Actualités sur les sectes en avril 2006

Actualités diverses La justice reporte l'examen du litige entre la mairie et la fondation Elahi
Gurdjieff (*) 01/04/2006 Le système Gurdjieff - troisième partie (doc PDF)
Religions Les Légionnaires du Christ
La citadelle Récent rebondissement judiciaire
Mormons fondamentalistes Une secte américaine lorgne du côté de la Saskatchewan
Mormons fondamentalistes La Saskatchewan ne veut pas de polygames
Falungong Pékin dénonce les "rumeurs" du Falungong sur la vente d'organes
Moise Un bâton qui suscite beaucoup de controverse
Opus Dei L'Opus Dei veut redorer son image
Témoins de Jéhovah Pressions intégristes sur les hôpitaux
Opus Dei L'Opus Dei ouvre un bureau à Montréal
Soins Psy Un nouveau texte sur l'usage du titre de psychothérapeute
Soins Psy Communiqué de presse de la FFPP
Religions La prière serait dangereuse pour la santé
Sectes Les sectes de plus en plus redoutables
Soins Psy Le droit aux soins psychiques de qualité est-il un droit républicain?
Scientologie "Naissance silencieuse": la scientologie serre les rangs autour de Cruise
Sectes Quelle politique mettre en place face aux dérives sectaires
Religions Implants : " la marque de Satan " pour les évangélistes américains
Sectes Beslan: arrestation d'un gourou qui promettait de ''ressusciter'' les victimes
Moïse (Rock Therriault) Le bâton de Moïse est authentifié
Opus Dei L'Opus Dei souhaite un message de démenti au générique du "Da Vinci Code"
Eglise du Christ Une Française luttant pour la garde de ses enfants est incarcérée au Canada
Scientologie Le Conseil alerte les médias au sujet de messages provenant de l'Eglise de Scientologie
Sectes Assemblée nationale - question - Mme Darciaux Claude - réductions d'impôt
Religions Au Mexique la légion du Christ forme les élites
HUE Luong Minh Dang, « médecin » illégal
OTS Le procès en appel de Michel Tabachnik du 24 octobre au 3 novembre
Eglise du Christ Incarcérée au Canada pour avoir voulu protéger ses enfants
Sectes Remise du rapport de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires
Scientologie La Scientologie s'affiche à la télé avec un faux nez
Eglise du Christ La française écrouée à Vancouver risque dix ans de prison
Satanisme Inquiétante progression sensible du satanisme en France
Scientologie Tom Cruise à Paris, le jour de la sortie du rapport de la MIVILUDES
Scientologie De l'argent pour se taire
Soins Psy et Sectes Pseudo-thérapeutes et lutte anti-sectes
Sectes Un rapport s'inquiète pour les enfants, la santé et l'humanitaire
Sectes Le président de la MIVILUDES remet l'accent sur la lutte - Trois questions.
Sectes L'Etat des sectes
Sectes Les alter médecines font les choux gras des sectes
Sectes Les thèmes prioritaires de la MIVILUDES en 2005
Sectes Communiqué de presse de l'UNADFI
Religions Des prêcheurs mobilisés pour faire baisser le prix de l'essence
Sectes (*) 27/04/2006 Communiqué de presse de Georges Fenech. Député (PDF)
Soins Psy Psychothérapies: l'Unadfi dénonce "un recul" du ministère de la Santé
Eglise du Christ En prison pour ses enfants
Moon Le responsable de Moon accusé de faux témoignage

(*) Articles ou documents qui, compte tenu de leur taille, ne sont pas ci-dessous, mais sur une page particulière ou sur le Web


France : Ostad Elahi

La justice reporte l'examen du litige entre la mairie et la fondation Elahi

Libération, 1er avril 2006 par Renaud Lecadre

[Texte intégral]

Alors, secte ou pas secte ? Saisie du cas de la fondation Ostad Elahi, du nom d'un ancien magistrat iranien (1895-1974), philosophe et musicien (grand maître du tanbur, le luth local), la justice française a du mal à trancher. La cour d'appel de Versailles vient de reporter, pour la seconde fois, l'examen du litige, en se réservant sept mois de réflexion supplémentaire.

L'affaire oppose la fondation ­ d'inspiration soufie, déclarée d'utilité publique sous Jean-Pierre Chevènement et un temps vice-présidée par Bernadette Chirac ­ au maire UMP d'Asnières (Hauts-de-Seine), Manuel Aeschlimann, proche conseiller de Nicolas Sarkozy. En 2003, la mairie distribuait un tract à 40 000 exemplaires dénonçant une «infiltration par les membres d'une organisation spiritualiste, ésotérique et cultuelle», menaçant «l'intégrité morale des Asniérois et de leurs enfants». Le mot secte n'est pas prononcé, mais c'est tout comme. La fondation a surtout le don d'agacer prodigieusement Aeschlimann en s'opposant à ses projets de rénovation urbaine : plusieurs associations de défense de riverains sont domiciliées au pavillon asniérois de Bahram Elahi, le fils d'Ostad, que la mairie accuse de mobiliser les habitants afin de «protéger» son propre pavillon. En septembre, l'adjoint à la communication d'Aeschlimann était condamné en diffamation, au motif que «les polémiques locales à propos de l'urbanisme ne justifient aucunement l'attaque outrancière organisée par la mairie d'Asnières». Fin de la première manche.

Renfort. Dès le lendemain du jugement, les renseignements généraux pondaient une note mettant en cause la fondation Ostad Elahi. Coup de pouce de Sarko à son copain Aeschlimann ? Puis la Miviludes (mission antisecte qui dépend de Matignon) se réveillait à son tour en annonçant sa mise «sous surveillance». Le prompt et tout récent renfort de la mission et du ministère de l'Intérieur a convaincu la cour d'appel de rouvrir les débats en réclamant la déclassification des notes des RG et en «invitant» la mission antisecte à lui «fournir toutes conclusions et observations». Que disent les blancs des RG, dont Manuel Aeschlimann assure le service après-vente en distribuant les photocopies ? Une première note de six pages souligne que «l'installation dans les Hauts-de-Seine de ces "fervents de Dieu" a rapidement suscité des rumeurs : il y aurait détournement de la mystique soufiste à l'instigation de l'actuel "maître", Bahram Elahi, qui imposerait un fonctionnement totalitaire de son organisation, se conférant le statut de Dieu omniscient». Une autre note raconte que, lors de l'édification par des bénévoles d'un mausolée dans le Loir-et-Cher, «l'organisation se souciait peu de la législation du travail». Cela méritait bien l'estampille «confidentiel défense»...

Le point de friction le plus cher au maire d'Asnières, repris à leur compte par les RG, concerne ce «mouvement qui s'érige en contre-pouvoir municipal, s'accompagnant de pressions et d'intimidations sur les élus». Pourtant, quand il était dans l'opposition municipale, Manuel Aeschlimann s'était appuyé sur «l'organisation Elahi» pour contester l'ancien maire. Une fois élu, il avait même bombardé l'un de ses responsables au poste d'adjoint, avant de lui retirer sa délégation l'an dernier. Quant aux pressions, son directeur de cabinet, Francis Pourbagher, a porté plainte parce qu'un responsable associatif aurait un jour tenté de lui foncer dessus au volant de sa voiture. Le bras droit du maire vient d'être renvoyé en correctionnel pour dénonciation calomnieuse.

L'atmosphère est franchement empoisonnée à Asnières. Les deux camps ne cessent de se dénigrer. Pour Me Olivier Maurice, avocat d'un ancien membre de la fondation, spécialiste des sectes et notamment de la scientologie, ce mode de harcèlement textuel est typique d'un «comportement que l'on retrouve dans certaines organisations à caractère sectaire». Mais il semble bien partagé à Asnières.

Danger. L'une des victimes collatérales de ces règlements de comptes est Mayetic, une start-up spécialisée dans l'espace collaboratif (Intranet sur Internet) dont la Caisse des dépôts possède un tiers du capital. Elle est dirigée par deux responsables associatifs de la fondation Elahi, et a donc eu droit à sa note RG insistant sur le fait qu'elle équipe l'Otan, les directions générales de la gendarmerie nationale et de l'aviation civile. Danger ! Risque d'infiltration ! «Tous nos clients et actionnaires potentiels ont pris peur, la société a été liquidée en un mois et demi, résume son fondateur, Bruno de Beauregard. Il est inadmissible qu'on puisse ainsi flinguer une boîte en plein essor.» La mairie a dû se fendre d'un énième communiqué ­ l'imprimerie, voilà au moins un secteur qui marche bien à Asnières ­ pour rejeter toute responsabilité dans le torpillage de la start-up.

L'affaire Aeschlimann-Elahi se double d'un «Irasnières Gate», selon la terminologie locale. Les Iraniens sont partout ! Au sein de la famille Elahi, donc, originaire d'un village kurde à 80 km au nord de Téhéran ; à la mairie, en la personne de Francis Pourbagher, récemment interviewé par la télé iranienne en compagnie de sa femme française, recouverte pour l'occasion d'un voile. Les deux camps protestent de leur républicanisme antimollahs : «Les Elahi ont quitté l'Iran en 1993, treize ans après la révolution islamique, se justifie Pourbagher. Moi, je suis parti en 1979.» Aeschlimann peut être satisfait : «Je ne suis plus l'affreux du village, le problème dépasse largement le cas d'Asnières.» De fait, on ne s'est jamais autant intéressé à sa bonne ville de banlieue ouest, en plein fief sarkozyste.


France : Religions

Les Légionnaires du Christ

BULLES, n°89 - 1er trimestre 2006

[Texte intégral]

Quand des grands-parents s'inquiètent...

Certaines ADFI ont reçu la visite de grands-parents soucieux du sort réservé à leur petit-fils. Dans tous les cas, il s'agit d'enfants (le plus jeune est âgé de 11 ans) que les parents envoient dans une école tenue par les Légionnaires du Christ à Méry sur Marne (Seine et Marne). Ces parents chrétiens, persuadés d'avoir découvert l'école idéale pour leur fils (il s'agit uniquement de garçons) veulent faire partager leur enthousiasme aux grands-parents. Ces derniers, informés du programme et de l'emploi du temps selon lesquels doit vivre leur petit-fils sont loin de partager cet enthousiasme. Ils se demandent même s'il ne s'agit pas d'une secte ; d'où leur démarche auprès de l'ADFI. En effet, l'environnement de cette école leur semble plus proche de celui d'une caserne que d'une école : lever très matinal, messe quotidienne, confession hebdomadaire (la crainte du péché est permanente), une partie des vacances correspondant aux fêtes religieuses passée à l'école, etc. A 11 ans un enfant voit déjà son avenir fixé, car la pression sera forte pour qu'il devienne prêtre légionnaire. En outre, de ces témoignages reçus ressort une constante : on entretient chez ces garçons un sentiment d'élitisme très poussé, on les persuade qu'ils appartiennent à une catégorie d'élus investis d'une mission.

À leur tour les ADFI se renseignent. Cette école secondaire en internat, bien sûr hors contrat, appartient en effet aux Légionnaires du Christ, c'est la seule. semble-t-il, en France jusqu'à aujourd'hui. Elle compte peu d'élèves, à peine une quarantaine de la 6ème à la terminale. Le recrutement se ferait lors de rassemblements du type camps de vacances, mais le coût des études n'est pas à la portée d'une famille aux revenus modestes. En fait il s'agit d'un petit séminaire, alors qu'ils ont disparu en France.

Qui sont les Légionnaires du Christ ?

Cette dénomination aux connotations guerrières pose déjà question, mais ne doit rien au hasard :

Il faut se reporter au contexte historique du Mexique pour comprendre la naissance de cette congrégation. A partir de 1926 en effet, l'Etat mexicain, à l'instigation du Parti National Révolutionnaire, s'est livré à une guerre ouverte contre l'Eglise : suppression des ordres religieux, expropriation des couvents, expulsion des prêtres étrangers, suppression de tout enseignement religieux, etc. En réaction, apparaît un mouvement de résistance armée qui doit finalement capituler. Mais la résistance continue ; le fondateur de la Légion du Christ, Marcial Maciel Delgollado, est un protagoniste de cette crise. En 1941 -il a 20 ans- il fonde sa légion avec 13 adolescents. Ordonné prêtre en 1944, il ne cesse alors de développer sa congrégation de choc.

Soutenue par le Vatican depuis 1946 (sous Pie XII), la Légion gère 12 universités, la plupart en Amérique latine, où les légionnaires du Christ sont considérés comme le fer de lance de l'Eglise Catholique, faisant obstacle à la déferlante des sectes protestantes. La plus importante est celle de Francisco de Vitoria dans la banlieue de Madrid, une université prestigieuse ; celle de Rome, l'université Regina Apostolorum, comporte une faculté de bioéthique et se spécialise depuis 2005 dans la formation des prêtres exorcistes. II faut dire qu'en Italie les groupes satanistes font la une des journaux à la suite de meurtres liés à la magie noire.

À côté de la formation des prêtres, soulignons l'importance de l'activité apostolique de la Légion du Christ au travers du mouvement Regnum Christi, branche laïque de la congrégation. 45 000 personnes vivraient aujourd'hui de cette spiritualité.

Nous avons parlé de l'existence en France de l'école de Méry sur Marne. La branche française de ce mouvement de laïcs, Regnum Christi, est également présente à Paris. Les légionnaires se consacrent en outre dans la région parisienne, où ils sont installés depuis 1987, à l'animation de camps de jeunes.

Enfin la Légion a le contrôle de l'agence de presse Zénith qui est chargée de la communication du Vatican en six langues. Tournée vers les hommes d'affaires et les décideurs, la Légion a également la main sur la Fondation Guilé, « car notre principale activité c'est la formation et en premier lieu celle de l'élite », explique le Père Williams, porte-parole de l'Ordre.

A ce point de notre étude, on ne peut que constater bien des points communs entre les Légionnaires du Christ et l'Opus Dei. Pour certains observateurs les Légionnaires se seraient même fortement inspirés de l'organisation très structurée de l'Opus Dei.

Les Légionnaires du Christ face aux accusations

Cependant, une série d'accusations infâmantes forme une grosse tache sur la Légion : Le Père Marcial Maciel est accusé de pédophilie par plusieurs des anciens membres de son ordre. Bien entendu, celui-ci récuse ces accusations qui remonteraient aux années 50. Les victimes expliquent le retard de leurs plaintes (les premières remontent à 1997) par la loi du silence qui règne chez les légionnaires. D'après La Croix du 31 décembre 2005, « ces plaintes ont été relancées fin décembre 2004 auprès du Vatican ». Toujours d'après La Croix, le Vatican soucieux de préserver l'image de la congrégation a fait pression pour que Marcial Maciel cède la place à la tête de la Légion. Le religieux mexicain, Alvaro Corcuera lui a succédé. Nous ne savons pas aujourd'hui si les procès canoniques ouverts au Mexique et à Rome sur les plaintes déposées par les anciens séminaristes connaîtront une suite. Mais nous savons que l'archevêque du Minnessota a interdit les activités des Légionnaires du Christ et de Regnum Christi dans son diocèse. D'autres évêques ont pris les mêmes mesures aux Etats-Unis. en particulier dans l'Ohio. Ils reprochent aux légionnaires de constituer une « église parallèle » et contestent fermement leurs méthodes.

Comment expliquer cette situation paradoxale où l'on voit les Légionnaires soutenus et même encouragés par le Vatican et en même temps interdits ou pour le moins peu souhaités dans certains diocèses ?

Dans le National Catholic Reporter (NCR), prestigieux hebdomadaire américain, on peut lire un appel à la vigilance concernant l'accueil des prêtres légionnaires aux Etats-Unis (traduction effectuée par le service Pastorale et Sectes, aujourd'hui Croyances Nouvelles) : « Il y a aussi. sans aucun doute, de bonnes raisons pour lesquelles plusieurs évêques ont interdit à l'Ordre et à ses groupes auxiliaires d'opérer dans leurs diocèses. Trop souvent ces groupes apparaissent sournois et agissant en sous-main dans leur façon d'opérer et l'on a rapporté que certaines de leurs pratiques concernant la manière de gérer les établissements scolaires sont bizarres. » ... « Nous avons signalé plusieurs cas où l'Ordre a pris le contrôle d'une école, revu les programmes, mis en place des façons assez étranges de faire passer leur programme et de mettre à la porte des professionnels de longue date –personnel administratif et 1
enseignant – qui posaient des questions. »
(NCR 3 nov. 2000).

Tout ce tableau fait apparaître de bonnes raisons pour l'Eglise de France d'être particulièrement vigilante et on ne peut que souhaiter que la petite école évoquée au début de cet article reste pour longtemps la seule aux mains des Légionnaires du Christ.


France : La Citadelle

Récent rebondissement judiciaire

BULLES, n°89 - 1er trimestre 2006

[Texte intégral]

Aux anciens lecteurs de BULLES, le nom de « La Citadelle » rappellera une triste affaire de secte, qui s'est déroulée dans les années 1980-1990 dans divers lieux d'Ile de France et de Normandie, et pour finir au Vésinet, dans les Yvelines (pas moins de 16 numéros de notre bulletin en ont traité entre 1987 et 1995 !).

Le 5 décembre dernier, un arrêt de la Cour d'appel de Versailles confirmait un juge­ment de 1995 déclarant un des responsables de ce groupe coupable de « violences volontaires » sur mineurs de 15 ans et le condamnait à 18 mois de prison avec sursis et des dommages et intérêts envers les deux enfants, devenus majeurs, victimes de ces violences ainsi qu'envers l'UNADFI.

Outre le fait qu'il était important que les jeunes gens, enfants à l'époque des faits, voient reconnues les maltraitances dont ils avaient été victimes et condamné leur auteur, ce jugement rappelle opportunément que nul ne peut se prévaloir de sa foi ou de textes religieux, fussent-ils bibliques, pour exercer des violences sur des enfants. En effet, les exemples ne manquent pas aujourd'hui dans des groupes chrétiens de dérives que leurs auteurs justifient par la foi: nos associations se doivent de « souligner la particulière sévérité, la fréquence, la durée et surtout l'intentionnalité des agressions subies alors par les enfants » (cf. conclusions déposées par l'UNADFI reprises dans l'arrêt de la Cour d'appel).

Le prévenu, lui, se disant « ferme et strict » avec l'un des enfants, affirmait n'avoir jamais utilisé la ceinture (contrairement au récit de cet enfant) ; il restait persuadé qu'il était victime d'un complot. Par ailleurs, il a trouvé des appuis dans un certain nombre d'églises chrétiennes d'autres pays et en France auprès d'anciens membres de la Citadelle... comme ces parents qui ont vivement réprouvé que leurs enfants maintiennent leur accusation.

Rappel de cette affaire

L'association

La Citadelle était une association fondée par un couple d'origine roumaine Georges et Délia Mihaes. Arrivés en France vers 1973, ils entrent en contact avec les milieux protestants évangéliques, cherchant à enseigner la vraie foi qui, pour eux, n'est authentiquement vécue que dans les églises de l'Est. Après avoir fréquenté plusieurs églises protestantes, ils entrent à l'Eglise Chrétienne Biblique (ECB) de Rueil-Malmaison (Hauts de Seine). Le couple cherche rapidement à en prendre la direction mais se heurte au pasteur en titre.

En 1979, les Mihaes quittent cette église entraînant avec eux la presque totalité des membres qui sont séduits par un idéa­lisme et une générosité apparents mais en réalité manipulés par un couple désireux d'exercer sa domination sur l'ensemble des fidèles. La nouvelle communauté, qui garde encore le nom d'£CB, se réunit à partir de 1983 au domicile même des Mihaes d'abord à Montesson puis au Vésinet (communes des Yvelines) : la « Maison de Dieu », où se rendent les fidèles, s'identifie progressivement à la maison de Georges et Délia.

Le couple adopte un comportement de plus en plus autoritaire et dominateur. l'ECB est finalement dissoute dans des conditions peu claires -après que G. Mihaes, vice-président, ait liquidé le compte de l'association !- et une nouvelle association, non déclarée, est fondée en 1986 par Georges Mihaes : La Citadelle.

Sous couvert d'enseignement biblique et de principes chrétiens, le couple parvient à faire adopter aux adeptes un mode de pensée et de vie communautaire qui présente toutes les caractéristiques d'une secte. Il prône la nécessité de se couper du monde extérieur, de séparer les enfants de leurs parents, la soumission absolue au couple leader (Georges dirige les hommes et Délia les femmes et les enfants). Les règles de vie sont strictes (jeûnes, sommeil réduit, pas de loisirs...), les sévices corporels monnaie courante : les femmes sont giflées, les enfants, même les plus petits, reçoivent des coups de ceinture, des gifles, sont mis au coin longuement.

Les enfants sont scolarisés par correspondance, sous prétexte d'activité musicale développée : l'enseignement de la musique classique -pour purifier l'âme- est en effet obligatoire. Les responsables organiseront même, au début des années 1990, un festival international de musique doté de prix (25 à 30 000 FF en 1994) dans la Sarthe, festival dont les liens avec une secte n'étaient bien sûr pas connus du monde des musiciens...

Les enfants devaient devenir résistants pour « vaincre les forces du mal et les mani­festations du Malin », le maître mot était « Il faut briser l'enfant pour le soumettre, le rendre docile et obéissant » (voir le numéro 82 de Bulles Les sectes et les enfants, « les enfants d'une secte », p. 23).

Les arrestations. Le procès.

De nombreuses affaires judiciaires ont émaillé l'histoire de la Citadelle :

En 1992, un ex-membre dénonce à la police les agissements de certains membres du groupe puis une jeune fille fugue et fait des révélations sur les conditions de vie à l'intérieur de la communauté. Une information est ouverte et diverses investigations effectuées, sur commission rogatoire. De nombreux témoignages de personnes ayant quitté le groupe sont adressés à la justice. En février 1993, trois responsables de la secte, dont Mme Mihaes, sont arrêtés ou mis sous contrôle judiciaire et inculpés de coups et blessures sur mineurs de moins de 15 ans, défaut de soins et, pour deux d'entre eux, de séquestration de plus d'un mois.

En février 1995, le tribunal correctionnel de Versailles condamne la dirigeante, Délia Mihaes, à 3 ans de prison ferme et les deux autres responsables à 18 mois de prison ferme ; ces peines sont assorties de 3 ans de perte des droits civiques, civils et de famille et du versement de dommages et intérêts aux enfants, à l'UNADFI et aux ADFI de Paris et de Versailles. Seule une de ces trois personnes a exécuté sa peine, un mandat d'arrêt ayant été lancé contre Mme Mihaes et un des responsables, tous deux absents lorsque le tribunal a rendu son jugement. Les trois ont fait appel ; la Cour d'appel de Versailles a, le 9 mai 1995, majoré la peine de la dirigeante en la condamnant à 4 ans de prison ferme et confirmé par ailleurs le jugement du tribunal. Mme Mihaes n'a cependant jamais exécuté cette peine ayant quitté la France pour une destination non connue.

C'est l'autre responsable absent le jour du verdict qui comparaissait en septembre dernier devant la Cour d'appel de Versailles, ayant été extradé du pays où il vit depuis 1995.

On ne peut que regretter que Georges et Délia Mihaes qui sont les premiers et vrais responsables d'un grand nombre de drames individuels et familiaux aient pu, eux, rester impunis.


Canada : Mormons fondamentalistes

Une secte américaine lorgne du côté de la Saskatchewan

Radio Canada , 2 avril 2006

[Texte intégral]

Le chef d'une secte polygame américaine presserait ses adeptes de déménager en Saskatchewan.

Warren Jeffs de l'Église fondamentaliste de Jésus-Christ des Saints des derniers jours est recherché aux États-Unis. Il est accusé d'avoir pris illégalement l'avion pour fuir des poursuites judiciaires en Arizona.

Ce gourou est inculpé d'avoir organisé un mariage multiple entre une jeune fille de 16 ans et un homme plus âgé.

Le gérant du fond de fiducie de la secte affirme que des pourparlers sont en marche pour implanter le groupe en Saskatchewan, mais dit ne pas savoir où exactement. Cette secte a déjà une communauté en Colombie-Britannique.


Canada : Mormons fondamentalistes

La Saskatchewan ne veut pas de polygames

Canoë , 3 avril 2006

[Texte intégral]

La Saskatchewan ne veut pas devenir une seconde terre d'accueil au Canada pour une Église mormone polygame américaine qui voudrait s'installer au nord du 49e parallèle.

«La polygamie est interdite au Canada et plus encore, il y a des lois dans ce pays qui empêchent l'exploitation sexuelle des enfants et des mineurs», a déclaré lundi le Solliciteur général et ministre de la Justice de la province, Frank Quennell.

La «Fundamentalist Church of Jesus Christ of Latter Day Saints», dirigée par le fugitif Warren Jeffs et fondée sur la polygamie, est actuellement installée dans deux villes à la frontière des États de l'Arizona et de l'Utah. Elle compte quelque 10 000 fidèles.

Jeffs est accusé par les autorités américaines d'avoir organisé le mariage d'une adolescente de 16 ans et d'un homme plus âgé. Il est actuellement en liberté illégale et est recherché par les autorités.

La semaine dernière, un porte-parole de l'Église Bruce Wisan affirmait que Jeffs envisageait de fonder une nouvelle colonie en Saskatchewan et que peut-être jusqu'à 40 pour cent des fidèles de l'Église pourraient déménager dans une nouvelle location «très éloignée et non souillée».

Des Mormons se sont installés dans la communauté de Bountiful, en Colombie-Britannique, à la fin des années 1940.

En 2004, le gouvernement provincial avait annoncé que la GRC allait faire enquête sur des allégations d'agressions sur des enfants, de mariages organisés et d'exploitation sexuelle. Aucune accusation n'a jamais été portée.


Chine : Falungong

Pékin dénonce les "rumeurs" du Falungong sur la vente d'organes

AFP , 4avril 2006

[Texte intégral]

Le gouvernement chinois a dénoncé mardi, par la voix d'un porte-parole, les "rumeurs" de la secte interdite Falungong, qui accuse la Chine d'avoir tué des milliers de ses membres pour vendre leurs organes.

Vendredi, un porte-parole du département d'Etat, Adam Ereli, avait appelé la Chine à mener une enquête pour répondre à cette accusation.

Interrogé mardi à l'occasion d'un point-presse régulier, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Liu Jianchao, a répondu qu'il s'agissait de "rumeurs répandues par la secte illégale Falungong".

"Ces rumeurs circulent depuis un certain temps, si vous les regardez attentivement, vous voyez clairement qu'elles ne sont basées sur aucun fait tangible", a déclaré M. Liu.

"Sur le plan international, le Falungong utilise toutes sortes de ruses et toutes sortes de moyens pour saboter la stabilité sociale de la Chine ainsi que ses relations avec certains pays", a-t-il ajouté.

Le Falungong, interdit depuis 1999, a accusé la Chine d'avoir tué près de 75% de ses 6.000 adeptes qui étaient détenus dans un "camp de concentration" situé dans le nord de la Chine et d'avoir utilisé leurs organes pour des transplantations.

La Chine accuse le mouvement d'être un "culte satanique".

Le Falungong, devenu extrêmement populaire et revendiquant des millions d'adeptes, est considéré par Pékin comme la plus importante menace pour la stabilité du pays depuis le mouvement démocratique écrasé dans le sang le 4 juin 1989 sur la place Tiananmen de Pékin.


Canada : Moïse (Roch Terriault)

Un bâton qui suscite beaucoup de controverse

Canoë, 5 avril 2006

[Texte intégral]

L'ancien gourou Roch «Moïse» Thérriault croupit derrière les barreaux depuis maintenant 17 ans.

Mais l'homme suscite toujours autant de controverse. Le Musée de la civilisation vient de mettre la main sur son bâton de pèlerin, un objet qui rappelle de bien mauvais souvenirs à ses anciens disciples.

Cet objet tristement célèbre, Roch «Moïse» Thérriault l'appelait la «Vierge de Dieu» alors qu'il était à la tête d'une secte. Pourtant, ce bâton pourrait bientôt se retrouver au Musée de la civilisation.

Jacques Giguère, l'une des victimes de «Moïse» Thérriault, affirme que le bâton de pèlerin n'a jamais servi à frapper des disciples de la secte. Mais il lui rappelle les atrocités qu'il préfèrerait oublier. Son gourou l'a coupé au cou et lui a sectionné une partie de son prépuce. «C'est de donner de l'importance à quelqu'un qui n'en mérite pas», s'exclame l'ancienne victime.

Une autre victime de Moïse, Gabrielle Vallée, affirme qu'il est odieux qu'un musée s'intéresse au bâton de son agresseur. Roch Thérriault lui a percé la main gauche et coupé le bras.

«Faire d'un criminel une vedette, je trouve ça pour le moins déplorable», lance Mme Vallée.

C'est un ancien journaliste qui a remis le bâton pèlerin au Musée de la Civilisation. Il l'avait reçu des mains de Roch Thériault à la fin des années 1970.


Canada : Opus Dei

L'Opus Dei veut redorer son image

Radio Canada , 5 avril 2006

[Texte intégral]

Les membres canadiens de l'Opus Dei lancent une véritable offensive médiatique afin de contrebalancer l'effet que pourrait avoir sur eux la sortie prochaine d'un film basé sur le livre à succès Le Code Da Vinci.

L'organisation catholique conservatrice a ouvert un bureau de presse à Montréal.La directrice du bureau de presse montréalais, Isabelle Saint-Maurice, souligne que « c'est le moment pour nous de nous faire connaître, de nous expliquer », précisant que « le livre a fait surgir des questions. Les gens voient l'Opus Dei dans une conspiration. » En effet, l'auteur Dan Brown dépeint l'Opus Dei comme une organisation secrète qui oeuvre dans les coulisses du Vatican et dont les membres pratiquent l'autoflagellation.

À propos de l'autoflagellation, Mme Saint-Maurice confirme que les membres célibataires de l'organisation portent bel et bien sur la cuisse, deux heures par jour, un cilice, sorte d'anneau métallique serrant la chair et destiné à infliger une douleur à celui qui le porte.« Cela nous rappelle, un peu comme quand on regarde un crucifix, que Jésus a vécu des souffrances plus difficiles sur la croix », explique-t-elle. Idem pour la flagellation, qui, elle, « dure le temps d'un Je vous salue Marie » et se fait au moyen de coups de corde sur les fesses.

En ce qui concerne le caractère secret de l'organisation qui compte au Canada quelque 600 membres, dont 220 au Québec, une porte-parole canadienne, May Hartley, estime que « l'Opus Dei n'est pas secrète, mais plutôt discrète. » La controverse autour de l'organisation remonte plus loin, cependant, que la publication du Code Da Vinci. Qualifiée par plusieurs de « mafia sainte », de «phalange intégriste » ou encore « d'Église dans l'Église », elle a suscité des interrogations depuis pratiquement sa fondation.Fondée en 1928 par l'Espagnol Josémaria Escriva de Balaguer, l'organisation a été mainte fois accusée d'être trop proche du régime fasciste de Franco..


France : Témoins de Jéhovah

Pressions intégristes sur les hôpitaux

Le Point , 6 avril 2006 (article de Jérôme Cordelier)

[Extrait]

Le rapport au corps, la pratique de la prière, les interdits alimentaires... Rites et préceptes religieux s'immiscent dans le fonctionnement quotidien de l'hôpital. Les textes de loi protègent la liberté religieuse des patients. Dans les établissements hospitaliers publics, un espace est réservé aux aumôniers de tous les cultes, et les demandes alimentaires particulières sont respectées. Tant que la pratique est confinée à la sphère privée, pas de problème. Mais le bât blesse quand ces croyances heurtent la neutralité laïque du service public et entravent les traitements médicaux. Voire pis : menacent la vie du patient... « Une fois, en réanimation, raconte le docteur Jean-Pierre Bal, chef des urgences à l'hôpital intercommunal de Créteil (Val-de-Marne), un homme devait être opéré car il risquait la mort. Il a refusé. Il ne voulait pas de transfusion car il était Témoin de Jéhovah. On ne sait pas ce qu'il est devenu, sa volonté a été respectée... »


Canada : Opus Dei

L'Opus Dei ouvre un bureau à Montréal

La Presse, 6 avril 2006 par Caroline Touzin

[Texte intégral]

Monique David, 46 ans, ressemble à n'importe quelle autre femme d'affaires. Bien coiffée, maquillage impeccable, veston coupé à la dernière mode, le BlackBerry jamais loin. Rien à voir avec Silas, ce moine ombrageux membre de l'organisation conservatrice catholique décrite comme une secte assoiffée de pouvoir dans le best-seller Da Vinci Code.

Toutefois, comme Silas, elle se flagelle et porte un cilice- ceinture de crin ou d'étoffe rude et piquante, portée par pénitence. La directrice du conseil des femmes de l'Opus Dei au Canada souligne que la comparaison s'arrête là.

Pour répondre aux « mensonges » de l'adaptation cinématographique du livre attendue le 19 mai, l'Opus Dei a ouvert un « Bureau de presse canadien à Montréal », rue Sherbrooke, en face de l'Université McGill. À la fin mars, l'organisation a envoyé une lettre adressée personnellement aux journalistes québécois qui ont déjà couvert le sujet pour leur en annoncer l'ouverture.

Ce bureau pourrait être une bonne chose, bien que l'organisation ne dévoilera jamais tous ses secrets, selon le professeur de sociologie de l'Université de Montréal, Jean-Guy Vaillancourt. Ce dernier a fait des recherches sur l'Opus Dei. « Il y a des exagérations faites sur cette organisation à cause de sa façon secrète de fonctionner. Dans certaines régions du monde, ce sont des intégristes d'extrême droite. Mais ici, ce sont plutôt des conservateurs », indique-t-il.

Le mouvement laïque fondé en 1928 en Espagne sous la dictature de Franco ne vient pas de s'implanter à Montréal. Il y compte des membres « numéraires » (célibataires) et « surnuméraires » (mariés ou qui en ont l'intention) depuis 1979. Ils sont aujourd'hui 587 au Canada dont 220 au Québec, principalement dans la métropole. Les « coopérateurs », ceux qui appuient le mouvement sans nécessairement en respecter les règles, sont beaucoup plus nombreux. Ils sont 1640 dans l'ensemble du pays.

« Ils ont blanchi mon âme »

L'ancienne conseillère municipale de Montréal, Louise O'Sullivan, est une « coopératrice ». Être membre serait « trop difficile pour sa vie professionnelle », dit la fondatrice d'une firme de gestion de personnel. Elle se consacre à temps plein à son entreprise depuis sa défaite comme candidate conservatrice aux dernières élections fédérales.

C'est que les membres, comme son amie Monique David, vont à la messe chaque jour. En général, ils portent aussi le cilice deux heures par jour et se flagellent « le temps d'un Je vous salue Marie » une fois par semaine. Une fois par année, ils participent à une retraite de trois à cinq jours à Coteau-du-Lac. « J'y suis allée une journée et ils ont blanchi mon âme », raconte Mme O'Sullivan.

Juste après avoir lu Da Vinci Code en 2003, Mme O'Sullivan rencontre Monique David. La maison de cette dernière, située dans l'arrondissement de la conseillère municipale, vient d'être inondée. La politicienne lui rend visite. La sinistrée prend alors le temps de lui expliquer que le livre n'est qu'un « bon thriller qui n'a rien à voir avec la réalité de l'Opus Dei ».

Mme O'Sullivan est séduite par le mouvement qui lui fait « redécouvrir ses racines catholiques ». Et elle se rend compte qu'elle n'est pas la seule. D'autres gens d'affaires en font partie, dont certains qui fréquentent le club privé très sélect Mont-Royal.

La liste des quelque 80 000 membres dans le monde est secrète. Monique David insiste, toutefois, pour dire que l'Opus Dei est ouvert à tous. « Nos membres sont le reflet de la société, la majorité sont dans la classe moyenne. »

Un mouvement secret et riche

Au Canada, l'Opus Dei possède 17 centres, dont neuf au Québec. Le mouvement controversé lié à l'Église catholique recueille les dons par l'entremise d'une fondation et d'une association. Les membres numéraires leur versent en moyenne 20% de leur salaire. Selon sa déclaration de revenus 2004, la Fondation pour la culture et l'éducation possède des immobilisations d'une valeur d'un peu plus de 14 millions. À Montréal, l'Opus Dei dirige, entre autres, deux résidences universitaires. La Fondation a déclaré des revenus de 3 millions et des dépenses de près de 2 millions.

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France : Soins Psy

Un nouveau texte sur l'usage du titre de psychothérapeute

Le Monde , 8 avril 2006 par Cécile Prieur

[Texte intégral]

Le ministre de la santé, Xavier Bertrand, a réuni la communauté psy, vendredi 7 avril, afin de présenter la dernière mouture de son projet de décret réglementant l'usage du titre de psychothérapeute.

Face aux représentants des psychiatres, psychanalystes, psychologues et psychothérapeutes, le ministre a fait des concessions sur les points les plus contestés de l'avant-projet de décret, qui met en musique l'article 52 de la loi du 9 août 2004, sans toutefois renoncer à l'essentiel de son texte. Il a affirmé sa volonté de sortir celui-ci le plus tôt possible : "Nous sommes dans le principe de l'application d'une loi votée, a-t-il dit à l'issue de la réunion. Il y a une voie de passage qui devrait permettre de concilier tous les points de vue."

"UN TEXTE LISSÉ, ALLÉGÉ"

Une première version de l'avant-projet de décret avait suscité la colère de la communauté psy, qui avait dénoncé l'instauration d'une véritable "psychothérapie d'Etat" (Le Monde du 19 février). Considérant que le texte - en définissant le contenu de la formation de psychopathologie requise pour user du titre de psychothérapeute - s'immisçait dans une querelle scientifique, les professionnels du soin avaient lancé une pétition, par le site Œdipe.org, qui a recueilli à ce jour près de 2 700 signatures.

Face à l'afflux de critiques, M. Bertrand a d'abord affirmé, vendredi, qu'il n'était pas question de créer une nouvelle profession réglementée, comme le redoutent notamment les psychologues. Il a ensuite présenté une nouvelle version de son projet, délestée de ses points les plus litigieux. En matière de formation requise, la référence explicite "aux quatre principales approches de psychothérapies validées scientifiquement" a disparu ; le niveau de la formation n'est plus fixé au mastère, elle se borne désormais à "une durée de cent cinquante heures et un stage pratique d'une durée minimale de quatre mois". Tous les participants à la réunion ont considéré ce niveau comme insuffisant. M. Bertrand leur a alors demandé de lui adresser rapidement des propositions écrites.

"Le texte présenté a été lissé, allégé de ses aspérités les plus problématiques, mais sur le fond, rien n'a changé", a réagi Roland Gori, président du Séminaire interuniversitaire européen d'enseignement et de recherche en psychopathologie et psychanalyse (Siuerpp). "Cette nouvelle version est encore plus irrecevable que la première, elle ne constitue en rien une garantie dans la prise en charge psychique, pour le public", s'insurge Michèle Clément, secrétaire générale du Syndicat national des psychologues. Reconnaissant l'existence d'un "malaise" particulier aux psychologues, le ministre a répondu en constituant un groupe de travail sur cette profession.


France : Soins Psy

Communiqué de presse de la FFPP

FFPP , 7 avril 2006

[Texte intégral]

Le vendredi 7 avril, le Ministre de la Santé, M. Xavier Bertrand a réuni les organisations de psychologues, de psychiatres, de psychanalystes et de psychothérapeutes, pour leur présenter la nouvelle mouture du projet de décret sur la psychothérapie. Ce texte constitue une attaque frontale contre la profession de psychologue, et la mise sur pied d’une nouvelle profession au rabais : celle de psychothérapeute.

L Ministère de la Santé, chargé par le parlement de lutter contre la dérive sectaire lui donne les moyens de s’organiser. Si bien entendu, ce revirement du ministère de la santé est en partie lié au lobbying efficace de sociétés de psychothérapeutes, la question essentielle est de savoir pourquoi elles ont eu une oreille aussi complaisante au Ministère, et c’est surtout là, que la situation est inquiétante

Il est clair que le ministère de la santé s’est donné les moyens d’organiser une profession de sous-psychologues.

la FFPP travaille à des amendements du texte. Elle va les proposer à toutes les organisations susceptibles de défendre non seulement les psychologues, mais ce que le ministère a complètement abandonné : les usagers. Peut-on espérer un sursaut et une convergence des actions ?


Etats-Unis : Religions

La prière serait dangereuse pour la santé

Le Monde, 9 avril 2006 par Jean-Yves Nau

[Texte intégral]

The American Heart Journal, la bible mensuelle de la cardiologie, publie dans sa livraison d'avril une étude qui évalue le rapport bénéfice-risque de la pratique de la prière. Ce travail est signé de seize praticiens dirigés par les docteurs Herbert Benson et Patricia L. Hibberd. S'il s'agit bien ici de prière - cet acte de religion par lequel on s'adresse à Dieu pour l'implorer ou pour l'adorer -, il faut préciser qu'il s'agit de prières collectives effectuées pour le bénéfice potentiel de tierces personnes.

Les auteurs de la publication de l'American Heart Journal précisent, en introduction de leur article, qu'il s'agit là de pratiques très répandues dans certaines congrégations religieuses, mais que ces pratiques n'ont pas, jusqu'ici, fait la preuve scientifique de leur efficacité. Le temps était donc venu de faire la lumière en usant des outils méthodologiques habituellement utilisés en médecine pour établir un lien de causalité et faire la part du hasard.

Ce travail a été conduit auprès de 1 802 personnes ayant subi, entre janvier 1998 et novembre 2000, dans six établissements hospitaliers américains, un ou plusieurs pontages aorto-coronariens - intervention chirurgicale très répandue qui consiste à modifier le circuit de la vascularisation du muscle cardiaque chez des personnes exposées au risque d'infarctus du myocarde.

Trois congrégations religieuses, deux catholiques et une protestante, ont été chargées de prier pour " la réussite de l'opération chirurgicale et une guérison rapide sans complications " des malades dont elles recevaient le prénom et l'initiale du nom de famille.

Après tirage au sort, trois groupes furent constitués. Les personnes du premier et du deuxième groupe avaient été informées de ce qu'elles pourraient ou non faire l'objet de prières. En réalité, seul le deuxième groupe en aura bénéficié. Le troisième groupe fut, lui, effectivement l'objet de prières et en fut préalablement informé. Toutes ces prières ont été prononcées durant une période de quatorze jours commençant la nuit précédant l'intervention de chirurgie cardiaque.

Le premier point-clé de l'étude était la survenue ou non d'une complication médicale à 14 et à 30 jours. Le second concernait les taux d'accidents graves ou mortels. Dans les deux premiers groupes - ceux composés des personnes ne sachant pas si on priait ou non pour elles -, les auteurs de ce travail ont observé une égalité presque parfaite des conséquences de l'intervention. Des complications sont survenues chez 315 des 604 personnes du premier groupe et chez 304 des 597 du deuxième, soit des taux respectifs de 52 % et 51 %.

Quant au troisième groupe - pour lequel les prières étaient effectivement effectuées et les malades informés qu'elles l'étaient -, le taux de complications a été de 59 % (352 sur 601). La fréquence des nouveaux infarctus fut aussi supérieure (18 % contre 13 %). Quant aux taux de mortalité, ils furent les mêmes dans les trois groupes.

Les auteurs de ce travail en tirent deux conclusions. Non seulement cette forme de prière n'a pas, ici et dans cette indication, démontré la preuve de son efficacité, mais il est désormais établi qu'elle peut avoir des effets nocifs. Du moins quand les malades savent que des inconnus s'adressent à Dieu pour implorer qu'Il oeuvre à prévenir les complications d'un pontage aorto-coronarien.

Comment comprendre ? Les auteurs expliquent ce résultat, non sans un certain bon sens, par le stress subi par des patients inquiets de se savoir à ce point malades " que l'on avait dû avoir recours, les concernant, à un groupe de prière ".

The New York Times précise que cette étude, qui n'était en aucune manière destinée à " déterminer si Dieu existe ou s'Il exauce ou non les prières ", a coûté 2,4 millions de dollars. Une somme pour l'essentiel fournie par la Fondation religieuse John-Templeton...


Europe : Sectes

Les sectes de plus en plus redoutables

Express , 9 avril 2006 par Pascal André

[Texte intégral]

Compte rendu d’un colloque organisé par la FECRIS 

La Fédération européenne des Centres de recherche et d’information sur le sectarisme (FECRIS) organisait, le 25 mars dernier, à la Fondation universitaire de Bruxelles, un colloque sur “L’internationalisation des sectes: un danger pour les droits humains en Europe?” Douze intervenants se sont succédé à la tribune pour tenter de répondre à cette question. Bref compte-rendu.

LES SECTES

Plus redoutables que jamais

Un constat s’imposait à tous à l’issue du colloque organisé, le 25 mars dernier, par la FECRIS: l’activité des groupes sectaires est loin d’avoir diminué ces dernières années, même si elle est peut-être devenue moins visible. On comprend, dès lors, l’intérêt d’une telle réunion,dans la mesure où elle permet de mieux comprendre le fonctionnement des organisations sectaires, mais aussi d’identifier les méthodes utilisées par celles-ci pour exploiter les faiblesses de nos régimes démocratiques. Ainsi,plusieurs intervenants ont-ils pointé du doigt le lobbying effréné de certaines sectes auprès des décideurs politiques et économiques.

Pressions américaines

En fait, leur objectif est assez simple à comprendre. Ce que veulent avant tout les sectes,c’est améliorer leur image et obtenir une reconnaissance officielle, en recrutant des célébrités (Tom Cruise, John Travolta, Sophie Favier…),en portant attention aux plus démunis ou en prenant parti pour de nobles causes, telles que la lutte contre la drogue, l’assistance aux victimes des catastrophes naturelles, l’aide aux détenus dans les prisons, et bien sûr le respect de la liberté religieuse, qui constitue leur principal cheval de bataille. L’ennui, c’est que ces groupes bénéficient d’un large soutien de la part des pays scandinaves et anglo-saxons, très attachés à la liberté de culte. Le Sénat américain a ainsi adopté en novembre1998 une loi sur la liberté de religion dans le monde, prévoyant des sanctions à prendre contre tout pays convaincu de “persécutions religieuses”, même lorsque celles-ci s’exercent à l’encontre de mouvements tels que l’.Église de Scientologie. Voilà pourquoi la Française Catherine Picard, présidente de l’Union nationale des Associations de défense des familles et de l’individu (UNADFI), estime qu’il est grand temps que l’on réglemente la pratique du lobbying, car celui- ci est “anti-démocratique” et “permet à des mouvements antisociaux et totalitaires de légitimer leur action”. Son compatriote Jean-Pierre Jougla, avoué à la Cour d’Appel de Montpellier et également membre de l’UNADFI, a tenu, quant à lui, à faire part de ses inquiétudes. Il a effectivement le sentiment que les groupes sectaires ont de moins en moins peur d’avancer à visage découvert. Sans doute, estime l’expert, parce qu’ils ont déjà partiellement atteint leur objectif qui est de rendre perméable à leurs doctrines le mode de pensée de nos contemporains. “Dans leur logique”, explique l’expert, “ce qui s’applique à leurs membres doit pouvoir être appliqué à la société tout entière".

Autre danger mis en avant par les intervenants: le fait que certains grands mouvements sectaires fassent parfois mine de disparaître, dans le seul but de mieux réapparaître plus tard. Comment? En se scindant en une myriade d’associations et de petits groupes locaux particulièrement difficiles à appréhender. Ou en développant de nouvelles formes d’embrigadement, comme la formation professionnelle, le coaching, les régimes diététiques ou encore l’accompagnement psychologique. À ce sujet, l’exposé du psychiatre allemand Günther Klosinsky était particulièrement édifiant. D’après lui, certaines psycho-sectes font effectivement un usage abusif de psychothérapies insolites, comme la technique du rêve éveillé centré sur un thème, dont les conséquences peuvent être dramatiques pour les personnes qui y recourent.

L’Italienne Maria Pia Gardini a également suscité une vive émotion au sein de l’auditoire en racontant comment sa fille de 19 ans, toxicomane, s’est retrouvée prisonnière de l’Église de Scientologie après avoir participé à un programme de désintoxication chez Narconon, l’une de ses sociétés écran.

Des exemples qui montrent combien la vigilance s’impose aujourd’hui plus que jamais. Car en ces temps de mondialisation, les organisations sectaires semblent particulièrement bien s’adapter – et même parfois mieux que ne le font parfois les religions traditionnelles – aux préoccupations de l’homme moderne et aux avancées technologiques.

Des lacunes dans la lutte anti-sectes

Hasard du calendrier ou pas, la FECRIS a été particulièrement bien inspirée en programmant son colloque sur l’internationalisation des sectes le 25 mars dernier. Deux jours plus tôt, le Groupe de travail chargé d’assurer le suivi des recommandations de la Commission parlementaire “Sectes” présentait en effet son rapport à la Chambre des Représentants de Belgique. Un texte documenté et instructif, qui met notamment en lumière de nombreuses lacunes dans la lutte contre les groupes sectaires nuisibles.

Ce constat est d’autant plus inquiétant que les sectes ont plutôt tendance à se multiplier, ces dernières années. Ainsi, le Centre d’information et d’avis sur les organisations sectaires nuisibles signale qu’il a été amené, depuis 1999, à examiner les agissements de 598 groupements, dont seulement 94 avaient été cités lors des travaux de la commission d’enquête parlementaire de 1997.

Heureusement, le Groupe de travail propose des modifications de loi pour remettre en selle la lutte anti-sectes. La plus spectaculaire d’entre elles est sans doute la proposition de loi qui vise à introduire une nouvelle disposition dans le code pénal afin de “réprimer les manoeuvres de contrainte psychologique ou physique, ainsi que l’abus de la situation de faiblesse de l’individu ou de son état d’ignorance”.

Mais ce n’est pas tout. Le groupe de travail veut également modifier la loi pour abaisser le seuil de l’infraction, afin de rendre possible une intervention des forces de l’ordre avant que des dégâts réels (enlèvements de mineur, ponction des comptes…) se produisent. 


France : Soins Psy

Le ministère de la Santé est en voie de brader le titre de psychothérapeute

SOS-Thérapires , 9 avril 2006 par Catherine Lebon

[Texte intégral]

Voir également le communiqué de presse de la FFPP

Le Ministère de la Santé est en voie de brader le titre de psychothérapeute au mépris des patients…

La protection de la santé (dont la santé psychique) constitue-t-elle toujours un droit républicain ? C'est une question que l'on peut se poser suite au revirement du Ministère de la Santé lors de sa dernière proposition de décret relatif à la réglementation du titre de psychothérapeute. Au vu du texte, "revirement" sonne comme un doux euphémisme qui édulcore une situation plus que critique…

Petit rappel

Après moultes péripéties naissait, le 9 août 2004, la loi 2004-806 et son article 54 qui entendait réglementer l'usage du titre de psychothérapeute. Depuis lors, le décret d'application était en hibernation à cause des réactions glaciales qu'il suscitait dans la nébuleuse psy.

En janvier dernier, le Ministère de la santé réunissait une vingtaine d'associations représentant des psychologues, des psychiatres, des psychanalystes et des psychothérapeutes pour présenter un projet de décret. Celui-ci prévoyait notamment:

  • La création d'un registre national des psychothérapeutes
  • Une formation obligatoire de niveau Bac+5 (master) qui visait à acquérir "une connaissance de la diversité des théories se rapportant à la psychopathologie et une connaissance des quatre principales approches de psychothérapie validées scientifiquement (analytique, systémique, cognitivo-comportementaliste, intégrative)".

La formation minimale de 5 ans et l'évocation des techniques scientifiquement validées ont fait brandir les boucliers et crier haro contre une psychothérapie d'Etat.

Ce retour du refroidissement climatique laissait présager une nouvelle dormance du décret d'application. Mais c'était une erreur d'appréciation. C'était oublier que le froid provoque le rétrécissement de certaines matières. Il semblerait que les décrets d'application soient également concernés par cette loi physique…

Projet de décret et rétractations en tous genres.

Le 7 avril 2006, le Ministère de la santé proposait un autre projet de décret. La version du mois de janvier 2006 a subi plusieurs coupes franches égratignant sévèrement au passage la crédibilité du monde psy. Quant à la protection des patients, il semble bien qu'elle soit tombée aux oubliettes, au même titre que l'exigence d'un diplôme bac+5 et la connaissance de techniques de psychothérapies scientifiquement validées.

Alors, que nous propose désormais le Ministère de la santé?

  • Les psychothérapeutes installés depuis plus de cinq ans peuvent s'inscrire au registre national sans obligation de suivre ou d'avoir suivi une quelconque formation.
  • Les psychothérapeutes installés depuis moins de cinq ans sont inscrits transitoirement dans le registre national mais devront suivre une formation en psychopathologie.
  • Les psychothérapeutes nouvellement installés doivent justifier d'une formation en psychopathologie clinique pour pouvoir être inscrits au registre national.

Quelle formation obligatoire pour les psychothérapeutes?

Le projet de décret prévoit une formation de 150 heures et un stage pratique d'une durée minimum de 4 mois effectué en université ou dans un organisme passant convention avec une université.

Quelques problèmes posés par ce décret

Nous voici donc avec un projet de décret allégé de ce qui assurait au patient un minimum de compétences essentielles.

Les psychiatres, psychologues, et psychanalystes clament de concert que le niveau de formation proposé (150 heures) est très insuffisant pour mener à bien un travail thérapeutique de qualité. 150 heures de formation seulement pour prétendre prendre en charge un patient : de qui se moque-t-on ? Quant à la façon dont sera dispensée cette formation, c'est le flou artistique complet…

Pourquoi avoir abandonné les références aux techniques de psychothérapies validées scientifiquement? N'est-ce pas laisser la porte ouverte aux méthodes aussi folkloriques que fantaisistes dont les "praticiens" pourront en plus se targuer désormais d'avoir un titre reconnu?

L'absence d'évaluation des psychothérapeutes installés depuis plus de cinq ans pose également question. En quoi la longévité est-elle garante d'une qualité quelconque dans ce domaine? Il est de notoriété publique qu'il existe des pseudo-thérapeutes qui sévissent depuis des années, faisant des ravages, en toute impunité. Cette tolérance donne un blanc seing à des "psys" qui peuvent être sans compétences, à même d'occasionner des dégâts chez des patients déjà en souffrance.

En somme, ce projet de décret offre sur un plateau d'argent un titre reconnu à des personnes sans aucune qualification au pire, avec une formation a minima au mieux.

Plus qu'un revirement, nous assistons à une véritable régression.

Que fait-on des victimes de psychothérapies déviantes et abusives? Que fait-on des multiples mises en garde de la MIVILUDES (pourtant rattachée au cabinet du premier ministre!) sur les risques de certaines pratiques psychothérapeutiques? Tout cela semble foulé du pied et c'est si déconcertant qu'il est tentant de se demander : "à qui profite le crime"?

Nous rappelons que la protection de la santé est un droit constitutionnel. Ce projet de décret va à l'encontre de ce droit formulé dans le préambule de la constitution. Le Ministère de la santé semble agir comme si la psychothérapie n'était pas un acte de soin à part entière. Pourtant, c'est bien ce qu'il est, et c'est parce qu'il ne s'agit pas d'un acte anodin que les patients ont le droit d'être pris en charge par des professionnels compétents et non sous-formés.

Les associations de victimes , dont la nôtre , sont de plus en plus sollicitées pour des problèmes liés à la "psy". La recrudescence de ce phénomène devrait inciter le Ministère de la Santé à la vigilance et à l'action.

Il est plus que temps de remettre les patients et les victimes de pseudo-thérapeutes au cœur de ce décret. Cela est effectivement difficile, demande de la force et du courage dans une situation que l'on a laissé s'enliser pendant des années. Aussi, la tentation doit-elle être grande de faire de l'allégé pour que s'allège, en même temps, le poids des pressions venant de toutes parts…

Le Duc de Lévis a dit : "Le courage est compatissant, la faiblesse égoïste". Formulons le vœux que le Ministre de la Santé sera compatissant avec les usagers de psychothérapies et qu'il ne confondra pas compromis et compromission.


Etats-Unis : Scientologie

"Naissance silencieuse": la scientologie serre les rangs autour de Cruise

AFP, 9 avril 2006 par Marc Lavine

[Texte intégral]

LOS ANGELES - Des stars d'Hollywood, membres de la scientologie sont montées au créneau cette semaine pour défendre leurs coreligionnaires Tom Cruise et sa fiancée enceinte Katie Holmes, à qui les règles de la secte imposent un accouchement silencieux.

Alors que la naissance du premier enfant du couple d'acteurs est imminente, la presse spécialisée dans les célébrités a rappelé, parfois sur un mode ironique, que la scientologie exige de ses fidèles qu'ils restent silencieux pendant la mise au monde des bébés.

Le fondateur de la secte, l'écrivain Ron Hubbard, auteur notamment de livres de science-fiction, estimait que les bébés, comme les adultes, pouvaient "absorber" les mots prononcés lors de leur naissance, avec des conséquences potentiellement négatives sur leur vie future.

"C'est seulement du bon sens de créer un environnement calme et plein d'amour" lors de la naissance, a affirmé à l'AFP Anne Archer, actrice qui partageait l'affiche du film "Liaison fatale" avec Michael Douglas en 1987, et vue aussi dans "Short Cuts" de Robert Altman.
"Le travail d'une femme en train d'accoucher est quelque chose de très intense. Si des gens se déplacent autour d'elle tout en bavardant, cela peut devenir inconfortable", a-t-elle fait valoir.

De leur côté, John Travolta, star de "Pulp Fiction" et "La fièvre du samedi soir", et son épouse Kelly Preston, également scientologues, ont assuré que les parturientes n'étaient tout de même pas tenues au silence le plus total. "Il faut juste essayer d'être le plus silencieux possible. Evidemment, on gémit et on crie. Ca fait mal. Il faut simplement en faire le moins possible", a déclaré Mme Preston au site internet spécialisé dans le cinéma imdb.com. "Avec chaque naissance viennent des émotions et des douleurs dont on ne veut
pas"
, a reconnu John Travolta.

La méthode de "naissance silencieuse" des scientologues a fait la une de la presse magazine la semaine dernière lorsqu'ont émergé des photos de "panneaux de naissance" présumés en cours de livraison dans la villa de Beverly Hills, près de Los Angeles, que partagent Cruise, 43 ans, et Holmes, 26 ans.

L'un des panneaux, selon ces médias, portait l'inscription "Restez silencieux et faites en sorte de bouger lentement et de façon prévisible".
Mais Mme Archer, 58 ans, qui incarnait la femme d'Harrison Ford dans les films d'espionnage "Jeux de guerre" (1992) et "Danger immédiat" (1994), a assuré que ces informations étaient inexactes et qu'elle n'avait jamais entendu parler de tels panneaux. "Evidemment, on ne peut pas interdire complètement de parler, ce serait ridicule", a affirmé cette fidèle de la scientologie depuis près de trois décennies, tout en rappelant les enseignements de Ron Hubbard. "Tout ce qui se passe autour de vous (à la naissance) est enregistré de manière inconsciente et les mots en particulier. Les cris comme "poussez, poussez" peuvent parfois avoir des effets secondaires plus tard dans votre vie", a-t-elle assuré. Mme Archer a toutefois démenti que les mères scientologues n'aient pas le droit de prendr