3.

Actualités sur les sectes en janvier 2006.

Actualités diverses Chamanisme, ayahuasca et NDE
Sectes Sectes et entreprises
Sectes Intellectuels et notables cautions des groupes sectaires
Kinésiologie Les infiltrations de la kinésiologie
Méditation transcendentale Le délire totalitaire du raja Félix
Religions Un père séquestre ses filles au nom de l'islam
Moïse (Roch Terriault) Le combat d'une femme pour se libérer du gourou qui l'a mutilée
Sectes Une affaire de secte et de sexe embarrasse la Justice Roumaine
Religions Un père séquestre ses filles au nom de l'islam : 10 mois avec sursis
Scientologie Les illuminations mystiques de Tom Cruise
Témoins de Jéhovah Les Témoins de Jéhovah annoncent marquer des points devant la justice
Scientologie L’acteur prophète
Scientologie Question écrite de Jean-Pierre Brard
Scientologie Question écrite de Jean-Pierre Brard
Sectes Le nouvel âge de la lutte contre les sectes
Soins Psy Nouvelle bataille contre l'Etat pour la planète psy
Scientologie Tom Cruise et la Scientologie
Sectes 10 ans après, Alain Gest revient sur les sectes
Religions Exorciseur condamné à 5 ans de prison
Actualités diverses A Ottawa une étude recommande de lever l'interdiction de la polygamie
Raël Le "prophète" Raël a de l'entregent
Sectes Marchands d'illusions
Falungong Arrestation d'un avocat chinois réputé pour sa défense des droits de l'homme
Témoins de Jéhovah Des Vosgiens à Paris contre une salle des Témoins de Jéhovah à Deyvillers
AMORC - OTS

Mort d'un gourou de Biya

Témoins de Jéhovah Communiqué de presse de 6 députés
Témoins de Jéhovah Des Témoins de Jéhovah en justice contre des habitants dans les Vosges
OTS Le procès en appel de Michel Tabachnik fixé du 2 au 7 octobre 2006
Sectes Assemblée Nationale - Question - Francis Falala - Rapport Département d'Etat américain
Méditation transcendantale Le Parti Socialiste Jurassien réagit
Religions - Dozulé La Chaloupe Saint-Leu : Ils attendent la Vierge
Témoins de Jéhovah Des habitants de Deyvillers à l'Assemblée nationale
Raël L'Eglise raélienne souhaite embaucher l'ex-futur Prix Nobel de médecine
Témoins de Jéhovah Les Témoins de Jéhovah obtiennent la communication de rapports des RG
Opus Dei L'Opus Dei souhaite l'interdiction du film "Da Vinci Code" aux mineurs
Actualités diverses L'e-vasion des spaghettis volants
Témoins de Jéhovah Deyvillers ne veut pas devenir "Jéhovah City"
Sectes La lutte contre les sectes, problème d’intérêt général
Aum Japon: la surveillance de la secte Aum prolongée de trois ans
Témoins de Jéhovah Un père porte plainte contre les Témoins de Jéhovah
Falungong Falun Gong est une croyance protégée par le Code des droits de la personne
Actualités diverses La sombre affaire Mayetic : entre rumeurs et désinformation
Soins Psy Parlent-ils avec elle ?
Témoins de Jéhovah Communiqué de presse de Jean-Pierre Brard
Témoins de Jéhovah Transfusions sanguines
Témoins de Jéhovah Les 3 miracles des Témoins de Jéhovah d’Asnières
Satanisme De 24 ans de prison à la perpétuité pour les "Bêtes de Satan"

(*) Articles ou documents qui, compte tenu de leur taille, ne sont pas ci-dessous, mais sur une page particulière ou sur le Web


France : Actualités diverses

Chamanisme, ayahuasca et NDE

GEMPPI , 1er janvier 2006 par Nicole Bétrencourt

[Texte intégral]

Lettre de réaction de Nicole Bétrancourt aux producteurs de l’émission de la 5 « La santé au quotidien » du 10/01/2006: l’Expérience de Mort Imminente. http://www.france5.fr/sante/societe/W00511/20/

En tant que psychologue, il me semble nécessaire de prendre au sérieux les E.M.I. (Expériences de Mort Imminente) Votre mise en garde sur l’éventuel détournement « du phénomène clinique des N.D.E » par les sectes tombe fort à propos. Sur ce dernier point, je me permets de porter à votre connaissance des informations sur l’ayahuasca, citée dans votre émission, susceptible de provoquer des N.D.E.
Je prépare actuellement un ouvrage sur les dérives du chamanisme en Occident. Et je mène des investigations sur l’ayahuasca (ou yagué), breuvage sacré hallucinogène, utilisé par les chamans amazoniens lors de rituels magico-religieux. Jusqu’à présent, l’usage de l’ayahuasca se limitait au cercle restreint de l’Amazonie. C’est une médecine traditionnelle qui soigne les populations locales. Nommée par les Indiens « la liane de la mort », l’hallucinogène amazonien connaît un nouvel essor en Europe, et a acquis le statut d’un outil chimique de manipulation redoutable par des micro-groupes, fonctionnant en « système clos » , sur le modèle des groupes totalitaires, voire d’officines sectaires.
Des réseaux d’influence sans scrupules font commerce, auprès d’Occidentaux, de pratiques supposées chamaniques pas toujours inoffensives. L'ayahuasca est proposée, en dehors de son contexte local, dans des séminaires sauvages organisés, sous le manteau, en Europe. Associée à des pratiques pseudo-chamaniques se réclamant du courant néochamanique , la drogue amazonienne permet à des charlatans, à des gourous du Bien-Être, de la médecine et de la psychothérapie de faire commerce de techniques comportementales déstructurantes . Et celles ci font des victimes, en nombre grandissant.

Les associations de victimes et la MIVILUDES s’intéressent de très près aux dérives du chamanisme amazonien. Car il correspond au paysage sectaire actuel: investissement du champ de la santé par des charlatans, des gourous et prolifération de micro-groupes sectaires s’ajoutant de plus en plus aux sectes clairement identifiées. Ces observateurs parlent d’embrigadement de nature sectaire, et ils ont constaté que les personnes, séduites par ce pseudo-chamanisme, sont manipulées jusqu’à la sujétion mentale. Ce qui tombe sous le coup de la loi About-Picard, disposition relative à l’abus frauduleux de l’état d’ignorance ou de faiblesse, votée le 12 juin 2001 pour défendre les victimes.

Dans le yagué, se trouve du DMT, un stupéfiant prohibé sur le plan international. Certains de ses effets sont comparables au L.S.D, la drogue fétiche du mouvement psychédélique. Psychotrope puissant dont le mésusage l’a emporté sur les vertus curatives, ce que reconnaît son inventeur lui même, Albert Hoffman qui vient de fêter ces jours ci, ses 100 printemps à Bâle.

Au printemps 2005, les autorités françaises sanitaires (l’AFAPPS) ont durci l’interdiction de l’ayahuasca sur le sol français, en classant comme stupéfiant l’une des plantes, absente du biotope européen, rentrant dans la composition du breuvage sacré, la liane géante portant le même nom que la boisson hallucinogène, l’ayahuasca. Mais celle ci n’est pas classée comme stupéfiant dans le reste de l’Europe. Et ce malgré la présence 3 du DMT, prohibé sur le plan international (sauf au Brésil). Ce vide juridique européen laisse le champ libre aux charlatans qui en profitent pour recruter des émules à tour de bras. La liste des victimes - d’une double dépendance chimique et sectaire- ne cesse de s’allonger.
L’ayahuasca suscite l’intérêt - et d’autres psychoactifs comme le peyotl, l’ibogaïne, la salvia divinorum - de la recherche psychédélique, tolérée dans certaines conditions outre-atlantique. L’organisation du MAPS se penche sur l’altération de la conscience, sous ayahuasca, proche des N.D.E .

Sur le web, on peut trouver le compte-rendu de Marcus Lumby, étudiant l’anthropologie à l’université de Cambridge. En 1998, il s’est rendu au Pérou étudier sur le terrain les N.D.E sous l’emprise du breuvage sacré amazonien. Son histoire est éloquente.

Lors de son premier voyage d’étude au centre Sachamama, Marcus Lumby ingéra une douzaine de fois le breuvage sacré amazonien. Lors d’une cérémonie se déroulant en plein air dans l’aire sacrée
« d’El Salon del Diablo », il a l’impression que le chaman officiant extirpe du corps de sa patiente des formes démoniaques, envoyées par un sorcier pratiquant la magie noire. Rédigeant son mémoire, l’étudiant s’interroge sur la réalité de ce qu’il voit. Reconnaissant qu’il est sensibilisé par l’ambiance du lieu et de la situation, il se demande si son imaginaire ne lui joue pas des tours, et s’il n’est pas en proie à des hallucinations dues à l’ayahuasca.

Après avoir séjourné à Sachamama, l’étudiant anglais va se rendre de nouveau au Pérou, cette fois ci, dans un centre de détoxication pour drogués dirigé par un médecin français, aux méthodes controversées par la communauté scientifique et régulièrement dénoncé par les associations de victimes françaises. Le directeur de ce centre a publié des articles, en 1996 et 2002, sur l’ayahuasca dans le bulletin officiel de MAPS. Non sur les N.D.E mais sur le traitement de la toxicomanie.
Six mois après ce deuxième séjour au Pérou, Marcus Lumby met fin à ses jours. Il n’avait que 25 ans!

La drogue, ici l’ayahuasca - adjointe à des techniques de psychothérapies- est destinée à provoquer des E.M.C (états modifiés de conscience). Le principe de base est de faire acquérir à celui qui la prend une nouvelle personnalité, développer son « quotient spirituel » et lui faire croire qu’il va guérir de tous ses maux physiques et psycho-spirituels en tous genres.

Provoquer des E.M.C et son cortège de phénomènes troublants est le but recherché. Parmi eux, les N.D.E. Entre les mains de charlatans, doublées de la technique de l’ayahuasca dont la capacité d’altération de la conscience est effective, les N.D.E sont susceptibles de devenir une forme d’addiction. Faussant l’objectivité de l’expérienceur, au profit d’une soumission sectaire, me
semble-t-il.
Pionnier des travaux sur les N.D.E, le Dr Raymond Moody, philosophe psychiatre, s’est toujours montré prudent pour aborder le sujet. Selon lui, le phénomène des N.D.E n’est pas rare du tout. Il est reproductible à volonté. Il reconnaît même que les neurologues savent comment injecter toutes les expériences virtuelles dans le système nerveux central. La C.I.A s’est beaucoup intéressée à ce genre de recherches avec le L.S.D et l’ayahuasca.

Si la littérature scientifique concernant la dangerosité de l’harmaline, et du DMT rentrant dans la composition du breuvage hallucinogène amazonien est prolixe, celle relative à l'ayahuasca, se fait plus rare. Elle émane, en partie, de la recherche psychédélique. Très favorable à l’ayahuasca, il faut le reconnaître!

Seuls deux spécialistes européens, de la recherche « non psychédélique », il faut le dire, dénoncent les dangers de l’ayahuasca.
L’un étant le Dr Gilbert Pépin, pharmacologue et expert auprès des tribunaux qui a co écrit deux articles:
Communication, société de médecine légale et de criminologie de France, séance 11 septembre 2000: “Un Nouvel hallucinogène en Europe: l’ayahuasca ou vin de l’esprit”, G.Pépin, M.Chèze, F.Billaut, Y.Gaillard.,
In annales de Toxicologie Analytique, vol XVI, n°1, 2004, “Ayahuasca: liane de l’âme, chamanes et soumissions chimiques “, G.Pepin, M.Chèze, F.Billaut, Y.Gaillard.

L’autre spécialiste, émettant des réserves sur l’ayahuasca, est le Dr Laurent Rivier ,, toxicologue suisse, de l’université de Lausanne.

Les caractéristiques et effets secondaires de l’ayahuasca sont en partie ceux du L.S.D, avec toutefois une composante pharmacologique et des effets secondaires inconnus. Des décompensations psychiatriques réversibles et irréversibles, des comas, des décès, des suicides ont été enregistrés.

Dans cette nébuleuse pseudo-chamanique, l’usage de l’ayahuasca n’est pas un phénomène isolé. D’autres drogues exotiques hallucinogènes comme l’iboga, le peyotl, les champignons magiques mexicains sont de plus en plus données dans les mêmes conditions.
L’iboga, le L.S.D. africain, deuxième drogue préférentielle, talonne l’ayahuasca depuis son récent classement en France. Il est, lui aussi, connu pour provoquer des N.D.E. Il fût commercialisé, un temps, comme antiasthénique sous le nom de Lambarène. Interdit aux USA, en Belgique et en Suisse, l’iboga n’est pas sur la liste des stupéfiants ou sur celle des psychotropes, en France. Mais il est en attente de classement. L’utilisation dévoyée de l’ayahuasca et d’autres drogues sacrées, hors de leur cadre religieux, est un nouveau phénomène de l’internationalisation des sectes hallucinogènes, qui n’épargne pas l’Europe. Consommées anarchiquement, les drogues des chamans se substituent au L.S.D.

Ces informations complémentaires sur l’usage dévoyé de l‘ayahuasca sont à signaler pour éviter d’éventuelles dérives sectaires liées aux E.M.I.


France : Sectes

Sectes et entreprises

Bulles, 4ème trimestre 2005 n°88

[Texte intégral]

Trop de gens considèrent encore les sectes comme des groupes d’« illuminés » qu’un minimum de bon sens suffit à fuir. En réalité, la secte est le lieu où se crée une situation d’assujettissement entre les adeptes et le guide. Les adeptes peuvent alors être « utilisés » selon leurs compétences pour servir les appétits expansionnistes des dirigeants.

En France, la dimension « spirituelle » représente environ 50% du marché sectaire. Mais d’autres secteurs ont émergé, en particulier dans le monde du développement personnel, de la formation en entreprise, voire du coaching permanent.

Un aspect de l’infiltration concerne la volonté des sectes de pénétrer tous les lieux de décision, tous les lieux clés de l’industrie, du commerce, de l’économie en général.

Les organismes à caractère sectaire ont investi le secteur de la formation professionnelle. Les dirigeants d’entreprises sont de plus en plus sollicités par les organismes qui se chargent de ce domaine d’activité. Car d’une part, la loi fait obligation de consacrer, au minimum, 1% de la masse salariale à la formation (ce pourcentage atteint parfois 2 à 4 %) et d’autre part, l’économie évoluant vite sous l’influence de la mondialisation, l’entreprise doit continuer à s’adapter, à progresser. Il existe plusieurs milliers de prestataires de formation. Plusieurs centaines émanent des sectes. Et, comme l’a écrit le député Jean-Pierre Brard : « Sous couvert de formation, les sociétés écrans des sectes accèdent aux dirigeants d’entreprises, à de nombreux fichiers et tout cela très facilement ».

Des sectes commercialisent, par exemple, des séminaires de développement personnel destinés à obtenir des employés une meilleure productivité. Ceux qui s’y refusent obèrent leurs possibilités de promotion.

En 1996, la Chambre Syndicale de Formation des Entreprises a été obligée de préciser quelques principes : l’Institut de certification professionnelle a établi l’obli-gation de citer les sources et les théories de ces organismes de formation. La législation sur la formation s’est encore renforcée depuis 2002. Les organismes de formation doivent procéder à une déclaration d’activité (Loi 920-4 du Code du Travail), et non plus seulement une déclaration d’existence. « Ce changement de régime a entraîné une diminution de l’ordre de 30% du nombre d’organismes déclarés en 2003 », précise Stéphane Rémy, Directeur adjoint du travail à la Délégation Générale à l’Emploi et à la Formation Professionnelle (D.G.E.F.P.).

Mais malgré l’affermissement de la législation, les risques restent importants. On observe, en effet, plus de subtilité dans les techniques d’infiltration et nombre d’organismes de formation sont liés à des mouvements sectaires. Toutefois, les organismes liés aux sectes préfèrent de plus en plus taire ces liens et le plus souvent aucune mention n’en est faite, ni dans les discours, ni dans les plaquettes de présentation. Il faut donc que l’opinion publique reste vigilante.

L’infiltration ne se limite pas, bien sûr, aux entreprises de formation. Le Service Central des Préventions de la Corruption, service interministériel, s’intéresse aux « dérives qui consistent, notamment, à l’utilisation par des individus malhonnêtes d’organisations dites sectaires pour accaparer pouvoir et argent ». Par exemple, l’utilisation par une entreprise de logiciels informatiques… aptes à « pomper » des informations vitales ou confidentielles. C’est de l’espionnage industriel ou commercial.

Mais il existe d’autres domaines : la parapharmacie, les cabinets-conseils, l’immo-bilier... Les activités commerciales sont plus ou moins camouflées.

La Scientologie et son « Plan Spécial Zone »

Un certain nombre de scientologues sont membres d’un organisme du nom de WISE (Institut Mondial des Entreprises de Scientologie). L’objectif déclaré de WISE est de « mettre la technologie de management de Ron Hubbard dans le monde des affaires, d’assainir la scène économique en mettant l’éthique en place et en remplaçant les « fausses données » généralement utilisées en guise de « Business Tech » par la technologie administrative de L. R.H. ». WISE, branche de la Scientologie met en place le « Plan Spécial Zone » dans le monde des affaires.
Ce « Plan Spécial Zone » explique le rôle de la Scientologie dans la vie, rôle qui est d’influencer les groupes et les organisations en y infiltrant les pratiques de la secte. Et, selon Hubbard : « Ici, la clé, c’est de ne pas demander la coopération des groupes. Ne demandez pas la permission. Entrez et commencez à fonctionner dans le groupe [21].

Enfin, on peut s’interroger sur l’aveuglement (?) du business du football. La Peace Cup 2005, organisée en juillet en Corée du Sud, est en fait une action publicitaire de grande envergure de la secte Moon. Le club gagnant du tournoi s’est vu remettre un chèque de 2 millions de dollars. L’Olympique lyonnais, arrivé second, a reçu un chèque de 500 000 dollars. La participation de sportifs de haut niveau à ce genre de manifestations peut être prise comme une forme de cautionnement.

L’adepte des sectes, l’adepte « de base » est une victime exploitée. Les dirigeants des sectes ont, quant à eux, outre l’aspiration au pouvoir, à la puissance, de gros appétits d’argent.

[21] “Special Zone Plan” HCOB of June 23, 1960, par L.R. Hubbard.


France : Sectes

Intellectuels et notables cautions des groupes sectaires

Bulles, 4ème trimestre 2005 n°88 par Michel Monroy - Psychiatre co-auteur de « La dérive sectaire », PUF, 1999.

[Texte intégral]

On peut comprendre que des groupes puissants et organisés aient une « politique de communication », et fassent du lobbying, et que des avocats, rémunérés, tiennent un discours de soutien systématique. Il est plus surprenant que des personnalités n’ayant pas, a priori, partie liée avec l’un ou l’autre de ces groupes, apportent leur caution à certains, ou plus largement à « la cause sectaire ». Ces soutiens de renom, implicites ou déclarés, appartiennent à des mi-lieux très diversifiés : stars, intellectuels, politiques, écrivains, responsables religieux, journalistes ou universitaires. Sauf à conclure à une complicité généralisée fort improbable, il faut s’interroger sur les motivations, claires ou obscures, qui les amènent à soutenir des groupes dont nous connaissons la dangerosité.

Quelques exemples

Même si certaines attitudes ont en commun des effets promotionnels pour les groupes d’emprise, ou leur construisent une réputation d’innocuité, ce sont des mécanismes très différents qui interviennent. Avant d’aborder la question difficile des motivations de ces pro-sectaires, il convient de faire un inventaire des thèmes développés, des vecteurs utilisés et des différents impacts de ces comportements.

Thèmes, modalités d’expression, impact

Les thèmes peuvent être développés de façon verbale, écrite, ou encore comportementale (présence qui cautionne par exemple). Les plus lisibles concernent l’apologie directe d’un groupe connu, sa présentation sous un jour à la fois positif et non dangereux. L’impact prévisible relèvera principalement de la notoriété et crédibilité de l’auteur du propos. Certaines présentations des groupes, apparemment distanciées, insistent sur une originalité, un caractère farfelu, mais en fin de compte sympathique et anodin.

Un autre thème relève de la fascination pour la puissance et l’influence de groupes capables de mobiliser des milliers d’adeptes. Dans le même ordre d’idées, s’exprime un intérêt « ethnographique » pour les différences, et le souci affiché de respecter des diversités culturelles, même s’il faut pour cela ignorer les risques.

Le thème le plus largement retenu est celui de la défense des libres opinions et croyances, comme si c’était de cela qu’il était question lorsqu’il s’agit de combattre certaines dérives. Par la victimisation des accusés d’infractions et délits liés à des comportements d’emprise, on va du déni caractérisé, à la minimisation du rôle de l’emprise groupale. La revendication d’un espace religieux intouchable passe par une justification « philosophique » de certains comportements délictueux. Le registre du religieux permet à certains d’assurer, sans rire, que certains groupes serviraient de cible parce qu’ils sont « nouveaux » et « minoritaires » face à la toute puissance des religions « établies ». Ces argumentations ont un effet d’inversion du problème au détriment des victimes, de masquage de risques bien réels, et de soupçon porté sur tous ceux qui se préoccupent de prévention.

On atteint un degré supérieur lorsqu’il s’agit de disqualifier radicalement les associations de défense, les organismes de prévention, les élus, les institutions policières et judiciaires accusés de tentatives liberticides. On parle alors de chasse aux sorcières, de nouvelle inquisition, ou l’on agite le spectre du « Maccarthysme ».

Ces exemples montrent que ce ne sont pas seulement les discours et les écrits qui ont pour effet de promouvoir l’influence des groupes d’emprise, mais que des attitudes et comportements de personnages de référence ont pour effet de semer le doute, d’endormir la vigilance et de cautionner de fait des entreprises de type sectaire. On voit se multiplier des colloques affichant une neutralité de façade, ou la défense d’objectifs humanistes, et dont les organisateurs recherchent le patronage d’officiels ou de personnalités en vue. Ces participations, acceptées le plus souvent par manque d’informations, seront bien sûr exploitées dans le renforcement de l’image de groupes douteux. On peut se demander ce qui contribue à l’impact plus ou moins grand de ce travail de justification et de promotion sur l’opinion publique. Il faut prendre en compte plusieurs paramètres :

Paradoxalement, l’impact le plus grave en matière de promotion du sectarisme organisé n’est pas forcément lié aux déclarations d’allégeance les plus claires par les gens les plus en vue. Peut-être provoquent-elles plus le sourire que des adhésions nombreuses. Les attaques les plus argumentées et les plus mobilisatrices n’auront qu’un faible impact si elles restent confinées dans des milieux spécialisés très minoritaires. Le danger le plus grave est peut-être celui d’une confusion, soigneusement entretenue par certains, entre le champ des croyances et celui de l’emprise sectaire.

Enfin, si l’on veut vraiment parler d’impact d’une propagande favorable aux organisations de type sectaire, il convient de distinguer :

Grande variété des motivations

Dans ce domaine, on ne peut formuler que des hypothèses. On trouve mélangées une méconnaissance des faits ou mécanismes, une sous estimation de l’impact, une solidarité d’appartenance ou de proximité idéologique, des options anticonformistes, une recherche d’intérêts, une cécité cognitive partagée et entretenue dans des milieux particuliers.

On peut penser que pour ceux qui bénéficient déjà d’une forte notoriété, une certaine « plus-value de surface sociale » n’est pas à négliger. Il y a dans une rencontre de « vedettes » (politiques, stars, dignitaires de groupes) un renforcement réciproque de reconnaissance et de notoriété, même et peut être surtout si la rencontre sent un peu le soufre.

La part de la provocation et de la recherche délibérée du scandale est évidente dans un plan média de sortie « littéraire ».

Dans le cas de personnalités indiscutables, apportant la caution de leur nom, on peut s’interroger sur une sous-estimation des risques et de l’impact, ou sur une surestimation de leur propre influence jugée non susceptible de contamination et de confusion dans les esprits.

Lorsqu’une œuvre universitaire montre une complaisance constante envers certaines expressions groupales violentes et le retour triomphant de l’irrationnel, on peut considérer qu’il s’agit du constat d’une réalité culturelle bien actuelle, et qu’il est salutaire de ne pas la nier. Mais on peut regretter une absence de prise en compte des effets négatifs de ces évolutions. Faut il en déduire une certaine indifférence morale entretenue au nom de la science ?

La cécité -entretenue par certains professionnels par rapport à des pratiques psychothérapiques relevant de l’emprise- pourrait correspondre à une certaine conception de la solidarité corporatiste. Le soutien inconditionnel, que semblent apporter certains responsables religieux à des groupes qui défraient régulièrement la chronique des plaintes, relève peut être de la même solidarité aveugle.

Dans le domaine de la sociologie religieuse, il semble s’agir d’une vision professionnellement déformée et restrictive du phénomène d’embrigadement groupal qui serait réduit au seul thème religieux. Cette façon de prendre la partie pour le tout traduit une erreur cognitive qui peut amener au déni ou à la minimisation des aspects dangereux de l’appartenance groupale.

Une personnalité ou un journaliste connaît personnellement un personnage sympathique et chaleureux, mis en cause par ailleurs par des victimes. Il lui sera difficile d’accepter le bien fondé de ces accusations, l’amitié lui fermera les yeux et lui dictera un plaidoyer de défense. On pourrait parler d’une cécité de proximité.

Le soutien délibéré aux groupes sectaires de toute nature, et surtout la virulence contre toute forme de défense sociale et de prévention peuvent s’expliquer dans certains cas par une attitude de révolte systématique contre l’institution, les limites, l’organisation sociale.

Plus sérieusement, ce sont des motivations éthiques et philosophiques qui peuvent dicter à certains un discours de défense des groupes mis en cause. Mais l’attachement de certains aux libertés, qui est aussi le nôtre, peut les empêcher de mesurer certains risques.

Quels enseignements tirer de cette situation ? D’abord l’évidence d’une vigilance toujours nécessaire. Tous les discours et comportements justificatifs, surtout émanant de personnages en vue, sont avidement repris et exploités par les groupes d’embrigadement. Bien que les médias se montrent globalement sensibilisés au problème du sectarisme, la présentation de certains débats met sur le même plan les fauteurs d’emprise et les victimes. Le harcèlement judiciaire opéré par les groupes en assimilant l’information et les plaintes à de la diffamation rend les actions d’information difficiles. On ne peut faire semblant d’ignorer les actions de lobbying d’où qu’elles viennent, il est utile de les connaître, de les analyser et d’en déceler ce qui les détermine.


France : Kinésiologie

Les infiltrations de la kinésiologie

Bulles, 4ème trimestre 2005

[Texte intégral]

La Kinésiologie n’est pas à proprement parler une secte : c’est une méthode sans aucune base scientifique qui peut être considérée comme une passerelle vers des comportements d’embrigadement.

Quelques exemples d’infiltration relevés par les ADFI :

Une ADFI reçoit un jour l’appel d’un professeur d’éducation physique exerçant dans un lycée qui s’inquiète du comportement d’une classe de 2de dont une bonne partie fait opposition aux exercices demandés. Après questionnement, elle apprend qu’une collègue linguiste consacre une heure de son enseignement par semaine à initier les élèves de cette classe à la Knésiologie. Cette enseignante avait fait un stage pour se former à cette méthode avec l’agrément du chef d’établissement…, lui aussi séduit sans doute par les promesses de la kinésiologie éducative (l’Edu-kinésiologie) qui « vise à permettre à chaque apprenant à mobi-liser son énergie pour une réalisation optimale de ses possibilités » (sic).

Une circulaire émanant de l’association de Kinésiologie est adressée, il y a quelques années, aux établissements primaires d’une académie. Elle vante, bien sûr, tous les bienfaits apportés par cette méthode et invite les instituteurs à suivre les stages de formation dont les frais peuvent être pris en charge (!?). Un instituteur éton-né par ce discours en informe l’ADFI du lieu qui répercute à l’inspecteur d’académie. Celui-ci réagit immédiatement en adressant une circulaire à tous les établissements scolaires.

Une étudiante d’un CEFEDEM (établissement régional de formation des professeurs de musique et de danse) informe une ADFI, par l’intermédiaire d’un professeur du conservatoire, qu’une kinésiologue, introduite dans l’établissement avec l’agrément du directeur, enseigne régulièrement aux étudiants instrumentistes des gestes jugés pour le moins curieux par le témoin en question (toucher du coccyx, par exemple). L’ADFI s’étonne auprès du directeur et alerte les autorités. Suit une réponse alambiquée du directeur qui ne veut sans doute pas perdre la face et prétend avoir inventé lui-même, par simplification, le terme de Kinésiologie, notamment pour les étudiants de danse.

Dernier exemple en date :
Le CDDP (centre départemental de documentation pédagogique) d’un département du midi, donc structure officielle de l’Éducation Nationale, organisait pour le mois de juillet dernier à l’attention de parents, d’enseignants, d’orthophonistes, etc., des stages de 6 jours. Le terme de Kinésiologie n’apparaissait pas, mais par la référence au touch for health, au test musculaire, à la libération des stress émotionnels, par la récession d’âge (!), etc., il était facile d’identifier le lien avec cette technique. Le tout pour 700 €, logement et nourriture non compris. Les autorités de l’Education Nationale alertées ont mis fin rapidement à ce projet. Ajoutons que l’ADFI a eu connaissance de ces stages par une association d’aide aux enfants dyslexiques invitée à ces stages.


Suisse : Méditation transcendantale

Le délire totalitaire du raja Félix

L'Hebdo, 5 janvier 2006 par Eric Felley avec la collaboration de Karin Suini

[Texte intégral]

Les adeptes de la Méditation transcendantale ont lancé une offensive sur la Suisse. Mais, après une campagne de presse visant les jeunes Suisses fortunés, le recrutement est à la peine.

Déambulant dans les couloirs feutrés du Palace à Lausanne, le raja Félix Kägi est satisfait de sa récente notoriété. Les annonces retentissantes que son mouvement d'inspiration védique a fait paraître au mois de décembre dans la presse suisse ont attiré l'attention sur sa personne, jusqu'ici totalement inconnue. Avec son médaillon de pacotille, sa couronne clinquante et sa tunique blanche finement brodée sur les manches, il rappelle l'iconographie des heures sombres de l'Ordre du temple solaire en 1995. De toute évidence, son sourire permanent se nourrit d'une autre dimension psychologique. Et, dans un anglais très alémanique, il assaisonne toutes ses réponses de world peace et de leadership.

Après avoir proposé de raser le tissu urbain de Genève pour en faire un utopique quadrillage, son mouvement a proposé juste avant Noël à 300 jeunes Suisses de se former afin de rendre le pays «invincible». Rien de moins que cela. Pour suivre le cours d'une année, il faut être dégagé de toute contingence matérielle et payer un écolage de 25 000 francs. Les participants seront formés à la «loi naturelle totale» et «ceci créera un nouveau genre d'emploi apprécié de la brillante jeunesse d'aujourd'hui».

Loi naturelle On devrait en rire et, à la limite, avoir une once de sympathie pour ce personnage qui semble tomber de la lune, mais la réalité est plus complexe. Après une formation aux Pays-Bas, le raja Félix dirige depuis peu le mouvement de la Méditation transcendantale en Suisse et a pris ses quartiers à Lausanne. Ce chimiste, né à Saint-Gall il y a une cinquantaine d'années, fait partie d'un mouvement aux ramifications mondiales. Fondé en 1957 par Maharishi Mahesh Yogi (88 ans), le Mouvement mondial de régénération spirituelle s'est installé à Los Angeles et s'est développé dans des dizaines de pays. Et chacun se souvient d'avoir vu le gourou en compagnie des Beatles, parmi autres célébrités.

En Suisse, le mouvement est apparu dans les années 60 et s'est établi dans la commune de Seelisberg (Uri), où se trouve la Maharishi European Research University. On prétend y enseigner de tout, du management, de l'administration publique, des sciences politiques, de l'architecture védique, de l'agriculture védique, de la prédiction ou de la maîtrise en gestion des affaires. En 1992, une branche politique s'est formée sous l'appellation de Parti de la loi naturelle. Elle a été représentée dans 82 pays et a même tenté une percée au Conseil national en 1995 dans le canton de Vaud (639 suffrages pour le premier de la liste!). Mais ces velléités électorales ont été abandonnées en 2000 «pour ne plus perdre de temps, de ressources et d'énergie».

Mardi 3 janvier, au 14 de la rue du Rhône à Genève, où le mouvement a installé également ses quartiers par le biais d'une société de domiciliation, on semble loin du compte quant au recrutement. Deux secrétaires travaillant pour la société Régus vous renvoient à un simple numéro de téléphone. Raja Félix sait très bien qu'il n'attirera pas d'un coup de baguette magique les 300 jeunes Suisses à son «Programme de formation en leadership pour une Suisse invincible». Il admet que s'il avait «entre cinq et dix personnes», ce serait déjà un bon début.

Paradoxalement, le terme «invincible» semble peu adapté à un mouvement qui prône la paix. Il ne s'agit pourtant pas d'une nouvelle lecture de la maxime Si vis pacem para belllum. Non, «il ne faut pas chercher à tuer son ennemi, mais à le transformer en ami». Ainsi, le maître parle d'une invincibilité «non armée», émotionnelle, silencieuse, qui se comprend dans un ordre naturel d'harmonie. Les mots viennent tout seuls, tous à connotations positives: paix, harmonie, indépendance, méditation, bien-être intérieur, etc.

Trois cents étudiants à 25000 francs, cela ferait tout de même 7, 5 millions. Mais peu importe, on ne cause pas d'argent entre gens de paix. Signe des temps, la Méditation transcendantale a pour objectif de créer une élite et de s'installer dans la Genève internationale. Selon le raja, des transactions sont en cours avec la Fondation de valorisation des biens de la Banque cantonale. Selon lui, il suffit que 1% de la population soit «éclairé» pour créer un climat favorable: «La société est l'expression des individus. Il n'est pas nécessaire que tous les Suisses soient influents pour que la Suisse soit influente.» Là, il a certainement raison, mais n'est-ce pas déjà le cas? Pour lui, la démocratie helvétique reste un bon système, qui n'en demeure pas moins «réactif et pas assez anticipatif. La Suisse n'est pas un pays idéal. Ses habitants sont parmi les gens les plus stressés d'Europe.»

Idéologie de la réussite S'il apparaît aujourd'hui sur la scène helvétique avec un effet d'annonce bien calculé, le mouvement de la Méditation transcendantale n'en est pas moins connu et observé par les spécialistes. Il est répertorié dans la liste française des sectes, mais celle-ci, critiquée de toutes parts, ne fait plus référence depuis le 1er janvier 2006.

A Genève, le Centre intercantonal d'information sur les croyances (CIC), présidé par François Bellanger, dispose d'un dossier exhaustif sur la question. Dans un livre paru en 1995, le philosophe français Michel Lacroix a parlé de l'évolution politique des mouvements du New Age, qui, chacun à leur façon, tentent de mettre en place une sorte de «directoire mondial des affaires planétaires.» Sur ce point, le mouvement de Maharishi Mahesh Yogi se rapproche des raéliens de Claude Vorilhon ou de la scientologie de Ron Hubbard. Tous cultivent un élitisme affirmé.

L'historienne des religions du CIC, Nicole Durisch Gauthier, cite également un ouvrage de Reinhart Hummel, Les gourous, qui écrit à propos de la Méditation transcendantale: «Les techniques de l'hindouisme ont été associées par Maharishi Mahesh Yogi à la croyance occidentale à la technologie et à la possibilité de tout réaliser pour constituer une idéologie de la réussite et un programme utopique de salut.»

Ainsi donc, le mouvement, associé dans les années 60 à la culture hippie, s'est actualisé d'une manière surprenante. La sociologue Brigitte Knobel, qui travaille aussi pour le CIC, y voit une connotation très «néolibérale» qui revendique un élitisme basé sur l'argent et des promesses de réussite. La brutalité des propositions (telles que raser des villes suisses pour en faire des quadrillages) procède également de la même volonté de provoquer l'opinion. Et l'annonce cible bien les jeunes issus des milieux nantis: «Venez avec détermination et confiance et vous satisferez les grands espoirs de vos parents pour votre carrière», écrit le raja Félix.

François Bellanger espère qu'on n'ait pas là une nouvelle affaire où la crédulité et l'argent «font bon ménage». Quant au contenu des annonces, il pondère: «Chacun est libre de croire ce qu'il veut. Si ces gens veulent le présenter comme ça, c'est leur droit, dans la mesure où ils ne violent pas les lois du pays.» Reste le soupçon d'escroquerie: «On peut y penser, fait-il remarquer, mais il faut être très prudent. Selon la loi, il faut qu'il y ait tromperie ou astuce. Dans le cas présent, la ficelle est tellement grosse que celui qui paie 25 000 francs est excessivement crédule.» Bref, une victime consentante aurait peu de chances devant un tribunal. A moins de prouver qu'elle n'a pas trouvé la paix intérieure et mondiale?


France : Religions

Un père séquestre ses filles au nom de l'islam

AFP, 5 janvier 2006

[Texte intégral]

Le tribunal correctionnel de Valence doit se prononcer vendredi matin sur le cas d'un Marocain de 45 ans, poursuivi pour soustraction à l'obligation légale d'éducation pour avoir, au nom de l'islam, maintenu recluses ses quatre filles.

Lors de l'audience le 2 décembre, le procureur de la République, Colette Clément-Barthez, avait requis 8 mois de prison avec sursis et un retrait définitif des droits parentaux du père.

L'homme, de nationalité marocaine, a récusé son avocat commis d'office. Le matin de l'audience, il s'était présenté au tribunal, avant de repartir dès qu'il s'est rendu compte que le juge, le procureur et le greffier étaient des femmes.

Depuis des années, il maintenait recluses sa femme et ses quatre filles, âgées de 4, 10, 13 et 14 ans, les cantonnant au ménage et au crochet entre les quatre murs de leur appartement de Romans-sur-Isère (Drôme).

Les enfants ne sont jamais allées à l'école. Elles n'ont appris que les rudiments de lecture et d'écriture que leur mère a pu leur enseigner en cachette. Elles n'ont jamais eu d'autre livre que le Coran.

Elles n'avaient pas le droit de sortir, à l'exception de quelques rares excursions dans le hall de l'immeuble. A cette occasion, elles ont croisé un travailleur social, qui a soufflé à l'aînée le 119, numéro d'urgence pour l'enfance maltraitée, que l'adolescente a réussi à appeler à la fin de l'été dernier.

Les services sociaux sont intervenus aussitôt. Le père a expliqué qu'il refusait que ses filles aillent non voilées à l'école, ni même qu'elles prennent des cours par correspondance, à cause du contenu des programmes.

Cet homme qui refusait les obligations de la République en acceptait cependant les avantages, puisqu'il touchait, avec le RMI et diverses allocations, plus de 1.400 euros par mois, sans oublier l'allocation de rentrée scolaire.

La mère, qui subissait le même sort que ses filles, n'a pas été poursuivie, et a trouvé un nouveau domicile loin de Romans. Les quatre filles ont été placées dans un foyer proche de leur mère.

"Malgré l'état de jachère où elles ont été laissées, ce sont des enfants vives, intelligentes, volontaires, très désireuses d'apprendre", a expliqué Mme Clément-Barthez.

"Mais la première chose qu'elles ont demandé à faire au foyer, c'est de courir dans le parc. Elles n'avaient jamais eu le droit de courir", a-t-elle ajouté.


Canada : Moïse (Roch Terriault)

Le combat d'une femme pour se libérer du gourou qui l'a mutilée

L'Hebdo, 6 janvier 2006 par Yolande Brasset

[Texte intégral]

Gabrielle Lavallée veut mettre en garde les gens contre les sectes

Il était blond aux yeux bleus, beau parleur et d'un charme irrésistible. Elle était infirmière, venait d'un milieu disfonctionnel et avait vécu dans plusieurs pays. Ils se sont rencontrés dans un congrès sur les médecines douces à Toronto. Elle ne savait pas qu'elle venait de mettre les pieds en enfer.

Elle, c'est Gabrielle Lavallée, cette femme, aujourd'hui dans la jeune cinquantaine, qui a eu la main tranchée à froid par Roch Thériault, alias Moïse, gourou d'une secte qui a fait beaucoup parler d'elle dans les années 1980.
Mme Lavallée était de passage récemment au Café communautaire l'Entre-Gens de Sainte-Adèle, pour parler de son histoire et mettre en garde les gens contre ces gourous qui violent l'âme et le corps de leurs disciples, en majorité des femmes. De cette histoire d'horreur sont nés le livre de Gabrielle Lavallée, l'Alliance de la brebis, vendu à ce jour à 250 000 exemplaires et le film Moïse, l'affaire Roch Thériault, avec Luc Picard dans le rôle du gourou et Isabelle Blais, dans celui de Gabrielle Lavallée.

Dans les griffes du diable
Comment une femme instruite et autonome financièrement a-t-elle pu se retrouver sous le joug d'un tel bourreau? «J'étais au mauvais endroit, au mauvais moment», dit-elle. «On n'entre pas dans une secte, on est happé par ces prédateurs, qui profitent de notre vulnérabilité et notre manque d'amour.»
Une fois à l'intérieur, difficile d'en sortir, voire impossible. Pour avoir tenté de fuir, pour s'être opposée à Moïse, Gabrielle Lavallée l'a payé très cher. C'est à froid que son gourou lui a tranché la main gauche et l'a laissée sans soins pendant 19 jours. Le miracle c'est qu'elle ait survécu à cette terrible blessure et qu'elle ait réussi à s'extirper des griffes de son bourreau
.
En prison
Roch Thériault croupit en prison depuis 16 ans. Il y a trois ans, il a demandé une libération conditionnelle. Des 12 femmes qui vivaient dans la secte, elle était la seule à s'opposer à sa libération. La comparution de Thériault a été tellement médiatisée que ce dernier a eu peur et a retiré sa demande de libération. Il sera complètement libre dans neuf ans, à la fin de sa sentence de 25 ans.
Thériault a eu 22 enfants avec les femmes qu'il tenait sous son emprise dont deux avec Gabrielle Lavallée. Le garçon est mort à l'âge de cinq mois du syndrome de mort subite et sa fille a aujourd'hui 22 ans. Elle étudie en droit dans une université canadienne et souhaite un jour rencontrer son père pour boucler la boucle avec cet homme qui a tant fait souffrir sa mère. Les yeux de Gabrielle Lavallée s'illuminent quand elle parle de sa fille qu'elle ne croyait pas revoir et qui a été adoptée par une famille ontarienne lorsqu'elle était dans la secte.

Deux femmes sont restées sous le joug de Thériault. Elles le fréquentent en prison et ont même eu des enfants avec lui depuis qu'il est détenu. Gabrielle Lavallée affirme même que, de sa prison, Moïse a agressé sexuellement sa fillette de quatre ans, née d'une relation avec une de ses disciples.


Roumanie : Sectes

Une affaire de secte et de sexe embarrasse la Justice Roumaine

AFP, 5 janvier 2006 par Mihaela Rodina

[Texte intégral]

BUCAREST - Une affaire de sexe ayant fait les choux gras de la presse pendant plusieurs mois a plongé la justice roumaine dans un profond embarras, après que le principal protagoniste, le gourou d'une secte vilipendé dans son pays, eut obtenu l'asile politique en Suède.
Professeur de yoga et fondateur d'un mouvement revendiquant des milliers d'adeptes en Roumanie, Gregorian Bivolaru, 54 ans, avait été inculpé en mars 2004 de "relations sexuelles avec mineure, perversions sexuelles et trafic de mineurs".

Ces accusations avaient aussitôt été relayées voire amplifiées par les médias, à grand renfort d'images vidéo et de photos croustillantes fournies,
pour la plupart, par la police même.

Les images montrant les perquisitions particulièrement musclées de policiers armés encagoulés dans les "ashrams" où étaient logés les membres du groupe ont été diffusées en boucle par les chaînes de télévision, sans que l'identité des jeunes "yogis", surpris pour certains en tenue légère, ne soit protégée.

Des témoignages selon lesquels l'urinothérapie figurait parmi les "préceptes" que devaient suivre les adeptes de Bivolaru ont également contribué
à révulser l'opinion publique, pour qui cet homme à l'aspect peu soigné et portant de grosses lunettes était devenu "l'ennemi public numéro 1".
Bivolaru avait été interpellé et brièvement détenu au printemps 2004, avant d'être relâché pour vice de procédure.

Début 2005, son "Mouvement pour l'intégration dans l'absolu" (MISA) annonçait que le "gourou" avait demandé l'asile politique en Suède, après avoir
quitté illégalement le pays, dans des circonstances pas encore élucidées.

Après avoir rejeté une demande d'extradition transmise par les autorités roumaines, la justice suédoise a annoncé cette semaine avoir accordé le statut de réfugié politique à Bivolaru, "privé du droit à un procès équitable dans son pays", selon elle.

Cette annonce a pris au dépourvu les magistrats roumains, qui cherchent désormais dans leurs propres rangs les responsables de ce revers cinglant mettant en doute l'indépendance de la justice et le respect des droits de l'Homme dans un pays candidat à l'UE.

"La décision de la justice suédoise est très préoccupante", a déclaré le président du Conseil supérieur de la magistrature Dan Lupascu, qui a chargé cet organisme de "vérifier si les procédures légales ont bien été respectées".

"Le mal a déjà été fait, nous devons maintenant punir les responsables pour qu'une telle situation ne se répète pas", a pour sa part déclaré jeudi la
ministre de la Justice Monica Macovei, l'une des rares voix à avoir critiqué dès le début l'action de la police et du parquet.
Selon elle, cette affaire risque d'avoir des répercussions pour la Roumanie, dont l'intégration dans l'Union européenne en janvier 2007 est soumise à une clause de sauvegarde particulièrement sévère en ce qui concerne précisément la Justice. "Il est sûr que le Parlement européen va nous poser des questions, de même que le Parlement suédois, qui n'a pas encore ratifié le traité d'adhésion de la Roumanie à l'UE", a-t-elle souligné.

Selon la branche roumaine du Comité Helsinki pour la défense des droits de l'Homme, "cette histoire représente un camouflet pour la justice roumaine, qui n'a pas été capable de convaincre les magistrats suédois du bien fondé des accusations" formulées contre Bivolaru.
Plusieurs élus ont pour leur part critiqué les "abus" des autorités dans ce dossier, estimant, à l'instar du sénateur libéral Nicolae Vlad Popa, que cet "incident malheureux risque de retarder l'entrée de la Roumanie dans l'UE".


France : Religions

Un père séquestre ses filles au nom de l'islam : 10 mois avec sursis

AFP, 6 janvier 2006

[Texte intégral]

VALENCE - Le tribunal correctionnel de Valence a condamné vendredi à une peine de dix mois de prison avec sursis un Marocain de 45 ans poursuivi pour soustraction à l'obligation légale d'éducation pour avoir, au nom de l'islam, maintenu recluses ses quatre filles.

Le tribunal a également décidé un retrait définitif des droits parentaux du père.

Le tribunal correctionnel a ainsi suivi les réquisitions du procureur de la République, Colette Clément-Barthez, qui avait réclamé, lors de l'audience le 2 décembre, une peine comprise entre huit et dix mois de prison avec sursis et le retrait définitif des droits parentaux.

Cet homme a maintenu, pendant des années, recluses sa femme et ses quatre filles, âgées de 4, 10, 13 et 14 ans, les cantonnant au ménage dans leur appartement de Romans-sur-Isère (Drôme).

Les filles ne sont jamais allées à l'école. Elles n'ont appris que les rudiments de lecture et d'écriture que leur mère a pu leur enseigner en cachette.

Elles n'avaient pas le droit de sortir, à l'exception de quelques rares excursions dans le hall de l'immeuble.
A cette occasion, elles ont croisé un travailleur social, qui a soufflé à l'aînée le 119, numéro d'urgence pour l'enfance maltraitée, que l'adolescente a réussi à appeler à la fin de l'été dernier.

Les services sociaux sont intervenus aussitôt. Le père a expliqué qu'il refusait que ses filles aillent non voilées à l'école, et même qu'elles prennent des cours par correspondance, à cause du contenu des programmes.

La mère, qui subissait le même sort que ses filles, n'a pas été poursuivie, et a trouvé un nouveau domicile loin de Romans. Les quatre filles ont été placées dans un foyer proche de leur mère.


Etats-Unis : Scientologie

Les illuminations mystiques de Tom Cruise

Libération, 6 janvier 2006 par Bruno Icher

[Texte intégral]

M6, dimanche 22 h 50. «L'autre visage de Tom Cruise», reportage dans le cadre du magazine «Secrets d'actualité».

Attention, chaud devant : Tom Cruise est scientologue ! Non ? Si ! La nouvelle aurait de quoi ébranler le plus fanatique des admirateurs de
l'acteur américain si le monde entier ne l'avait déjà su. Cela n'empêche pas le numéro de dimanche de Secrets d'actualité de consacrer un long
sujet à cette brûlante question avec, comme toujours, un commentaire tragique et de la musique de mauvais film à suspense en fond sonore.

Pourtant, derrière la dramatisation de pacotille, l'histoire de Tom Cruise et de son obsession mystique ne manque pas de sel et l'enquête
fournit quelques éléments de divertissement avec, au passage, une poignée images inédites. Comme cette interview calamiteuse donnée à une
chaîne de télé américaine où le pauvre garçon, à peine âgé de 20 ans, semble éprouver de sérieuses difficultés de comprenette. Explications :
le jeune Tom était dyslexique durant sa triste jeunesse à Louisville, Kentucky, et c'est, selon lui, la scientologie qui lui a permis de s'en
sortir.

Le reste est une suite un peu fastidieuse des méthodes exercées par les scientologues pour installer Tom Cruise en ambassadeur universel et
charismatique de la secte. Seul grand moment de bravoure : la promotion du film le Dernier Samouraï, en 2004, au cours de laquelle l'acteur,
quelle que soit la question posée par les journalistes, répondait invariablement qu'être samouraï c'est un peu être scientologue
aujourd'hui. Hilarant. Accessoirement, le reportage ne précise pas que le film d'Edward Zwick était un navet magistral.


France : Témoins de Jéhovah

Les Témoins de Jéhovah annoncent marquer des points devant la justice

Commentaire

AFP, 8 janvier 2006 par Fernand Nouvet

[Texte intégral]

Les Témoins de Jéhovah viennent d'obtenir en justice l'accès à des documents-clefs du rapport parlementaire sur les sectes publié en 1996 et l'annulation d'un licenciement décidé pour raisons religieuses, a-t-on appris samedi auprès de l'association.

Dans un arrêt rendu le 1er décembre 2005 et transmis à l'AFP par les Témoins de Jéhovah, la cour administrative d'appel de Paris a décidé que le ministre de l'Intérieur devrait communiquer les documents émanant des Renseignements généraux auxquels faisait référence le rapport d'enquête parlementaire de l'Assemblée nationale sur les sectes rendu public le 10 janvier 1996.

Selon le jugement, ces documents contiennent des "appréciations qualitatives très laconiques sur les effets de l'activité" des Témoins de Jéhovah et des informations au "caractère succinct et anodin". Ils ne portent pas atteinte à la sûreté de l'Etat ou à la sécurité publique et doivent être communiqués à l'association.

C'est la première fois qu'un mouvement compris dans la liste des sectes de 1996 obtient une telle décision, selon des sources concordantes. La commission parlementaire, qui s'était appuyée sur les documents des RG, avait placé ses travaux sous le signe du secret.

Cet arrêt montre que "dix ans après le travail secret de la commission d'enquête Gest-Guyard, il s'avère que les Témoins de Jéhovah n'auraient jamais dû figurer sur la liste des sectes", a déclaré un porte-parole du Consistoire national des Témoins de Jéhovah.

Le classement des Témoins de Jéhovah parmi les sectes dans ce rapport "a déclenché une longue série de traitements injustes et discriminatoires à l'encontre de notre confession chrétienne dont la première association, légalement enregistrée en 1906, existe toujours", a-t-il souligné. Il a cité des lettres anonymes, des refus de location de salles, des actes de vandalisme contre des lieux de culte ou des pertes d'emploi en raison de l'appartenance aux Témoins de Jéhovah.

Par ailleurs, le 3 novembre 2005, le tribunal administratif de Pau a annulé le licenciement par le département du Gers d'une assistante maternelle Témoin de Jéhovah, Françoise Bardet, décidé en raison de ses convictions religieuses. Le tribunal a condamné le département à verser 26.000 euros d'indemnités à Mme Bardet.

Les Témoins de Jéhovah, qui fêtent cette année leur centenaire en France, revendiquent 210.000 adeptes en France métropolitaine (250.000 avec les Dom-Tom).

Commentaire :

 Publié dans la revue d'actualité juriduqe française, c'est arrêt similaire a celui récement rendu in rem "témoins de Jéhovas".
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Cour administrative d'appel de Paris, 18 novembre 2004, n° 03PA00345, Eglise universelle du Royaume de Dieu
 
Un dossier établi, sur une association, par la direction centrale des renseignements généraux en vue d'être remis à l'Assemblée nationale dans le cadre de l'élaboration, par cette assemblée, d'un rapport sur les sectes a le caractère d'un document administratif au sens des dispositions de la loi du 17 juillet 1978, dès lors que ce document a été élaboré par les agents de cette direction et qu'il était détenu par ce même service lorsque l'association requérante en a demandé la communication au ministre de l'intérieur.
 

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE PARIS  N° 03PA00345  ÉGLISE UNIVERSELLE DU ROYAUME DE DIEU  Mme Anne LECOURBE
Rapporteur  M. JARDIN
Commissaire du gouvernement  Arrêt du 18 novembre 2004  REPUBLIQUE FRANCAISE  AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS  LA COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE PARIS  (5ème chambre - Formation A)  

Vu la requête, enregistrée le 24 janvier 2003, présentée pour l'association ÉGLISE UNIVERSELLE DU ROYAUME DE DIEU, représentée par son président, dont le siège est situé 254 rue du Faubourg Saint-Martin 75010 Paris, par Me Maisonneuve, l'association ÉGLISE UNIVERSELLE DU ROYAUME DE DIEU demande à la cour :  

1°) d'annuler le jugement n° 0102510/7 en date du 7 novembre 2002 par lequel le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant d'une part à l'annulation de la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a refusé de lui communiquer le dossier détenu par la direction centrale des renseignement généraux justifiant son classement parmi les sectes dans le rapport n° 2468 du 22 septembre 1995 de l'Assemblée nationale, d'autre part à la communication dudit dossier sous astreinte de 1 000 F par jour ;  
2°) d'annuler la décision implicite du ministre de l'intérieur ;  
3°) d'ordonner la consultation sur place ou la délivrance d'une copie du dossier établi par la direction centrale des renseignements généraux dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt sous astreinte de 1 500 euros par jour de retard à l'expiration du délai ;  4°) de condamner l'État à lui verser la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;

 Vu les autres pièces du dossier ;  Vu la loi 78-753 du 17 juillet 1978 ;  Vu le code de justice administrative ;  Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

 Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 05 novembre 2004 :
 le rapport de Mme Lecourbe, rapporteur,
 et les conclusions de M. Jardin, commissaire du gouvernement ;

 Considérant que l'association ÉGLISE UNIVERSELLE DU ROYAUME DE DIEU relève appel du jugement en date du 7 novembre 2002 par lequel le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant d'une part à l'annulation de la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a refusé de lui communiquer le dossier détenu par la direction centrale des renseignements généraux élaboré à la demande de l'Assemblée nationale et sur le fondement duquel celle-ci l'a classée parmi les sectes dans son rapport n° 2468 du 22 septembre 1995, d'autre part à la communication dudit dossier sous astreinte de 1 000 F par jour ;  Sur les fins de non recevoir soulevées par le ministre :  Considérant d'une part que la requête de l'association a été enregistrée par télécopie au greffe de la cour le 24 janvier 2003, soit avant l'expiration du délai d'appel et d'autre part qu'il résulte des statuts de l'association que son président a qualité pour ester en justice ; qu'il y a lieu par suite d'écarter les fins de non recevoir soulevées par le ministre ;  

Au fond :  Considérant qu'aux termes de l'article 1er de la loi du 17 juillet 1978 dans sa rédaction applicable aux faits de l'espèce : "Sont considérés comme documents administratifs au sens du présent titre tous dossiers, rapports, études, comptes rendus, procès-verbaux, statistiques, directives, instructions, circulaires, notes et réponses ministérielles qui comportent une interprétation du droit positif ou une description des procédures administratives, avis, prévisions et décisions, qui émanent de l'Etat, des collectivités territoriales, des établissemnts publics ou des organismes de droit public ou privé chargés de la gestion d'un service public... Ne sont pas considérés comme documents administratifs, au sens du présent titre, les actes des assemblées parlementaires..." ;

 Considérant que le document litigieux a été élaboré par les agents de la direction centrale des renseignements généraux et était détenu par ce service lorsque l'association EGLISE UNIVERSELLE DU ROYAUME DE DIEU en a demandé la communication au ministre de l'intérieur ; que par suite il a le caractère d'un document administratif au sens de l'article 1er de la loi du 17 juillet 1978 précité ; que pour rejeter la demande de l'association, le tribunal a commis une erreur de droit en déduisant de la circonstance que ce document avait été constitué en vue d'être remis à l'Assemblée nationale dans le cadre de l'élaboration par celle-ci d'un rapport sur les sectes qu'il se rattachait à l'exercice de sa mission de contrôle par l'Assemblée nationale et qu'il n'avait donc pas le caractère d'un document administratif au sens des dispositions précitées de la loi du 17 juillet 1978 ; que par suite, il y a lieu d'annuler le jugement attaqué et par l'effet dévolutif de l'appel d'examiner les autres moyens présentés par l'association EGLISE UNIVERSELLE DU ROYAUME DE DIEU et le ministre de l'intérieur tant en appel qu'en première instance

Considérant qu'aux termes de l'article 2 de la loi du 17 juillet 1978 dans sa rédaction applicable : "Sous réserve des dispositions de l'article 6, les autorités mentionnées à l'article 1er sont tenues de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent titre" ; et qu'aux termes de l'article 6 de ladite loi :" Les administrations ... peuvent refuser de laisser consulter ou de communiquer un document administratif dont la consultation ou la communication porterait atteinte : ... - ... à la sûreté de l'Etat et à la sécurité publique..." ; que, pour s'opposer à la communication du document en cause, le ministre invoque le risque d'atteinte à la sûreté de l'Etat et à la sécurité publique qu'entraînerait celle-ci ; que l'état de l'instruction ne permet pas d'apprécier le bien-fondé des motifs invoqués par le ministre pour justifier son refus de communication ;  

Considérant qu'il appartient au juge administratif de requérir des administrations compétentes la production de tous les documents nécessaires à la solution des litiges qui lui sont soumis à la seule exception de ceux qui sont couverts par un secret garanti par la loi ; que si le caractère contradictoire de la procédure exige la communication à chacune des parties de toutes les pièces produites au cours de l'instance, cette exigence est nécessairement exclue en ce qui concerne les documents dont le refus de communication constitue l'objet même du litige ;  

Considérant qu'il y a lieu dès lors d'ordonner avant dire droit, tous droits et moyens des parties demeurant réservés à l'exception de ceux sur lesquels il est statué par le présent arrêt, la production du dossier dont s'agit à la chambre de la Cour administrative d'appel de Paris chargée de l'instruction de l'affaire sans que communication de ces pièces soit donnée à l'association requérante, pour qu'il soit ensuite statué ce qu'il appartiendra sur ses conclusions ;

 D E C I D E :

 Article 1er : Le jugement n° 0102510/7 en date du 7 novembre 2002 du Tribunal administratif de Paris est annulé.  Article 2 : Est ordonnée avant dire droit, tous droits et moyens des parties réservés, la production par le ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales à la 5ème chambre de la cour administrative d'appel dans les conditions précisées dans les motifs de la présente décision, du dossier détenu par la direction centrale des renseignements généraux justifiant son classement par l'Assemblée nationale parmi les sectes dans son rapport n° 2468 du 22 septembre 1995. Cette production devra intervenir dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente décision. 


France : Scientologie

L’acteur prophète

L'Humanité, 8 janvier 2006 par Fernand Nouvet

[Texte intégral]

Le magazine expose les raisons qui ont fait de l’acteur le porte-parole de la scientologie. Secret d’actualité : l’autre visage de Tom Cruise

Derrière sa gueule de star du cinéma, Tom Cruise cache tout le bagout de « prophète des temps modernes » à la tête d’une énorme entreprise de communication pour redorer le blason de - l’Église de scientologie. « Je ne suis pas un simple croyant. J’utilise les technologies scientologues chaque jour, dans mon travail, avec mes enfants. Tout le monde devrait en faire autant. Je suis la preuve vivante que ça marche. » Telle est le laïus auquel il s’est livré, en avril 2003, devant un parterre de scientologues. Pour la première fois, la star d’Hollywood affichait ouvertement son appartenance à la secte.

Dans le document de Secrets d’actualité, les auteurs Frédéric Martin et Christophe Coudre remontent à la petite enfance de la star pour tenter de comprendre les raisons de son « glissement » spirituel. Grâce à une masse d’enregistrements, l’Autre Visage de Tom Cruise dévoile l’intrigue des dirigeants de l’Église de scientologie autour du comédien. À partir du moment où celui-ci accède au gotha hollywoodien, il est pris dans la toile tissée par la secte et dirigé tout au long de sa route.

Le documentaire montre aussi l’intérêt des stratèges scientologues pour les hommes de pouvoir. Sachant qu’en Europe, et principalement en France, où l’Église de scientologie est répertoriée en tant que secte, l’aura scientologue ne parvient pas à s’imposer, l’« icône » porte-parole se démène pour pénétrer les sphères du pouvoir. En septembre 2004 à Paris, Tom Cruise a passé plus d’une heure en tête à tête avec Nicolas Sarkozy, alors ministre des Finances. Ce qui, selon Jean-Pierre Brard, député de Seine-Saint-Denis et auteur d’un rapport sur les sectes, a fait beaucoup de bruit. Photographié sous toutes les coutures avec Tom Cruise, Nicolas Sarkozy, depuis, fuit cette publicité. A-t-il passé ce temps avec la star d’Hollywood ou avec le « prophète » scientologue ? Une question qui, dans le documentaire, n’a pas de réponse.


France : Scientologie

Question écrite de Jean-Pierre Brard

Courriel, 9 janvier 2006

[Texte intégral]

Montreuil, le 9 janvier 2006
QUESTION ECRITE

Monsieur Jean-Pierre BRARD attitre l’attention de monsieur le ministre d’Etat, ministre l’Intérieur et de l’aménagement du territoire sur l’erreur qui semble s’être glissée dans la réponse qui a été apportée à la question n°46340 relative à l’entretien accordé le 30 août 2004, dans les locaux du ministère des finances, à M. Tom Cruise, connu pour son appartenance à l'église de scientologie.

En effet, monsieur le Ministre d’Etat a répondu que l'entretien n’avait donné lieu à aucun échange politique entre les deux hommes mais que « c'était une rencontre amicale ». Or, l’acteur américain a déclaré, dans une interview publiée par un quotidien national daté du 6 juillet 2005 : « Ce jour-là, on a parlé de tout. Du cinéma, de nos enfants, de la France, des Etats-Unis, et aussi de la scientologie ». En conséquence, il lui demande si le Ministre d’Etat a bien participé au même entretien et dans l’affirmative s’il confirme avoir parlé de tout, y compris de la scientologie, avec Tom CRUISE.


France : Scientologie

Question écrite de Jean-Pierre Brard

Courriel, 9 janvier 2006

[Texte intégral]

Montreuil, le 9 janvier 2006
QUESTION ECRITE

Monsieur Jean-Pierre BRARD attitre l’attention de monsieur le ministre d’Etat, ministre l’Intérieur et de l’aménagement du territoire sur le dîner organisé par M. Tom Cruise, connu pour son appartenance à l'église de scientologie.

En effet, monsieur le Ministre d’Etat a fait état du caractère amical de sa rencontre avec l’acteur américain qu’il avait reçu au Ministère des finances le 30 août 2004.

Or ce dernier aurait invité ses admirateurs à une rencontre, fin décembre, afin d'amasser des fonds pour un projet de l'église de Scientologie. Ayant pu lire les propos admiratifs du ministre d’Etat à l’égard de M. CRUISE, faire valoir de la scientologie dans le monde et apprenant que les participants à ce dîner pouvaient se faire prendre en photo avec la vedette moyennant 7 500 dollars, il lui demande s’il a participé à cette rencontre ?


France : Sectes

Le nouvel âge de la lutte contre les sectes

Le progrès , 10 janvier 2006 par Nathalie Mauret

[Texte intégral]

 Jean-Michel Roulet est le nouveau président de la mission de lutte contre les dérives sectaires. Il incarne le durcissement de la mission, voulu par le gouvernement
  
- Pourquoi parle-t-on moins des sectes ?

Le problème sectaire a été moins relayé dans les médias, mais il est toujours présent. Les sectes pratiquent leur prosélytisme : elles font des mailings, sont sur la voie publique et rencontrent les gens. Elles ne souhaitent pas faire les gros titres car c'est toujours péjoratif pour elles. Elles ont pris des formes nouvelles.
- Quels sont les nouveaux types de sectes ?
Les nouvelles organisations ont détourné la sémantique. On ne parle plus ouvertement de gourous et de sectes, mais de mouvements de pensée ou de mouvements spirituels et religieux. Toutes les nouvelles sectes ne jouent pas sur le spirituel. Nous avons vu arriver de nombreux thérapeutes qui soignent le corps, l'apparence et l'esprit et qui prônent parfois le refus de soins. Au lieu de taxer ces gens d'exercice illégal de la médecine et les pseudos églises de charlatans, on parle de « nouvelles médecines », de « nouveaux mouvements religieux ». Certains trouvent toutes les justifications et parfois avec bonne foi, à ces nouvelles méthodes de pensées. C'est une dérive très grave, certes pas sectaire, mais une dérive intellectuelle très grave. C'est celle qui m'oppose à certains sociologues.
- Quel est le rôle de la Miviludes ?
Nous avons une fonction de vigilance : nous devons être à l'affût de tout ce qui se passe, accueillir tous les renseignements tout en prenant garde à la désinformation dont nous pourrions être victimes. La vigilance sans action ne sert pas à grand-chose. Derrière la vigilance, nous agissons donc dans un seul sens : l'intérêt des victimes, à savoir les adeptes, les ex-adeptes et leur famille. La condamnation des gourous n'est pas notre premier moteur, même si c'est important. Il faut aussi donner de la publicité à l'action très néfaste des sectes pour les empêcher de nuire, au risque d'être poursuivi et d'être condamné. Car les sectes attaquent souvent l'Etat et les associations en se basant sur la liberté religieuse. Or où est le religieux dans la scientologie ? La scientologie est une multinationale du business. Il n'y a pas lieu de culte, ni liturgie, ni credo.
- Où sont majoritairement les sectes ?
Contrairement à l'idée reçue, elles sont dans les villes, et non pas dans les campagnes. Et surtout dans les grandes villes. A Lyon, le suivi des sectes est très bien assuré par le préfet.

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Contact : Miviludes, 66 rue de Bellechasse, 75007 Paris. www.miviludes.org


France : Soins Psy

Nouvelle bataille contre l'Etat pour la planète psy

Libération, 11 janvier 2006 par Eric Favereau

[Texte intégral]

Hier, la loi sur l'usage du titre de psychothérapeute ne faisait pas l'unanimité.

C'est reparti. Les uns contre les autres, certains analystes contre certains psychothérapeutes, freudiens contre lacaniens, partisans des thérapies comportementales cognitives (TCC) contre psys relationnelles.

Hier, pour la première fois de leur histoire, le ministère de la Santé a pourtant réuni toutes les composantes de la planète psy en France ­ soit près d'une cinquantaine de personne