Actualités sur les sectes en mars 2005.

Raël D'après la secte raélienne, le travail c'est pas la santé
Actualités diverses Sept morts dans deux nouveaux suicides collectifs au Japon
Sectes (*) 02/03/2005 La prolifération des sectes aus USA (doc PDF)
Mandarom Communiqué de presse
Sectes Sectes : une commission fantôme depuis cinq ans
Témoins de Jéhovah Refus de transfusion sanguine
Scientologie La Scientologie vise les enfants
Actualités diverses "Gouvernement, écoute, la Sainte est en lutte"
Problèmes médicaux Un dentiste cannois condamné à ne plus exercer
Témoins de Jéhovah Refus d'un permis de construire: les Témoins de Jéhovah contre-attaquent
Sahaja Yoga (*) 07/03/2005 Avis du CIAOSN (doc PDF)
Actualités diverses Les Etats-Unis obtiennent à l'Onu l'interdiction totale du clonage humain
Religions Pour l’enseignement de l’histoire du fait religieux
Actualités diverses Les scientifiques américains inquiets de la montée du néocréationnisme
Sectes Le cartel des sectes en appelle à l'O.N.U
Témoins de Jéhovah Les Témoins de Jéhovah à l'assaut des hôpitaux
Raël (*) 09/03/2005 Un "scientifique" raélien invente le Jurassic Park antédiluvien
Sectes - Colonia Dignidad L'ex-nazi Schaefer, chef d'une secte au Chili poursuivi pour pédophilie
Colonia Dignidad Paul Schaefer sera jugé au Chili pour pédophilie et tortures sous le régime Pinochet
Sectes (*) 11/03/2005 Les gourous au sein des entreprises
Raël Raël contre un de ses amis d'enfance: le tribunal constate la prescription
Sectes Lutte discrète contre les sectes
Religions Deux fédérations protestantes vont porter plainte
Témoins de Jéhovah Deyvillers refuse la «salle du Royaum
Monflanquin Victime d'un gourou, une famille se cloître
O.T.S Plainte contre le Crédit maritime
Sectes Les sectes muent et font des petits
Actualités diverses Enlèvements d'enfants de couples bi-nationaux: lancement d'un site internet
Falungong Le Falungong accusé de pirater des transmissions TV satellitaires chinoises
Sectes (*) 17/03/2005 Quelques reflexions relatives à l'article sur les sectes (doc PDF)
Sectes Question écrite de André Frédéric, député
EURD Eglise universelle : la première à protester
AUM Le gourou de la secte Aum est devenu une épave en prison, selon ses filles
AUM La secte Aum existe toujours, sous le nom d'Aleph, et reste dangereuse
Soka gakkaï La Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris décerne le pris d'honneur au président Ikeda
Religions Lyon: le cardinal Barbarin dissout une association religieuse controversée
Satanisme Le mariage de la « Jihad 666 » et de la « Jihad 88 » : est-ce la faute des jeunes gothiques ?
Santo Daïme 24 membres de Santo Daime arrêtés en Italie
Sectes Schäfer inculpé pour la disparition d'un militant de gauche
AUM Tokyo : dix ans après l'attentat au gaz sarin
Frères exclusifs L'enseignement d'une secte protestante loué par l'Etat
Scientologie La scientologie attaque la mairie d'Angers
Sectes (*) 22/03/2005 Conférence de presse de la MIVILUDES (doc PDF)
Sectes (*) 22/03/2005 La FECRIS au conseil de l'Europe (doc PD)
Sectes Rapport 2004 de la MIVILUDES ( doc PDF)
Sectes Communiqué de presse UNADFI concernant le rapport 2004 de la MIVILUDES
Sectes Sectes : manifestations moindres mais plus diverses et complexes (rapport)
Témoins de Jéhovah Le coup de folie d'un boucher devant les assises de la Gironde
EURD Madagascar expulse les pasteurs étrangers d'une "église" non autorisée
Sectes Rapport sur les sectes
Sectes Question au Premier ministre (Philippe Vuilque)
Soins Psy Les associations anti-sectes s'inquiètent d'un nouveau phénomène né aux Etats-Unis
Religions Brard veut défendre la loi de 1905 face aux plaintes d'Eglises protestantes
Raël Tracts publicitaires au salon du livre
Satanisme Le satanisme, marchepied de l'extrême droite
Sectes Dérives sectaires : risques de déscolarisation...
Scientologie Examen du rapport de la Grèce / Comité des droits de l'Homme
Kinésiologie Les parents d'un bébé bientôt aux assises
Sectes Le rapport 2004 de la Miviludes - Protéger les mineurs des sectes
Témoins de Jéhovah Les Témoins de Jéhovah reconnue collectivité de droit public à Berlin
Soins Psy Au secours, mon " psy " est un malade !
Kinésiologie Mort de dénutrition, Kerywan sera défendu
Sectes L’abus de faiblesse bientôt sanctionné pénalement
Scientologie Tom Cruise initie ses distributeurs à la scientologie
Témoins de Jéhovah Un impôt de 60%...
Actualités diverses Un collectif d'associations contre la justice française

(*) Articles ou documents qui, compte tenu de leur taille, ne sont pas ci-dessous, mais sur une page particulière ou sur le Web



France : Raël

D'après la secte raélienne, le travail c'est pas la santé

Courriel , 1er mars 2005

Par Mickael Tussier,

Dans la dernière édition de la revue interne Contact (n° 262, 18 février 2005), un article intitulé "Au sujet des hormones du Stress" indique que des études scientifiques ont montré qu’il y a "20% de plus de crises cardiaques les lundis que tout autre jour", en raison de la montée de la tension artérielle provoquée par le stress.

Il ne s'agit pas de contester ces statistiques, mais l'exploitation qu'en fait la secte raelienne.

Il n'est pas nécessaire de faire des études très poussées pour s'apercevoir que l'inactivité prolongée peut également être mortelle pour certains sujets...

L'article ajoute : "Notre Prophète Bien-aimé nous rappelle que nous n'avons pas été faits pour travailler." Une façon de faire miroiter aux raeliens la perspective d'une société paradisiaque, où personne ne serait obligé de travailler pour assurer sa subsistance...

Mais à part à Rael (et éventuellement sa garde rapprochée), je me demande à qui la "philosophie raelienne" permet de vivre confortablement sans trop se fatiguer. Le "Prophète bien aimé" bénéficie de cette situation aux dépens de ses adeptes, qui eux doivent trimer pour pouvoir verser des cotisations jusqu'à hauteur de 11% de leur salaire, en plus des appels aux dons de "billets d'amour" [sic] (=100 $ canadiens l'unité).

Ces versements peuvent représenter autant d'argent amputé à leur propre capital retraite, ce qui risque de les contraindre à prolonger davantage leur activité professionnelle à un âge avancé, tandis que leur gourou aura engrangé largement de quoi vivre en toute quiétude depuis belle lurette.

Par souci de prévoyance, les raeliens devraient sérieusement se pencher sur cette question : "Rael est-il un imposteur ?"



Japon : Actualités diverses

Sept morts dans deux nouveaux suicides collectifs au Japon

AFP, , 1er mars 2005

[texte intégral]

TOKYO - La police japonaise a découvert mardi les corps de trois personnes empoisonnées au gaz carbonique, alors que quatre autres cadavres ont été retrouvés lundi, dans ce qui ressemble aux derniers en date d'une série de suicides collectifs.

Les cadavres de deux hommes et d'une femme ont été découverts mardi dans une voiture dont les fenêtres étaient volontairement scellées de l'intérieur, près d'une rivière de la ville de Ninomiya, à quelque 100 km au nord de Tokyo. "Nous avons trouvé une note sur l'un des morts exprimant leur souhait de mourir", a déclaré un porte-parole de la police locale.

Lundi, trois hommes et une femme, âgés de 21 à 35 ans, ont également été retrouvés morts dans des conditions semblables, non loin de la ville de Nikko, connue pour ses sanctuaires. "C'est un suicide collectif", expliquait une note retrouvée à l'intérieur de la voiture. "Ce n'est pas une affaire criminelle". Ce nouvel incident survient après une série de suicides au charbon de bois impliquant des gens qui ne se connaissaient pas, mais qui se sont réunis pour mourir ensemble. Ils se rencontrent généralement sur des sites internet.

Près de 55 personnes se sont donné la mort au Japon dans des circonstances similaires depuis octobre. Le Japon connaît le plus fort taux de suicide du monde industrialisé avec 24,1 cas pour 100.000 habitants par an, selon l'Organisation mondiale de la santé. Le taux de suicide a augmenté après la stagnation des années 1990. Un record a été enregistré en 2003 avec 34.427 suicides.



France : Le mandarom

Communiqué de presse

Courriel , 2 mars 2005

COMMUNIQUE DE PRESSE

2 mars 2005
CITE SAINTE DE MANDAROM SHAMBHASALEM

LE RAPPORT PARLEMENTAIRE "LES SECTES ET L'ARGENT" DE 1999 S'APPUIE SUR LES COUPURES DE PRESSE ET NON SUR LES NOTES BLANCHES DES RG

Dans le rapport parlementaire ‘Les Sectes et l'argent' de 1999 (rapporteur JP Brard), la Présidente de l'Association du Vajra Triomphant était attaquée.

En tant que personne privée : sur sa vie professionnelle (page 179 du rapport parlementaire)
En tant que présidente de l'Association du Vajra Triomphant : sur les financements occultes du MANDAROM : blanchiment d'argent (page 167)
Le rapporteur JP Brard a dit s'appuyer sur les dossiers des Renseignements Généraux. C'est pour cela que l'accès aux dossiers des Renseignements Généraux a été demandé à la CNIL par la Présidente de l'Association du Vajra Triomphant.

SURPRISE !

Les données des Renseignements Généraux consultées par la Présidente de l'Association du Vajra Triomphant ne font nullement état des faits reprochés dans le rapport parlementaire. Bien au contraire la note des RG du 23 juin 1995 (pièce 27 du dossier des la DDRG du 04) précise expressément que :

« les mensonges les plus invraisemblables ont été diffusés :
> La secte est la couverture d'un groupe se livrant à l'espionnage du centre de la marine,
> La secte se livre au trafic d'organe avec l'Afrique…
> La secte blanchit de l'argent et se livre au trafic d'armes, elle détient des explosifs,
> Le Mandarom est lié par faisceau satellite avec le Centrom de Suisse
> La secte est une pompe à finance occulte du RPR et du Conseil Général du 04 »

Mais cela le député JP Brard s'est bien gardé de le faire savoir. Il s'agissait pourtant des notes des RG sur lesquelles il prétendait se fonder. Une étude objective ne saurait être sélective pour les besoins de la cause.

Le rapport parlementaire est donc fondé essentiellement sur la base des « discours » des opposants du MANDAROM, repris dans des articles de presse.

Quelle est la valeur d'un rapport aussi « ficelé » ?

Les Aumistes rappellent que le Député JP Brard a été condamnée pour diffamation le 19 février 2004 par la Tribunal de Grande Instance de Paris. Il doit verser 1€ de dommage et intérêt et 1500€ de NCPC aux Aumistes pour avoir tenu les propos diffamatoires suivants en parlant du MANDAROM : « La secte a détruit, cassé beaucoup de gens… » Il n'a pas eu appel de la décision.

Dans le dossier de la Président de l'Association du Vajra Triomphant 90 % des informations concernent le MANDAROM et les Associations s'y rattachant.

Initié de Haut Rang et reconnu comme tel par toutes les Hautes Traditions, Sa Sainteté le Seigneur HAMSAH MANARAH est le Fondateur de la Religion Aumiste. L'Aumisme, Unité des Religions, a son Siège Mondial en la Cité Sainte de Mandarom Shambhasalem, Alpes de Haute-Provence (France). Les Aumistes sont des milliers en France et dans le monde. Sa Sainteté le Seigneur HAMSAH MANARAH est l'auteur de 22 livres lus dans le monde entier.
Fin de communiqué.



France : Sectes

Sectes : une commission fantôme depuis cinq ans

La Depêche du Midi , 2 mars 2005

[Texte intégral]

Cultes : les responsables de l'Adfi attendant clairement plus d'implication des pouvoirs publics

Lors de son assemblée générale samedi à Agen, l'association de défense de la famille et des individus (ADFI) s'est interrogée sur l'attitude des pouvoirs publics concernant les mouvements sectaires dans le département. "la cellule préfectorale de vigilance serait-elle dissoute ?". selon ces responsables la question mérite en effet d'être posée puisqu'elle ne s'est, selon l'Adfi qui participe aux réunions, pas réunie depuis mars 2000. "Nous entendons dire parfois que le phénomène sectaire est en régression. Il n'en n'est rien dans le département, des dérives nocives existent." L'Adfi attend d'ailleurs le rapport 2004 de la MIVILUDES, la mission interministérielle.

La charge de l'association ne s'arrête pas là. Ses responsables souhaiteraient également connaître le nom du successeur de Jean Claude Nicod, avocat à la cour d'appel.

L'activité de l'Adfi pourrait attester de la présence sectaire en Lot et Garonne, 300 appels téléphoniques, un demi-millier de mails et près d'une trentaine de personnes accueillies l'année dernière



France : Témoins de Jéhovah

Refus de transfusion sanguine

APM santé, 3 mars 2005

[Extrait]

Pour faire respecter cela, la Dhos rappelle que le code de la santé publique donne le pouvoir général de police aux directeurs au sein de leurs établissements de santé.

En outre, elle rappelle une ordonnance en référé du Conseil d'Etat en 2002 précisant par exemple que "les médecins ne portent pas une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le consentement à un traitement médical donné par un patient majeur (...) lorsqu'ils accomplissent dans le but de tenter de le sauver, un acte indispensable à sa survie et proportionné à son état", bien que le patient l'ait refusé. Le ministère ne cite pas de cas mais fait implicitement référence à l'attitude des Témoins de Jéhovah qui peuvent refuser les transfusions sanguine



Danemark : Scientologie

La Scientologie vise les enfants

CPHPOST, 3 mars 2005 (article du 13 décembre 2004) traduction Corinne Cuidard

[Texte intégral]

Parce que l'instruction religieuse est obligatoire dans les écoles publiques, la Scientologie a incorporé dans ses rangs de nombreux enfants danois.

Le nouveau mouvement religieux new-age, la Scientologie, a réussi à recruter de nouveaux jeunes adhérents grâce à une campagne destinée aux élèves des écoles publiques. Enseignants et élèves multiplient les visites à la Scientologie dans le cadre de leur programme éducatif religieux imposé.

Depuis 1999, le nombre de sorties de classe vers les centres de la Scientologie de Copenhagen a quadruplé. Alors que la Scientologie avait en moyenne une visite de classe par mois il y a cinq ans, sa directrice de l'information , Anette Refstrup a annoncé dans le quotidien Jyllands-Posten que le mouvement animait à présent une classe par semaine. " Toutes les écoles et collèges du pays sont listées dans notre carnet d'adresses et reçoivent notre lettre d'information, Liberté. Cela fait partie de notre effort d'information général et l'intérêt est clairement à la hausse. Ce sont particulièrement les élèves de neuvième et de dixième qui nous rendent visite dans le cadre de leur instruction religieuse. Sur le seul mois de novembre , cette année, nous avons reçu dix classes dans les églises de Copenhague. Les écoles ne sont plus aussi inquiètes de s'intéresser à nous et sont beaucoup plus curieuses ", affirma Redstrup.

Erik Nordestgaard, l'homme en charge des visites guidées scientologues a déclaré au Jyllands-Posten que de nombreux jeunes visitaient les centres de la Scientologie en petits groupes pour leurs projets scolaires, sans être accompagnés d'enseignants. Les élèves suivent classiquement des visites guidées et une lecture sur les origines du mouvement, après quoi il leur est remis des documents d'information et ils sont invités à poser des questions.

Le président de la section des dirigeants de l'Association des Enseignants Danois, Jens Farek, a critiqué sévèrement les enseignants au sujet de leurs visites aux centres scientologues dans le contexte de la formation religieuse. " Franchement, je suis surpris d'entendre que la Scientologie ait répertorié toutes écoles du pays et j'espère sincèrement qu'ils vont jeter tous leurs fichiers. Cela me préoccupe que de plus en plus d'élèves prennent part à ces visites. Bien sûr que les élèves ont besoin d'être informés sur les mouvements religieux new-âge mais ce n'est pas le rôle des écoles de le faire si concrètement. Prenant en considération que la Scientologie serait une tentation pour les âmes faibles et que ce sont ces mêmes âmes faibles qui sont visées par la Scientologie, " a déclaré Faerk.

Jens Linderoth, président du Dialogcentret qui informe le public sur les mouvements religieux new-age, admet que ces visites posent problème." Nous avons remarqué que la Scientologie enregistrait un niveau plus élevé d'activité depuis un certain temps. C'est un problème de les voir volontairement focalisés sur les jeunes et que les enseignants amènent leurs élèves sur le terrain. Les enseignants doivent clairement expliquer que ce mouvement a des secrets qui ne seront dévoilés qu'après une progression hiérarchique interne. Les adeptes s'exposent à rompre avec leur famille et leurs amis et à finir par donner tout leur argent à la Scientologie " a déclaré Linderoth.

La porte parole de la Scientologie, Anette Refstrup est ulcérée par ces crtitiques " Nous essayons précisément de démystifier la Scientolgie et d'apporter une vue plus large sur ce que nous sommes " a t'elle dit.



Mexique : Actualités diverses

"Gouvernement, écoute, la Sainte est en lutte"

AFP, , 4 mars 2005

[Texte intégral]

Des centaines de fidèles d'une secte vénérant la "Sainte Mort" (Santa Muerte), considérée comme sacrilège par l'Eglise catholique, ont manifesté vendredi en plein centre de Mexico pour réclamer leur reconnaissance par le gouvernement, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le gouvernement a initié une action contre la principale secte, nommée Eglise traditionnelle catholique Mexique-Etats-Unis, pour avoir enfreint la loi, car elle mène ses activités sans autorisation.

Les manifestants, qui portaient des statuettes ou des images de la "Sainte Mort" -- un squelette revêtu d'un capuce et portant une faux --, ont défilé aux cris de "Gouvernement, écoute, la Sainte est en lutte" ou "Ca se voit, ça se sent, la Sainte est présente".

Au Mexique, où les mouvements religieux doivent être enregistrés auprès du ministère de l'Intérieur, la "Sainte Mort", considérée généralement comme la patronne des voleurs et des prostituées, est vénérée dans les quartiers les plus populaires de la capitale, comme Tepito, où des autels sont érigés en pleine rue.

"Nous sommes venus pour que le président puisse résoudre ces problèmes de papier et qu'on donne à la Sainte un autel plus grand", en autorisant la construction d'un temple, a expliqué Alberto Ortiz Portillo, un travesti adorateur de la "Sainte Mort".

Adorer la mort "nous invite au renoncement et à la réflexion, à laisser de côté la rancoeur, l'aigreur, le désir de revanche", a affirmé pour sa part "Monseigneur" David Romo, qui se présente comme l'archevêque de la secte.



France : Problèmes médicaux

Un dentiste cannois condamné à ne plus exercer

Nice Matin, 6 mars 2005 par J.N

[Texte intégral]

Grasse : Adepte de la « dentisterie énergétique » qui prône l'extraction des dents dévitalisées, le praticien s'est également vu infliger 18 mois de prison avec sursis.

Un dentiste condamné pour sept dents arrachées.
Le TGI de Grasse lui a infligé 18 mois de prison avec sursis et une interdiction d'exercer.

C'est un adepte de la « dentisterie énergétique », qui prône l'extraction des dents dévitalisées

D....., un chirurgien-dentiste cannois de 42 ans, a été condamné à dix-huit mois de prison avec sursis et mise à l'épreuve. Il s'est vu infliger l'interdiction définitive d'exercer l'activité de chirurgien-dentiste. D.... est un adepte de « la dentisterie énergétique », une théorie appliquée par une minorité de dentistes en France. Elle consiste à prôner l'extraction des dents dévitalisées, celles-ci occasionnant, selon cette théorie, des problèmes de santé. C'est dans ce contexte que l'un des patients de D.... a déposé plainte en 2000, pour des extractions de dents réalisées en 1997. A la suite de ces interventions chirurgicales, cet homme a souffert de graves infections buccales et de l'arrière-gorge.

« II m'a arraché sept dents de manière barbare. Comme elles étaient solidement implantées,
il a meulé les os et j'ai perdu une partie du palais ».

Chanteur d'opéra, professeur de chant et conférencier, le patient de D...... a dû renoncer à ces activités.

« Je suis sidéré par ses mensonges », indiquait le chirurgien-dentiste à la barre ; « ses dents dévitalisées ont été enlevées avec son accord pour améliorer son état de santé. Les infections, ça peut arriver. Il n'a pas respecté le suivi post-opératoire puisqu'il est tout de suite reparti
en Suisse ».

En cours d'instruction de ce dossier, D.... a subi une sanction disciplinaire de la part du conseil régional de l'ordre des chirurgiens-dentistes, estimant que leur confrère avait « violé le code de déontologie »

« Une polémique mondiale »

D....évoquait la « polémique mondiale » (sic) opposant les tenants de la «dentisterie énergétique» aux dentistes « traditionnels ».
« C'est comme si on demandait à des allopathes de juger des homéopathes », commentait-il. Des témoins sont venus dire tout le bien qu'ils pensaient de D.... en tant que dentiste.

D'autres ont affirmé que le patient plaignant était d'accord pour l'extraction de ses dents.

« Nous sommes face au sectarisme et au fanatisme » lançait Me Ben Sedrine pour la partie civile.
« Ce n'est pas à nous de juger une théorie médicale » estimait le substitut Thierry Bonifay, « mais les mutilations subies par le patient - même s'il y a eu consentement - sont graves, car irréversibles ».

« Le patient plaignant raconte une fable afin d'obtenir de l'argent », plaidait Me Suid à la défense. Elle sollicitait la relaxe mais n'a pas été suivie.

Appel sera interjeté.




France : Témoins de Jéhovah

Refus d'un permis de construire: les Témoins de Jéhovah contre-attaquent

AFP , 7 mars 2005

[Texte intégral]

NANCY - Les Témoins de Jéhovah ont déposé un recours devant le tribunal administratif de Nancy contre le refus de la mairie de Deyvillers (Vosges) de leur délivrer un permis de construire pour une "salle du Royaume" de 1.500 places, a-t-on appris auprès de l'organisation lundi.

Le 5 janvier dernier, le maire du petit village vosgien de Deyvillers, dont la population s'est mobilisée contre le projet d'installation des Témoins de Jéhovah, avait refusé le permis de construire d'une vaste salle de réunion de l'organisation.

Le refus du permis de construire était motivé par des raisons "techniques", tenant à "la voirie, la circulation et l'évacuation des eaux".

Les Témoins de Jéhovah avaient deux mois pour réagir en déposant une demande modifiée de permis de construire ou en contestant la décision du maire. Vendredi, à la date limite du recours légal, l'organisation --via la société immobilière des Vergers Fleuris qui avait déposé le permis-- a présenté un recours en annulation de la décision du maire devant le tribunal administratif de Nancy, a indiqué un porte-parole de l'organisation en Lorraine.

Les habitants de Deyvillers, un village de 1.400 âmes à 4 km d'Epinal, craignant "le phénomène sectaire et ses dangers" se sont rassemblés en association, ont lancé des pétitions et ont organisé des manifestations contre l'implantation des Témoins de Jéhovah



O.N.U : Actualités diverses

Les Etats-Unis obtiennent à l'Onu l'interdiction totale du clonage humain

AFP, , 9 mars 2005

[texte intégral]

NEW YORK (Nations unies) - L'Assemblée générale des Nations unies a adopté mardi une déclaration controversée exhortant les gouvernements à interdire toute forme de clonage humain, y compris à visée thérapeutique, ce qui marque une victoire des Etats-Unis.

La Chine, la Belgique et la Grande-Bretagne ont immédiatement fait savoir qu'elles ne se sentaient pas liées par cette déclaration de l'Onu, qui n'est pas contraignante. Le texte a été adopté par 84 pays contre 34 et 37 abstentions, après quatre années de débats houleux.

L'administration du président américain George W. Bush avait mené une campagne vigoureuse pour une interdiction totale de ces pratiques et le thème du clonage a figuré en bonne place dans la campagne électorale présidentielle. De nombreux pays musulmans se sont abstenus, n'étant pas parvenus à trouver un consensus sur le sujet. L'ambassadeur britannique à l'Onu, Emyr Jones Parry, sans citer les Etats-Unis, a fustigé "l'intransigence de ceux qui ne sont pas prêts à reconnaître que d'autres Etats souverains" puissent défendre le clonage à but thérapeutique. Il a qualifié le texte de l'Onu de "déclaration ambiguë qui pourrait semer la confusion sur les possibilités de cet important domaine de recherche".

De son côté, le directeur de l'Institut de politique génétique, Bernard Siegel, a regretté que "les ennemis de la recherche sur les cellules souches embryonnaires aient privilégié l'idéologie au détriment de millions d'adultes souffrant et d'enfants priant pour la guérison". Mais "la recherche sur le clonage thérapeutique ne sera pas du tout entravée", a-t-il averti.

Au cours des longs débats, les 191 pays membres de l'Onu se sont unanimement et sans équivoque prononcés contre le clonage aux fins de reproduction. Mais beaucoup, suivant leurs scientifiques, sont en faveur d'un clonage dit thérapeutique. Deux résolutions avaient été proposées. L'une d'elle, rédigée par le Costa Rica et soutenue par les Etats-Unis et une cinquantaine d'autres pays, la plupart catholiques ou en développement, appelaient à une interdiction totale du clonage, qu'elle qualifiait de "contraire à l'éthique et au respect de la personne et moralement condamnable".

L'autre, rédigée par la Belgique et soutenue par plus de 20 pays dont beaucoup d'Européens, proposait de n'interdire que le clonage aux fins de reproduction. Elle laissait aux gouvernements le soin de statuer sur le clonage aux fins de recherches sur les cellules souches embryonnaires, les scientifiques espérant qu'elles mèneront un jour à des remèdes contre des maladies invalidantes comme l'Alzheimer ou Parkinson, ou résultant de lésions de la colonne vertébrale.



France : Religions

Pour l’enseignement de l’histoire du fait religieux

Forum, 8 mars 2005 par Jean-Pierre BRARD

[Texte intégral]

À l'occasion du débat parlementaire sur l'école, un amendement de Jean-Pierre Brard proposant l'enseignement de l'histoire du fait religieux a été adopté. Il s'agit d'une mutation importante qui peut aider à passer d'une " laïcité d'incompétence " à une " laïcité d'intelligence ".

A l'occasion du débat sur le port des signes religieux à l'école, en février 2004, j'avais proposé la mise en place d'un enseignement de l'histoire du fait religieux. Le ministre m'avait répondu que cette proposition n'avait pas sa place dans le texte que nous discutions alors, mais qu'elle pourrait la trouver dans la future loi d'orientation sur l'école. J'ai donc proposé un amendement (voir encadré) auquel j'attachais personnellement beaucoup d'importance et qui n'est d'ailleurs pas étranger à l'esprit de la Commission sur les signes religieux à l'école, qui avait travaillé l'année dernière à l'Assemblée nationale. C'est un débat qui doit être abordé dans son ensemble.

De plus en plus souvent, des questions liées aux religions, à leurs pratiques, à leurs histoires surgissent dans le cadre scolaire. Or, quand on évoque les questions religieuses avec les jeunes, on parvient rapidement à un constat tout à fait clair : l'ignorance sur ces sujets est très grande. Cet analphabétisme religieux est l'une des causes des difficultés que nous rencontrons pour développer le mieux-vivre ensemble.

L'ignorance génère la méfiance, qui peut elle-même provoquer l'hostilité et parfois la haine, laquelle précède la confrontation. Évidemment, nous n'avons pas le temps ici de nous interroger sur les sources de cet analphabétisme religieux dont les racines ne se trouvent pas dans la loi de 1905. Si l'on relit les interventions de Jean Jaurès et d'Aristide Briand lors de l'examen du texte, on voit bien que c'était une loi d'apaisement, de concorde, qui permettait de régler les relations entre les institutions et les religions. Cette loi a été suivie d'une confrontation très dure, entre l'État et l'Église catholique, qui ne prit fin qu'en 1923-1924. De cette confrontation a surgi l'idée que la loi de 1905 était anticléricale, ce qu'elle n'a jamais été, il faut le souligner et le redire, y compris aux intégristes qui érigent l'ignorance des religions en règle.

Comme j'avais déjà eu l'occasion de le souligner lors du débat de février 2004 relatif au port des signes religieux à l'école, c'est le principe même de laïcité, bien compris, qui nous fait obligation de traiter le problème de la méconnaissance généralisée du fait religieux et de son histoire.

Comme le dit Régis Debray, " La laïcité n'est pas une option spirituelle parmi d'autres, elle est ce qui rend possible leur coexistence, car ce qui est commun en droit à tous les hommes doit avoir le pas sur ce qui les sépare en fait ".

La laïcité, dans ses développements actuels, nous conduit à envisager la nécessité de passer, toujours comme le dit Régis Debray, d'une laïcité d'incompétence au sens juridique du terme, à une laïcité d'intelligence.

La laïcité d'incompétence est celle qui affirme qu'on ne parle pas de religion à l'école parce qu'elle est ce qui divise et que l'école doit, au contraire, unir.

Passer de la " laïcité d'incompétence " à une " laïcité d'intelligence ", c'est vouloir comprendre et donner aux élèves l'intelligence de leur propre histoire et de l'histoire des autres, notamment dans le domaine du religieux -que l'on soit croyant ou pas, les religions appartiennent à l'histoire de l'humanité. C'est proposer du religieux une vision objective et scientifique, rationnelle et non pas confessionnelle : apprendre une chronologie, des dates, un calendrier, la signification des fêtes de telle ou telle religion, le sens de l'Aïd-el-Kébir, celui de l'Ascension ou de Pessah, tout cela sans entrer dans le domaine de la croyance.

Il s'agit d'enseigner non pas la croyance, mais l'histoire du fait religieux. Il s'agit non pas de juger que telle ou telle religion est meilleure qu'une autre, mais d'offrir les connaissances élémentaires sur ce qui fait qu'une religion est différente d'une autre. Chacune a ses dogmes, sa théologie, sa géographie, son milieu, son histoire, d'où la nécessité de cette inclusion de la connaissance du religieux dans les programmes, non pas comme culte mais comme culture, c'est-à-dire comme ce que chacun doit apprendre pour devenir un citoyen instruit plutôt que d'ériger l'ignorance en principe.

C'est dans cet esprit et avec ces objectifs que j'ai proposé cet amendement introduisant l'enseignement de l'histoire du fait religieux dans les programmes. Sans vouloir magnifier ce qui se fait à Montreuil, c'est le résultat d'un travail de réflexion qui dure depuis maintenant de nombreuses années et auquel ont participé des universitaires aussi éminents que Mohamed Arkoun, Gilles Delouche, Françoise Micheau, Leïla Babes, Daniel Lindenberg, Joseph Maïla, Olivier Abel ou Mahmoud Azab.

Cette réflexion a un caractère intime et, sur un sujet aussi grave, il était légitime que chaque député puisse faire jouer une clause de conscience. L'amendement a été adopté à l'unanimité moins une voix.

À Montreuil, il m'arrive d'être confronté aux intégristes et je suis frappé de voir qu'ils spéculent sur l'ignorance. Je raconte parfois, à ce sujet, ce qui s'y est passé au mois de juin dernier. Une classe de retour d'une sortie scolaire regagne son école qui se trouve près de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, où Saint Louis venait régulièrement. L'institutrice, qui travaille avec ses élèves sur le Moyen âge, a l'idée de les faire pénétrer dans l'édifice pour leur donner quelques explications. Plusieurs élèves refusent alors d'entrer dans ce monument historique, qui appartient à la ville, au motif que cela leur est interdit. L'institutrice leur demande pour quelle raison. " Parce que nous sommes musulmans ", répondent-ils. On mesure leur ignorance.

J'ai eu une conversation avec cette institutrice. Sortant tout juste de l'IUFM, elle a cru bon de gronder les élèves qui ne voulaient pas entrer dans l'église. Ce n'était manifestement pas la bonne solution. Mais elle m'a avoué qu'elle n'avait pas su que leur dire, faute de posséder une formation sur ces questions.

J'appartiens pour ma part au conseil d'administration de l'Institut européen en sciences des religions. Un jour, dans cette éminente assemblée composée de doctes personnes, nous discutions de la formation des élèves en terminale. J'ai dit à mes compagnons de réunion mon embarras quand je me trouve avec les élèves des écoles élémentaires de Montreuil au moment de Yom kippour ou d'Aïd-el-kébir, quand le petit Juif est assis à côté du petit Arabe, ou d'un enfant dont les parents n'ont pas de confession et qui ne comprend pas ce qui se passe.

Voilà pourquoi il nous faut des enseignants formés, non seulement dans le secondaire, mais dès l'enseignement élémentaire. À l'initiative de l'Institut européen en sciences des religions, nous avons été autorisés à faire une expérimentation avec des volontaires, en accord avec le rectorat et l'inspecteur d'académie. À Montreuil autant et peut-être même plus qu'ailleurs, les enseignants sont des défenseurs de la laïcité. Pourtant le nombre de volontaires désireux de s'initier à la pédagogie de l'enseignement du fait religieux -et surtout pas à l'enseignement des religions - a été supérieur au nombre de places.

Au cours de l'année 2005, certains combattront la loi de 1905 sous couvert de dépoussiérage ou d'actualisation. Ils avancent déjà, benoîtement et sournoisement, écrivant des articles ici ou là. C'est le cas d'un personnage éminent qui a écrit dans Le Monde du 16 février un article que je tiens à citer. Il commence par dire qu'il " garde un attachement et une confiance sans faille dans les principes énoncés par la loi de 1905 ". Plus loin, il ajoute : " il faut aujourd'hui développer une véritable liberté d'exercice des cultes telle qu'annoncée par la loi " -comme si elle était menacée dans notre pays ! Il poursuit : " La loi de 1905 ne doit-elle pas être adaptée à une nouvelle configuration religieuse ? " Et il conclut : " Une véritable liberté des cultes, c'est bien l'enjeu fondamental qui se dessine en cette année 2005 ".

On le voit, si l'on ne veut pas ouvrir la boîte de Pandore, il faut maîtriser ce sujet en le traitant à l'école publique, et non pas dans les différents lieux où l'on enseigne librement les religions à la demande des familles, car alors nous sommes dans la sphère de la croyance et non pas de la rationalité.



Etats-Unis : Actualités diverses

Les scientifiques américains inquiets de la montée du néocréationnisme

AFP, , 9 mars 2005

[Texte intégral]

WASHINGTON - La communauté scientifique américaine monte au créneau pour tenter de contrer l'influence des partisans dits de l'"intelligence supérieure", une nouvelle théorie sur l'origine de la vie sur terre, que les Darwiniens considèrent comme relevant du néocréationnisme.

Ce nouveau mouvement, qui estime que seul un être supérieur peut être responsable de la complexité des formes apparues sur Terre, est de plus en plus présent dans les publications et forums scientifiques américains.

La théorie de l'évolution a été largement admise comme base de toute explication scientifique sur les radiations animales et végétales depuis la rédaction il y a 145 ans de l'"Origine des espèces" de Charles Darwin.

Mais le soutien à la nouvelle théorie accordé par un certain nombre de biologistes a placé les Darwiniens sur la défensive, tout en apportant de l'eau au moulin des groupes religieux conservateurs qui récusent la théorie de l'évolution.

Les scientifiques Darwiniens brandissent le spectre d'un mélange de genres alliant politiciens ultra-conservateurs et traditionnalistes religieux.

"C'est à la base un mouvement chrétien", estime Barbara Forrest, professeur de philosophie à l'université du sud-est de Louisiane, chef de file des anti-néocréationnistes.

Les partisans de ce mouvement de "l'intelligence supérieure" affirment que la théorie de l'évolution n'arrive pas à répondre à certaines questions sur le développement de certaines formes vivantes.

"La science ne progresse pas en ignorant quelque chose qui apparaît évident", déclare Michael Behe, professeur de biochimie à l'université Lehigh, et ardent avocat de la nouvelle pensée.

Elle stipule notamment que certaines structures chez des êtres tels que les flagellés, ou les ailes de mouches du genre Drosophila, ne peuvent être expliquées par le seul concept darwinien de la sélection naturelle.

M. Behe estime que la complexité des flagellés et de certains "mécanismes" présents dans les cellules n'a pas pu évoluer à partir d'autres formes vivantes.

Les Darwiniens, qui représentent la très grande majorité des scientifiques, estiment quant à eux que Behe et ses partisans s'"approprient ce qui est encore inconnu pour conclure à leur création par une intelligence supérieure".

La polémique croît depuis ces derniers mois aux Etats-Unis, et a parfois des ramifications politiques.

Un biologiste connu, Richard Sternberg, a déposé plainte contre le muséum Smithsonian de Washington qui l'avait présenté comme un fondamentaliste religieux pour avoir participé à la publication d'une étude scientifique en 2003 avec un ténor néocréationniste, Stephen Meyer.

Dans l'ouest, l'Institut Discovery, un groupe de réflexion conservateur basé à Seattle (Washington), défend avec vigueur la nouvelle théorie.

Jonathan Wells, docteur en biologie moléculaire et en études religieuses, et membre du Discovery, estime que le débat actuel montre "les limites du Darwinisme".

Les scientifiques peuvent conclure à l'existence de "l'intelligence supérieure" de manière empirique évidente, dit-il. Mais pour lui, définir le "responsable de cette intelligence" va au-delà des possibilités de la science.

Wells rejette ceux qui qualifient les partisans de la nouvelle théorie de "néocréationnistes" qui s'appuieraient sur une explication biblique des origines de la vie.

Les créationnistes essaient régulièrement de faire entrer leur théorie dans l'enseignement de la biologie. En novembre, les chefs d'un établissement scolaire à Dover (Pennsylvanie, est) ont demandé aux professeurs d'inclure la théorie de "l'intelligence supérieure" dans les cours de biologie de 4e.

Les avocats de la théorie créationniste sont encouragés par un communiqué publié en 1999 par le gouverneur du Texas de l'époque, l'actuel président George W. Bush, pour qui "les enfants doivent être soumis à plusieurs théories sur les origines du monde".



France : Sectes

Le cartel des sectes en appelle à l'O.N.U

France Soir, 9 mars 2005 par Philippe Bouvier.

[Texte intégral]

Sous couvert de libéralisme, les mouvements sectaires occupent dans le monde une place de plus en plus large, revendiquant le droit à la liberté de conscience sur le modèle américain. Autant dire que l'exception française qui, dans le concert mondialiste, refuse toujours de voir dans la Scientologie une Eglise comme les autres, est la cible d'attaques toujours plus vives de la part de ces "mouvements religieux" autoproclamés.

Le 22 février dernier, sept d'entre eux ont déposé plainte auprès du rapporteur spécial des Nations Unies contre legouvernement français qu'ils accusent de violer délibéré-ment la neutralité du système judiciaire.

Dans ce curieux attelage évangélico-islamico-scientologue on retrouve un certain Thierry Bécourt, président de l'institut de psychanimie, Michel Raoust, le président du comité français des Scientologues contre la discrimination, Mohamed Taifour, directeur du Centre culturel islamique de Montreuil ou encore le pasteur Laurent Coddy, président des Eglises africaines d'expression chrétienne en France. " Depuis 1996, écrivent-ils, le gouvernement français a adopté touteune série de mesures discriminatoires contre des groupes religieux étiquetés comme sectes, alors qu'en droit français rien ne permet de définir, de quoi il s'agit."

Ils accusent le gouvernement de violer la neutralité du système judiciaire

A I'origine de leur colère, les récentes circulaires émises parles ministères de l'Intérieur et de la Justice demandant aux procureurs de " combattre" les sectes avec " une vigilance sans faille " et une "sévérité particulière ". Les plaignants stigmatisent également les cellules de vigilance mises en place dans chaque département et qui associent magistrats et militants des associations anti-sectes.

Face à cette fronde, l'Assemblée nationale consacrera demain une journée d'étude, à la lutte contre les. dérives sectaires. Sous l'égide du député des Ardennes, Philippe Vuilque, président du groupe d'Etudes sur les sectes. les parlementaires et les acteurs de la lutte contre les phénomènes sectaires aborderont dans un premier temps la préservation des enfants et des adultes, puis l'arsenal pénal et le recours au droit fiscal contre les dérives sectaires.

Même si les sectes ont changé de visage avec l'apparition de myriades de pseudo thérapeutes issus de la mouvance New Age, les grands mouvements
" traditionnels " ne désarment pas pour autant. Ainsi, France-Soir vous dévoile le lobbying mené par les Té-moins de Jéhovah dans les hôpitaux sur la délicate question de la transfusion sanguine. Philippe Bouvier.



France : Témoins de Jéhovah

Les Témoins de Jéhovah à l'assaut des hôpitaux

France Soir, 9 mars 2005 par Philippe Bouvier.

[Texte intégral]

" A l'égard des païens qui ont cru, nous avons décidé (...) qu'ils eussent à s'abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés, et de l'impudicité". Quand il écrivait le livre des Actes, Luc, l'évangéliste médecin, pouvait il imaginer que quelques siècles plus tard, ce vingt-cinquième verset du chapitre 21 allait conduire des hommes à se laisser mourir?

Pour lesTémoins de Jéhovah, le sang, c'est l'âme. Si leur conséquent refus de toute transfusion sanguine a souvent défrayé la chronique, un relatif modus vivendi semble avoir été trouvé avec le corps médical. "C'est leur choix, fondé sur leur croyance, leur conviction. Et il est tout à fait respectable, reconnaît le directeur médical et scientifique de l'Etablissement Français du Sang, Georges Andreu, même si c'est difficile d'un point de vue médical. Quand une transfusion est prévisible, le patient en est averti et s'il la refuse, alors le médecin le prévient qu'il ne pourra pas le soigner. Il faut tenir un langage clair."

De leur côté, les Comités de liaison hospitaliers des Témoins multiplient les ambassades auprès des chefs de services les plus concernés par les problèmes de transfusion : anesthésie-réanimation, orthopédie, chirurgie... Lionel Juge, enseignant retraité, et responsable du CLH de Poitou Charente démarche systématiquement les hôpitaux de son secteur. " On leur distribue des documents, souvent en anglais, pour les informer, leur montrer que
d'autres équipes travaillent sans recourir à la transfusion. "

En quatre ans, dix mille exemplaires d'une vidéo, produite par le jéhoviste service d'information hospitalier de Brooklyn ont été diffusés dans tous les hôpitaux de France et de Navarre. Intitulé "Les alternatives à la transfusion" ce DVD réalisé voici quatre ans fait le point sur toutes les techniques existant à l'heure actuelle pour limiter ou éviter le recours à la transfusion.

Une dizaine de praticiens américains et européens expliquent comment ils limitent les pertes sanguines au cours des interventions chirurgicales dopent le taux d'hématocrite de leurs patients pour les préparer à mieux récupérer de l'opération, ou encore augmentent le volume sanguin par dilution de solutions salées...

Rien de bien méchant. Après tout, ces techniques ne sont pas des inventions jéhovistes, et concernent à l'évidence une population bien plus large que le public de la secte, une population d'ailleurs passablement refroidie par les affaires de sang contaminé. Néanmoins, ces méthodes sympathiques n'apportent pour autant aucune réponse pour les cas où la transfusion est indispensable à la survie.

"Ces médecins ne sont pas du tout Témoins de Jéhovah ! " assure Lionel Juge. Voire. Car le seul Français, un certain Jean-François Baron, anesthésiste à l'hôpital Broussais est également connu comme le président de NATA (Association internationale pour le développement des techniques alternatives à la transfusion sanguine). Ce professeur des université a depuis quitté Broussais pour la Pitié Salpêtrière et travaillerait aujourd'hui pour un laboratoire pharmaceutique. A noter que le vice président de NATA n'est autre que Michel de Guildenschmidt. Cet ancien conseiller d'Etat, qui se donne pour orthodoxe et se défend d'être jéhoviste, n'en est pas moins l'un des avocats de la secte.

Enfin, si les sectes se plaignent de l'hostilité des services de l'Etat, force est de constater qu'elles disposent, elles aussi, de relais jusque dans les rangs de la justice. Sur l'un des dépliants fournis à l'appui du DVD figure en bonne place, sous le titre "L'avis de professionnels", cette note signée d'un magistrat au TGI de Bobigny, Frédéric Jérôme Pansier : "Le bureau d'information hospitalier créé par les Témoins de Jéhovah depuis 1990 est un service d'information (...) afin de faciliter la communication entre médecins et malades témoins de Jéhovah, de favoriser l'échange de moyens et techniques, et enfin de développer l'information hospitalière sur la chirurgie sans transfusion et les solutions substitutives."

Une question reste tout de même sans réponse : pourquoi diable le corps médical aurait-il besoin de la pédagogie des Témoins de Jéhovah?



Chili : Sectes - Colonia Dignidad

L'ex-nazi Schaefer, chef d'une secte au Chili poursuivi pour pédophilie

France Soir, 9 mars 2005 par Philippe Bouvier.

[Texte intégral]

(PORTRAIT)

SANTIAGO - L'ex-caporal nazi Paul Schaefer arrêté jeudi en Argentine, chef spirituel de l'enclave allemande Colonia Dignidad, une secte installée dans le sud du Chili depuis 1961, a rivalisé de ruse pour échapper à la justice chilienne. Agé aujourd'hui de 83 ans, Schaefer, d'allure énergique et de port rigide avec ses 1,78 mètres avant sa disparition en 1996, se déplace désormais en chaise roulante, selon des informations parvenues de Buenos Aires.

Quand la justice chilienne ordonna son arrestation en août 1996, le fondateur de la Colonia Dignidad fit savoir qu'il ne se rendrait jamais. Ses avocats ont toujours rejeté les accusations de viols d'enfants pour lesquelles des condanations ont été prononcées en 2004 au Chili, alors que les premières plaintes à ce sujet avaient été déposées contre lui peu après la fondation de la colonie en 1961. Elles ont débouché sur la condamnation en novembre 2004 de 22 responsables de la colonie, accusés de complicité avec Schaefer dans le viol de 27 enfants de paysans pauvres des alentours de l'enclave allemande, située près de Parral, à 350 km au sud de Santiago.

La première plainte pour viol d'un enfant date d'il y a plus de 40 ans et a été déposée "par son ami d'enfance Willy Georg qui l'avait dénoncé en Allemagne pour avoir sodomisé son fils", avait déclaré en mai 1997 un étroit collaborateur de Schaefer, Heinz Kunz, qui avait fui la colonie en 1988. Paul Schaefer, caporal-brancardier de l'armée pendant la Seconde Guerre mondiale, parcourait les rues de Sieburg et Bonn comme pasteur avant de créer en 1957 la "Mission sociale privée" pour la protection des orphelins de guerre.

Il quitta subitement l'Allemagne en 1960 après le dépôt d'une trentaine de plaintes pour viols d'enfants et fonda au Chili en 1961 la Société d'éducation et de bienfaisance Dignidad, surnommée Colonia Dignidad, pour les victimes d'un tremblement de terre dans la région de Concepcion (sud). Un ex-pilote de l'armée de l'air du IIIe Reich, Hermann Schmidt, a fait partie des fondateurs de la colonie "mais le chef omniprésent et cruel était Paul Schaefer", a déclaré à l'AFP Manuel Rodriguez, un admirateur chilien de l'enclave à ses débuts.

Selon Wolfgang Mueller, un jeune membre de la colonie qui s'en était échappé dès 1966 et vit aujourd'hui à Hambourg, Schaefer dormait pratiquement toutes les nuits avec un enfant différent dont il abusait. Le viol était un "instrument pour garantir la loyauté" entre dominants et dominés au sein de la colonie, a expliqué à l'AFP un magistrat informé du dossier: "c'est une secte avec la religion comme moyen de soumission. Schaefer disait aux enfants: +Ou tu vas avec moi, Dieu, ou en enfer+".

Ces dernières années, l'étau judiciaire s'est resserré autour de Schaefer avec le récent procès condamnant ses lieutenants pour complicité de pédophilie et une multiplication de plaintes contre la colonie pour des disparitions de prisonniers sous la dictature d'Augusto Pinochet (1973-90) et des tortures à l'intérieur de l'enclave allemande

 



Chili : Colonia Dignidad

Paul Schaefer sera jugé au Chili pour pédophilie et tortures sous le régime Pinochet

Dernière heure, 13 mars 2005

[Texte intégral]

SANTIAGO L'ex-caporal nazi Paul Schaefer a été expulsé d'Argentine vers le Chili où il est arrivé dans la nuit de samedi à dimanche à bord d'un avion de la Force aérienne chilienne, les autorités argentines ayant accédé à la demande de Santiago qui veut le juger pour pédophilie et tortures pendant la dictature d'Augusto Pinochet.

En fuite depuis près de huit ans, l'ancien chef de l'enclave allemande Colonia Dignidad, âgé de 83 ans, avait été arrêté jeudi à Tortuguitas, près de Buenos Aires, et hospitalisé aussitôt en raison d'une hypertension artérielle. La police argentine était depuis six mois sur ses traces.

Paul Schaefer était arrivé samedi soir à l'aéroport de Buenos Aires dans une ambulance, menotté et avec un gilet pare-balles, entouré d'un dispositif policier spécial supervisé par le ministre argentin de l'Intérieur Anibal Fernandez. Le détenu avait été remis au vice-ministre chilien de l'Intérieur Sergio Correa, qui dirigeait les opérations de transfert dans un appareil des Forces aériennes chiliennes.

Attaché avec des courroies sur un brancard, il avait été transféré sur un fauteuil roulant avant d'être mené dans l'avion. Il semblait calme, avec une expression absente, et à même de pouvoir supporter un bref voyage en avion.

Le juge fédéral argentin Hector Echave, en charge de l'affaire, a expliqué à l' AFP que l'expulsion rapide de Schaefer avait été rendue possible parce que le Chili avait annulé sa demande d'extradition à l'encontre de l'ancien nazi.

De ce fait, Schaefer tombait immédiatement sous le coup de la nouvelle loi argentine sur l'immigration, adoptée en janvier, qui prescrit que tout étranger, qu'il soit entré légalement ou illégalement en Argentine, peut être déporté s'il est accusé par un autre pays de crimes contre l'humanité.

Schaefer avait disparu de Colonia Dignidad, une secte fondée par lui en 1961 dans le sud du Chili, en faisant courir le bruit qu'il était mort, lorsque Interpol a lancé à son encontre en 1996 un mandat d'arrêt international à la suite de plaintes pour pédophilie.

Ces plaintes ont débouché sur la condamnation en novembre 2004 de 22 responsables de la colonie allemande pour 27 cas d'abus sexuels sur des enfants de paysans pauvres des environs de Colonia Dignidad.

Le mandat d'arrêt d'Interpol inclut aussi les requêtes du juge Joaquin Billard de la cour d'appel de Santiago, qui enquête sur des disparitions de prisonniers politiques dans l'enceinte de Colonia Dignidad sous la dictature du général Pinochet, selon des sources judiciaires à Santiago.



France : Raël

Raël contre un de ses amis d'enfance: le tribunal constate la prescription

AFP , 14 mars 2005

[Texte intégral]

PARIS - Le tribunal de grande instance (TGI) de Paris a constaté lundi la prescription des faits reprochés à un ami d'enfance du gourou de la secte des raëliens, Claude Vorhilon alias Raël, que ce dernier poursuivait pour avoir remis en cause la sincérité de ses convictions. Le différend entre les deux hommes portait sur les propos tenus par l'ami d'enfance du gourou, Roland Chevaleyre, restaurateur à Ambert (Puy-de-Dôme), lors d'une émission de M6 intitulée "sectes, escrocs et manipulateurs" et diffusée le 10 avril 2001.

Ce dernier rapportait une conversation qu'il avait eu avec Raël quatre ans auparavant et au cours de laquelle le leader du mouvement sectaire lui aurait avoué avoir menti sur les convictions qu'il professe depuis 25 ans. L'émission de M6 avait ensuite été diffusée sur un site internet spécialisé dans la lutte anti-sectes et dont l'éditeur, Xavier Martin-Dupont, était également poursuivi devant le TGI.

"C'est à bon droit que M. Martin-Dupont soutient, que lors du premier acte de poursuite (...) les propos litigieux avaient été mis en ligne pour la première fois plus de trois mois (durée de la prescription en matière de presse, ndlr) auparavant, de telle sorte que l'action doit être déclarée prescrite", explique le jugement rendu par la 17e chambre du TGI.



France : Sectes

Lutte discrète contre les sectes

La Croix , 14 mars 2005 par Marianne Gomez

[Texte intégral]

Des personnes impliquées dans la lutte contre les sectes dénoncent aujourd'hui un certain relâchement. Ces critiques coïncident avec la publication imminente du rapport annuel de la Miviludes

Où sont passés Moon, la scientologie, les Témoins de Jéhovah… ? Que sont devenus ces groupes emblématiques du mouvement sectaire qui, il y a peu, faisaient régulièrement les titres de l’actualité ? Discrets jusqu’à l’effacement, ils ne font plus parler d’eux. "C’est parce qu’il n’y a plus de grand scandale, explique Daniel Groscolas, président du CCMM-Centre Roger-Ikor. Ces groupes ont compris que la France était déterminée. Ils ne commettent plus les mêmes erreurs qu’il y a dix ans et, du coup, il devient difficile de les prendre en défaut."

Le député PS des Ardennes, Philippe Vuilque, président du groupe parlementaire d’études sur les sectes, fait quant à lui une tout autre analyse de la situation. «Il y a un relâchement de la lutte contre les sectes. À tel point qu’on est aujourd’hui dubitatifs sur la volonté de l’État»…

Retour en arrière. Fin novembre 2002, la Mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) succédait à la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (Mils). Un nouveau nom pour une nouvelle orientation : le gouvernement veut rompre avec la précédente politique de lutte contre les sectes, jugée trop "va-t-en-guerre". Désormais, on ne va plus se focaliser sur les sectes, mais uniquement sur les "dérives sectaires", c’est-à-dire les comportements répréhensibles.

L’idée est de mieux respecter les libertés et de ne plus prêter le flanc aux critiques américaines qui, régulièrement, accusent la France de pratiquer une politique discriminatoire à l’encontre des religions. Pour mener à bien ce virage à 180 degrés, le gouvernement choisit un haut fonctionnaire, Jean-Louis Langlais. Le président de la Miviludes arrive au terme de son mandat cette année. Et, à l’heure du bilan, plusieurs observateurs se demandent si la voie de la modération choisie en 2002 n’a pas abouti à stériliser l’action.

Complaire aux Américains


Pour Catherine Picard, qui dirige l’Union nationale de défense de la famille et de l’individu (Unadfi), association de défense des victimes, «on assiste à un retour de balancier. La Miviludes ne fait pas le travail de fond qu’elle devrait faire sur certains groupes. Et il y a des ministères qui se sont totalement désengagés.» «Pour complaire aux Américains, poursuit le vice-président de l’Unadfi, Jean-Pierre Jougla, on a renoncé à tout discours offensif sur le phénomène sectaire. Le fait de parler de dérives sectaires a amené un rétrécissement de l’approche : on ne considère qu’il y a problème que s’il y a un dérapage pénal. Or les victimes de sectes saisissent rarement la justice !»

Ces critiques sont reprises, sous le couvert de l’anonymat, par une partie des professionnels impliqués dans le secteur. «Le nouveau discours consiste à dire que le paysage a beaucoup changé, qu’il y a de plus en plus de petites sectes. Du coup, on s’occupe de microgroupes nichés au fond de la Creuse et, pendant ce temps-là, les groupes les plus puissants continuent de prospérer sans être inquiétés», relève ainsi l’un de nos interlocuteurs.

Des faits précis sont évoqués. Le 30 août 2004, alors qu’il était en poste à Bercy, Nicolas Sarkozy a reçu l’acteur américain Tom Cruise, propagandiste phare de la scientologie. «Ça nous a scandalisés», se souvient Philippe Vuilque. De même, ce député n’a pas compris que le ministère de l’intérieur, en réponse à la question d’un préfet, considère que les Témoins de Jéhovah pouvaient prétendre au statut d’association cultuelle sans que cela pose problème.

Toujours à propos des Témoins de Jéhovah, plusieurs observateurs racontent aussi qu’une première version du rapport 2003 de la Miviludes les présentait sous un jour très anodin. «Heureusement, on a pu le faire corriger.» On reproche également à la Miviludes d’avoir reçu les avocats de certaines grandes sectes. «C’est vrai, admet son secrétaire général Gilles Bottine, et c’était avec l’idée qu’une mission doit agir dans la transparence. Le souci de ces mouvements est d’être retirés de la liste établie par les parlementaires : nous les avons renvoyés vers les parlementaires.»

"La France est le seul pays à avoir un dispositif aussi développé !"

Toutes ces attaques sont jugées «déloyales et malhonnêtes» par le président de la Miviludes, Jean-Louis Langlais. «On n’en a jamais autant fait contre les sectes !» Et de rappeler les récentes actions de la Miviludes : création de 12 nouvelles cellules de vigilance auprès des préfets en 2004 ; mise en place de correspondants régionaux ; publication d’un Guide de l’agent public face aux dérives sectaires (lire La Croix du 14 janvier 2005) ; organisation du séminaire «sectes et laïcité», dont les actes viennent de paraître (lire ci-contre) ; colloque organisé avec des avocats…

«La France, poursuit Jean-Louis Langlais, est le seul pays à avoir un dispositif aussi développé !» Mais pourquoi ne pas dire que certains groupes sont dangereux, même s’ils ne tombent pas sous le coup de la loi ? «Ce serait maladroit, coupe le président. Que veut-on ? Que l’on tire sur tel ou tel groupe ? De quel droit le ferait-on, à partir du moment où ils n’ont pas franchi la ligne jaune ? On serait taxés de liberticides et attaqués en diffamation. Moi je m’honore de ce qu’en trois ans, la France n’a jamais été attaquée devant la Cour européenne des droits de l’homme. Pour autant, on ne baisse pas la garde, et si on ne parle pas de certains groupes, c’est parce qu’ils ont moins d’écho en France qu’auparavant.»

Le député communiste de Seine-Saint-Denis, Jean-Pierre Brard, vice-président du groupe d’étude parlementaire sur les sectes et membre du conseil d’orientation de la Miviludes, est sur la même ligne. «Ce qui peut donner l’impression qu’il ne se passe rien, c’est qu’on n’est pas sur les barricades ! Mais on a une vraie vigilance.» Daniel Groscolas, président du CCMM, accorde aussi un satisfecit à la Miviludes : «C’est vrai qu’il n’y a pas le souffle qu’on a connu avec la précédente mission. Mais celle-ci partait en guerre contre tout ce qui bouge ! Personnellement, je redoute les chasses aux sorcières et préfère la sérénité.»

Alors, désengagement ou rééquilibrage ? Une autre manière de juger l’action menée par les pouvoirs publics est d’en évaluer les résultats. En matière de justice par exemple, trois importantes décisions ont été rendues l’an dernier. Pour la première fois, l’Association spirituelle de scientologie d’Île-de-France (Asesif) a été condamnée par la Cour de cassation en tant que personne morale pour violation de la loi informatique et libertés, pour avoir conservé sur des fichiers informatiques des données concernant d’anciens membres de la secte.

Par ailleurs, la Cour de cassation a confirmé la condamnation des Témoins de Jéhovah à verser à l’État 44 millions d’euros de redressement fiscal, au titre de la taxation des dons manuels. Enfin, par une première application de la loi About-Picard, qui réprime les atteintes aux personnes en état de faiblesse, le tribunal correctionnel de Nantes a condamné à trois ans de prison avec sursis le gourou de la secte apocalyptique Néo-Phare (celui-ci a toutefois fait appel).

L’équilibre actuel, fragile, peut à tout instant basculer

Autre domaine dans lequel on a avancé : celui de la formation, de plus en plus en butte aux tentatives d’infiltrations sectaires. Peu à peu, le champ s’assainit. À la sous-direction du contrôle de la formation professionnelle, qui dépend de la délégation générale à l’emploi, Stéphane Rémy décortique, à partir des dossiers signalés par les services régionaux de contrôle, les demandes d’immatriculation déposées par tous ceux qui veulent être enregistrés comme formateurs –ils sont plusieurs milliers chaque année.

«L’un des critères qui nous interpellent, explique Stéphane Rémy, est le parcours du candidat, lorsqu’il s’agit d’une personne qui, après avoir suivi un stage, puis un autre, etc., souhaite devenir elle-même formateur. Un autre indice qui nous incite à la vigilance est la présence, dans le dossier, d’un produit phare qui revient sans cesse mais dont le contenu ou l’utilisation ne sont jamais clairement précisés. On a ainsi souvent un faisceau d’éléments caractéristiques : le fait de proposer un programme de formation pour tous publics, avec un langage pseudo-scientifique, de mélanger l’offre de développement personnel et professionnel, etc.» Si, après analyse approfondie, il s’avère que l’organisme n’a pas pour objet la formation, il ne sera pas enregistré. Plusieurs organismes sont ainsi recalés chaque année.

Les sectes sont donc loin d’avoir le champ libre en France. Mais les contenir nécessite une vigilance constante. Et l’équilibre actuel, fragile, peut à tout instant basculer.

REPERES

Qu’est-ce que la Miviludes ?

C’est un organisme placé auprès du premier ministre qui a pour missions (décret du 28 novembre 2002) de :

1. Observer et d’analyser le phénomène des mouvements à caractère sectaire dont les agissements sont attentatoires aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales ou constituent une menace à l’ordre public ou sont contraires aux lois et règlements.
2. Favoriser […] la coordination de l’action préventive et répressive des pouvoirs publics à l’encontre de ces agissements.
3. Développer l’échange des informations entre les services publics sur les pratiques administratives dans le domaine de la lutte contre les dérives sectaires
4. Contribuer à l’information et à la formation des agents publics dans ce domaine
5. Informer le public sur les risques et, le cas échéant, les dangers auxquels les dérives sectaires l’exposent et de faciliter la mise en œuvre d’actions d’aide aux victimes
6. Participeraux travaux relatifs aux questions relevant de sa compétence, menées par le ministère des affaires étrangères dans le champ international.

Comment fonctionne la Miviludes ?

La Miviludes a à sa tête un président nommé pour trois ans, assisté d’un secrétaire général et d’une dizaine de fonctionnaires détachés par leurs administrations, dont quelques-uns sont chargés de suivre spécifiquement certains secteurs (santé, formation, etc.).

Elle se compose en outre de :

– un comité exécutif de pilotage opérationnel (Cepo) constitué par les représentants des différents ministères concernés, qui se réunit au moins six fois par an ;
– un conseil d’orientation constitué d’une trentaine de personnalités nommées à raison de leur expérience ou de leurs compétences (députés, sociologues, représentants d’associations…), dont la mission est de dégager les orientations et perspectives d’actions de la Miviludes.

À lire

Sectes et laïcité, La Documentation française, 350 p., 20 €.

Voir :

Quelques reflexions à l'article sur les sectes (doc PDF)



France : Religions

Deux fédérations protestantes vont porter plainte

Le Figaro , 14 mars 2005 par Sophie de Ravinel

[Texte intégral]

Jean-Pierre Brard dit avoir interrompu un culte pour raison de sécurité
Deux fédérations protestantes vont porter plainte contre le maire de Montreuil

Une affaire de protection contre le feu dans des salles de culte protestant en banlieue parisienne se propage comme un incendie. La Fédération protestante de France (FPF), présidée par le pasteur Jean-Arnold de Clermont, ainsi que la Fédération évangélique de France (FEF), ont décidé de se constituer partie civile dans une plainte qui sera déposée - avant l'été au plus tard - contre le député maire de Montreuil apparenté communiste, Jean-Pierre Brard. Ce dernier est accusé d'avoir interrompu des cultes, le 6 février dernier.

«Dans l'un de ces lieux de culte, a expliqué le pasteur Jean-Arnold de Clermont en marge de l'Assemblée générale de la FPF, M. Brard a pris la parole, se saisissant du micro, pour demander aux fidèles de prier moins fort par respect pour le voisinage. Il s'est aussi permis d'arracher des affiches sur les murs, puis a demandé à ce que lui soient présentés dans la demi-heure les registres sur la sécurité.» Selon le président de la FPF, qui n'a pas directement constaté les faits, «des excuses auraient suffi pour classer cette affaire». Outre la violation de l'article 32 de la loi de 1905 sur la liberté de pratiquer les cultes, trois des associations culturelles «visitées» devraient porter plainte pour abus de pouvoir de la part du maire. Mais elles ne comptent pas s'arrêter là. Les fidèles sont noirs pour la plupart et Jean-Arnold de Clermont «se dit profondément convaincu qu'il y a aussi discrimination».

Interrogé par Le Figaro, Jean-Pierre Brard accuse à son tour Jean-Arnold de Clermont. «Il se situe sur le registre de l'affabulation et de la victimisation pour arriver à ses fins : la révision de la loi de 1905 pour mise en péril de la liberté religieuse.» Le maire de Montreuil nie en bloc avoir saisi un micro ou déchiré une affiche. Il affirme avoir demandé des documents sur la protection incendie, usant de son pouvoir de police administrative. Un responsable d'une des assemblées l'aurait accueilli avec agressivité sans disposer d'aucun des documents exigés. Pour cette raison, Jean-Pierre Brard est revenu une heure plus tard avec trois policiers - «muets et passifs» - afin de faire évacuer les lieux. «En cas d'incendie, justifie le maire, je suis le premier mis en examen.»

Pour le maire de Montreuil, cette affaire n'a rien à voir avec un paravent derrière lequel se dissimileraient des crispations laïques face à des craintes de fondamentalisme ou de dérives sectaires. «On ne peut pas me taxer de ce type de comportement. L'amendement sur l'enseignement du fait religieux à l'école que j'ai proposé à l'Assemblée le 2 mars dernier, a été adopté à l'unanimité moins une voix.» Jean-Pierre Brard et Jean-Arnold de Clermont ont déjà croisé le fer ces dernières années, notamment sur la question des sectes dont le député de Seine-Saint-Denis s'est fait une spécialité à l'Assemblée.



France : Témoins de Jéhovah

Deyvillers refuse la «salle du Royaume»

Le Figaro, 14 mars 2005 par Marie-France Bezzina

[Texte intégral]

VOSGES - Un village s'oppose à l'édification d'un centre des Témoins de Jéhovah

L'épreuve de force entre les Témoins de Jéhovah et les habitants de Deyvillers (Vosges) qui s'opposent à la construction d'une «salle du Royaume», un véritable centre cultuel régional, reprend de plus belle. Vendredi soir, l'Association de défense de l'environnement de Deyvillers (Aded) a annoncé que la société civile immobilière Les Vergers fleuris avait acquis voici une quinzaine de jours un terrain de six hectares. «Légalement», constate le maire, René Crozat, qui n'en pense pas moins. Cette SCI représente en fait les Témoins de Jéhovah.

Ce domaine était composé de parcelles dont les propriétaires ne demeurent pas forcément dans la région. Ont-ils été tous prévenus, lors du compromis de vente, de la destination de leurs biens ? Les Témoins de Jéhovah ont aussi entamé une première procédure devant le tribunal administratif de Nancy pour que leur soit reconnue «une identité cultuelle». Des jugements récents leur sont favorables. «Un bâtiment destiné à l'exercice d'un culte est un équipement d'intérêt général», disent-ils.

La population, hostile à cette implantation, s'était exprimée contre ce projet dans un référendum local puis par une pétition qui a récolté 3 500 signatures d'habitants de Deyvillers mais aussi des communes proches - parmi elles, celles d'élus. Pourtant, rien ne décourage l'organisation des Témoins de Jéhovah qui a récemment publié un communiqué au ton volontaire : «Nous n'avons jamais causé de troubles à l'ordre public.»

Les anti-Jéhovah savent que leurs adversaires iront désormais jusqu'au bout, et ce d'autant plus qu'ils ont déjà été éconduits de Remomex, à quelques kilomètres de Deyvillers, après plusieurs années de procédure. Le certificat d'urbanisme et le permis de construire ne leur sont toutefois pas acquis. La Direction départementale de l'équipement a son mot à dire sur les problèmes d'assainissement et de voies d'accès. C'est pour attaquer par ces biais que les habitants de Deyvillers ont créé une association de «défense de l'environnement»



France : Château de Monflanquin

Victime d'un gourou, une famille se cloître

Femme Actuelle , 14 mars 2005 par Loïc Chauveau

[Texte intégral]

En septembre 2001, Jean Marchand a perdu sa femme et ses enfants : ils se sont cloîtrés dans le château familial et refusent tout contact avec le monde extérieur. Une situation si préoccupante que les policiers ont mené une enquête dont le rapport vient d'être déposé sur le bureau du procureur d'Agen.

Tout commence le 7 septembre 2001. Ce jour-là, Jean se repose dans sa résidence secondaire de Monflanquin, sur les coteaux du Lot-et-Garonne. Ce journaliste parisien de 57 ans savoure ses derniers moments de vacances avant de rentrer travailler à Paris où sa femme fait justement un aller-retour pour préparer la rentrée de l'école de secrétariat qu'elle dirige.

Il est 15 h 30 quand Ghislaine arrive, avec ses deux frères. Jean se lève pour les accueillir, mais sa femme refuse de l'embrasser et, très agitée, se dit menacée par les francs-maçons accusant Jean d'en faire partie. L'époux essaie de parlementer, mais il ne peut rien contre ce flot de paroles. D'autant que les deux frères sont menaçants. Jean est alors obligé de faire ses valises et de se laisser conduire à la gare d'Agen.

A Paris, d'autres mauvaises surprises l'attendent. Les serrures de son domicile ont été changées. Ghislaine est aussi passée à la banque et a vidé les comptes. Jean tente de la joindre. En vain.

Monflanquin est le berceau des V., la famille de Ghislaine. Une lignée de vieille noblesse dont le château domine le village. Jean et son épouse y possèdent une maison et organisent en été le festival " Musique en Guyenne ". Ils y ont marié leur fille, fin août 2001, une semaine avant la rupture.

A Paris, Jean va découvrir de misérables secrets. Depuis le début 2001, son épouse ne paye plus ni salaires ni charges sociales, et l'école qu'elle dirige est mise en liquidation. Après enquête auprès des professeurs, Jean découvre que Ghislaine est passée sous la coupe d'un certain Thierry T., un beau
parleur qui se dit espion et se prétend menacé par un complot des francs-maçons. Ghislaine boit ses paroles et répète ses diatribes contre la franc-maçonnerie. Elle ne décide plus rien sans l'avis de cet homme. pourtant, Jean apprend que Thierry T. n'en est pas à sa première faillite frauduleuse et qu'il n'a pas de domicile connu. Ce manipulateur est-il responsable de l'enfermement de la famille ? Car les frères et la soeur sont cloîtrés dans le château familial autour de leur mère de 91 ans. Charles-Henri, son épouse et leurs trois enfants ; Philippe et sa compagne ; Ghislaine, rejointe par ses deux enfants. Sa fille, jeune mariée, a en effet quitté son mari moins de trois mois après leur mariage. Jean ira frapper plusieurs fois à la porte du château pour obtenir une entre-vue. Elle restera dose...


Tout cela fait jaser au village. Cette famille, jadis ouverte et active, n'apparaît plus que pour faire des courses éclair. L'été 2002, le festival de musique est annulé. Printemps 2003, Charles-Henri, gynécologue réputé de Bordeaux, ferme son cabinet sans un mot d'explication à ses patientes. La famille vend le patrimoine et l'argent est déposé sur des comptes bancaires ouverts à l'étranger par Thierry T. Ghislaine y verse même de l'argent qui appartient au festival. Mais au lieu de profiter de ces ventes, la famille s'endette...

En septembre 2003, les meubles sont saisis et la famille doit quitter le château pour s'installer dans la maison de Charles-Henri, à trois kilomètres du village. Personne, y compris les enfants, n'exerce plus aucune activité. Les gendarmes leur ont rendu visite, mais n'ont rien remarqué qui pourrait nécessiter une intervention.

Pourtant, Jean ne peut se résoudre à l'idée que son épouse et ses enfants aient vraiment décidé de leur nouvelle vie. Il a divorcé pour éviter d'être lié auxdettes de sa femme, mais son amour pour sa famille est intact. Avec le temps, la situation n'évolue pas, et le procureur de la République d'Agen a requis une enquête préliminaire. Le rapport des policiers fait état de 1,8 million d'euros déposés sur des banques à l'étranger. Thierry T., qui a disparu, en serait le bénéficiaire. C'est maintenant au procureur de la République de décider de nommer un juge d'instruction pour enquêter sur un abus de faiblesse ou une escroquerie. Jean Marchand attend beaucoup de cette décision. Il veut sortir ses enfants de là : à 25 ans, Guillemette et François sont en train de gâcher leur vie.



France : O.T.S

Plainte contre le Crédit maritime

Ouest France , 15 mars 2005

[Texte intégral]

Alain Vuarnet a déposé une plainte, avec constitution de partie civile, contre la Caisse régionale du Crédit maritime mutuel auprès du tribunal de vannes.

Sa mère et son frère avaient péri carbonisés eb 1995 dans le Vercors, avec quatorze autres disciples de l'Ordre du Temple Solaire. Son avocat, Me Alain Leclerc, met en avant un document de 1997 émanant d'un cabinet d'avocats de vannes.

Ce document, qui pourrait être un faux, fait état de mouvements de fonds issus du Crédit maritime mutuel et destinés à des partis politiques bretons, ainsi qu'à l'Ordre du Temple Solaire.

La Confédération maritime s'est constituée partie civile dans cette affaire.



Belgique : Sectes

Les sectes muent et font des petits

Le Soir , 16 mars 2005 par Ricardo Gutiérrez

[Texte intégral]

Plus de 530 groupements ont été passés au crible par l'observatoire fédéral des sectes, au cours des cinq dernières années. Or la plupart d'entre eux n'étaient tout simplement pas mentionnés dans le rapport parlementaire d'enquête sur les sectes, publié en 1997 et considéré comme une véritable « liste noire » par nombre de mouvements sectaires. En Belgique, le monde des sectes est donc particulièrement mouvant.

Cet état des lieux a été livré à la Chambre, lundi, dans le cadre des réunions à huis clos du groupe parlementaire sur les sectes, piloté par André Frédéric (PS). L'observatoire, confronté à de plus en plus de sectes présumées et à une demande croissante du public et des autorités (police, justice, villes et communes...), revendique davantage de moyens pour remplir ses missions.

Les parlementaires partagent ce point de vue. Ils estiment également que la Belgique doit se doter d'armes juridiques plus efficaces contre les dérives sectaires.

La plupart des groupements sont absents de la liste parlementaire dressée en 1997

Un paysage sectaire en mutation

De plus en plus de sectes présumées sont passées au crible.

Un essor qui justifie le renforcement des moyens humains de l ’observatoire fédéral.

L’observatoire fédéral des sectes (1) dresse un constat alarmant : au cours des cinq dernières années, en réponse aux demandes du public, il a passé au crible 533 groupements différents, dont une large majorité (439) n’étaient pas mentionnés dans la liste des 189 mouvements sectaires pointés par la Commission parlementaire d’enquête sur les sectes, en 1997.

Bref, les sectes prolifèrent en Belgique et changent parfois de dénomination officielle pour échapper à la référence incriminante du listing de 1997…

L’observatoire dressait cet état des lieux à huis clos, lundi, à la Chambre, à l’initiative du groupe de travail parlementaire piloté par André Frédéric (PS). Les responsables du Centre nous confient souhaiter maintenir dans la confidentialité une série de constats précis, mais les grandes lignes du paysage sectaire intéressent évidemment chaque citoyen.

L’observatoire relève d’ailleurs que les demandes du public sont en augmentation constante, tout comme celles des autorités qui enregistrent des taux de croissance encore plus importants (+ 16 % en 2004, + 23 % en 2005). C’est la police qui recourt le plus aux services de l’observatoire, devant la Justice, les communes et la Sûreté de l’Etat.

Les Témoins de Jéhovah constituent le groupement qui suscite le plus de questions du public (et de loin, comme l’indique notre infographie).

Globalement, ce sont les mouvements apparentés au protestantisme nord-américain qui génèrent le plus de demandes, devant les mouvements extrême-orientaux, les groupements actifs en matière de thérapies parallèles et les sectes catholiques.

Dans l’actualité, l’observatoire pointe l’agressivité judiciaire de certains mouvements, comme la scientologie (prompte déposer plainte contre ses contradicteurs), et l’essor, en Belgique, de sectes évangéliques africaines qui prétendent guérir leurs adeptes des maladies les plus graves par de simples incantations…

Mouvements qui ont été suivis de près par la Sûreté de l’Etat.

Aux yeux du groupe de travail parlementaire, qui a encore programmé une longue série d’auditions avant de rendre ses conclusions, il convient d’emblée de renforcer les moyens de l’observatoire (documentaliste, juriste et analystes), afin d’améliorer la mission d’information à destination du public et des autorités (en somme, à demande croissante, moyens humains accrus).

Le groupe de travail compte aussi évaluer, prochainement, les effets de la loi qui réprime, en France, « l’abus de faiblesse résultant d’une sujétion psychique ou physique » ou encore d’un « embrigadement des enfants ou enfermement de ces derniers dans des principes éducatifs
désocialisants ».

Nous envisageons d’introduire ces mêmes dispositions dans le code pénal belge, commente un des parlementaires du groupe de travail, mais nous estimons qu’il faut d’abord en vérifier l’efficacité pour éventuellement adapter la loi à la situation de la Belgique.

(1) De son nom officiel, le « Centre d’information et d’avis sur les organisations sectaires nuisibles » (CIAOSN),
139, rue Haute, 1000-Bruxelles, tél. 02-504.91.68, site internet www.ciaosn.be, e-mail : info@ciaosn.be.



France : Actualités diverses

Enlèvements d'enfants de couples bi-nationaux: lancement d'un site internet

AFP,16 mars 2005

[Texte intégral]

PARIS - Le ministre de la Justice Dominique Perben a présenté mercredi à la presse un site internet, destiné à informer et à aider les familles confrontées à des affaires d'enlèvements d'enfants entre couples bi-nationaux séparés.

Ce site (www.enlevement-parental.justice.gouv.fr) est "un des moyens mis à la disposition du public pour faire réussir Bruxelles 2 bis", la nouvelle règle européenne entrée en vigueur le 1er mars.

Celle-ci vise à faciliter la résolution des affaires d'enlèvements d'enfants entre couples bi-nationaux séparés en confiant la décision à la seule justice du pays où habite l'enfant, a dit M. Perben lors d'un point de presse. C'est "à la fois un site d'information sur les règles qui s'appliquent en matière d'enlèvement d'enfants mais c'est aussi un site qui, au-delà de l'information, donne à la personne qui y vient les renseignements administratifs, le contenu des dossiers qu'il faut déposer, à qui on peut les porter, comment remplir un formulaire, donc c'est aussi un site pratique à la disposition des familles", a-t-il développé.

Le ministre a précisé qu'il y avait au 1er janvier "645 dossiers de familles" qui rencontrent des difficultés, dont "445" relatifs à un enlèvement d'enfant. Ces chiffres "ont tendance à croître", a-t-il ajouté. Il y a eu ainsi 255 dossiers déposés en 2003 et 277 en 2004. Sur les 445 dossiers d'enlèvement en instance -les 200 autres sont relatifs à un problème de droit de visite-, "un peu moins de la moitié concernent des ressortissants européens" et "la moyenne de résolution est d'un an-un an et demi", a-t-on précisé au ministère.



Chine : Falungong

Le Falungong accusé de pirater des transmissions TV satellitaires chinoises

AFP,16 mars 2005

[Texte intégral

PEKIN - La secte Falungong, interdite en Chine, est accusée d'avoir piraté les signaux de plusieurs chaînes de télévision chinoises retransmises par le satellite AsiaSat, a rapporté mercredi l'agence Chine nouvelle.

La réception des programmes de plusieurs chaînes provinciales, qui sont diffusées dans tout le pays à travers le réseau câblé, a été interrompue lundi à 21H34 locales (13H34 GMT) et remplacée par celle de contenus en faveur du Falungong, a précisé l'agence officielle chinoise.

Mais selon Dajiyuan, un site internet d'informations en langue chinoise basé à l'étranger, les enregistrements diffusés ne faisaient pas de prosélytisme en faveur de la secte d'inspiration bouddhiste mais critiquaient le Parti communiste chinois et appelaient ses plus de 66 millions de membres à le quitter.

C'est le deuxième incident de ce type depuis le mois de novembre, selon Chine nouvelle, qui cite un communiqué d'Asia Satellite Telecommunications Co. Ltd., le propriétaire d'Asiasat, selon lequel cette attaque "délibérée enfreint gravement les traités sur les communications internationales".

Asia Satellite Telecommunications Holdings Ltd., basée à Hong Kong, appartient en partie au conglomérat d'Etat chinois CITIC Group.

Le Falungong, qui comptait des dizaines de millions d'adeptes en Chine avant d'être interdit en 1999, était déjà parvenu à plusieurs reprises ces dernières années à diffuser des enregistrements vidéos sur des réseaux câblés locaux en Chine.

Certains membres de la secte ont été condamnés pour ces actions de piratage des ondes à des peines allant jusqu'à 13 ans de prison.



Belgique : Sectes

Question écrite de André Frederic, député

Courriel, 16 mars 2005

[Texte intégral]

QUESTION ECRITE DE MONSIEUR ANDRE FREDERIC, DEPUTE, A MONSIEUR KAREL DE GUCHT, MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES SUR « LES ACTIVITES DE LA SCIENTOLOGIE SUR LES LIEUX AFFECTES PAR LE TSUNAMI »

Monsieur le Ministre,

La presse internationale s’est récemment fait l’écho de la présence de volontaires de la scientologie dans les hôpitaux et les centres d’identification des victimes du Tsunami. Elle « propose » à cette occasion sa technique appelée « Assist ». Il s’agit en fait d’un massage. A cette occasion, les scientologues distribuent également des ouvrages de leur organisation.

D’après le quotidien suédois Expressen, plusieurs scientologues ont été expulsés de l’hôpital de Vachira, près de Phuket en Thaïlande, après que des patients se soient plaints des douleurs occasionnées par ces massages.

D’après le quotidien italien Il corriere della Sera, le gouvernement indonésien envisage de restreindre les mouvements des volontaires étrangers suite aux risques de prosélytisme religieux que représentent certains corps de volontaires. La scientologie est également présente dans la région de Banda Aceh, en Indonésie.

Le site d’une branche de la scientologie dénommée « The Way to Happiness Foundation » dit avoir reçu de la part des « minist