisés par des prestataires dont les véritables objectifs sont sujets à caution.
Lire aussi :
"Le retour à l'obscurantisme"

Denis MASLIAH

Paru dans l'édition 38H du 03/05/2008


Canada : Sectes

J'ai grandi dans une secte

Le Soleil, 4 mai 2008 par Stéphanie Martin

[Texte intégral]

Claudine se souvient très bien de son enfance. Les joyeuses parties de cartes avec les oncles et les tantes, la vie simple et tranquille. Jusqu'à ce que tout bascule, alors qu'elle avait neuf ans, quand son père a entraîné la famille dans une secte religieuse. «Cela a détruit notre famille.»

Claudine, ce n'est pas son vrai nom. Même plusieurs années après être sortie du groupe, elle ne veut pas être identifiée. Elle refuse aussi que la secte soit nommée, car certains membres de sa famille en font toujours partie, dont ses parents.

Du jour au lendemain, la petite fille et ses neuf frères et sœurs se sont vu imposer un mode de vie ultrarigide basé sur des principes religieux. Modestie absolue pour les femmes — ce qui implique une entière soumission aux hommes —, code vestimentaire très strict, participation obligatoire à des messes, des prières et des congrès, pèlerinages pour assister aux apparitions de la Vierge.

Progressivement, les enfants ont été coupés du reste de leur famille, puis du monde en général. Chez eux, la télévision était interdite, car elle était considérée comme un objet démoniaque. La peur de l'Apocalypse hantait leur quotidien.

Claudine a eu la chance d'aller à l'école. Mais ce n'était pas le cas de la plupart des enfants des adeptes. Sur recommandation des grands pontifes du groupe religieux, on leur enseignait à la maison. «Mais il n'y avait aucun encadrement, aucun manuel scolaire fourni. Ça faisait des enfants asociaux, qui n'avaient pas de scolarité, des illettrés», raconte Claudine.

Pour elle, les années scolaires ont été difficiles. La petite, affublée de vêtements «différents», essuyait constamment les moqueries. «J'ai beaucoup souffert de cela. De devoir lutter contre le ridicule.»

Mais le pire, c'était l'atmosphère invivable à la maison. Soumise au contrôle et aux pressions extrêmes de la secte, la mère est devenue violente. Les dirigeants exigeaient des parents une sévérité malsaine. «Quand ma mère revenait d'une rencontre avec la directrice, on en mangeait une, dit Claudine. On était bombardés par notre mère.» Un jour, elle a failli mourir, étranglée par celle qui lui a donné la vie.

Excédée, Claudine a fui la maison familiale à 17 ans pour devenir de son propre gré bénévole... à la maison-mère de la secte. Elle y a passé 12 ans, jusqu'à se rendre malade. Puis, elle a trouvé la force d'en sortir, et de se lancer tête première dans ce monde qu'elle croyait peuplés de forces sataniques. «Je me suis sentie perdue. Je ne pensais jamais être capable d'intégrer le monde.» Pourtant, elle y est parvenue. Au prix d'un divorce et de nombreuses thérapies, qui l'ont aidée à faire la paix avec son passé.


Canada : Sectes

Quand la doctrine justifie les pires abus

Le Soleil, 4 mai 2008 par Stéphanie Martin

[Texte intégral]

Au Québec, depuis des années, un nombre indéterminé d'enfants naissent au sein de groupes sectaires, sans jamais que leurs noms apparaissent au registre de l'État civil. D'autres y sont emmenés par leurs parents dès leur plus jeune âge et y passent leur enfance. Levée de voile sur l'un des plus grands tabous de notre société.

C'est un drame dont on ne parle à peu près jamais. Sauf quand des scandales sont mis au jour et étalés dans les médias. Comme c'est le cas actuellement avec la secte Yearning for Zion, démantelée au Texas, et de laquelle on a retiré plus de 460 enfants. On y encourageait la polygamie et les mariages entre personnes d'une même famille.

Le phénomène est certes marginal, mais néanmoins réel et, ce qui est très préoccupant, il se produit à l'échelle mondiale, s'inquiète Lorraine Derocher, chercheuse au groupe de recherche Société, droit et religions de l'Université de Sherbrooke, et auteure de Vivre son enfance au sein d'une secte religieuse, fraîchement sorti sur les tablettes.

Pour la rédaction de son ouvrage, elle a réalisé des entrevues avec sept adultes qui ont passé toute ou une partie de leur enfance au sein de groupes sectaires extrêmement fermés. Les récits donnent froid dans le dos. Il y a ce jeune garçon qui, à huit ans, kidnappé par son père, s'est réveillé loin de sa mère et de ses amis, dans un monastère où il devait travailler comme un forcené. Ou cette adolescente à qui on a imposé des rituels sexuels de «purification».

Fermeture
La secte est en rupture contestataire avec les valeurs dominantes de la société, explique Mme Derocher. Elle impose une fermeture physique et psychologique qui offre un terrain favorable aux abus.

Endoctrinés dès leur plus jeune âge, élevés dans la peur du monde extérieur, les enfants ne connaissent souvent qu'une seule réalité : celle de la secte, où «tout est justifié par le discours religieux». Un univers où il est normal d'être battu, négligé, violé, abusé.

«C'est ce qui est le plus grave», estime la chercheuse. Quand un acte sexuel ou violent est présenté à un enfant comme un rituel sacré, cela fausse toute sa perception. «Tu n'as jamais l'impression d'être forcée, (ni) d'être violée, même si tu l'es. C'est comme la pilule du viol, mais là, tu es endormie par la religion. (...) Je faisais ça pour Dieu», relate une femme dans l'ouvrage de Mme Derocher.

Les parents devaient protéger les enfants. Au lieu de cela, ils ont cautionné les abus, déplore Mike Kropveld, directeur général d'Info-Secte. La plupart du temps, les jeunes n'ont jamais fréquenté l'école, ou même le médecin. Ils n'ont donc jamais reçu de cours de sexualité.

Et malgré l'ignorance dans laquelle elles sont enfermées, il se produit chez certaines personnes un déclic, une urgence de partir. Soit parce que les attentes démesurées des parents se font insupportables, que la santé flanche, que les abus sont trop nombreux ou qu'un contact avec l'extérieur provoque un éveil. Et alors survient le choc des réalités.

Comme un immigrant dans son propre pays

Est-ce possible de n'avoir aucune idée de ce qu'est une carte de crédit, de qui est Mickey Mouse ou de l'utilité d'un curriculum vitæ? Les enfants des sectes, quand ils en sortent, partent de loin.

«Une personne me disait que c'est comme être immigrant dans son propre pays», illustre Mike Kropveld, directeur général d'Info-Secte. Les obstacles à l'intégration sont nombreux.

D'abord, pour les enfants des sectes, le monde extérieur est le repaire du malin. L'affronter est extrêmement angoissant. Souvent, dit M. Kropveld, ils se retrouvent sans le sou et la seule lutte pour leur survie accapare toute leur énergie.

Ensuite, puisqu'ils coupent les ponts avec leur famille et leur monde, ils perdent tous leurs repères culturels et moraux, souligne Lorraine Derocher, chercheuse à l'Université de Sherbrooke. Même le vocabulaire qu'ils ont utilisé toute leur vie n'a plus de sens. C'est ce qu'elle appelle le choc des réalités. Pour ceux qui découvrent que les rituels auxquels ils ont participé étaient en fait des agressions sexuelles, des crimes, «c'est dramatique.»

Aux prises avec une détresse extrême, certains songent au suicide ou tentent de mettre fin à leurs jours. D'autres persistent à reproduire l'univers fermé de la secte ou encore perdent les pédales devant la soudaine liberté qui s'offre à eux.

Chez Info-Secte, les demandes d'aide de jeunes de deuxième génération (qui ont passé une bonne partie de leur enfance dans une secte) sont en nette augmentation ces dernières années. Mais les ressources sont peu nombreuses et mal outillées, affirment M. Kropveld et Mme Derocher. Il existe cependant des moyens tout simples pour apporter un peu de réconfort. «Ce qui aide, c'est l'attachement à des personnes significatives, qui donnent un nouveau sens aux choses, naturellement», dit Mme Derocher.

Sources :
LORRAINE DEROCHER. Vivre son enfance au sein d'une secte religieuse. Comprendre pour mieux intervenir, Presses de l'Université du Québec, 183 pages

www.infosecte.org


Etats-Unis : Sectes

Le gourou d'une secte arrêté au Nouveau Mexique

Cyberpresse, 6 mai 2008

[Texte intégral]

 Los Angeles - La police du Nouveau-Mexique a arrêté le gourou d'une secte apocalyptique, sous le soupçon d'avoir commis des abus sexuels, a-t-on appris mardi auprès des autorités de cet État.

Wayne Bent, 66 ans, dirigeant de «L'église du Seigneur de notre vertu» professant une fin du monde proche, a été arrêté lors d'une descente de policiers dans le complexe de la secte près de la ville de Clayton, dans le nord-est du Nouveau-Mexique.

Selon le porte-parole de la police d'État Peter Olson, M. Bent est visé par trois chefs d'inculpation pour crimes sexuels. Il n'a pas donné plus de détails.

Cette interpellation intervient alors que trois mineurs ont été soustraits le mois dernier à la secte par les services de l'enfance de l'État, à la suite d'allégations sur des abus présumés impliquant le gourou.


France : Sectes

Assemblée Nationale - Question/réponse - Patrick Roy - Scientologues

JO, 6 mai 2008

[Texte intégral]

13ème législature

Question N° : 17050

 de M. Roy Patrick(Socialiste, radical, citoyen et divers gauche - Nord)

QE

Ministère interrogé : 

Intérieur, outre-mer et collectivités territoriales

Ministère attributaire : 

Intérieur, outre-mer et collectivités territoriales

Question publiée au JO le : 19/02/2008 page : 1340

Réponse publiée au JO le : 06/05/2008 page : 3848

Rubrique : 

ésotérisme

Tête d'analyse : 

Église de scientologie

Analyse : 

revendications. pertinence

Texte de la QUESTION :

M. Patrick Roy attire l'attention de Mme la ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales sur la demande tout à fait scandaleuse de l'Église de scientologie qui souhaite que ses membres bénéficient de la liberté de conscience reconnue dans la Constitution. Dans un communiqué diffusé mardi 12 février 2008, l'Église de scientologie s'estime victime de "violations de la loi de 1905" sur la séparation des Églises et de l'État. Elle demande que ses membres bénéficient de la liberté de conscience reconnue dans la Constitution. Il souhaite connaître la réponse qui sera faite à cette organisation.

Texte de la REPONSE :

L'article 10 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen disposant que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi », l'article 9 de la Convention européenne des droits de l'homme précisant que « toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion » et l'article 1er de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État, disposant que la République assure la liberté de conscience, il en résulte que les adeptes français de l'Église de scientologie jouissent comme tout citoyen des droits garantis par ces textes

 


France : Sectes

Assemblée Nationale - Question/réponse - Michel Liebgott - Loi 1905

JO, 6 mai 2008

[Texte intégral]

13ème législature

Question N° : 15864

 de M. Liebgott Michel(Socialiste, radical, citoyen et divers gauche - Moselle)

QE

Ministère interrogé : 

Intérieur, outre-mer et collectivités territoriales

Ministère attributaire : 

Intérieur, outre-mer et collectivités territoriales

Question publiée au JO le : 05/02/2008 page : 922

Réponse publiée au JO le : 06/05/2008 page : 3847

Rubrique : 

cultes

Tête d'analyse : 

financement

Analyse : 

subventions. réglementation

Texte de la QUESTION :

M. Michel Liebgott alerte Mme la ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales sur le projet prêté au chef de l'État de réformer la loi de 1905 portant sur la séparation de l'Église et de l'État. De laïcité positive lors d'une visite pontificale mise à profit pour vanter les mérites soit disant supérieurs du curé ou du pasteur face à l'instituteur, fondés sur une transcendance dont ce dernier serait démuni, en passant par Riyad où les valeurs religieuses sont mises en avant avec la même verve par le président d'une République laïque, le chef de l'État préparerait à présent, selon les déclarations de sa directrice de cabinet, une refonte de la loi de 1905. Ses principaux objectifs seraient « d'élargir la notion d'association cultuelle ». Derrière cette avenante sémantique se dissimule en fait la volonté, à laquelle le président de la République a souvent fait allusion, de rétablir le financement public des religions en leur accordant un statut qui autorise les subventions de l'État et des dons et legs déductibles des impôts, donc puisés dans la richesse de la nation. Il suffit pour s'en convaincre de considérer l'accueil bienveillant réservé en son temps par M. Sarkozy, alors ministre de l'intérieur et donc en charge des cultes, à l'église de la scientologie, à travers son pape hollywoodien qu'est l'acteur Tom Cruise, alors même que cette organisation est reconnue comme étant sectaire. Dès lors se glisseront dans la brèche, témoins de Jéhovah, associations islamistes fondamentalistes et autres sectes dont les méthodes de décérébration ne sont que trop connues et dénoncées par ceux et celles qui ont eu la force et la chance de s'en émanciper. Il lui demande donc, en sa qualité de ministre des cultes, de bien prendre la mesure des conséquences d'une telle réforme qui dans les faits mettrait à bas les fondements de la loi de 1905 ainsi que notre pacte républicain et laïc, en alertant la présidence de la République sur les risques ainsi encourus par notre pays.

Texte de la REPONSE :

La loi du 9 décembre 1905 relative à la séparation des Églises et de l'État a déjà été modifiée à treize reprises pour l'adapter aux évolutions de la société, qui n'ont pas manqué depuis sa publication. Il n'est pas envisagé de procéder à une nouvelle révision.

 


France : Satanisme

Georges Fenech : “Nous suspectons le collégien de Meyzieu d'appartenir à un réseau satanique”

Lyon Capitale, 7 mai 2008 par Guillaume Lamy

[Texte intégral]

Georges Fenech, ex (récent) député UMP du Rhône et ancien président de la commission d'enquête sur les sectes et les mineurs, vient d'être chargé par François Fillon d'une mission d'évaluation sur les « dispositifs judiciaires conçus pour lutter plus efficacement contre les dérives sectaires ».

- Lyon Capitale : Quel est l'objectif de cette mission ?
- Georges Fenech :
Le gouvernement est très ferme dans sa volonté de lutter contre les dérives sectaires qui, d'après mes chiffres, touchent environ 300 000 Français. L'objectif de cette mission est précisément de voir comment, dans les juridictions, s'appliquent les textes qui visent les dérives sectaires, les difficultés rencontrés par les plaignants, les magistrats, etc. Or, d'après ce que je constate, nous avons un vrai problème d'application des textes en France. De la même façon, on observe des disparités dans le fonctionnement des cellules départementales de vigilance ou des séances de travail que doivent, en théorie, organiser les procureurs généraux. Ce qui n'est pas le cas à Lyon, Jean-Olivier Viout (procureur général, ndlr) étant très actif en la matière.

- Comment peut-on définir une dérive sectaire ?
- C'est justement le coeur du problème. Il n'existe, aujourd'hui, aucune définition : la France s'est refusée à définir juridiquement une secte car cela pourrait remettre en cause la notion de libertés fondamentales. Par contre, la loi About-Picard de 2001 a permis d'introduire dans le code pénal le délit de « manipulation mentale » qui suggère toute emprise psychologique contraignant un individu à commettre des actes néfastes à l'encontre de lui-même ou d'autrui.

- Quels sont les nouveaux visages des sectes aujourd'hui ?
- Ce qui inquiète, c'est la progression du satanisme, à tel point que la Miviludes, la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, vient de publier un guide à destination des enquêteurs. Les Renseignements généraux estiment à 25 000 le nombre d'adeptes des mouvements sataniques en France, très majoritairement des adolescents âgés de 15 à 17 ans. D'ailleurs, nous suspectons fortement le collégien de Meyzieu, qui a agressé trois de ses camarades au couteau (lire Lyon Capitale du 29 avril), d'appartenir ou, du moins, d'avoir été influencé par un réseau gothique et satanique.


Suisse : Raël

Interdit de séjour en Valais, Raël recourt au Tribunal Fédéral

Le Matin, 8 mai 2008

[Texte intégral]

Raël s'apprête à faire recours au Tribunal fédéral contre l'interdiction qui lui est faite de séjourner en Valais. En avril dernier, le Tribunal cantonal avait retenu des motifs d'ordre public pour rejeter le recours du Français Claude Vorilhon, dit Raël.

"Si le Tribunal fédéral rejette la demande, Raël ira jusqu'au Tribunal européen", indique le porte-parole suisse de Raël Chris Antille. Il confirmait une information parue dans la "Tribune de Genève" et "24 Heures".

Le fondateur du mouvement raélien souhaitait prendre domicile en Valais et travailler pour une cave viticole d'un des membres du mouvement. Sa demande avait été rejetée en février 2007 par le service valaisan des étrangers, puis confirmée par le Conseil d'Etat en décembre de la même année.


France : Chaînes d'argent

Le piège des chaînes d'argent

Le Télégramme, 11 mai 2008 parYves Madec

[Texte intégral]

« Ça te dit de gagner plusieurs fois ta mise sans travailler ? ». Depuis quelques mois, les chaînes d'argent se multiplient à Morlaix, Vannes Quimper, Lorient ou encore Nantes. Outre son illégalité, c'est la manipulation mentale qu'implique le système qui inquiète.

« J'ai peur de l'avoir perdue avec cette histoire. Si je fais quelque chose, je serai celui qui lui aura
fait perdre 16.000 € »
. Hervé (*) est désespéré. Sa mère lui a proposé de rejoindre une chaîne d'argent à Quimper. Droit d'entrée : 2.000 €. Peu convaincu - « J'ai calculé qu'il n'y aurait pas assez d'habitants pour que je touche les 16.000 € » -, il s'est évertué à convaincre sa mère, professionnelle de santé. En vain. « J'ai beau lui dire que c'est une arnaque, elle ne me croit pas. Elle est persuadée que c'est un système d'entraide solidaire et qu'il n'y aura pas de souci car cela se déroule entre amis, avec des avocats, des juristes... » Son cas n'est pas isolé. Dans le Nord-Finistère, François explique que son frère et sa femme ont tenté d'enrôler ses parents il y a peu. « Cela m'a surpris car il a plutôt la tête sur les épaules, il a fait des études de sciences. Mais il a mal réagi face aux remontrances de mes parents. Pour lui, cela n'avait rien de méchant, c'était de la solidarité".

Six fois la population de Brest pour perdurer

Qui n'a pas dans son entourage un ami ou l'ami d'un ami approché pour intégrer une chaîne d'argent ? Plus subtile que les arnaques par mail en provenance d'Afrique - qui demandent une avance pour récupérer un invisible pactole -, les cercles de dons (appelés aussi chaînes d'argent, randonnées, rondes, roues d'abondance...) ont envahi la Bretagne. Preuve de leur succès, on évoque désormais des entrées à plus de 10.000 €.

Le principe est simple : quinze personnes dans un cercle, celui du centre reçoit la mise des huit derniers arrivés. S'en suit la création de deux autres cercles et le jeu se poursuit. Pour qu'il vive, ce système implique le recrutement incessant de deux personnes par arrivant. Un simple calcul permet de réaliser qu'au vingtième palier, plus de 500.000 personnes ont, certes, touché de l'argent mais 500.000 autres vont devoir recruter pour avancer d'un seul rang. Soit plus d'un million de personnes en attente, plus de six fois la population de Brest.

Nombreux sont ceux qui ne reverront jamais leur mise de départ. Ne comptez pas sur eux pour porter plainte. Et pour cause. Comment dénoncer l'ami ou le membre de la famille qui vous a entraîné ? Comment s'en prendre à un système auquel vous avez contribué de plein gré et dans lequel vous avez entraîné des proches ? Contactés, d'actuels membres n'ont pas souhaité répondre à nos sollicitations, prétextant ici une activité « légale », là « un système qui ne fait de mal à personne ».

Faux dans les deux cas. Mais dans la droite ligne des consignes données lors des réunions organisées au domicile de chacun. Actuellement, on dénombre quasiment deux réunions par soir en Bretagne. Des rencontres frappées du sceau de la confidentialité où les instructions sont rédigées noir sur blanc : « N'utilisez que des prénoms », « discrétion », « ne s'adresser qu'à des personnes de confiance », « ne pas laisser traîner les dossiers ». Étrange pour un système qui affirme ne pas être illégal ni pyramidal. Mais qui l'est bel et bien. Ce type de vente est, en effet, interdit en France depuis 1953. Selon la législation française, « il est interdit de proposer à une personne de collecter des adhésions ou de s'inscrire sur une liste en lui faisant espérer des gains financiers résultant d'une progression géométrique du nombre de personnes recrutées ou inscrites ». Plusieurs condamnations ont déjà eu lieu

Un livre en guise de guide ?

Mais au-delà de l'escroquerie, c'est toute la doctrine qui accompagne ce jeu qui gêne aux entournures. Un discours bien rodé, basé sur l'affectif et la solidarité avec un langage spécifique, des membres aveuglés qui n'écoutent plus leur entourage : ne serait-ce pas là les prémices d'une dérive sectaire ? Et que penser de ce roman futuriste sur le « jeu de l'abondance », proposé à chacune des réunions et qui assure qu'« une autre conception de l'argent, moteur de la société moderne, est possible » ? Présidente de l'association Bretagne-Sud de défense des victimes de sectes, Annick Le Héritte a été contactée à deux reprises ces derniers mois par des personnes approchées pour entrer dans des cercles. « Des gens fragiles, malades ou en rupture de couple, se souvient-elle. Ils n'avaient pas mordu. Pour moi, il s'agit plus de manipulation mentale car on fait culpabiliser une personne si elle hésite. Maintenant, s'il y a une idéologie, des réunions et un livre de référence, cela se rapproche d'une dérive sectaire ».

* À la demande des intéressés, tous les prénoms ont été modifiés. Liens utiles : www.anticercles.blogspot.com, www.nopyramide.com « On se retrouve vite pieds et poings liés... »

Durant quatre mois, Michèle, Morbihannaise d'une quarantaine d'années, s'est prêtée au jeu. Avant, il y a quelques semaines, de tout lâcher. « C'est une amie qui m'a parlé d'un truc extra pour gagner de l'argent, une belle aventure basée sur la confiance, la solidarité et l'entraide.

Nous nous sommes rendues un soir dans une maison du Finistère-Sud. Il y avait une trentaine de personnes, de tous les âges, de toutes les professions. Le couple qui nous recevait nous a raconté une belle histoire à faire partager, un concept créé par un thérapeute suisse ou allemand. Ils auraient été chez les Inuits là où quand un membre a besoin d'aide, tout le monde lui donne quelque chose pour qu'il aille mieux ou mène à bien son projet. La réunion a duré deux heures et quand nous étions prêts, il fallait donner son prénom, les trois premières lettres de son nom, son téléphone et sa ville.

J'ai trouvé ça génial, enfin on me parlait de solidarité, d'entraide, de confiance. On nous dit qu'il faut utiliser la pensée positive. Pas question d'argent, on parle de graine. Dans la semaine, le " centre " du cercle m'a contactée. La remise de l'argent, 2.000 € en liquide et en petites coupures, s'est faite comme souvent sur un parking, en présence d'un témoin.

J'étais sur un petit nuage, j'allais bientôt toucher 16.000 € et aider les copains. Pourquoi je n'y aurais pas cru ? Des gens autour de moi touchaient, mon amie a touché. On ne se pose pas de question rationnelle. J'en ai parlé dans mon entourage mais on m'a envoyée sur les roses. Je me disais qu'ils n'étaient pas prêts. J'ai commencé à avoir des doutes en février après une réunion où les participants étaient surtout des gens en difficulté, en rébellion contre le système. J'ai découvert qu'il existait des prête-noms. Elle est où la confiance tant invoquée ? On recrutait des étudiants qui pouvaient se mettre à quatre pour une place. J'ai été me renseigner sur internet et j'ai compris que l'on s'était fichu de nous.

Heureusement que je n'ai fait rentrer personne, j'ai prévenu mes proches que c'était une escroquerie. J'ai quitté le cercle il y a un mois et j'attends d'être remboursée. J'avais honte, c'est dur de dire à son entourage que l'on s'est trompé. Je ne suis pas naïve mais je me dis qu'il est facile de manipuler des gens. Pour moi, cela s'apparente à une secte, c'est évident. Je n'entendais plus mon environnement. On se retrouve vite pieds et poings liés car ceux qui touchent sont fortement incités à réinvestir dans une roue plus importante .


Canada : Scientologie

Anonymous : le masque et l'enclume

Voir, 15 mai 2008 par Aurore Lehman

[Texte intégral]

 Enfants du Net, les sympathisants du mouvement international Anonymous ont juré la perte de l'Église de scientologie, en retournant contre elle son arme favorite: la propagande. La clé de son succès: l'anonymat, et un sens aigu du spectacle. À Montréal, ils sont 50, masqués et motivés.
 
"On fête Halloween en avance cette année?" lance un passant, intrigué. À l'heure du lunch, le coin des avenues Papineau et du Mont-Royal vient soudain de prendre des allures de fête foraine. Dans le bus, on se tord le cou pour apercevoir un peu mieux le petit groupe d'individus portant tous le même masque qui font du surplace sur le trottoir d'en face, pancartes à la main. Manifestation ou opération marketing? Réponse en caractères gras sur les pancartes: "L'Église de scientologie détruit des vies." Quand le bus redémarre, les commentaires vont bon train, les questions fusent. Pari réussi pour les sympathisants du mouvement Anonymous.

Difficile de les ignorer. Une fois par mois, depuis février, ils arpentent l'avenue Papineau, arborant pour la plupart un masque à l'effigie du héros anarchiste et révolutionnaire de V pour Vendetta, best-seller de la bande dessinée SF. Avec eux, ils sont des centaines dans le monde entier qui ont grossi les rangs dispersés d'Anonymous, forum Internet lancé il y a deux ans par de jeunes technophiles et portant sur la dénonciation d'injustices en tous genres. Les "Anon'", comme ils se nomment eux-mêmes, font de la défense de la liberté d'expression sur Internet leur cheval de bataille. Depuis trois mois, et le retrait de YouTube, à la suite de pressions exercées par les avocats du culte, d'une vidéo de Tom Cruise compromettante, le réseau concentre tous ses efforts vers un seul objectif: la mise à mal de l'Église de scientologie.

L'offensive démarre avec la diffusion, le 21 janvier sur YouTube, d'un manifeste directement adressé à l'Église de scientologie. "Vos campagnes de désinformation, votre suppression de la dissidence, votre nature litigieuse retiennent notre attention depuis des années (...), scande une voix synthétisée. Anonymous a décidé que votre organisation devait être détruite." Elle se prolonge avec l'organisation de rassemblements dans plusieurs villes du monde. Rapidement, l'initiative fait tache d'huile. On recense 7000 participants le 10 février, puis 10 000 le 15 mars. En l'espace de trois mois, les actes de hacking et les appels de menaces se multiplient contre l'Église de scientologie. De l'aveu même de Jean Larivière, responsable des communications pour l'Église au Québec, l'organisation américaine aurait reçu plus de 8000 appels de cette nature depuis le début de la croisade.

À Montréal, comme à Londres, New York, Tokyo, Berlin, Paris ou Dublin, Anonymous fait rapidement de nouveaux adeptes. "Avant, c'était surtout du cabotinage, admet une membre active montréalaise connue sous le pseudo D.L. Les choses sont devenues plus sérieuses lorsque nous avons commencé la campagne contre la scientologie." Âgée "entre 18 et 21 ans", D.L. a rejoint le mouvement dès ses débuts. Une véritable vocation pour cette designer graphique très impliquée dans le travail communautaire, et très à l'aise avec l'informatique: "Je crois beaucoup en l'avenir de la société mais les gens doivent être informés." La veille de notre discussion, elle a passé la journée avec deux autres membres du mouvement: "Il faut tisser des liens, dit-elle. Mais il faut aussi faire très attention, on ne sait jamais si on est en train de parler avec un scientologue. C'est pour ça qu'aucun d'entre nous ne sait vraiment qui est l'autre."

En savoir le moins possible sur ses pairs fait partie des fondements du mouvement. "Un peu comme dans les réseaux de résistance", reconnaît un autre membre montréalais connu sous le nom de Ron Rubber, dont on saura seulement qu'il est col blanc. "C'est notre force: moins on en sait, moins on en dit. Peu de gens dans mon entourage sont au courant de mes liens avec Anonymous." Ron Rubber a "décidé de plonger" en janvier mais suit scrupuleusement l'information qui circule sur Internet à propos de l'Église de scientologie depuis des années. "Ça a démarré quand je suis tombé sur l'histoire de Lisa McPherson, une scientologue décédée en 1995 dans des circonstances louches et dont l'histoire a été très couverte dans les médias (l'Église de scientologie a été poursuivie dans cette affaire)."

Lancé sur le sujet, Ron Rubber est intarissable. Les histoires d'horreur se succèdent, toutes axées sur l'intimidation qu'exercerait la scientologie sur ses dissidents et ses critiques, la fameuse politique du Gibier de potence (Fair Game). Il nous prévient: "Ils vont vous mettre des bâtons dans les roues, passer des coups de fil à votre employeur, vous menacer." Le climat de peur est aussi entretenu durant les manifestations. "C'est difficile de ne pas s'inquiéter quand on voit les gens de l'Église venir prendre des photos, explique D.L. Nous sommes très vigilants, d'où le port du masque. Nous voulons à tout prix nous protéger et éviter de fournir des armes à la scientologie, en nous assurant, par exemple, de ne pas laisser tomber nos pamphlets sur le sol, ce qui leur permettrait de nous attaquer pour avoir laissé traîner des déchets."

Du côté de l'Église de scientologie de Montréal, on reconnaît la prise de photos durant les manifestations, mais on invoque la légitime défense: "Si des gestes de violence ou des dommages étaient portés contre nous, nous aurions les photographies pour aider la police à retrouver les coupables", nous dit Jean Larivière. Bien qu'il admette ne pas avoir subi de menaces au Québec, l'agacement fait place à l'emportement lorsqu'on évoque les principaux arguments relayés par le mouvement. "Toutes ces histoires sont des foutaises, lance-t-il. C'est le fait de jeunes qui ne savent pas pourquoi ils manifestent, et dont la principale source d'information est Internet."

N'empêche. Depuis le début des manifestations et de la campagne menée sur Internet, et de l'aveu même de Jean Larivière, la pression est montée d'un cran dans les rangs de la scientologie, qui se voit attaquée avec ses propres armes. "La scientologie dépend de ses attachés de presse, dit Robert Koala, lui aussi sympathisant d'Anonymous. Ils sont en réalité au maximum 500 000, mais ils parviennent à faire croire qu'ils sont 8 millions parce qu'ils occupent un espace médiatique énorme. Notre rôle est d'occuper à notre tour cet espace, pour sensibiliser les gens. Et parce que nous sommes anonymes et que nous ne dépendons pas d'une structure hiérarchique, ils ne peuvent pas nous attaquer. Anonymous, c'est l'antidote parfait!"


France : Moon

Moon père et fils

Le Figaro Magazine, 15 mai 2008

[Texte intégral]

Le fondateur de la puissante et surtout très riche Eglise de l'Unification (secte Moon) a trouvé son successeur en la personne de son fils Hyung Jin Moon. Ce diplômé de Harvard de 28 ans a longtemps affiché son intérêt pour le bouddhisme, en portant notamment la robe safran, mais sans contester les activités de son père.Entre la richesse intérieure et la fortune personnelle, il semble avoir définitivement choisi.


Canada : Falungong

Discréditer n'est pas diffamer

Le Devoir, 15 mai 2008

[Texte intégral]

D
es membres montréalais du Falun Gong ont été déboutés en Cour d'appel dans une poursuite en diffamation intentée contre Les Presses chinoises, son éditeur Crescent Chau et une dame du nom de Bing He qui avait fait paraître à ses frais une publicité critiquant vigoureusement le mouvement religieux dans les pages du périodique.

À l'origine, 232 membres du Falun Gong avaient intenté ce recours, mais 214 d'entre eux se sont désistés après avoir essuyé un premier revers en Cour supérieure.

La publicité en litige assimilait le Falun Gong à une organisation terroriste et reprochait à son leader, Li Hong Zhi, de pousser ses adeptes au suicide et de se livrer à des actes de bestialité. Aucun des requérants n'était mentionné dans la publicité. Quant à Li Hong Zhi, il ne faisait pas partie de la longue liste de plaignants.

Dans une affaire de diffamation, les plaignants doivent prouver qu'ils ont subi directement un préjudice réel et sérieux, réaffirme la Cour d'appel dans cette décision. En d'autres mots, les discussions violentes et passionnées au sujet d'une corporation, d'un mouvement religieux ou d'une association ne constituent pas un propos diffamatoire.

S'il avait fallu donner raison aux adeptes du Falun Gong, explique la Cour d'appel, des dizaines de milliers d'autres membres du mouvement dans le monde aurait pu poursuivre Crescent Chau et Bing He.


Russie : Sectes

Les derniers adeptes d'une secte retranchée sous terre sont sortis vendredi

AFP, 16 mai 2008

[Texte intégral]

MOSCOU - Les neuf derniers adeptes d'une secte orthodoxe russe retranchés sous terre depuis novembre dans l'attente de la fin du monde sont remontés vendredi à la surface, a annoncé le chef de l'administration
régionale cité par l'agence russe Interfax.

En raison des émanations toxiques provenant de la dépouille d'une des adeptes décédée dans l'abri, il leur a été "proposé de quitter volontairement leur repaire". "Ils ont accepté et sont sortis tôt vendredi matin", a déclaré le chef du district de Bekovo, Vladimir Provotorov.

Les neuf personnes sont dans un "état satisfaisant", ajouté M. Provotorov, se refusant à préciser où elles avaient été conduites.

Les corps de deux adeptes décédées pendant leur séjour sous terre ont été exhumés dans la nuit de jeudi à vendredi et conduits à la morgue pour un examen médico-légal, a indiqué le vice-gouverneur de la région Pensa (700 km au sud-est
de Moscou), Oleg Melnitchenko cité par Interfax.

Début novembre 2007, 35 membres de la secte emmenés par le gourou Piotr Kouznetsov s'étaient isolés dans un vaste abri composé de plusieurs cavités construit sous terre près du village de Nikolskoe dans la région de Penza, prédisant l'apocalypse pour mai 2008.

Le 28 mars, sept d'entre eux étaient sortis de leur plein gré à la suite de négociations avec les autorités. Le 1er avril, 14 autres adeptes avaient également quitté leur refuge dont une partie venait de s'effondrer. Le 2 avril, trois autres personnes étaient remontées à la surface.

Le 9 avril, un des membres de la secte sorti de l'abri avait annoncé que deux femmes étaient mortes, l'une d'un cancer, l'autre alors qu'elle faisait le carême. L'information n'avait pas alors été immédiatement confirmée.


Belgique : Méditation transcendantale

Une école dite sectaire veut s'installer à Woluwees

Dernière Heure, 20 mai 2008 par ma.C.

[Texte intégral]

Une demande de permis d'urbanisme qui fait débat dans le fief d'Olivier Maingain

WOLUWE-ST-LAMBERT - C'est le genre de dossier que toute commune redoute. Hier soir, c'est le conseiller communal Alain De Plaen (CDH) qui interpellait le collège de Woluwe-Saint-Lambert au sujet d'une demande de permis d'urbanisme qui, selon lui, n'augure rien de bon.

Il s'agit de la démolition d'un immeuble pour une reconstruction à vocation scolaire demandée par Stichting Maharishi Global Financing Research, indique le conseiller communal. Il précise que cette fondation n'est autre qu'une émanation du Maharishi, une organisation "répertoriée comme secte tant par le Sénat de Belgique en 1995 que par l'Observatoire des Sectes en France", précise-t-il. Le projet est situé rue du Péage, dans le quartier d'entreprises et de logement qui jouxte l'autoroute de Liège, à Woluwe. Ce dossier passera aujourd'hui en commission de concertation.

Au cabinet du bourgmestre Olivier Maingain (FDF), on confirme les "soupçons" sur le caractère sectaire du demandeur en précisant que "la commune ne peut se prononcer que sur les aspects urbanistiques du projet". La prudence est donc de mise.

Au CDH, on a déjà fait des petites recherches. "La secte du Maharishi, plus connue sous le nom de Méditation Transcendantale, base sa "philosophie" sur le combat du stress - qui limiterait à 5 % l'utilisation de nos capacités intellectuelles, explique De Plaen. A noter et que son gourou aujourd'hui décédé était connu pour être le gourou des Beatles, mais en oubliant que ceux-ci s'en étaient détachés, après une proposition peu "hindoue" du yogi en question à une amie du groupe..."


Canada : Témoins de Jéhovah

La cour Suprême délibère sur le cas d'une adolescente qui refuse une transfusion

Canadian Press, 20 mai 2008

[Texte intégral]

OTTAWA - Une adolescente, membre des Témoins de Jehovah, qui affirme avoir été traumatisée par une transfusion sanguine allant à l'encontre de ses principes religieux, demande à la Cour Suprême du Canada de renverser la législation gouvernementale qui l'a obligée à recevoir une telle procédure médicale.

Les avocats de la jeune femme ont fait valoir mardi en cour que la loi manitobaine sur la protection de l'enfance est mal rédigée et qu'elle viole les garanties fondamentales de justice, d'égalité devant la loi, de liberté de religion de même que la Charte des droits.

Les avocats représentant la province du Manitoba ont pour leur part argumenté que la loi provinciale n'avait rien d'inconstitutionnelle puisqu'elle assure l'administration de traitements médicaux chez des personnes mineures, lors de situations d'urgence, par ordre de la cour. Selon le procureur de la Direction des services d'aide à l'enfance et à la famille du Manitoba, Norm Cuddy, jamais, il ne peut être dans le meilleur intérêt d'un enfant de prendre une décision qui puisse lui coûter la vie.

Cette saga a commencé en 2006, lorsque l'adolescente, identifiée pour des raisons légales par les initiales A.C., a été hospitalisée à Winnipeg. Elle avait alors 14 ans et souffrait d'une poussée de la maladie de Crohn, une maladie chronique qui peut causer des saignements gastrointestinaux. Elle avait insisté pour être traitée sans transfusion sanguine, une procédure qui contredise les principes épousés par les Témoins de Jehovah.

La Direction des services d'aide à l'enfance et à la famille du Manitoba avait obtenu un ordre de la cour pour procéder tout de même au traitement, jugé comme étant le meilleur par son médecin. Elle a alors agi selon la législation de la province qui établit à 16 ans l'âge légal en matière de santé. Or, selon les avocats de l'adolescente, ce type de décisions devrait être prises sur une base individuelle, en tenant compte des capacités intellectuelles de la personne mineure concernée, et non selon une limite d'âge établie de façon arbitraire.

A la suite de ses difficultés à se faire soigner selon ses principes, A.C., qui a presque 17 ans aujourd'hui, est déménagé en Ontario, où la loi permet déjà le cas par cas. Elle affirme que sa maladie est sous contrôle et qu'elle n'a pas été hospitalisée de nouveau.

La décision du plus haut tribunal au pays pourrait avoir des répercussions importantes puisque plusieurs autres provinces ont également établi à 16 ans l'âge légal en matière de santé, alors que d'autres provinces ont établi cette majorité à 19 ans.


France : Sectes

Assemblée Nationale - Question/réponse - Villain François Xavier - Grelliet Jean - Mourrut Etienne

JO, 20 mai 2008

[Texte intégral]  

13ème législature

Question N° : 8331

 de M. Villain François-Xavier(Députés n'appartenant à aucun groupe - Nord)

QE

Ministère interrogé : 

Premier ministre

Ministère attributaire : 

Premier ministre

Question publiée au JO le : 23/10/2007 page : 6415

Réponse publiée au JO le : 20/05/2008 page : 4187

Rubrique : 

ésotérisme

Tête d'analyse : 

sectes

Analyse : 

commission d'enquête. rapport. conclusions

Texte de la QUESTION :

M. François-Xavier Villain attire l'attention de M. le Premier ministre sur le rapport n° 3507 remis au Gouvernement au nom de la commission d'enquête relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs. Ledit rapport propose d'inciter les conseils généraux à mettre en place des formations au fait sectaire en direction des personnels de leurs services sociaux, en charge des procédures d'agrément des assistants familiaux ou des adoptants. Aussi, il lui serait agréable de connaître la position du Gouvernement quant à cette proposition, d'une part et, dans quel délai il compte la mettre en oeuvre, d'autre part.

Texte de la REPONSE :

Les risques de d&ea