Actualités sur les sectes en juillet 2004.

Kryeon (*) 01/07/2004 Les enfants indigo
Témoins de Jéhovah (*) 01/07/2004 Appel aux citoyens
Témoins de Jéhovah (*) 01/07/2004 30 meetings jéhovistes prévus pour cet été
Sectes (*) 01/07/2004 Adolescents et jeunes sous influence
Moon Moon se prend pour le Messie
Raël Les Raëliens veulent se faire infiltrer!
Sectes et enfants Editorial de Catherine Picard, présidente de l'UNADFI
Stop au cancer La " méthode Hamer " continue à faire des émules
Sectes et enfants L’enfance maltraitée en milieu sectaire
Sectes et enfants Maltraitance Sectaire et Enfants : Difficultés face à la justice
Sectes et enfants Clothilde, petite fille dans une secte.
Sectes et enfants La fonction parentale dans les sectes
Sectes et enfants Les enfants d'une secte
Stop au cancer - Dr Hamer Trois ans ferme au guérisseur allemand
Sectes

Les stages de "développement personnel" se multiplient, les risques de dérives aussi

Mahikari Secte étrange à Saint Denis
Stop au cancer - Dr Hamer Un charlatan derrière les barreaux
Sectes L'Assemblée vote le texte de la CMP sur la bioéthique
Sectes (*) 08/07/2004 Politique cultuelle (doc PDF)
Aum Arrestation de trois ex- membres de la secte Aum au Japon
Mahikari Des offrandes en billets neufs
Mahikari La face lucrative de Mahikari
Sectes (*) 12/07/2004 Rechercher les caractères mortifères des textes de référence d'un groupe d'emprise
Shri Chinmoy (*) 12/07/2004 Témoignage
Soka Gakkai Elections : résultats du Komei (parti de la Soka Gakkai)
Dongfang Shandian (l'éclair de l'orient) Catholiques et Protestants face au syncrétisme d’une secte
Raël Les raéliens se déployent en nombre à Lausanne
Actualités diverses La Haute autorité contre les discriminations en place en janvier 2005
Sectes (*) 16/07/2004 Enfants maltraités document UNADFI : recto verso
Témoins de Jéhovah Les 3 miracles des Témoins de Jéhovah d’Asnières
Actualités diverses A Barcelone, les "JO" des religions contre le choc des civilisations
Satanisme La secte des rockers assassins
Sectes Bons adeptes et mauvais parents ?
Raël Affluence record aux stages Raeliens à Valcourt
Scientologie Jazz - Pluie d'étoiles sous les étoiles
Eglise internationale du christ Satilleu - Enfants menacés par une secte
Aum Japon : pendaison confirmée pour deux responsables de la secte Aum
Actualités diverses Le pasteur et la nourrice jugés coupables du meurtre qui a passionné la Suède
Eglise du Christ Le combat d'une mère pour soustraire ses enfants à la secte "l'Eglise du Christ internationale"
Mormons (groupe dissident) Une secte polygame en ligne de mire de la justice canadienne

(*) Articles ou documents qui, compte tenu de leur taille, ne sont pas ci-dessous, mais sur une page particulière ou sur le Web



Etats-Unis : Moon

Moon se prend pour le Messie

Le Point , 1er juillet 2004 par Hélène Vissière (à Washington)

[Texte intégral]

Scandale au Congrès : fin mars, le révérend Sun Myung Moon, le Coréen fondateur de l'Eglise de l'unification, a été « couronné » dans un bâtiment du Sénat en présence d'une douzaine de représentants des partis démocrate et républicain. C'est un démocrate de l'Illinois qui portait l'une des deux couronnes destinées à Moon et à sa femme. Le révérend a dit que « les empereurs, les rois et les présidents [...] avaient déclaré sur la terre comme au ciel que le révérend Moon n'est autre que le Sauveur de l'humanité, le Messie... » L'événement fait scandale. Les congressmen invités à la cérémonie expliquent qu'ils ont été mal informés.

A Washington, Moon est un personnage influent. Il est non seulement un leader religieux, mais le propriétaire du Washington Times et de l'agence de presse UPI



Canada : Raël

Les Raëliens veulent se faire infiltrer!

Info du jour , 1er Juillet 2004 par Jérôme Marchal

[Texte intégral]

Claude Vorilhon se promène en Giscardie, au milieu des chaînes verdoyantes des volcans d'Auvergne. Le jeune journaliste est bouleversé par un contact avec un Extra-Terrestre au centre du cratère du Puy en Lassolas. Le 13 décembre 1973, il apprend que le terrien a été élaboré en laboratoire par les Elohims dont il deviendra, sous le nom de Raël, le porte-parole...

Ce 30 juin, les rédactions du grand-est reçoivent cet étonnant communiqué de presse :

"Chers journalistes des médias de l'Est de la France... Ceci est une proposition sérieuse. Nous vous avons envoyé divers courriers depuis cet automne que vous avez lu ou non, sans espoir que nous les voyions publiés: nous sommes réalistes et ... matérialistes avec de l'humour en sus. Sans préjuger du bien ou du mal de votre opinion à notre égard, nous aimerions vous soumettre une suggestion: oubliez un instant vos sources "classiques", à savoir l'Adfi, les RG ou la police, et, munis de votre vraie ou fausse identité, venez nous infiltrer à partir du 4 juillet à Crans Montana en Suisse, ou Raël donne ses stages annuels en Europe."

Ils ne manquent pas d'air, en effet. Le marketing de dérision continue :

"Si vous êtes à la recherche de sensationnel, pour ensuite faire des articles qui vous feront vendre beaucoup de journaux, eh bien munissez vous de micros cachés, de caméras cachées ou non, et venez voir ces bêtes curieuses de Raëliens pour faire le scoop de votre carrière!"

Là c'est moins drôle : la secte a déjà été maintes fois observée et leur scoop est tombé à plat comme un oeuf cloné sur une poêle à frire. Mais poursuivons :

"Vous pourrez même faire des interviews officielles de sa Sainteté: du billard! (là, il faudra montrer quand même votre carte, mais qui veut la fin...) Nous sommes tous disposés à vous accueillir, partager une semaine avec vous, que vous soyez à visage couvert ou découvert. Et prenez bien une assurance contre le lavage de cerveau éventuel, on ne sait jamais. Au moins, vous en saurez plus que ceux qui vous informent mal. Quitte à écrire un bouquin après : droits d'auteur, pépettes, euros!"

Pragmatique, il pense à tout, monsieur Raël !

"Si une idée de reportage vous manque, voici l'occasion! Vous pourrez dire tout le mal (ou éventuellement le bien, on ne sait jamais) que vous souhaitez si vous le souhaitez, après, mais vous pourrez affirmer à votre rédac'chef, la tête haute: "j'y étais, patron, et j'ai du lourd!" Il vous répondra: "Ouais, quoi?
- Eh ben... Finalement, on nous a dit que des conneries, les Raëliens c'est pas que des gogos....
- Ca fait rien, on continue à dire les trucs habituels, ok Coco? Avec des détails bien gras. T'en as glané, au moins?
- Plein, patron!
- Bon, on va faire péter les ventes! Ecris, on verra. Et toi, un jour, petit, ce fauteuil sera le tien.
- Merci, chef!"
Et aussi merci qui? Les Raëliens.
Pensez à votre prime et aux notes de frais gonflées, amis journalistes."

Le chargé de comm' des Raéliens de l'est a dû fumer la soutane de sa Sainteté avant d'envoyer son communiqué aux rédaction ! Il a en parti gagné son effet : on ne résiste pas à l'idée de le diffuser.

Mais pour revenir à des analyses plus sérieuses sur ce mouvement, il peut être utile de poursuivre ICI : c'est beaucoup moins drôle. On retrouve en effet sur ce site, www.prevensectes.com/rael.htm, des éléments très factuels : extraits de discours, biographie, démêlés judiciaires, les perles ainsi qu'un point complet sur l'affaire du premier clonage humain annoncé avec brio, toutes les rédactions ayant relayé pendant une semaine toutes sortes d'hypothèses sur la probabilité de cette "réussite" évidemment jamais prouvée. Mais les raéliens doivent poursuivre leurs recherche. Et cela demande beaucoup de sous...


France : Sectes et enfants

Editorial de Catherine Picard, présidente de l'UNADFI

Bulles , n°82, 2ème trimestre 2004

[Texte intégral]

Voici deux mois que je remplis les fondions de présidente. Mon engagement à travailler sur les mouvements sectaires date de ma rencontre en 1982 avec
Le Patriarche ". Alors conseillère au Ministère de la Jeunesse et des Sports, j'étais en charge du dossier formation sur la toxicomanie. Très vite, j'ai compris l'effet nuisible de ces groupes qui, au prétexte de soins, détournaient de jeunes mineurs de leur famille hors de leur contexte social, défiant le droit. Aujourd'hui, le groupe du Patriarche a changé de nom, d'autres groupes se sont mis en place et au final ce sont encore les mineurs qui font les frais de pratiques portant atteinte à la dignité humaine.

De longue date, le droit français s'est donné les moyens de la protection des mineurs et de l'enfance en danger. C'est la traduction de la volonté d'un état démocratique d'organiser sur tout le territoire la mise en place de cette mission : protection judiciaire de la jeunesse, contrôle des activités périscolaires, suivis et placements éducatifs, aide sociale à l'enfance, relayée par les Conseils Généraux... Dans chaque tribunal de grande instance, siègent des juges aux affaires familiales, des juges pour enfants. Néanmoins, les mineurs de notre pays paient un lourd tribut aux prédateurs de tous ordres, en particulier les groupes sectaires.


France : Stop au cancer - Méthode Hamer

La " méthode Hamer " continue à faire des émules

AFP , 1er juillet 2004

[Texte intégral]

Le guérisseur Ryke Geerd Hamer a finalement été condamné à trois ans de prison ferme par la cour d'appel de Chambéry*. Selon la MIVILUDES et l'UNADFI, il continue à inspirer de nombreux thérapeutes, en France et à l'étranger. En Belgique, un thérapeute se recommandant des théories du Dr Sabbah, émule de cette méthode, vient d'être mis en examen.

Qu'elles s'appellent " biologie totale des êtres vivants " ou " psycho-bio-généalogie ", ces théories " affirment le caractère exclusivement psychosomatique des maladies ". Il existe même une théorie du " décodage dentaire " selon laquelle les dents cassées ou les abcès seraient des
" messages "…Les adeptes de cette " nouvelle médecine " recrutent parmi de " vrais " médecins et des thérapeutes aux formations " obscures "

* Le parquet général a également lancé contre lui un mandat d'arrêt européen et a saisi les services d'Interpol.


France : Sectes et enfants

L’enfance maltraitée en milieu sectaire

BULLES n°82, 2eme trimestre 2004

[Texte intégral]

L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) définit la violence à l’égard des enfants comme suit : « Les mauvais traitements de l’enfant ou la maltraitance s’étendent à toutes les formes de mauvais traitements physiques ou affectifs, de sévices sexuels, d’abandon ou de négligence, d’exploitation commerciale ou autre, entraînant un préjudice réel ou potentiel pour la santé de l’enfant, sa survie, son développement ou sa dignité, dans le contexte d’une relation de responsabilité, de confiance ou de pouvoir. »

Un nombre important d’enfants nés ou éduqués dans un milieu sectaire totalitaire est confronté à des risques importants de maltraitance de la part non seulement de leur entourage familial mais également des autres membres du groupe, et en particulier du gourou.

Le groupe, ou la cellule familiale fonctionnant selon un modèle sectaire, constitue un milieu pathogène pour l’enfant.

La maltraitance induite par la secte (groupe-doctrine-gourou), dépossède l’enfant de son identité physique, psychique et émotionnelle, niant son existence en tant que sujet de droit pour en faire un objet aliéné au système sectaire qui se perçoit comme hors du monde. Le refus du libre arbitre, du poids de la société et de ses institutions font que la pression sociale peut paraître inexistante et inefficace sur les adeptes qui vivent une « idéologie hors de la société ». Endoctrinés, les enfants n’ont comme référent que « la secte » et sont dans l’incapacité de comprendre le sens des institutions de l’Etat (Education, justice, médecine...) et des valeurs qu’il prône « Liberté – Egalité - Fraternité », valeurs non reconnues et souvent combattues par le groupe.

L’enfant évoluant dans un environnement sectaire est menacé à deux titres : mineur et adepte. Son statut de mineur le place, de fait, dans un état de vulnérabilité face aux actes délictueux commis à son égard. De plus, le groupe sectaire totalitaire prive l’individu, notamment par le biais de la manipulation mentale, de son libre arbitre et de sa capacité à penser et agir par lui-même pour le placer en état de sujétion (cf. : loi About-Picard du 12 juin 2001).

Devenu objet, l’enfant ne possède plus de droit mais uniquement des devoirs, il doit tenir un rôle, remplir une mission auprès du groupe et du leader, dans la logique d’une obéissance absolue.

Dans ce cadre de vie perverti, nuisible à l’individu, les actes de maltraitance sont perçus et présentés par ceux qui les commettent comme profitables à celui qui les subit. Ils sont érigés en valeurs. Les mineurs subissent des atteintes graves à leur intégrité et à leurs droits aux niveaux physique, psychologique, familial et social. Dans tel groupe, le leader abusera de mineurs afin de les purifier et de leur permettre d’accéder à un état supérieur (les cas de pédophilie dans les sectes sont nombreux). Tel autre encouragera les parents à châtier leurs enfants en leur infligeant des sévices physiques (coups, mutilations, privation de nourriture, défaut de soins) ou psychologiques (brimades, humiliations, déni de l’identité, interdit de l’opposition…).

La cellule familiale ne représente plus la cellule de base, elle est soumise à l’autorité et au contrôle du groupe. Les parents, sont symboliquement et effectivement dépossédés de leur autorité et de leur fonction qui sont transférées aux structures sectaires. Le lien familial est assujetti au lien groupal, ce qui entraîne de graves problèmes dans la construction de l’identité et dans les relations parents-enfants. La socialisation se fait d'abord (et parfois exclusivement) dans la secte avec un modèle unique, présenté comme le meilleur. La nécessité de fréquenter le moins possible les autres, car ils appartiennent à des familles "mauvaises", et d'être en même temps un "modèle" pour ces autres familles isole l'enfant dans une diffé-rence valorisée à l'intérieur du groupe et incomprise à l'extérieur. La mise à l’écart de la société civile est génératrice de comportements nuisibles au développement social et intellectuel de l’enfant : scolarisation défaillante ou absente, domaines d’apprentissage limités, refus de participer aux activités civiques, absence de loisirs… pour ne pas tous les citer.

Pour l’UNADFI, la maltraitance des enfants en milieu sectaire est un fait indéniable, auquel elle se trouve confrontée régulièrement et, parfois, dans des conditions dramatiques.

La plupart du temps, les cas nous sont rapportés par l’intermédiaire de proches qui témoignent de leur inquiétude due à l’adhésion d’un des leurs à un groupe sectaire ou lors d’actions en justice, notamment dans les procédures de divorce. Inquiets pour l’avenir de l’enfant, ils font état des dangers encourus par celui-ci s’il demeure dans un environnement sectaire par l’intermédiaire de l’un ou de ses deux parents.

Certaines situations peuvent devenir critiques et même létales si le danger n’a pu être détecté à temps.

Rares sont les cas où les mineurs saisissent, de leur propre chef, une association ou une institution afin de témoigner de leurs souffrances. Nous savons qu’il est toujours difficile pour un enfant maltraité de se livrer à un tiers, du fait de la culpabilité et de la honte qu’il éprouve et de l’interdit qui lui en est fait.

A l’ignorance de ses droits et de ses recours mais, avant tout, de la notion « intégrité » s’ajoute chez le jeune adepte, la crainte inculquée du monde extérieur.

A l’adolescence se produisent parfois des phénomènes de révolte, qui poussent les jeunes à tenter de s’éloigner de cet environnement nocif, mais ce n’est, bien souvent, que longtemps après leur majorité que certains entament des démarches ; un temps est nécessaire à leur reconstruction psychologique.

Dans son rapport 2003, la MIVILUDES propose un allongement du délai de prescription, qui « partirait du jour où la victime serait en état de déposer plainte » et non du jour où l’infraction a été commise. Le cadre sectaire où la victime se retrouve en « état de sujétion psychologique ou physique » nécessite « un régime spécifique de prescription de l’action publique ». Une proposition grandement souhaitée par l’UNADFI et qui va dans le sens d’une reconnaissance accrue des actes de maltraitance spécifiquement liés au phénomène sectaire qui restent, à ce jour, pas assez connus des milieux institutionnels et des professionnels de l’enfance.

L’information, la prévention et la formation du public doivent amener à une prise de conscience de la spécificité des formes de maltraitance infantile liées aux sectes, spécificité qui rend plus difficile son signalement auprès des associations et des institutions compétentes.

L’UNADFI, forte de 30 ans d’expérience dans le domaine des sectes, est un observateur et un acteur privilégié de la défense des droits de l’individu et notamment de la protection de l’enfance confrontée à la maltraitance sectaire dont la réalité ne peut être niée.

Dans notre action d’aide aux victimes, le respect des droits de l’Enfant est une préoccupation constante pour laquelle nous ne cessons de nous battre.


France : Sectes et enfants

Maltraitance Sectaire et Enfants : Difficultés face à la justice

BULLES n°82, 2eme trimestre 2004

[Texte intégral]

Les sectes représentent une véritable maltraitance pour les enfants qui se trouvent malgré eux enrôlés, endoctrinés, et la plupart du temps dans la totale complicité de leur entourage proche. En effet, aucun de ces enfants n'a choisi de lui même de se voir impliqué de près ou de loin dans une secte. Toutes les maltraitances sont possibles au sein des sectes. Mais selon qu'il s'agit de maltraitances physiques ou psychologiques, différents points de départ à une réflexion sur le sujet sont possibles.

En ce qui concerne les maltraitances physiques
Nous pourrons faire le tour d'une grande partie d'infractions que prévoit notre code pénal, les pratiques sectaires étant aussi diverses que les incriminations possibles.

o Violences physiques de toutes sortes : coups et blessures, actes de torture et barbarie, meurtre art. 221 et suivants du Code pénal
o sévices sexuels art. 222 et suivants du Code pénal
o mise en danger de la personne art. 223 et suivants du Code Pénal
o enlèvement, séquestration art. 224 et suivants du Code Pénal
o Surtout concernant les enfants, on retrouve dans plusieurs groupes sectaires des conditions d'hébergement et de travail contraires à la dignité humaine art. 225-13 du Code Pénal

La difficulté rencontrée pour appliquer les textes est notamment liée au fait que ces infractions pénales sont difficiles à prouver. Lorsqu'elles se passent dans le secret d'une famille, leur existence est pratiquement impossible à connaître et à démontrer, surtout si elles ont lieu dans le huis clos sectaire.

Généralement les sectes ont leur propre justice interne, ce qui fait que les adeptes n'hésitent pas à établir des faux témoignages pour se défendre, sans aucune mauvaise conscience et en conformité avec leur propre code d'éthique interne.

Dans cette même logique, certains adeptes iront jusqu'à faire disparaître des dossiers des pièces de procédure qui pourraient les gêner… Les membres d'une communauté peuvent aussi fuir à l'étranger, vu que de nombreuses sectes ont des ramifications dans plusieurs pays. Enfin, il est courant de voir des pratiques de résistance ou dissimulation afin de se soustraire aux contrôles organisés en cas d'alerte judiciaire (ouverture d'une information par exemple).

Devant de telles pratiques les magistrats ne sont pas forcément informés du fonctionnement sectaire et peuvent passer à coté de la véritable dangerosité. D'autant que souvent les juges considèrent, à tort, la secte comme un groupe à caractère religieux, ésotérique ou spirituel. A tort, car la véritable dangerosité sectaire réside dans la configuration totalitaire du groupe.

Face à ces difficultés pour la constitution de la preuve, il ne faut pas hésiter à se servir des enquêtes privées de plus en plus répandues, des constats d'huissier, et des documents internes à la secte. Toujours en essayant de démontrer le lien de causalité entre la doctrine sectaire et le préjudice qui en résulte.

Une difficulté nouvelle apparaît lorsque certains enfants devenus adultes parviennent à sortir du groupe : comment gérer la sortie de secte lorsque les adeptes n'ont pas de références dans la société ? Se pose alors le problème de la réinsertion des ex-adeptes. Quelle solution proposer aux sortants de secte[4] ? Cette question dépasse le champ d'action du juge. Cependant, nos associations doivent agir dans ce sens, en mettant l'accent sur la création de nouveaux repères dans la société, en vue d'une intégration nouvelle et réussie.

En ce qui concerne les maltraitances psychologiques
Il est beaucoup plus difficile d'apporter la preuve de la dangerosité d'un endoctrinement, que d'une maltraitance physique, quelle qu'elle soit. Le juge n'est pas formé à détecter des notions telles que l'endoctrinement ou l'emprise.

En tenant compte des paramètres tels que : la dangerosité de la secte, la nature de l'acte maltraitant, le niveau de développement psychique et affectif de l'enfant, son âge, l'implication sectaire de son entourage, etc. … l'emprise sectaire sur l'enfant représente une maltraitance plus ou moins importante, et pourtant, cette forme de maltraitance peut devenir très déstructurante et laisser des séquelles difficiles à effacer.

Deux textes fondamentaux nous rappellent cependant qu'un certain nombre de droits de l'enfant sont solennellement reconnus :

o Déclaration des droits de l'enfant des Nations Unies du 20 novembre 1959
o Convention Internationale des Droits de l'Enfant du 20 novembre 1989 (CIDE)


France : Sectes et enfants

Clothilde, petite fille dans une secte.

BULLES n°82, 2eme trimestre 2004 par Delphine GUERARD, Psychologue clinicienne, ADFI Paris.


[Texte intégral]

Clothilde est une jeune fille de 20 ans qui, dès l’âge de 5 ans, a vécu dans un groupe sectaire. Ses parents sont adeptes d’un groupe guérisseur new-age. Ce groupe est composé d’une quarantaine de personnes vivant en communauté. Les adultes conservent une vie professionnelle et les enfants vont à l’école. La communauté est dirigée par un Maître considéré comme un être exceptionnel : « il est l’image du Bien et incarne les valeurs ».

Une méthode et des exercices quotidiens sont préconisés afin de « se projeter vers la perfection ». Les enfants sont amenés à lire et étudier les livres du groupe, à écouter les cassettes du Maître, à participer aux discussions après chaque repas, à rester éveillés certaines nuits pour prier et effectuer quotidiennement des méditations. Aussi, chacun est engagé dans une thérapie menée par le Maître. L’objectif de cette thérapie est de conduire vers un monde nouveau. Ainsi, il s’agit de sortir le fidèle de ses souffrances, de résoudre ses problèmes afin d’être meilleur, de perfectionner sa conduite et de contrôler ses pensées quotidiennes pour ne pas avoir de pensées négatives.

Très tôt, Clothilde a reçu un enseignement secret où prédominent l’ésotérisme, la magie et l’irrationnel. Plongée dans un univers insolite, envahie de croyances qu’elle ne pouvait comprendre ni partager, Clothilde a souffert d’une grande solitude. Repliée sur elle-même, en dehors du monde et incomprise, elle « devait être parfaite pour servir son Maître ».

Aujourd’hui, Clothilde est dans une telle détresse qu’elle a besoin d’être aidée. Elle « ne peut vivre dans aucun des deux mondes » : elle n’appartient « ni à la secte ni au monde extérieur ». Elle est prise par les principes du groupe et les exercices quotidiens et, pourtant, elle voudrait tant s’en débarrasser. Elle dit ne pouvoir prendre aucune décision. Elle a le sentiment d’être « une idiote, une incapable, une moins que rien ». Aussi, elle souffre beaucoup de ne pouvoir établir de liens avec les autres. Elle garde l’idée inculquée d’un monde de pervers. Ainsi, elle a n’a pas confiance et a très peur de se faire avoir, d’être envahie par les autres. De même, elle pense qu’elle ne mérite pas l’amour des autres puisqu’elle n’a rien à leur donner : « Un principe fondamental du groupe est que l’on ne peut atteindre l’amour que si l’on a parcouru les étapes pour accéder à la lumière. En dehors de cet idéal, les hommes sont des pervers, des monstres, ils sont pris par leurs péchés et sont dans la faute ». Puisqu’elle renonce à la perfection, elle se perçoit comme un monstre et pense être dans la faute d’où l’interdiction de communiquer avec les autres. Car, pour communiquer avec les autres, il faut être utile et bon. Ayant renoncé à être quelqu’un de bien, Clothilde se sent coupable d’être ce qu’elle est, elle ne peut pas se respecter et pense ne pas mériter de vivre.

 

Lors de nos entretiens, elle explique les dangers du groupe : « ils transforment les souvenirs, insultent violemment les fidèles et dirigent totalement toute la vie des adeptes. Ils m’ont toujours considérée comme une débile mentale car je ne parlais pas et je ne voulais pas participer aux activités ». Elle explique qu’il lui était impossible de critiquer, de s’opposer ou de refuser quoi ce soit. Même auprès de ses parents, elle ne pouvait réagir sinon « ils prenaient pour elle. ». Car, selon, les théories du groupe, la mère transmet à son enfant toutes les valeurs, l’enseignement, la discipline et le respect envers le Maître. Si un enfant s'oppose cela signifie que la mère n’a pas donné tout ce qu’elle avait. Elle est donc en faute. Coupable, elle peut être punie, humiliée…

D’ailleurs, Clothilde se souvient d’un jour où, à cause d’elle, sa mère a été enfermée dans une pièce plusieurs jours sans pouvoir manger. Face à une telle déstructuration et intrusion, Clothilde ne pouvait que garder le silence pour se protéger. Aujourd’hui, ce silence lui pèse, l’accable, elle a besoin de parler, de parler et de parler encore. Notre travail de soutien psychologique durera plusieurs années.

La fonction parentale dans les sectes

BULLES n°82, 2eme trimestre 2004 par Delphine GUERARD, Psychologue clinicienne, ADFI Paris.

[Texte intégral]

Comment les sectes conçoivent-elles le rôle des parents ? Y a-t-il une fonction parentale ? Et sous quelle forme ? Cette fonction, si elle existe, est toujours pensée à l’intérieur de la doctrine de la secte et n’a donc de sens qu’au sein de celle-ci.

L’enfant enjeu – L’enfant menace
En règle générale l’enfant est conçu à la fois comme un enjeu, du point de vue théorique (doctrine) et aussi pratique (extension de la secte), mais peut dans certains groupes apparaître comme une menace pour la toute-puissance du gourou.


L’enfant enjeu

Globalement, l’enfant est présenté comme l’avenir de l’humanité. Il doit être à l’origine d’une « nouvelle race humaine parfaite » selon le langage de la secte. L’éducation de l’enfant est donc posée comme un enjeu dépassant l’enfant lui-même et ses parents biologiques, elle est sous la responsabilité de la communauté sectaire qui établit une grille d’éducation pour que l’enfant devienne un adulte correspondant à l’idéal de la secte.

Avant d’être un enfant, il est d’abord un adepte en devenir. Son éducation doit en faire un serviteur inconditionnel car il s’agit pour le gourou d’assurer la survie de la secte en préparant les enfants qui assureront la relève.
L’enfant est donc un élément important pour la survie et le développement de la secte.

L’enfant menace
L’enfant peut également représenter une menace car il risque de réveiller chez ses parents des sentiments d’amour filial suffisamment forts pour supplanter le gourou dans leur cœur ; ou tout au moins pour les éloigner un temps du groupe au profit de leur enfant.
Les soins requis par l’enfant réduiront d’autant le temps consacré au prosélytisme ou aux tâches internes à la secte.

La fonction parentale dévoyée
La fonction parentale, exercée ou non par les vrais parents, est souvent régie par la doctrine de la secte. Parfois, le parent n’a eu qu’un rôle de géniteur. Il arrive même que ce rôle soit nié, la conception de l’enfant étant attribuée au gourou ou à des « êtres supérieurs ». L’enfant devient alors l’enfant de la secte, qui sera sa seule famille. C’est le gourou qui est le Parent, aucun autre attachement filial n’est possible.
De même que le parent est totalement dépersonnalisé (il est ce que la doctrine veut qu’il soit), l’enfant n’est pas élevé en tant qu’individu avec les droits et les devoirs respectifs de son âge mais comme un futur adepte pour qui la doctrine tient lieu de pensée et de loi. C’est elle qui détermine sa place, son statut, sa vie quotidienne.


On peut alors parler de confiscation de l’exercice de la fonction parentale par la secte. Celle ci pouvant être encore plus radicale dans une communauté fermée.

Il est prévu dans l'article 371-1 du Code civil : que l'autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l'intérêt de l'enfant pour le protéger dans sa sécurité sa santé et sa moralité. Pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne.

Les enfants d'une secte

BULLES n°82, 2eme trimestre 2004

[Texte intégral]

Alors assistante sociale d’un service de protection de l’enfance, j’ai été mandatée par un juge des enfants, pour effectuer une enquête sociale concernant trois jeunes enfants ( 5 ans, 4 ans et 1 an ½ ) vivant avec leurs parents dans une secte.

Les conditions difficiles et délicates de mon intervention, m’ont permis de prendre la mesure de leur souffrance et du danger encouru par tous ceux (jeunes enfants et adolescents) qui vivaient ou avaient vécu dans cette secte.

1 – Coupure avec l’extérieur, isolement et enfermement des enfants et des adultes

Les parents ayant été amenés à rompre avec leurs familles et leurs amis, les enfants ne connaissaient pas ou très peu leurs grands parents et leurs familles proches.

2 – Pour éviter qu’ils aient des contacts avec l’extérieur, les enfants étaient retirés de leurs écoles pour suivre les cours par correspondance du CNED[3], sous prétexte d’activités musicales développées. Lors des rares visites des inspecteurs de l’ Education Nationale, ceux ci avaient droit a une véritable mise en scène très séduisante qui ne leur permettait pas d’évaluer le bien fondé de cette scolarisation interne, et encore moins le danger encouru par ces enfants.

3 – Les manifestations affectives et les marques d’intérêt à l’égard des enfants étaient considérées comme mauvaises.

Ainsi les tout petits passaient leurs vies dans leurs parcs, sans jouets : il était interdit aux parents et à quiconque de les prendre dans leurs bras, de les consoler, de les câliner ou de jouer avec eux. Si un parent dérogeait, il était dénoncé par un autre adepte et réprimandé. Ces enfants étaient affectivement carencés et peu éveillés au monde.

Les enfants devaient ainsi devenir résistants pour « vaincre les forces du mal et les manifestations du malin ».

4 – Les enfants comme les adultes devaient affronter des situations de plus en plus difficiles pour s’endurcir et être meilleurs que les autres.

L’élitisme et la mégalomanie étaient poussés à l’extrême. Les enfants devaient tous jouer d’un instrument de musique qui leur était imposé et être les premiers au conservatoire. Ils devaient travailler (devoirs et musique) sans relâche et avec acharnement jusque tard dans la nuit. Leurs résultats et leurs notes étaient comparés. Ils étaient ainsi souvent blâmés publiquement et punis.

5 – Les enfants comme les adultes, étaient tenus à une soumission et une obéissance aveugle au gourou et à son épouse. Les enfants ne relevaient plus de l’autorité de leurs parents, mais de celle du couple leader qui décidait des orientations scolaires et professionnelles : d’où une scolarité perturbée, des blocages et des découragements. Lorsque les enfants n’étaient pas « conformes », les parents se faisaient vertement réprimander devant leurs enfants et les autres adeptes : ils étaient considérés comme inaptes à élever leur enfants. Ainsi les enfants de tous âges étaient livrés sans défense, au despotisme du couple.

6 – La délation et la surveillance des uns par les autres, instauraient un climat de méfiance et d’isolement avec impossibilité de communiquer : les enfants se dénonçaient entre eux et dénonçaient leurs parents.

7 – Mauvais traitements physiques.

- Les règles de vie strictes et répressives (jeûnes, sommeil réduit, travail acharné, aucun loisir, aucune sortie, aucun jeu) entraînaient une grande fatigue, voire une faiblesse physique qui fragilisaient enfants et adultes.
- Les coups de ceinture étaient fréquemment donnés par les parents, même aux plus petits.
- Coups de poing, gifles étaient donnés par le couple leader. Obligation était faite pour tous, y compris les enfants en bas âge, d’assister au culte pendant 5/6 heures, sans bouger, parler ou faire ses besoins naturels. Si un enfant pleurait, remuait, le père ou la mère l’emmenait pour le corriger, sous l’œil désapprobateur de l’assistance.
- Coups de règle sur les doigts, bouches scotchées, suppressions de repas, mises au coin pendant des heures.
- Pas le droit de courir, il fallait se comporter dignement.

8 – Sévices moraux.

- Isolement parents-enfants : à partir de 5 ans, les petits étaient séparés de leurs parents occupés à d’autres tâches. Ils étaient alors pris en charge par la femme du gourou dans un autre lieu, pouvant être enfermés dans une chambre ou mis dans le noir.
- Le maître mot était : « il faut briser l’enfant pour le soumettre, le rendre docile et obéissant ».

En effet ces enfants étaient très sages, soumis, apeurés, tristes, éteints, repliés sur eux mêmes, sans spontanéité. Ils ne savaient pas jouer.

- L’autocritique, les confessions écrites ou publiques, suivies de punitions, entrete-naient un climat de terreur. Ces tribunaux de torture morale pour adultes et enfants, avec procès d’intention, arrivaient à soumettre une adolescente, en l’humiliant sans arrêt, en la mettant en quarantaine, etc

9 – La déstructuration de la personnalité ou l’impossibilité pour l’enfant de se structurer, dans un climat permanent d’angoisse et de culpabilité par peur de déplaire au couple de gourous et d’être dénoncé.

- Changements continuels d’instruments de musique imposés.
- Instabilité permanente des lieux où dormir : le soir les enfants se déplaçaient avec leur matelas et demandaient à l’épouse du gourou où ils devaient dormir.
- Lorsque les enfants obtenaient de bons résultats scolaires et musicaux et qu’ils se montraient contents d’eux, ils étaient repris, humiliés et taxés d’orgueil.
- Quand les petits mangeaient leur soupe avec une petite cuillère, on leur ordonnait d’en prendre une grande ; si la fois suivante ils prenaient une grande cuillère, on les obligeait à en prendre une petite… Leurs repères étaient sans cesse brouillés.

En conclusion ces enfants étaient en danger moral et physique du fait de l’asservissement mental de leurs parents par le couple leader. Déresponsabilisés, ces parents n’avaient plus de prise sur leurs enfants ni de communication avec eux. Pris en charge par le couple de gourous, enfermés, oppressés, soumis, déstructurés et manipulés, les enfants étaient brisés dans le développement de leur personnalité. La scolarisation interne empêchait qu’ils restent en contact avec une certaine réalité et gardent une ouverture sur le monde.

Aussi ces trois enfants ont-ils été placés par le juge des enfants chez leurs grands parents et ils y sont toujours depuis quinze ans. Grâce à ces derniers, tous les trois font de bonnes études, et semblent autonomes et équilibrés. Ils n’ont pas revu leurs parents depuis lors, ceux-ci vivant à l’étranger où ils se sont réfugiés avec le couple de gourous, après le placement de tous les enfants de la secte par le juge et le procès de membres de celle-ci.


France : Stop au cancer - Dr Hamer

Trois ans ferme au guérisseur allemand

L'Union , 2 juillet 2004

[Texte intégral]

Le guérisseur allemand Geerd Hamer, 68 ans, ancien médecin interdit d'exercice en Allemagne et en Autriche, a été condamné hier par la cour d'appel de Chambéry à trois ans de prison ferme pour " escroquerie et complicité d'exercice illégal de la médecine ". L'avocat général avait demandé une peine " suffisamment importante pour ordonner un mandat d'arrêt européen ", c'est-à-dire une peine au moins égale à un an de prison ferme.

L'ex-médecin, très contesté pour sa façon de traiter les cancers, était absent à l'audience le 27 mai. Il avait été condamné en première instance en mars 2000 par le tribunal correctionnel de Chambéry à 18 mois de prison dont 9 mois avec sursis.

Plusieurs plaintes avaient été déposées par les familles de personnes décédées après avoir suivi les théories diffusées par M. Hamer. La première plainte avait été introduite en 1996 par un homme dont l'épouse, atteinte d'un cancer du sein, avait abandonné tout traitement. Elle était décédée des suites de sa maladie après avoir refusé son placement à l'hôpital.

Lors du procès, des proches de cancéreux s'étaient succédé à la barre pour expliquer comment les malades avaient abandonné leurs traitements classiques et étaient morts dans d'atroces souffrances.

L'avocate de l'association anti-secte Unadfi (Union nationale des associations pour la défense des familles et de l'individu), Me Joëlle Vernay, a salué " la décision courageuse de la cour qui a frappé fort, plus que ne l'avait demandé l'avocat général ".

Or, selon la Miviludes (mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), la " nouvelle médecine " de Ryke Geerd Hamer fait toujours des émules. De nombreux " thérapeutes " incitent en effet à la méfiance envers la médecine conventionnelle.



France : Sectes

Les stages de "développement personnel" se multiplient, les risques de dérives aussi

Le Monde , 3 juillet 2004 par Muriel Rozelier

[Texte intégral]

Un zeste de méditation, un rien de relaxation, peut-être même une pointe de karma, à moins, bien sûr, de préférer se concentrer sur ses chakras ? On trouve de tout dans la nébuleuse des techniques de développement personnel, censées aider l'homme ou la femme à mieux vivre avec soi et les autres.

Pour Anne, cela a commencé par un stage de yoga, il y a presque vingt ans. " Je souhaitais me détendre et réaliser quelque chose d'utile à moi-même", dit-elle. Depuis, elle a tout essayé : les cours de pensée positive, voire de gestalt-thérapie, en passant par une retraite bouddhiste - "difficile", concède-t-elle.

A 65 ans désormais, la voilà encore à la recherche d'un stage qui agrémente ses vacances de quelque rituel ésotérique. " C'est une réponse possible à une quête intérieure", se justifie-t-elle, presque confuse.

Cette année, elle prévoit de partir faire du trekking avec un groupe, intéressé, comme elle, par la sagesse orientale. Mais, attention, il ne s'agit pas seulement de marcher ! Car ce voyage doit être encadré par un psychothérapeute.

Faute de données sérieuses, impossible de recenser l'ampleur de ce marché du "développement personnel". "Nous ne possédons aucun identifiant fiable qui traduise son importance. Nous savons, par contre, qu'il se développe de plus en plus", confirme Bernard Dréano, de la délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle (DGEFP) du ministère du travail.

Premiers intéressés : les seniors. Ils ont été, dès les années 1960, sensibilisés aux modèles issus de la contre-culture, de la pensée humaniste ou encore du mouvement dit du potentiel humain. Le credo de ces courants ? Permettre aux individus de développer leurs potentiels en privilégiant l'être plutôt que l'avoir.

Importées en France au cours des années 1970, ces nouvelles pratiques mélangent, sans barguigner, les sagesses orientales aux chimères du Nouvel Age californien. La révolution hippie est passée par-là. Qui prône une vision de l'homme dans laquelle le corps et l'esprit ne font plus qu'un.

"Il ne s'agit pas seulement de narcissisme ou d'hédonisme. Ce qui prime ici, c'est une quête de changement personnel. Au départ, cette aspiration est souvent sous-tendue par une souffrance, psychique, physique ou affective, fait valoir Valérie Rocchi, sociologue attachée à l'Institut d'études politiques de Grenoble et auteur d'une thèse sur le sujet. Nous vivons dans une société d'incertitude dans laquelle l'impératif de réalisation personnelle fonctionne comme un puissant levier."

Ces stages coûtent cher. En moyenne, il faut compter, pour une semaine, environ 500 euros de frais de formation. Si la dimension religieuse reste présente, elle s'efface aujourd'hui au profit de thèmes concrets, telle l'amélioration de ses capacités.

La littérature donne le ton : Guide de la réussite et de l'épanouissement personnel, Je réinvente ma vie... autant de titres qui connaissent le succès en librairie. "La population intéressée rejette ce qui touche au religieux et au ritualisme. Sa mystique tient plus du bricolage : elle puise dans différents courants religieux pour construire sa propre vision du monde", avance Valérie Rocchi.

CHARLATANISME

Mais, à défaut d'une véritable législation, on peut vite basculer dans le charlatanisme. Voire pire. "La dérive sectaire ne représente pas le premier danger. On ne retrouve pas ici, normalement, la dépendance exclusive, la relation contrainte avec un gourou qui est la marque des sectes. On se situe dans un réseau lâche où chacun est libre d'expérimenter et de croire ce qui lui convient. Il existe, par contre, un vrai risque de manipulation mentale", considère Thomas Lardeur, auteur d'un livre sur Les Sectes (Presses de la Renaissance, 346 p., 19 € ).

Mieux vaut donc se souvenir que la scientologie possède, elle aussi, via la dianétique, une méthode proche des techniques de développement personnel. La récente dénonciation de Landmark Education, répertorié dans un rapport parlementaire de 1995 parmi les sectes qui, pourtant, continuent de proposer des stages de contrôle de soi et autres "Think positive", a de quoi inquiéter. "Lorsqu'on touche à l'intime, à la psychologie, sans connaissances thérapeutiques réelles, le risque de déstabiliser plus encore des gens déjà fragiles est considérable", fustige Frédéric Serrière, fondateur de l'agence de marketing SeniorStrategic, qui s'apprête à lancer "Equillibre", un tour- opérateur mêlant voyages et psychothérapies.

Comment, dans ce cas, s'y retrouver ? Bernard Dréano, lui, préconise de cibler la nature du stage en faisant notamment attention au public auquel il s'adresse. Plus il est précis dans sa dénomination, plus il vise un public déterminé, moins on a de chances, selon lui, d'être déçu.

Quant à savoir si les techniques de développement personnel s'avèrent efficaces, c'est une autre question. Subjectif, leur impact n'est guère mesurable. Au moins l'intérêt de ces stages est-il d'explorer des terres parfois encore en friche. " Quel mal y a-t-il à tenter de mieux se comprendre ? A chercher à s'améliorer soi-même et son rapport au monde ?", confie Danielle, une adepte des spiritualités orientales. Aucun, assurément. Mais gare au réveil : par définition, une quête est toujours sans fin.



France : Mahikari

Secte étrange à Saint Denis

Clicanoo , 5 juillet 2004 par Sébastien Laporte

[Texte intégral]

Classée parmi les "sectes dangereuses" par le rapport parlementaire de 1996, elle compterait environ 80 adeptes, dont des notables de l'île.
Elle est localement dirigée par un ancien cadre d'une mutuelle.

Sukyo Mahikari France : l'inscription sur la boîte aux lettres de cette petite maison dionysienne de la ruelle Camp-Jacquot, dans le bas de la
rue du Maréchal-Leclerc, ne laisse aucun doute. Il s'agit bien d'une antenne régionale du mouvement classé parmi les "sectes dangereuses" par
le fameux rapport parlementaire Vivien de 1996 qui avait répertorié les mouvements de ce type.

Fondée en 1959 par un ancien officier japonais, Yoshikazu Okada, la secte a connu une crise interne à sa mort, en 1974. Après une guerre de
succession entre l'héritier désigné et la fille adoptive du fondateur, Keiju, deux factions se forment et se côtoient jusqu'à présent : Sukyo
Mahikari, le réseau de Keiju, le seul représenté en France, et Mahikari Bunmei Kyodan. Aujourd'hui, Sukyo Mahikari (Lumière de vérité)
compterait près de 500 000 adeptes dans le monde, dont un petit millier en France. A la Réunion, ils seraient entre 70 et 80 à suivre les
préceptes d'Okada. Leur implantation remonte à une quinzaine d'années.

L'antenne régionale de la ruelle Camp-Jacquot est d'une discrétion absolue. La secte loue un appartement F3 doté d'un balcon abrité des
regards. Le local est sous surveillance policière depuis une dizaine d'années, comme l'exige la nouvelle législation. Aucune plainte n'a
toutefois été enregistrée.

Lorsque le visiteur passe le portail, il doit ensuite gravir un escalier qui donne sur un palier peint en bleu. Un coup de sonnette et la porte
s'entrebâille prudemment, laissant apparaître un visage suspicieux. Des paravents tapissés de calendriers dissimulent le fond de la pièce. "Vous
êtes bien les représentants de la secte Sukyo Mahikari ?"
A cettequestion, la réponse ne se fait pas attendre : "Nous sommes une
association."
En l'absence du "responsable", aucun renseignement n'estdonné à un inconnu.

Parcours initiatique vers le Japon

Ledit responsable, auparavant cadre dans une mutuelle, est aujourd'huiretraité. Il se défend d'être un gourou. La secte compterait parmi ses
adeptes quelques notables, recrutés principalement parmi les professions libérales. Elle fonctionne selon des principes relativement banals : les
adhérents suivent un parcours initiatique basé sur trois niveauxconcentriques, révélés un peu partout dans le monde au fil des années
par d'anciens pratiquants.

Le premier ferait appel à des considérations générales sur les originesde l'humanité, la médecine, les esprits et surtout une présentation
officielle du fondateur, Yoshikazu Okada, dont la mission était depurifier les individus et de transmettre ses pouvoirs divins aux autres.

Les nouveaux adeptes se voient remettre un pendentif qu'ils devront porter constamment et doivent tenter de se faire à leur tour recruteurs.

La peur des esprits est renforcée.

Le second niveau consiste en une implication plus marquée dans la vie du local (nommé dojo), dans les prières, et en une sorte de nipponisation.

La langue japonaise, les coutumes nippones prennent en effet de plus enplus de place dans la vie quotidienne.

Il est recommandé de faire des dons, l'argent servant la cause de Keisu.

Le troisième niveau est un stage de plusieurs mois au Japon, dans un centre qui forme des unités spécifiques, où la discipline est très
poussée. Chacun est libre d'en partir quand il le souhaite, mais on rappelle en même temps aux adeptes que la colère de Dieu peut frapper
n'importe où. L'empereur du Japon tient une place centrale dans cet étrange dispositif. Les dérives, dans un tel système, peuvent bien
entendu survenir à tout moment . Car les nouvelles recrues sont peu à peu placées en position de faiblesse psychologique. Il est alors possible d'exiger beaucoup d'eux, notamment des sommesd'argents ou un dévouement abusif pour la secte.

L'antenne réunionnaise est répertoriée en tant qu'association philosophique ou religieuse (loi 1901) . D'après le vice-président de l'Association de la défense des familles et de l'individu (ADFI) en Ile-de-France, qui a traité plusieurs cas liés à cette secte, "SukyoMahikari est bien implantée dans les Dom, mais surtout aux Antilles. Atel point que nous nous demandons aujourd'hui si elle influe surcertaines décisions de justice", explique-t-il, avant de préciser que pour l'instant aucun des dossiers suivis par l'ADFI dans ce cadre n'est lié à la Réunion.

Le local de la ruelle Camp-Jacquot a déjà envoyé au moins l'un de sesmembres au Japon, pour le troisième niveau. Le fait est confirmé par le
"responsable" de l'antenne locale lui-même. Selon l'Adfi, ceux qui sont envoyés au Japon sont destinés à devenir des cadres de Mahikari.

"Pas plus étrange que le yoga"

Le recrutement dans l'île se ferait surtout par le bouche à oreille. Le "responsable" local, qui souhaite garder l'anonymat, nie bien sûr tout
aspect sectaire, mais reconnaît s'être aussi rendu au Japon, lorsqu'il vivait en métropole.
Il est adepte de la secte depuis environ vingt-cinq ans. Selon lui, la structure de Mahikari n'est pas plus pyramidale que celle d'une
entreprise, et rien n'y serait imposé aux membres qui la composent.

Ainsi les pratiques auxquelles les adeptes se livreraient au sein du dojo "ne sont pas plus étranges que le yoga" ou des prières. Il réfute
également les soupçons de tentatives de guérison, les rites de purification, et les pressions psychologiques - tout comme le port des
pendentifs et les sommes d'argent que seraient amenés à verser les adeptes.

"Mahikari a été malgré tous nos efforts inscrite sur une liste de soi-disant sectes", souligne-t-il, en parlant du rapport parlementaire
de 1996, "l'affaire est cousue de fil blanc, c'est une manipulation". Il nie donc en bloc. Quant à la présence de mineurs dans le local,
rapportée par un ancien adepte, le "responsable" expliqu'elle résulte de l'adhésion de familles.



France : Stop au cancer - Dr Hamer

Un charlatan derrière les barreaux

Le quotidien du médecin , 6 juillet 2004

[Texte intégral]

Le guérisseur allemand Geerd Hamer, 68 ans, a été condamné par la cour d'appel de Chambéry (Savoie) à trois ans de prison ferme pour "escroquerie et complicité d'exercice illégal de la médecine". Plusieurs plaintes [...] avaient été déposées par les parents de cancéreux décédés après avoir suivi les recommandations de Geerd Hamer, qui incite à la méfiance envers la médecine conventionnelle.

Ancien médecin, interdit d'exercice dans son pays et en Autriche, Hamer, qui voit dans toute maladie la manifestation d'un "choc psychique intense", continue à inspirer de nombreux "thérapeutes". [...] Il soutient que la plupart des cancéreux "guérissaient spontanément avant qu'il n'existe la chimiothérapie, la radiothérapie et la morphine, toute cette médecine qui panique le patient et le rend malade". [...]



France : Sectes

L'Assemblée vote le texte de la CMP sur la bioéthique

AFP, 7 juillet 2004

[Texte intégral]

PARIS - L'Assemblée a voté jeudi matin le texte élaboré en Commission mixte paritaire (CMP) sur le projet de loi bioéthique qui suspend notamment pour cinq ans l'interdiction de mener des recherches sur des embryons surnuméraires.

L'UMP, à l'exception de Christine Boutin, et l'UDF ont voté pour, la gauche contre.

L'adoption de ce projet, adopté en première lecture à l'Assemblée il y a deux ans et demi (janvier 2002) sous la précédente législature, sera définitive
après le vote des sénateurs sur le texte de la CMP, prévu plus tard dans la journée de jeudi.

Concernant les embryons surnuméraires, les députés et sénateurs réunis en CMP ont décidé de revenir à la version adoptée par l'Assemblée en deuxième
lecture et donc de supprimer la limitation du nombre d'embryons disponibles pour la recherche.

Le projet de loi interdit par ailleurs le clonage reproductif pour lequel il crée une nouvelle incrimination de "crime contre l'espèce humaine" et le clonage thérapeutique.

Il autorise en revanche la naissance d'un bébé dit du "double espoir" ou encore "bébé médicament", en permettant la sélection d'un embryon indemne d'une
maladie génétique incurable, l'enfant à naître pouvant ainsi sauver son aîné déjà atteint. Le texte cherche aussi à favoriser le don d'organes.



Japon : Aum

Arrestation de trois ex- membres de la secte Aum au Japon

L'express.mu , 8 juillet 2004

[Texte intégral]

Trois anciens membres de la secte Aum, dont un ancien policier, ont été arrêtés hier au Japon pour une tentative d’assassinat du chef de la police en 1995.

Takaji Kunimatsu, alors chef de la police nationale, avait été grièvement blessé par balles seulement dix jours après l’attentat chimique dans le métro de Tokyo, dans lequel 12 personnes avaient été tuées et des milliers d’autres blessées. La police avait alors pensé que cette tentative d’assassinat visait à freiner l’enquête sur l’attentat. La police de Tokyo a précisé que parmi les trois anciens membres de la secte Aum arrêtés hier figure l’un de ses anciens officiers, Toshiyuki Kosugi, âgé de 39 ans.

Ce dernier avait avoué dès 1996 sa participation à la tentative d’assassinat de Kunimatsu mais la police avait jugé ses aveux peu convaincants.



France : Mahikari

Des offrandes en billets neufs

Clicanoo , 5 juillet 2004 par Sébastien Laporte

[Texte intégral]

Des documents troublants que le Journal de l’île s’est procuré montre que les enseignements dispensés au sein de l’antenne réunionnaise, au moins jusqu’en 1999, tendaient à dénigrer la médecine et à inciter des offrandes en “billets neufs”. De nouveaux témoignages viennent éclairer le fonctionnement de cette étrange organisation d’origine japonaise, à laquelle quelques notables de l’île adhéreraient. Plus de 300 personnes fréquenteraient les 80 adeptes réguliers.

L’association Sukyo Mahikari France représentée à la Réunion par son antenne dionysienne dans la ruelle Camp-Jacquot (au bas de la rue Maréchal-Leclerc) bénéficierait d’une “sphère” d’adeptes plus importante qu’elle ne veut bien le reconnaître. Suite à notre édition de lundi dernier, qui révélait l’existence de cette structure dans l’île, les langues se sont en effet déliées…

Reconnue comme “dangereuse” par le rapport parlementaire de 1996, puis analysée dans le rapport de 1999 sur les Sectes et l’argent (par une commission d’enquête de l’Assemblée nationale), où l’organisation d’origine Japonaise est classée parmi les huit sectes les plus riches de France, elle compterait plus de 300 “sympathisants” dans l’île. Au coeur de la structure, nous trouvons 80 adeptes réguliers et dévoués. Un cadre retraité d’une mutuelle est à la tête du local dionysien depuis quelques années.
Selon la déléguée régionale du Centre de documentation, d’éducation et d’action contre les manipulations mentales (CCMM), Dominique Pothin, aucune plainte liée à cette secte n’a fait l’objet d’une procédure judiciaire dans l’île.

“L’asservir psychologiquement en lui soutirant de l’argent”

. Cette association tente d’accompagner les victimes des mouvements sectaires ou leurs proches dans leurs démarches. Toutefois, une plainte a bien été déposée en 1998 au tribunal de Saint-Pierre, par un homme dont la femme avait été victime de Sukyo Mahikari. Il s’agissait d’une plainte contre X pour abus de vulnérabilité qui est resté lettre morte. L’individu, dont l’anonymat est conservé, expliquait : “Ma vie est difficile à vivre, ce groupe a profité de l’ignorance de ma femme pour la persuader qu’elle est capable de guérir par imposition des mains. Les personnes que j’ai eues à rencontrer m’ont dit qu’elle était libre de croire en ce qu’elle voulait. Je ne remets pas en question ses croyances, mais je suis très inquiet quant à sa capacité de discernement et son libre arbitre”. Il terminait en écrivant : “Le mouvement sectaire profite de sa faiblesse et de son ignorance pour l’asservir psychologiquement en lui soutirant de l’argent”.

Ce témoignage est d’autant plus exceptionnel que son auteur a lui-même fait partie de la secte, entraîné par sa femme, avant de s’en éloigner en prenant conscience du danger qu’il courait.

Les faits particulièrement graves qu’il rapporte sont confirmés par une série de documents que le Journal de l’île s’est procuré. Il s’agit de recueils de préceptes et de lois que les (futurs) adeptes doivent lire à leur entrée à Sukyo Mahikari, ainsi que de “témoignages”, ou du moins de textes présentés comme tels par les cadres de la structure, en vue de convaincre leurs nouvelles recrues et les orienter. Ces documents ont été délivrés dans les locaux de l’antenne réunionnaise au moins jusqu’en 1999. “Recherche de thèmes dans les enseignements de Sukuinushisama et de Oshienushisama” -comprenez de Okada, l’officier japonais qui a fondé la secte, et sa fille qui dirige aujourd’hui la branche du mouvement implanté en France- est un livret particulièrement étonnant à ce titre. On peut y lire l’exemple, à suivre bien sûr, d’une écolière qui conserve toute ses économies et fait ensuite “une offrande pour le Grand Temple Mondial”, aujourd’hui construit au Japon.

“Des billets propres, cela plaira à Dieu”

Ces dons pécuniers sont régulièrement recommandés au fil des pages. Le monde dans lequel évoluent les enfants, notamment le milieu scolaire, est présenté comme “pollué”. En revanche, celui qui fait connaître le mouvement Mahikari connaît le bonheur… La mission de chacun doit être “la nouvelle civilisation mondiale”, à laquelle il est aussi souvent fait allusion. “La solution de la crise alimentaire, la réalisation de la révolution médicale…” sont présentées comme étant préparées dans un proche avenir dans une “Ferme de la lumière rayonnante” au Japon. “Pour sauver les autres, l’argent est également indispensable. Pour construire une nouvelle civilisation, il est nécessaire de disposer de fonds importants”, peut-on lire. Les dirigeants de Sukyo Mahikari ont soif d’argent. D’ailleurs dans une autre reliure intitulée “Documents pour le cours d’initiation élémentaire de Mahikari”, au chapitre “comment faire une offrande”, il est clairement expliqué que le Dieu Su a un faible pour la monnaie sonnante et trébuchante : “il est recommandé de préparer, la veille, son enveloppe d’offrande”, puis “nous essaierons de conserver des billets propres” car “cela plaira à Dieu”. La divinité semble par conséquent préférer les billets neufs !

Selon une source proche du dossier, les sommes d’argent ainsi récoltées ne seraient pas aussi importantes que dans les antennes régionales de métropole ou des autres Dom. Il faut dire qu’après quinze ans d’implantation, Sukyo Mahikari n’a pas un nombre d’adeptes très importants comparé par exemple à La Martinique. En plus de ces offrandes, l’organisation bénéficie des sommes provenant des stages de deux ou trois jours qu’elle réalise une fois par an et qui seraient facturés environ 120 euros par individu. Le rapport parlementaire de 1999 (lire ci-dessous) a montré que la secte, en France, a mis au point un système de financements massifs très complexe.

Dénigrement de la médecine

Toutefois, il y a pire. Car outre ces incitations aux “offrandes” pécuniaires, Sukyo Mahikari conseille à ses adeptes de se détourner de la médecine, parfois même en cas de maladie grave. Dans le premier document que nous avons cité plus haut, un “témoignage” est sans ambiguïté : “Ma fille a passé toute sa jeunesse avec un problème rénal qui exigeait un traitement par dialyse et elle a été sauvée du jour où elle a reçu un exemplaire du prospectus de Mahikari intitulé’La vie de Yoko’”. Comme pour cautionner ses propos il est précisé que le récit est écrit par une “experte dans le domaine scientifique”. Celle-ci, convaincue de ce qu’elle avance, finit par expliquer qu’elle répand désormais “Mahikari parmi mes étudiants”. Une mère raconte plus loin, à propos de son fils : “Un jour où il avait un problème grave au poumon, comme je m’inquiétais je l’ai forcé à prendre des médicaments, ce qu’il refusait absolument en disant qu’il ne voulait pas mourir. Il a vomi instantanément et le cachet a roulé juste à mes pieds. J’ai demandé pardon à Dieu, à mon fils. Je ne me suis plus inquiété et son état s’est tout de suite amélioré. Vraiment, j’ai reçu beaucoup d’aide de Dieu à travers le Groupe des parents”. Les adeptes semblent, au bout d’un certain temps, convaincus des pouvoirs des gestes qui leur sont enseignés. Le fondement de l’enseignement repose effectivement sur le pouvoir purificateur de ce qu’ils nomment la “lumière” qu’ils pensent pouvoir diffuser avec leurs mains. Dans le même temps, les soins médicaux sont dénigrés. Les paroles du fondateur vont plus loin lorsqu’il parle de ceux qui “s’octroient effrontément le titre de docteur, alors qu’ils n’ont que des connaissances partielles, et l’esprit étroit. Ce sont les servants des diablesses”, qui “incitent les hommes à absorber des poisons par toutes les voies, ils s’adonnent à l’empoisonnement de l’humanité”.

Un huissier aux commandes de la secte à Saint-Denis

Cet ensemble de préceptes, ajouté à la terreur entretenue des mauvais esprits, conditionne les nouveaux adeptes. Dans son rapport destiné au Premier ministre réalisé en 2003, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) insistait sur le danger de ces refus de soins. “Les professions de santé sont réglementées pour protéger les malades contre la charlatanerie. Des tromperies à l’égard des malades, des diagnostics ésotériques ou aberrants, des procédés illusoires, des produits ou remèdes prétendument magiques ou secrets, sont cependant signalés, souvent liés à des agissements sectaires”, concluaient les auteurs, qui n’ont pu que conseiller un rappel de la législation.

La même Miviludes, dans une autre proposition (“sensibiliser les professions juridiques à la problématique sectaire”) soulignait que “les professionnels du droit (notaires, huissiers…) sont amenés à connaître des situations personnelles de leurs clients. Dans cette sphère privée, il est fondamental qu’ils puissent repérer l’existence d’une emprise sectaire afin de prévenir des opérations patrimoniales ou extra-patrimoniales préjudiciables (abus frauduleux, captation d’héritage…)”. Or, comble de l’ironie, l’un des précédents responsables de l’antenne réunionnaise de Sukyo Mahikari était… un huissier de justice. Son étude, spécialisée dans les ventes aux enchères, a toujours pignon sur rue à Saint-Denis. Pour la défense des parlementaires, on pourra préciser que ce professionnel du droit, en l’occurrence Alain Merle, était aux commandes (locales) de l’organisation vers 1998, avant que le rapport ne soit écrit. A l’époque, Sukyo Mahikari était moins discrète et louait des locaux plus grands que ceux d’aujourd’hui, à Sainte-Clotilde. La structure se présentait déjà comme une association loi 1901, ce qu’elle est effectivement au niveau national, à en croire les registres officiels. Contacté hier, son étude a transmis les interrogations du Journal de l’île à l’homme de robe, qui était en métropole.



France : Mahikari

La face lucrative de Mahikari

Clicanoo , 9 juillet 2004

[Texte intégral]

Selon le rapport parlementaire de 1999, la face lucrative de Mahikari est constituée par trois sociétés dans lesquelles la secte japonaise détient des participations : une société de droit étranger située au Luxembourg (LH Yoko Shuppan Europe SA), une agence de voyage (HIKARI France) et une Sarl spécialisée, d’après sa déclaration au registre du commerce, dans la formation et l’organisation de congrès (LH France).

Cette dernière est détenue par l’organisation japonaise de la secte et par la société implantée au Luxembourg où elle verse d’importants honoraires (1,2 million de francs en 1995). L’agence de voyage a été constituée pour les besoins de l’association Sukyo Mahikari, organe central de la branche française, dont elle constitue le prolongement, l’ensemble de ses clients étant formé d’adeptes pour lesquels elle organise des voyages au Luxembourg ou au Japon.

Le rapport place la secte parmi les huit plus riches de France. Son patrimoine était à l’époque estimé à 60 millions de francs et son budget annuel à 15 millions de francs. Sukyo Mahikari a reçu de ses membres 9,7 millions de francs en 1996. Cependant, Mahikari n’a pas accepté de communiquer le montant de ses actifs à la commission d’enquête, jugeant cette information “confidentielle”, “jugement qui semble signifier que sa fortune boursière est suffisamment importante pour mériter d’être gardée secrète”, précise le rapport. En tout état de cause, explique le même document, ces actifs doivent représenter plusieurs dizaines de millions de francs. Il a en effet été précisé dans les réponses au questionnaire de la Commission que cette association tire de ses placements financiers des revenus annuels variant entre 1,1 et 1,6 million de francs.

La fortune immobilière de Mahikari s’appuie sur la propriété de lieux de cultes répartis dans les départements où la secte bénéficie d’une audience.

Un haut responsable de l’association, résident luxembourgeois, a précisé devant la Commission que des offrandes versées en espèces étaient transférées au Luxembourg jusqu’en 1995, date à laquelle il a demandé que ces pratiques cessent.



Japon : Soka Gakkai

Elections : résultats du Komei (parti de la Soka Gakkai)

Afp , 12 juillet 2004

[Texte intégral]

Japon: courte victoire de l'opposition sur le parti de Koizumi (officiel)

TOKYO- L'opposition centriste a devancé d'une très courte tête le Parti libéral démocrate (PLD) du Premier ministre conservateur Junichiro Koizumi lors des élections sénatoriales au Japon, indiquent les résultats officiels publiés lundi matin. Selon ces résultats, le PLD a remporté 49 des 121 sièges à pourvoir tandis que son principal rival, le Parti démocrate du Japon (PDJ), en obtient 50.

Les Japonais étaient appelés dimanche à renouveler 121 des 242 sièges du Sénat (dont 48 à la proportionnelle), un scrutin considéré comme un verdict sur la politique de réformes du Premier ministre populiste.

Un revers plus important pour le PLD --moins de 45 sièges-- aurait énormément affaibli M. Koizumi et probablement entraîné sa chute. La moyenne des sondages accordait 48 sièges au PLD avant le scrutin. Le Premier ministre a catégoriquement exclu de démissionner. Il avait volontairement affiché des ambitions relativement modestes: 51 sièges (pour 50 sortants). Il en avait gagné 66 aux précédentes sénatoriales de juillet 2001. Au final, le PLD et son allié gouvernemental, le Nouveau Komei, petit mais influent parti bouddhiste, conservent aisément leur majorité à la Chambre haute.

Le PLD, au pouvoir quasiment sans interruption depuis un demi-siècle, compte 115 sénateurs (-1), le Nouveau Komei 24 (+1) et les Démocrates 82 (+12) dans le nouveau Sénat. Les marchés ont salué le résultat moins mauvais que prévu de M. Koizumi. L'indice Nikkei-225 de la Bourse de Tokyo a ouvert en hausse de 121,95 points, ou 1,07%, et le yen prenait encore du terrain sur le billet vert. Le dollar était en recul à 107,64 yens vers 10h05, heure de Tokyo (01h05 GMT), contre 108,20 yens vendredi soir à New York.

Les dirigeants du PLD ont écarté toute remise en cause des réformes en cours. "Je veux accélérer les réformes structurelles afin que l'embellie économique actuelle se fasse sentir dans les zones rurales, les PME et dans la vie quotidienne des gens", a promis l'homme fort du programme de réformes, Heizo Takenaka, qui a remporté son premier siège parlementaire.

Le taux de participation, une des clés du scrutin, s'est situé à 56,57%, pratiquement au même niveau (+0,13 point) que lors des sénatoriales de 2001.



Chine : Dongfang Shandian (‘l’éclair de l’orient’)

Catholiques et Protestants face au syncrétisme d’une secte

Zenit , 12 juillet 2004

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CITE DU VATICAN– En Chine, des catholiques et des protestants sont menacés par une secte empruntant certains de ses éléments au christianisme, indique "Eglises d’Asie" (EDA), l’agence de presse des Missions étrangères de Paris (eglasie.mepasie.org) dans son bulletin n. 400.

Selon des catholiques chinois, une secte sévit actuellement dans le pays et se montre dangereuse pour les chrétiens qu’elle cherche particulièrement à recruter en utilisant des éléments du christianisme et en usant de ruse, de persuasion, voire de menaces et même de violence pour parvenir à ses fins. Connue sous le nom de Dongfang Shandian (‘l’éclair de l’orient’), la secte a été classée par les autorités parmi les mouvements religieux hors-la-loi mais se montre néanmoins active et prosélyte par le biais d’Internet, de publications, de lettres et de prêches. Dans la province du Guangxi, Sœur Jiang Jiefang, religieuse de Nanning, se plaint que, dans la ville de Guigang, 20 des 90 fidèles de la paroisse catholique ont quitté l’Eglise pour joindre la secte.

Dongfang Shandian est apparue au début des années 1990. Sa fondatrice, une certaine Mme Deng, originaire du Henan, affirme être "le second Christ". Selon le livret "Les hérésies en Chine", publié en 2002 par le pasteur protestant Samuel Lamb (Lin Xiangao), la secte s’appuie, pour authentifier les dires de sa fondatrice, sur le verset 27 du chapitre 24 de l’évangile selon saint Matthieu : "Voyez comment l’éclair part de l’orient et enflamme le ciel jusqu’à l’occident : ce sera pareil à la venue du Fils de l’Homme." Pourchassés par les autorités, des membres de la secte ont été accusés d’avoir battu des gens, de leur avoir lavé le cerveau ou bien encore de les avoir séduits par des offres de nature sexuelle ou matérielle (des postes de télévision).

Selon Sœur Jiang, les paroissiens qui se sont laissés séduire "se coupent des autres personnes" et refusent de la rencontrer ou de voir leurs anciens amis catholiques. "Je persiste à frapper à leur porte car je me considère leur amie, témoigne-t-elle, mais je ne leur parle pas de leur appartenance à la secte car je ne veux pas qu’ils soient embarrassés au cas où, un jour, ils retournent dans notre Eglise." La religieuse s’inquiète de la santé mentale des personnes qui entrent dans la secte car des rumeurs indiquent que certaines d’entre elles "se sont suicidées en se jetant dans l’eau ou en provoquant un accident de la route, croyant qu’elles iraient directement au paradis".

Il n’existe aucune estimation du nombre des adeptes de la secte. Sœur Jiang constate que les chrétiennes entre 35 et 60 ans sont plus particulièrement ciblées par les prosélytes du mouvement. Des prêtres catholiques ont été eux aussi approchés et l’un d’eux qui avait réalisé à qui il avait affaire et qui avait mis en garde une famille approchée par des membres de la secte a été par la suite directement menacé de représailles physiques. Dans le diocèse de Tianjin, un responsable de communauté laïc précise que la secte privilégie l’approche des catholiques et des protestants "clandestins" car ceux-ci sont moins susceptibles d’aller se plaindre aux autorités s’ils refusent les approches, voire les menaces, de la secte. Selon le livret du pasteur Samuel Lamb, la secte serait présente dans le Guangxi, le Fujian, le Gansu, le Guangdong, le Heilongjiang, le Shandong, le Shaanxi, au Xinjiang et la province du Zhejiang. Elle aurait aussi essaimé hors du continent, à Hongkong et aux Etats-Unis.



Suisse : Raël

Les raéliens se déployent en nombre à Lausanne

Swissinfo , 15 juillet 2004.

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LAUSANNE - Entre 200 et 300 raéliens ont investi les rues de Lausanne. Ils ont distribué leurs tracts en se déployant dans plusieurs rues de la ville. En soirée, le groupe doit arpenter les quais de Montreux pour une opération identique.

«Nous voulons simplement exercer nos droits, nous battre pour que la liberté existe dans ce pays», a expliqué Allan Tschopp, porte-parole du mouvement. Il admet toutefois que l'action de ce jeudi revêt un caractère de provocation, à l'encontre des autorités municipales des deux villes.

«Toutes deux nous ont régulièrement interdit de distribuer nos prospectus. Mais ces interdictions sont contraires au droit fédéral.» Récemment, le Tribunal d'arrondissement de l'Est vaudois a annulé une amende infligée à trois raéliens par la police de Montreux.

Cette dernière s'était basée sur le règlement communal qui exige une autorisation pour la distribution de tracts. Mais le verdict se réfère à un arrêté du Tribunal fédéral autorisant la distribution de ce type de documents «poursuivant un but idéal» et au nom de la liberté d'expression.

A Lausanne, les raéliens ont obtenu de tenir un stand à la place Saint-François, durant deux heures comme il l'ont demandé, a expliqué Pascal Besson, de la Police du commerce. Les autorisations délivrées à Lausanne sont semblables à celles dont disposent les scientologues et admises par la justice, note encore
M. Besson.



France : Actualités diverses

La Haute autorité contre les discriminations en place en janvier 2005

AFP , 15 juillet 2004 par Martine Veron

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PARIS - La Haute autorité de lutte contre les discriminations, dont la création avait été annoncée par le chef de l'Etat en octobre 2002, sera mise en place en janvier 2005, a confirmé jeudi Jean-Louis Borloo, qui a présenté le dispositif devant le conseil des ministres.

Le projet de loi sera présenté au Parlement "fin octobre, début novembre", a indiqué le ministre de la cohésion sociale à l'issue du conseil.

Jacques Chirac a estimé jeudi que la Haute autorité était "une institution essentielle pour la défense des droits et des libertés individuelles et pour l'intégration". "Les discriminations mettent gravement en cause l'égalité des chances et des droits dans notre pays. Elles sont une atteinte à la démocratie", a-t-il dit.

Le projet de loi s'appuie sur le rapport, remis en février au Premier ministre, de la mission de Bernard Stasi sur les discriminations. La future Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) aura compétence sur toute discrimination fondée sur le sexe, la race ou l'origine ethnique, la religion ou les convictions, un handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle. Toute personne qui s'estime victime de discrimination pourra la saisir directement. Elle apportera une réponse, qui ira de la proposition de médiation à la saisine du Parquet.

La Haute autorité, qui n'aura pas de pouvoirs de police judiciaire, bénéficiera de moyens d'investigation auprès de l'administration et des personnes privées. Elle pourra par exemple exiger, sous menace d'amende, des documents administratifs ou professionnels.

Le rapport Stasi mettait l'accent sur la médiation, qui, sans être privilégiée, n'est pas considérée comme un échec. Le projet de loi incite également à résoudre les problèmes par la médiation, mais donne à la Haute autorité tout pouvoir pour saisir le parquet pour des faits de discrimination, et aider les victimes à préparer leurs dossiers.

L'instance sera composée de onze membres dont le président, nommé par le chef de l'Etat, et disposera de délégués régionaux. La commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH) avait émis des réserves, dans son avis du 17 juin, sur la composition de ce collège de onze membres, demandant des garanties sur son indépendance.

Par ailleurs, la Haute autorité encouragera les actions de "promotion de l'égalité" menées par les entreprises ou les administrations et élaborera des rapports ou recommandations au gouvernement. Si la législation concernant les discriminations est riche en dispositions répressives, les plaintes sont souvent classées par les parquets, faute de dossiers suffisamment étayés, a rappelé le rapport Stasi qui cite le chiffre de 29 condamnations pénales pour discriminations raciales en 2002 (3 en 1997).