Actualités sur les sectes en octobre 2004.
(*) Articles ou documents qui, compte tenu de leur taille, ne sont pas ci-dessous, mais sur une page particulière ou sur le Web
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France : Scientologie
Condamnation de l'Eglise de scientologie confirmée en cassation
AFP , 1er octobre 2004
[Texte intégral]
PARIS - La Cour de cassation a confirmé les condamnations prononcées par la cour d'appel de Paris contre l'Association spirituelle de l'Eglise de scientologie d'Ile-de-France (Asesif) et son président pour des délits liés à leur fichier informatique, a-t-on appris vendredi auprès de la Cour.
Le 13 octobre 2003, la cour d'appel de Paris avait condamné l'Asesif à 5.000 euros d'amende avec sursis pour violation de la loi informatique et libertés
mais l'avait relaxée du délit d'entrave aux fonctions de contrôle des agents de la Commission nationale informatique et libertés (CNIL).
La cour avait infligé la même peine au président de l'association, Marc Walter, pour les délits de violation de la loi informatique et libertés, ainsi
qu'entrave aux fonctions des agents de la CNIL.
La chambre criminelle de la Cour de cassation a confirmé ces décisions et rejeté les pourvois formés par l'Asesif, Marc Walter mais aussi par l'Unionnationale des associations pour la défense des familles et de l'individu (UNADFI), dont la constitution de partie civile avait été considérée comme
irrecevable par la cour d'appel.
L'Asesif et son président étaient poursuivis pour avoir conservé sur des fichiers informatiques des données concernant d'anciens membres de la secte, qui
avaient porté plainte.
En première instance, le 17 mai 2002, le président de l'association avait été condamné à 2.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Paris alors
que l'association était condamnée à 8.000 euros d'amende.
La condamnation de 2002 avait été la première pour l'Eglise de scientologie en tant que personne morale.
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France : Kabbale
Outre-Atlantique, les people ont transformé la mystique juive « new age » en art de vivre
Actualité Juive , 1er octobre 2004
[Texte intégral]
Email de l'auteur : a-j-presse@actuj.com
Depuis son engagement dans la voie spirituelle après la naissance de sa fille Lourdes en 1996, la diva de la pop américaine se la joue mère de famille responsable et grande prêtresse de la paix. Terminées les références coquines qui jusque-là constituaient son fonds de commerce. Sa dernière tournée mondiale « Re-invention » imagine un monde meilleur et dénonce le star-system dHollywood. « Kabbalists do it better » lisait-on sur lun de ses T-Shirts de scène.Convaincue par le « cocktail de bonheur, d'astrologie, de sexe, de sagesse et d'immortalité » délivré par le Centre de la Kabbale du rabbin Berg, Madonna se fait appeler Esther, observe le shabbat et écrit des bandes dessinées ésotériques pour enfants. Un supplément dâme pour lancienne sulfureuse, une baraka pour le gourou. « Il y a trente ans, les gens se tournaient vers le bouddhisme. Aujourd'hui, ils sorientent vers le soufisme ou la Kabbale »
Grâce à cette ambassadrice, une cohorte de célébrités ont succombé à cette doctrine. À commencer par Britney Spears à laquelle la Madonne vient doffrir une édition spéciale du Zohar datée du XIIe siècle. Converties ou pas par leur acolyte, dautres stars se sont laissées séduire. Demi Moore, Ashton Kutcher, Paris Hilton, Gwyneth Paltrow, Naomi Campbell, Barbara Streisand, Donna Karan, le couple Beckham, Elizabeth Taylor, Guy Ritchie, Jerry Hall, Mick Jagger, Roseanne Bear, Missy Elliot, Stella Mc Cartney, Torry Speeling, Courtney Love ou encore Winona Ryder.
Non-juives, plutôt dans le creux de la vague aux plans affectif et professionnel, elles affirment depuis leur rencontre avec le Kabbalah Center avoir retrouvé la sérénité et lharmonie intérieure. Quête authentique ou phénomène de mode ? Dans une récente interview accordée à un journal américain, le rabbin Yeshua Engelman de Jérusalem lie la popularité de la Kabbale au besoin de trouver un sens à la vie. Avec une indulgence déconcertante, il explique « qu'il y a trente ans, les gens se tournaient vers le bouddhisme. Aujourd'hui, ils sorientent vers le soufisme ou la Kabbale ». Censée fournir des solutions, répondre aux questions et décrypter les codes, la Kabbale new-age doit son expansion à la brochette de personnalités qui lui servent de vitrine.
Davantage perçue comme un art de vivre que comme une religion - la plupart de ses adeptes ne maîtrisent pas un mot dhébreu -, elle serait aux yeux de Maryelle Allemand un « courant hybride de spiritualité ». Peu au fait du discours professé par Philip Berg, la directrice marketing de Carlin International - un bureau de style spécialisé dans le repérage des macro-tendances - analyse ce mouvement comme un phénomène de mode « porté par Madonna qui sinscrit dans une tendance globale de quête de sens. Il devrait arriver à terme en 2006. La perte des valeurs conduit le grand public à saccrocher à la spiritualité ». CQFD.
Y.S.
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France : Kabbale
Objectif: Le Centre de la Kabbale à la conquête du monde
Actualité Juive , 1er octobre 2004
[Texte intégral]
Email de l'auteur : c.meyer@actuj.com
Une quarantaine de centres de par le monde. Près de 4 millions de personnes ayant un jour franchi les portes dun Centre de la Kabbale. Un site Internet qui reçoit environ 20.000 visites par mois. Voyage au-delà de ces données chiffrées.
Le bâtiment situé à langle de 155 East et de la 48ème rue brille comme un bloc de marbre neuf. On est à New York. Le lieu pourrait aussi bien être le dernier hôtel construit par Ian Schrager ou un restaurant branché de la ville. Tout brille, les portes en verre et le hall tout blanc. De fait, on est au cur de Manhattan, au Centre de la Kabbale.Au premier étage dans une salle de conférence, une soixantaine de personnes, hommes, femmes, blancs, noirs, asiatiques, Israéliens, Juifs portant kippa ou non sont en train découter un des mentors du Centre. Près de la moitié des étudiants ne sont pas juifs. Madonna aurait versé 22 millions pour ce Centre de la Kabbale.
John a une quarantaine dannées. Il nest pas juif et habite West Village. Il a participé pendant quelques mois aux activités de ce Centre. Il a commencé, comme tout le monde, par acheter le fameux fil rouge quil a porté consciencieusement et le Zohar pour la somme de 415 dollars, pierre angulaire du business du Centre. Il se souvient que certains de ses «collèges» avaient acheté un Zohar pour chez eux, un autre pour le bureau et un troisième pour mettre dans la voiture. Inutile de dire que largent rentre vite dans les caisses du Centre de la Kabbale. « Au bout dun certain temps jai trouvé que les cours étaient assez nuls, genre « New Age ». « Cest à vous de contrôler votre vie. Si vous attrapez le rhume cest que spirituellement quelque chose ne va pas chez vous ». Un remède à tout cela : « Achetez le Zohar encore et toujours ».
Désabusé et avec un peu de recul John en est arrivé à cette conclusion : «Leur message ressemble à celui de ladministration Bush. Tant que vous restez avec nous vous êtes tranquilles. Mais le monde est très dangereux ».
La goutte deau qui a fait déborder le vase pour cet homme qui au début voulait y croire, fut linsistance avec laquelle on a tenté de lui vendre une série de Zohar. Alors quil expliquait à son interlocuteur quil avait envie de donner de largent ailleurs (on dirait faire la tsedaka, en milieu juif) on lui a dit : « Si tu donnes ailleurs, tu ne fais que perpétuer le chaos ». Avant de lui expliquer « quêtre bénévole, cest bien, mais cest largent (sous entendu celui qui va au Centre de la Kabbale) qui fait la différence ». Il a fini par revendre son Zohar sur e-Bays en perdant de largent évidemment !
Michelle qui vit dans la banlieue de New York considère que le Centre de la Kabbale est responsable de son divorce. De fait, même si cela a pris du temps, elle a perdu son mari le jour où un individu est venu frapper à leur porte pour vendre le Zohar. Son mari est happé ce jour-là par le Centre de la Kabbale. Il suit des cours, met un Zohar dans sa voiture, emmène leur fille au Centre. Elle revient un jour, après avoir rencontré le « rav », comme on dit dans le mouvement et dit à sa mère :«Maman, tu devrais voir son âme ! ». Michelle a tenté de savoir ce que voulait dire sa fille. Faute den apprendre davantage elle intime lordre à son mari de laisser leur fille en dehors de cette histoire. Ensuite il a passé les fêtes au Centre et plus avec sa famille. Avant-dernière étape avant le divorce. Il sest remarié très vite avec une femme dont il avait fait la connaissance au Centre. Pour Michelle « Ce sont des pratiques sectaires ». Sil nest pas établi officiellement quil sagit dune secte, il est certain, pour le moins, quil sagit dune affaire lucrative. Zohar, eau bénite, fil rouge, week-end de méditation, célébration des fêtes juives, on vend tout et on fait tout payer dans les Centres de la Kabbale.
Un ex-adepte fait remarquer quun « Zohar qui coûte ailleurs 180 dollars est vendu plus de 400 dollars au Centre ». Même coefficient multiplicateur pour les tefilinn. Le Centre de la Kabbale de Los Angeles, le plus connu, dune certaine manière, parce que cest là quofficie le fondateur du mouvement a engrangé cette année plus de 4 milliards de dollars, frais divers déduits.
À Tel-Aviv et à Los Angeles 1000 étudiants suivent les cours dispensés dans ces centres. Celui de New York est en passe de les rattraper. Un centre vient douvrir ses portes à Varsovie. Le centre de Miami a ouvert un « Jardin de la méditation ». Que lon soit à Los Angeles, Chicago, Boca Raton ou ailleurs le fonctionnement est le même et le public aussi : des gens en quête de spiritualité. Parfois lun deux craque parce quil a été choqué par le caractère mercantile du Centre ou par des propos dun intervenant. Dennis na pas oublié le jour où regardant la cassette-vidéo introductive il a entendu que « Seuls les Juifs qui ne possédaient pas le Zohar sont morts pendant la Shoah et que les Juifs Sépharades navaient pas été exterminés parce quils respectaient le Zohar ». Ce faux historique la fait quitter le Centre.
Londres est devenu un pion important sur léchiquier du Centre de la Kabbale. Dirigé par Michael Berg, lun des deux fils du fondateur du mouvement, ce centre, ouvert il y a six ans, a coûté 6,4 millions de dollars, dont Madonna a financé une très grande partie. Environ 500 personnes y sont inscrites. « Ce centre grandit à une vitesse formidable » confie un bénévole. Ne dit-on pas que la princesse Beatrice, fille aînée du duc et de la duchesse de York a été vue au tournoi de tennis de Wimbledon avec un bandeau qui ressemblait beaucoup à ceux vendus par le Centre de la Kabbale ?
Alors que pendant des siècles, conformément à la tradition juive la Kabbale na été enseignée quà des hommes âgés dau moins 40 ans, ayant une très bonne connaissance du judaïsme, le Centre de la Kabbale de Londres a décidé de lancer un programme destiné aux enfants « Spirituality for kids », ce qui paraît tout à fait aberrant. De tels programmes existent déjà aux États-Unis mais toutes les autorités juives responsables considèrent cela comme « de très mauvais goût ».
À propos de ce programme de dix semaines pour des élèves du niveau du primaire qui doit souvrir dans une école du Hertfordshire, le rabbin Arkus, directeur dune organisation qui lutte contre les sectes « Opération Judaïsme» déclarait il y a peu : « Je ne comprends pas que lon envisage de faire ingurgiter la Kabbale à des enfants». Michael Berg, pour sa part expliquait : «Je suis très excité. Tout ce qui peut permettre à des jeunes de contrôler leur destinée est fondamental ».
Le grand rabbin de Grande-Bretagne, Jonathan Sacks, conscient du caractère néfaste de cette organisation a publié un communiqué en avril pour faire savoir que les activités de ce Centre nétaient en rien liées à la communauté. Un membre du cabinet du grand rabbin, le rabbin Yitzchak Schochet (dont le père a mené le combat au Canada contre le Centre de la Kabbale et est lobjet dune plainte de ce mouvement) qui officie dans une synagogue de Mill Hill (Nord de Londres) estime, pour sa part, que ce Centre est « une secte ».
Près de quatre cents enfants juifs et musulmans ont participé cet année en Israël à un « séminaire » intitulé : « Spirituality for kids » qui sest tenu en Israël. Au programme des hamburgers, un film vidéo où Madonna explique la Kabbale et des exemplaires du Zohar distribués aux jeunes.
Génies exceptés, on voit mal des ados maîtriser le Zohar ! Le Centre de la Kabbale, qui contrôle une quarantaine de lieux de par le monde sinscrit véritablement dans la lignée de la Scientologie, Hare Krishna et autres Moon. Secte ou non, le mouvement a un objectif que résume Yehuda Berg : « Nous voulons apporter la Kabbale au monde entier. Nous ne nous arrêterons pas avant davoir apporté la lumière à six milliards dindividus ». Objectif fort éloigné de celui de la vraie Kabbale, cest-à-dire de la mystique juive. Il y a, pour le moins, tromperie sur la marchandise.
Claude Meyer
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France : Kabbale
Clefs pour comprendre la Kabbale
Actualité Juive , 1er octobre 2004 par Franklin Rausky
[Texte intégral]
Email de l'auteur : a-j-presse@actuj.com
Ces derniers temps, le mot «Kabbale» a fait son entrée dans la langue courante. Mais peu de gens savent ce quest réellement la Kabbale dans la tradition juive. De fait, ce mouvement désigne, surtout à partir du Moyen-Age, les doctrines ésotériques du judaïsme. Déclinaison du terme.
1) Doù vient le terme «Kabbale» ?
De lhébreu « kabbala », de la racine KBL (recevoir). Selon Guy Casaril, la kabbala est cette Loi orale que Moïse a reçue (KiBeL)sur le mont Sinaï en même temps que la Loi écrite (Tora) ; cest le message spirituel transmis sans intermédiaire dun texte, de bouche à oreille. À lorigine, ce terme ne désignait pas nécessairement un enseignement ésotérique, il désignait lensemble des enseignements, ouverts au grand public ou réservés à un noyau restreint, du judaïsme. Par la suite, et surtout à partir du Moyen Age, kabbala désigne, selon Charles Mopsik, « lensemble des doctrines ésotériques du judaïsme ainsi que le mysticisme juif dans son ensemble ».
2) Que veut dire «Kabbale» en langue française ?
Cest un terme ambivalent et chargé de relents judéophobes ! Selon le Dictionnaire Robert, qui retrace les sens du mot à travers lhistoire, « Kabbale » signifie « la tradition juive donnant une interprétation mystique et allégorique de lAncien Testament », ce qui est très respectable, mais aussi « des manoeuvres secrètes, concertées contre quelquun ou quelque chose, des complots des conjurations, des conspirations, des intrigues », ce qui montre la persistance dans limaginaire collectif européen chrétien dune vision anti judaïque, soupçonneuse, où le sage juif est perçu comme un personnage dangereux, porteur de maléfices et faiseur de complots. Le verbe « cabaler », un des rares verbes français dorigine hébraïque, signifie précisément
« comploter, conspirer, intriguer ». Il est mentionné depuis 1617.3) Quest-ce quun Kabbaliste ?
Le terme hébraïque « MeKouBaL », initié ou traditionnaire, désigne un sage ayant reçu dun maître, linitiation aux mystères (razim) de la tradition ésotérique, au cours dune relation interpersonnelle maître-disciple, loin des foules, dans lintimité dune transmission sans témoin. Des rabbins comme Haïm Vital, Moïse Cordovero, Joseph Caro sont ainsi appelés « mekoubalim », car ils ont reçu de lécole dIsaac Louria, Le Saint (Ha-Ari Hakadoch), les arcanes du savoir Kabbalistique. Le sage de la Kabbale est un Juif de la Loi et de la Foi dIsraël. Il ne conteste pas un seul point de la législation hébraïque, écrite et orale (Joseph Caro est à la fois un Kabbaliste et lauteur du Code de la Loi, le Choulkhan Aroukh). Il observe la totalité des commandements, sans la moindre dissidence. Il récite quotidiennement toutes les prières régulières. Loriginalité révolutionnaire des Kabbalistes ne consiste pas en une révolte contre la Loi, mais dans une lecture très troublante des écrits bibliques, avec des idées parfois perçues dans les milieux bien-pensants comme hérétiques : la Rétraction (Tsimtsoum) de la Présence Divine dans le Cosmos, pour permettre à celui-ci dexister ; lExil de la Présence Divine (Galouth Hachekhina) hors de la Terre Sainte, pour accompagner le peuple dIsraël dans sa dispersion
4) Quelle est la lecture Kabbalistique de lEcriture biblique ?
Elle est fondée sur le Sod (secret), considéré dans la tradition classique comme le niveau le plus profond et complexe de linterprétation scripturaire. Selon une échelle traditionnelle des niveaux de compréhension de lEcriture, il y aurait quatre lectures du texte biblique, allant de lapparemment plus simple au plus complexe. Prenons un exemple : linterprétation du récit de la Génèse sur lexpulsion dAdam et dEve du Jardin dEden, après la faute commise par le premier couple : manger du fruit interdit de larbre de la connaissance du bien et du mal. Ce dramatique épisode pourrait être décrypté comme lexpulsion dun jardin dabondance et lexil dans une terre aride et désolée (Pechath : sens propre ou littéral) ; comme la préfiguration annonciatrice du futur exil (Galouth) du peuple hébreu hors de la Terre Promise (Remez : sens allusif ou allégorique) ; comme lexpulsion dun jardin exubérant où règnent la santé, la longévité et le bonheur et lentrée dans un territoire de malheur, de maladie et de souffrance (Derach : sens narratif ou homilétique) ; comme la perte de la Lumière Primordiale éclairant le Cosmos tout entier et lexil vers un espace ténébreux où les ondes lumineuses sont emprisonnées dans des capsules dobscurité nocturne (Sod : sens profond ou ésotérique).
Franklin Rausky
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France : Kabbale
Détournement de kabbale, foi sonnante et trébuchante
Actualité Juive , 1er octobre 2004 ajouté par catherine garçon
Email de l'auteur : a-j-presse@actuj.com
[Texte intégral]
Si on vous demandait ce quil y a de commun entre David Beckham, le célèbre footballeur, Madonna et des rabbins aussi révérés quIssac Louria ou Joseph Caro, vous ne sauriez que répondre. De fait, le seul lien existant entre eux est un mot fort dévoyé aujourdhui, celui de « kabbale ». Au cur de la notoriété récente et détournée de ce qui constitue au départ, pour reprendre les mots de Charles Mopsik, « lensemble des doctrines ésotériques du judaïsme et le mysticisme juif », on trouve le Centre de la Kabbale. Cette multinationale fondée par Philip Berg est une entreprise familiale qui contrôle à ce jour une quarantaine de centres à travers le monde où le commerce prend le dessus sur la spiritualité. Du fil rouge de Madonna au Centre de la Kabbale à Paris en passant par les condamnations sans ambages de Grands Rabbins, nous vous invitons à un parcours kabbalistique.
Lempire Berg, un «family-business» très juteux
En quelques décennies, Philip Berg, le fondateur du Centre de la Kabbale, a mis en place une véritable multinationale dont sa femme et ses fils soccupent plus quactivement. Retour sur la biographie dun agent dassurances devenu kabbaliste.
Le fondateur du Centre de la Kabbale ne sest pas toujours appelé Philip Berg. Né, Feivel Gruberger à Brooklyn, il commence sa carrière en tant quagent dassurances. Mais, en 1962, un voyage en Israël va changer sa vie. Il y rencontre Rav Yehouda Brandwein, un élève du Rav Ashlag (lui-même auteur du « Soulam », un commentaire sur le Zohar) et fondateur dune yéchiva nommée Kol Yehouda. Peu après, Feivel Gruberger épouse la nièce de celui-ci dont il divorce dans les années 70. Cest de cette proximité familiale avec un véritable kabbaliste que Philip Berg dira plus tard avoir tiré tout son savoir ésotérique. Les proches de Rav Brandwein, quant à eux, émettent de sérieux doutes sur cette version des faits. Quoi quil en soit, la famille de Rav Ashlag lui confie, à un moment, la diffusion du Zohar accompagné du « Soulam ». Mauvais calcul car F. Gruberger, de retour aux Etats-Unis, va vendre luvre pour son propre compte sans penser à reverser des droits dauteur aux héritiers du rabbin. Cest même cette diffusion (parfois forcée) qui, un temps, fera la célébrité du centre et lui assurera des bénéfices non négligeables. Mais F. Gruberger a dautres ambitions. Écourtant son nom, celui qui se nomme maintenant le Docteur Philip Berg - bien quil ait dû reconnaître par la suite ne posséder aucun doctorat - sautoproclame « le plus grand kabbaliste du monde ». Et fonde le Centre de la Kabbale, censé diffuser la lumière du Zohar à tous ceux qui veulent en bénéficier.
Si lon en croit le site web du Kabbalah Center, cest la nouvelle Madame Berg (dont certains pensent quelle a été convertie au judaïsme par son propre mari) qui aurait eu lidée de diffuser la sagesse du Zohar aux femmes et aux non-Juifs en lencourageant à fonder ses centres. « Un petit rêve pour une femme, un saut géant pour lhumanité », précise, à peine mégalo, le Kabbalah Centre. Dailleurs, une chaîne de la transmission de « ceux qui ont fait lhistoire » propose, sur le même site, une liste qui va dAdam, Avraham et Moïse à Rav Berg et Karen Berg ! Parallèlement à la création des centres, Philip Berg publie plusieurs ouvrages, sorte de ramassis kabbalistico-new age. Et ce, à partir des USA puisquil a dû quitter Israël où il a été poursuivi pour avoir collecté des fonds pour une institution inexistante.
Peu à peu lentreprise se développe. « On devrait appeler cela le business de la famille Berg, dit Rick Ross, le responsable dun groupe de surveillance des sectes outre-Atlantique. Il y a papa Berg, maman Berg, les bébés Berg et leurs amis haut-placés ». Aujourdhui, le bilan des activités du clan laisse rêveur. Plus de quatre millions de personnes se sont intéressées, un jour ou lautre aux activités de ce Centre de la Kabbale que daucuns estiment être une secte. 20.000 internautes visitent chaque mois son site web et 40 représentations fonctionnent de par le monde dont la dernière vient de souvrir à Varsovie.
Que proposent donc Berg et Compagnie pour rencontrer un tel succès? Tout simplement, via quelques concepts kabbalistiques remodelés à la sauce
« berguienne », de changer la vie des fidèles en leur assurant, outre la paix et la sérénité, un contrôle (bienvenu) sur ce qui va leur arriver. Ainsi, pour ne citer quun exemple, un cours donné au Centre de la Kabbale à Paris promet « en apprenant à comprendre et à se concentrer sur les Noms », dapporter « un changement positif dans chaque domaine de votre vie, dans vos relations sociales, dans votre carrière professionnelle, en passant par votre santé physique ». À noter que, bien entendu, tous les enseignements dispensés sont payants.Lautre aspect séduisant de cette approche grand public est quil nest nul besoin de faire un effort ou de posséder un bagage intellectuel pour accéder à un savoir réputé quasi-inaccessible (puisque le judaïsme réserve létude de la kabbalah à des hommes dâge mûr ayant déjà une connaissance très approfondie de la Torah - NDLR). En effet, au Centre de la Kabbale, toute pratique des mitsvote est optionnelle comme lest aussi, entre autres, la connaissance de lhébreu ou de laraméen, la langue du Zohar. Puisquil suffit, si lon en croit les théoriciens du Centre, de « scanner » ce dernier, en fait de passer une main ou un oeil sur le texte pour que les bienfaits de son étude soient immédiatement dispensés !
Reste enfin à mentionner le côté mercantile de lopération. Outre les bénéfices enregistrés sur les ventes du Zohar, le prix des cours et les multiples dons engrangés (et, parfois, reçus après quon a menacé le donateur potentiel de subir un châtiment du ciel des plus corsés sil nouvrait pas son porte-feuille), le site web et les nombreuses branches du Centre proposent un lot de gadgets impressionnants : cartes de médiation, bougies, eau kabbalistique... Ainsi que le fameux fil rouge défini comme « vibration de Rachel » et vendu à des prix défiant toute concurrence pour un malheureux bout de coton.
Catherine Garson (Email de l'auteur : a-j-presse@actuj.com)
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France : Méditation Transcendantale
Star sous influence
Entreprendre , n°187 1er octobre 2004 par Laurent Dupin
[Texte intégral]
Mouvement zen pour les uns, secte pour lEtat Français, la «Méditation Transcendantale» du gourou Maharishi refait parler delle. En abordant désormais langle économique et business.
Il nest pas tout à fait un nouveau venu. Maharishi Mahesh Yogi prône depuis les années 60 la méditation zen, la spiritualité cool. Il fut un temps le conseiller des Beatles. Cet indien multi milliardaire de 87 ans à barbe blanche semble avoir eu lidée du siècle : fonder un mouvement spirituel international, ni marqué comme une religion, ni trop hermétique. Son principe ? Tout bête : vingt minutes de méditation, deux fois par jour. Ajoutez-y le vol yogique (lévitation) et surtout l «effet Maharishi» : 1% de méditants dans une population donnée suffit à améliorer sa vie, à rendre la société meilleure et à apporter la paix. Mais gare : il faut être demblée clair, ce mouvement est classé en France dans la liste des organisations sectaires, telles que définies par le rapport parlementaire «Guyard» de 1995.Outre les tonnes de documentations technico-scientifiques que proposent les gens de la MT, une petite enquête menée via internet nous en apprend plus sur ce mouvement apparemment «gentil». Qui recèle une kyrielle de sites web divers et variés, vitrines dautant dactivités partant dans tous les sens. Le principal site arbore un contenu très ésotérique, qui devient vite accessible sur seul accès réservé aux membres. Sur celui de la «Maharishi Open University», le ton est pourtant vite donné : on y sollicite une contribution de 10 à 20 dollars pour soutenir le mouvement ! Quelques clics plus loin, on débouche sur le site du «US Peace Government», du Dr Hagelin (ex candidat à la présidentielle américaine de 2000) : qui se propose rien moins quêtre un gouvernement «bis» pour travailler à lapport de la paix sur terre et en premier lieu aux Etats-Unis. Et, scoop : il existe depuis janvier dernier, un «Gouvernement de la Paix» français, sis à Paris au 12-14, Rond Point des Champs-Élysées, revendiquant une centaine de membres. Léquipe Raffarin doit souffler de cette aide providentielle
Prétentions et délires économiques
La MT aborde clairement le terrain de largent, du business. En cherchant dabord à lappâter en lui apportant des remèdes. La lecture dun fascicule de la MT de 1994 se révèle édifiante : leffet Maharishi pourrait par exemple faire augmenter les valeurs boursières, influer le taux de chômage et dinflation, lindice de pauvreté, la qualité de vie, etc. Chiffres à lappui !
Le mouvement se veut aussi acteur économique direct. Il émet une monnaie parallèle en son nom, le «raam mudra», depuis 2003 aux Pays-Bas, résidence du gourou et QG européen de la secte : « Simple expérience de développement pour les populations défavorisées » pondère Dominique Lemoine, représentant du mouvement pour la France. Mais il y a plus fort encore. Le journal «The Independant» rapporte quen 2001, Maharishi aurait proposé au Surinam (Amérique du Sud) de lui racheter des terres pour 1,3 Mds de $, ce afin de fonder son propre état, sa propre nation. Expériences quil aurait déjà tentées dans les pays africains, comme le cite le réseau PrévenSectes, notamment au Mozambique.
Il est acquis que pour tous ces projets pharaoniques, le gourou a besoin du nerf de la guerre : largent. Et où le trouver sinon auprès des grandes entreprises, des grands donateurs fortunés. Dominique Lemoine ne sen cache pas, nous expliquant benoîtement que cest pour cela quil entendait rencontrer des journaux économiques et business en France. Pour relayer leur bonne parole.
Entrisme dans lentreprise
Clairement, il sagit de pénétrer les arcanes de lentreprise et du business. La chose semble plus aisée dans le monde anglo-saxon, prêt à toutes les expériences novatrices, pourvu quelles soient suivies deffets, et bien moins regardant sur les questions de sectes. Ainsi la MT cite t-elle à lenvie cet article de la revue financière «Barrons» (du groupe Dow Jones), relatant comment un trader de Chicago de 29 ans, Arjuna Martlin, médite deux fois par jour pour garder les idées claires à lattaque des marchés. Mieux, cette une du magazine «Time» avec lactrice Heather Graham (lire papier sur D. Lynch et encadré), en ouverture dun dossier spécial «Méditation, comment ça marche ?», paru en avril dernier.
Dominique Lemoine nous a aussi déniché, en quelques semaines, plusieurs contacts dentrepreneurs, surtout asiatiques, pratiquant la MT : des patrons du bâtiment, des assurances, de lagro-technologie, un avocat, etc. Il cite aussi les groupes Sumitomo, Toyota et Sony, comme ayant intégré les méthodes de la MT. Nous en avons contactés : les japonais Katsumi Kishida (président de Seibu Construction) et Takashi Okabe (directeur dune compagnie dassurance) sen déclarent satisfait, et ignorent ou au pire ne comprennent pas ce que «sectarisme» veut dire à lendroit de la MT. Notons que le Japon est une terre daccueil connue pour les sectes, notamment Aum, Moon et Soka Gakkai
Lemoine nous cite aussi une entreprise de logiciels turque, ainsi que le patron dune société de carburants, de surcroît maire de Fairfield, Ed Malloy. Reste que Fairfield, dans lIowa, est un bastion de la MT aux Etats-Unis, où elle possède une «Université Internationale».
Plus discret en France ?
En France, les approches du monde de lentreprise par la MT ne datent pas dhier. En 1980, le mouvement a carrément essayé de racheter une usine de textile rennaise, la Sapitex, pour y appliquer ses principes managériaux. Mais alertés par les syndicats, les employés avaient fait casser la vente. Jusque vers 1995, le mouvement a aussi géré un centre de formation pour cadres à Mirande, dans le Gers, éteint depuis et sans réplique ailleurs.
Visiblement, lantenne française souhaite maintenant passer par des méthodes plus feutrées : des dîners avec des grands patrons, des conférences, etc. Pour lheure, le résultat ne serait pas à la hauteur des ambitions affichées, les patrons français se montrant prudents. Mais la MT française compte bien sappuyer sur les allées et venues dun certain David Lynch, pour attirer à elle quelques pointures de la capitale.
Pour être honnête, moult autres organisations se sont aussi distinguées sur ce brûlant sujet : les sectes Avatar, Elan Vital, Le Groupement, lHUE (Human Universal Energie), etc, etc. La vigilance reste donc de mise. Même si elle nempêche pas un manager ou un cadre dapprécier à titre individuel, et sans prosélytisme, toute bonne technique de relaxation.
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France : Méditation Transcendantale
David Lynch, RP de luxe pour gourou milliardaire
Entreprendre , n°187 1er octobre 2004 par Laurent Dupin
[Texte intégral]
Le cinéaste américain saffiche depuis peu comme porte-parole officieux de la Méditation Transcendantale. Quil pratique avec satisfaction depuis plus de 30 ans et voudrait voir grandir.
Rencontre.
C'est en repensant à mes premières émotions cinématographiques ressenties dans les années 80 sur des chefs d'oeuvres tels «Dune» ou «Blue Velvet» que j'approchais, en ce 12 mai 2004, dun hôtel chic de la rue de Berri, près des Champs Elysées. La phrase que l'on prononce alors au comptoir d'accueil paraît surréaliste : "Bonjour, nous avons rendez-vous avec M. Lynch". Surréaliste, car c'est bien de David Lynch dont il s'agit, 54 ans, américain, et accessoirement un des monstres sacrés d'Hollywood et du 7eme art. D'ou cette appréhension toute naturelle qui -malgré l'expérience et les kyrielles d'interviews abattues- vous fait battre le coeur comme un premier communiant. Surréaliste aussi, car il y a autre chose. Tout en songeant que là, cette ombre derrière la porte vitrée est bien celle de «mister Lynch himself», quelques neurones encore vaillantes sonnent le tocsin. Et vous rappellent qu'il ne s'agira pas de causer cinéma ni mêmes du Festival de Cannes (qui allait débuter deux jours plus tard) mais... de méditation transcendantale! Cest la nouvelle lubie du réalisateur. Ou plutôt non, la communication au grand jour d'une vieille relation, démarrée en 1973, avec ce mouvement emmené par le gourou indien, Maharishi Mahesh Yogi. « J'avais de la colère, de la violence en moi » explique sobrement Lynch en préambules. « Quand j'ai rencontré Maharishi, cette colère est partie comme ceci (il fait un geste rapide de la main, NDLR). Cet homme a une telle sagesse en lui ».
On pourrait se demander dès lors, pourquoi Lynch a attendu autant (31 ans) pour faire profiter le monde d'une telle bienfaisance? La réponse est d'une clarté toute... lynchienne : « J'en parlais déjà autour de moi, avec mes proches, mes collaborateurs. Là j'ai décidé d'apporter mon soutien à l'organisation, car il y a urgence! Nous sommes saturés de tant de violence et de haine dans le monde aujourd'hui, qu'il est temps d'essayer quelque chose ». Les vertus de l'expérimentation balayant pour lui tous les scepticismes : « Moi je dis que si il y a une chance que ça marche, alors il faut essayer et vite ». Une variante du «give peace a chance» des années 70
Ce prestigieux soutien ne coule pas de source comme un mantra en plein désert. David Lynch, pointure cinématographique au carnet dadresses que lon imagine, vient cautionner un projet lancé officiellement en octobre 2003, à Los Angeles. Créer un réseau international dassociatifs pour lutter contre la misère sociale ? Collecter des fonds pour les reverser aux pauvres ? Non. La « Méditation transcendantale » veut édifier à travers monde, dans chaque grande ville, des «palais de la paix» : sorte de points de convergence de forces méditantes, qui par leur seule concentration commune, amèneront la paix. Et le tout avec une amorce d1 Mds de $ de donations. Sérieux.
A ce niveau de lentretien avec Lynch, on se dit : de deux choses lune. Ou lun des deux interlocuteurs (le cinéaste est accompagné du représentant français de la MT, Dominique Lemoine) va nous sauter au visage et nous mordre lil ? Ou bien vont-ils nous proposer une petite séance de vol yogique ? Mais non, rien de cela. David Lynch continue de nous causer calmement, stoïquement. Tel un boxeur inusable, il encaisse nos questions dubitatives et argumente, contre argumente, essayant à lévidence de nous convaincre de sa bonne foi.
Celle-ci semble dailleurs tant sincère que désintéressée. La réaction des professionnels du 7ème art ? « Je nen ai pas peur. Cela ne minquiète pas du tout de me mettre ainsi en avant ». Le scepticisme de ses fans et leurs inquiétudes légitimes ? « Je ne vais pas marrêter de faire des films ! Vous savez, en général, plusieurs années sécoulent entre un de mes films et le suivant », ironise t-il. La MT laiderait même à trouver des idées. Selon M. Lemoine « ça la aidé pour Mulholland Drive. Il avait le début, la fin, le milieu Une séance de médiation la aidé à trouver le fil conducteur ». Donc le message est clair : « Dont worry » David Lynch nest pas sous influence dun mouvement aux contours aussi floues que sa mission paraît fumeuse. Il nest pas plus le porte-parole mondial de la MT ; juste une personne connue, un «people» qui se met bénévolement en avant sur ce sujet. Diantre nous voilà rassurés !
Bizarre, quand même, que parmi les autres stars affichées sur les sites internet de la MT, trois soient des actrices qui ont anciennement travaillé avec Lynch : Laura Dern (sur «Blue Velvet» et «Sailor et Lula»), Heather Graham (sur «Twin Peaks») et Laura Harring («Mulholland Drive»).
En tout cas laccroche semble prise entre MM Lynch et Lemoine. Le réalisateur doit ainsi repasser par la France en octobre, escale à un voyage en Pologne où il prépare divers projets. La MT compte bien cette fois lui faire rencontrer quelques VIP
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Belgique : Sectes
Julia Nyssens, combattante des sectes
La libre belgique, 2 octobre 2004 par Cristian Laporte[Texte intégral]
L'avocate avait vraiment été à la base de la lutte contre les sectes en Belgique. Elle défendait la liberté de culte mais pas les violations de la loi faites en son nom.
Une grande dame de la lutte antisectes en Belgique n'est plus: on a appris en cette fin de semaine la disparition, à l'âge de 73 ans, de Julia Nyssens-Dussart, qui avait fondé l'ADIF, l'Association de défense de l'individu et de la famille.
Avocate de formation qui avait été attachée aux barreaux de Bruxelles et d'Elisabethville (Lubumbashi), c'est par sa profession qu'elle avait pris conscience du danger des organisations sectaires en étant amenée à défendre les victimes de certaines d'entre elles. Face aux ravages des sectes, elle avait décidé d'en faire un combat personnel en portant sur les fonts baptismaux en 1976 l'ADIF.Il n'est nullement exagéré de rappeler que c'est à elle que l'on doit la mobilisation générale antisectaire qui a débouché en 1997 sur la commission d'enquête parlementaire belge. Et ce ne fut pas un hasard non plus si son audition, fin mars de cette année-là, fut un des temps les plus forts de tous les travaux parlementaires. Il était donc tout aussi logique qu'elle fasse partie de la première équipe du Centre d'information et d'avis sur les organisations sectaires nuisibles qui devait être installée dans sa foulée. Jusqu'au bout, elle aura été une actrice très active au sein du CIAOSN, s'illustrant par un punch peu commun.
Pour Henri de Cordes, président suppléant du Centre d'information, «Julia Nyssens se caractérisait par une très grande ouverture d'esprit. Mais ce qui ressortait de son engagement était son très grand souci de respect des lois. Légaliste, elle n'attaquait jamais les mouvements sectaires sur le terrain religieux, trop attachée à la liberté de conscience et à celle des cultes, mais pas question de permettre des infractions en leur nom!»
Une analyse confirmée par le P. Charles Delhez, le rédacteur en chef du journal «Dimanche», qui a beaucoup travaillé sur les phénomènes sectaires.
«Mme Nyssens avait ce qu'on pourrait appeler, mais au sens positif de l'expression, l'obsession des sectes», commente Charles Delhez. «Mais jamais elle ne fit prévaloir ses propres convictions; son action suivait toujours le mode de l'expertise juridique. Reste que sa connaissance encyclopédique des mouvements sectaires lui a permis en même temps de montrer une réelle passion pour les hommes d'aujourd'hui, surtout lorsqu'ils se retrouvaient face à certains périls...»
Les funérailles de Mme Nyssens auront lieu ce lundi 4, à 11h30, en l'église décanale St Jean l'Evangéliste à Tervuren.
© La Libre Belgique 2004
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Canada : OTS
Dix ans plus tard, bien des mystères subsistent
Cyberpresse, 2 octobre 2004 par Éric Clément[Texte intégral]
Rosemarie Jaton aimerait bien tourner la page, mais elle a du mal à oublier. Elle a perdu son frère Daniel dans l'incendie de la ferme de l'Ordre du Temple solaire (OTS), à Cheiry, en Suisse, le 4 octobre 1994.
Il a péri avec sa femme, Madeleine, et leurs deux enfants: «Je pense à mon frère, mais je pense surtout à mon neveu et à ma nièce, dit-elle de son lit d'hôpital, en Suisse, où elle récupère d'une opération. Aujourd'hui, ils auraient 25 et 30 ans et seraient peut-être médecin et avocate.
«Ça me fait de la peine qu'on ait embarqué 11 enfants dans ces drames.»
Lundi matin, 10 années se seront écoulées depuis la première tragédie de l'Ordre du Temple solaire, qui fit 53 victimes, dont 12 Québécois, à Morin Heights, dans les Laurentides, et à Cheiry et Salvan, en Suisse.Devenue secrétaire de l'Association internationale de défense des victimes de l'OTS, Mme Jaton dit que les familles des victimes ont cherché longtemps un ou des coupables: «Tous ceux qui savaient et n'ont rien dit, tous ceux qui connaissaient les installations de mise à feu et qui n'ont pas averti police ou autorités, ceux qui sans doute ont récolté du bois, préparé le feu, ceux qui ont profité des grandes propriétés et de l'argent des petits frères, ceux-là ne pensent qu'à eux, c'est sans doute cela leur liberté, pas un instant ils n'ont pensé aux 11 enfants qui avaient une vie à vivre et qui ne sont plus que poussière. Ils voient pourtant bien que le monde ne va pas mieux depuis qu'ils ont laissé commettre ces meurtres. Car c'est bien de cela qu'il s'agit, puisque tout était arrangé dans les textes, prévu pour le grand départ sur Sirius.»
La secte de Luc Jouret et Jo Di Mambro a connu trois drames, chaque fois un mélange de suicides collectifs et d'assassinats, faisant un total de 74 victimes: d'abord, le drame d'octobre 1994; puis, en décembre 1995, 16 personnes trouvées carbonisées à Saint-Pierre-de-Chérennes, dans le Vercors, en France; et enfin en mars 1997, cinq victimes, dont une Québécoise, dans l'incendie d'une maison, à Saint-Casimir-de-Portneuf.
Le matin du 4 octobre 1994, à 5h01, un appel téléphonique déclenche un incendie dans une maison de Morin Heights. On découvre en matinée les corps carbonisés de Colette et Jerry Genoud, qui se sont suicidés en avalant des médicaments. Puis la police trouvera les corps d'Antonio Dutoit, de sa femme, Nicky, et de leur bébé, Christopher. Tous les trois avaient été poignardés quelques jours plus tôt par deux membres de la secte, qui ont eux-mêmes péri dans les deux autres incendies de cette journée tragique, en Suisse. En effet, en fin d'après-midi du 4 octobre 1994, des incendies provoqués par trois appels téléphoniques, à 17h12, 18h11 et 18h12 (heures de Montréal) embrasent la ferme du petit village suisse de Cheiry. Puis un incendie enflamme des chalets dans un autre village, Salvan, à 21h.
Au total, 48 personnes meurent (23 à Cheiry et 25 à Salvan), dont neuf Québécois: le maire de Richelieu, Robert Ostiguy, et sa femme, Françoise; la journaliste du Journal de Québec Joce-Lyne Grand'Maison; Robert Falardeau, chef de la secte au Québec; Jean-Pierre Vinet, ex-cadre d'Hydro-Québec, sa compagne, Pauline Lemonde, et leur fille, Annie Brunnel; Martin Germain, un électricien de Québec, qui a réalisé le système de mise à feu, et sa femme, Cécile.
On retrouvera une vidéo dans les décombres à Salvan. Jo Di Mambro a filmé les membres de la secte partageant leur dernier repas et buvant le poison mortel qui tuera les 25 personnes.
Aujourd'hui, le drame de l'OTS n'est pas terminé sur la scène judiciaire. Le chef d'orchestre franco-suisse Michel Tabachnik, âgé de 60 ans, est poursuivi pour participation à une association de malfaiteurs. Son procès a débuté en 2001 à Grenoble. L'accusation lui reproche d'avoir inspiré, avec ses «enseignements doctrinaux», une «dynamique d'homicides» aux adeptes de la secte. Après une audience en juin dernier, au cours de laquelle un complément d'enquête a été demandé, l'issue du procès a été fixée définitivement à juin 2005.
Mme Jaton regrette qu'on n'ait pas «trouvé les vrais responsables» des massacres. «La police a-t-elle trouvé les bons éléments et les vrais coupables? demande-t-elle. J'en doute fort. Pour ma part, il y a encore des assassins qui courent quelque part.»
Elle comprend pourquoi les ex-adeptes ne se mobilisent pas pour découvrir la vérité."Ils n'ont pas dérogé à la règle de mutisme total vis-à-vis de l'extérieur tant l'endoctrinement était fort, lourd, total, absolu ", dit-elle.
"Nous avons fait citer une douzaine de témoins au procès de Michel Tabachnik. Nous avons demandé à plusieurs de fournir un témoignage, mais ils ont déménagé, sont inatteignables, en vacances, malades, loin des préoccupations des familles des victimes. Ils ont perdu 74 amis, mais ils ne veulent pas savoir pourquoi ni dire comment."
De son côté, Hermann Delorme, ex-membre québécois de l'OTS, qui a quitté la secte deux ans avant le premier drame, mène une vie calme depuis. Après avoir écrit un livre sur son expérience, Crois et meurs dans l'OTS, il s'est réorienté vers l'import-export de couteaux de luxe français, qu'il vend par Internet aux Américains.
Interrogé sur ce qu'il retient de son passage dans l'OTS, il dit ne plus avoir d'émotions liées à cela. «Juste des souvenirs, dit-il. On en parle avec des amis. Ce sont des épisodes de vie tellement intenses que nos proches n'oublient pas ça. Mon expérience a été positive. J'ai mieux compris pourquoi les gens cherchent ce genre de communautés. Tout le monde a besoin d'une base sur laquelle travailler. C'est attirant pour les gens. Ça comble un besoin. Quand des gens sont fragiles, ils ont besoin d'avoir des réponses.»
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France : Raël
Bonjour Elsa
Courriel , 4 octobre 2004 - Suite à l'émission sur france 3 "On ne peut pas plaire à tout le monde de dimanche 3 octobre 2004
[Texte intégral]
Bonjour Elsa,
Quelle surprise de te voir comme représentante des raëliens, (Tu veux qu'on t'appelles maintenant "Princess Loona", tu étais la plus volubile des deux). Je t'ai connue dans les années fin 1970 - début 1980. Tu est la soeur d'une très bonne amie...
Hier soir, ce qui m'a frappé, c'est à quel point tu semblais à l'aise, sûre de toi en public. J'avais gardé de toi l'image d'une fille très sensible, timide et réservée. Bref, pour ceux qui te connaissent, une vraie publicité vivante vantant les mérites du raëlisme à travers ta spectaculaire transformation personnelle.
Tu as bien intégré toutes les ficelles du métier de "communiquante raëlienne de choc" : l'art du contre-pied (dès ton arrivée, tenter de dire "merci" aux deux journalistes canadiennes), l'art de démarrer au quart de tour sans hésitations ni bafouillages, l'art de retrouver au plus vite les rails de ton petit catéchisme tellement intégré qu'il semble jaillir de toi comme une source naturelle, l'art de l'esquive aux questions embarrassantes de fond en privilégiant systématiquement la forme (rire de toutes les plaisanteries, avaler toutes les couleuvres avec le sourire, pour mettre les rieurs dans ton camp et montrer une image "décomplexée" et sympathique).
Bravo Elsa, tu t'en es très bien sortie. Bien mieux que Vorilhon-Raël l'autre jour. J'imagine que tu es ce matin sur un petit nuage rose, avec des tas de messages de félicitations enthousiastes et dithyrambiques de tes amis, qui te font chaud au coeur, selon la coutume du "love-bombing" raëlien qui laisse toujours un drôle d'arrière-goût d'artificiel.
Bon, bien sûr, ta volonté exclusive de séduire le public, par tes propos et ton attitude, engendrait une tension en toi. A peine perceptible, rassure-toi. Tu étais "parfaite", comme ces hommes politiques ou ces vedettes qui cultivent avant tout leur apparence et leur image.
Hélas, à un moment, je suis brutalement passé de l'autre côté du miroir aux alouettes que tu tendais avec une belle énergie au public. Je crois que c'est quand tu as dit à la chanteuse Lio "ah enfin une bonne question, ça fait du bien !" en faisant un geste de tes mains. A ce moment précis, j'ai vu en surimpression l'image de gourou Raël disant exactement la même chose avec la même attitude !!! Je t'ai vu répéter tel un perroquet les mots de ton maître, je t'ai vu singer ses attitudes, je t'ai vu reproduire ses mêmes manières d'esquives.
Si j'avais le temps, et accès à toutes les bandes vidéo internes des interventions de Raël, je pourrais réaliser un montage vidéo dévastateur pour ton discours trop bien rodé car tellement ingéré et répété. On y verrait gourou Raël dire une chose, et juste après, on te verrait redire mot à mot la même phrase sur le plateau télé. Je suis sûr qu'en cherchant bien, on pourrait faire un montage parallèle édifiant, et très pédagogique, sur la totalité de ton intervention d'hier soir. L'impact ne serait plus du tout le même : de l'amusement de voir deux adeptes du genre allumées mais plutôt paumées et sympathiques, le public réaliserait à quel point vous êtes devenues les clones psychologiques de Vorilhon, sans le moindre espace de liberté personnelle dans le discours. Cela est tellement consternant, effrayant... ça fait froid dans le dos, une telle dépendance, un tel assujetissement... C'est bien plus que ce qui se passe avec de jeunes fans qui cherchent à imiter leur idole de jeunesse pour se donner une contenance, l'illusion d'être une personne. Idolâtrer à ce point d'imitation, c'est abdiquer, renoncer à être toi-même. Elsa, est-il préférable de te voir heureuse (car apparemment tu l'es) en devenant une telle zombie, que mal à l'aise dans le doute mais libre, hors de l'emprise de cet odieux personnage ? Tu as été manipulée dans ta jeunesse, tu continues de l'être, et je vois également à quel point tu sais reproduire pour le public l'art de la manipulation qui t'as si bien asservie. Tout cela semble se faire à ton insu, même si tu as appris plus ou moins consciemment à composer avec certains mensonges et hypocrisies... Comme si la manipulation mentale était une maladie transmissible que tu propages à ton tour.
Elsa, hier tu as "assuré", tu étais brillante... Ce que tu as gagné en audace pour la "cause", tu l'as perdu en courage d'être toi-même, autonome... Derrière ta façade lisse et séduisante, j'ai vu une pensée et une parole mécanique, un vide vertigineux. A quoi vas-tu pouvoir te raccrocher quand toutes ses illusions vont s'écrouler ?
Je t'embrasse.
Jérôme P.
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Canada : OTS
Il y a 10 ans, lOTS sombrait dans lhorreur
Le Journal de Montréal, 4 octobre 2004 par Jessica Nadeau[Texte intégral]
Il y a 10 ans aujourdhui, le monde découvrait avec horreur les cadavres de 53 adeptes de lOrdre du temple solaire en Suisse et à Morin Heights.
Par un beau matin doctobre 1994, un incendie ravage une villa appartenant aux gourous de la secte du Temple de lordre solaire (OTS) à Morin Heights, Joseph Di Mambro et Luc Jouret.Les pompiers découvrent rapidement les corps carbonisés de Colette et Jerry Genoud, tous deux de citoyenneté suisse et membres de la secte fondée en 1984.
Antéchrist à 3 mois
Deux jours plus tard, la police retrouve au sous-sol trois nouvelles victimes, Antonio, Nicky Dutoit et leur enfant de trois mois, dont la tête était recouverte dun sac.On apprend plus tard que les trois victimes avaient été assassinées à coups de poignard par le couple Genoud à titre de représailles pour avoir appelé leur fils du même nom que lenfant de Joseph Di Mambro. Le bébé était considéré comme un antéchrist.
Les bourreaux ont ensuite préparé la mise à feu du chalet dans lequel ils ont trouvé la mort le 4 octobre après avoir ingurgité des tranquillisants.
48 victimes en Suisse
Dans la nuit du 4 au 5 octobre, cest au tour des Suisses de se donner la mort dans un gigantesque suicide collectif faisant 48 morts, dont plusieurs enfants. 23 personnes sont retrouvées à Cheiry et 25 autres à Granges-sur-Salvan, dont les deux gourous de la secte, Luc Jouret et Joseph Di Mambro.Parmi les victimes, neuf Québécois : Robert Falardeau, chef de lOTS au Canada, Robert Ostiguy, maire de Richelieu, son épouse Françoise, Joce-Lyne GrandMaison, journaliste au Journal de Québec, Jean-Pierre Vinet, ex-cadre dHydro-Québec, sa conjointe, Pauline Lemonde, et leur fille Annie Brunnel, Martin Germain, un électricien de Québec qui aurait réalisé le système de mise à feu, ainsi que sa femme Cécile.
Les enquêtes officielles ont déterminé que la majorité des victimes de Cheiry avaient été tuées par balles avant lincendie alors quà Salvan, les victimes avaient été empoisonnées au curare avant la mise à feu du chalet.
Mais lhorreur ne sarrête pas ici. Quatorze mois plus tard, le 15 décembre 1995, 16 personnes dont 3 enfants brûlent dans une clairière du Vercors. La femme et le fils du champion de ski Jean Vuarnet sont parmi les victimes.
Enfin, le 22 mars 1997, 5 adeptes de lOTS sont retrouvés carbonisés dans une maison de Saint-Casimir au Québec. Au total, de 1994 à 1997, 74 membres de lOTS ont péri au sein de cette secte apocalyptique.
Rappelons que ces histoires dhorreur ont fait lobjet dinnombrables poursuites judiciaires qui ne sont toujours pas terminées.
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Canada : Raël
Octobre, mois de l'horreur!
Cyberpresse , 4 octobre 2004 par Nancy Coulombe et Catherine Schlager
[Texte intégral]
HALLOWEEN
Octobre voit revenir chaque année son lot de vampires, fantômes, sorcières et citrouilles. Chaque feuille qui tombe nous rapproche effroyablement du Jour H... pour le plus grand plaisir des amateurs de frissons!
Alors que d'affreux personnages et de drôles de citrouilles prennent d'assaut les rues et les commerces, plusieurs ont déjà entamé les préparatifs de l'Halloween. Déguisement, maquillage, masque, décoration, nourriture... tout doit être horrible et dégoûtant pour être réussi!
Pour se mettre dans l'ambiance, rien de mieux qu'un bon vieux film d'horreur, plaisir coupable de la saison! Avec Freddy, Jason et le Retour des morts-vivants en version couleur, les cauchemars sont garantis! Et avec la multiplication de tous ces «monstrueux» festivals, partys et événements qui nous font frémir en octobre, il n'y a plus aucun moyen d'échapper à l'Halloween. Autant en profiter pleinement en empruntant le costume moulant de Spiderman, le masque du tueur de Scream ou, pourquoi pas, la «toque» de Raël...!
À vos masques... prêts, partez!
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France : Solidarité et Progrès
Cheminade condamné
AFP , 5 octobre 2004
[Texte intégral]
Tract anti-Perben: 15.000 euros d'amendes pour diffamation pour Cheminade
LYON - Jacques Cheminade, président du Mouvement Solidarité et Progrès, a été condamné mardi à payer à 15.000 euros par le tribunal correctionnel de Lyon pour avoir fait distribuer un tract diffamant le ministre de la Justice, Dominique Perben, a-t-on appris auprès son avocat.
Eric Sauzé, responsable du parti à Lyon et reconnu coupable de complicité, a été condamné à payer 10.000 euros d'amende, par ce jugement rendu en délibéré.
Le procureur de la République avait requis des peines d'"amendes assez élevées", lors de l'audience le 21 septembre, à l'encontre de Jacques Cheminade, auteur du tract, et de M. Sauzé, organisateur de sa distribution dans la ville.
Leur avocat, Me Gilles Devers, a indiqué qu'il réfléchissait avec ses clients à la possiblité de faire appel.
Intitulé "Vous avez dit "collaboration?", le tract mis en cause présente en parallèle les photos d'une poignée de main entre le ministre français de la Justice et son homologue américain, John Ashcroft, et celle échangée entre Adolf Hitler et Philippe Pétain à Montoire, et dénonce la loi Perben II comme une réponse aux exigences du FBI.
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Etats-Unis : Falungong
Des élus américains demandent la fin des persécutions contre le Falungong
AFP , 5 octobre 2004
[Texte intégral]
WASHINGTON, 4 oct (AFP) - La Chambre des représentants américaine a adopté lundi soir une résolution demandant notamment au gouvernement chinois de "cesser" les actions hostiles au mouvement Falungong, en Chine et aux Etats-Unis.
Ce texte stipule notamment que Pékin "doit immédiatement cesser de s'ingérer dans l'exercice des libertés religieuses et politiques aux Etats-Unis, comme le
droit de pratiquer le Falungong", un mouvement d'inspiration bouddhiste.
Il demande également aux autorités chinoises "la libération de tous les prisonniers de conscience, et notamment des adeptes du Falungong", et plus
généralement de "cesser immédiatement le harcèlement, la détention, et les mauvais traitements physiques infligés aux individus exerçant leur droit
légitime à la liberté de culte".
Les élus américains demandent également l'ouverture d'une enquête américaine sur "des informations selon lesquelles des agents consulaires chinois aux
Etats-Unis ont commis des actes illégaux en essayant d'intimider ou d'influencer indûment des adeptes du Falungong ou des élus locaux".
Le Falungong, qui revendique des millions d'adhérents, est interdit par le gouvernement chinois qui l'accuse d'être un "culte satanique", depuis
l'organisation d'une grande manifestation à Pékin en 1999. Le régime chinois considère la secte comme la menace la plus importante pour l'ordre social depuis les manifestations démocratiques de 1989.
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Suisse : Raël
Raël et la secte des fashion people
Le Temps, 6 octobre 2004 par Stéphane Bonvin
[Texte intégral]
C'est un reportage paru dans la dernière livraison du «Vogue Hommes International». Des filles et des garçons, assez nus, très bronzés, peau contre peau. On remarque surtout la dénommée Lili-Peace Tschopp, belle tige plantureuse déshabillée par la grâce de son string en forme de papillon. Comme les membres de cette tribu irradiante sont tous habillés de blanc, on s'imagine qu'ils ne possèdent qu'une armoire commune dans laquelle ils piochent au hasard, échangeant pulls et étreintes, dans les frissons nus de leur petit matin.Sea, sex and fashion. Voilà la fiction qu'on s'invente en se penchant distraitement sur ces pages. D'autant que cette séquence de photos, dans le style de Peter Lindberg, se situe entre des pubs qui mettent en scène, elles aussi, des jeunes gens figés dans une forme d'ironie qui figure aujourd'hui le glamour. Et qu'elles sont précédées d'un (excellent) éditorial de Richard Buckley sur les quêtes d'utopie et sur les miroirs tendus par les gourous, au-dessus du vide.
Mais au fait, Lili-Peace, qu'est-ce qu'elle a donc entre les seins? Le denier bijou dessiné par Tom Ford? Non. Comme ses amis, Lili-Peace porte la fameuse étoile des raéliens. D'ailleurs, là, sur la page de gauche, englouti dans son costume XXL, c'est Claude Vorilhon, l'homme qui lança le mouvement des raéliens, en 1973, mêlant sensualité cosmique et charabia scientifique. Le même qui réussit à faire croire, en 2002, à la naissance du premier bébé cloné. Un as du marketing.
Quoi? Des raéliens (dont certains avec des noms valaisans!) dans la bible mondiale des fashion people? Justement. La mode, aujourd'hui, n'est plus un simple réservoir à habits. Elle est un immense catalogue d'attitudes. Du coup, les (bons) magazines plongent dans des univers solitaires ou des biotopes singuliers. On se souvient de ce numéro de «Vogue Hommes», un an après le 11 septembre, entièrement fait par des artistes du Proche-Orient, et qui parlait plus haut qu'une série d'éditoriaux géopolitiques. Même geste ici, avec les images raéliennes. Equilibre savant entre l'ironie et l'empathie. Poser des questions graves sans peser.
Ne pas peser. C'est le talent qui manque aux raéliens, hélas. Tout fiers de se retrouver sur papier glacé, ceux-ci ont envoyé aux journaux un courrier où ils se félicitent d'être enfin traités comme ils le méritent, sans être qualifiés de «secte», pour une fois. Ne pas sentir le trouble amusé qui se dégage des pages dont ils sont les héros, quel dommage. Les sectaires, c'est toujours les autres.
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France : Raël
« Le clone de Raël, c'était une supercherie ! »
Le Parisien, 6 octobre 2004 par Stéphane Bonvin
[Texte intégral]
On en sait désormais beaucoup plus sur le fameux bébé créé de toutes pièces par Raël à Noël 2002. Un livre signé par deux Canadiennes qui se sont infiltrées pendant sept mois paraît aujourd'hui. Il raconte la secte de l'intérieur. Edifiant.
Pendant sept mois, elles se sont fait passer pour de fidèles adeptes. Toutes dévouées à Raël, leur gourou. La journaliste québécoise Brigitte McCann et la photographe Chantal Poirier ont réussi à infiltrer la secte canadienne, dont le siège est dans la banlieue de Montréal. Elles en ont tiré un livre passionnant* qui paraît aujourd'hui. Comme de véritables espionnes, les reporters se sont forgé une nouvelle identité : faux noms, nouvelles adresses mail... Elles ont pris le maximum de précautions pour ne pas être repérées et ainsi livrer un terrible témoignage de l'intérieur. Actuellement, elles sont toujours protégées par des gardes du corps payés par leur employeur, « le Journal de Montréal ». Brigitte McCann nous raconte la vérité sur la fausse annonce du premier clone humain, le 27 décembre 2002, qui avait tenté de piéger les médias du monde entier.Savez-vous pourquoi Raël avait décidé d'annoncer la naissance du premier clone humain précisément un 27 décembre ?
Brigitte McCann. Oui, cela remonte à février 1997, lorsque Claude Vorilhon, alias Raël, a appris la naissance de Dolly, la première brebis clonée. Il a vu qu'il y avait un énorme coup à faire. Il a demandé à Brigitte Boisselier, sa chimiste, de « fabriquer un clone humain ». Puis cela a un peu traîné. Pendant l'hiver 2002, le clonage humain est redevenu à la mode, après les annonces de l'imminence de sa naissance par le gynécologue italien Antinori et l'Américain Zavos. Raël a décidé de les devancer. Il a lui-même choisi la date du 27 décembre pour annoncer la naissance d'« Eve », à l'hôtel Hollywood, en Floride, car il savait, en tant qu'ancien journaliste (NDLR : Claude Vorilhon a été reporter sportif à « Auto Pop », un magazine auvergnat) , que l'actualité était creuse à ce moment de l'année et qu'elle avait ainsi de grandes chances d'être fortement reprise.Lors de votre « infiltration » chez Raël, avez-vous vu ce clone humain ?
- Bien sur que non ! Aucune des raëliennes avec qui j'ai discuté n'a d'ailleurs jamais vu de clone humain de ses yeux. Il n'y a strictement aucune preuve d'une éventuelle naissance. Il s'agit bel et bien d'une supercherie. J'ai souvent entendu Brigitte Boisselier et Vorilhon rire entre eux en se disant que les gens étaient vraiment trop crédules. Pour en savoir plus, au bout de six mois dans leur centre appelé UFO-Land , je me suis portée candidate pour faire un don d'ovule. Brigitte Boisselier, qui m'avait baptisée, m'a dit, tout bas : « C'est bien, on en cherche... »C'était dans un laboratoire scientifique ?
- Non, on était dans un appartement avec six autres raëliennes, qui acceptaient de faire la même chose. Un « évêque » nous a dit que nos ovules seraient fécondés pour créer des cellules, afin de guérir des raëliens atteints de maladies incurables, pour faire remarcher des paralysés, mais aussi pour créer un clone humain. Avant la sélection définitive, il fallait signer un contrat jurant qu'on ne parlerait pas de ce que l'on venait de voir sous peine de payer un million de dollars à Brigitte Boisselier.Que s'est-il passé ensuite ?
- Les avocats du journal ont donné leur feu vert pour que je signe le contrat. Mais par la suite, sans que je sache pourquoi, Marc Rivard, le vice-président de l'organisation, qui devait me recontacter, ne l'a pas fait. Peut-être que je ne correspondais pas à leurs critères. J'ai discuté par la suite discrètement avec les femmes qui avaient été sélectionnées. Elles étaient très jolies, d'une vingtaine d'années, l'une d'entre elles était Française. Elles sont devenues des « anges de Raël », sa garde rapprochée, acceptant d'avoir des relations sexuelles avec lui. Et de donner des ovules...Que deviennent les ovules par la suite ?
- Ils sont mis en vente sur le site Internet de Clonaid, le bureau de la secte situé à Las Vegas. Plusieurs personnes rencontrées m'ont dit que ces ovules étaient achetés 100 000 $ par de riches Américains dans le but d'avoir un enfant. Raël est une supercherie doublée d'une escroquerie financière.* « Raël, journal d'une infiltrée », Ed. Stanké, 362 pages, 15 €.
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France : Sectes
Assemblée nationale - Question/Réponse ( Georges Fenech)
Tansmis par la MIVILUDES, 6 octobre 2004
[Texte intégral]
12ème législature
Question N° : 46147 de M. Fenech Georges ( Union pour un Mouvement Populaire - Rhône ) QEMinistère interrogé : justice
Ministère attributaire : justice
Question publiée au JO le : 31/08/2004 page : 6734
Réponse publiée au JO le : 05/10/2004 page : 7788Rubrique : bioéthique
Tête d'analyse : génétiqueAnalyse : clonage reproductif humain. interdiction
Texte de la QUESTION : M. Georges Fenech attire l'attention de M. le garde des sceaux, ministre de la justice, sur deux dispositions pénales contenues dans la loi du 6 août 2004 sur la bioéthique destinées à lutter contre toute personne recourant à des pratiques eugénistes et particulièrement au clonage humain reproductif. L'article 214-4 du nouveau code pénal punit la participation à un groupement formé ou à une entente établie en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, de l'un des crimes définis par les articles 214-1 et 214-2, de la réclusion criminelle à perpétuité et de 7 500 000 euros d'amende. L'article 511-1-2 du nouveau code pénal réprime la propagande ou la publicité, quel qu'en soit le mode, en faveur de l'eugénisme ou du clonage reproductif. Il lui demande quelles dispositions il compte prendre pour l'application de ces nouvelles incriminations à des mouvements à caractère sectaire qui fondent leur doctrine sur des pratiques érigées depuis cette loi en crime contre l'espèce humaine.
Texte de la REPONSE : Le garde des sceaux, ministre de la justice, a l'honneur de rappeler à l'honorable parlementaire que le crime d'eugénisme est réprimé en France depuis la loi n° 94-653 du 29 juillet 1994, par l'article 511-1 du code pénal et que les dispositions répressives de la loi n° 2004-800 du 6 août 2004 ne sauraient s'appliquer rétroactivement. Afin que la loi nouvelle puisse s'appliquer à l'égard de responsables ou de membres de mouvements sectaires, il faudrait établir, d'une part, l'existence d'entreprises ou de laboratoires liés à ces mouvements et, d'autre part, qu'ils poursuivent leur activité ou à tout le moins tentent de le faire, par exemple, en cherchant à recruter des donneurs de gamètes. Dans cette hypothèse, l'ensemble des infractions prévues par la loi nouvelle pourrait trouver à s'appliquer, à tous les niveaux de participation (y compris les scientifiques réalisant les actes de clonage et les personnes fournissant le matériel biologique utile à cette fin, lesquels pourraient tomber sous le coup des articles 511-1 à 511-2 du code pénal). De même, dans l'hypothèse où le mouvement sectaire aurait son siège à l'étranger, son dirigeant, de droit ou de fait, personne physique, est punissable, dès lors qu'il est de nationalité française pour tout crime commis à l'étranger sans qu'il soit besoin au préalable d'une plainte ou d'une dénonciation officielle du pays où les faits ont été commis et sans qu'il soit nécessaire de vérifier la double incrimination des faits. Une application extraterritoriale est prévue dans les mêmes conditions pour réprimer le délit appelé communément « client-clonage », c'est à dire le fait de se prêter à un prélèvement de cellules ou de gamètes en vue d'un clonage reproductif. En outre, il pourrait être fait application des dispositions de l'article 214-4 du code pénal, qui incriminent la participation à un groupement formé ou à une entente établie en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, de l'un des crimes définis par les articles 214-1 et 214-2 du code pénal. Les professionnels de la santé se livrant aux actes matériels destinés à réaliser le clonage reproductif ou les actes d'eugénisme peuvent, quant à eux, faire l'objet de poursuites en qualité d'auteur des crimes et délits que constitue chacun de ces faits. Enfin, s'agissant de l'application de l'article 511-1-2 du code pénal qui réprime la propagande ou la publicité, quel qu'en soit le mode, en faveur de l'eugénisme ou du clonage reproductif, deux hypothèses peuvent être envisagées : la première qui consiste à diffuser, via un site internet, une propagande ou une publicité en faveur de l'eugénisme ou du clonage reproductif, qui pourrait être consulté sur le territoire français. Dans ce cas, l'auteur d'une telle diffusion pourrait être poursuivi pour le délit prévu à l'alinéa 2 de l'article susvisé. La seconde hypothèse concerne la publicité et la propagande en faveur de l'eugénisme ou du clonage commis hors de France. Aucune disposition particulière n'a été édictée par la loi nouvelle quant à la compétence territoriale en ce domaine. Dans ces conditions, comme tout délit commis à l'étranger par un Français, il peut être réprimé par la loi française si la condition de la double incrimination est satisfaite, en application de l'article 113-6, alinéa 2 du code pénal et si des poursuites sont engagées par le parquet au vu soit de la plainte d'une victime, soit d'une dénonciation officielle du pays dans lequel l'infraction est commise. Dans la mesure où des éléments pourraient être recueillis à l'encontre d'un responsable ou des membres d'un mouvement à caractère sectaire, au regard de cette nouvelle loi, le garde des sceaux, ministre de la justice, assure l'honorable parlementaire que la chancellerie ne manquera pas de veiller à une stricte application de la loi pénale.
UMP 12 REP_PUB Rhône-Alpes O
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France : Soins Psy
Comment choisir son thérapeute
Le Monde, 6 octobre 2004 par Catherine Vincent
[Texte intégral]
PSYCHOLOGIE - Comment choisir son thérapeute Confier ses problèmes intimes à un inconnu ? Avant de franchir le pas, il importe de définir ses besoins. Et de respecter des règles de prudence. Sans doute certains psychothérapeutes auront-ils aimé Confidences trop intimes, le dernier film de Patrice Lecomte (sorti en mars), tandis que d'autres n'en auront pas supporté l'ironie. Sandrine Bonnaire y joue le rôle d'Anna, jeune femme vive et normalement névrosée, que ses difficultés conjugales poussent à consulter un homme de l'art. Problème : à la première rencontre, elle se trompe de porte et se retrouve chez le voisin, conseiller fiscal. Lequel, trop heureux de cette diversion dans sa vie solitaire, se garde de lui révéler sa véritable identité...
La comédie finira bien, mais la situation réelle sur laquelle elle se fonde n'en laisse pas moins un léger malaise. Car Anna, finalement, pourrait être n'importe lequel d'entre nous. Aller consulter pour la première fois, c'est toujours prendre le risque de confier une part de sa vie la plus intime à un parfait inconnu. Et le choix du thérapeute sur lequel nous jetons notre dévolu relève, dans la grande majorité des cas, de la loterie.
Problème de couple, phobie sociale, angoisse professionnelle, troubles de l'adolescence, échec scolaire : plus de quatre millions de Français, petits ou grands, suivraient actuellement une thérapie. Nombre d'entre eux sont pris en charge à l'hôpital par des psychologues patentés. Mais les consultations privées, elles aussi, sont en augmentation constante. Dans les pages jaunes de l'annuaire téléphonique, sur Internet, dans les petites annonces des journaux, les psys sont désormais partout. Les vrais comme les faux.
A l'analyse classique (longue, contraignante et coûteuse) comme à la consultation de psychiatrie (trop médicale, donc effrayante), on préfère en effet, de plus en plus souvent, une thérapie dite "brève", qui traite le symptôme plutôt que la cause. Une demande exponentielle à laquelle les facultés de médecine et de psychologie n'ont pu répondre, et qui a vu fleurir au cours des dix dernières années, en marge de l'université et de l'expérimentation clinique, toute une myriade de "psys" autoproclamés, se réclamant de méthodes plus ou moins douteuses.
Gestalt-thérapie, programmation neuro-linguistique, analyse transactionnelle, hypnose, art-thérapie, technique du "rebirth", respiration holotropique... Aux côtés des techniques validées par la science ou la médecine, on propose aujourd'hui tout et n'importe quoi. Au total, ce sont plusieurs dizaines de spécialités, aux noms souvent ronflants, qui se présentent au néophyte. Comment s'y retrouver dans cette nébuleuse ? Comment, surtout, se prémunir des charlatans ? Le titre de psychothérapeute n'étant jusqu'alors ni protégé ni réglementé en France, il suffisait en effet d'un tournevis pour fixer à sa porte une plaque affichant le titre de "psychothérapeute" ou "psychanalyste".
A raison de 30 à 80 euros la consultation, pour un investissement de départ quasiment nul, on conçoit que cela ait donné des idées. A des gens peu ou pas formés - donc incompétents -, voire aux escrocs de tous genres et aux adeptes de sectes.
Aux côtés des 13 400 médecins-psychiatres, 35 000 psychologues et 6 000 psychanalystes membres d'une société reconnue, on trouve ainsi, dans la sphère "psy" exerçant actuellement en France, quelque 12 000 psychothérapeutes de formation vague, dont la pratique n'offre aucune garantie de mieux-être ni d'innocuité.
Pour lutter contre ce fourre-tout, l'usage du titre de psychothérapeute a finalement été institué par l'article 57 de la loi du 9 août relative à la politique de santé publique. Une avancée certaine vers un contrôle de la profession, mais qui ne constituera pas pour autant, et il s'en faut de beaucoup, la garantie d'un bon traitement psychique.
Que dit en effet le texte de la loi ? Mettant fin aux interminables et virulents débats déclenchés par le projet du député Bernard Accoyer (UMP, Haute-Savoie) visant à réglementer la fonction de psychothérapeute (Le Monde du 13 janvier), il stipule que le titre tant convoité sera désormais réservé aux professionnels inscrits au registre national des psychothérapeutes.
Figureront de droit sur cette liste : les titulaires d'un diplôme de docteur en médecine, les personnes autorisées à faire usage du titre de psychologue (dans des conditions définies par la loi depuis 1985), et les psychanalystes régulièrement enregistrés dans les annuaires de leurs associations. A quoi s'ajouteront, précise le texte, d'autres "professionnels", dès lors qu'ils auront rempli les nécessaires "conditions de formation théorique et pratique en psychopathologie clinique". Conditions que préciseront... les décrets d'application à venir.
"L'article 57 soulève plus de questions qu'il n'apporte de réponses", souligne Gérard Bayle, président de la Société psychanalytique de Paris (SPP). "Le "professionnel" demandeur, diplômé ou pas, titré ou pas, en annuaire ou pas, verra son sort tranché par le décret du Conseil d'Etat. Tout va dépendre de celui-ci et rien n'est vraiment joué. Quels seront les axes psycho-pathologiques retenus ? Les pratiques ? Les contrôles ?
Prochain épisode, donc : ces fameux décrets d'application, "dont la rédaction, souligne Le Journal des psychologues (septembre), aura le
pouvoir d'infléchir l'article de loi dans n'importe quel sens". En privilégiant, par exemple, tel ou tel type de psychothérapie jugé plus efficace.En attendant, chacun continue au petit bonheur la chance de chercher son psy... Pour le meilleur, souvent. Mais parfois pour le pire.
"A force d'être pris et de se prendre pour un médecin, à tout le moins pour un auxiliaire médical indispensable, le "faux" psychothérapeute se montre de plus en plus entreprenant, n'hésitant pas à recourir à des techniques commerciales rodées et de plus en plus agressives", affirme Guy Rouquet, président de Psychothérapie Vigilance. Une association que cet enseignant dans un lycée de Tarbes (Hautes-Pyrénées) a créée sous la forme d'un site Internet, à la suite des dégâts subis par un membre de sa famille lors d'une thérapie mal conduite.
Ouvert depuis février 2003, le site entend donner la parole et répondre aux victimes d'assujettissement psychologique, informer le public sur les différentes pratiques psychothérapeutiques et en dénoncer "les abus et dérives, en particulier de type sectaire". L'initiative est heureuse, les textes de bonne qualité... Mais ils ne fournissent évidemment aucune recette miracle pour bien choisir son psy.
Que faire, alors ? Se fier à son bon sens et à son intuition, mais rester vigilant. Savoir que les dérives sont plus fréquentes en secteur libéral (le secteur institutionnel est assez bien encadré par le code de la santé publique), et qu'il convient donc d'y entrer avec plus de prudence encore. Ne pas hésiter à rencontrer plusieurs thérapeutes avant de se décider. Ne pas avoir peur de leur poser des questions, sur leur formation, la société à laquelle ils appartiennent, leurs tarifs. Bannir ceux qui emploient un vocabulaire magique ou trop savant.
La thérapie une fois commencée, se désengager sera d'autant moins simple que le manipulateur sera habile. Il faudrait pourtant prendre le large dès qu'un thérapeute semble trop familier, séducteur ou dominateur, dès qu'il presse son patient de questions intimes ou le pousse à rompre avec son entourage... Et se méfier, avant même le premier rendez-vous, d'une plaque trop voyante collectionnant les titres. Si elle vous promet un "psychothérapeute-psychanalyste formé au rebirth, master en Gestalt et expert en musicothérapie", vous pouvez à coup sûr passer votre chemin.
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France : OTS
Dix ans après les derniers secrets de l'ordre du temple Solaire
Voir le droit de réponse à cet article
VSD, du 3 septembre au 6 octobre 2004
[Texte intégral]
Depuis le 4 octobre 1994, 74 adeptes de la secte sont morts au Canada, en Suisse et en France. Mais la justice n'a toujours pas déterminé de responsabilités dans ces massacres. Pour la première fois l'enquêteur canadien témoigne
C était il y a tout juste dix ans. Au petit matin du 5 octobre 1994, les radios et télévisions du monde entier annonçaient le suicide collectif de quarante-huit adeptes de l'Ordre du temple solaire (OTS) dans les villages suisses de Cheire et de Granges-sur-Salvan. Quelques heures plus tard, un apprenait que cinq adeptes avaient, la veille, été d&eacut