Actualités sur les sectes en juillet 2005.

 

Religions

Quand les pentecôtistes font des miracles au Nigeria

Scientologie Brooke Shields fustige les propos "ridicules" de Tom Cruise
Actualités diverses Il y a cent ans, les députés votaient la séparation des Eglises et de l'Etat
Sectes Sortir d'une secte
Sectes Sortie de secte
Sectes Que sait-on de… Colonia Dignidad ?
Krishna Un « retournement » après 2O ans de détournement sectaire
Religions Le créationnisme en pleine évolution ?
Sectes Les sectes ont leurs distingués protecteurs et leurs « compagnons de route »
Religions L'Eglise inflexible après «l'ordination» d'une femme à Lyon
Sectes L'inflation des gourous - La justice avance doucement
Raël Un ancien raëlien coupable d'attouchements sur une mineure
Sectes (*) 05/07/2005 Lettre ouverte à ceux qui n'ont toujours pas compris (doc PDF)
Actualités diverses Un voyage astral qui coûte cher!
Religions Opération de gendarmerie au sein d'une communauté religieuse controversée
Scientologie Tom Cruise - Son plus mauvais rôle : scientologue
Religions Religieuse crucifiée: le patriarcat orthodoxe appelle au respect des canons
Scientologie Tom Cruise ne sera pas citoyen d'honneur de Paris
Soins Psy Communiqué de l'AFPC
Néo Phare Peine confirmée en appel pour le gourou de Neo-Phare
Gurdjieff Assemblée Nationale - Question (Philippe Vuilque) - Groupes Gurdjieff
Actualites diverses Zone Interdite, le document est conforme
Actualites diverses LAICITE - Le lobby de la liberté religieuse
Actualites diverses Statut participatif des OING pour la FECRIS
Actualites diverses Santé Canada avise les consommateurs de ne pas utiliser certains remèdes ayurvédiques
La Famille (ex Enfants de Dieu) De l’humanitaire déguisé
Sectes 12 ans de prison pour le gourou de la secte des lecteurs de pied
Sectes Le siège des adorateurs de la théière géante attaqué
Scientologie La Scientologie ne sera pas reconnue
Religions Plainte des protestants contre M. Brard, maire de Montreuil
Méditation transcendantale David Lynch cherche des fonds pour la méditation transcendantale
Témoins de Jéhovah L'ADFI contre la location d'une salle publique aux Témoins de Jéhovah
Sectes 10 morts dans des affrontements de sectes estudiantines dans le sud
Actualités diverses La sorcellerie bientôt permise en Australie
Témoins de Jéhovah (*) 22/07/2005 Lettre ouverte de l'ADFI du Nord (doc PDF)
Témoins de Jéhovah (*) 22/07/2005 Témoignage (docPDF)
Religions (*) 22/07/2005 Communiqué de presse de Jean-Pierre Brard (doc PDF)
Moon Les paysans remontés contre la secte Moon, qui accapare les terres
Kabbale Lorsque les stars du show-biz sont en quête de spiritualité….
Sahaja Yoga (*) 23/07/2005 Communiqué de presse de l'ADFI du Nord (doc PDF)
Témoins de Jéhovah Une témoin de Jéhovah refuse d'être transfusée, meurt après son accouchement
Témoins de Jéhovah Les Témoins de Jéhovah accueillis à bras ouverts
Raël La DPJ l’envoie dans une famille raëlienne
Religions Les catholiques à la pêche aux âmes au Brésil
Moon Moon : secte et Foot business - L’argent plus fort que l’éthique ?
Religions Religieuse crucifiée prêtre et nonnes remis en liberté
Moon L'Unadfi critique la participation de Lyon à un tournoi de la secte Moon
Mormons Fondamentalistes (TLC) Un seul Dieu mais plusieurs épouses
Mormons Les mormons plus majoritaires en Utah en 2030
Méditation transcendantale David Lynch encourage les écoliers à pratiquer la méditation transcendantale

(*) Articles ou documents qui, compte tenu de leur taille, ne sont pas ci-dessous, mais sur une page particulière ou sur le Web



Nigéria : Religions

Quand les pentecôtistes font des miracles au Nigeria

Libération , 1er juillet 2005 par Virginie Gomez

[Texte intégral]

Moyennant finances, ces Eglises, inspirées du modèle américain, font florès dans le pays en proposant de chasser le démon, trouver un emploi ou guérir du sida.

Lagos de notre correspondante - Les candidats à la guérison sont alignés en rang d'oignon : hommes, femmes et enfants, portent une petite pancarte indiquant leur âge et les maux dont ils souffrent : cancer de l'estomac, organe faible, attaque du malin, mauvaise haleine, chômage, problème conjugal... La croisade a lieu au coeur de la nuit à Ikotun, un quartier populaire de Lagos, la gigantesque capitale économique du Nigeria ; elle réunit entre autres des Nigérians, des Suisses, des Sud-Africains et des Britanniques. Parmi les apprentis pasteurs, de jeunes Européens. «Il n'y a pas d'âge pour être un vecteur de l'Esprit saint», explique Christina, une Anglaise de 23 ans, vêtue d'un chemisier rose vaporeux et d'un pantalon noir. Sur fond de gospel tonitruant, dans une ambiance de Star Academy évangélique, les apprentis touchent les malades en criant «out !» (dehors). Ces derniers s'effondrent en crachant. Courant en tous sens, des cameramen en sueur alternent les travellings hallucinés et les zooms sur les flaques de vomi. Les transes atteignent leur paroxysme lorsque entre en scène le prophète de l'Eglise.

Pauvreté absolue. Ces scènes miraculeuses seraient anecdotiques si elles ne réunissaient pas des centaines de milliers de Nigérians, dont les plus hautes autorités de l'Etat. Chasser les démons, trouver un emploi, guérir du sida ou du cancer, trouver un conjoint, chaque problème de la vie quotidienne a, soi-disant, sa solution divine. C'est ce qui explique l'effarant succès des Eglises pentecôtistes. Environ 80 % des 60 millions de chrétiens nigérians fréquenteraient l'un de ces cultes, exclusivement ou en plus d'une Eglise conventionnelle. Certains ont été importés des Etats-Unis, d'autres, s'inspirant du modèle américain, ont été fondés au Nigeria voici plusieurs dizaines d'années. Le boom date des années 90, marquées par l'appauvrissement d'une population sous le joug de dictatures brutales et prédatrices. Malgré l'avènement d'un régime civil en 1999, près de 70 % des 130 millions de Nigérians vivent dans un état de pauvreté absolue avec moins de 1 dollar par jour.

Sur fond de ruine des services publics et de chômage, les pentecôtistes affichent une insolente et séduisante prospérité, les pasteurs roulent en Mercedes ou en BMW, les églises et les camps de prière poussent comme des champignons. «Les associations chrétiennes estudiantines servent de terrain d'entraînement, explique Samuel Oyim, professeur de religion à l'université d'Ibadan. Après le service national, les jeunes diplômés fondent une Eglise et, quelques mois plus tard, ils achètent des maisons et des voitures. De nos jours, au Nigeria, c'est le plus court chemin à la richesse.»

Alpha et omega des prêches, l'argent est présenté comme une bénédiction divine. «La Bible contient les principes du management, affirme la courtière Hauwa Audu, membre de la Chapelle des gagnants. Si on applique ces principes on obtient des résultats dans sa vie personnelle ou dans les affaires. Je ne crois pas que le christianisme ait quelque chose à voir avec la pauvreté.» Gagnante, championne, triomphante, les Eglises rivalisent d'épithètes pour attirer des fidèles en quête de financial breakthrough (réussite financière).

Pression morale. Mais, pour recevoir, il faut d'abord donner. Entre les quêtes lors des services hebdomadaires et la dîme mensuelle, un membre offre 30 % au moins de son revenu annuel à son Eglise. Daouda, un musulman converti il y a six ans, se déleste ainsi d'une bonne partie de ses 70 euros de salaire mensuel : «La Bible dit qu'il faut payer des offrandes et la dîme. Si je le fais, tout ira bien, sinon, ça veut dire que je désobéis aux commandements de Dieu !» Cette pression morale est savamment entretenue par les pasteurs sur des pauvres qui forment le principal contingent des donateurs. Selon Olufunke Adeboye, professeur à l'université de Lagos, la plus populaire des Eglises pentecôtistes au Nigeria, la Redeemed Christian Church of God, a essaimé dans une cinquantaine de pays. En plus de 7 000 communautés au Nigeria, elle a fondé 44 crèches et écoles, une université, elle dirige une agence de voyages, quatre banques, une télévision par satellite. Enfin, elle vient d'acquérir pour des dizaines de millions de dollars une grande propriété au Texas.

Visées messianiques. Si la plupart des cultes semblent préoccupés avant tout par la récolte de la dîme, certains affichent des visées messianiques. Construite pour accueillir chaque dimanche 55 000 personnes, la Chapelle des gagnants, à Lagos, voisine avec une université flambant neuve, où 4 000 étudiants prennent des cours de mécanique, d'ingénierie et de management. Depuis 2002, la Chapelle affirme y avoir investi 15 millions de dollars par an. Son modèle est l'université évangélique américaine Oral Roberts. «Dieu est au centre du cursus, nous avons ce que nous appelons le concept de l'homme total, complètement formaté, esprit, âme et corps, explique le recteur Nathaniel Yemi. Notre objectif est de former une nouvelle génération de leaders qui créeront les changements dont cette nation et l'Afrique ont un besoin urgent.»

Le discours qui prône la foi en Jésus comme seule voie du salut n'est pas un vecteur de division au sud, majoritairement chrétien. Mais, plus au nord, les pentecôtistes sont en première ligne dans les affrontements entre chrétiens et musulmans. Une situation d'autant plus explosive qu'au Nigeria l'extrémisme chrétien trouve son pendant : l'islam radical. Ces dernières années, douze Etats sur les trente-six que compte la fédération ont rétabli la charia, la loi islamique.



Etats-Unis : Scientologie

Brooke Shields fustige les propos "ridicules" de Tom Cruise

AFP , 1er juillet 2005

[Texte intégral]


WASHINGTON - L'actrice américaine Brooke Shields fustige les "déclarations ridicules" de Tom Cruise qui avait critiqué le choix de l'actrice de recourir à une psychothérapie et à des médicaments pour soigner sa dépression post-natale, dans une tribune publiée vendredi par le New York Times.

"Suggérer que j'avais tort de prendre des médicaments pour soigner ma dépression et qu'à la place j'aurais dû prendre des vitamines et faire du sport révèle une grande méconnaissance de la dépression post-partum et de l'accouchement en général", écrit Brooke Shields.

La semaine dernière, Tom Cruise s'en était violemment pris à la psychiatrie et aux médicaments psychotropes et avait critiqué Brooke Shields, sur la chaîne NBC.

"Je me suis sentie obligée de réagir (aux propos de Tom Cruise) non seulement pour moi mais aussi au nom des centaines de milliers de femmes qui souffrent de dépression post-partum", poursuit l'actrice dans une longue tribune intitulée "Guerre des mots".

Relevant qu'"une femme sur 10 souffre, généralement en silence, de cette maladie qui se soigne", Mlle Shields estime que les commentaires de Tom Cruise "ne rendent pas service aux mères".

"Si toutefois les déclarations ridicules de M. Cruise peuvent servir à quelque chose, souhaitons qu'elles puissent aider les gens à mieux prendre conscience de cette maladie grave", ajoute l'actrice.

Relatant l'épreuve qu'elle a connue après la naissance de sa fille Rowan Francis au printemps 2003 - "Je voulais qu'elle disparaisse. Je voulais disparaître", Brooke Shields explique que les médicaments et la psychothérapie l'ont sauvée.



France : Actualités diverses

Il y a cent ans, les députés votaient la séparation des Eglises et de l'Etat

AFP, 1er juillet 2005 par Patrice Novotny

[Texte intégral]

PARIS - Le 3 juillet 1905, la Chambre des députés votait la loi de séparation des Eglises et de l'Etat, étape fondatrice dans la construction d'une laïcité française dont les bases sont depuis restées intangibles.

"La République ne reconnaît, ne salarie ni ne suventionne aucun culte". Ce principe du titre 2 de la loi représente à l'époque une véritable révolution dans une France où la religion est très prégnante.

Depuis 1801, les relations de l'Eglise catholique et de l'Etat sont régies par un Concordat signé entre le Premier consul Bonaparte et le pape Pie VII. Le gouvernement reconnaît le catholicisme comme la religion "de la grande majorité des Français" et assure le traitement des évêques et curés. Les cultes protestant et israélite ont ensuite été intégrés au système.

La chute du Second Empire et l'avènement de la Troisième République en 1875 bouleversent la donne et remettent les relations de l'Etat et de l'Eglise catholique au centre du combat politique.

"Le cléricalisme, voilà l'ennemi !".

Cette affirmation de Léon Gambetta résume l'opinion des hommes de gauche de l'époque. Le "cléricalisme", c'est la prétention de l'Eglise d'influencer l'Etat et d'imposer ses principes à la société. Et ces principes sont aux antipodes de ceux des Lumières: dans son recueil Syllabus, publié en 1864, le pape Pie IX a condamné toutes les doctrines modernes, la pensée scientifique rationnelle, le développement de la société civile laïque. Pour l'homme de gauche, le "clérical" c'est donc le monarchiste, le conservateur, le réactionnaire, en un mot l'homme de droite. Soutenus par les francs-maçons, les anti-cléricaux passent à l'offensive à partir des années 1880, obtiennent la laïcisation de l'école publique puis l'adoption de lois contre les congrégations religieuses.

Liberté de conscience

En 1902, la nomination du radical Emile Combes à la tête du gouvernement aggrave le conflit avec l'Eglise. Son anti-cléricalisme intransigeant provoque la rupture des relations diplomatiques de la France avec le Vatican en juillet 1904. En octobre, Combes présente un projet de loi, inspiré de la Constitution civile du clergé de 1790, qui soumet l'Eglise à l'Etat. Mais un scandale politique l'oblige à démissionner.

Son départ permet au socialiste Aristide Briand de présenter un nouveau projet de loi, de séparation cette fois. "Les réformes sociales ne seront pas possibles tant que les querelles religieuses n'auront pas cessé, les querelles religieuses ne cesseront que si les catholiques acceptent la séparation, et les catholiques n'accepteront la séparation que si elle n'est pas braquée sur l'Eglise comme un revolver", déclare-t-il pour se démarquer de son prédécesseur.

Votée le 3 juillet, la loi assure "la liberté de conscience" et "garantit le libre exercice des cultes". Mais, abrogeant le Concordat, la République "ne reconnaît" ni "ne salarie aucun culte". La loi confirme la propriété de l'Etat sur les biens de l'Eglise, et confie les édifices à des "associations cultuelles", constituées majoritairement de laïcs.

Promulguée le 9 décembre 1905, la loi est bien acceptée par les protestants et les israélites, mais pas par l'Eglise catholique. Le conflit ne prendra fin qu'en 1924, lorsque la hiérarchie catholique obtiendra le droit de gérer directement les biens du culte



France : Sectes

Sortir d'une secte

BULLES, n°86 - 2ème trimestre 2005 - Editorial

[Texte intégral]

Quand les proches d’une personne victime d’un groupe sectaire appellent les bénévoles d’une ADFI ou viennent les rencontrer, qu’entend-t-on, sinon ce souhait : « que dois-je faire pour ouvrir les yeux de mon enfant, de mon frère, de ma femme, de mon mari… ? » Ou quand l’éloignement du groupe est amorcé et même quand la sortie est réalisée : « quelle attitude dois-je avoir pour assurer le succès de ce retour ? ».

La réponse à ces questions angoissées est une des préoccupations essentielles de tous les bénévoles des ADFI, le soutien aux victimes de sectes étant la fonction première de notre association.

Deux articles de ce présent n° 86 traitent du sujet ; l’un d’eux, sous forme de témoignage que nous a adressé une mère de famille et qui nous a paru particulièrement intéressant, expose d’une façon concrète l’expérience de parents confrontés à ce phénomène. L’histoire racontée là se termine bien. Mais il ne faut pas croire que, dans tous les cas, le succès soit assuré, même si les parents, les proches font preuve de patience, de respect et d’amour et essaient par tous les moyens de garder le contact. Souvent même, le membre de la secte rompt ce contact : l’environnement sectaire pousse à la rupture, les liens avec l’extérieur étant justement jugés dangereux et les parents souvent diabolisés et chargés de tous les maux.

Mais dans tous les cas, nous donnons toujours aux familles et aux amis qui nous sollicitent le conseil suivant : « N’écoutez pas les gens bien intentionnés de votre entourage, qui vous recommanderont, sous prétexte de respect de la liberté dû aux personnes majeures, de ne pas intervenir dans le choix de la personne embrigadée ».
« L’argument du consentement initial est fallacieux, il n’y pas eu de choix libre, il y a toujours eu tromperie ».



France : Sectes

Sortie de secte

BULLES, n°86 - 2ème trimestre 2005

[Texte intégral]

Lors du colloque de Rennes (octobre 2004) qui a réuni les bénévoles de toutes les ADFI, différents sujets ont été traités en ateliers. Il nous a paru intéressant et utile pour nos lecteurs de rendre compte, sous forme de résumé, du travail réalisé dans un de ces ateliers sous la conduite du professeur Parquet. Le professeur Parquet, professeur de psychiatrie à l’université de Lille, a déjà participé, par ses articles, à la rédaction de Bulles (n°31 et 112). Il est, entre autres, membre du Conseil d’Orientation de la MIVILUDES et président de l’Observatoire des drogues et da la toxicomanie.

L’appartenance à une secte est à considérer comme une des diverses formes d’addiction (dépendance). C’est l’équivalent d’une appétence contraignante, qui fait négliger tout le reste. Quand un adepte quitte une secte, il vit un moment douloureux de rupture ; il s’ensuit chez lui un sentiment de manque, de vide qui se double d’un vertige devant la redécouverte de l’autonomie qui s’offre à lui. On pourrait rapprocher cet état de celui d’un otage qui, se sentant abandonné, peut être tenté de sympathiser avec ses geôliers (syndrome dit de Stockholm), d’autant plus que la secte ne manque pas de relancer sa victime en la culpabilisant et en la menaçant des pires catastrophes. On a pu aussi constater des cas d’ex-adeptes qui se réfugient à nouveau dans une autre secte, incapables qu’ils sont de supporter leur autonomie.

L’accompagnementDevant de telles situations, un accompagnement s’impose : accompagnement par des bénévoles et des professionnels spécialistes (psychologues, juristes…). Bénévoles et professionnels doivent travailler ensemble et chacun doit avoir un rôle identifié pour une même stratégie. Il s’agit de faire comprendre au sujet que le fait de quitter la secte n’est pas aussi dangereux pour lui et son entourage que la secte a voulu le lui faire croire, et qu’il ne s’agit pas seulement de quitter, mais d’aller vers un état futur. Tout en accompagnant ce mouvement, il faut toujours avoir à l’esprit que l’histoire de la personne comporte deux phases : avant et pendant la secte.

Avant la secte elle avait acquis des compétences dans divers domaines, elle avait vécu dans une société ouverte, s’était construit une personnalité singulière, originale, qui justement s’oppose au mode de pensée unique des sectes. Il faut raviver le singulier au lieu du clone.

Patiemment, sans stigmatiser « le temps sectaire » et même en respectant l’expérience faite dans la secte, il faut faire comprendre que ce que le sujet a vécu là n’est pas satisfaisant, qu’il a été « uniformisé ». Notons au passage que pour quelqu’un né dans la secte, l’acquisition de compétences ayant été pauvre, la possibilité de sortie est plus faible – l’aide devra être constante. Quoi qu’il en soit, le travail d’accompagnement qui fera preuve de beaucoup d’humilité, est long et procède par petites touches sans prétention à l’instantanéité, encore qu’il faille être attentif aux « déclics » éventuels.

La question qui se pose est donc de donner une représentation de « l’après ». Le propre des sectes étant d’immobiliser le temps, il est nécessaire de réintroduire la notion de changement, la représentation du futur, alors que dans les sectes millénaristes, chez les Témoins de Jéhovah par exemple, la fin du monde est programmée, c’est le refus du vieillissement et parfois le blocage sur une date (Harmaguédon). La notion de temps comme cadre de vie, c’est une redécouverte.

Et enfin le maître mot sera sans doute la confiance : faire confiance à ces personnes et reconnaître leurs compétences et leur faculté à les enrichir. Il n’y a pas d’autonomie si il n’y a pas de confiance en soi.



Chili : Sectes

Que sait-on de… Colonia Dignidad ?

BULLES, n°86 - 2ème trimestre 2005

[Texte intégral]

Gourou tortionnaire et pédophile
Depuis plus de quarante ans, le Chili héberge une secte connue sous le nom de Colonia Dignidad ou Villa Baviera.
Au premier abord, il s’agit d’une « société de bienfaisance », tirant ses revenus du travail agricole. Elle abrite un hôpital qui offre des soins gratuits à la population locale et une école prenant en charge les orphelins et les enfants défavorisés.
Mais derrière cette image idyllique se cache une autre réalité bien plus sombre. Celle d’une enclave totalitaire, dirigée par un gourou tortionnaire et pédophile, ayant prospéré loin des regards indiscrets grâce à sa collaboration active avec le dictateur Augusto Pinochet.

La Colonia Dignidad a été fondée par Paul Schaefer, un ancien nazi brancardier dans l’armée. Après la seconde guerre mondiale, il dirige une première communauté dite de « bienfaisance » en Allemagne et se présente comme un pasteur baptiste. En 1961, une enquête est ouverte contre lui pour « violences sexuelles » sur mineurs. Afin d’échapper à la justice allemande, Paul Schaefer fuit avec 250 autres adeptes vers le Chili et s’installe, grâce à l’intervention de l’ambassadeur d’Allemagne, à Parral dans une vaste exploitation agricole de 15 000 hectares à 300 km de Santiago.

En 1966, un premier colon s’enfuit de la Colonie et raconte son histoire, les châtiments corporels, les abus sexuels. Une enquête parlementaire est ordonnée qui conclut à l’existence de nombreux dysfonctionnements, malgré cela l’affaire n’ira pas plus loin. Car à l’époque déjà, la Colonie dispose de soutiens politiques locaux mais également internationaux.

La protection de Pinochet

En 1973, le général Pinochet instaure la dictature militaire au Chili. Paul Schaefer qui voue une haine farouche au communisme, s’allie à la police politique, la DINA, chargée de faire disparaître les opposants au régime.

Schaefer qui a fait construire un système élaboré de souterrains et de bunkers, fait de la Colonie l’un des centres de tortures les plus durs et les plus secrets du Chili. C’est dans ces lieux que sont envoyés des opposants condamnés à mort par la DINA. La colonie sert également de camp d’entraînement militaire et de centre de contre-espionnage. Plusieurs réfugiés politiques et des anciens policiers ont témoigné des tortures pratiquées, parfois par Schaefer lui-même, et de meurtres d’opposants. Le nombre de cas avérés de personnes disparues, ayant été vues pour la dernière fois à Colonia Dignidad serait à ce jour de 1321. Augusto Pinochet et sa femme ont séjourné à plusieurs reprises à la Colonia Dignidad. Une preuve supplémentaire des liens tissés entre la colonie et la dictature. Grâce à cette coopération, la Colonia Dignidad peut exercer en toute tranquillité ses autres activités très lucratives dont le trafic d’armes, l’exploitation agricole et forestière, l’élevage, les travaux publics, les mines de titanium. La Colonia Dignidad jouit également du soutien des autorités locales (carabiniers, élus locaux, responsables religieux) et de la population qui profitent des soins médicaux gratuits, et de l’école. Sur le plan de l’économie locale, la Colonie emploie une centaine de personnes.

En rendant les habitants de la région dépendant de la colonie (emploi, services sociaux…), en s’alliant avec le pouvoir en place, Paul Schaefer a réussi à imposer pendant plus de trente ans un silence de plomb et à empêcher toute investigation de la justice ou de la presse.

Des colons sous contrôle

Les témoignages d’ex-adeptes sont peu nombreux, rares sont ceux qui ont réussi à fuir.

Dans la Colonie, les adeptes vivent sous la domination totale de leur gourou qui contrôle le moindre aspect de leur vie. La communauté vit dans un camp retranché, gardé, entouré de barbelés et de systèmes de sécurité sophistiqués afin de prévenir toute intrusion et toute tentative d’évasion. Glorification du travail, eugénisme, soumission des colons, suprématie de l’homme sur la femme, répression : les principes prônés par la Colonia Dignidad sont directement issus de l’idéologie nazie.

Les colons, Allemands, parlent à peine l’espagnol et sont réduits à l’esclavage, travaillant sans relâche. Leurs papiers d’identité leur ont été confisqués à leur arrivée. Pendant de nombreuses années, l’ambassade d’Allemagne à Santiago couvre la Colonie. En échange de certains services (livraison de pain et de produits agricoles, réalisation de travaux de rénovation), ils renouvellent automatiquement les passeports des colons.

Les colons ne touchent ni salaire, ni retraite, ni pension. En juin 1995, le Tribunal Social Fédéral allemand autorise une compagnie d’assurance à suspendre le versement des pensions aux colons car il soupçonne des pressions physiques et spirituelles sur les habitants et un détournement des retraites vers les comptes de la Colonie2.

Plusieurs témoins et ex-adeptes affirment que les colons et les enfants chiliens hébergés dans le centre sont drogués quotidiennement aux médicaments, ce qui expliquerait en partie leur docilité.

Les colons doivent se livrer à des confessions publiques, qui donnent lieu à des bastonnades, les « coupables » désignés par Schaefer sont violemment frappés, parfois même par les membres de leur propre famille. Ce système pervers empêche la construction de tout lien affectif, chacun pouvant à tout instant devenir le bourreau de l’autre. Les relations familiales sont contrôlées par un système de surveillance vidéo et des micros. Il est interdit d’avoir une vie conjugale, les hommes et les femmes vivent séparés. Les sentiments sont strictement prohibés, toute marque d’affection punie. Les naissances sont contrôlées et les enfants sont séparés des parents dès la naissance pour être confiés à des surveillants appelés « Tio » (« oncle » en espagnol).

En 1988, un ex-adepte témoigne que son neveu a été drogué puis battu par plusieurs hommes pour avoir écrit un billet doux à une jeune fille. En janvier 1996, un colon révolté par le fait qu’on lui interdisait de voir celle qu’il aimait, a réussi à s’évader et à prévenir la justice mais il fut repris quelques mois plus tard par la Colonie. Afin de stopper toute poursuite judiciaire, on lui fit signer un courrier dans lequel il affirmait « s’être perdu ». Il fut transféré à l’hôpital de la Colonie, où on lui administra des doses massives de calmants. En 2002, il meurt, se fracturant le crâne en tombant d’une échelle. Accident ou homicide ? Le doute subsiste. En tout cas, ce décès n’a fait l’objet d’aucune enquête.

Le calvaire des enfants

A la Colonia Dignidad, les enfants des colons vivent séparés de leurs parents sous l’autorité de Paul Schaefer, le « Tio Permanente », l’Oncle Perpétuel. La colonie héberge également un certain nombre d’enfants défavorisés des environs, le but officiel étant « d’aider les enfants misérables et orphelins ». En cas de maladie, ils bénéficient de soins médicaux gratuits. Le week-end, les enfants sont logés et nourris sur place, certains peuvent également suivre une scolarité et logent dans l’internat.

De nombreux témoignages font état d’abus sexuels, de viols et de maltraitances subis par les garçons à la Colonia Dignidad (étrangement, on ne sait quasiment rien du sort réservé aux filles). Le « Tio permanente » n’a jamais cessé d’abuser des jeunes garçons, colons ou jeunes des environs. Toutes les victimes interrogées racontent le même rituel. Chaque soir, Paul Schaefer choisit les garçons qu’il surnommait « sprinters » (chiens de garde), avec qui il passerait la nuit. Il les lave (bain purificateur) puis les viole. Interrogés par la police, tous ont décrit avec précision, des détails anatomiques de leur violeur, la pièce dans laquelle les faits se sont déroulés, les armes qu’ils y ont vues et qui parfois ont servi à des séances de chasse nocturne auxquelles le « Tio Permanente » les emmenait. Les abus étaient connus de longue date mais couverts par les autorités, des ex-adeptes ont raconté le calvaire mais aucune enquête n’a été diligentée. Ce sont les mères des jeunes Chiliens, placés à l’internat, qui ont réagi.

Beaucoup de mères seules, en difficulté, ont confié leurs enfants à la Colonie, afin de leur assurer une bonne éducation. Paul Schaefer lui-même insiste pour qu’elles lui laissent leurs fils, allant jusqu'à leur proposer une aide financière ou matérielle. Mais une fois les enfants placés à la Colonie, il devient presque impossible de les voir. Les mères s’inquiètent en voyant leurs fils changer de comportement. Celles qui tentent de les récupérer entament un véritable parcours du combattant et sont l’objet de menaces et d’intimidations. A partir de 1996, plusieurs mères parviennent à sauver leur enfant et portent plainte, soutenues par un avocat chilien : Hernan Fernandez. Selon lui, il y aurait eu 200 victimes. A ce jour, Paul Schaefer est mis en examen pour abus sexuels sur 26 mineurs. En novembre 2004, 22 dirigeants de la Colonia Dignidad ont été condamnés en première instance pour complicité active3. L’hôpital qui hébergeait les jeunes victimes a fermé ses portes.

La colonie pratique également l’adoption illégale d’enfants chiliens qui sont soustraits frauduleusement à leurs parents. Plusieurs familles de la région de Parral ont confié leurs enfants malades aux bons soins de l’hôpital. Certaines ne les reverront jamais. La Colonie prétend qu’ils ont succombé à la maladie. En réalité, ceux-ci sont tout simplement « adoptés » par la colonie qui leur donne un nouveau nom. Par la suite, certains d’entre eux témoigneront également d’abus sexuels.

La lenteur de la justice chilienne

A partir de 1991, date de la fin de la dictature, les autorités chiliennes commencent à s’intéresser à la Colonia, dénonçant le statut juridique de « Société de bienfaisance » et demandant la fermeture de l’hôpital et de l’école. Dans les faits, rien ne change.

A partir de 1996, plusieurs perquisitions ont lieu à la Colonie mais aucune ne permet l’arrestation de Paul Schaefer. Il réussit à chaque fois à se soustraire aux policiers, sûrement en se cachant dans les souterrains ou en empruntant l’avion de la Colonie afin de rejoindre un refuge plus sûr. A partir de cette date, le discours officiel des colons est que Schaefer « est mort » ou « qu’il a disparu ». Il a en fait organisé son passage dans la clandestinité, sa chambre avait été réaménagée afin de contredire les descriptions faites par les enfants, certains souterrains avaient été remblayés, la colonie avait effectué des travaux et des aménagements afin de brouiller les pistes. Il a, par la suite, rejoint l’Argentine.

Il faut attendre mars 2005 pour que Paul Schaefer soit arrêté en Argentine et extradé vers le Chili pour y être jugé pour « abus sur mineurs ». Outre les abus sur mineurs, il est également mis en examen dans « deux affaires d’enlèvement ».

Concernant les actes de tortures, la Colonie semble jouir encore aujourd’hui d’une grande impunité malgré les dépositions faites auprès des juges chiliens et étrangers par les victimes et le procès intenté contre Augusto Pinochet.

Le nœud du problème se trouve définitivement dans les liens qui unissent la colonie au régime de Pinochet. Un état totalitaire, bafouant les Droits de l’Homme les plus élémentaires, organisant la liquidation systématique de l’opposition (Plan Condor), instaurant un véritable système de terreur, a laissé se développer et prospérer en toute impunité un véritable « état dans l’état ». La Colonia Dignidad, dont l’idéologie est issue directement du nazisme, est une zone de non-droit où sont perpétrées les pires exactions (tortures, viols, esclavage, disparitions…).

Ce qui démontre le rapport étroit existant entre différents systèmes totalitaires : nazisme, régime dictatorial et secte.

Afin de rédiger cet article nous nous sommes appuyés sur les informations contenues dans le livre : « La colonie du Docteur Schaefer, une secte nazie au pays de Pinochet », Maria Poblete et Frédéric Plotin, Fayard, 2004, 319 p.
Nous vous en recommandons vivement la lecture !

1 Schaeffer arrêté en Argentine, Libération, Claire Martin, 05.04.2005.

2 Colonia Dignidad : paiement suspendu, Westfallen Blatt, 23.02.05.

3 Schaeffer arrêté en Argentine, Libération, Claire Martin, 05.04.2005.

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France : Krishna

Un « retournement » après 2O ans de détournement sectaire

Bulles , n°86 - 2ème trimestre 2005

[Texte intégral]

Témoignage…
Un « retournement » après 2O ans de détournement sectaire par la « Conscience de Krishna »
La lettre, dont nous publions ici des extraits, nous est parvenue par une ADFI.

Une de nos filles a fait partie des « Krishna » à Oublaisse. Depuis trois ans, elle a rejoint la fratrie, avec ses enfants, se référant toujours à la spiritualité indienne, mais dans la discrétion et sans aucune animosité envers la façon de vivre de nous tous !... On est loin, très loin de l’intolérance vécue à Oublaisse, et ce retour au bercail a été une grande joie pour mon mari.

J’ai pu tout dernièrement aller passer quelques jours avec elle, échangeant en profondeur sur notre « foi » respective… J’ai senti une très grande écoute. Et son intervention, aux obsèques de son père, a ému toute la famille ; tout cela reflétait son « retournement » et sa reconnaissance envers les parents… Ses enfants évoluent normalement dans le monde d’aujourd’hui, commerce, art… et sont présents à la famille en toutes circonstances.

Merci à l’ADFI qui a été un bon soutien, et nous a aidés dans certaines circonstances.

L’éloignement de notre fille aura quand même duré 20 ans !... Comment l’oublier ? Ce « retour au bercail » remplit de joie toute la famille.
Je souhaite à tous ceux qui sont coupés de leurs enfants pris dans les sectes, de garder l’espoir d’un retour.
Mais, comme il faut de la patience au jour le jour !... et du courage pour « tenir » !...
En vous remerciant encore, je vous prie de croire en toute ma sympathie et ma reconnaissance. »

A la lecture de cette lettre, la Rédaction de BULLES a pris contact avec cette personne pour que, d’une part, elle nous donne son accord de publication dans le bulletin et, d’autre part, qu’elle nous écrive un témoignage du chemin parcouru pendant ces longues années.
Elle a gentiment accepté de nous livrer « un résumé forcément très incomplet… de ce que nous avons vécu durant 25 ans, tout en nous demandant ce que cela peut dire à ceux qui ne l’ont pas vécu, mais acceptant tout de même d’écrire pour aider ».

Voici son récit :

Notre fille et son compagnon sont arrivés à la « Conscience de Krishna » à Oublaisse en 1977 avec deux filles (elle était enceinte de la 3ème). « Tu sais Maman, c’est une belle propriété dans laquelle on vit en communauté… travaux du jardin, de la ferme, ce qui nous permet de manger chaque jour à notre faim sans être obligés de travailler pour gagner de l’argent »…

Nous y sommes allés à la naissance de la petite… et avons vu le dénuement dans lequel vivaient les familles : le père d’un côté avec les hommes… les femmes en charge des enfants.

Peu à peu une école s’est créée, avec une « dévote »… cela changeait souvent. Quant à la qualification ?... Très vite les enfants nous ont expliqué qu’ils étaient tous végétariens. Nous mangions avec eux les préparations à base de légumes, de fruits, de légumes secs (beaucoup de lentilles et de pois chiches) très gras et très sucrés ! Les hommes mangeaient entre eux, les femmes avec leurs enfants et très rapidement les garçons d’un côté et les filles d’un autre, devant tout faire pour ne pas se rencontrer. Les journées étaient rythmées par les leçons au « temple » ; tous, même les enfants s’y retrouvaient à 3 heures du matin alors que le guru les endoctrinait !

Nos petites filles étaient nées en février, mai et juillet et nous avons pris l’habitude d’aller les voir pour les anniversaires, ce que personne ne pouvait nous interdire, et avons pu ainsi maintenir le contact avec toute la famille… Il serait trop long d’écrire ce que nous avons entendu là-bas !... Nos petites filles nous disaient qu’il faut « éviter les gens qui mangent de la viande, parce qu’ils sont mauvais » ce qui leur posait des problèmes par rapport à nous qu’elles aimaient beaucoup, « le guru sait tout, il sait mieux que toi et que moi ce qui convient à mes enfants » etc…

Nous avons toujours voulu rester nous-mêmes, ne contrant pas leurs arguments, mais leur disant les nôtres !...

Il est arrivé que les parents aient été envoyés pour quêter à deux endroits différents de la France quand nous arrivions !...

En 1990, un problème de couple survient… et nous recueillons nos petites filles et cela a coïncidé avec le départ précipité du guru traqué par le fisc !!! Entre temps, voyages en Inde, à Singapour, à Taïwan… Les enfants ont repris pied en France… (pas facile) puis sont repartis en Inde, les parents toujours séparés mais toujours très accrochés à la secte.

Maintenant divorcés, notre fille et son ex-mari ne se voient plus guère. Nos petites filles mènent leurs vies (de 20, 25 et 30 ans), sont bien équilibrées et deux d’entre elles ont de beaux enfants. Tout comme leur maman, elles se sont enfin libérées de l’emprise de la secte, restent très attachées à la philosophie indienne mais respectent la façon de vivre et de penser du reste de la famille ; ce qui est l’essentiel à mon point de vue. Alors qu’elle avait rompu le contact avec ses frères et sœurs, notre fille est la première maintenant à réclamer les réunions de famille, et à la grande joie de tous, elle y a retrouvé toute sa place.

Il a fallu 25 ans pour qu’elle se libère totalement et je reste persuadée que le fait d’avoir toujours gardé le contact lui a donné l’envie de revenir près de nous !

A la cérémonie des obsèques de son père, il y a presque un an, devant l’église pleine : « Papa, nous te remercions pour tout ce que tu nous as donné… le respect des évolutions de chacun d’entre nous, même s’il t’arrivait d’être en profond désaccord. »

Tout était dit.

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France : Religions

Le créationnisme en pleine évolution ?

Bulles , n°86 - 2ème trimestre 2005

[Texte intégral]

L’UNADFI s’est penchée sur un courant de pensée dont la presse se fait de plus en plus l’écho : le créationnisme. Qu’est-ce qui se cache derrière ce mot, sachant que certaines sectes, dont les Témoins de Jéhovah pour ne citer qu’eux, défendent des thèses précisément créationnistes1 ?

Des chercheurs qui prétendent que l’homme est déterminé…, des fondamentalistes qui prennent à la lettre le récit biblique de la Genèse et exigent que soit enseignée à l’école la
« science » de la création autrement dit la lecture littérale de la Bible, des croisés prosélytes et bardés de certitudes qui tentent d’imposer leurs croyances… Dans ce foisonnement né aux Etats-Unis, il y a là ce qui ressemble fort à un retour en arrière offrant un terrain fertile à toutes formes d’intégrisme et à des discours sectaires.
Un débat tumultueux : Créationnisme ? Théorie de l’évolution ?

Qu’est-ce que le créationnisme ? Une théorie religieuse sur l’origine de l’univers qui affirme l’autorité et l’infaillibilité2 de la Bible. Y co-existent plusieurs « traditions » : le créationnisme strict (ou fixiste) qui défend la vérité de l’écriture biblique lue de manière littérale et qui, en conséquence, adhère au récit de la création tel qu’il est rapporté dans la Genèse (le monde a ainsi été créé en six jours) ; le créationnisme scientifique, appelé également concordisme, qui consiste à mettre en accord les Ecritures avec la science, à s’évertuer à y découvrir des « vérités scientifiques » que Dieu aurait révélées aux hommes ; enfin, l’évolutionnisme théiste qui veut réaliser une synthèse entre créationnisme strict et concordisme, et qui soutient que l’évolution par la sélection naturelle a été « guidée » par Dieu pour engendrer les êtres vivants, y compris l’homme.

A l’intérieur des courants créationnistes, l’on trouve :

- Des partisans de la Terre Agée qui admettent des périodes de plusieurs millions, voire plusieurs milliards d’années pour expliquer l’aspect géologique de notre planète. Les espèces vivantes ont été créées sous leur forme actuelle.

- Des partisans de la Terre Jeune qui appliquent une lecture stricte de la Bible. Ils croient que l’univers et toutes les espèces ont été créés sous leur forme actuelle en 24 heures, il y a 6000 ans.

(Source : Mouvements Religieux, décembre 2003)

L’âge de la terre est estimé, selon les connaissances scientifiques actuelles, à 4,5 milliards d’années.

Créationnisme et théorie de Darwin

La croyance en la vérité de l’Ecriture était communément admise, en particulier par l’Eglise Catholique. Aussi lorsqu’en 1859, Charles Darwin publia son essai « De l’origine des espèces », il provoqua un choc extraordinaire. Il y décrivait le processus par lequel les espèces se modifient par transformations successives à partir d’autres organismes et il mettait en évidence le mécanisme de la sélection naturelle, La théorie de l’évolution brisait la croyance en un plan divin « qui avait dominé la philosophie occidentale pendant 2000 ans »3. L’Eglise lutta contre cette découverte, notamment contre le fait qui attribuait à l’homme une ascendance animale. « Est-ce par votre grand-père ou par votre grand-mère que vous descendez du singe ? demanda ainsi un évêque d’Oxford à un naturaliste défenseur de l’évolution… Ce dernier lui répondit qu’il préférait « avoir pour aïeul un singe qu’un ignorant ! »4.

Il fallut attendre octobre 1996 pour que le pape Jean-Paul II reconnaisse devant l’Académie Pontificale des Sciences que la théorie de Darwin était plus qu’une « hypothèse ».

Le courant créationniste le mieux organisé ne venait pourtant pas des catholiques mais des fondamentalistes protestants, notamment ceux issus de la Bible Belt (ceinture biblique) du Sud des Etats-Unis. A noter que ces mêmes idées y perdurent et… enflent encore aujourd’hui (voir plus loin).

Les créationnistes « stricts » s’opposent purement et simplement à la théorie de l’évolution tandis que les tenants du créationnisme scientifique sont, eux, plus complexes. Voulant rapprocher le dogme religieux de la science, Ils défendent la création biblique « au prix de contorsions parfois invraisemblables »5 en usant d’une argumentation de type scientifique. Ils diffèrent des créationnistes stricts car ils veulent interpréter la Bible pour « signifier quelque chose » et ensuite, rien ne pourra plus changer leur interprétation.

Il existe des dizaines de doctrines créationnistes un peu partout sur la terre, chaque culture possédant ses mythes et ses légendes des origines. Le judaïsme connaît des adeptes du concordisme tout comme l’Islam. Celui-ci voit en effet des tentations de « récupération de la science » au travers du Coran comme le rappelle Bruno Guiderdoni, chercheur à l’Institut d’astro-physique de Paris et directeur de l’Institut des Hautes Etudes Islamiques6. Un ouvrage, déjà ancien, d’un médecin converti à l’Islam, Maurice Bucaille : « La Bible, le Coran et la Science »7 s’appliquait, dès 1976, à relever une concordance entre la science moderne et le Coran. Ce livre a bénéficié « d’une grande faveur chez les étudiants musulmans », écrit Jean-Louis Schlegel8 et est même devenu la référence du concordisme islamique.

Le créationnisme en France

En France, il existe des groupes créationnistes protestants ou catholiques. Ils semblent divisés entre un créationnisme strict –lecture littérale de la Bible- et un « évolutionnisme théiste » qui défend l’idée que l’évolution est dirigée par l’action de Dieu. L’Université Interdisciplinaire de Paris (UIP) tente ainsi d’interpréter le récit biblique pour le faire correspondre aux sciences modernes et défend le concept d’une rencontre entre science et spiritualité. Elle « fédère toute recherche qui tendrait à accréditer un néo-finalisme qui ferait que l’apparition de l’espèce humaine fut attendue » (Sagasciences, CNRS, Internet, Guillaume Lecointre). Le principal financier de l’UIP est la riche fondation américaine Templeton qui explore de façon scientifique les quêtes spirituelles et religieuses et favorise des rencontres réunissant scientifiques, philosophes et théologiens. Chaque année, la fondation Templeton consacre globalement 40 millions de dollars à son action et finance 150 travaux de recherche9.

Un professeur en sciences de la vie et de la terre, Corinne Fortin, auteur en 1993 d’une thèse consacrée à l’enseignement de l’évolution, estime qu’avec l’avancée du fondamentalisme religieux, « les idées créationnistes ont pris plus de poids ». Avant, témoigne-t-elle, « seuls les Témoins de Jéhovah proposaient des objections ».

(Source : Le Monde, Hervé Morin, 26.04.2005)

Le créationnisme aux Etats-Unis

Aux Etats-Unis, les créationnistes « modernes » ont évolué. Ils ne s’opposent désormais plus à la science. Ils entendent gagner une crédibilité auprès d’un public désinformé en se prétendant eux-mêmes scientifiques et en utilisant le concept de « créationnisme scientifique ».

Puissant et organisé, le créationnisme scientifique s’oriente vers un conflit « avec ce que dit la science aujourd’hui du déroulement historique et des modalités de la formation de notre univers, de notre planète et de la vie qui s’y développe » écrit Guillaume Lecointre, du Muséum d’Histoire Naturelle. Il a analysé des ouvrages pro-créationnistes et met en évidence la stratégie des auteurs qui consiste à agir « sur des prémisses erronés ou une sélection tendancieuse des faits » avec une logique qui n’est qu’apparente10.

Aujourd’hui, les Etats-Unis connaissent une véritable offensive pour favoriser l’enseignement du « religieux » par rapport à l’enseignement des sciences.

Profitant de la décentralisation du système éducatif, les créationnistes ont ces quatre dernières années tenté de gommer l’évolutionnisme de Darwin des programmes scolaires dans un grand nombre d’Etats11. En 1999, le Conseil de l’éducation de l’Etat du Kansas votait contre toute référence à l’évolution biologique. Georges W. Bush s’était alors publiquement félicité de cette interdiction. Mais au début de 2001, cet Etat revenait sur sa décision. Rappelons que dès 1925, dans le Tennesee, eut lieu le fameux « procès du singe » au cours duquel des fondamentalistes firent condamner à une amende John Scopes, un professeur qui enseignait les lois de l’évolution, contrevenant ainsi à une loi de l’Etat l’interdisant. Les fondamentalistes furent en contrepartie ridiculisés dans la presse de l’époque, présentés « comme d’obscurantistes bigots réfractaires aux progrès scientifiques »12. En 1981, un autre procès médiatisé eut lieu dans l’Arkansas sous la pression des créationnistes qui revendiquaient une « égalité de traitement » pour enseigner évolutionnisme et créationnisme dans les écoles américaines. En 1987, signale la journaliste Nicole Bernheim -ancienne correspondante du « Monde » aux Etats-Unis et auteur de plusieurs ouvrages sur ce pays-, un juge de l’Etat de Géorgie chargeait la « mythologie darwinienne » de tous les maux : laxisme des mœurs, contraception, pornographie et explosion de la criminalité…13.

La Droite religieuse américaine, forte de la dernière victoire de G.W. Bush en 2004 « pense que ses vues ont le vent en poupe » Elle veut d’une part voir figurer conjointement dans les manuels scolaires la théorie créationniste et la théorie évolutionniste et d’autre part, introduire l’idée qu’une intelligence supérieure est à l’origine du monde. A Seattle (Washington), une organisation qui revendique un caractère scientifique, le Discovery Institute, défend avec vigueur cette conviction du « dessein intelligent » d’un être supérieur (Dieu n’est pas directement mentionné). Dans une vingtaine d’Etats, des militants se démènent pour faire passer l’évolution pour une théorie, pas un « fait ». Cinq Etats ont présenté des lois « anti-évolution ». Sans succès. Le Conseil des Ecoles de Dover en Pennsylvanie a décrété l’enseignement du « dessein intelligent » comme alternative au darwinisme et le Conseil des Ecoles de Gransburg (Wisconsin) a voté « pour que soit enseignée une approche critique de l’évolution ». 31 % des enseignants « se sentent contraints d’inclure dans leurs cours des idées liées au créationnisme »14.

Enfin, dans le sud des Etats-Unis, les gérants des salles de cinéma à écran géant, souvent situées dans les Muséums d’Histoire Naturelle, préfèrent pour des raisons commerciales, ne programmer que des films sans référence à l’évolution15.

Cependant, cette nouvelle offensive des partisans d’une « intelligence supérieure » provoque en retour des réactions de la part de la communauté scientifique américaine, suivant en cela le très sérieux National Geographic interrogeant des scientifiques dans son numéro de novembre 2004 : « Darwin s’est-il trompé ? ». Unanimes, ces derniers répondaient que sa théorie demeurait « le fondement de la biologie moderne »16.

On trouve aujourd’hui toute une gamme de « croyances » plus ou moins nuancées qui se situent entre un créationnisme strict et une évolution guidée par un dessein intelligent.

L’expansion du créationnisme…et ses fraudesEn France, le créationnisme s’infiltre plus discrètement lorsque, par exemple, des communes ouvrent leurs salles à des conférences pro-créationnistes ou que, par le biais de certaines écoles, circulent cassettes vidéos et tracts. Des associations françaises comme le Cercle Historique et Scientifique (le CESHE)17 et le Centre d’Etudes et de Prospective sur la Science (le CEP)18, de tradition catholique, propagent ces idées dans l’hexagone. Leurs arguments et leurs supports sont ceux du créationnisme scientifique américain19.

Même la prestigieuse Académie des Sciences n’a pas échappé à une affaire de concordisme. Louis Berthault, le vice-président du CESHE, y donnait des conférences à la fin des années 80, époque où ce courant prenait un poids très important aux Etats-Unis et en Australie20.

Tout dernièrement, aux Pays-Bas, la Ministre de l’Education, Maria Van der Hoeven, proposait l’organisation d’un débat sur l’enseignement de la théorie de l’évolution dans les écoles. Elle estimait que le darwinisme reste incomplet car depuis, ont émergé les « découvertes » du créationnisme scientifique ainsi que le dessein intelligent21.

Actuellement, en Norvège, une pétition « pour des cours montrant les preuves » allant à l’encontre de la théorie de Darwin circule, au sein de la faculté de médecine d’Oslo22.

Toujours dans l’enseignement, une information datée de septembre 2004 fait état qu’en Serbie la Ministre de l’Education voulait interdire la théorie de Darwin sur l’évolution dans l’enseignement. Elle avait même choisi comme assistant un homme rendu célèbre pour avoir déclaré en public que Darwin… était toujours en vie!23.

Pour finir, c’est en Suisse que se tint en 1984 le premier congrès européen créationniste et en Suède, à Umea, que s’ouvrit en 1996 le premier « musée créationniste »24.

Aux USA, l’Institute for Creation Research (Société de recherche sur la création), créé dès 1963 fut un facteur d’expansion du créationnisme sur tous les continents25. Cet institut qui compte « plus de 600 savants diplômés de l’enseignement supérieur »26, pénètre en Europe dans les facultés protestantes de théologie, rapporte Pierre Gisel, professeur à l’université de Lausanne. Il ajoute que les conférences organisées attirent « du monde, y compris chez les jeunes »27. Les créationnistes américains et notamment l’un des plus actif, Duane T. Gish, qui fait partie de l’Institute for Creation Research, réclament sans arrêt des débats aux « Darwiniens ». Mais après plus de 300 « débats » et des questions qui appellent sans cesse d’autres questions, il s’avère que les créationnistes ne sont jamais satisfaits, réclamant encore des « chaînons manquants »… car comme beaucoup de pseudo-scientifiques, ils « partent avec une conclusion et recherchent les observations qui vont dans le sens de leur conclusion. De la même manière, ils rejettent ou ignorent les observations qui ne vont pas dans leur sens »28.

Des groupes diffusent des thèses créationnistes. Parmi eux :

- Des églises Evangéliques qui reprennent les arguments des créationnistes américains.

- Les Témoins de Jéhovah qui diffusent un livre : « La vie, comment est-elle apparue ? Evolution ou création ? » dans lequel ils réfutent la théorie darwinienne et mêlent citations dénaturées, tronquées, détournées. Ils sont partisans du créationnisme de la Terre Agée29.Un jour dans la Genèse correspond à plusieurs milliers d’années et l’homme a été créé il y a 6.000 ans.

- Les Adventistes du Septième Jour qui défendent la thèse de la Terre Jeune. La terre et toutes les espèces ont été créées en six jours de 24 heures, il y a 6.000 ans310.

- Et quelque peu à part, les Raëliens qui eux conçoivent la création de tous les êtres vivants par des extra-terrestres, il y a environ 13.000 ans. Dans un communiqué de presse récent, le Mouvement Raëlien croit bon de faire savoir qu’il participe « au débat académique au sujet de la théorie du créationnisme scientifique qui est maintenant reconnue officiellement comme l’une des théories expliquant l’origine de la vie ».

Le besoin de prouver « scientifiquement » le dogme conduit les créationnistes à la fabrication de faits, c’est-à-dire à des fraudes caractérisées. Le paléontologue américain, Stephen Jay Gould, parle ainsi dans son livre « La Malmesure de l’Homme » (1983), de pièces fabriquées et exposées dans des musées créationnistes. De son côté, un géologue australien, Ian Plimer, présente les fraudes créationnistes dans son ouvrage : « Telling lies for God, Reason versus creationnism » (Raconter des mensonges pour Dieu, la Raison face au créationnisme), publié en Australie en 1994. Dans ce pays où l’influence politique et économique des créationnistes est très importante, Ian Plimer s’est battu contre leur infiltration dans le système éducatif, payant un lourd tribut financier –il dut même vendre sa maison !– au cours de six années de procès. Selon leur stratégie habituelle, les fondamentalistes ont utilisé toutes les tactiques légales pour retarder les actions en justice, cherchant à ruiner leur adversaire31.

Les vertiges de la science

De leur côté des chercheurs défendent des thèses parfois surprenantes. Ainsi en 1979, lors d’un colloque organisé par France-Culture à Cordoue, une « brochette de physiciens renommés » n’hésita pas à « jeter hardiment des ponts inattendus entre leur science et les religions orientales ». Brian Josephson, Prix Nobel de physique en 1973 pour ses travaux sur la supraconductivité et… adepte de la Méditation Transcendantale*, compara « l’état mystique de pure conscience » à « l’état fondamental de l’hélium liquide ».

Par ailleurs, deux scientifiques, membres du Bhaktivedanta Institute, une émanation de la Société Internationale pour la Conscience de Krishna, n’hésitèrent pas, eux non plus, à afficher « clairement leurs intentions » en publiant un ouvrage : « L’Histoire secrète de l’espèce humaine », devenu un best-seller aux Etats-Unis, traduit en dix langues et diffusé en français par les Editions du Rocher. Réconciliant science moderne et « principes cosmologiques de la littérature védique indienne », ils voulaient démontrer que l’humanité remontait à des milliards d’années (*).
[NDLR : alors que les découvertes de la science font apparaître l’homme il y a des millions d’années.]

Enfin, un membre du Centre pour le Renouveau de la Science et de la Culture lié au Discovery Institute, Jonathan Wells, suggère aux élèves d’aujourd’hui de poser des questions susceptibles d’embarrasser les enseignants. Dans les années 1970, Jonathan Wells était membre de la secte Moon* et convaincu que la théorie de l’évolution était fausse parce qu’en contradiction avec la doctrine édictée par le gourou, Sun Myung Moon. En 1996, Wells écrivit un ouvrage où il expliquait comment il avait décidé de consacrer sa vie à combattre la théorie darwinienne.

(Sources : Nouvel Observateur, Quand les savants déjantent, M, de Pracontal, 23.12.2004 - Le Monde, Hervé Morin, 26.04.2005 – Sagasciences, CNRS, Guillaume Lecointre)
*Répertoriées dans le rapport parlementaire de 1995

Conclusion

Conflit, dialogue, concordance… Laissons donc science et religion chacun dans leur rôle respectif recommandent les esprits avertis et éclairés.

Mais face à un obscurantisme qui tend à se généraliser et à toute forme déguisée de message sectaire, la vigilance doit rester de mise.

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1 Voir Bulles n°80.2 Ou « inerrance de la Bible ». Cela consiste à croire qu’elle aurait été écrite sous l’inspiration de Dieu et qu’elle est exempte d’erreur.3 Mouvements Religieux, décembre 2003.4 Le Nouvel Observateur, 23.12.2004.5 La loi de Dieu contre la Liberté des Hommes, J.L. Schlegel, Seuil, 2003.6 Le Monde des Religions, juillet-août 2004.7 Agora, Pocket, 1ère édition 1976.8 Ibidem note 5.9 Ibidem note 6.10 Article in « Pour la Science », Guillaume Lecointre, n°259, mai 1999.11 Ibidem note 10.12 Le Monde des Religions, décembre 2003.13 Journal de la Corse, la remontée des intégrismes religieux, 11.10.2001.14 Dépêche AFP, 25.03.2005.15 Le Monde, Corinne Lesnes, 26.04.2005.16 Dépêche AFP, 01.12.2004.17 Qui diffuse l’œuvre du créationniste français Fernand Combrette et édite une revue, «Science et Foi ».18 Qui édite lui aussi une revue : «Le Cep ».19 Ibidem note 3.20 Le créationnisme sous la Coupole- Autopsie d’une imposture, Valérie Lecuyer.21 Le Monde, 27.05.05.22 Sciences et Avenir, juin 2005.23 Courrier des Balkans, 23.09.2004.24 Ibidem note 10.25 Sagasciences, CNRS, Internet, Guillaume Lecointre.26 www.bethel-fr.com.27 Ibidem note 6.28 Site Internet : persocite francite.com29 Ibidem note 1.30 Ibidem note 331 Ibidem note 10.

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France : Sectes

Les sectes ont leurs distingués protecteurs et leurs « compagnons de route »

Bulles , n°86 - 2ème trimestre 2005

[Texte intégral]

La mort, le 9 octobre 2004, du distingué sociologue d’Oxford, Bryan Ronald WILSON1, (nécrologie in Daily Telegraph, octobre 2004) donne l’occasion de s’interroger sur ces universitaires qui étudient les sectes à la manière dont l’entomologiste dissèque des papillons, et qui, sous prétexte d’objectivité, se gardent bien de considérer les victimes de ces systèmes d’exploitation. Tous se souviennent quel fut l’aveuglement de tant de grands intellectuels fascinés par les grands totalitarismes du XXème siècle, qui, sous le même prétexte, n’ont jamais dénoncé les conséquences de ces idéologies. De ce fait ils furent utilisés par elles comme des « compagnons de route ».

Après une thèse d’économie, Londres 1952, Bryan Wilson a écrit une thèse de philosophie traitant notamment des Pentecôtistes, dans le cadre de la London School of Economics.

Il a publié en 1961 « Sects and Society» (Sectes et société), où il a établi de nouvelles considérations sur le développement des sectes religieuses, et « a donné de nouvelles normes pour la compréhension historique et théologique des mouvements sectaires, aussi bien que pour l’identification des forces sociales qui ont donné lieu à l’extension de ces mouvements ». Grâce à son érudition il a groupé les efforts des auteurs qui ont publié [sous son autorité] sept volumes sur le sectarisme, la rationalité, l’éducation, les nouveaux mouvements religieux, les valeurs, les nouvelles conceptions religieuses, le bouddhisme de la Soka Gakkaï.

Depuis 1963 B.WILSON, qui personnellement était agnostique, fut membre de Fellow of All Souls ou FAS (Compagnon de Toutes les Âmes). « Toujours poli et plein d’égards, il a fortement contribué à la renommée internationale de cette fondation ». Il a été invité comme enseignant et chercheur sur les cinq Continents. A travers FAS, et par sa personnalité il a attiré quelque 800 universitaires à Oxford. Là, il a enseigné à des générations d’étudiants lors de séminaires de sociologie. Il a étudié particulièrement le bouddhisme de la Soka Gakkaï. Son livre « Religion in secular society » (La religion dans la société laïque), édité en 1966, a été décisif pour sa renommée internationale. Mentionnons aussi « Religious sects » (Sectes religieuses) de 1970, « Rationality » (Rationalité) publié en 1975, considéré comme l’œuvre de sa maturité, qui développe « le rôle de la rationalité dans les [différentes] cultures ».

Bryan Wilson est intervenu en tant qu’expert dans des affaires judiciaires tant en Angleterre qu’à l’étranger. Il a été le champion des « religious underdogs » (opprimés pour leur religion) ; exemple : les Témoins de Jéhovah, avec l’argument que « la tolérance ne suffit pas ». En 1995, il a écrit que « le fait de tolérer n’est qu’une permission limitée, et non pas une vraie déclaration de liberté religieuse. …, une concession faite par ceux qui jouissent du pouvoir à ceux qui en sont exclus ».

Son prestige personnel a bénéficié à la Société Internationale de Sociologie des religions (ISSR), et a joué un rôle essentiel dans la transformation de cette organisation, précédemment catholique, en une communauté de sociologues non confessionnels. Il en devint le président. C’est sous sa présidence que la participation japonaise s’est beaucoup accrue, en particulier suite à ses conversations avec Daïsaku IKEDA, président de Soka Gakkaï International. Ainsi il écrivit « A time to chant », (Un temps pour la psalmodie), étude sur la Soka Gakkaï, avec son ami belge Karel Dobbelaen. En 1992, il fut fait Docteur Honoris Causa de l’Université de Louvain, puis en 1994, Fellow de la British Academy.

Il a aussi enseigné et publié des textes sur la Scientologie dans le cadre de l’Université de Copenhague (Département sociologie des religions). Ce n’est pas là qu’on trouverait mention des sévices subis par les récalcitrants soumis aux lugubres pratiques hubbardiennes de la Rehabilitation Project Force (centre de rééducation forcé), bel et bien mises en pratique à Copenhague.

Bulles se réserve de reprendre le sujet des protecteurs de sectes à propos de différents groupes.


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France : Religions

L'Eglise inflexible après «l'ordination» d'une femme à Lyon

Le Figaro , 4 juillet 2005 par Élie Maréchal

[Texte intégral]

Geneviève Beney a été excommuniée

Tout sourire, Geneviève Beney a enfin obtenu ce qu'elle voulait : depuis samedi, elle est, dit-elle, «la première femme française ordonnée prêtre». La cérémonie s'est déroulée sur une péniche de tourisme naviguant au pied de la colline de Fourvière, siège de l'archevêché de Lyon, comme pour mieux narguer le primat des Gaules, le cardinal Philippe Barbarin.

Cette ordination «ne remplit aucune des conditions requises par l'Eglise catholique, avait fait savoir l'archevêque auparavant. Une telle cérémonie constituera sans équivoque un acte grave de rupture à l'égard de l'Eglise catholique.

Geneviève Beney est donc excommuniée. Malgré les objurgations du prélat, une soixantaine de personnes sont venues s'embarquer pour relever le défi aux côtés de Geneviève Beney, âgée de 55 ans, épouse d'un protestant, sans enfant, domiciliée dans le Gard. Elle-même de dire : «Cette ordination est une transgression. Elle est une rupture avec une situation que je considère comme obsolète, car injuste envers les femmes, une situation qui maintient l'inégalité entre hommes et femmes en matière de responsabilités et prises de décisions ecclésiales.»

Trois femmes «évêques» – une Allemande, une Autrichienne, une Sud-Africaine – sont venues imposer les mains à l'impétrante. Les deux premières avaient fait partie des sept premières femmes «ordonnées» prêtres, en juin 2002, sur le Danube, par l'archevêque argentin Romulo Braschi, membre de l'Eglise catholique et apostolique charismatique du Christ-Roi, non reconnue par le Vatican, qui les avait rapidement excommuniées.

A de multiples reprises, l'Eglise catholique a récemment réaffirmé sa différence par rapport aux Eglises protestantes ou anglicane, qui ont des femmes pasteurs, prêtres, voire évêques. Jean-Paul II, dans sa lettre apostolique Ordinatio sacerdotalis (1994), a confirmé que l'Eglise catholique «ne se considère pas autorisée à admettre les femmes à l'ordination sacerdotale» : cette position, insistait-il, doit être définitivement tenue par tous les fidèles». En 1995, le cardinal Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi et futur Benoît XVI, coupait court au débat, apposant le sceau de l'infaillibilité sur ce refus.

La controverse n'a cependant pas cessé. En France, outre la revue contestataire Golias, l'association Femmes et Hommes en Eglise continue de revendiquer le sacerdoce féminin, et elle prépare un colloque à Paris pour janvier prochain sur cette question. A la fin de ce mois-ci, Toronto accueillera le IIe Congrès international pour l'ordination des femmes.

Au Canada, aux Etats-Unis, en Allemagne, en Autriche, en Suisse, aux Pays-Bas et en Suède, une soixantaine de femmes se prépareraient à l'ordination. Pour Christine Mayr-Lumetzberger, fondatrice de l'initiative femmes ministres ordonnées dans l'Eglise catholique et l'une des trois «évêques» à avoir ordonné samedi Geneviève Beney, il s'agit de renouer avec la tradition de l'Eglise primitive «dans laquelle femmes et hommes prenaient part à égalité dans le service et la direction de la communauté».



France : Sectes

L'inflation des gourous - La justice avance doucement

La Marseillaise, 4 juillet 2005 par Jean-Marie Dinh

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Eclairage
Fléchissement politique

En quittant Matignon,le dernier jour, Jean-Pierre Raffarin a rendu une circulaire sur laquelle on lit qu'il ne faut plus faire référence à la liste des sectes comprises dans le rapport parlementaire de 1996, plutôt étonnant... La Mission interministérielle de lutte contre les sectes (M.I.L.S) a été transformée il y a trois ans, en Miviludes (Mission inter.-ministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), ce qui dénote un amoindrissement de l'intérêt de l'Etat pour le phénomène sectaire. On ne parle plus des sectes mais seulement de leurs dérives. Pourtant le groupe sectaire peut compter quelques dizaines d'adeptes allumés comme il peut se révéler en tant que multinationale avec plusieurs centaines de milliers de membres comme la scientologie ou prendre corps en tant que parti politique comme la Soka Gakkaï japonaise. D'où l'intérêt de l'observer sous l'angle politique. " En tant que structure politique le mécanisme en jeu est un mécanisme totalitaire, analyse Jean-Pierre Jougla, " Le chef du groupe n'a pas d'autre légitimité que celle qu'il se donne lui -même. Il concentre entre ses mains l'ensemble des pouvoirs que Montesquieu nous a appris à séparer pour avoir une véritable démocratie "(1)
Pouvoir judiciaire, pouvoir de nomination, pouvoir économique (Moon a créé sa monnaie), création de système policier, d'une armée (la scientologie). La secte du XXI ème siècle se construit comme une structure étatique qui se confronte aux valeurs républicaines de notre état de droit. Et ce phénomène est loin d'être farfelu,
" L 'éclairage politique du système sectaire permet de comprendre les dérives actuelles du système républicain. Ce qui me chagrine le plus dans les propos tenus par Sarkosy sur la religion ce n'est pas d'inciter les religions à s'occuper de la chose publique, c'est de voir des hommes d'état aller chercher une légitimité dans la .sphère du religieux Ce qui démontre que leur propre légitimité, celle du suffrage universel, est en train de perdre du sens. C'est là que le phénomène sectaire peu apporter un éclairage sur le danger que représente la recherche d'un autre fondement à la légitimité républicaine que celle de l'élection "

JM, Dh

(1) Pour que sa pensée ne fasse pas l'objet d'une interprétation erronée, Jean-Pierre Jougla tient à préciser que la séparation des pouvoirs souhaitée par Montesquieu s’entend de la séparation du pouvoir législatif, du pouvoir exécutif et du pouvoir judiciaire, et que le gourou s’arroge les attributs régaliens propres à chaque structure étatique.

Avoué à Montpellier et ancien avocat, Jean-Pierre Jougla est aussi vice-président de l'union nationale des associations de défense de la famille et de l'individu. Il évoque la montée en puissance du phénomène sectaire dans un monde où la déliquescence du politique sert de tremplin aux vendeurs vertigineux d'irrationnel

- JP. Jougla, qu'est ce qu'une secte ?
- On s'entend généralement pour dire qu'il n'y a pas de définition juridique de ce qu'est une secte. En réalité il y en a une depuis la loi Abou Picard du 12 juin 2001 qui consiste à définir la secte comme le lieu où se crée une situation d'assujettissement entre les adeptes et le chef du groupe. Cette situation se met en place à travers la doctrine du groupe.

- A priori, on ne la distingue pas des groupuscules mafieux ou extrémistes religieux ?
- Le groupe mafieux n'a généralement pas de doctrine, les groupes " extrémistes " peuvent effectivement en avoir une et entrer dans un fonctionnement de type sectaire. On peut distinguer l'emprise sectaire de l'emprise religieuse à travers la nature de l'emprise. Celle du gourou est une emprise globale. Ce qui ne veut pas dire que les religions sont à l'écart de dérapages de type sectaire.

- Peut-on parler de produit spirituel, de marché, voire de phénomène de consommation à propos des sectes ?
- Les Allemands utilisent le terme de psycho-market. En France, la dimension spirituelle représente à peu près 50% du marché sectaire. C'est un aspect du paysage, mais depuis une quinzaine d'années d'autres secteurs ont émergé. En particulier dans le monde du développement personnel, de la formation en entreprise et surtout dans le mondé de la santé : tout ce qui est thérapie parallèle, thérapie de type " new age " est devenu un des supports sectaires les plus importants. Il existe au demeurant, une interpénétration entre les diverses sphères. Par exemple, la plupart des adeptes du temple solaire sont entrés non pas en fonction de croyances spirituelles mais essentiellement parce qu'ils étaient attirés par les conférences du médecin homéopathe Luc Jouret qui était le représentant de commerce de la secte. C'est après avoir atteint une relation de confiance que se met progressivement en place le substrat d'ordre spiritualiste. Si celui-ci avait été exprimé au début, il aurait fait fuir les gens en courant.

- Où s'arrête la liberté de croyance et où commence la manipulation ?
- La manipulation est essentielle dans le phénomène sectaire. Elle se met lentement en place dans le temps. Après la phase de séduction au moment où les barrières tombent petit à petit, l'épuisement physique se met en place. Les pratiques utilisées sont simples. Qu'il s'agisse de la privation de sommeil, sous le prétexte de réveil nocturne pour être en contact avec des entités ou des énergies ; de la privation d'aliments, sous le prétexte de se purifier ; de la privation de penser, sous prétexte que la pensée du gourou est complète à tel point qu'il n'est plus utile d'aller chercher ailleurs ; sous l'aspect de la privation de liens affectifs, coupure avec la famille et les anciens amis. Tous ces affaiblissements permettent la manipulation mentale. L'adepte devient un vrai adepte quand il n'a plus accès à l'esprit critique, à la remise en question, à la liberté. Certains pensent que lorsque l'adepte entre dans une secte il est libre. Mais en réalité, il ne sait pas où il met les pieds. Il ignore qu'il entre dans une explication globale du monde et de lui-même. Le gourou renverse le système des valeurs en faisant croire à l'adepte qu'il est lui-même l'esclave de ses propres déterminismes personnels. Le gourou dit : j'ai la méthode. Pour que tu puisses te libérer de toi-même ! II faut que tu me suives.

- Ce renforcement du pouvoir sectaire dans la société semble modérément freiné ; est-ce lié à l'infiltration ?
- Le groupe sectaire peut être un moyen de faire passer des idées politiques. L'exemple type c'est Moon, financé par la CIA dans la lutte contre le communisme. Le second aspect de l'infiltration concerne la volonté des sectes de conquérir le politique ou les lieux de décision. L'exemple type : Ron Hubbard, le doctrinaire de la scientologie. Au nombre des objectifs on trouve celui de pénétrer tous les lieux de décision, tous les lieux clés de l'industrie ou de la politique. L' illustration que nous donne aujourd'hui Tom Cruise, reçu par un ex-ministre des finances (aujourd'hui à l'intérieur), donc des cultes, n'est pas anodine. Même si ce ministre s'est défendu en disant qu'il n'avait pas parlé de scientologie mais de cinéma, Tom Cruise, lui, a reconnu qu'il avait parlé de scientologie. II était venu pour ça. Il a remis ça à Marseille il y a une quinzaine de jours où il s'est fait remettre des mains de Mr Gaudin la médaille de citoyen d'honneur de la ville. Au-delà de l'infiltration on n'est là dans la recherche de légitimité et de banalisation.

- La loi. Abou Picard permet-elle un contrôle suffisant ?
- Le texte comprend plusieurs volets, le premier, qui a été repris dans le code pénal, réprime l'abus frauduleux de l'état de faiblesse concernant les personnes mises en état de sujétion. Il présente le mérite de combler un vide juridique et permet de sanctionner les sectes sans se limiter à l'escroquerie financière et aux dérapages sexuels liés à l'abus de pouvoir du gourou.

La seule difficulté c'est d'appliquer cette loi. Le second volet de cette loi permet de dissoudre un groupe sectaire qui aurait fait l'objet de deux condamnations pénales définitives. Pour l'instant il n'y a pas eu de décision ce qui est normal puisqu'il ne peut pas y avoir de condamnation sur la base d'une loi qui n'existait pas au moment où les faits on été réalisés. La justice avance tout doucement.

- Que! travail peut-on entreprendre en amont pour rendre les personnes moins vulnérables ?
- Il faut que l'opinion publique reste sensible. Et au-delà, former tous les acteurs de la vie sociale. Un nombre important de décisions de justice capotent sur la base de rapports d'experts mal faits. Les magistrats sont formés mais à raison de quatre jours par an pour une soixantaine de magistrats, c'est une goutte d'eau dans un océan. Mais la formation nécessite une volonté politique qui semble aujourd'hui faire défaut.

- Quel conseil donneriez-vous aux personnes ayant des proches impliqués dans une secte ?
- Sortir quelqu'un c'est quasiment impossible. La décision doit être prise par la personne qui est dans la secte. Elle ne peut venir que par le biais de la réflexion. La plupart du temps elle va se déclencher sur la base d'éléments qui pour les gens de l'extérieur semblent anodins. L'adepte est habitué à avoir une confiance totale dans le gourou. Lorsque le gourou se trompe sur un détail qui n'a aucune importance en soit, cela peu éveiller chez l'adepte un début de remise en question. Un doute au bout d'une pelote. Et l'adepte dans son coin va tirer le fil. Donc il faut que son entourage reste en contact avec lui avant que l'adepte rentre dans la secte. Qu'il se garde des jugements de condamnation qui ne font que renforcer l'emprise ! Si une ouverture se présente, il faut que l'adepte sache qu'il peut compter sur son ancien entourage. Il faut aussi que les familles ou amis apprennent à comprendre la secte dans laquelle leur proche est rentré pour avoir une explication sur ses comportements. C'est une question d'éducation.



Canada : Raël

Un ancien raëlien coupable d'attouchements sur une mineure

Canoë , 4 juillet 2005

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À Québec, un ancien porte-parole du mouvement raélien a été déclaré coupable de contacts sexuels sur une jeune fille mineure lundi matin.

R........, un éducateur en service de garde dans une école primaire de Val-Bélair, a été reconnu coupable d'avoir embrassé sur la bouche une fillette de 11 ans.

L'enfant venait de fêter sa graduation du primaire.

R....... est également accusé de s'être livré à d'autres attouchements sur l'enfant, mais le juge estime qu'il s'agissait de contacts anodins, sans connotation sexuelle.

Sa sentence sera connue en octobre. R........, qui n'a aucun antécédent judiciaire, devrait éviter la prison.



Canada : Actualités diverses

Un voyage astral qui coûte cher!

Canoë , 6 juillet 2005 par Katia Mayrand

[Texte intégral]

Georges Geoffroy, ce propriétaire de Magog qui avait vendu sa maison 5 000 $ parce qu’il croyait qu’il allait mourir, devra se trouver un nouveau toit.
Il y a deux semaines, celui-ci a abandonné sa requête pour faire annuler le contrat de vente de la maison.

«Il n’y aura pas de procès. Tout le monde s’est désisté. Les deux femmes qui ont acheté la maison ont aussi abandonné la poursuite en dommages et intérêts qu’elles avaient intentée contre mon client», affirme l’avocat de M. Geoffroy, Me Alain Thivierge.

C’est donc la fin de cette curieuse histoire qui a débuté en avril 2004. Georges Geoffroy et sa conjointe, adeptes de croissance spirituelle, auraient fait un voyage astral au cours duquel un «guide spirituel» leur a appris qu’ils allaient mourir d’ici au 1er juin suivant.

Persuadé de sa mort imminente, le couple, qui n’a pas d’héritier, a vendu sa maison au prix de 5 000 $ à deux femmes de sa connaissance. Une maison qui était pourtant évaluée à environ 200 000 $.

Sauf que, le 1er juin, Georges Geoffroy et sa conjointe ont eu la surprise de se réveiller… bien vivants.

Des recours ont alors été intentés, mais les deux acheteuses avaient déjà revendu la maison. Tout ce monde a finalement décidé de mettre fin à la saga, plus d’un an après le début de cette rocambolesque histoire.



France : Religions

Opération de gendarmerie au sein d'une communauté religieuse controversée

AFP , 6 juillet 2005

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ROANNE (Loire) - Vingt gendarmes ont mené mercredi des investigations au sein d'une communauté religieuse controversée à Saint-Jodard et à Mars (Loire), concernant "d'éventuelles dérives sectaires", a indiqué la gendarmerie, qui n'a procédé à aucune interpellation. L'opération, menée par les gendarmes de la section de recherche de Lyon et de la compagnie de Roanne, dans le cadre d'une enquête préliminaire diligentée par le parquet de Roanne, a été confirmée de source judiciaire, sans autre précision.

La communauté religieuse visée, "les soeurs mariales du Fils bien-aimé et du Paraclet", également connues sous le nom des "soeurs mariales d'Israël et de Saint-Jean", a été fondée à Rimont (Saône-et-Loire) au début des années 1980 par Tünde Szentes, une Hongroise se faisant appeler Soeur ou Mère Myriam.

En mars, l'archevêque de Lyon, Philippe Barbarin, avait pris un décret mettant fin au statut d'"association privée de fidèles" dont bénéficiait jusqu'alors la communauté.

Le diocèse avait alors indiqué que cette "mesure rare et grave" avait été prise "en raison de difficultés qui sont apparues, notamment en termes d'orientations religieuses". Le décret interdit notamment aux soeurs mariales de porter l'habit religieux dans les bâtiments dépendant du diocèse.



Etats-Unis : Scientologie

Tom Cruise - Son plus mauvais rôle : scientologue

Courrier International, 7 juillet 2005 par James Verini

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Tom Cruise, 42 ans, actuellement à l’affiche de La Guerre des mondes, est l’un des acteurs les plus influents de Hollywood. Superstar sans grand charisme, il s’affiche de plus en plus comme porte-parole de l’Eglise de scientologie.

Depuis quelques mois, on constate chez Tom Cruise une étonnante évolution : de l’une des plus grandes stars de cinéma, il est devenu l’une des plus étranges. Il n’y a pas que cette subite et encore très invraisemblable histoire d’amour avec [l’actrice] Katie Holmes. Il s’agit surtout de sa volubilité soudaine et du prosélytisme dont il fait preuve en faveur de la très controversée Eglise de scientologie, dont il est membre depuis une vingtaine d’années.

Une rumeur court dans certains cercles scientologues : Cruise aurait atteint l’un des plus hauts grades de l’organisation. On sait très peu de choses sur ce rang, connu sous le nom de code OT-VII, mais, à en croire certains spécialistes, une promotion de l’acteur à ce grade pourrait expliquer son comportement récent.

Selon certains experts et les ouvrages scientologues eux-mêmes, OT-VII (pour operating thetan, thétan opérant, “thétan” signifiant “âme” dans le langage des scientologues) serait l’avant-dernier échelon de la hiérarchie spirituelle de l’organisation. C’est à ce stade que le scientologue apprend à se libérer des limites de son enveloppe mortelle et qu’il est initié aux mystères de la cosmologie conçue par le fondateur de l’Eglise, L. Ron Hubbard. Ladite cosmologie affirme que les êtres humains portent les marques néfastes d’une civilisation extraterrestre amenée sur Terre par un seigneur de guerre intergalactique il y a plusieurs millions d’années.

Selon un scientologue arrivé au grade OT-V et qui tient à garder l’anonymat, il est probable, au vu de son ancienneté, que Tom Cruise soit bien OT-VII. Cruise agit comme s’il “se sentait davantage maître de son environnement et capable de convaincre un plus grand nombre de personnes de s’intéresser à l’organisation”, estime Stephen Kent, professeur de sociologie à l’université de l’Alberta et auteur d’articles sur la scientologie à Hollywood. “Aux grades OT les plus élevés, le scientologue est censé acquérir la faculté de maîtriser son univers. Cruise a l’impression de s’être libéré du joug de milliers de thétans errants et semble avoir atteint un état d’euphorie qui lui était jusque-là inconnu.”
“Aux échelons OT, on découvre que l’on est un thétan, que l’on a déjà habité des corps”, explique J. Gordon Melton, auteur de The Church of Scientology et directeur de l’Institut d’études de la religion américaine de Santa Barbara. “On apprend l’extériorisation, c’est-à-dire à sortir de son corps. On découvre également les lourds fardeaux hérités de ces vies passées.”

Tom Cruise a adhéré à la scientologie à peu près au moment de la mort de Hubbard, en 1986, mais il n’en parlait jamais en public. Tout a commencé il y a quelques années, avec son parrainage d’un centre de désintoxication de l’organisation à Manhattan. L’année dernière, il a fait installer un chapiteau de la scientologie sur le tournage de La Guerre des mondes, et s’est mis à promouvoir ouvertement Narconon, le programme de réhabilitation de l’organisation pour les toxicomanes.

Ce printemps, l’acteur est passé à la vitesse supér