Actualités sur les sectes en février 2008

Scientologie La Scientologie se lance dans une opération de séduction
Sectes La MIVILUDES en sursis ?
Scientologie La Scientologie s'installe peu à peu en Europe
Sectes Le lobbying sectaire est sur le point d'aboutir
Sectes Communiqué de presse de la ministre de l'Intérieur
Coup de gueule La nouvelle politique gouvernementale en matière sectaire
Sectes Polémique sur la lutte contre les dérives sectaires
Sectes Contre les dérives sectaires, Alliot-Marie veut s'inspirer des GIR
Sectes Les sectes à l'heure de la "laïcité ouverte" de Nicolas Sarkosy
Scientologie Amélie demande à la Scientologie de la rembourser
Sectes "Je dois assurer la liberté de croyance de tous"
Laïcité Sarkosy, la laïcité, la Religion
Sectes Les jours de la Mission contre les sectes sont comptés
Sectes Face aux sectes, le ministère de l'Intérieur adopte une politique "libérale mais ferme"
Sectes Protection des témoins de commissions parlementaires
Scientologie L'Eglise de Scientologie ne demande pas d'aménagement de la loi de 1905
Sectes L'Elysée prépare une réforme de la lutte contre les sectes
Laïcité Assemblée Nationale - question - Liebgott Michel - Laïcité
Sectes Communiqué de presse de Philippe Vuilque, député des Ardennes
Sectes Michèle Alliot-Marie relance le débat sur les sectes
Sectes Indignation et émotion après les déclarations d'Alliot-Marie sur les sectes
Sectes - Laïcité Jean-Pierre Brard refuse le "toilettage au karcher" de la loi de 1905
Scientologie Première : une manif contre la Scientologie
Sectes Alliot-Marie n'a "jamais prôné la suppression" de la MIVILUDES
Ecoovie Reportages radio sur l'énigmatique Pierre Maltais
Ecoovie Entre les mailles de la justice
Les Béatitudes Scandale pédophile dans une communauté religieuse
Ecoovie Le silence du gourou Maltais
Sectes Les parlementaires anti sectes passent à l'offensive
Scientologie La Scientologie a déjà gagné sa première victoire
Scientologie Eglise de Scientologie : avec la bénédiction de la justice espagnole
Scientologie La Scientologie en appelle à la loi de 1905
Scientologie Les renseignements intérieurs allemands vont continuer à surveiller l'église de Scientologie
Sectes Une nouvelle politique antisectes ? L'effet Tom Cruise
Satanisme Cimetières vandalisés : cinq jeunes satanistes interpellés
Sectes Sectes : un rapport dénonce les nouvelles dérives
Scientologie "Anonymous", le groupe anti-scientologie prend de l'ampleur
Sectes Sectes : le rapport remis à Fillon en avril
Sectes Utilisation croissante de la datura, drogue hallucinogène, par des sectes
Satanisme Adolescence : faut-il s'inquiéter de la montée du satanisme ?
Sectes Emmanuelle Mignon : "Les sectes sont un non problème"
Sectes "Un non-problème" Interview d’Emmanuelle MIGNON
Sectes Emmanuelle Mignon dément avoir affirmé que "les sectes sont un non- problème en France"
Sectes Mme Mignon (Elysée) dément des propos sur les sectes publiés dans VSD
Sectes VSD maintient sa version des propos de la directrice de cabinet de Nicolas Sarkosy
Sectes Sectes : Nicolas Sarkosy prône la fermeté pour clore la polémique
Sectes Le patron de la MIVILUDES satisfait
Scientologie Angers : le Conseil d'Etat rejette un appel de la Scientologie
Sectes Communiqué de presse de Mr Eric Doligé
Sectes Myard (UMP) demande une nouvelle commission d'enquête sur les sectes
Sectes Le Grand Orient contre "toute évolution" du statut des sectes
Scientologie Scientologie : un mouvement qui n'a pas bonne réputation
Scientologie Les sectes, péché mignon de soeur Emmanuelle
Sectes Le problème des sectes existe, nous en avons la preuve
Scientologie Une vingtaine d'élus de gauche manifestent devant la Scientologie à Paris
Scientologie "Depuis 2002, l'Etat baisse la garde" , selon, un ex-officier des RG
Scientologie La Scientologie sort des clous de la loi
Sectes Dans le secret des sectes réunionnaises
Sectes Sectes : "Non à l'amalgame "
Sectes Communiqué de presse du Syndicat National des Officiers de Police
Scientologie La ville de Munich ferme une garderie liée à la Scientologie
Petit Lys d'amour Le Petit Lys d'Amour devant ses juges
Sectes Une circulaire aux préfets relance l'action contre les dérives sectaires
Sectes Alliot-Marie réactive la lutte contre les dérives sectaires
Laïcité La France laïque se mobilise
Sectes MAM continue d'ignorer la MIVILUDES
Sectes En France les sectes sont un vrai problème
Graal Mort d'une patiente : sursis requis en appel pour un médecin ex-adepte d'une secte
Petit Lys d'amour Le gourou pédophile condamné à quinze ans de réclusion criminelle
Scientologie Justice : le pourvoi de l'Eglise de Scientologie rejeté en cassation. L'information nuit-elle à la justice ?
Sectes Assemblée Nationale - questions et réponses - sujets divers
Sectes Assemblée Nationale - questions et réponses - sujets divers

(*) Articles et documents qui, compte tenu de leur taille, ne sont pas ci-dessous, mais sur une page particulière ou sur le Web


France : Scientologie

La Scientologie se lance dans une opération de séduction

Le figaro, 1er février 2008 par Anne-Charlotte De Langhe

[Texte intégral]

Confronté au vieillissement de ses adhérents, le mouvement use des moyens les plus modernes pour séduire associations, entreprises et collectivités.

Tout y est. En couverture, une photo de l'hôtel de ville, le nom du maire et les armes de la commune. Imprimé en couleurs, le livret est intitulé Le Chemin du bonheur, sous-titré Le Bon Sens pour être heureux. Sur une photo figurant au dos, le maire affiche son plus beau sourire et se dit «ravi de pouvoir offrir ce bouquin (sic)» à ses administrés… Ces derniers mois, plusieurs dizaines de villes en France ont reçu ce type de brochures personnalisées. L'expéditeur se veut discret. Derrière le logo imprimé en bas de page se cache pourtant l'Église de scientologie, disposée à rééditer l'ouvrage si besoin : 525 dollars pour 300 livrets.

Longtemps offensive, la Scientologie semble vouloir révolutionner ses méthodes de communication en douceur. L'Église fondée par l'Américain Ron Hubbard a remisé au placard le démarchage en pleine rue et s'appuie désormais sur la modernité : mailings, DVD, envois massifs de plaquettes d'information aux associations, collectivités territoriales, grandes entreprises… Les gendarmeries ont eu droit l'an dernier à leur brochure sur la lutte contre la drogue, vue par les scientologues. «Il s'agit d'une nouvelle stratégie d'occupation du terrain, relève Jean-Michel Roulet, président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. Ils partent chercher notoriété et respectabilité auprès d'organismes déjà bien établis sur le territoire».

Un système bien rodé

L'Association spirituelle de l'Église de scientologie d'Ile-de-France admet avoir «amélioré le marketing» de ses produits ainsi que la traduction de ses livres sur la «dianétique». En France, un budget de 50 000 euros est également consacré chaque année au lancement de campagnes dites «humanitaires». «Ils avancent masqués et leur système est parfaitement rodé». L'an passé, à l'occasion de la Journée des droits de l'enfant, une chaîne de télévision destinée au jeune public a diffusé sans le savoir un clip «très bien fait» réalisé et distribué par l'Association internationale des jeunes pour les droits de l'homme, «pure émanation» de la Scientologie. Une méthode que réprouve Danièle Gounord, porte-parole de l'Église de scientologie. «Nos stands et nos brochures sont toujours estampillés», rappelle-t-elle, ajoutant que «le prosélytisme de nos adeptes reste notre meilleure publicité».

Interrogée par la Commission nationale informatique et libertés fin 2007, la Scientologie aurait en outre confirmé avoir fait l'acquisition d'un fichier de noms, destiné à mieux cibler son public. Avec 40 000 à 45 000 adhérents en France «dont 10 % de membres actifs» , l'Église de scientologie reconnaît la première que sa population vieillit et qu'elle ne peut encore compter sur aucune célébrité censée jouer les ambassadeurs sur tout l'Hexagone, comme le fait l'acteur Tom Cruise aux États-Unis.

Elle ne lésine donc pas sur le nombre de courriers envoyés à tous les internautes visitant ne serait-ce qu'une seule fois son site Web. Victime d'un mystérieux virus faisant exploser le nombre de demandes de documentation, celui-ci s'est d'ailleurs retrouvé bloqué plusieurs jours en début de semaine.

Un coup dur supplémentaire pour l'Église, déjà affaiblie par moult rapports et commissions d'enquêtes parlementaires, mais également par un récent fait divers italien dans lequel serait impliqué l'un des principaux membres du Celebrity center parisien. Enfin, la perspective d'un procès-fleuve devant se tenir en 2009 en Belgique, et dans lequel sont poursuivis douze membres de l'Église de scientologie soupçonnés d'extorsion, escroquerie et non-assistance à personne en danger, ne laisse rien augurer de bon. Sauf aux yeux de Danièle Gounord, pour qui «le dossier est vide, monté de toutes pièces».


France : Sectes

La MIVILUDES en sursis ?

Le Parisien, 4 février 2008 par Emeline Cazi tet Anne-Cécile Juillet

[Texte intégral]

A l'Intérieur comme à l'Elysée, il se murmure que la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, la Miviludes, « est en voie d'extinction ». Dans la ligne de mire, son président, Jean-Michel Roulet, qui aurait « infléchi l'action de la mission en en faisant une instance tombée dans l'arbitraire » : « On ne décrète pas ce qui est une secte a priori. Mais a posteriori, si un comportement est répréhensible », appuie-t-on place Beauvau.

L'Elysée souhaiterait fondre cette instance dans une entité unique de « défense de tous les droits » qui accueillerait aussi le défenseur des enfants, et la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (Halde). Côté Miviludes, on tombe de haut : « Nous n'avons reçu aucune information à ce sujet. Pour nous, cela tient de la rumeur. Nous savons que les mouvements sectaires réclament notre dissolution depuis longtemps. Mais si nous disparaissons, nul doute qu'il y aura une levée de boucliers pour défendre notre travail.


France : Scientologie

La Scientologie s'installe peu à peu en Europe

Le Parisien, 4 février 2008 par Emeline Cazi et Anne-Cécile Juillet

[Texte intégral]

Armée d'avocats très au fait des législations, l'Eglise de scientologie gagne en respectabilité un peu partout en Europe. Mais souvent, pour « vendre son image », elle joue sur les mots et la traduction du mot « culte ». Brandissant des décisions de justice favorables, « la plus litigieuse des nouvelles religions » américaines finit par s'installer petit à petit dans le paysage confessionnel du Vieux Continent.

La Suède reconnaît l'Eglise de scientologie comme « communauté religieuse » depuis 1999, et lui donne le droit de célébrer des mariages depuis huit ans.

Les décisions prises cet automne par les tribunaux portugais et espagnols sont moins franches et moins libérales. Pour autant, en Espagne, la Dianetica n'est plus une secte. Le 11 octobre, la plus haute juridiction espagnole a obligé le ministère de la Justice, qui s'y opposait jusqu'alors, à accepter l'inscription au registre des « entités religieuses ». Au Portugal, un décret de 2003 autorise toutes les associations inscrites au registre national des pessoas colectivas - le pendant de nos associations loi 1901 - à demander son inscription au registre national des pessoas colectivas religiosa. Ce texte a permis aux scientologues d'obtenir le 10 septembre dernier le statut d'association religieuse. Au même titre que 400 autres associations... Mais l'Eglise de scientologie ne s'encombre pas de cette précision et communique très largement sur cette « reconnaissance » depuis ce changement de statut.

Une démarche similaire a été entreprise en Autriche (avant finalement d'être retirée) ; mais, en République tchèque, elle reste d'actualité et les adeptes de Ron Hubbard pourraient être enregistrés comme une « communauté religieuse » comme les autres.

Trois pays lui résistent avec force. L' Allemagne la déclare « anticonstitutionnelle ». La Belgique s'apprête à juger douze adeptes pour « escroquerie, extorsion, organisation criminelle... ». En France, l'arsenal juridique actuel et la loi de 1905 freinent toute velléité de « l'Eglise ». La Scientologie n'a jamais demandé sa reconnaissance en tant qu'« association cultuelle ». D'abord parce que, comme l'exige la loi de 1905, son activité n'est pas « exclusivement » consacrée au culte mais génère un véritable business... Mais aussi parce qu'obtenir ce statut l'obligerait à rendre des comptes transparents à l'administration.


France : Sectes

Le lobbying sectaire est sur le point d'aboutir

Le Parisien, 4 février 2008 par Emeline Cazi

[Texte intégral]

Propos recueillis par Emeline Cazi auprès de Catherie Picard, présidente de l'Union nationale des associations de défense des victimes de sectes

- Trouvez-vous qu'en France la position sur les sectes change ?

- Catherine Picard.
Les récentes prises de position de la ministre de l'Intérieur sur une éventuelle réforme de la loi de 1905 sont très inquiétantes. Il est vrai qu'au regard de l'histoire, cette loi a subi des améliorations.

Mais au nom de textes qui auraient vieilli et d'une évolution de la société, on donnerait le moyen à certaines associations de passer sous le régime de la loi de 1905 et donc d'obtenir une reconnaissance cultuelle. Le lobbying sectaire, très actif depuis dix ans, gagne du terrain. Il est sur le point d'aboutir.

- Que pensez-vous du fait que la ministre de l'Intérieur privilégie le rôle des services de police plutôt que celui de la Miviludes ?

J'en prends acte. Jean-Pierre Chevènement avait déjà souhaité installer une commision de vigilance dans chaque département. A peine quarante ont vu le jour. Et regardons le paradoxe : les actions des victimes de sectes relèvent du parcours du combattant car les juges sont de plus en plus distants par rapport à ce problème. Je reconnais que le travail est difficile, il faut nommer des experts. Mais les juges, pas tous bien sûr, n'ont pas le courage de s'embarquer dans l'instruction de ces dossiers.

- La Scientologie prétend ne plus être l'objet de poursuites judiciaires...

Pour éviter les procès qui nuisent à son image, la Scientologie dédommage ses anciens fidèles. J'accompagne la famille d'une de ses anciennes adeptes, qui s'est suicidée il y a un an et demi, épuisée et ruinée. L'affaire est à l'instruction. La famille est harcelée par la Scientologie qui lui propose un dédommagement financier contre l'abandon des poursuites.


France : Sectes

Communiqué de presse de la ministre de l'Intérieur

Ministère de l'Intérieur, 4 février 2008 par Emeline Cazi

[Texte intégral]

Lutte contre les dérives sectaires

Michèle Alliot-Marie, Ministre de l'Intérieur, de l'outre-mer et des Collectivités territoriales, a réuni les principaux responsables du ministère de l'Intérieur en charge de la lutte contre les dérives sectaires, DGPN, DGGN, Préfecture de Police, secrétariat général et direction juridique.
Le ministre a souligné l'importance des risques, et les nouvelles formes d'action aujourd'hui plus diffuses dans des domaines tels que la formation, l'accompagnement personnel, les activités para-médicales. Elle a fermement rappelé la nécessité de protéger les victimes, souvent très vulnérables.

Elle a demandé aux Préfets, au DGPN, au DGGN et au Préfet de Police, de faire preuve d'une vigilance accrue en matière de dérives sectaires, en renforçant le travail d'observation, de renseignement et de signalement systématique.

Le ministre a également demandé que la lutte contre les dérives sectaires fasse l'objet d'une attention particulière des services de police judiciaire, sous le contrôle du juge pénal, pour que puisse être établie et reconnue la dimension pénale de ces faits.

A cette fin, elle a également décidé que serait mise en œuvre une approche décloisonnée de la lutte contre les dérives sectaires, sur le modèle GIR, pour que puisse être décelées des infractions de type fiscal ou financier.

Les différents services de l'Etat (administration fiscale, inspection du travail, éducation nationale, …), seront mobilisés dans chaque département par les préfets, en liaison avec les procureurs, pour joindre leur action à celle des forces de sécurité dans la lutte contre toutes les formes de dérives sectaires.


France : Coup de gueule

La nouvelle politique gouvernementale en matière sectaire

Courriel, 4 février 2008 par A. Kircher

[Texte intégral]

La ministre de l’intérieur, ministre des cultes, est montée au créneau dans le but de mettre à bas l’approche secte du gouvernement et effectuer une marche arrière catastrophique pour les libertés publiques !

Jusqu’à maintenant la « politique » gouvernementale avait consisté à confier la question des sectes à une « Mission interministérielle » (MILS puis MIVILUDES) dépendant du Premier Ministre, ce qui était le meilleur gage du respect d’une véritable neutralité laïque.

La ministre des cultes s’empare de la question et au nom d’une prétendue laïcité, qui deviendrait molle sous prétexte d’être tolérante, vient bafouer l’approche laïque de la question secte puisque l’appropriation par le ministère des cultes revient ipso-facto à donner une dimension religieuse à des sectes que la Loi française considérait comme des «groupements qui poursuivent des activités ayant pour but ou pour effet de créer, de maintenir ou d’exploiter la sujétion … par l’exercice de pressions graves ou réitérées ou de techniques propres à altérer le jugement. » (art.223-15-2 du Code pénal)

Le gouvernement donne ainsi aux sectes la caution qu’elles attendaient pour continuer à déstructurer les religions instituées qui, elles, avaient appris à juguler en leur sein au cour de leur histoire les tentations de dérives sectaires et la ministre des cultes ouvre ainsi la porte à une politique au service des groupes de lobbys.

Faisant preuve d’une méconnaissance totale de la dangerosité sectaire, le gouvernement, cède ainsi aux pressions des sectes que connaissait mieux que quiconque la MIVILUDES.

L’annonce de la nouvelle politique gouvernementale en matière sectaire fait craindre le pire ne serait-ce qu’à cause de l’amalgame abusif de la secte à la religion.

Le premier résultat sera, et ce sera heureux, une chute vertigineuse du gouvernement actuel dans l’estime des français attachés aux valeurs de la République. Le deuxième résultat sera une levée de bouclier devant un tel démantèlement d’une action qui faisait de la France un modèle dans la réaction contre les sectes au niveau international. Alliot-Marie est décidément aussi douée pour désamianter le Clemenceau que pour réfléchir sur la laïcité.

A. Kircher


France : Sectes

Polémique sur la lutte contre les dérives sectaires

Nouve Obs, 4 février 2008

[Texte intégral]

Le ministère de l'Intérieur veut relancer la lutte contre les dérives sectaires, mais envisage de supprimer l'actuelle mission de lutte contre les sectes. Ce projet, paradoxal, vient alimenter les polémiques soulevées par les discours de Nicolas Sarkozy prônant une "laïcité positive".

La ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie, a organisé lundi matin 4 février une réunion de travail confidentielle, rassemblant notamment les directeurs généraux de la police nationale, de la gendarmerie et des représentants de préfets, avec, pour objectif de renforcer la lutte contre les dérives sectaires. Paradoxe : la réunion arrive au moment où la ministre envisage de supprimer la mission de lutte contre les sectes, la Miviludes, révèle lundi le quotidien Le Parisien.
L'Union nationale de défense des victimes des sectes parle de victoire du "lobby sectaire".

Juger les croyances a posteriori


Reprenant le concept de "laïcité positive" mis en avant par le président de la République Nicolas Sarkozy, Michèle Alliot-Marie a réaffirmé dans une interview donnée lundi au Parisien qu'elle privilégie une stricte lecture de la loi 1905. "La laïcité garantit que nulle ne puisse être pénalisé du fait de ce qu'il croit. Si certains ont une conception de la laïcité qui est l'intolérance à l'égard de certaines croyances, ce n'est pas la mienne", a-t-elle déclaré. Il s'agit donc de sévir a posteriori en cas d'actes répréhensibles avérés, et non de juger les croyances a priori, a-t-elle ajouté.
Cette nouvelle approche des différentes croyances et mouvements religieux en France, inaugurée par Nicolas Sarkozy, tranche avec celle qui prévalait depuis 1995. Cette année-là, une commission parlementaire avait repris en effet une note des renseignements généraux pour pointer du doigt 172 sectes en France.

La Miviludes va-t-elle disparaître ?


Selon les informations du Parisien, l'Elysée souhaite fondre l'actuel outil de lutte contre les dérives sectaires, la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), dans une entité unique de "défense de tous les droits" qui accueillerait aussi le défenseur des enfants et la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (Halde). A la Miviludes, on ne confirme cependant pas cette rumeur.

Une victoire du " lobby sectaire"


La présidente de l'Union nationale de défense des victimes des sectes (UNADFI) Catherine Picard s'alarme de ce qu'elle considère être une victoire "du lobby sectaire". "Le débat sur les témoins de Jéhovah est en train d'être banalisé", ajoute-t-elle dans l'interview qu'elle donne lundi au Parisien. Les Témoins de Jéhovah sont déjà enregistrés comme "association culturelle", prévient-elle.
Ce n'est en revanche pas le cas de la Scientologie, qui n'a jusqu'à présent pas eu intérêt à demander le statut d'association culturelle car celui-ci l'obligerait à se soumettre à des contrôles fiscaux et à la surveillance des préfets. Nicolas Sarkozy avait reçu l'acteur Tom Cruise, qui se positionne comme le porte-parole mondial de la Scientologie, à Bercy en août 2004 alors qu'il était ministre de l'Economie et des Finances. Nicolas Sarkozy avait plus tard reconnu ne pas avoir "d'opinion arrêtée" sur une organisation pourtant présentée communément comme sectaire.


France : Sectes

Contre les dérives sectaires, Alliot-Marie veut s'inspirer des GIR

La Croix (AFP) , 4 février 2008

[Texte intégral]

La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, veut s'inspirer de la "méthode des GIR", les groupes d'intervention régionaux qui luttent contre les trafics de drogue et l'économie souterraine des cités, pour combattre les dérives sectaires, a-t-on appris lundi à l'Intérieur.

Il s'agira de "faire travailler ensemble les services (de sécurité intérieure) et des fonctionnaires venant d'autres ministères", notamment ceux du fisc, de l'Education nationale, du travail et de l'emploi, a précisé la ministre dans l'après-midi devant des journalistes.

Elle avait annoncé cette décision lundi matin lors d'une réunion des principaux responsables de son ministère en charge de la lutte contre les dérives sectaires (police, gendarmerie, préfecture de police, secrétariat général et direction juridique).

"Pour renforcer notre capacité d'action", a-t-elle commenté ensuite Place Beauvau devant des journalistes, la ministre entend utiliser "le modèle et les méthodes des GIR pour lutter contre ces dérives, en particulier pour obtenir davantage de renseignements ou pour pouvoir agir sur des indications, notamment financières, qui peuvent ensuite nous permettre de remonter à certains types d'action".

"En surveillant les avoirs financiers de certains groupes, on peut remonter (jusqu'à) l'origine des fonds et s'ils ont été obtenus par escroquerie dans le cadre d'une dérive sectaire, cela nous permet d'avoir une action", a poursuivi Mme Alliot-Marie.

Elle n'a accepté de s'exprimer que sur "les dérives sectaires", et non sur les sectes: "le droit français ne définit pas les sectes, c'est un mot qui ne constitue pas une base juridique d'action", a-t-elle en effet expliqué.

"Ce qui m'intéresse, c'est ce qu'on appelle les dérives sectaires, c'est-à-dire les actes qui sont contraires à la loi ou qui risquent de porter atteinte à l'intégrité physique ou psychologique de personnes fragiles, (qu') il me revient de poursuivre", a-t-elle souligné.

Elle a en revanche assuré qu'il n'était question "en rien d'une remise en cause" de la MIVILUDES (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), qui "a son rôle de réflexion, voire de propositions".

"Je laisse chacun faire son travail, toutes les études peuvent être intéressantes, mais l'action relève de moi, c'est à moi d'agir, cela entre dans ma mission qui est de protéger les Français", a-t-elle fait valoir.

Elle a enfin rappelé avoir "toujours dit" qu'elle ne "toucherait pas à la loi de 1905" (sur la séparation des Eglises et de l'Etat), en se prononçant pour "une laïcité fondée sur le respect et sur la tolérance".


France : Sectes

Les sectes à l'heure de la "laïcité ouverte" de Nicolas Sarkosy

20minutes, 4 février 2008 par Alexandre Sulzer

[Texte intégral]

Une réunion de travail réunit lundi matin place Beauvau les directeurs généraux de la police, de la gendarmerie, des représentants de préfets… Avec un objectif: redéfinir la politique de l'Etat vis-à-vis des sectes. Concrètement, selon «Le Parisien», la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), qui existe depuis 2002, pourrait disparaître au profit d'une entité unique de «défense de tous les droits» qui accueillerait également la Haute Autorité de lutte contre les discriminations. Notre décryptage.

Comment luttent les pouvoirs publics contre les sectes en France aujourd'hui?

Juridiquement, la secte, comme la religion, n'est pas définie dans la loi. Respectant la liberté de conscience, l'Etat se borne à lutter contre les dérives sectaires et non pas les sectes elles-mêmes. C'est donc devant les tribunaux que se joue la politique anti-sectes une fois une infraction constatée (qu'elle soit pénale, civile ou administrative). Les plus communes sont l'escroquerie financière, la rupture avec l'environnement familial ou la mise en danger de la santé d'autrui. Outres ces infractions de droit commun, une secte peut être attaquée depuis 2001 pour «emprise mentale» sur une personne, c'est-à-dire la mise en place d'un état de sujétion. Mais cette dérive sectaire peut également être reconnue pour des religions établies comme cela a été le cas pour la communauté catholique des béatitudes ou même des activités commerciales.

Outre cette lutte «a posteriori», l'Etat mène une politique de vigilance et de prévention via la Miviludes. Localement, les RG surveillent tandis que la Miviludes coordonne une politique nationale. Cette mission a également comme objectif de sensibiliser les agents de l'Etat aux dérives sectaires.

La Scientologie et les Témoins de Jéhovah sont-ils légaux en France?

Oui, ce sont les deux plus grosses sectes en termes de membres et de financement. La première n'a pas le statut d'association cultuelle qui l'obligerait à de stricts contrôles fiscaux, contrairement à la seconde.

Comment Michèle Alliot-Marie veut-elle redéfinir la lutte anti-sectes?

Elle veut mettre l'accent sur la lutte a posteriori une fois des actes répréhensibles constatés. Elle entend ainsi promouvoir «une approche décloisonnée de la lutte contre les dérives sectaires pour que puisse être décelées des infractions de type fiscal ou financier». Exit donc la Miviludes dont elle critique l'action. «Ce n'est pas à elle de définir une politique, ni de mener des actions de répression. C'est le rôle des pouvoirs publics. Je dois assurer la liberté de croyance de tous», affirme-t-elle. Une illustration concrète de la «laïcité ouverte» qu'entend promouvoir Nicolas Sarkozy.

Quelles réactions provoque cette annonce?

Officiellement, la Miviludes n'a pas été tenue au courant d'une éventuelle réforme. «Mais de toute façon, les victimes existent, il faudra bien les gérer», y estime-t-on, un poil vexé. Catherine Picard, présidente de l'Union nationale des associations de défense des victimes de sectes (Unadfi), contactée par 20minutes.fr, est, elle, très remontée. «Il s'agit d'un recul énorme car la répression ne suffira pas». Pour elle, la lutte anti-sectes ne peut se faire au niveau départemental, une telle réforme menée par Jean-Pierre Chevènement ayant été un échec. Et d'accuser: «cette réforme est le fruit de dix ans de lobbying sectaire et de pressions des Etats-Unis dont le Congrès épingle chaque année dans un rapport la politique française vis-à-vis des sectes». Cette figure des milieux laïques promet toutefois une «large mobilisation» dans les semaines qui viennent.
re Andrieu AFP/Archives ¦ Vue d'un panneau d'information pris le 30 mai 2001 dans les locaux de l'Eglise de Scientologie à Pari 


France : Scientologie

Amélie demande à la Scientologie de la rembourser

Le Parisien , 4 février 2008 par Emeline Cazi et Anne-Cécile Juillet

[Texte intégral]

AURELIE a quitté la Scientologie il y a un an et demi, après deux ans passés dans l'organisation. Elle a décidé de demander le remboursement intégral de toutes les sommes qu'elle y a versées, près de 2 000 €. Si elle n'y parvient pas, c'est devant un tribunal qu'elle ira raconter son histoire.

« Je travaillais non loin d'un centre de la Scientologie, dans le XVII e arrondissement de Paris. Une de mes clientes était scientologue. Sous couvert d'ouverture d'esprit, elle m'a conviée à une conférence. Dès lors, le harcèlement a commencé. D'abord par des coups de fil à répétition. Elle avait compris qu'à cette époque, alors que je sortais de difficultés personnelles, j'étais vulnérable. »

« Elle disait vouloir m'aider. J'ai cédé et commencé à me faire auditionner, c'est-à-dire à parler de mes douleurs passées. On a le sentiment de se libérer, mais ça c'est le côté séduction. Ensuite, j'ai dû prendre une série de cours, à 50 € la séance. Puis, contre 1 500 €, ils m'ont fait me purifier selon leur méthode : cinq heures de sauna et quelques vitamines pendant cinq semaines. Finalement, je suis allée travailler dans une station de ski, j'en rêvais depuis longtemps. Après quelques semaines, deux scientologues sont venus me voir, me proposant de travailler pour eux, en contrepartie d'enseignements. Quarante heures par semaine à mettre des lettres sous pli, pour 50 €. Je les ai suivis aveuglément. Lorsque j'ai prévenu mon père de mon retour à Paris, je lui ai parlé, pour la première fois, de la Scientologie. Il m'en a sorti manu militari. J'ai changé de numéro. Ils ont tenté de me retrouver. Finalement, ils ont laissé tomber.


France : Sectes

"Je dois assurer la liberté de croyance de tous"

Le Parisien, 4 février 2008 propos recueillis par E.C et A.-C.J.

[Texte intégral]

MICHÈLE ALLIOT-MARIE, ministre de l'Intérieur

Vous remobilisez ce matin les services de l'Etat dans la lutte contre les sectes. Dans quel but ?

Michèle Alliot-Marie.
J'entends décomplexer la lutte contre les dérives sectaires.

Nous avons en France un dispositif pénal très performant. Il faut renforcer la vigilance, l'intervention et la répression. Je demande donc aux préfets, aux différents services de police, de justice ou du fisc d'être particulièrement attentifs à tout ce qui pourrait constituer des dérives sectaires.

Il existe déjà une mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). Est-ce un désaveu de son travail ?

Je ne remets pas en cause son travail d'étude et de recommandation. Il est intéressant et utile. Mais ce n'est pas à la Miviludes de définir une politique, ni de mener des actions de répression. C'est le rôle des pouvoirs publics. Je dois assurer la liberté de croyance de tous. Je n'ai pas à juger ce que chacun pense ou croit.

Est ce la fin de la Miviludes ?

Chacun doit être clairement dans son rôle. Le conseil d'un côté, l'action de l'autre. J'écoute tout le monde, et après j'assume les décisions.

Dans un entretien donné récemment à « la Croix », vous opposez votre conception de la laïcité « tolérante » à une laïcité plus « archaïque ». C'est-à-dire ?

La laïcité, c'est la tolérance, le respect de toutes les croyances et des religions. Elle exige la neutralité de l'Etat à leur égard. Il doit veiller à l'égalité de traitement entre elles. La laïcité garantit que nul ne puisse être pénalisé du fait de ce qu'il croit. Si certains ont une conception de la laïcité qui est l'intolérance à l'égard de certaines croyances, ce n'est pas la mienne.

Vous y évoquez de possibles aménagements de la loi 1905. Souhaitez-vous
la modifier ?


Non. La loi de 1905 établit un équilibre entre le religieux et le non-religieux. Elle fait aujourd'hui l'objet d'un consensus. Je ne veux pas remettre en cause ces principes. Mais contrairement à ce que beaucoup pensent, il n'y a pas que la loi de 1905. De nombreux textes techniques gravitent autour. Certains d'entre eux ont vieilli et ne sont plus adaptés à la société d'aujourd'hui, par exemple ceux précisant les carrés confessionnels dans les cimetières.

En France, les Témoins de Jéhovah sont-ils une religion comme une autre ?

C'est une association légale. Elle a pu poser, à un moment donné, des difficultés, notamment au regard de la liberté de soins. Le Conseil d'Etat a tranché : au regard de la loi, c'est une association cultuelle. Mon rôle, c'est de faire appliquer la loi.

« Je ne cible aucune association »

Qu'en est-il de la Scientologie ?

Je le répète : je ne cible aucune association par principe, mais je ne tolérerai aucun acte contraire à la loi. Je suis extrêmement attentive à toute action qui pourrait s'apparenter à une dérive sectaire, d'où qu'elle vienne.

La Scientologie communique largement sur son regain de respectabilité en Europe...

C'est de la communication. Ce n'est pas un domaine illégal.

Quel regard portez-vous sur la rencontre de Nicolas Sarkozy avec Tom Cruise à Bercy en 2004 ?

Je pense que c'est plutôt un bon acteur (rires) ! Je pense qu'il était reçu comme tel.


France : Laïcité

Sarkosy, la laïcité, la Religion

Le Parisien, 4 février 2008 propos recueillis par A.-C.J.

[Texte intégral]

NICOLAS SARKOZY avait prévenu, bien avant son élection à la présidence. Les propos qu'il a distillés après son arrivée place Beauvau, en 2002, tranchent avec ceux de ses prédécesseurs, réservés, voire indifférents, sur le fait religieux. Lui, décomplexé, remet la question de la religion sur la place publique.

Quitte à soulever la polémique sur un sujet qui a toujours été source de crispations en France.

En 2003, il s'investit dans l'installation du Conseil français du culte musulman. L'année suivante, son livre d'entretiens avec Thibault Collin et le père Verdin, « La République, les religions, l'espérance »,* montre son souci de contrer la laïcité « sectaire ». « Pour Nicolas Sarkozy, la laïcité positive est celle qui, tout en veillant à la liberté de croire ou de ne pas croire, ne considère pas les religions comme un danger mais comme un atout », analyse Jean-Pierre Machelon, doyen de la faculté de droit de l'université Paris-Descartes, auteur d'un rapport sur la laïcité à la demande de Nicolas Sarkozy. Sa vision fait des émules. Toujours selon le professeur, « le ministre de l'Intérieur et le président de la République marchent
du même pas ».

Il s'inspire du modèle anglo-saxon

Récemment, à Rome, puis en Arabie saoudite, le chef de l'Etat promeut dans ses discours son idée de la « laïcité tolérante ». Tollé général : droite, gauche, centre, militants de tout bord, associatifs, et même croyants, s'alarment. Du sénateur PS Mélenchon à l'historien de la laïcité Jean Baubérot, on s'indigne. Pour Caroline Fourest, qui a publié de nombreux ouvrages sur la question, Sarkozy prône une laïcité inspirée du modèle anglo-saxon, « au moment même où les Anglais se demandent si leur modèle ne favoriserait pas l'intégrisme ».

Est-ce sa fascination pour l'Amérique qui l'incite à recevoir Tom Cruise à Bercy, en août 2004, alors qu'il est ministre de l'Economie et des Finances et que l'acteur se positionne déjà comme le porte-parole mondial de la Scientologie ? Tom Cruise précisera, quelques mois après, qu'il a bien abordé avec les Sarkozy la question de sa foi. Avec franchise, Nicolas Sarkozy reconnaîtra plus tard ne pas avoir « d'opinion arrêtée » sur une organisation maintes fois présentée comme sectaire.

Au siège de la Scientologie à Paris, on se réjouit de cette absence de positionnement : « Nicolas Sarkozy n'est pas particulièrement bienveillant à notre égard, mais oui, il pense que la religion est nécessaire à l'homme. Et nous en sommes une », souligne Danièle Gounord, porte-parole de l'organisation. A peine lancé, le débat provoqué par Nicolas Sarkozy suscite la controverse.


France : Sectes

Les jours de la Mission contre les sectes sont comptés

Bakchich, 5 février 2008 par Serge Faubert

[Texte intégral]

C’est en lisant le Parisien, ce lundi 4 février, que le président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), Jean Michel Roulet, a appris que Michèle Alliot-Marie convoquait, le jour même, une réunion consacrée à la lutte contre les sectes. Réunion à laquelle étaient conviés les directeurs généraux de la police et de la gendarmerie ainsi que des représentants des préfets, mais pas les responsables de la Miviludes. Une mauvaise manière qui confirme que les jours de l’institution sont comptés. La recension et surveillance préventive des mouvements sectaires n’est plus à l’ordre du jour. Le gouvernement, reprenant à son compte le concept de laïcité positive mis en avant par Nicolas Sarkozy, n’entend désormais intervenir qu’après la constatation d’une infraction pénale. C’est peu dire que les sectes ont de beaux jours devant elles…


France : Sectes

Face aux sectes, le ministère de l'Intérieur adopte une politique "libérale mais ferme

Le Monde , 5 février 2008 par Stéphanie Le Bars

[Texte intégral]

Le gouvernement souhaite donner une inflexion nouvelle à la lutte contre les dérives sectaires. Rompant avec la démarche symbolisée par les travaux des commissions parlementaires sur les sectes de 1995, 1999 et 2006 ou les rapports annuels de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) qui ont dressé des listes de mouvements et ont dénoncé des comportements potentiellement dangereux, le ministère de l'intérieur souhaite mettre l'accent sur la répression. 

Cette approche a été explicitée par la ministre, Michèle Alliot-Marie, lundi 4 février, aux responsables de la police, de la gendarmerie et de la Préfecture de police.

A première vue, la feuille de route livrée par la ministre relance la mobilisation contre les dérives sectaires. Elle prône aussi une meilleure coopération avec les services sociaux, éducatifs, fiscaux ou judiciaires. Mme Alliot-Marie a souligné "l'importance des risques, et les nouvelles formes d'action aujourd'hui plus diffuses, dans des domaines tels que la formation, l'accompagnement personnel, les activités paramédicales". La ministre a insisté pour que ces sujets fassent l'objet "d'une attention particulière des services de police judiciaire, sous le contrôle du juge pénal".

Il s'agit de "poursuivre et de réprimer des comportements caractérisés de troubles à l'ordre public ou des infractions pénales avérées" plutôt que de s'en tenir à "une vision arbitraire, stigmatisant a priori" des mouvements sur la base de critères " peu rigoureux", indique-t-on au ministère. Une critique à peine voilée des travaux de la Miviludes, dont les orientations pourraient être redéfinies, même si sa dissolution est démentie par les services du premier ministre, dont elle dépend. Cette approche "libérale mais ferme" s'accompagne d'un discours ministériel fondé sur "la liberté de croyances et de conviction de tous", qui illustre le concept de "laïcité positive" défendue par Nicolas Sarkozy.

Cet aspect inquiète le milieu anti-sectes. "Dans un contexte qui prône le religieux à tout va, il ne faut pas grand-chose pour que les sectes entrent par la porte", estime Catherine Picard, présidente de l'Union nationale des associations de défense des victimes de sectes (Unadfi). "Je suis sur la même ligne que Nicolas Sarkozy sur la liberté de pensée et de religion", souligne Alain Gest, député (UMP, Somme), président de la commission parlementaire sur les sectes en 1995, "mais il faut différencier entre une religion et un mouvement qui porte préjudice à la population".

A leurs yeux, l'aspect principalement répressif est problématique. "Au-delà de l'abus de faiblesse ou de l'escroquerie, les victimes ne peuvent pas toujours faire référence à des lois existantes pour porter plainte et les infractions sont difficiles à matérialiser", indique M. Gest. Dans ce cadre, la Miviludes joue un rôle de "prévention et d'information indispensable".

Jusque-là largement fondée sur des rapports des renseignements généraux (RG), la connaissance des milieux sectaires pourrait à l'avenir s'appuyer sur des recherches universitaires, comme en Grande-Bretagne. Au-delà des groupes régulièrement soupçonnés de dérives, comme l'Eglise de scientologie, les Témoins de Jéhovah ou certains mouvements évangéliques, les RG peinent à travailler sur les petites structures, volatiles, qui concentrent une grande partie des risques.


France : Sectes

Protection des témoins de commissions parlementaires

AFP, 5 février 2008

[Texte intégral]

Protection des témoins de commissions: proposition Accoyer examinée en avril

PARIS - L'Assemblée nationale examinera le 3 avril la proposition de loi de son président Bernard Accoyer (UMP) visant à accorder aux témoins des commissions d'enquête la même protection juridique qu'aux personnes appelées à témoigner devant les tribunaux, a-t-on appris mardi à l'issue de la conférence des présidents.

"Ne donneront lieu à aucune action en diffamation, injure ou outrage ni les
propos tenus ou les écrits produits par la personne tenue de déposer devant une
commission d'enquête, ni le compte rendu des séances publiques de ces
commissions fait de bonne foi"
, prévoit l'article unique de cette proposition de
loi.
En annonçant le dépôt de la proposition de loi, début novembre, M. Accoyer avait évoqué le cas d'une récente commission d'enquête sur les sectes qui avait donné lieu à "de nombreuses actions en diffamation engagées contre des personnes ayant témoigné devant elle".
"Lorsque l'acharnement procédurier de certains plaignants finit par s'apparenter à une forme de harcèlement, il risque de porter atteinte à la libre parole devant les commissions d'enquête", avait-il fait valoir.


France : Scientologie

L'Eglise de Scientologie ne demande pas d'aménagement de la loi de 1905

AFP, 5 février 2008

[Texte intégral]

PARIS - L'Eglise de Scientologie "n'a aucune revendication concernant la loi de 1905 sur la laïcité", indique mardi sa porte-parole Danièle Gounord dans un communiqué.

"Etant régulièrement citée dans le débat qui a lieu en ce moment sur des aménagements à la loi de séparation des Eglises et de l'Etat de 1905, l'Eglise de Scientologie tient à faire savoir qu'elle n'a aucune revendication particulière et qu'elle ne demande à bénéficier d'aucun aménagement à cette loi qui lui convient parfaitement en l'espèce", écrit Mme Gounord.

"L'Eglise de Scientologie, précise-t-elle, finance toutes ses activités, missionnaires, humanitaires et la construction de nouveaux lieux de culte exclusivement par des donations de ses paroissiens, sans jamais solliciter de subventions publiques".

En revanche, "lorsque l'Eglise de Scientologie est nommément prise à partie par des associations militantes financées quasi exclusivement par de l'argent public (...), elle est en droit de s'interroger sur la neutralité de l'Etat à son encontre et de se demander si la loi de 1905, qui garantit le libre exercice des cultes, est bien appliquée à son endroit".

La Scientologie a été fondée par Ron Hubbard et sa première église établie aux Etats-Unis en 1954. Actuellement, indique sa porte-parole, elle "compte plus de 7500 églises, missions et groupes et plus de dix millions de membres dans 164 pays".


France : Sectes

L'Elysée prépare une réforme de la lutte contre les sectes

La Croix , 5 février 2008 par Marine Lamoureux

[Texte intégral]

Au nom de la liberté de conscience, la présidence de la République souhaite redéfinir laction de la Miviludes.

La Miviludes, mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, va bientôt être redéfinie. Alors que la rumeur courait depuis quelques jours, lÉlysée a confirmé hier à La Croix le projet den recentrer les travaux. Cette mission ne serait ni supprimée ni refondue dans les attributions dun nouveau «défenseur des droits fondamentaux », fonction imaginée par lancien premier ministre Édouard Balladur dans son rapport sur la réforme des institutions et pouvant regrouper des entités comme la Halde (lutte contre les discriminations) ou la défenseure des enfants.

L
idée serait plutôt de « recentrer le travail de la Miviludes sur les mouvements dangereux», qui se sont rendus coupables dinfractions pénales, plutôt que de pointer du doigt des mouvements a priori sectaires avec un risque darbitraire, indique-t-on dans lentourage de Nicolas Sarkozy.

Mise en oeuvre « dans lannée », cette réforme coïnciderait avec le renouvellement du président de la mission, dont le mandat arrive à échéance à lautomne prochain. Il faut dire que certaines initiatives de la Miviludes, sous limpulsion de son président actuel, Jean-Michel Roulet, ont déplu. Ce fut par exemple le cas dune étude, figurant dans le rapport 2006, sur la manière dont sont traités à létranger les Témoins de Jéhovah, alors même que le Conseil dÉtat les avait reconnus en France comme association cultuelle.
« Une ligne rouge a été franchie »,
estime-t-on à l
Élysée, puisque la question de leur statut avait été réglée. De même lexécutif regrette-t-il que la suspicion, non étayée par des troubles avérés à lordre public, notamment à légard de certains mouvements évangéliques, leur ôte, de fait, certains droits reconnus à nimporte quelle association : obtention de permis de construire, de subventions, etc. Au final, pour l’Élysée, la Miviludes aurait tendance à empiéter sur la liberté de conscience et de croyance, droit fondamental de la République.

« L’État doit respecter toutes les croyances et ne peut pas lutter a priori contre tel ou tel mouvement spirituel, même s
il apparaît marginal ou ésotérique », fait de son côté observer un membre du cabinet de Michèle Alliot-Marie. De fait, la ministre de l’intérieur s’est positionnée dans le débat, en réunissant hier matin, place Beauvau, des représentants de la police et de la gendarmerie. Objectif : renforcer la lutte contre les dérives sectaires dans son champ propre, la répression des troubles à l’ordre public. À ce titre, Michèle Alliot-Marie a notamment promu une « approche décloisonnée, sur le modèle des GIR (NDLR : groupements d’intervention régionaux) pour que puissent être décelées des infractions de type fiscal ou financier » . Manière, là encore, de réaffirmer qu’en dehors des crimes et délits, la liberté de conscience doit primer.

Dans un entretien publié hier par Le Parisien, la ministre rappelle d
ailleurs qu’elle « doit assurer la liberté de croyance de tous » et na pas « à juger ce que chacun pense ou croit » . Elle y précise les contours des attributions de chacun : « Je ne remets pas en cause le travail d’étude et de recommandation (de la Miviludes). Il est intéressant et utile. Mais ce n’est pas à (elle) de définir une politique ni de mener des actions de répression. C’est le rôle des pouvoirs publics. »

Reste que le projet de l’Élysée risque de susciter de vives réactions. Jointe par téléphone hier après-midi, la Miviludes n’a pas souhaité réagir dans l
immédiat. En revanche, certains acteurs de la lutte contre les sectes ont confié leur désarroi, à l’instar de Philippe Vuilque, député (PS) des Ardennes et président du groupe d’études sur les sectes à l’Assemblée nationale. « La Miviludes fait un excellent travail. Son rapport annuel est un outil très important qui a permis, pour ne citer qu’un exemple, de mettre en lumière les pratiques sataniques de certains jeunes et les risques de mise en danger de la vie d’autrui », note l’élu, pour qui «la police et la gendarmerie ont d’autres chats à fouetter que de lutter contre les sectes » . Il redoute un coup porté à la prévention.


France : Laïcité - Sectes

Assemblée Nationale - question - Liebgott Michel - Laïcité LLiebgott MichelM. Liebgott Michel

JO, 5 février 2008

[Texte intégral]

13ème législature
Question N° : 15864  de M. Liebgott Michel(Socialiste, radical, citoyen et divers gauche - Moselle) QE
Ministère interrogé :  Intérieur, outre-mer et collectivités territoriales
Ministère attributaire :  Intérieur, outre-mer et collectivités territoriales
 Question publiée au JO le : 05/02/2008 page : 922
 
Rubrique :  cultes
Tête d'analyse :  financement
Analyse :  subventions. réglementation
Texte de la QUESTION :  M. Michel Liebgott alerte Mme la ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales sur le projet prêté au chef de l'État de réformer la loi de 1905 portant sur la séparation de l'Église et de l'État. De laïcité positive lors d'une visite pontificale mise à profit pour vanter les mérites soit disant supérieurs du curé ou du pasteur face à l'instituteur, fondés sur une transcendance dont ce dernier serait démuni, en passant par Riyad où les valeurs religieuses sont mises en avant avec la même verve par le président d'une République laïque, le chef de l'État préparerait à présent, selon les déclarations de sa directrice de cabinet, une refonte de la loi de 1905. Ses principaux objectifs seraient « d'élargir la notion d'association cultuelle ». Derrière cette avenante sémantique se dissimule en fait la volonté, à laquelle le président de la République a souvent fait allusion, de rétablir le financement public des religions en leur accordant un statut qui autorise les subventions de l'État et des dons et legs déductibles des impôts, donc puisés dans la richesse de la nation. Il suffit pour s'en convaincre de considérer l'accueil bienveillant réservé en son temps par M. Sarkozy, alors ministre de l'intérieur et donc en charge des cultes, à l'église de la scientologie, à travers son pape hollywoodien qu'est l'acteur Tom Cruise, alors même que cette organisation est reconnue comme étant sectaire. Dès lors se glisseront dans la brèche, témoins de Jéhovah, associations islamistes fondamentalistes et autres sectes dont les méthodes de décérébration ne sont que trop connues et dénoncées par ceux et celles qui ont eu la force et la chance de s'en émanciper. Il lui demande donc, en sa qualité de ministre des cultes, de bien prendre la mesure des conséquences d'une telle réforme qui dans les faits mettrait à bas les fondements de la loi de 1905 ainsi que notre pacte républicain et laïc, en alertant la présidence de la République sur les risques ainsi encourus par notre pays. 
S.R.C.13LorraineN


France : Sectes

Communiqué de presse de Philippe Vuilque, député des Ardennes

________________________________________________________________________________

REPUBLIQUE FRANCAISE
LIBERTE-EGALITE-FRATERNITE

_________________________________________________________________________________

Philippe Vuilque
Député des Ardennes
Membre de la Commission des lois
Conseiller régional
de Ch
ampagne-Ardenne

Communiqué de Presse

Réforme annoncée de la lutte contre les sectes et remise en cause de l'action de la MIVILUDES ; Philippe VUILQUE, député des Ardennes, Président du groupe d’études sur les sectes à l’Assemblée et rapporteur de la commission d’enquête sur les sectes et les enfants, s’inquiète des projets gouvernementaux et interpelle le Premier Ministre

La  presse écrite et audiovisuelle s’est fait l’écho des projets de la Ministre de l’Intérieur et des déclarations de l’Elysée sur la politique de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires et sur le rôle de la MIVILUDES (Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires) et son devenir.

 Le parlementaire rappelle que la MIVILUDES dépend du Premier Ministre et s’étonne du silence de ce dernier et des déclarations désordonnées sur l’avenir de la MIVILUDES (suppression et intégration dans une autorité de défense des droits pour le Ministre de l’Intérieur, redéfinition de sa mission pour l’Elysée).

L’affirmation, selon laquelle " la MIVILUDES aurait tendance à empiéter sur la liberté de conscience et de croyance", est grave et sans aucun fondement.

Au contraire, le parlementaire membre du Conseil d’Orientation de la MIVILUDES considère que cette dernière fait un travail remarquable de prévention et d’information et de vigilance en parfaite complémentarité avec le travail parlementaire.

 Le parlementaire ajoute que les membres de ce conseil d’orientation n’ont jamais eu à constater un quelconque manquement à ces obligations (respect des libertés publiques et des droits fondamentaux) de la part de cette instance. Philippe VUILQUE demande au Premier Ministre dont la MIVILUDES dépend une clarification rapide permettant de rassurer l’ensemble des acteurs de la lutte contre les dérives sectaires.

 

Permanence : 3, rue Gambetta - BP 130 - 08500 REVIN - Tél : 03 24 40 51 51 - Fax : 03 24 40 51 50
Assemblée Nationale : 101, rue de l'Université- 75007 PARIS - Tél: 01 40 63 75 13- Fax: 01 40 63 94 77
e mail : vuilque.philippe@wanadoo.fr

Adresse postale : BP 130 - 08500 REVIN

 


France : Sectes

Michèle Alliot-Marie relance le débat sur les sectes

AFP, 6 février 2008

[Texte intégral]

La ministre a confié au Parisien lundi, vouloir "décomplexer la lutte contre des dérives sectaires" et "assurer la liberté de croyance de tous". Dans la foulée, elle a affirmé que ce n'était "pas à la Miviludes de définir une politique, ni de mener des actions de répression".

Interrogée par l'AFP, la Miviludes s'est refusée à tout commentaire, indiquant n'avoir pas été prévenue. "Tout ce que nous apprenons, nous l'apprenons par la presse", a déploré un membre de la Mission, rappelant que la Miviludes était un organisme interministériel dépendant du Premier ministre et non du ministre de l'Intérieur.

Même si Mme Alliot-Marie a tempéré, peu après, son propos en assurant qu'il ne s'agissait "en rien d'une mise en cause" de la Miviludes qui "a son rôle de réflexion, voire de propositions", ses déclarations sont intervenues à un moment où certains mouvements critiquent l'action de la mission.

La Miviludes, créée en 2002, a succédé à la Mils (Mission interministérielle de lutte contre les sectes) qui émanait elle-même d'un Observatoire créé en 1996 dans la foulée du rapport parlementaire sur "les sectes en France" et l'affaire de l'Ordre du Temple solaire (16 morts).

Dans ses récents rapports, elle a étudié le risque d'intrusion des sectes dans les secteurs de la formation professionnelle et de l'entreprise. Ses détracteurs l'accusent de "voir des sectes partout", ce que réfute son président Jean-Michel Roulet, rappelant qu'il chasse les dérives sectaires ("mise en état de sujétion"), et non les sectes.

Néanmoins, la Miviludes est vue comme un ennemi personnel par l'Eglise de Scientologie, qui lui préférerait un "observatoire" composé de professeurs et de chercheurs et juge ses critères "inappropriés".

En France, pays laïque, l'Etat ne définit pas la religion mais défend la liberté de croyance, qui doit s'exercer "sans trouble à l'ordre public". Une association, rassemblant des fidèles, ne réclamant pas de fonds publics et ne causant pas de scandale, peut demander à bénéficier du statut d'association cultuelle (loi de 1905). Mais certaines associations à caractère cultuel ont fondé des associations culturelles (loi de 1901), qui peuvent bénéficier de fonds publics.

Il y a une certaine confusion entre les deux statuts et une des propositions du rapport Machelon (septembre 2006) sur le toilettage de la loi de 1905 est justement de reconsidérer leur fonctionnement et leur objet.

Dans le contexte de "laïcité positive" mis en avant par le président Sarkozy, les anti-sectes craignent qu'au nom de la liberté de croyance, on n'ouvre le champ aux mouvements sectaires.

Pour tenter de décrisper le débat, l'Eglise de Scientologie a fait savoir mardi qu'elle ne demandait à "bénéficier d'aucun aménagement" de la loi de 1905, tandis que le porte parole des Témoins de Jéhovah (200.000 adeptes en France), Jean-Claude Pons, a dit à l'AFP qu'il n'y avait "pas grand'chose à attendre d'une modification de la loi de 1905". M. Pons a souhaité, toutefois, une "clarification" entre associations loi 1901 et loi 1905.

L'historien des religions Odon Vallet, dans son "petit lexique des mots essentiels", écrit qu'une secte est "à la fois un lieu où on suit un chef et où l'on se coupe du monde. (...) La secte est une île et la religion un continent".


France : Sectes

Indignation et émotion après les déclarations d'Alliot-Marie sur les sectes

AFP, 6 février 2008

[Texte intégral]

PARIS - Plusieurs associations dont l'Unadfi se sont déclarées mercredi dans un communiqué "émues et indignées" par les déclarations de la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie "sur sa conception de la
lutte contre les dérives sectaires".

Dans ce texte commun, l'UNADFI(Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu), le CCMM-centre Roger Ikor, le GEMPPI (Groupe d'étude des mouvements de pensée en vue de la protection de l'individu) et SOFI (Société famille individu), "rappellent que les dérives sectaires ne se limitent pas à la sphère religieuse; plus de la moitié des cas concernent le secteur de
la santé, le développement personnel, les actions humanitaires, les activités sportives, éducatives et culturelles".

Elles apportent leur soutien à la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) pour sa "vigilance constante sur les agissements sectaires" et son rôle dans la coordination dans les actions de prévention.

Elles demandent enfin au président Sarkozy de confirmer la promesse faite pendant sa campagne électorale d'aider les associations qui luttent contre les activités sectaires.

Par ailleurs Philippe Vuilque, député des Ardennes, Président du groupe d'études sur les sectes à l'Assemblée, s'inquiète dans un communiqué diffusé mercredi de la "réforme annoncée de la lutte contre les sectes et de la remise en cause de l'action de la Miviludes.

Il rappelle que la Miviludes "dépend du Premier Ministre et s'étonne du silence de ce dernier" à propos des déclarations sur l'avenir de cette organisation.

Il juge "grave et sans fondement, la déclaration (ndlr de Mme Alliot-Marie) selon laquelle "la Miviludes aurait tendance à empiéter sur la liberté de conscience et de croyance". Philippe Vuilque considère qu'elle fait "un travail remarquable de prévention, d'information et de vigilance".

Enfin il demande au Premier ministre "une clarification rapide permettant de rassurer l'ensemble des acteurs de la lutte contre les dérives sectaires".


France : Sectes - Laïcité

Jean-Pierre Brard refuse le "toilettage au karcher" de la loi de 1905

AFP, 6 février 2008

[Texte intégral] (suivi du communiqué de presse dans son intégralité )

PARIS - Jean-Pierre Brard, député-maire (app.PCF) de Montreuil (Seine-Saint-Denis) a invité à refuser le "toilettage au kärcher" de la loi de 1905 sur la laïcité, et pris la défense de la Miviludes (Mission
interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) dans un communiqué diffusé mercredi.

Il a regretté que Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, ait parlé de "laïcité intolérante" à l'égard des croyances et déplore qu'au nom de la liberté de conscience, elle remette en cause la lutte contre les sectes.

Mme Alliot-Marie, poursuit-il, "a publiquement désavoué" la Miviludes, dont il est question de "recentrer le travail sur les +mouvements dangereux+, c'est-à-dire ceux ayant déjà commis des infractions pénales".
La ministre a confié au Parisien lundi, vouloir "décomplexer la lutte contre des dérives sectaires" et "assurer la liberté de croyance de tous". Dans la foulée, elle a affirmé que ce n'était "pas à la Miviludes de définir une politique, ni de mener des actions de répression".

Pour M. Brard, "c'est piétiner inconsidérément le travail rigoureux et méticuleux accompli depuis des années par la Miviludes. C'est nier la nécessité absolue d'un travail de prévention et d'information sur les dérives sectaires.

(...) Renoncer à cet indispensable outil d'investigation et d'alerte, c'est condamner les pouvoirs publics à l'aveuglement, c'est abandonner les victimes et leur famille".

Jean-Pierre Brard, qui a été membre de la commission d'enquête parlementaire sur les sectes, regrette en outre que le président Nicolas Sarkozy "mélange allègrement tous les principes républicains qui fondent la séparation des Eglises et de l'Etat : il oppose les laïcs et les croyants, il confond tolérance et complaisance envers les sectes, il veut faire des associations cultuelles, des associations loi 1901.

Refusons le toilettage au kärcher de la loi de 1905 comme celui de la Miviludes",
conclut le député.

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Communiqué dans son intégralité : 

 COMMUNIQUE DE JEAN-PIERRE BRARD

Maire de Montreuil

Député de la Seine-Saint-Denis

Secrétaire de la commission des finances

La ministre de l'Intérieur, Mme Michèle Alliot-Marie, se fait décidément la voix de son maître, Nicolas Sarkozy, même dans les pires oeuvres. Prolongeant les attaques du Président contre l'héritage laïc de notre République, elle a dénoncé hier notre laïcité « intolérante » qui jugerait les croyances « a priori ».

Cette dérive gagne malheureusement le terrain de la lutte contre les sectes. Au nom de la « liberté de conscience », Mme Alliot-Marie a publiquement désavoué hier la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) dont les investigations auraient été trop audacieuses au goût du gouvernement. Il s'agit, entend-on, de « recentrer le travail de la Miviludes sur les mouvements dangereux », c'est-à-dire ceux ayant déjà commis des infractions pénales.

C'est piétiner inconsidérément le travail rigoureux et méticuleux accompli depuis des années par la Miviludes. C'est nier la nécessité absolue d'un travail de prévention et d'information sur les dérives sectaires. Dès que des illégalités sont avérées, la police et la justice peuvent intervenir et punir. C'est en amont qu'il faut exercer une « vigilance », comme l'indique le nom de la mission. Renoncer à cet indispensable outil d'investigation et d'alerte, c'est condamner les pouvoirs publics à l'aveuglement, c'est abandonner les victimes et leur famille.

Les travaux menés par les parlementaires de tous horizons politiques et par la Miviludes sur les sectes ont toujours scrupuleusement respecté les libertés publiques et la liberté de croyance. Mais la naïveté et la complaisance n'ont pas leur place face à des multinationales de la manipulation mentale et de l'argent.

Monsieur Sarkozy rêve d'une France atlantiste et communautariste où les « spiritualités » auraient leur place dans l'espace public. Il aime à louer Dieu « qui est dans la pensée et le coeur de chaque homme » et à afficher son amitié avec d'éminents responsables de la scientologie, comme l'acteur Tom Cruise. Il a même affirmé publiquement ne pas avoir « d'idées arrêtées » sur la scientologie. Cette confusion dans son esprit, doublée d'une inculture totale concernant notre héritage historique et philosophique, l'amène malheureusement à mélanger allègrement tous les principes républicains qui fondent la séparation des Eglises et de l'Etat : il oppose les laïcs et les croyants, il confond tolérance et complaisance envers les sectes, il veut faire des associations cultuelles, des associations loi 1901...

Refusons le toilettage « au kärcher » de la loi de 1905 comme celui de la Miviludes.


Belgique : Scientologie

Première : une manif contre la Scientologie

La Libre Belgique, 6 février 2008 par Roland Planchard

[Texte intégral]

Un groupe veut réunir 300 000 personnes dans le monde. Et à Bruxelles...

Du jamais vu, si tout se réalise comme prévu par le groupe de lutte contre l'"Eglise" de scientologie, "Anonymous". Après avoir appelé voilà peu de temps au harcèlement des sites Internet de la scientologie, ce mouvement international - et qui a semble-t-il un pilier belge - organise, le dimanche 10 février, une manifestation tout aussi internationale. Sur le site américain de NBC11, "Anonymous" annonçait lundi ne pas désespérer de réunir quelque 300 000 personnes. Aux Etats-Unis mais aussi en Europe. Et, en particulier, à Bruxelles où les scientologues ont établi un siège majeur.  

Partout, l'heure de rassemblement sera la même : 11 heures locales(1). Partout, la violence sera exclue au profit de la bonne humeur, annonce "Anonymous". Mais partout, le slogan "Nous n'oublions pas, nous ne pardonnons pas et nous sommes nombreux" pourrait fleurir... 

C'est que la scientologie est réputée, dans plusieurs pays dont le nôtre, être une organisation sectaire. Côté droit commun, elle a de surcroît été inculpée en Belgique, même en tant que personne morale, pour organisation criminelle et association de malfaiteurs ainsi que pour des infractions d'extorsion, d'escroquerie et on en passe. Le parquet fédéral belge avait tracé un réquisitoire en ce sens en septembre 2007 (l'"Eglise" étant présumée innocente en l'attente d'un jugement). 

Bref, si la manifestation obtient un certain succès, à Bruxelles et ailleurs, ce sera la première fois que d'anciens adeptes floués et ceux qui critiquent les sectes seront aussi visibles. 

Or, pour les scientologues, cela tombe mal car, confrontée au vieillissement de ses adhérents et à une fréquentation hésitante, leur multinationale change petit à petit ses méthodes de recrutement et de communication pour tenter de redorer son image.

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(1) Le rassemblement est prévu à la station de métro "Parc", en surface, à partir de 11 heures; les manifestants se déplaceront au siège du 91, rue de la Loi, pour l'après-midi. Voir
tp://anonymousbelgium.jottit.com/


France : Sectes

Alliot-Marie n'a "jamais prôné la suppression" de la MIVILUDES

La Croix, 7 février 2008

[Texte intégral]

La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, n'a "jamais prôné la suppression" de la MIVILUDES, la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, a-t-elle affirmé jeudi dans un courrier adressé à quatre associations anti-sectes.

Dans une lettre envoyée au GEMPI, au centre Roger Ikor, à l'UNADFI et à la SOFI, la ministre rappelle avoir "clairement indiqué la mission du ministre de l'Intérieur et ce qu'était le rôle de la MIVILUDES" (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires).

"Je n'ai jamais prôné la suppression de cet organisme", affirme la ministre, en ajoutant que "quelles que soient les critiques qui ont pu être formulées contre la mission, je ne remets pas en cause son travail d'étude et de recommandation".

"Je le juge au contraire intéressant et utile", poursuit Michèle Alliot-Marie, mais "il est évident que chacun doit être clairement dans son rôle, le conseil d'un côté, l'action de l'autre", ajoute-t-elle.

Réitérant que sa "préoccupation première est la protection des victimes", la ministre souligne qu'il est "de (sa) responsabilité de veiller à ce que les procédures établies par les services de police répondent aux exigences de l'autorité judiciaire et permettent le prononcé de condamnations ".


France : Ecoovie

Reportages radio sur l'énigmatique Pierre Maltais

Radio Canada , 7 février 2008

[Texte intégral]

Radio-Canada, Desautels - Une série de reportages radio sur l'énigmatique Pierre Maltais et son mouvement Ecoovie est disponible sur le site web de Radio-Canada: