Actualités sur les sectes en septembre 2003
(*) Articles ou documents qui, compte tenu de leur taille, ne sont pas ci-dessous, mais sur une page particulière ou sur le Web
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Canada : Ecoovie
Canada - Des enfants séquestrés - Le gourou d'Ecoovie jugé à Montréal
Le Soir, 2 septembre par Frédéric Delepierre
[Texte intégral]
Ce mercredi s'ouvre à Montréal le procès de Joseph Maltais alias Pierre Doris Maltais ou encore Norman William. Il comparaît durant
trois jours devant le tribunal de la jeunesse.Au printemps dernier, sept enfants, dont deux recherchés en vertu d'un « mandat d'enlèvement international », lui ont été retirés de sa garde. L'homme, reconnu comme le gourou de la secte Ecoovie, vit aujourd'hui dans une maison de la région des Laurentides, à proximité de Montréal.
Une femme est venue expressément du Danemark pour témoigner contre lui.
Au départ, la secte se présentait comme un mouvement écologique post-soixante-huitard. Joseph Maltais, qui se faisait appeler
Norman William, se définissait comme réfugié politique en Europe et se faisait passer pour un initié indien, prônant un mode de vie
préglaciaire.Les membres du mouvement, une bonne centaine, ont d'abord vécu dans des tipis en région parisienne. Ils ont ensuite passé deux ans
en Finlande où ils ont connu des hivers très rigoureux. Ils se sont ensuite rendus en Calabre. Le groupe s'est ensuite disloqué alors qu'il
devait gagner l'Afrique.Maltais a alors réussi à garder une dizaine de fidèles à qui il imposait nombre de contraintes afin, disait-il, de les préserver.
En 1997, la secte Ecoovie et son gourou avaient été épinglés dans le rapport de la commission parlementaire belge sur les sectes.
Maltais avait séparé les hommes des femmes. Pour les mineurs, il avait inventé les « passages », des rites d'initiation sexuelle prévus à
la puberté qui lui permettaient de s'intéresser à des enfants de 12 à 16 ans.Dans son rapport, la commission concluait que des attouchements ont eu lieu sous des prétextes médicaux. Quant à la conception
d'enfants, puisque les hommes et les femmes étaient séparés, c'était Maltais qui se chargeait de « transmettre la semence ».·
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Canada : Ecoovie
Jill a connu le calvaire au sein de la secte Ecoovie
Le Soir, 2 septembre par Frédéric Delepierre
[Texte intégral]
Canada - Le procès de Joseph Maltais se poursuit devant le tribunal de la Jeunesse de Montréal
Les témoignages ont repris mercredi devant le tribunal de la jeunesse de Montréal dans le cadre du procès de Joseph Maltais alias Norman William,
l'ancien gourou de la secte Ecoovie. L'homme, à qui on a retiré la garde de sept enfants âgés de un mois à 14 ans, a été dénoncé par une ex-adepte de
la secte, originaire du Danemark. Elle a su qu'il entraînait deux jeunes dans son QG de Ste-Anne-des-Plaines et a dénoncé les faits aux autorités. Deux
ans après avoir été chassé de Belgique, Maltais avait déjà été condamné chez nous, en 1991, à trois ans de prison, notamment pour usage de faux,
escroquerie et abus de confiance.La Direction canadienne de la protection de la Jeunesse tente de faire valoir que Maltais n'est pas en mesure de garder des enfants pour des raisons de sécurité. Des témoignages affirment aussi, sous le couvert de l'anonymat, qu'il se déroulait des pratiques sexuelles « épouvantables » chez le gourou.
Suite à la dénonciation de la jeune Danoise, en mai dernier et après dix mois de procédure, les juridictions française puis canadienne ont pu rendre deux petites filles à leur père, domicilié à Orègue, un village du pays basque français. En juin 2002, elles avaient été enlevées par leur mère pour rejoindre la secte Ecoovie au Québec. Le père de famille, lui-même, est un ex-adepte du mouvement.
Cette Danoise qui a décidé de rompre le silence vit à Vanlose, près de Copenhague. Elle s'appelle Jill Rubini et, pendant dix ans, elle a vécu parmi les adeptes de Maltais. Agée aujourd'hui de 38 ans, elle en avait 18 quand elle a quitté le Danemark pour adhérer à la secte.C'est dans une école privée de Andebolle, en Fionie, que Jill a entendu parler d'Ecoovie pour la première fois. L'idée de vivre comme les Indiens la fascinait.
Le 27 juillet dernier, Jill Rubini confiait son calvaire au « Jyllands-Posten », le plus grand quotidien danois. (...) Je haïssais la société, en réalité j'étais faible et sans assurance. Je croyais que cela allait me rendre forte.
Dans un premier temps, Jill sent qu'elle est sur le point de trouver un sens à sa vie. La relation avec Ecoovie lui a finalement coûté deux enfants.
A cette époque, les adeptes vivaient dans les forêts ou dans des régions montagneuses en France, au Portugal, en Espagne, au Maroc, en Belgique, en Suède, au Danemark, en Finlande, à Haïti, en Italie sous des tipis faits de branchages et de paille. L'alcool et le tabac étaient interdits. La nourriture se composait de racines, brindilles et feuilles.
L'horreur, Jill Rubini a commencé à la connaître après quelques mois. Il n'y avait jamais assez de nourriture. Nous vivions dans la
misère. J'ai perdu 20 kg, dit-elle. Un véritable lavage de cerveau allait suivre.Nous devions travailler six heures et dormir deux heures, ceci indéfiniment, poursuit Jill. Pendant les temps de pause nous étions souvent réveillés. Il s'en suit que nous étions toujours stressés, car les plans changeaient toujours, et que nous devions décamper pour aller plus loin. Après quelque temps on est si débilité, qu'on commence à croire que la société ennemie en est la cause.
Ces opposants sont appelés démons, même ceux de la propre famille. On y croit, ajoute la témoin. Tout comme on croit que Maltais a raison, et qu'il sait tout.
En 1985, après quelques mois, Jill Rubini tombe enceinte d'un membre français de la secte. Les adeptes avaient marché environ 1.000 km à travers l'Europe, lorsque Jill, au cours de l'été, approcha du terme. Elle ne pesait plus que 45 kg.
J'ai demandé bien des fois à être dispensée de marche quand j'étais tourmentée par des contractions, se souvient Jill. La réponse était toujours celle-ci : Ce n'est pas une course en taxi que nous faisons.
Le 25 septembre, la grossesse arrive à son terme. Les contractions se font plus fréquentes et la poche des eaux se rompt. J'ai dû ne rien dire parce que j'étais cataloguée comme hystérique et casse-pied. Pourtant, les douleurs étaient si fortes que je ne pouvais ni marcher ni me tenir debout.
Durant quatre jours, les marches se poursuivent. Jill est livrée à elle-même sur les routes. Shantig est finalement née entre 22 heures et minuit le 29 septembre 1985. Elle ne pesait que 1,630 kg et est restée un peu plus d'un mois dans un service de néonatalité, déclare la maman. Lorsqu'elle en est sortie, le 2 novembre, elle pesait environ 2,5 kg.
Chez Ecoovie les enfants n'étaient pas spécialement les bienvenus. Si des adeptes accouchaient, l'enfant était privé de ses parents biologiques, et placé dans un autre campement. Maltais ne voulait pas que des parents commencent à s'attacher à leurs enfants.
L'attachement pouvait contrevenir à ses plans, confie la Danoise.Ma fille Shantig a aussi été éloignée peu de temps après être sortie de l'hôpital, clame Jill qui a accouché de son fils Gisga, en 1989, alors qu'elle n'en était qu'à sa 29e semaine de grossesse. Deux ans plus tard elle donnait naissance à petit garçon mort-né.
Pour elle, c'était clair Ecoovie était responsable de ce décès. La croisade pouvait commencer.
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Communauté Européenne : Sectes
Résolution du Parlement européen sur la situation des droits fondamentaux dans l'Union européenne
Texte intégral
Transmis par la MIVLUDES, septembre 2003
Voici donc la résolution sur la situation des droits fondamentaux dans l'Union européenne 2002 Adoptée en session plénière du Parlement européen hier, le 4 septembre.
Note de Anne Fournier, Chargée de Mission à la MIVILUDES: Un point concernant le problème du sectarisme a pu être glissé à nouveau cette année. Notons que les parlementaires ont fini par remplacer la formulation ambiguë "prétendues sectes", qui apparaissait dans la dernière mouture avant le vote, par "groupements à caractère sectaire"
PARLEMENT EUROPÉEN Résolution du Parlement européen sur la situation des droits fondamentaux dans l'Union européenneadoptée le 4 septembre 2003 en séance plénière -
Extrait - Liberté de pensée, de conscience et de religion
32. invite les États membres et l'UE à favoriser le dialogue interreligieux dans la mesure où il condamne toute forme de fanatisme et d'intégrisme, ainsi qu'à garantir le principe de laïcité, ce qui n'exclut pas un enseignement de la religion à l'école, un tel dialogue et un tel enseignement devant accorder, proportionnellement, autant d'attention aux conceptions non religieuses du monde;
33. tout en approuvant les progrès intervenus en Grèce en matière de respect de la liberté religieuse et de conviction, souhaite que la législation pénale sur le prosélytisme soit abrogée et que les musulmans puissent obtenir l'autorisation de construire des mosquées et de disposer de cimetières où ils puissent inhumer leurs défunts dans le respect de leur tradition religieuse;
34. recommande une nouvelle fois à la Finlande et à la Grèce de modifier leur législation sur la durée du service civil de remplacement afin d'en bannir tout caractère punitif et discriminatoire;
35. met une nouvelle fois les États membres en garde contre les agissements dangereux de groupements à caractère sectaire qui menacent l'intégrité physique ou psychique des individus et les invite à s'employer, sur la base de leur législation pénale et civile ordinaire, à lutter contre les pratiques illégales et dérives au sein de ces groupements à caractère sectaire;
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Canada : Ecoovie
Le gourou d'Ecoovie est père de dix enfants Joseph Maltais évoque ses « relations »
Le Soir, 5 septembre par Frédéric Delepierre
[Texte intégral]
Toute la journée de mercredi, le procès de Joseph Maltais, gourou de la secte prétendument écologiste Ecoovie, s'est poursuivi devant le tribunal de la jeunesse de Saint-Jérôme, une ville située au nord de Montréal.
De longues heures durant, Maltais a raconté sa vie, à l'écart de médias, comme le prévoit la loi sur la protection des mineurs. Aux côtés de sa compagne, d'origine française, avec laquelle il a eu deux enfants concernés par le procès en cours, le gourou poursuivi pour avoir séquestré des enfants de 1 à 14 ans, a relaté son existence.
Il a évoqué ses voyages et ses prétendues rencontres avec Gandhi, Martin Luther King et de sa profonde amitié avec un ancien Premier ministre du Québec, René Lévesque, qui a marqué l'histoire politique du Québec.
A l'occasion de ce procès, Mme Martin, la mère de la compagne de Maltais, a fait le voyage depuis Paris. Elle souhaitait renouer le contact avec sa fille avec qui elle est en bisbrouille depuis vingt ans, soit depuis qu'elle a rencontré le gourou, qui, au total, est père de dix enfants.
Si l'on parle de compagne dans le chef de Mme Martin, c'est parce qu'elle n'est pas mariée à Maltais.
Depuis 1997, le gourou est marié à Ariane Dumoulin, qui vit toujours au Québec. Ariane Dumoulin n'est pas inconnue de la justice. Ancienne châtelaine de Sainval, près de Tilff, elle avait été arrêtée le 30 avril 1997 par les agents canadiens de l'immigration pour s'être trouvée en séjour illégal au Canada. Elle avait d'ailleurs passé plusieurs jours en détention préventive. Elle avait été libérée moyennant le versement de 6.000 dollars canadiens (3.500 euros), mais risquait l'expulsion. D'où son mariage.
Pour rappel, Mme Dumoulin avait vendu son château de Sainval à la secte Ecoovie. Elle possédait, à l'époque, une compagnie aérienne spécialisée dans les vols vers l'Afrique. Une compagnie qui intéressait beaucoup Maltais pour ses « opérations humanitaires », mais qui a fait faillite.
Joseph Maltais, alias Norman William, avait écopé à la fin des années 80 d'une condamnation à trois ans de prison ferme.
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Brésil : Cultes et sectes sataniques
Prison préventive pour la dirigeante d'une secte satanique
AFP , le 5 septembre 2003
[Texte intégral]
RIO DE JANEIRO - Un juge du tribunal de Belem do Para (Amazonie brésilienne) a décidé de maintenir en détention préventive la dirigeante d'une secte satanique qui avait torturé, castré et assassiné des enfants au Brésil, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.
Le juge Ronaldo Valle a ordonné la prison préventive à Valentina Andrade, 75 ans, dès qu'elle a comparu au tribunal jeudi, dans le cadre d'un procès qui s'est ouvert le 28 août dernier. Valentina est l'une des cinq personnes accusées d'avoir emasculé et tué cinq enfants dans des rituels de magie noire à Altamira (Para) de 1989 à 1993.
Dix-neuf enfants au total, dont cinq ont survécu, ont été victimes de ces mutilations, mais une seule des sept enquêtes ouvertes sur ces crimes a donné des résultats et permis de traduire les coupables présumés en justice. Jeudi, Valentina devait comparaître au tribunal de Belem pour témoigner dans le procès d'un de ses complices, le médecin Anisio de Souza.
Le juge Valle a lu un document de la police fédérale affirmant que lundi, Valentina avait tenté de s'enfuir en Argentine, sous une fausse identité. Il a souligné que son incarcération était "nécessaire" pour qu'elle puisse être jugée à la date prévue, le 22 septembre prochain. Jeudi soir, le médecin Anisio de Souza, a été condamné à 77 ans de prison, pour trois homicides et deux tentatives d'homicide. Vendredi dernier, deux autres accusés, un ancien gendarme et un commerçant, avaient été condamnés respectivement à 35 et 57 ans de prison.
Un autre médecin et Valentina doivent encore être jugés. Valentina, chef de la secte Alignement universel supérieur (LUS, en portugais) et ses complices, ont réussi pendant de nombreuses années à entraver les enquêtes en faisant disparaître des preuves et en intimidant les victimes.
La LUS considère notamment que les enfants nés après 1981 sont porteurs d'une "énergie néfaste" et doivent disparaîtreƒ. Les membres de la secte, qui existe encore, affirment que seuls ses fidèles seront sauvés de la destruction du monde en partant à bord d'une navette spatiale. Deux des enfants mutilés, ayant survécu, ont déjà témoigné au procès.
Wandiclei Pinheiro, 22 ans aujourd'hui, avait neuf ans à l'époque de sa mutilation. Il a reconnu l'un des accusés comme étant l'un des participants au rituel de magie noire et a donné des détails terrifiants sur la façon dont il avait été enlevé et endormi et l'horreur qu'il avait vécue à son réveil, "entièrement nu sans ses organes génitaux", dans un bosquet où il avait été laissé pour mort.
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Espagne : Energie Universelle
L'Energie Universelle Humaine, basée en Catalogne accusée d'escroquerie
El periodico de catalunya , le 6 septembre 2003
[Texte intégral]
La Juge accuse les responsables d'une secte apocalyptique
La Magistrate du tribunal d'instruction numéro 25 a conclu l'enquête ouverte sur la secte Energie Universelle Humaine qui prônait la fin du monde, et a maintenu l'accusation contre le leader de ce groupuscule et six soi-disant membres accusés du délit d'escroquerie et association illicite.
La Juge a ordonné un Arrêt conclusif de la fin de la procédure pour que les conclusions soient déposées comme phase préliminaire au jugement suivant une information de l'Agence EFE.
La Magistrate relate dans l'Arrêt "que l'on a exercé suffisamment de diligences pour formuler l'accusation " contre le leader spirituel de la secte en Espagne Curtis Cao Duy américain d'origine vietnamienne qui ensemble avec d'autres membres du groupe avaient été arrêtés en février 2000 à Barcelone et Tarragone.
Quelques mois après avoir été arrêté en Espagne et après avoir été remis en liberté, Curtis Cao Duy est parti en France où la Justice le cherchait également. Il a été emprisonné puis libéré selon des sources judiciaires qui ont ajouté que l'on ignore ou il se trouve.
Fin du Monde
Les six autres accusés étaient des membres du Conseil d'Administration de l'association espagnole Energie Universelle Humaine qui a fait l'objet d'une plainte par une ex adepte. Les avocats des accusés ont plaidé contre le procès demande par la Juge.L'accusation initiale expliquait qu'Energie Universelle Humaine prônait une série d'enseignements a travers des cours dépourvus de base scientifique et elle était considérée comme une secte destructrice qui vivait de l'argent de ses adeptes. La secte réussissait a capter la volonté des participants en leur faisant croire que son leader avait la capacité de soigner des maladies graves comme le sida ou le cancer grâce à l'imposition des mains selon l'accusation. En plus le groupe disait que la fin du monde était imminente. Pour cette raison les dirigeants suscités demandaient aux adeptes d'importantes contributions financières pour la construction de refuges. Des membres de la secte sont arrivés a édifier un véritable bunker pour près de 500 personnes a l'Aleixar (Baix Camp) pour se protéger d'un hypothétique déluge universel
Note : Curtis Cao Duy qui a dirigé un stage en Allemagne du 9 au 12 juillet 2003 exerce les mêmes turpitudes que le soi-disant "maître" Dang actuellement à Saint Louis (Missouri) après avoir été emprisonné en Belgique puis libéré sous caution de 50 millions de francs belges. Depuis sa résidence il poursuit ses "cours" par vidéo conférences les adeptes de ces deux sectes sont toujours aussi actifs mais font preuve de plus de prudence. Mathieu Cossu
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Sénégal : Secte Moon
Derrière les ambassadeurs de la paix, se cache la secte Moon !
Le Soleil (Dakar), le 8 septembre 2003 par Amadou Fall
[Texte intégral]
Le fait a pu paraître normal, voire tout à l'honneur de notre pays. Des Sénégalais, parmi lesquels des universitaires, des députés, des religieux, des artistes et des journalistes sont venus tout récemment, à l'issue d'un colloque international, porter à 33 le nombre des Ambassadeurs sénégalais de la paix mondiale. A priori, on ne pouvait que s'en féliciter, parce qu'en ces temps troubles, il n'y a de combat plus noble et exaltant que celui pour la paix à travers le monde.
Là où le bât blesse, c'est que la Fédération Inter Religieuse Internationale pour la Paix Mondiale qui a ainsi coopté nos illustres compatriotes n'est autre qu'une des nombreuses ramifications de l'Association du Saint-Esprit pour l'Unification du Christianisme Mondial, beaucoup plus connue sous l'appellation très chargée de «Secte Moon».
Son fondateur et gourou, le Nord coréen d'origine, Sun Myung Moon, se dit être investi par le Christ de la mission de compléter son «oeuvre inachevée». Cet illuminé prétend qu'il est le seul à pouvoir interpréter le message biblique déformé à travers les siècles, et dont la finalité serait l'établissement du royaume de Dieu sur terre, autrement dit le paradis. Le Judaïsme et le Christianisme -qu'il considère comme les seules premières véritables religions - ayant échoué dans cette mission, Moon décrète que la troisième tentative, la sienne, est la seule vouée au succès.
Moon n'est bien évidemment pas en odeur de sainteté auprès des tenants et défenseurs des dogmes juif et surtout chrétien aux yeux de qui, et sans le moindre doute, il est l'incarnation du faux Christ annoncé et dénoncé par la Bible. Ils jettent d'autant plus l'anathème sur sa secte que celle-ci mélange foi et politique, réfute la divinité et la naissance virginale de Jésus-Christ, bafoue son oeuvre rédemptrice, nie sa résurrection corporelle et interprète de nombreux textes bibliques de manière très fantaisiste. Des Musulmans, «Ahlul kitab» parmi les gens du Livre que sont les Juifs et les Chrétiens devraient-ils donner l'absolution à Moon, lui faire la courte échelle, en entrant ainsi, délibérément ou inconsciemment, dans son jeu ?
C'est d'ailleurs pire qu'un jeu. Sous le couvert d'un prosélytisme hérétique, d'un oecuménisme biaisé et d'une ténébreuse propagande pour la paix dans le monde, la secte Moon est en fait une diabolique machine à faire de l'argent, énormément d'argent, dans l'opacité coupable la plus totale. On ne compte plus les usines, les fabriques d'armes, les chantiers navals, les banques, les hôtels, les imprimeries et aussi les journaux dont Moon est aujourd'hui propriétaire. Il engrangerait quelque 500 milliards de dollars par an. Excusez du peu !
Comme toutes les autres sectes qui sont passées maîtresses dans l'art de se bâtir des fortunes colossales, celle de Moon a d'abord posé ses fondements sur la vulnérabilité, la fragilité psychologique et la malléabilité de ses recrues. Ses adeptes sont mis dans des conditions de dépendance telles que les plus nantis d'entre elles n'hésitent pas à se débarrasser de presque toute leur fortune au bénéfice de la secte ; tandis que d'autres sont transformés en automates battant quotidiennement le pavé à la recherche des fonds soi-disant destinés à faire vivre le mouvement.
C'est en réalité par la fructification - pas toujours catholique- de ces fonds collectés par le canal de gens spirituellement manipulés, spoliés ou transformés en sébiles ambulantes, qu'au fil de ces dernières décennies Moon a bâti l'empire industriel et financier dont lui et son épouse sont aujourd'hui au sommet. Telle une hydre étendant ses tentacules, cet empire a ses ramifications sur tous les continents. Moon est aidé en cela, par la complicité implicite ou réelle, des personnalités membres ou sympathisants de son mouvement pseudo-religieux qui occupent des positions stratégiques dans les systèmes nationaux et internationaux. Il s'y ajoute la caution des nombreuses associations caritatives et éducatives, des amicales d'étudiants, mouvements oecuméniques et pacifistes qu'il crée à tour de bras pour se donner un semblant de virginité, une façade immaculée trompe l'oeil. Moon ne se glorifie-t-il pas d'avoir une mission dans chaque pays, ainsi qu'un programme d'aide au Tiers monde ? Est-ce ce programme qui a poussé dans ses bras nos braves «Diek» et «Goorgoorlu» ci-devant promus, avec d'autres Sénégalais, Ambassadeurs de la paix mondiale ? Dieu seul sait ; mais aussi leur ignorance du fond des choses
Le fond de choses qui se cache derrière le religieux, le pacifisme et l'humanitaire de façade est une vaste entreprise d'enrichissement illégal, bâtie à partir de la manipulation des intellects et des consciences et soutenue par des circuits financiers opaques et des systèmes bien huilés d'évasion fiscale. Pour arriver à ses fins dans les pays qu'il investit, Moon fait des ramifications de son mouvement, et de toutes les structures connexes qui lui servent de paravents, des points d'ancrage à partir desquels s'exécutent des opérations de corruption de l'élite et de conditionnement de l'opinion. C'est ainsi qu'il se met en bonne position pour influencer des politiques, contourner des décisions et fausser des réglementations, pour ses pratiques financières et commerciales mafieuses et prévaricatrices.
Là où il rencontre des résistances, Moon et sa secte font fréquemment l'objet de poursuites judiciaires, voire de mesures de bannissement. Moon est déjà dans nos murs. La vigilance doit être de rigueur
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Etats-Unis : Scientologie
Responsabilité des hébergeurs: revers pour la scientologie aux Pays-Bas
ZDnet, le 9 septembre 2003 par Matt Hines, CNET News.com
[Texte intégral]
Une société d'hébergement néerlandaise a gagné en appel face à l'église de scientologie, au terme de sept ans de procédure. La secte américaine tentait de faire taire des critiques qui avaient publié des textes protégés par copyright.
SAN FRANCISCO - Le mouvement religieux Church of Scientology a perdu une bataille contre lun de ses détracteurs. Dans laffaire qui loppose depuis 1995 au fournisseur daccès internet (FAI) néerlandais Xs4all, la cour dappel de La Haye l'a débouté. Le FAI et lune des ses abonnées, Karin Spaink, ne seront pas contraints de retirer de leurs sites web des documents traitant de la scientologie.
En rejetant lappel, la cour donne raison au fournisseur, et ne le tient pas pour responsable de ce qui est publié sur les sites quil héberge. Le jugement légalise également lusage de liens hypertexte pointant vers des documents protégés par copyright, comme ceux du mouvement de Ron Hubbard. Il invalide les deux précédents verdicts rendus par dautres tribunaux de première instance dans ce dossier. Lun deux, remontant à 1999, avait établi que les hébergeurs doivent retirer ce type de liens des sites de leurs abonnés.
Les liens hypertexte, simples panneaux indicateurs sur la toile
Les représentants de la scientologie, dont le siège est en Californie, nont pas pu être contactés à temps pour commenter le sujet. Pour Xs4all, qui sest fait connaître pour ses actions en faveur de la liberté d'expression, et sa lutte contre l'église de scientologie, le jugement de la cour dappel est une immense victoire.
«Cela crée un précédent pour la liberté dexpression sur linternet et des intermédiaires en particulier», indique sa représentante Edith Mastenbroek, ajoutant qu«il faut absolument rendre limpides les lois qui définissent le comportement que les FAI doivent avoir vis à vis des législations sur le copyright». Et de conclure qu«un lien hypertexte nest quun panneau indicateur planté dans un coin du réseau, et ne peut donc jamais être illégal».
Laffaire a débuté en 1995, lorsquun émissaire de la secte sest présenté chez le FAI accompagné dun huissier pour saisir ses serveurs. Machines sur lesquelles étaient stockées des documents citant la scientologie, publiés sur un site web quhéberge le FAI. Solidaire, une de ses abonnées, Karin Spaink, a décidé de publier les mêmes documents sur son site. Pour appuyer sa demande, léglise a déposé une plainte, exigeant que les documents soient retirés du site concerné. Et a demandé que le FAI soit reconnu responsable des agissements de ses abonnés en matière de copyrights.
Les deux précédents jugements en faveur du FAI
En 1996, une cour de première instance dAmsterdam a rendu un verdict favorable à Xs4all et ses abonnés. Il stipulait que les documents ont été publiés en toute légalité, conformément au droit que chaque personne a à faire des citations dun document protégé. La scientologie na pas renoncé, intentant une autre action en 1999. Là encore, la justice a donné raison au FAI, en vertu du droit à la liberté dexpression. En mettant un bémol, toutefois: les FAI doivent être tenus responsables des contenus publiés susceptibles denfreindre les lois et copyrights existants. Le cas échéant, ils doivent retirer les liens incriminés ou fermer le site concerné. Cest ce jugement que la cour dappel vient dinvalider.
Les scientologues, dans tous les pays où ils possèdent une activité, multiplient les actions à lencontre des sites web critiques, pour quils retirent toutes les allusions faites à ses activités. Ils font pression sur les FAI, sen prenant même à des géants, tel Google. En 1999, Amazon.com a ainsi enlevé des liens pointant vers un livre critiquant la scientologie, avant de les rétablir.
Pour Karin Spaink, la guerre nest pas finie. «Je me suis immiscée dans laffaire car il me semblait important de définir la manière dont les questions de copyright sont réglées, et la responsabilité ou non des FAI». «Jaimerais que la conclusion reste celle-ci, mais je mattends à un nouveau rendez-vous devant les tribunaux».
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France : Actualités diverses
Lutte Ouvrière perd deux procès en diffamation contre Libération et l'Humanité
AFP 9 septembre 2003
[Texte intégral]
PARIS - Lutte Ouvrière (LO) a perdu mardi deux procès en diffamation qu'elle avait intentés devant le tribunal correctionnel de Paris à Libération et à l'Humanité pour l'avoir qualifiée de "secte". LO reprochait aux deux publications des articles du 27 mars 2002 intitulés "Le magot d'Arlette" dans l'Humanité, "Larmes de Laguiller" dans Libération, et réclamait à chacun 20.000 euros de dommages-intérêts.
L'article de l'Humanité expliquait que LO disposait de plus de 3 millions d'euros d'avoirs et déduisait que "cette secte" tenait donc un "double discours" à ses membres.
Le tribunal a jugé que le propos portant sur le patrimoine n'était pas diffamatoire puisque la détention de tels avoirs n'est pas contraire à la loi ni à la morale. Il a ajouté que le terme "double discours" était une "appréciation critique" du journaliste, non punissable, et que le mot "secte", employé seul, sans référence à des pratiques moralement ou pénalement condamnables, n'était pas non plus diffamatoire.
L'article de Libération, faisant état d'un fonctionnement sectaire, a en revanche été jugé diffamatoire mais les auteurs ont bénéficié de l'excuse de la bonne foi car ils se fondaient sur les éléments recueillis en 1998 lors d'une enquête qualifiée par le tribunal de "travail sérieux". Cette enquête, publiée le 30 mai 1998 dans Libération, avait révélé des pratiques dignes d'une secte, explique le jugement, et LO avait perdu le 25 juin 1999 un procès engagé alors.
Un autre procès oppose LO aux frères Daniel et Jean-Gabriel Cohn-Bendit pour avoir également parlé de "secte". Il doit être plaidé le 17 février 2004.
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Togo : Sectes
Des femmes font vivre des sectes et leurs pasteurs
IPS 9 septembre 2003 par Noël Kokou Tadégnon
[Texte intégral]
LOME - ''Divorcée et au chômage depuis un moment, je me suis tournée vers une église et cela m'a permis de trouver un travail et un nouveau partenaire'', témoigne Ayélé Ajavon, secrétaire de direction à Lomé, la capitale togolaise.
Ajavon ne peut désormais prendre de décision sans en référer à son pasteur - qui est en même temps son ''nouveau partenaire'' - à qui elle donne une partie de ses revenus pour l'église. ''Je lui dois tout, et l'argent que je verse tous les mois à l'église n'est rien'', affirme-t-elle.
Comme Ajavon, beaucoup de femmes togolaises font confiance aux nouvelles églises qui promettent la vie éternelle, la paix du cour, le bonheur, la fortune et bien d'autres choses.
Mais, la plupart des femmes se font dépouiller de leurs biens par les responsables des sectes qui se font appeler pasteurs. ''Au sein de la secte appelée 'Deeper Life' à Lomé, les femmes doivent remettre au pasteur leurs bijoux en or et en argent, mais on ne sait pas ce que cette secte fait de ces bijoux'', déclare Magloire Kouakouvi, professeur de philosophie à l'Université de Lomé.
Selon lui, le leader de la secte met ses adeptes en condition pour faire passer son message. Il estime que les femmes sont plus nombreuses à fréquenter les sectes au Togo, et qu'elles en sont les principales victimes. ''Plusieurs couples se sont séparés à cause de l'absence répétée de la femme qui préfère s'adonner à de longues séances de prière pendant la nuit plutôt que de s'occuper de son foyer'', avoue Nadine Lawson-Hellou, infirmière à Lomé.
Mais Lina Apédo, commerçante, n'est pas de cet avis. Elle dénonce une volonté manifeste de vilipender les nouvelles églises. ''C'est un faux problème car c'est plutôt les églises qui réunissent les couples'', indique-t-elle.Au Togo, la plupart des sectes évoluaient dans la clandestinité, avant 1990, sous le parti unique; elles subissaient d'incessantes descentes de la police. Mais, à partir du déclenchement du processus démocratique dans le pays, notamment avec la levée de l'interdiction des regroupements religieux, on a assisté à une prolifération des sectes.
Le phénomène est en constante progression depuis une dizaine d'années. Aujourd'hui, le ministère togolais de l'Intérieur a enregistré environ 500 églises. Les initiateurs des sectes ont su mettre à profit le marasme socio-économique consécutif aux troubles politiques liés au processus démocratique, au début des années 1990.
Très habiles sur le plan psychologique pour interpréter la Bible, ils ont réussi à recruter des adeptes, souvent des femmes, qui ont des problèmes financiers, de famille et de travail. Au sein de chaque secte, on se réclame de la Bible et de Jésus Christ. Chaque regroupement apporte des amendements à la doctrine de départ. ''En général, les croyances ne sont pas affichées et c'est dans la pratique qu'il y a des dogmes'', déclare Kouakouvi.
La plupart des sectes se développent à partir des quêtes et des cotisations des adeptes. ''Notre pasteur fixait parfois la somme minimum à verser à l'église, à 10.000 francs CFA (environ 17 dollars US'', témoigne Akouvi Dogno, ménagère. ''Et comme moi, je n'en pouvais plus, j'ai abandonné'', ajoute-t-elle.
Certains regroupements exercent des activités professionnelles. Ils exigent de leurs adeptes des produits qui sont revendus et dont les bénéfices rentrent directement dans les caisses des sectes. Les sectes reçoivent également des dons de leurs adeptes qui estiment avoir eu satisfaction ou qui espèrent un miracle. ''Dans notre église, les dons peuvent être de l'argent, une voiture ou terrain sur lequel on pourra construire une autre église; tout dépend du donateur, et moi, je donnerai tout si j'en ai les moyens'', confie Florence Tsikplonou, revendeuse au grand marché de Lomé.
Les sectes développent des pratiques qui s'apparentent parfois aux cultures africaines ou qui constituent un mélange de pratiques ancestrales avec la religion chrétienne. Il existe des églises dans presque tous les quartiers de Lomé. Généralement, elles exercent dans des maisons d'habitation qui sont rapidement transformées en églises, avec des séances de prières nocturnes. Les sectes exploitent également la libéralisation des ondes, avec la multiplication des radios privées. Elles proposent, sur les antennes des radios, des programmes d'évangélisation. Souvent, les émissions religieuses connaissent des débordements et, parfois, les sectes se font la guerre par radios interposées. ''Les gens en Afrique ont une conception magique de Dieu, je veux du travail, je veux me marier, je vais prier Dieu pour que Dieu me donne ce que je veux. Cette conception, les religions établies ne donnent pas cela à leurs fidèles et ce besoin de religiosité est compensé par les visions'', explique Kouakouvi.
Pour le père catholique Casimir Kodo, le manque de dynamisme de l'église romaine explique le succès des sectes. ''Les sectes mélangent le terroir et le christianisme, et cela fascine'', affirme Kodo.
Les musulmans estiment que la multiplication des sectes n'est pas surprenante et selon l'imam de la grande mosquée de Lomé, Ibrahim Sylla, le Coran avait prévu cette situation. ''Le Coran nous a expliqué cette situation depuis très longtemps et c'est maintenant que les gens commencent à découvrir cela''.
Pour les adeptes des religions traditionnelles africaines, les sectes sont ''démoniaques''. ''Dans tous les coins et recoins du pays, c'est des sectes, c'est des gens qui ne veulent rien faire. Ces pasteurs escroquent la population et s'adonnent à de mauvaises pratiques, ils prennent les femmes d'autrui'', déplore Augustin Assiobo, grand prête vodou à Lomé.
Les pratiques des sectes défrayent la chronique, avec des cas de viol, d'adultère, de vol et d'escroquerie. Arsène Mensah, secrétaire général d'une association de lutte contre le SIDA, révèle que de ''faux pasteurs'' déclarent guérir le SIDA. ''Ils trompent, à travers leurs prêches, les malades et leurs familles et leur prennent beaucoup d'argent, et souvent, les malades succombent'', déplore Mensah. ''Ce sont de grands escrocs, ces pasteurs'', dénonce Joëlle Kloutsé, étudiante. Elle avoue avoir été escroquée, avec sa mère, par un pasteur. ''C'est un jeune homme qui a monté une église dans notre quartier et il a réussi à nous emballer; et après avoir pris de l'argent et des biens chez les fidèles, il est parti avec sa copine aux Etats-Unis'', affirme-t-elle Mais Dieudonné Alouka, responsable d'une secte appelée ''Ministère du salut'', n'est pas d'accord avec les accusations lancées contre les pasteurs. Selon lui, ces accusations font partie des manouvres de certaines personnes déterminées à vilipender le travail des pasteurs.
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Canada : Raël
Chronique d'un canular réussi
Cyberpresse, 14 septembre par Nicolas Bérubé
[Texte intégral]
Raël se passe de présentation: il fait pratiquement partie de la famille. C'est le cousin étrange dont on a des nouvelles de temps en temps. Raël a dit ci, Raël a dit ça... Il fait parfois sourire mais on l'oublie rapidement. On sait qu'il aime les plus belles et les plus jeunes de ses disciples et qu'elles le lui rendent bien. Parlez-en autour de vous et il s'en trouvera certains pour soupirer que Raël a beau avoir l'air fou, il mène une vie de rêve.
Mais derrière l'image du gourou illuminé se cache un homme profondément insécure, misogyne, un père de famille raté et un opportuniste né. C'est cet homme que nous présente Martin Bisaillon dans Enquête sur le mouvement raëlien, son premier livre qui vient de paraître aux éditions Les Intouchables.
C'est en fouillant dans les archives des journaux, en lisant la documentation raëlienne et en interviewant des proches du mouvement que Bisaillon, ancien recherchiste à l'émission Zone Libre, retrace l'ascension de celui qui se fait appeler «sa Sainteté», «Messager de l'infini» et- mon préféré-, le «Jardinier de nos consciences».
Historien de formation, Bisaillon fait un rapprochement intéressant entre la crise du pétrole des années 70 et les débuts de l'épopée de Claude Vorillon. Lors de la crise de l'OPEP, le gouvernement francais avait fait interdire les courses automobiles. Claude Vorillon, alors éditeur d'un magazine automobile, s'est donc retrouvé sans le sou. Peu de temps après, il rencontrait par hasard des petits bonshommes verts et se lançait dans l'aventure raëlienne.
Enquête sur le mouvement raëlien s'attarde à décrire l'évolution de la secte, en France, d'abord, puis au Québec, où a atterri Raël au début des années 80. Il traite aussi des tout derniers déboires de Clonaid, la société fondée par Raël, qui a annoncé l'hiver dernier avoir cloné un bébé. On se souviendra que les Raëliens n'avaient rien pu prouver. L'affaire avait finalement déraillé, Raël ayant affirmé que toute l'histoire n'est peut-être qu'un canular, ce qui n'est pas grave, a-t-il dit, «tant que ça fait parler du mouvement».
C'est moins une «enquête» qu'une chronique serrée des événements que nous propose Martin Bisaillon. En effet, son incursion dans la secte se limite à une information de seconde main, largement connue de ceux qui connaissent l'épopée des Raëliens ces dernières années.
L'auteur n'a pas non plus voulu interviewer Raël parce que, dit-il en préface, le gourou raconte toujours la même chose. Soit. Mais il aurait pu nous donner d'autres informations à nous mettre sous la dent. Dommage, par exemple, qu'il n'ait pas assisté aux fameux partys raëliens, fréquemment organisés au centre-ville de Montréal. Dans leurs partouzes, les Raëliens ne carburent pas à l'eau claire et s'échangent beaucoup plus que leurs numéros de téléphone. Le livre rate aussi une belle occasion de remettre les pendules à l'heure sur l'ampleur du mouvement raëlien. En effet, Raël soutient que son mouvement compte 55 000 membres dans 84 pays, dont 3000 au Québec. Mais dans un texte paru le 11 janvier dernier dans La Presse, Denis Lessard citait une source proche du mouvement qui établissait le nombre de fidèles québécois à environ 300. Après plus de 20 ans de durs labeurs, de conférences et de campagnes de marketing reprises mur à mur par les médias, la récolte du jardinier est plutôt maigre.
Ceci dit, Raël a quand même réussi à se tailler une place de choix dans le petit firmament des gourous québécois et Martin Bisaillon documente bien le phénomène raëlien dans son ensemble. Son ouvrage servira de référence pour ceux que les tumultes de la vie du gourou intéresse.
***
ENQUÊTE SUR LE MOUVEMENT RAËLIEN
Martin Bisaillon
Les Intouchables, 298 pages
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France : Raël
Clonage reproductif humain. interdiction
AFP 15 septembre 2003
[Texte intégral]
12ème législature
Question N° : 10281 de M. Leveau Édouard ( Union pour un Mouvement Populaire - Seine-Maritime ) QE
Ministère interrogé : santé - Ministère attributaire : santé - Question publiée au JO le : 13/01/2003 page : 185 - Réponse publiée au JO le : 15/09/2003 page : 7170
Texte de la QUESTION : M. Édouard Leveau souhaite attirer l'attention de M. le ministre de la santé, de la famille et des personnes handicapées sur l'annonce de la naissance du premier enfant cloné. Même si l'annonce a été faite par l'adepte d'une secte et, de surcroît, sans aucune preuve scientifique et médicale à l'appui, elle a suscité consternation et inquiétude à l'égard d'un tel procédé qui ne semble pas impossible dans un futur proche. En effet, le clonage humain reproductif menace la dignité de l'homme et ouvre la porte à l'eugénisme et à toutes les dérives possibles. En outre, d'un pays à l'autre le régime juridique concernant le clonage humain reproductif est soit différent, soit inexistant. Ces disparités juridiques menacent profondément les initiatives de l'ONU d'établir une convention internationale à ce sujet. Face à de telles inquiétudes, il souhaite connaître la position du Gouvernement tant au niveau national qu'au niveau international.
Texte de la REPONSE : Le projet de loi relatif à la bioéthique adopté par le Sénat en première lecture le 30 janvier 2003 a inscrit dans le code civil une interdiction expresse du clonage à finalité reproductive : « Est interdite toute intervention ayant pour but de faire naître un enfant génétiquement identique à une autre personne vivante ou décédée. »
A cet égard le Sénat a choisi une définition reposant sur l'identité génétique et non plus, comme l'avait fait précédemment votre haute assemblée sur la reproduction asexuée. Cette nouvelle définition répond plus directement aux effets d'annonce des adeptes du clonage dont l'intention est de répliquer à l'identique un individu plus que de contourner la reproduction sexuée.
Par ailleurs, a été introduit un nouvel article dans le code pénal faisant du clonage à fin reproductive « un crime contre l'espèce humaine », au même titre que l'eugénisme. Il s'agit en effet, d'un crime qui touche aux fondements mêmes de la civilisation humaine. L'annonce de la secte des raëliens, en décembre 2002, d'une naissance par clonage a permis de souligner la dimension universelle de l'indignation morale face aux tentatives de clonage reproductif. En même temps, elle a mis en lumière l'insuffisance, voire l'absence d'instruments juridiques au niveau international qui seuls permettraient de faire face aux dérives de certains scientifiques.
Le protocole additionnel à la convention d'Oviedo portant interdiction du clonage ne permet de répondre à cette situation préoccupante que de façon partielle et donc insuffisante. Il est donc apparu nécessaire et urgent au gouvernement français de proposer, en accord avec le gouvernement allemand, à l'ensemble des États membres de l'ONU de négocier au plus vite un projet de convention internationale d'interdiction du clonage reproductif d'êtres humains. Le processus de négociations sur ce projet de convention, initié par la France et l'Allemagne dès août 2001, n'a cependant pas reçu un écho unanimement favorable. En effet, certains États, dont les États-Unis d'Amérique, souhaitent que la convention porte sur l'interdiction de l'ensemble des formes de clonage. Or, un certain nombre d'États ne considèrent pas que le clonage à finalité thérapeutique (transfert du noyau d'une cellule somatique) doive faire l'objet d'une interdiction, ou si celle-ci est retenue, elle ne peut être de même nature que celle du clonage reproductif. Vouloir aller dans le sens d'une interdiction globale semble incompatible avec toute possibilité de consensus sur l'essentiel, le clonage reproductif.
Les négociations se poursuivent afin que le consensus qui existe à l'égard du clonage reproductif se traduise le plus rapidement possible par un instrument juridique contraignant. De nouvelles pistes de négociations seront proposées par la France et l'Allemagne lors de la prochaine 6e commission de septembre. Le Président de la République a toujours exprimé sa forte préoccupation des questions bioéthiques. Ainsi, lors de la célébration du XXe anniversaire de la création du Comité consultatif national d'éthique, il a émis l'idée que l'UNESCO se charge de la rédaction d'une convention internationale sur la bioéthique. Le Comité international de bioéthique auprès de l'UNESCO devrait proposer, à l'automne prochain, à l'assemblée générale de l'UNESCO le cadre juridique d'une telle convention.
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Belgique : Sectes et opinions
Le droit à la liberté religieuse est-il tombé du ciel?
La Libre Belgique 15 septembre 2003 par Denis Lepage
[Texte intégral]
L'Eglise de scientologie inaugure ses bâtiments européens ce mercredi à Bruxelles. Et relance la question de la tolérance à avoir face au phénomène sectaire. Florilège d'arguments.
Lisez aussi: Opinion de Anne Morelli
Lisez aussi: Opinion de Julia B. Nyssens-Dussart
ABDELFATTAH AMOR vice-président du Comité des droits de l'homme des Nations Unies.
J'estime (...) prématurée les initiatives tendant à voulant consacrer la notion de délit dit de manipulation mentale, dans la mesure où l'arsenal juridique existant en Europe occidentale semble suffisamment apte à couvrir les abus susceptibles d'être commis par des communautés de religion ou de conviction. Certes, l'approche de l'Europe occidentale en ce domaine repose sur une conception continentale visant à protéger l'individu au besoin malgré lui, tel qu'illustré en droit par l'obligation d'assistance à personne en danger sous peine de sanction pénale, contrairement à la conception américaine reposant sur la responsabilité personnelle et non collective.
Il n'en demeure pas moins qu'il est important que la préoccupation légitime des Etats de l'Europe occidentale ne se traduise pas par une déresponsabilisation de l'individu.
MICHEL LACROIX maître de conférences à l'Université d'Evry-Val d'Essonne
Nous sommes dans une ère véritablement prométhéenne, illustrée en particulier par la pratique du dopage, l'attrait pour le paranormal, le dépassement de soi, la drogue, l'expérimentation des états non ordinaires de conscience. Le développement personnel est un des fleurons de cette philosophie de la maîtrise et de la puissance. Les sectes ont donc des raisons sérieuses d'être présentes sur ce créneau.
Elles profitent des dérives du développement personnel, du flou qui entoure la profession de thérapeute, et du risque de dépendance découlant de l'immersion dans les groupes à l'occasion des stages. Sans faire d'amalgame, constatons qu'il y a des similitudes entre le projet des sectes et celui du développement personnel. Les objectifs sont identiques : c'est la promesse adressée aux individus d'accroître leurs facultés. « Vous serez des surhommes, vous serez comme des dieux», leur répète-t-on.
Les méthodes, elles aussi, sont de même nature : elles consistent en une modification en profondeur de la perception. On cherche à altérer la grille de lecture du monde, en agissant sur le psychisme, non pas sur le mode additif (comme dans le «bourrage de crâne»), mais sur le mode qualitatif. Il s'agit de transformer les croyances du sujet par la déprogrammation et la reprogrammation.
ANNE FOURNIER historienne, auteur de «La dérive sectaire».(in Le Journal des Psychologues n° 174 - Février 2000)
Les erreurs les plus graves concernent les adeptes, soit qu'on les considère comme des objets passifs et naïfs magiquement hypnotisés par un criminel, soit que l'on nie la réalité des mécanismes d'embrigadement et la construction subtile de la dépendance au sein de ces groupes. La construction d'une allégeance inconditionnelle requiert une participation active des adeptes, explicable par le fait que le groupe sectaire propose des réponses à des aspirations et à des révoltes largement répandues.
Nous ne nions pas les souffrances psychologiques très importantes des adeptes récemment sortis d'un groupe sectaire. Peut-on dire pour autant que tous les adeptes sont atteints de troubles psychologiques à leur entrée? Cette vision du phénomène sectaire a l'inconvénient majeur de dédouaner: l'adepte n'est pas responsable de son adhésion et de ses actes dans le groupe, puisqu'il était fragile, voire perturbé. (...)
La société ne ferait alors que subir les conséquences malheureuses de la maladie de certains de ses membres, mais n'est en aucun cas réinterrogée. sur son fonctionnement. Enfin et surtout, cela permet à tout un chacun de se croire à l'abri. Or, l'embrigadement, la manipulation nous concernent tous. Nous sommes tous manipulables.
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belgique : Scientologie
L'«Eglise» de scientologie n'a pas la cote auprès du gotha politique
La Libre Belgique, le 16 septembre 2003 par Matt Hines, CNET News.com
[Texte intégral]
Un grand «non» des élus et des partis P.D.G. et R.P.
La scientologie ne doit pas s'attendre à voir les hommes politiques affluer en masse à l'inauguration de son ambassade européenne.
Florilège de réactions.
Joëlle Milquet (présidente du CDH): «Bien sûr que non, je n'irai pas. Ce n'est certes pas aux hommes et aux femmes politiques à cautionner les sectes que nous devons combattre. Ceci dit, je regrette que la lutte engagée à ce sujet en 1997 ne soit pas davantage poursuivie.»
Daniel Ducarme (MR), ministre-président de la Région bruxelloise: «Je n'irai sûrement pas! Le moins qu'on puisse dire, c'est que j'ai un doute quant à la fiabilité et au sérieux d'une telle opération. Tout ce qui touche de près ou de loin à une secte ou tout ce qui peut s'y apparenter, je n'y vais pas».
Elio di Rupo (président du PS) «ne compte vraiment pas y aller», tout simplement.
Antoine Duquesne (président du MR): «J'avais déposé la proposition de loi pour la création de la commission parlementaire sur les sectes, qui a débouché sur un rapport particulièrement sévère à l'égard de la scientologie. Or j'ai reçu leur invitation. Je me suis dit qu'ils ont un sacré culot... Mais bien sûr que non, je n'irai pas».
Hervé Doyen (bourgmestre de Jette/CDH): «J'ai peine à comprendre qu'un groupe qui répond aux critères objectifs définissant une secte puisse s'installer, avec pignon sur rue. D'autant plus dans un endroit aussi symbolique que la rue de la Loi.»
Jacques Simonet (MR, en tant que bourgmestre d'Anderlecht): «J'ai jeté l'invitation au panier. Ils tentent toujours d'attirer dans leurs filets un certain nombre de personnalités politiques ou médiatiques en espérant que celles-ci ne se rendraient pas compte de la mascarade à laquelle ils se prêteraient et qui ensuite serait exploitée par les responsables de la secte».
Martine Payfa (bourgmestre de Watermael-Boisfort/ MR-FDF): «Je suis révoltée. C'est très grave et très interpellant. La scientologie ne cherche qu'à gagner de l'argent et personne n'est à l'abri de leurs démarches.»
Charles Picqué (bourgmestre de Saint-Gilles/PS): «Je n'irai pas. Tout le monde a le droit à l'expression culturelle et religieuse mais je ne pense pas qu'un élu doit accréditer ces nouvelles églises qui fleurissent sur le terreau du désarroi voire du désespoir et qui sont à la marge de la spiritualité et du commerce.»
Bernard Clerfayt (bourgmestre de Schaerbeek/ MR-FDF): «Evidemment non. Je pense que c'est une secte dangereuse pour la population. Ce n'est pas pour rien qu'elle s'installe dans le quartier européen, on connaît sa capacité de lobbying.»
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Belgique : Scientologie
"Lobbying, amalgame"
Le Soir, le 16 septembre 2003 par Hugues Dorzée
[Texte intégral]
Mercredi, l'Eglise de scientologie doit inaugurer son "bureau européen des affaires publiques et des droits de l'homme", rue de la Loi, à Bruxelles. La députée européenne Anne-André Léonard (MR) s'insurge contre "les pratiques de lobbying" de la secte: Cette inauguration risque de provoquer un amalgame entre les activités des scientologues et celles du Parlement européen. Et l'élue de rappeler l'instruction pénale en cours à l'encontre de membres de la secte en Belgique et à l'étranger.
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Belgique : Scientologie
Des ennuis politiques et judiciaires
La Libre Belgique, le 16 septembre 2003 par Pascal De Gendt et Roland Planchar
[Texte intégral]
En 1997, le Parlement avait dépeint un mouvement dangereux et nuisible. La longue instruction ouverte par le juge Van Espen vient de s'achever.
Contrairement à ce qu'on pense souvent, l'enquête parlementaire belge «visant à élaborer une politique en vue de lutter contre les pratiques illégales des sectes, etc.» (1997) ne contient pas de «liste» des sectes actives en Belgique, mais un tableau synoptique recueillant les informations réunies au cours des travaux. Ce qui signifie donc que les mouvements qui y sont présents ne sont pas tous de facto considérés comme des sectes.
L'«Eglise» de scientologie y est présentée comme une doctrine pratiquant la psychologie appliquée. Les mots «Mythologie de science-fiction» et «guérisseuse» sont également repris dans cette colonne. Les méthodes de recrutement sont diverses: tests de personnalités, cours et conférences, programmes éducatifs divers, formation de cadre, vente d'ouvrages, etc.
Subversif
Une synthèse qui ne donne qu'une faible idée des témoignages recueillis par la commission, certains de ceux-ci parlant d'un «mouvement subversif et dangereux, notamment parce qu'il essayerait d'infiltrer les rouages de l'autorité publique». Des manoeuvres d'intimidation, envers les «ennemis» de la scientologie sont également évoquées tout comme l'aspect commercial. La commission signale également des témoignages favorables à la scientologie dont l'objectif serait «d'arriver à un monde sans criminalité et sans guerre où tout le monde se sentirait bien.» Le mouvement traînerait-il, dans nos contrées, une réputation sulfureuse qu'il ne mérite pas? Sans doute, non.
Car, au-delà de cette enquête parlementaire, la scientologie a également été l'objet d'une instruction judiciaire du juge bruxellois Jean-Claude Van Espen. «A été», disons-nous, parce que le hasard fait que - étape importante - cette instruction vient d'être clôturée tout récemment, apprend-on, et que le dossier va être communiqué incessamment au parquet de la capitale. La longue enquête, ouverte à la suite d'une plainte d'adepte déposée en 1997 et qui a connu des rebondissements spectaculaires, comme lors d'une vague de perquisitions fin septembre 1999, est donc achevée.
A l'époque, le magistrat avait mis au jour les fichiers que les scientologues entretiennent sur leurs adeptes, mais également semble-t-il sur quelques personnes extérieures à la secte : membres du corps politique, de la sûreté de l'Etat, de l'ex-gendarmerie voire de la presse.
Sous réserve du jugement à intervenir (les scientologues aussi bénéficient de la présomption d'innocence), cette instruction paraît emblématique dans la mesure où elle montre que, sans qu'il y soit jamais question de l'aspect sectaire ou même prétendument religieux des choses, la scientologie enfreint les lois.
Le travail de M. Van Espen portait en effet sur des infractions relatives à l'organisation criminelle, à la pratique illégale de la médecine et de la pharmacie, à l'escroquerie et à la non assistance à personne en danger (toutes, sauf la première, n'étant pas reprochées à l'ensemble des neuf inculpés, dont l'asbl elle-même).
Or, à deux reprises déjà au cours de procédures connexes (LLB des 19/2/2002 et 29/3/2003), la cour d'appel de Bruxelles avait conforté le sens des investigations du magistrat quant à ces fichiers. Ils sont parfaitement illégaux car ils contreviennent gravement à presque toutes les dispositions de la loi sur la vie privée. Vie intime et sexuelle, données familiales, informations médicales, comptes rendus de confessions culpabilisantes, toutes choses permettant de mieux asseoir l'emprise sectaire sur les adeptes.
A cet égard, on s'étonne toujours de l'absence de réaction de la Commission de protection de la vie privée, puisqu'il s'agit du plus important dossier du genre jamais évoqué. Cela s'inscrit-il dans la désaffection que dénonce par ailleurs Antoine Duquesne ? Ou bien cela découle-t-il du peu de moyens alloués à cette commission, dont le personnel est en constante régression (16 membres cette année, pour assumer les milliers de dossiers relatifs au commerce, aux enquêtes policières, aux plaintes des particuliers).
Procès technique
Bref, il faut s'attendre à plusieurs mois de délai avant que le réquisitoire du parquet soit tracé et que l'affaire soit fixée au tribunal. Le procès pourrait être techniquement difficile parce que l'asbl est poursuivie en tant que personne morale, ce qui découle d'une législation neuve, et parce que les poursuites pour violation de la vie privée sont elles-mêmes une première, ou quasi. Mais on verra alors si, comme elle le prétend, la scientologie belge «défend» les droits de l'homme.
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Belgique : Scientologie
Sociétés privées et institutions publiques intéressent la secte
La Libre Belgique, le 16 septembre 2003 par Pascal De Gendt et Roland Planchar
[Texte intégral]
Entrer à tout prix dans les rouages de l'Etat. Afin de gagner en puissance et en crédibilité. C'est tout le travail actuel de l'«Eglise», en Europe. A tel point que certains Länder allemands ont interdit aux scientologues d'être fonctionnaires.
Bien organisés, agissant selon des schémas élaborés, les sectateurs sont donnés par plusieurs spécialistes comme prêts à tout pour obtenir des relais dans les milieux influents (d'où, notamment, le fichage de personnalités; voir par ailleurs). La moindre faiblesse institutionnelle peut être exploitée. Même là où on ne l'attend pas, même par des voies en apparence innocentes. Ainsi, un petit scandale avait éclaté au mois de septembre 2000 à l'annonce de l'organisation d'une exposition «Qu'est-ce que la scientologie?», organisée par la secte dans un hôtel appartenant à... la Sabena. C'est que l'Etat lui-même était actionnaire de la défunte compagnie. Le même Etat qui, via le Parlement, avait qualifié la scientologie de nuisible...
Par ailleurs, plusieurs sociétés commerciales - y compris de prestigieuses - ont avoué avoir accueilli, sans s'en rendre compte au prime abord, des scientologues venus dispenser des cours (le plus souvent de management) aux cadres et cadres supérieurs, sous le couvert de sociétés apparemment anodines.
Ce n'est certes pas interdit. Le hic, c'est que des officiers de gendarmerie nous avaient confié, quelque temps avant que ce corps disparaisse, avoir eu le sentiment - mais pas la preuve - qu'ils avaient reçu certains cours de ce type. Et que ceux-ci avaient été élaborés, sinon dispensés, par la scientologie.
Entrisme...
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Belgique : Sectes et opinions
Opinion de Julia B. Nyssens-Dussart
La Libre Belgique, le 16 septembre 2003 propos recueillis par Thierry Boutte
[Texte intégral]
Au nom de la liberté de conscience, les sectes bafouent d'autres libertés, d'autres droits. Ces groupes ne sont pas au-dessus des lois et des Conventions internationales
Ancienne avocate. Fondatrice de l'ADIF (1)Membre du CIAOSN (Centre d'information et avis sur les organisations sectaires nuisibles) (2)
Je ne condamne pas les sectes. D'elles-mêmes, elles se mettent hors la loi, hors certaines de nos lois, hors la Constitution, hors des Conventions internationales.
Il faut reconnaître que le sectarisme est un phénomène immémorial et endémique, inscrit dans la structure de toutes les sociétés humaines. Les manichéens, les pythagoriciens et les autres existent depuis le commencement des temps. Refaisons l'Histoire: quels sont les piliers de l'humanisme européen? Par ordre alphabétique, le christianisme (avec les catholiques, orthodoxes, protestants), l'islam, le judaïsme, le rationalisme (de l'Antiquité à aujourd'hui en passant par l'âge des Lumières) et les voies du marxisme, maoïsme et de l'existentialisme. Ces piliers ont tous été traversés par des dérives sectaires. Fondamentalisme, intégrisme (politique dictée par une théorie religieuse), syncrétisme (mélange de courants tous azimuts), manichéisme (opposition sans nuance du bien et du mal) : l'Histoire apporte la preuve que, du christianisme au marxisme, même les «institutions» ont connu des dérapages.
Au sens propre du terme, le mot «secte» vient de secta, sequi - suivre et en ce sens, l'église catholique apparaît comme une secte par rapport au judaïsme. Mais aujourd'hui, on ne l'entend plus comme tel. La secte «sectaire» se révèle un groupe fondé par une personne qui prétend apporter la vérité mais qui, surtout, travaille, non pas dans l'intérêt des adeptes mais bien dans celui (financier souvent) du fondateur sans porte de sortie et de recours externes. Et gardons-nous de considérer que le monde religieux et philosophique a le monopole de cette logique; le monde politique, psychologique, économique... en «profite» aussi!
Les organisations sectaires, définies comme telles par des enquêtes parlementaires belge, française, allemande ou espagnole attirent donc l'attention par leurs méthodes utilisées et les effets obtenus. Les mettre en cause selon des critères philosophiques serait mal venu, faisons-le face au droit. Toutes les Constitutions des pays démocratiques ont toujours reconnu la liberté de conscience et de pensée, mais limitée par le respect aux lois d'ordre public. Or, nous constatons que certains groupes dits sectaires ne respectent, à des degrés divers, ni les lois civiles (notamment sur le vice de consentement lors de mariage forcé, de divorce, d'adoption, d'emprunt forcé..., sur des engagements à perpétuité, etc.) ni les lois fiscales (évasion de capitaux) ni les lois sociales (infractions au droit individuel et collectif du travail) ni le code pénal (escroquerie, abus de confiance, publicité mensongère, exercice illégal de la médecine, de la pharmacie, etc.) ni le code commercial (multinationales et/ou sociétés à but lucratif déguisées en asbl) ni certaines conventions internationales (Droits de l'homme, de l'enfant...). L'article 17 de la Convention européenne des droits de l'homme (reconnue par la Belgique fédérale) prescrit - en résumé - qu'un Etat signataire ne peut pas, au nom d'une liberté fondamentale, laisser mépriser ou violer les autres libertés fondamentales et lois du pays. Nous sommes au centre du problème sectaire. Comment ces groupes peuvent-ils invoquer la liberté religieuse (de conscience, d'enseignement, d'expression et d'association) et ignorer les autres libertés, droits et lois? Les libertés fondamentales doivent être prises globalement et ne peuvent souffrir d'être manipulées ou utilisées partiellement. Or, c'est une des forces de ces groupes.
On a décrit ci-dessus les infractions aux lois, combien de pratiques ne sont pas contraires à la dignité humaine; créant une forme d'esclavage ici, incitant là à la haine à l'égard des parents ou amis qui pensent différemment. Est-ce leur liberté contre les droits de l'homme?
La culture se voit également dénaturée et la destruction des catégories logiques dans la conceptualisation des termes conduit à un genre nouveau d'illettrisme. Ce qu'on appelle «église» aux Etats-Unis n'a rien à voir avec une «église» en Belgique. Inventions de mots, mélanges, phénomènes d'inculturation, d'acculturation, manipulations de textes fondamentaux voire sacrés... : la malhonnêteté intellectuelle n'est pas inconnue au bataillon. En paraphrasant Dostoïevski dans «Les frères Karamazov», ils penseront que nous disons la vérité, nous serons en train de mentir mais ils croiront toujours que nous avons raison.
Les groupes sectaires ont toujours suivi cette veine et les adeptes suivent. Supprimer les sectes ne servirait à rien. Elles naîtraient autrement. On peut sans doute assigner l'homme à résidence, faire son procès et celui de la condition humaine... Mais laissons cela aux écrivains. Contentons-nous d'aider les individus et la société à réfléchir. Posément, avec le droit et sans haine.
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Julia B. Nyssens-Dussart est ancienne avocate. Fondatrice de l'ADIF (1), membre du CIAOSN (Centre d'information et avis sur les organisations sectaires nuisibles) (2)
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Belgique : Sectes et opinions
Opinion de Anne Morelli
La Libre Belgique, le 16 septembre 2003 propos recueillis par Laurent Hoebrecht
[Texte intégral]
La liberté de pensée ne peut pas être limitée. A partir de là, il est difficile de différencier grands et petits mouvements religieux, vraie conversion ou escroquerie
Une précision dabord: je ne suis évidemment pas favorable aux sectes. Par exemple, je crois que tout ce que raconte la scientologie sont des bêtises. Mais je suis pour la liberté dexpression et de pensée. Je me rendrai à linauguration du nouveau bâtiment rue de la Loi, comme je vais à linauguration du carême de partage. Cela mest arrivé. Je vais chez des témoins de Jehovah, des catholiques, des protestants, des juifs Néanmoins, je considère personnellement que toutes ces croyances sont absurdes. Mais les gens sont libres de raconter tout cela du moment quils ne mobligent pas à les croire. Et pour autant quils se conforment à la législation civile.
Ainsi sil y a transgression par rapport à la loiquelle soit faite par des gens sans religion, ou avec religion, petite ou grande, tout le monde doit être traité de la même façon. Sil y a des cas de pédophilie, il est normal que les personnes soient punies, quelles fassent partie dun mouvement religieux ou pas. Sil y a des extorsions de fonds, il faut que les délinquants soient poursuivis peu importe leur option politique ou religieuse. Jai écrit un petit livre, lettre ouverte à la secte des adversaires des sectes. Je considère ainsi que parmi les adversaires des sectes, certains sont extraordinairement sectaires: ils recherchent partout la secte et finissent par créer aussi beaucoup de drame de lautre côté. Il y a des gens qui ont eu leur vie de famille ruinée, qui ont perdu leur emploi quand on les a désignés comme membre dune secte. Je crois donc quil nest pas possible de limiter la liberté de pensée. On a beaucoup parlé de lavages de cerveau, de manipulations mentales, Cest extrêmement complexe, mais rien na été prouvé scientifiquement. Le fait est que, quand il sagit dune opinion qui vous est désagréable, on invoque souvent ce genre dargument. Si lopinion vous est chère, par contre, vous trouvez la transformation tout à fait normale. Là aussi, il ny a pas moyen dintégrer lun et pas lautre.
Ou bien on accepte quil y ait des conversions: comme saint Paul sur le chemin de Damas au même titre quune personne devienne une adepte de Krishna à la suite dun week-end. Ou alors on dit que tout cela relève de lescroquerie. Je ne crois pas que ce soit le cas: je pense que ces gens sont de bonne volonté, de bonne foi.
Jai été notamment impressionnée par un livre de Massimo Introvigne, Lavage de cerveau: réalité ou mythe?. Il montre que larmée américaine a beaucoup travaillé là-dessus. Les militaires pensaient que leurs soldats qui rentraient des prisons vietnamiennes avaient été victimes de lavages de cerveau parce quils revenaient communistes. Ils nimaginaient pas un seul instant que, au contact de ces déshérités, ces soldats avaient pu simplement prendre fait et cause pour des gens quils considéraient finalement comme des victimes. Donc ils ont énormément investi dans les techniques de persuasion coercitive, etc Cela na jamais marché. Ce que les psychologues et les scientifiques de larmée américaine ont essayé de mettre au point pendant des décennies sans résultat, un simple groupe de méditation le réussirait si bien?
Ny a-t-il donc aucune différence à faire? Il y a certes des labels dhonorabilité. Cest dhabitude le politique qui les délivre. Ceux qui ne lont pas, on va les appeler hérésie, secte Mais cest un choix qui na rien à voir avec la fermeté des arguments théologiques, ou lancienneté par exemple: certaines croyances orientales précèdent le christianisme. Si lon entend le critère de nuisance comme le nombre de morts que causent les mouvements religieux, il est évident que les grandes religions sont beaucoup plus nuisibles. Il y a beaucoup plus de gens qui se suicident au nom de lislam ou qui massacrent au nom du protestantisme ou du catholicisme en Irlande, que suite aux injonctions des petits entrepreneurs indépendants quon appelle secte. La nuisance nest donc pas un critère pour distinguer les religions des sectes.
On peut enfin relever la différence de perception du phénomène entre lEuropela France et la Belgique, en particulier, et les Etats-Unis. En Europe, on part dune tradition de religion unique. On a démarré dune religion, en général le catholicisme, puis on a accordé la tolérance aux juifs, aux protestants, plus récemment aux laïcs et aux musulmans. Mais reste le schéma de quelques religions privilégiées par le pouvoir politique, qui reçoivent des avantages reconnus: elles voient par exemple leurs ministres du culte payés, il y a des cours de religion Aux Etats-Unis, loptique est différente. Cest un pays né de personnes qui étaient discriminées sur le plan religieux. Les pères fondateurs avaient comme but la liberté totale de religion. Du coup aucune nest privilégiée. Le respect est dû à tous les groupements religieux. Mais, dautre part, il ny a pas de compréhension du phénomène de lathéisme, par exemple.
-----------------------------Anne Morelli est Professeur à lULB Institut détude des religions et de la laïcité, Docteur en histoire
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Belgique : Sectes et opinions
Entre guillemets
La Libre Belgique, le 16 septembre 2003
[Texte intégral]
Une forme de contrôle mental
«LA PRIVATION DE LIBERTÉ N'A PAS LIEU AU MOMENT OU LE CANDIDAT ADHÈRE AU GROUPE,
car normalement il décide lui-même après un premier contact s'il reste et persévère, ou s'il décroche. La privation de liberté n'est pas, dans la plupart des cas, de nature physique, car l'écrasante majorité des membres d'une «secte» ne vivent pas en communauté séparée, mais dans leur milieu familial (...).La privation de liberté est notamment mentale et prend en outre une forme spécifique de contrôle mental. Il ne s'agit pas non plus de lavage de cerveau, car personne ne s'y soumet volontairement; le lavage de cerveau s'exerçant dès le début à l'encontre de la volonté de la victime. Le résultat final est que la personne en question ne pense et ne ressent plus les choses de manière autonome, mais qu'elle est, par sa façon de parler, de penser et ressentir, entièrement imprégnée de l'idéologie de la secte. Elle reproduit ce qu'on lui a enseigné.»
Charles Delhez et Adelbert Denaux, «Eglises, «sectes» et nouveaux mouvements religieux», Ed. Fidélité, Namur, 1999, pp. 44 et 45.
Dixit
PATRICK SÉBASTIEN, comédien:
«Le lapin croit que les phares d'une voiture sont là pour lui éclairer la route... Un peu comme les adeptes d'une secte.»
ANONYME:
«La différence entre religion et secte est la même qu'entre érotisme et pornographie. Chacun en parle mais personne ne la connaît.»
ALAIN WOODROW, journaliste:
«Les sectes sont des clignotants qui signalent un défaut dans les circuits de notre civilisation matérialiste.»
(Extrait de «Les nouvelles sectes». 1977. Editions du Seuil, Points actuels.)
ANDRÉ FROSSARD, philosophe français:
«On va chercher dans les sectes un peu de cette chaleur que produisent les inquiétudes et les désarrois partagés dans un monde gagné par le froid de l'indifférence.»
VOLTAIRE, philosophe:
«Toute secte, en quelque genre que ce puisse être, est le ralliement du doute et de l'erreur. Scotistes, thomistes, réaux, nominaux, papistes, calvinistes, molinistes, jansénistes ne sont que des noms de guerre. Il n'y a point de secte en géométrie; on ne dit point un euclidien, un archimédien. Quand la vérité est évidente, il est impossible qu'il s'élève des partis et des factions. Jamais on n'a disputé s'il fait jour à midi.»
(Extrait du Dictionnaire philosophique).
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Belgique : Scientologie
La scientologie a plusieurs cordes à son arc
La Libre Belgique, le 17 septembre 2003
[Texte intégral]
En Belgique, plus de 5000 personnes auraient adopté la scientologie. Mais l'activité du mouvement n'est pas que spirituelle.
Le principal reproche fait à l'église de scientologie concerne probablement sa manière particulière de mêler commerce et spiritualité. Le mouvement a, en effet, mis au point une organisation «multi-cartes», les domaines dans lesquels elle intervient, sans que ce soit toujours explicite, étant variés.
Le premier concerne le développement individuel. Séduit d'une manière ou d'une autre par la dianétique, qui permettrait à l'homme «de guérir lui-même ses troubles en libérant son esprit», le citoyen lambda peut décider d'entamer un parcours au sein du mouvement. Mais inutile de concevoir cette quête spirituelle sans l'achat des ouvrages de Ron Hubbard, sans les auditions et les cours payants ou, à un stade plus lointain, sans l'acquisition de l'électromètre, un appareil censé fixer votre «image mentale». Les cours sont donnés gratuitement aux permanents, c'est-à-dire aux personnes qui ont accepté de travailler, souvent à faible salaire, pour le mouvement.
Consultance
En France, où la scientologie a et fait encore l'objet de plusieurs procédures judiciaires, des ex-membres ont évoqué leur ruine attribuée au mouvement. En Belgique, où elle bénéficie d'un statut d'asbl (alors qu'en Allemagne, elle est considérée comme une société commerciale), il est difficile d'évaluer le nombre d'adeptes. Devant la commission d'enquête parlementaire, Jacky Vaquette, alors représentant du mouvement pour notre pays, estimait à 5000 le nombre de personnes suivant régulièrement les cours, dont une quinzaine de permanents. Ces derniers ne semblent pas avoir augmenté, tandis que l'on peut estimer que le chiffre d'adeptes a quelque peu évolué. Mais la grande réussite du mouvement est sans doute d'avoir mis au point des technologies de management pour lesquelles des droits d'auteur sont versés au «Religious Technology Center» de Los Angeles. Ces techniques de gestion, directement inspirées de la dianétique, sont inculquées par des sociétés de consultance dont les plus connues chez nous sont, ou étaient, «U-Man Belgium» et «Management efficiency». Les entreprises qui ont opté pour les méthodes scientologiques sont regroupées au sein du Wise (World Institute of scientology entreprises).
Patrons ou administrateurs de société peuvent aussi, sans pour autant appliquer les méthodes scientologues, faire des dons à l'International Association of Scientologists.
Éducation
Reste encore le volet éducatif. Celui par lequel la scientologie espère promouvoir l'évolution vers un monde meilleur. Ou plutôt correspondant mieux à sa philosophie de base. En Belgique, l'exemple le plus célèbre est celui de l'asbl Narconon, créée en 1982 et dissoute en 1985. Entre-temps, elle avait eu l'occasion de vendre des cures de sevrage plutôt corsées. La campagne de prévention «Shériff sans drogues», visant les écoles, a également fait parler d'elle durant les années '90. Outre le fait qu'on peut douter qu'elle ait été mise au point par des spécialistes du genre, dans quelle mesure pouvait-elle être considérée comme du prosélytisme?
Plusieurs écoles privées diffusant les visions pédagogiques de Ron Hubbard ont également existé de manière plus ou moins éphémère. Seule «Creatif Onder-wijs» serait encore en activité à Anvers.
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Belgique : Scientologie
L'Église de scientologie s'estime "discriminée" en Europe
Reuters, le 17 septembre 2003
[Texte intégral]
BRUXELLES - L'Église de scientologie a ouvert jeudi un bureau à Bruxelles d'où elle compte faire campagne contre ce qu'elle considère comme de la discrimination contre les "nouvelles religions" dans certains pays de l'Union européenne.
D'origine californienne, l'Église de scientologie a vu plusieurs de ses membres traduits en justice dans plusieurs pays européens. Certains États la considèrent comme une secte et lui refusent le statut de religion à part entière. "La seule chose que nous demandons, c'est de ne pas subir de discrimination", a déclaré Kurt Weiland, l'un des responsables de l'organisation. "Il y a de la discrimination, il y en a beaucoup (...) Nous allons travailler avec les institutions européennes pour faire changer les choses", a-t-il poursuivi, citant la France, l'Allemagne et la Belgique comme les pays les plus hostiles.
L'Église de scientologie, qui compte les acteurs américains John Travolta et Tom Cruise au nombre de ses quelque 8,5 millions de membres, dit vouloir tripler ses activités caritatives en Europe dans les trois ans qui viennent. L'Église, qui déclare compter deux millions de fidèles en Europe, a été fondée en 1954 par l'auteur de romans de science fiction L. Ron Hubbard. La France, qui a durci le ton contre les sectes après la mort de 16 membres de l'Ordre du Temple solaire en 1995, refuse de considérer la scientologie comme une religion.
La branche française de l'organisation a été condamnée à 8.000 euros d'amende pour violation de la vie privée de ses anciens membres, à propos desquels elle conservait des renseignements sur une banque de données. Des dirigeants scientologues ont été condamnés pour fraude à Lyon en 1997 et Marseille en 1999.
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Belgique : Scientologie
Trois questions à Antoine Duquesne
La Libre Belgique, le 17 septembre 2003
[Texte intégral]
A. DUQUESNE Ancien rapporteur de la commission d'enquête sur les sectes (1997), président du MR
Vous êtes contre la scientologie?
Il ne s'agit pas d'être pour ou contre, mais de déterminer dans quelle mesure certaines sectes représentent un danger pour les personnes et l'Etat. Il faut respecter la liberté d'association, mais les auditions de personnes, devant la commission, avaient bien montré les drames humains et familiaux qu'une secte comme la scientologie peut provoquer. Mettre cette «Eglise» sur la liste, c'était lancer un appel pour favoriser la vigilance. Quant à leur lobbying, leur installation rue de la Loi et leur prétention de défendre les libertés, je dis que c'est un artifice. Ce sont les charlatans des droits de l'homme.
Les recommandations formulées par la commission parlementaire ont-elles été suivies?
Je regrette d'avoir à constater que, après une importante prise de conscience, tout cela est retombé. Je le dis d'ailleurs -en toute amitié- aux membres du Centre d'information sur les sectes (1): il faut être plus actif dans l'information donnée au public. Je plaide aussi pour que la collaboration entre les différents services et les différents pays soit améliorée. Il y a eu une amélioration, par exemple entre les parquets, mais il faut se souvenir qu'on peut déceler les actes sectaires nuisibles derrière des faits de pratique illégale de la médecine, derrière des infractions financières, derrière des asbl fumeuses, etc. Tout le monde devrait mieux coopérer.
La Belgique est-elle bien armée contre les sectes?
A mon sens et du côté juridique, non. La loi n'aide pas assez les magistrats et les policiers. Il faut compléter l'arsenal juridique, comme l'avait du reste recommandé la commission. En France, par exemple, l'«abus de faiblesse» des personnes fragiles est reconnu comme infraction. Pas ici, alors que les sectes s'en prennent évidemment surtout à ces personnes. (R.P.)
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France : Actualités diverses
L'UNADFI rend hommage à Claire Champollion
UNADFI, 18 septembre 2003
[Texte intégral]
DÉCÈS de Claire CHAMPOLLION
Claire CHAMPOLLION née LAMY nous a subitement quittés le 24 juillet 2003 dans sa 83 ° année.
Ses obsèques ont eu lieu dans l'intimité familiale.
Sa fille habitant Paris, auprès de laquelle elle se soignait depuis plusieurs mois, nous a ensuite appris que ses obsèques ont eu lieu selon son souhait et quelle reposait au cimetière Montparnasse.
Le Président de lUNADFI en a immédiatement averti tous ceux qui ont eu le privilège de travailler avec Claire.
La nouvelle sest ainsi transmise rapidement en France et au-delà auprès de ceux qui lont connue et ont uvré à ses côtés pour aider les victimes de sectes.
La plupart des bénévoles des ADFI connaissaient Claire, sa détermination, sa culture encyclopédique, son souci toujours présent de s'informer et de nous informer sur les actions des sectes.
Jusqu'à la fin, son engagement est resté indéfectible. Elle participait encore activement en mars 2003 à notre dernière réunion nationale ainsi quen avril aux travaux du Comité de Rédaction de notre dernier n° de BULLES, la revue trimestrielle de lUNADFI, dans lequel nous avons retracé sa lutte et celle de son mari.
Il ne faudra jamais oublier qu'ils ont été tous les deux les fondateurs de la première ADFI de France - celle de RENNES - qui a aussi servi de modèle à dautres associations en Europe où Claire était unanimement appréciée et que tous deux ont ainsi beaucoup contribué à la création de l'UNADFI et de la FECRIS (Fédération Européenne des Centres de Recherche et dInformation sur le Sectarisme).
Nous lui rendrons un hommage particulier dans notre prochain n° de BULLES mais aussi l'année prochaine alors que l'ADFI de RENNES, quelle avait créée, fêtera ses 30 années d'existence.
Son absence est douloureusement ressentie par tous ceux qui uvrent à laide difficile des victimes de sectes.
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France : OTS
Communiqué de presse de l'UNADFI
UNADFI, 18 septembre 2003
[Texte intégral]
Communiqué de presse de l'UNADFI, 17.09.2003
Le procès de M.TABACHNICK revient en appel le 22 septembre devant la Cour dappel de Grenoble.
Ce procès a fait couler beaucoup dencre en première instance. LUNADFI (Union Nationale des Associations des Familles et de lIndividu, association daide aux victimes de sectes) est partie civile dans cette procédure aux côtés des familles des victimes des assassinats collectifs, car elle considère ce procès comme étant emblématique du phénomène sectaire.
LUNADFI, qui est représentée par son avocat, Maître Jean-Michel PESENTI avocat de plusieurs victimes, entend faire en sorte que la lumière soit faite sur un certain nombre de zones dombre qui continuent à peser sur ce drame et qui amènent les familles des 74 victimes à rechercher des explications quelles nont pas trouvées dans le dossier.
LUNADFI regrette que la plainte déposée contre les experts déposée en juin 2002 nait pas été évacuée avant louverture du procès en appel, faisant ainsi peser une suspicion qui doit être préalablement levée.
Cest essentiellement pour cette raison et à contre cur, quelle demandera le renvoi de la procédure dappel de façon à ce que la justice puisse sereinement faire son travail sur la base de documents indiscutables.
LUNADFI souhaite que la lumière soit faite sur ce drame abominable dans lequel ont péri dinnocentes victimes et leurs enfants.
Elle considère que ce dossier est en lui-même totalement emblématique du fonctionnement sectaire classique.
En effet on voit à luvre au sein de lOTS les méthodes de séduction et de recrutement par le biais de conférences de style new age, puis les méthodes dembrigadement et de manipulation mentale. La mécanique