Actualités sur les sectes en novembre 2001

Sectes Test du futur Centre d'information sur les dérives sectaires
Sectes Il n'y a pas que les sectes à être sectaires
Maitreya (*) Information
La Foudre de l'Est Jésus est de retour, elle est chinoise !
Intégrisme religieux Jeûne rituel: des Ukrainiens laissent mourir de faim leurs deux fillettes
Témoins de Jéhovah Les risques élevés de mortalité à l'accouchement chez les Témoins de Jéhovah
Parti Humaniste Attention aux vraies-fausses associations de quartier
Sri Ram Chandra (*) Augerans, ou comment s'implanter sur une commune ?
Témoins de Jéhovah (*) Communiqué de presse de la Coordination des familles victimes des TJ
Scientologie "faux en écriture publique, usage de faux et déni de justice"
Falungong La répression du Falungong retarde les progrès sur les droits de l'Homme
Krishna Plus de distribution de nourriture sur la voie publique
Témoins de Jéhovah (*) Les informations des TJ sur les transfusions sanguines
Témoins de Jéhovah (*) Commentaires d'un article de presse
Scientologie La juge d'instruction Marie-Paule Moracchini jugée mercredi par ses pairs
Témoins de Jéhovah Une correction biblique tue une enfant selon la police
Sectes Un ancien adepte raconte son calvaire
Sectes L'exemple du Loiret
Sectes et prévention " La victime d'une secte change complètement d'identité "
Sectes et manipulation La manipulation mentale, arme des sectes
Dozulé Nancray : la croix de la discorde
Sahaja Yoga L'UNADFI réagit à l'arrêt de la Cour de Cassation
Raël (*) Plus raëlien , toujours éloimien mais démocrate à ce qu'il dit !
Scientologie Instruction favorable pour Madame la juge Moracchini
Eglise du Christ de Paris A bientôt, Mr et Mme Mc Kean !
Sectes Peine de mort requise pour un "exorcisme" à la baguette de tambour
Sectes (*) GUIDE DE L'EDUCATEUR FACE AU SECTARISME CONTEMPORAIN
Contre-Réforme Catholique (CRC) Père de trois enfants victimes d'une secte
Falungong Des adeptes étrangers de la secte Falun gong arrêtés à Pékin
Falungong La vérité derrière les mensonges
Falungong La Chine va expulser les sympathisants occidentaux du Falungong interpellés
Sectes Le président de la MILS souhaite miser davantage sur la prévention
Falungong Les 35 manifestants du Falungong ont été expulsés
Instinctothérapie Guy-Claude Burger aux assises
Raël Les raëliens s'affichent à Combs-la-Ville
Instinctothérapie La vie de château nauséabonde du gourou lausannois
Instinctothérapie Guy-Claude Burger a "une composante pédophilique", selon un expert psychiatre
Instinctothérapie Le procès du gourou n'éloigne pas les adeptes
Sectes Alain Vivien (Président de la MILS) critique l'Education nationale
Instinctothérapie Tout ce que j'ai lu est faux
Scientologie A Paris la Scientologie fait son nid
Sri Ram Chandra La secte Shri Ram Chandra Mission déménage de son château
Scientologie Manifestation contre l'ouverture d'un nouveau local
Scientologie Les parents demandent la mutation de l'enseignante scientologue
Instinctothérapie L'instinctothérapeute face aux psys
Scientologie Rassemblement contre la Scientologie
Scientologie Le " non " des habitants à l'expansion de la Scientologie
Témoins de Jéhovah (*) Dans l'enfer des Témoins de Jéhovah
Sectes (*) Le danger des liens sectaires
Scientologie Gilles édité par des scientologues
Instinctothérapie Audrey a accablé le gourou jugé pour viol sur mineurs
Instinctothérapie Les étranges moeurs sexuelles de la secte
Le Mandarom Le gourou en béton concassé
Sectes et prévention Le pouvoir insidieux des sectes
Instinctothérapie Le parcours d'une famille divisée par la secte
Scientologie Plainte contre l'État belge
Raël Le Mouvement Raélien condamné à la discrétion
Instinctothérapie On entend leurs noms, mais on ne les verra pas
Raël (*) Un serveur " politiquement incorrect " ou infantile ?
Scientologie Penelope Cruz ne veut pas adopter la religion de Tom Cruise
Scientologie (*) La tête d'Enstein a bon dos

(*) Articles ou documents qui, compte tenu de leur taille, ne sont pas ci-dessous, mais sur une page particulière ou sur le Web.



   Suisse : Sectes et prévention

Test du futur Centre d'information sur les dérives sectaires

La Tribune de Genève, 1er novembre 2001 par Pierre Antoine Preti

[Texte intégral]

Huit situations types ont été soumises au président du conseil de fondation.

Un Centre d'information sur les dérives sectaires (CIC) s'ouvre à Genève en janvier prochain. Pour mieux comprendre le fonctionnement de ce dernier, la Tribune a voulu le tester. Elle s'est rendue dans les locaux du Groupement de protection de la famille et de l'individu (GPFI).

Depuis 1994, cette association fonctionne pratiquement sans subvention. Tenue à bout de bras par François et Paulette Lavergnat, elle recueille entre 3 et 5 appels de victimes de dérives sectaires par semaine. Les configurations les plus fréquentes, rencontrées lors des sept ans de pratique du GPFI, ont été exposées à l'avocat François Bellanger, le président du conseil de fondation du CIC. Voilà huit situations types et les réponses que le futur centre apportera au citoyen.

- Un maître d'apprentissage est inquiet. Son apprenti, majeur, a brutalement changé de comportement. Il est de plus en plus agressif. Le responsable se rend compte que son employé vient d'être embrigadé dans une secte. Il contacte le CIC.
F.B.: Si la secte est connue, nous allons expliquer à ce monsieur quelle doctrine elle utilise et, le cas échéant, quels types de problèmes cela peut poser à l'apprenti. Nous lui fournirons aussi un "Guide des droits face aux dérives sectaires". S'il veut aller plus loin, il sera dirigé vers les autorités concernées ou vers une association d'aide aux victimes.

- Une femme est en cure de désintoxication en France voisine. Elle a choisi un centre affilié à une secte. Mais la méthode tourne au vinaigre. On lui prend ses effets personnels, son argent. Dégoûtée, la dame s'enfuit et prend immédiatement contact avec le CIC.
F.B.:
Un cas de vol est une affaire de Police. La plaignante doit rapidement être guidée dans cette voie. Si la secte n'est pas connue en Suisse, nous disposons de relais d'information sur le territoire français.

- Une fille de 21 ans va se marier en blanc avec un inconnu. Son père s'oppose à cette union. Il affirme qu'il s'agit là d'une demande d'un groupement religieux dont la future mariée fait partie. Il veut savoir de quelles armes légales il dispose.
F.B.: Le rôle du centre n'est pas d'informer juridiquement. On orientera le papa vers une permanence juridique ou une autre autorité qui pourrait l'informer. Le centre n'est pas non plus un organe de lutte. Il se doit de rester neutre.

- Une professionnelle du chant perd l'usage de ses cordes vocales à la suite d'un traitement "de purification". Elle impute ce dégât au groupement religieux qui organise lesdites séances. Elle désire entamer une procédure légale mais ne sait pas à qui s'adresser.
F.B.
: En cas d'atteinte à l'intégrité corporelle, la victime sera immédiatement guidée vers le Centre d'aide aux victimes d'infractions (LAVI).

- Un adulte subit une cure de désintoxication musclée dans un cadre sectaire. Ses proches remarquent qu'il est victime de coups et de blessures. Ils cherchent à le protéger malgré lui.
F.B
.: La présence de coups et de blessures justifie une intervention. Les plaignants doivent immédiatement être guidés vers un service de Police.

- Après s'être arrachée d'une secte contre le gré des autres adeptes, une personne est victime de téléphones anonymes et de vandalisme. Elle se sent également suivie. Elle veut être protégée.
F.B.
: Le témoignage de cette personne sera recueilli. Il peut être utile dans l'établissement de nos dossiers. Elle sera dirigée vers la Police ou une association d'aide aux victimes de dérives sectaires.

- Un chef d'entreprise s'apprête à engager un employé. Mais une rumeur court autour de ce dernier. On dit qu'il est "adepte d'une secte". Le patron veut en avoir le cour net avant de signer le contrat.
F.B.: Si la secte est nommée, le patron sera renseigné sur la doctrine et les pratiques de cette dernière. Mais à aucun moment il ne pourra obtenir une liste d'adeptes. De toute façon, nous ne disposons pas de telles informations. Notre rôle n'est pas de ficher les mouvements.

- Une patiente met en doute la probité de son sophrologue. Ses méthodes de travail sont étranges. Il lui a récemment proposé une thérapie de groupe. Elle a peur d'être dans l'antichambre d'une secte.
F.B.:
A l'aide d'un dépliant, on peut tenter d'identifier le type de risque. Si les abus sont flagrants et le praticien soumis à un organe de contrôle, la patiente peut déposer une plainte auprès du médecin cantonal.

lire le commentaire.



   Suisse : Sectes et prévention

Il n'y a pas que les sectes à être sectaires

La Tribune de Genève, 1er novembre 2001 par Jean-Noël Cuénod

[Texte intégral]

Commentaire de l'article précédent - Le Centre d'information sur les dérives sectaires sera-t-il un "machin" étatique de plus? Le risque est bien réel. S'il s'agit de créer une officine qui se limiterait à la distribution de prospectus fort bien conçus au demeurant et au pilotage des victimes de la folie sectaire vers des services de l'Etat, du pouvoir judiciaire ou des associations d'aide aux familles, alors le jeu n'en vaut pas la chandelle; un poste de police ferait tout aussi bien l'affaire.

Les deniers publics seraient bien mieux utilisés en subventionnant des groupements de victimes et en formant des policiers pour affronter ce phénomène qui est neuf comme la mode et vieux comme le monde. D'ailleurs, il ne faudrait pas que ce centre d'information devienne un prétexte pour s'abstenir de développer cette formation policière dont les massacres du Temple solaire ont démontré les lacunes criantes.

En effet, il appartiendra, en premier lieu, à la police et à la justice de traiter les dérives sectaires dès lors qu'elles tombent sous le coup du code pénal. S'il devait servir d'oreiller de paresse, non seulement ce centre serait inutile mais encore, il se révèlerait nuisible.

Toutefois, le pire n'est pas forcément certain. Un tel centre aurait toute son utilité s'il développe une véritable politique d'information sur les sectes, leurs caractéristiques, leurs méthodes, leurs moyens de financement, les obligations auxquelles les adeptes doivent se soumettre, entre autres. Il devrait aussi développer les conseils aux néophytes qui s'intéressent à tel ou tel mouvement religieux, aux familles, aux professeurs, aux employeurs concernés afin de leur offrir des renseignements aussi complets et objectifs que possible.

Un centre qui serait paré de ces vertus pourrait aussi devenir un interlocuteur efficace pour les policiers et les magistrats qui mènent leurs enquêtes dans ces milieux. Cela dit, ce nouveau service risque fort d'avoir une guerre de retard. Pour ce que l'on en sait, il semble s'intéresser, en premier lieu, aux sectes proprement dites, c'est-à-dire aux nouveaux mouvements religieux minoritaires. Or, l'actualité nous démontre tous les jours que les religions les plus traditionnelles, les plus légitimes, les plus fournies en fidèles peuvent développer en leur sein des germes encore plus mortifères que ceux instillés par certaines sectes d'apparence plus moderne et plus loufoque.

Toutes les grandes religions connaissent leurs dérives sectaires et fondamentalistes: les confessions chrétiennes, islamiques, le judaïsme, l'hindouisme, le bouddhisme. D'ailleurs, il existe aussi un intégrisme athée dont l'Albanie d'Enver Hodja nous avait démontré qu'il était aussi oppresseur et sanglant qu'un autre. Cela ne détruit pas les messages qu'apportent ces traditions spirituelles ou philosophiques. Mais on ne saurait confiner le danger sectaire qu'aux seules... sectes !


    Chine : La Foudre de l'Est

Jésus est de retour, elle est chinoise !

Time Asia, 5 novembre 2001

[Texte integral]

Hongkong - Une étrange secte religieuse séduit les chrétiens ruraux de Chine. La "Foudre de l'Est" compterait 300 000 adeptes (d'après la secte
elle-même ).

Cette secte toute nouvelle cherche à se rallier les 60 millions de chrétiens chinois. Les adeptes de la Foudre pensent qu'une Chinoise de 30 ans, jusqu'à présent non identifiée, est le nouveau Messie et l'auteur d'un troisième Testament.

Ils estiment que la Chine s'écroule, que le Jugement dernier est proche. Fins connaisseurs des textes bibliques, leurs prédicateurs clandestins impressionnent clercs catholiques et protestants en leur imposant des débats intimidants. Des membres ont fait leur apparition dans les quartiers chinois de New York et de San Francisco.

Le pouvoir chinois a déjà discrètement emprisonné 2 000 prédicateurs de la "Foudre".


    Russie : Intégrisme Religieux

Jeûne rituel: des Ukrainiens laissent mourir de faim leurs deux fillettes

AFP, 8 novembre 2001

[Texte integral]

KIEV - Un prédicateur ukrainien d'une église évangélique et son épouse ont laissé mourir de faim leurs deux fillettes de trois et cinq ans lors d'un jeûne long de plusieurs semaines à Kiev, a rapporté jeudi la presse ukrainienne.

Le prédicateur de l'Eglise des chrétiens de la foi évangélique du 50e jour, Artour Grimaïlo, a disparu, selon les autorités qui ont ouvert une enquête pour homicide. Sa mère, âgée de 52 ans, est également décédée après n'avoir rien mangé depuis la mi-septembre et sa femme, Svetlana, a dû être hospitalisée mardi pour inanition, selon le quotidien national Fakti.

La tragédie a été découverte mardi, lorsque l'épouse du fanatique a rampé jusqu'à l'appartement voisin pour faire appeler une ambulance. Les corps nus et émaciés des deux fillettes ont été retrouvés dans la salle de bain. "C'était un jeûne rituel", a expliqué Svetlana Grimaïlo, interviewée par Fakti sur son lit d'hôpital. Interrogée sur l'objectif de son acte, la jeune femme a répondu qu'"elle voulait obtenir quelque chose de Dieu". L'Eglise des chrétiens du 50e jour est née aux Etats-Unis à la fin du XIXe siècle.



   France : Témoins de Jéhovah

Les risques élevés de mortalité à l'accouchement chez les Témoins de Jéhovah

Web, 8 novembre 2001 par Charnicia E. Huggins (traduit par Charles Chasson)

[Texte intégral]

Lles Femmes Témoins de Jéhovah ont un risque dramatiquement accru de mourir suite à une perte de sang excessive durant l'accouchement et par leur refus de combler cette perte par du sang donné, selon les résultats d'une étude.

Les transfusions sanguines sont le traitement conventionnel pour l'hémorragie obstétrique, ou pour une perte de sang excessive, mais de telles procédures, ainsi que d'autres traitements médicaux qui impliquent l'administration de sang ou de produits tirés du sang, sont interdits par la religion des Témoins de Jéhovah. "La Grossesse est sûre pour les femmes qui acceptent des produits sanguins," a déclaré à Health Reuter, le principal auteur de l'étude, le docteur Carl J. Saphier de l'école de médecine du Mount Sinai de New York. Ceux qui rejettent de tels produits, peuvent présenter un risque accru de mortalité, "mais il peut être réduit au minimum en donnant les soins appropriés," a-t-il déclaré.

Saphier et ses collègues ont examiné les risques de décès de 332 femmes Témoins de Jéhovah ayant accouchés au Centre Médical du Mount Sinaï de janvier 1988 à décembre 1999 inclus. Presque 400 naissances - par voie naturelle ou Césarienne - ont eu lieu pendant cette période d'étude et 24 patientes (6 %) ont fait une hémorragie obstétrique, ont rapportés Saphier et ses collègues dans une publication d'Octobre du Journal américain d'Obstétrique et de Gynécologie. ( site Web )

Deux femmes sont mortes suite à l'hémorragie, correspondant à un taux de 521 morts par 100,000 naissances réussies - un taux de mortalité de la mère presque 44 fois supérieur à la population AMÉRICAINE en générale, indique le rapport. Actuellement, traiter l'hémorragie obstétrique et certaines autres conditions chez les Témoins de Jéhovah peut impliquer l'utilisation de produits non sanguins appelés restaurateur de volume- des solutions qui sont mélangés au propre sang du patient pour compenser le sang perdu pendant l'intervention - ou des " Cell-Saver ", qui sont des dispositifs qui collectent et réutilisent le sang du patient. Pour une des patientes qui est morte, néanmoins, le traitement par un Cell-Saver a été inefficace parce qu'elle avait déjà perdu de grandes quantités de sang au niveau du vagin, note l'auteur. "Les découvertes impliquent qu'un traitement spécial est nécessaire pour les femmes Témoins de Jéhovah, y compris une discussion particulière avant l' accouchement, les méthodes, réduire au minimum les perte de sang à l' accouchement et le traitement rapide de toute hémorragie," a déclaré Saphier.

SOURCE : Journal américain d'Obstétrique et Gynécologie 2001; 185:893-895.



   France : Parti Humaniste

Attention aux vraies-fausses associations de quartier

La Dépêche, 9 novembre 2001 par Philippe Emery

[Texte intégral]

Un simple tract appelant à soutenir une " campagne d'appui humain en Afrique ". Une petite feuille blanche imprimée recto-verso avec un appel à donner de l'argent ou des fournitures scolaires et sanitaires pour les enfants africains. Elle a été distribuée récemment dans Toulouse, notamment dans une galerie marchande d'un hypermarché. " Ce projet n'est appuyé par aucun gouvernement, par aucune ONG (organisation non gouvernementale), il fonctionne seulement par la force de volontaires ", peut-on lire sous la signature de l'association Cyplien dont l'adresse figure dessous: 81, allées Charles-de- Fitte à Toulouse.

C'est curieusement la même que celle du mouvement humaniste, une nébuleuse classée comme secte par deux rapports parlementaires. Parmi les numéros de téléphone figurant sur le tract, un portable. C'est celui de Christophe, qui reconnaît, avec un peu d'embarras: " Oui je fais partie du mouvement humaniste, comme d'autres membres de Cyplien, mais le mouvement n'est pas une secte. OK nous avons la même adresse et l'association et le mouvement ont la même sensibilité: il s'agit de dénoncer toute forme de violence et de discrimination ".

FAUX-NEZ Un but louable en effet pour une association qui oublie simplement de préciser qu'elle sert de faux-nez à une organisation beaucoup plus mystérieuse. " On n'a aucune ressource, on n'arrive même pas à payer le loyer du local, affirme Christophe, qui refuse de donner son nom de famille. Les tracts? Tout est de notre poche. L'argent collecté? La dernière fois on a eu 1.000 F, on a tout mis dans l'achat de moustiquaires pour le village de Diamaguène dans la région de Dakar ", poursuit notre interlocuteur. Mais sur l'absence de statuts et de comptabilité de l'association Cyplien comme du mouvement humaniste, Christophe se montre moins prolixe: " Cyplien a pour objet de tisser des liens dans le quartier rive gauche. A Toulouse, le Mouvement humaniste compte une dizaine d'organisateurs et des centaines d'adhérents ", assure Christophe qui explique que le mouvement est formé en équipes, s'étend sur quatre-vingt pays dans le monde et a pour but de " construire un société donnant la priorité à l'être
humain "
.

En fait, selon le centre Roger Ikor contre les manipulations mentales, qui lutte contre les sectes, le Mouvement humaniste, créé en 1969 par l'Argentin Mario Rodriguez Cobos, dit Silo, pratiquerait le recrutement dans la rue et " des techniques manipulatoires utilisées dès les premiers
contacts "
. Ceci derrière le paravent d'une doctrine prônant la non-violence et derrière toute une série d'associations-écran. Outre les collectes diverses sur la voie publique, le mouvement humaniste a présenté divers candidats aux élections législatives ou européennes sous les labels du parti humaniste ou du parti vert écologie sociale. Un moyen aussi de récolter des fonds réservés au financement des partis politiques.



   France : Scientologie

"faux en écriture publique, usage de faux et déni de justice"

Yahoo, 9 novembre 2001 par Philippe Emery

[Texte intégral]

PARIS (Reuters) - Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour , à la suite d'une plainte visant un magistrat chargé jusqu'en 2000 d'instruire un dossier sur l'Eglise de Scientologie.

Cette plainte, déposée en septembre par Me Olivier Morice, avocat de l'association anti-sectes Unadfi, dénonce une négligence volontaire du juge d'instruction de Paris Marie-Paule Moracchini dans cette enquête sur l'Eglise de Scientologie.

Selon l'avocat, elle aurait "oublié" de joindre par une ordonnance officielle les deux parties de son dossier - d'un part quatre premières plaintes déposées en 1983 et 1984 par des anciens adeptes et, d'autre part, de nouvelles plaintes déposées en 1989. Cette erreur entraînerait la nullité du dossier.

La plainte sera certainement dépaysée dans une autre juridiction.

Une procédure disciplinaire a déjà été ouverte par l'ancien ministre de la Justice Elisabeth Guigou contre Marie-Paule Moracchini en 2000. Le Conseil supérieur de la magistrature, siégant comme une sorte de "conseil de discipline", doit entendre la magistrate en audience publique mercredi prochain à Paris.

Elle devra répondre, cette fois, de la disparition d'une partie du dossier visant la Scientologie sur lequel elle travaillait et de tentative de médiation avec les personnes poursuivies, ce qui n'est pas son rôle de juge pénal.

Une quinzaine de membres de l'Eglise de Scientologie, considérée comme une secte par les pouvoirs publics français, sont toujours en examen pour "escroquerie et exercice illégal de la médecine" dans cette procédure confiée au juge Philippe Courroye après le dessaisissement de Marie-Paule Moracchini.


    Chine : Falungong

La répression du Falungong retarde les progrès sur les droits de l'Homme

AFP, 9 novembre 2001

[Texte integral]

PEKIN - La répression contre le mouvement Falungong a retardé les progrès des droits de l'Homme en Chine, a déclaré vendredi Mary Robinson, le Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, lors d'une conférence de presse à Pékin.

"L'utilisation très dure de la rééducation par le travail contre les membres du Falungong a probablement retardé les progrès en matière de liberté d'expression et d'association", a estimé Mme Robinson, ajoutant que "les membres du Falungong endurent de très nombreuses violations de droits de l'Homme dans la manière dont ils sont détenus et traités".

Après avoir mentionné au cours de ses entretiens avec plusieurs dirigeants chinois des cas de prisonniers politiques, le Haut commissaire aux droits de l'Homme a expliqué avoir "soulevé en termes généraux le traitement des femmes adeptes du Falungong et les graves accusations qui ont été transmises à la commission et au rapporteur spécial de l'ONU sur la torture". "Dans certains cas, des prisonnières ont subi des agressions sexuelles de la part d'autres détenus", a poursuivi Mme Robinson qui a précisé n'avoir reçu des autorités chinoises aucune réponse à ces accusations, qu'elle a qualifiées de "nombreuses et graves".

Mme Robinson a rencontré vendredi à Pékin le président chinois Jiang Zemin. Elle a également signé un protocole sur des projets de sensiblisation et de formation sur les droits de l'Homme, notamment de juges et de policiers, avec le vice-ministre des Affaires étrangères Wang Guangya.



   Belgique : Krishna

Plus de distribution de nourriture sur la voie publique

La Meuse, 9 novembre 2001 par Luc Caucheteux

[Texte intégral]

Essentiellement pour cause de prosélytisme, l'autorisation provisoire de distribution de nourriture sur la voie publique, accordée en 1997 à la secte religieuse Hare Krishna, est retirée par le bourgmestre Willy Demeyer.

Les adeptes de Krishna ne pourront plus, chaque mercredi, distribuer leurs repas chauds à une bonne centaine de personnes qui appréciaient cette nourriture terrestre.L'enquête effectuée par les services du bourgmestre a montré, sur base de nombreuses plaintes de riverains et de parents d'élèves, qu'il existe effectivement un danger de voir les moines Krishna passer à une distribution de nourriture philosophique moins inoffensive.

L'autorisation avait été accordée par le bourgmestre Jean-Maurice Dehousse qui avait vérifié que rien ne s'opposait à cette pratique. Le hic, c'est que cette distribution de nourriture - un repas chaud souvent végétarien, un fruit et du thé - a lieu le mercredi midi, à deux pas de l'Athénée Liège 1, place des Carmes. Saisi de plaintes, le bourgmestre Willy Demeyer a donc voulu revoir la position de la Ville.

L'ASBL Hare Krishna Food for Life ne sera donc plus autorisée à apporter à Liège ses thermos de nourriture préparée dans le superbe château de Petite Somme, à Septon, près de Durbuy.

Nul doute que cette décision du bourgmestre de Liège, qu'il compte bien faire respecter par sa police, fera l'objet d'une analyse juridique par les avocats de la secte Hare Krishna. Celle-ci n'a pu être contactée, jeudi, au moment où nous mettions sous presse. La décision du bourgmestre Demeyer sera d'ailleurs signifiée aux responsables de l'ASBL Hare Krishna. On verra donc, mercredi prochain, ce qu'il en adviendra.



   France : Scientologie

La juge d'instruction Marie-Paule Moracchini jugée mercredi par ses pairs

AFP, 13 novembre 2001 par Didier Lauras

[Texte intégral]

La juge d'instruction parisienne, Marie-Paule Moracchini, au coeur de multiples polémiques depuis plusieurs années, comparaît mercredi devant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), pour y répondre notamment de la disparition de pièces dans l'affaire de la Scientologie.

De nombreuses pages d'un dossier ouvert en 1989 pour "escroquerie, exercice illégal de la médecine et complicité" contre des membres de l'Eglise de Scientologie, et confié en 1993 à Marie-Paule Moracchini, ont disparu dans des circonstances non éclaircies. Une information judiciaire a été ouverte en juillet 2000. Et la magistrate, âgée de 51 ans, a fait l'objet d'une procédure disciplinaire du CSM à l'initiative du garde des Sceaux d'alors, Elisabeth Guigou, qui estimait que la juge avait "fait preuve de manque de rigueur et porté atteinte à la crédibilité de sa fonction".

La Chancellerie, qui représentera toujours l'accusation mercredi, reproche aussi à la juge d'instruction de n'avoir pas instruit un dossier qui lui avait été confié en 1986 concernant deux anciens policiers poursuivis dans une affaire de malversation financière.

Acharnement
L'audience devrait durer toute la journée. Marie-Paule Moracchini a fait citer une quinzaine de témoins de moralité, dont sa soeur Solange, substitut à Créteil (Val-de-Marne), et les avocats Mes Jacques Vergès, Georges Kiejman et Francis Szpiner, tous censés venir témoigner des qualités professionnelles de la magistrate. "L'acte de saisine ne conteste pas que Mme Moracchini a toujours été présentée comme une excellente professionnelle, mais lui reproche un dysfonctionnement dans les deux dossiers", a d'ailleurs précisé à l'AFP un magistrat proche du dossier.

Mais les débats pourraient déborder le seul dossier, tant la personnalité de la juge divise la magistrature parisienne, les uns dénonçant ses méthodes quand les autres parlent d'acharnement à son encontre. "On transforme en lapidation ce qui ne devrait être qu'une réprimande", estimait notamment Etienne Apaire, vice-président de l'Association des magistrats instructeurs (AFMI), au moment de la saisine du CSM par Elisabeth Guigou. Mais certains collègues ont la dent dure à l'égard de la magistrate, et s'interrogent par exemple sur son "acharnement" contre l'ancien substitut de Toulon, Albert Lévy, qu'elle a mis en examen pour violation du secret professionnel. Ou sur l'enquête qu'elle a mené sur la mort du magistrat français Bernard Borrel, à Djibouti, en 1995 et dont elle a été dessaisie après que les avocats de la veuve de M. Borrel eurent dénoncé de "graves dysfonctionnements" dans l'instruction.



   Etats-Unis : Témoins de Jéhovah

Une correction biblique tue une enfant selon la police

Sun Times, 13 novembre 2001 par Cathleen Falsani traduction Charles Chasson

[Texte intégral]

Des parents sont accusés d'avoir battu leur fille de 12 ans jusqu'à la mort a déclaré la police, ils ont pratiqués la punition biblique "de 40 coups de fouet moins un, trois fois de suite" ont déclaré les détectives lundi.

Constance Slack, une infirmière travaillant dans un hôpital d'enfant, a bâillonné sa fille, Laree, tandis qu'elle a été attachée par les pieds à un futon, a déclaré la police. Son père, Larry Slack, a alors frappé à plusieurs reprises l'enfant avec un câble électrique de trois centimètres de large caoutchouté et rempli de fils, selon la police. Elle est morte suite à une hémorragie interne.

"C'était terrifiant," a déclaré un policier. Les parents ont été vexés que Laree ait été "peu coopérante" après lui avoir ordonné de trouver une blouse avec des cartes de crédit à l'intérieur, samedi soir, a déclaré la police.

Larry Slack est un ferme partisan des châtiments corporels, et sa femme et lui ont décidé d'administrer (à leur fille) la discipline biblique, ont déclarés les détectives. "C'était sa manière d'inculquer à sa fille le sens des responsabilités," a déclaré le sergent Stan Salabura.

Les deux parents sont de fidèles Témoins de Jéhovah qui enseignent leurs six enfants à la maison, enfants âgés de 8 à 17, ont déclarés la police et les voisins. "Il était une personne stricte. Chaque fois qu'il sortait, les gosses marchaient droit et prêtaient attention à lui ," a déclaré un voisin qui n'a pas voulu être identifié. Mais leurs amis ont été choqués, selon leurs allégations. "Il était un type très paisible et une personne très intelligente. Et il était très religieux," a déclaré le Révérend Wayne Lewis junior, qui a suivi des études de la Bible à leur maison. "La première fois que nous nous sommes rencontrés il essayait de me convertir, mais je suis un ministre Baptiste. "

La maison des Slack située au Sud de Brandon était vide et calme, lundi, sans traces de la tragédie. Deux voitures de la famille étaient garées à l'extérieur du 7900ème bloc. Le long de l'escalier du deuxième étage ont pouvait voir un manuel de formation pour les Témoins de Jéhovah, des feuilles avec des problèmes mathématiques, un gril, un cercle de basket-ball et un Plan sur la Sécurité lors de Violence Domestique publié par le bureau du procureur du Comté de Cook.

Les Slack étaient une famille calme qui restait en retrait de leurs voisins, cachés derrière une barrière en bois de 6 pieds de haut que Larry Slack avait construit pour remplacer une simple chaîne.

Larry Slack, 42 ans, est employé depuis 23 années à CTA où on le connaît comme "un bon machiniste et un ouvrier travailleur," a déclaré Salabura. On sait que Constance Slack, 42 ans également, travaille à l'Hôpital d'enfant de Rabida.

Les deux parents sont mis en examen pour assassinat, et en plus pour coups aggravés sur leur fils de 8 ans, également dans la nuit de samedi à dimanche. Cinq des autres enfants de Slack ont tous montré des signes d'abus physique. Ils ont été pris en charge par l'état et ont été placés auprès de parents, ont déclarés les autorités.

Larry Slack a été traité au centre médical et à l'Hôpital Advocate Christ dimanche soir après avoir tenter de se suicider en se rendant au quartier général de la police du Secteur 2. Il était incarcéré à la prison de la Zone Centrale lundi. Dans une déclaration lundi, la famille Slack a déclaré qu'elle coopérait avec la police. "Nous avons aimé grandement Laree," a déclaré Leroy Slack, qui s'est identifié comme l'oncle de Larry Slack et un porte-parole de la famille. "Nous sommes très dérangés sur les circonstances entourant sa mort."



   France : Sectes

Un ancien adepte raconte son calvaire

Web, 13 novembre 2001

[Texte intégral]

Etudiant en sciences, Jérôme(1) s'est retrouvé embrigadé dans une secte avec sa compagne. Malmené, il a fini par s'en sortir et se reconstruire. Il raconte cette expérience traumatisante.

"En 1979, j'étais étudiant en sciences et vivais en couple. J'étais extrêmement naïf, en particulier sur la nature des gens, et avais toujours eu des interrogations métaphysiques, spirituelles ou religieuses. Ma formation, centrée uniquement sur l'observation des faits matériels, ne m'offrait pas de cadre structurant pour développer un questionnement personnel, philosophique ou spirituel.

En outre, j'avais vécu une relation affective insatisfaisante avec mon père. Je faisais partie d'une chorale et c'est au travers de cette activité que j'ai rencontré des membres de la secte. Après les répétitions, nous allions discuter dans un bar. Ces personnes me fournissaient des réponses simples, simplistes, que mon esprit gobait facilement. J'ai ensuite été invité à aller les rencontrer sur leur lieu de vie, près de Toulouse.

J'ai trouvé cette prise de contact agréable. J'y ai vu des personnes apparemment satisfaites de vivre en communauté et la personnalité du gourou m'a paru fascinante. J'ai accepté de venir habiter avec ma compagne dans leur ferme. Les repas étaient frugaux et j'avais faim en sortant de table. Nous étions obligés de boire un peu de vin qui était vraisemblablement drogué à chaque repas.

Menaces et violences
Les exigences du gourou envers nous augmentèrent progressivement. Nous fûmes obligés de participer à des prières durant la nuit, interrompant ainsi notre sommeil et altérant notre résistance. Des séances "spéciales" étaient organisées pour les personnes récalcitrantes, en général les filles. J'en ai vu une sortir de la maison le visage tuméfié par des coups, l'air prostré. Ma propre compagne a du subir des traitements analogues. Une autre fois, des médicaments volés dans la pharmacie d'un hôpital ont servi à piquer une autre fille "pour la calmer". Je garde la conviction que des drogues nous ont été administrées à notre insu. Nous avions des séances quasi quotidiennes d'enseignement sur les théories du gourou ("Nous le Bien, eux en face le Mal"), faites de bourrage de crâne, d'écoute de cassettes, de surveillance permanente, de menaces et de violences.

Ce discours n'avait de rapport avec la société que pour la dénigrer et nous couper d'elle. Nous avons vécu en vase clos, sans lien avec l'extérieur ni intimité dans notre couple, qui s'est dégradé.

Ma sortie de la secte résulta de plusieurs faits combinés. Il m'apparut que les réponses que je trouvais en ce lieu étaient illusoires. J'éprouvais de plus en plus d'angoisses face aux agissements violents du gourou. Enfin, ma sœur cadette vint me rendre une visite un jour et le groupe exerça en vain des pressions pour qu'elle reste. J'entendis ensuite des conversations de dénigrement et de menace au sujet de ma sœur qui était partie. Ce fut le déclic et je décidais de quitter la secte...

Une panoplie de croyances Je dus ensuite affronter deux tentatives de "récupération", l'une de ma compagne missionnée par la secte pour me proposer de renouer notre relation si je revenais, l'autre d'un groupe de 5 ou 6 personnes venu avec le gourou pour tenter de me persuader de rentrer. Ils en furent pour leurs frais! Mon état était tel que je fus hospitalisé.

Je dus ensuite bâtir un nouveau réseau de relations et entreprendre une thérapie pour me reconstruire. Mon histoire aurait pu arriver à beaucoup d'autres. Mon espérance est que la société saura protéger ses enfants en quête de sens des méfaits des sectes.

Les sectes sont en effet, à mon avis, le symptôme d'une société en manque, en crise de sens. La majorité des sectes jouent dans le domaine de la quête du sens et offrent une panoplie de croyances les plus diverses. Ceci doit questionner notre société. Chacun d'entre nous doit prendre davantage en compte cette quête de sens, qui est l'expression d'un dynamisme naturel chez l'être humain."

(1) NDLR : Afin de préserver l'anonymat de ce témoin, son prénom a été modifié.



   France : Sectes

L'exemple du Loiret

Web, 13 novembre 2001

[Texte intégral]

Président du Conseil général et récemment élu sénateur, Eric Doligé a fait partie en tant que député de la Commission d'enquête parlementaire sur les sectes. Combattre les sectes est pour lui une nécessité. Et le Département entend bien participer pleinement à ce combat.

Explications.
Pourquoi, à titre personnel, vous impliquez-vous tant dans la lutte contre les sectes ?
É.D. : Comme parlementaire, j'ai, lors de mes permanences, reçu de nombreux concitoyens qui étaient personnellement confrontés aux agissements sectaires ou avaient parmi leurs proches une victime de secte, adepte ou ancien adepte. Pour être intervenu comme élu afin d'aider ces personnes souvent démunies à se défendre, je me suis très vite rendu compte que, pour lutter efficacement contre les sectes, il fallait informer le grand public sur leurs agissements et leurs dangers, mais aussi former les acteurs publics et sociaux, magistrats, policiers, gendarmes, intervenants sociaux... Comme tout père de famille, j'ai été par ailleurs très sensible à l'enrôlement d'enfants et d'adolescents dans certaines structures aux apparences anodines, mais qui en fait se révélaient être des ramifications de telle ou telle secte connue.

Quelles grandes leçons tirez-vous de vos travaux parlementaires ?
É.D. : Une lutte efficace contre les sectes suppose une réactivité du législateur et des pouvoirs publics. Lors de la première commission d¹enquête parlementaire, nous avons poursuivi deux objectifs : analyser le fonctionnement des sectes et prévenir chacun de leur danger. Le second rapport parlementaire nous a montré qu'à la suite de nos premiers travaux, les sectes, toujours soucieuses d'agir dans le secret, avaient modifié leur structure financière, leur apparence. Les pouvoirs publics et le législateur se devaient de réagir.

La loi About-Picard vous satisfait-elle pleinement ?
É.D. : Le co-rédacteur de cette loi que je suis pense que c'est assurément un grand pas en faveur de la lutte contre les sectes. Mais le parlementaire avisé répond que seule son application nous dira si nous sommes allés assez loin et si nous avons visé juste.

Pourquoi engager le Loiret dans un plan d'action contre les sectes, alors que ce n'est pas, a priori, l'un des départements les plus gravement touchés par le phénomène sectaire ?
É.D. : Si le Loiret n'est effectivement pas parmi les départements les plus concernés par les mouvances sectaires, l'actualité récente a néanmoins démontré que le phénomène tendait à s'y développer. Aussi est-il important d'en juguler la progression par une grande campagne de sensibilisation à l'intention des publics les plus concernés, enfants, personnes âgées et individus en état de faiblesse psychologique. L'action sociale du Conseil général concernant notamment ces populations, nous nous devions de mettre en place une politique de prévention, d'information et d'aide aux victimes. Il eut été en effet irresponsable de la part d'un parlementaire informé des dangers de l'activité sectaire de ne rien entreprendre pour les combattre.

Espérez-vous faire preuve d'exemplarité et montrer la voie à tous les autres départements français ?
É.D. : Dans ce domaine, je crois que le Loiret fait déjà école. J'ai été le premier président d'association de maires à avoir proposé à mes collègues une séance d'information sur les agissements sectaires. En qualité de président de Conseil général, je suis le premier à avoir entrepris une action de prévention et d'information à l'échelle d'un département. Déjà, la Seine-et-Marne et la Somme nous suivent. En fait d'exemplarité, je crois qu'il faut plus parler d'expérimentation. Si notre politique est couronnée de succès, alors en tant que parlementaire, je proposerai une loi visant à généraliser notre démarche sur l'ensemble du territoire.



   France : Sectes

" La victime d'une secte change complètement d'identité "

Web, 13 novembre 2001

[Texte intégral]

Janine Tavernier est l'ancienne présidente de l'Union Nationale des Associations pour la Défense des Familles et de l'Individu (UNADFI) qui lutte depuis de nombreuses années déjà contre les sectes. Satisfaite de la nouvelle loi , elle estime que la prévention est essentielle afin d'éviter des drames.

Pourquoi avez-vous rejoint les rangs de UNADFI ?
J. T. : Je me suis engagée dans la prévention et la lutte contre les sectes, parce que mon mari a lui-même été victime de l'une d'entre elles, Ecoovie, ayant été séduit par son discours sur l'environnement et l'humanitaire. J'ai vu quelqu'un d'intelligent comme lui perdre son libre arbitre, au point de ne plus pouvoir répondre à mes questions sans avoir auparavant consulté son gourou pour obtenir les réponses. Mon mari a vécu quatre ans d'embrigadement mais a fini par s'en sortir. Pour l'y aider, j'ai adhéré en 1984 à l'Association pour la Défense des Familles et de l'Individu (ADFI) de Paris et me suis plongée dans une masse de livres et de documentation. J'ai touché du doigt ce phénomène de manipulation mentale qui fait, par exemple, que la victime d'une secte est capable de continuer à parler normalement de son métier, mais adopte un discours stéréotypé dès lors qu'il s'agit d'évoquer sa secte. La naïveté, la crédulité des victimes de sectes est étonnante....

Quelles sont les grandes techniques utilisées par une secte pour "embrigader" une personne ?
J.T. : Cet embrigadement passe par trois phases: la séduction (sous divers masques comme la santé, l'écologie ou le salut spirituel), la destruction progressive de la personnalité de l'individu et la reconstruction de la personne à l'image de la secte et de ses objectifs. Ce processus de manipulation mentale aboutit à ce que la victime d'une secte change complètement d'identité et finit par vivre par "gourou" interposé... Qu'est-ce-qu'une secte ? Une secte est, selon la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS), " une association de structure totalitaire, déclarant ou non des objectifs religieux, dont le comportement porte atteinte aux Droits de l'Homme et à l'équilibre social ". L'UNADFI, pour sa part, définit la secte comme " une structure qui, sous couvert d'une proposition attractive de croissance personnelle, d'évolution spirituelle ou de transformation de la société, porte atteinte aux libertés et droits de l'être humain, en faisant usage de manipulations mentales qui asservissent progressivement l'individu, afin de le soumettre au modèle défini par le ou les dirigeants ".

Que pensez-vous de la nouvelle loi ?
J.T. : Même si le délit de manipulation mentale n'a pas été retenu en tant que tel dans le texte définitif, cette loi constitue un grand motif de satisfaction car les victimes des sectes, notamment les personnes en situation de faiblesse, peuvent maintenant être juridiquement soutenues. Ensuite, il est désormais possible d'attaquer une secte en tant que personne morale, de frapper le gourou, la tête de la secte, et non plus seulement des membres isolés du mouvement, des individus manipulés. Un autre point très positif est que les associations comme les nôtres peuvent dorénavant se porter partie civile en Justice, ce qui était impossible auparavant. Ce nouvel arsenal législatif vient compléter des dispositions précédentes qui ont fait que chaque ministère et chaque département dispose désormais d'un responsable ou d'une cellule sectes, à l'écoute des victimes et susceptible de leur apporter une aide. Revers de la médaille, il ne faut pas, sous prétexte de l'adoption de la loi, déraper et voir des sectes partout.

Il faut se méfier des rumeurs, ne pas se servir du phénomène sectaire comme arme pour faire du tort à un concurrent, un proche ou un conjoint, et surtout ne pas rejeter d'anciens membres de sectes, repentis, ne pas en faire des exclus ou des boucs-émissaires.

Enfin, la nouvelle loi ne règle pas le problème de la dérive constatée dans certains milieux "psy". Rien en protège encore les victimes d'escrocs, de charlatans qui se font passer pour des psychothérapeutes, dans une profession qui reste non labellisée.

Comment reconnaître une secte ? Quelques critères permettent de cerner la notion complexe de secte :

· Elle pratique la déstabilisation mentale (par la culpabilisation, la pratique abusive et répétitive de rituels, le travail intensif...).
· Elle porte atteinte à l'intégrité physique de ses adeptes (abus sexuels, sous-alimentation, rupture des rythmes biologiques, déni de soins...).
· Elle les exploite financièrement (cotisations exorbitantes, ventes de produits à des prix excessifs...).
· Elle entraîne la rupture avec l'environnement, la famille, les amis et le milieu social.
· Elle pratique le détournement des circuits économiques traditionnels (notamment via la corruption).
· Elle met en place une structure pyramidale, autoritaire, très hiérarchisée, opaque et cloisonnée (contraire à l'esprit de la loi de 1901, dont pourtant la secte se réclame).
· Elle place ses adeptes sous la domination d'un gourou (un maître tout puissant qui exerce son autorité seul et sans contrôle).
· Elle utilise l'existence fréquente d'une instance sanctionnant la désobéissance (elle a parfois son service de police interne, illégal, qui punit et harcèle les adeptes voulant rompre).
· Elle contribue à l'embrigadement des enfants.
· Elle tente d'infiltrer les institutions publiques, privées et les entreprises.
· Par son discours anti-social, ses activités répréhensibles et ses démêlés judiciaires, elle trouble l'ordre public.

Les infractions les plus souvent constatées

- Atteintes à la personne humaine : mauvais traitements, coups et blessures, séquestration, non-assistance à personne en danger...
- Violation de certaines obligations familiales, notamment des parents à l'égard des enfants.
- Diffamation, dénonciation calomnieuse, violation de la vie privée.
- Fraude fiscale, escroquerie, tromperie, abus de confiance.
- Violation du droit du travail (travail des enfants, travail clandestin)

Quels sont les souhaits de l'UNADFI pour l'avenir ?
J.T. : Nous avons besoin de plus d'aide pour faire fonctionner notre structure qui vient d'emménager dans 400 m² de locaux, s'appuie sur 40 bénévoles, emploie une dizaine de personnes parmi lesquelles une psychologue-clinicienne et une juriste, et met à la disposition du public une riche documentation sur les sectes françaises et étrangères.

Notre organisme participe au service public et est sollicité en permanence. Sa vocation consiste souvent à éviter des drames. Nous manquons d'argent et de temps pour organiser des forums et des manifestations, faire de la prévention et de la formation, notamment dans les écoles et dans les milieux universitaires où les sectes sont malheureusement très présentes, mais aussi pour créer de nouvelles associations dans tous les départements français ou à l'étranger.



   France : Sectes

La manipulation mentale, arme des sectes

Web, 13 novembre 2001

[Texte intégral]

Selon le psychiatre Jean-Marie Abgrall, la manipulation mentale joue en permanence sur le registre des émotions.

Personne n'est à l'abri des manœuvres de manipulation mentale dont usent les sectes pour priver un individu de tout libre arbitre. Même si celui-ci affirme agir par "soumission librement consentie". La psychologue Sonya Jougla distingue trois sortes d'adeptes potentiels : l'individu "psychologiquement fragile", qui entre dans la secte pour "éviter la confrontation avec le réel qui est souvent à l'origine de ses angoisses", la personne qui "recherche pouvoir et connaissance à travers la secte" lui promettant un sort différent du commun des mortels et l'appartenance à une élite, enfin l'adepte "venu là par hasard, avec un proche qui lui a proposé une sortie ou activité et qui se laisse peu à peu embrigader".

L'adhésion découle souvent de conflits sociaux ou familiaux (divorce, perte d'emploi, échec, problème financier, rupture avec la famille à l'adolescence), de la difficulté à prendre une responsabilité ou une décision, de la mort d'un être cher... Les sectes appliquent des techniques de manipulation mentale qui agissent en deux étapes, le recrutement et le conditionnement, selon le psychiatre Jean-Marie Abgrall, auteur de plusieurs ouvrages et articles de référence sur le phénomène sectaire.

" Une utopie chatoyante "
Durant la phase de recrutement, "le nouvel adepte va être séduit, persuadé, enfin fasciné". On le séduit en lui proposant "une utopie chatoyante en lieu et place de la grisaille quotidienne", des réponses simples à ses interrogations complexes et un échange affectif qui joue en permanence sur le registre des émotions. On le persuade d'adhérer grâce à "une mise en scène permanente d'une fable qui chasse le réel, envahissant progressivement l'espace de communication" et en lui faisant croire que son adhésion dépend de sa seule volonté. On le fascine, pour "emporter le marché", en le confrontant au gourou et en lui faisant miroiter l'accès à un "univers symbolique du sacré et du divin". L'étape du conditionnement fait perdre à l'individu sa propre parole au profit de celle du groupe ou du gourou, son statut d'être responsable de ses actes et doté de son libre arbitre en faveur de celui d' "agent exécutant, exonéré de toute responsabilité de choix", acceptant sans réserve la hiérarchie et l'autorité de la secte. La notion de responsabilité est remplacée par "la fierté tirée du bon accomplissement du devoir", analyse le Dr Abgrall.

Un moyen de fuir le réel
Les sectes disposent d'une vaste panoplie de masques séduisants, pour obtenir sans contraintes visibles l'adhésion de leurs victimes : programmes de développement personnel, activités humanistes, commerciales, culturelles et éducatives, religieuses et ésotériques, ou encore diverses psychothérapies. Les effets du groupe, la mobilisation des émotions, l'adoption d'un nouveau langage, l'isolement, la culpabilisation, l'obéissance aux consignes..., toutes ces techniques contribuent ensuite à déconstruire et à transformer la personnalité de l'adepte. Il ne reste plus ensuite qu'à lui reconstruire une identité et à renforcer sa dépendance physique et psychologique au groupe, univers de remplacement de sa vie antérieure. Parmi les procédés utilisés pour annihiler les facultés critiques et assujettir l'adepte, la secte impose un rythme de vie carencé en sommeil, en alimentation, en soins, sans moment possible de solitude ou de contact avec d'anciens repères, ainsi que de multiples rituels, chants répétitifs, prières mécaniques, purifications et autres exercices de méditation ou de psychothérapie détournée de sa finalité (qui est au contraire de libérer une personne).

Selon le philosophe et psychologue Max Bouderlique, tout cela s'apparente à un moyen de fuir le réel analogue à une drogue générant les mêmes effets d'accoutumance.



   France : Amis de la Croix Glorieuse de Dozulé

Nancray : la croix de la discorde

Web, 13 novembre 2001

[Texte intégral]

C'est une croix de près de 7 mètres de haut, qui, lorsqu'elle est illuminée, brille de tous ses feux bleutés.

Ce monument voyant a été érigé en une nuit à l'automne 1999 par un couple, dans son jardin, sur le hameau de Villeneuve, à Nancray-sur-Rimarde (420 habitants). Le voisinage s'est rapidement ému de cette irruption dans le paysage et l'association qui s'est créée pour en savoir plus a découvert que l'objet en question avait un rapport avec "La Croix de Dozulé", mouvement sectaire établi en Normandie.

Il n'en fallait pas plus pour que la polémique sur le thème de l'intolérance éclate entre les partisans du couple, lequel assure vouloir simplement exprimer sa foi chrétienne à travers ce monument, et leurs adversaires, qui n'entendent pas livrer leur village à l'influence des représentants supposés d'une secte répertoriée sur Internet...

La municipalité, alors dirigée par Rémy Sevin, a fini par prendre, au printemps 2000, un arrêté interdisant l'illumination de la croix de la discorde, lequel a aussitôt fait l'objet d'un recours devant le tribunal administratif. Bien sûr, la croix géante a eu droit à un beau "battage médiatique" tant national que régional, au point que Nancray est devenu un lieu de tourisme de curiosité, dont le nouveau maire élu en mars 2001, Sylvette Pajon, et son conseil municipal se seraient bien passés.



   France : Sahaja Yoga

L'UNADFI réagit à l'arrêt de la Cour de Cassation

UNADFI, 14 novembre 2001

[Texte intégral]

On reste stupéfait de ces décisions et de la méconnaissance des motivations réelles de Madame Mataji, fondatrice et chef omnipotent du mouvement Sahaja Yoga, à propos de l'éducation des enfants et de la soumission de tous les adeptes. Face à la toute puissance de Madame MATAJI, qui, sinon ceux qui sont chargés de faire respecter les conventions relatives aux droits de l'Homme et de l'Enfant, peut rendre à chacun, ENFANTS et PARENTS, le respect et la dignité qui leur sont dûs ?

Quelques extraits de discours ou écrits de Sri Mataji : Concernant la soumission : "...Vous ne pouvez pas grandir dans Sahaja Yoga d'une manière rationnelle. La première chose à faire est donc d'établir votre état de conscience sans pensées. ... Abandonnez tous vos soucis à votre Mère, chaque chose à Mère."(Sur la méditation) "...Une chose est vraie : même lorsque nous venons à Sahaja Yoga, nous continuons à penser à propos de tout. Mais nous ne réalisons pas les miracles de Sahaja Yoga : lorsque nous nous en remettons à Sahaja Yoga et que nous dépendons complètement de Sahaja Yoga, alors Sahaja Yoga pensera pour nous et résoudra les problèmes qui nous entourent, parfois sans que nous le sachions." (Schakti Puja, Delhi, 5 décembre 1995) Concernant les enfants : "...Vous devez juste accomplir votre tâche comme si vous étiez dépositaire et seulement dépositaire. Mais vous ne devez pas vous attachez à lui : c'est Mon travail ! Vous devez Me le laisser (...) j'ai déjà donné des instructions sur ce qui doit être fait pour l'enfant. Mais ces enfants sont les Miens pas les vôtres (...). Trop d'attachement aux enfants est un signe de dégradation. Votre responsabilité est seulement de vous occuper d'eux. "(Revue Nirmala Yoga n°4, 1984) "Laissez- les seuls, envoyez-les à l'école en Inde. (...) le sens du discernement doit être le suivant : nous devons élever nos enfants selon les principes de la culture Sahaja. Le premier principe de la culture Sahaja est la détermination. Sahaja Yoga n'est pas fait pour de tels "chéris délicats", vous devez être les soldats de Sahaja Yoga, vos enfants doivent être les soldats de Sahaja Yoga, et pas vos petits chéris délicats, ce n'est pas pour eux." (...)"Avec le sens du discernement les mères peuvent faire de ces enfants spéciaux quelque chose qui est ma vision pour eux, mais avec leur manque de discernement, elles peuvent ruiner ces enfants complètement. "(New York, 28 avril 1991)

L'arrêt de la Cour d'Appel de Montpellier, confirmé par la Cour de Cassation le 17 octobre 2001, cautionne ainsi l'abandon par des adeptes adultes de leur responsabilité de parent, et le "don" de leur enfant à Madame MATAJI. Si le petit garçon envoyé en Inde pour suivre le programme de vénération de la Mère, se révolte un jour contre l'endoctrinement subi dans cette école, ce n'est pas vers ses parents qu'il se tournera (ils sont endoctrinés mais profondément convaincus d'agir pour le bien de leur enfant) ; mais bien vers L'Etat Français chargé de faire respecter les conventions des droits de l'enfant signées par la France, qui n'a pas estimé qu'il y avait atteinte à ces droits.



   France : Scientologie

Instruction favorable pour Madame la juge Moracchini

Libération, 15 novembre 2001 par Jacqueline Coignard

[Texte intégral]

"En 1996, elle avait 110 dossiers à l'instruction, soit 15 de plus que ses collègues." Claude Noquet, première vice-présidente du tribunal

Elle tenait à une audience publique pour son passage en conseil de discipline. Ce fut un vrai happening pour le petit monde judiciaire parisien. La juge Marie-Paule Moracchini a fait salle comble, hier.

Hiérarques, collègues et avocats se sont pressés dans le cadre rococo de la première chambre de la Cour de cassation, où les membres du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) devaient examiner sa gestion de deux affaires. Le premier: l'ubuesque dossier de l'Eglise de scientologie dont elle a hérité en 1989 et dont une partie des pièces a été égarée dans les méandres du palais. Le second - évaporé lui aussi - concerne deux policiers qu'elle a inculpés en 1989 pour des malversations financières et qui n'ont plus entendu parler de la juge par la suite. Pour laver son honneur, Marie-Paule Moracchini a fait citer une bonne quinzaine de témoins de choix, qui se sont mués en autant d'avocats.

Des vedettes du barreau comme Francis Szpiner ou Georges Kiejman. Une brochette de magistrats, Claude Noquet, première vice-présidente du tribunal, en tête. Les débats présidés par Ivan Zakine, magistrat honoraire à la Cour de cassation, n'ont d'ailleurs pas vraiment porté sur les faits. Aucune véritable enquête ne soutenant les griefs, notamment pour ce qui concerne l'affaire des policiers.

L'inspection des services judiciaires concluait d'ailleurs sur l'absence de faute de la magistrate.

Bourreau de travail.
L'audience a tourné au procès des conditions de travail des juges d'instruction. Et a dévoilé au passage le fonctionnement de l'étrange univers des galeries des juges d'instruction parisiens. Une sorte de famille, dont l'omniprésente-omnipotente Marie-Paule Moracchini serait une sorte de "mama". Face à un tel bloc, le directeur des services judiciaires au ministère de la Justice, André Gariazzo, s'est étiolé. Il a demandé au CSM de prononcer une "réprimande avec inscription au dossier", la plus faible sanction de la palette.

C'est le portrait d'un bourreau de travail qu'ont campé les supérieurs et collègues de Marie-Paule Moracchini, arrivée comme juge d'instruction à Paris en 1986 et qui, de 1992 à janvier 2001, assumait la mission stratégique de juge déléguée, chargée de répartir les dossiers entre les quelque soixante juges d'instruction parisiens. Claude Noquet: "Cette fonction de juge délégué est très lourde. Il faut organiser les réunions, les permanences, donner des conseils pratiques et techniques, et désigner les collègues pour les dossiers, alors qu'il y a 4 000 à 5 000 informations ouvertes chaque année."

Cette mission représente au moins deux tiers de temps pour un magistrat, estime la première vice-présidente. Mais Marie-Paule Moracchini a continué à présider des audiences correctionnelles à un rythme d'au moins une par semaine, et elle faisait tourner un cabinet d'instruction complet. "En 1996, elle avait 110 dossiers à l'instruction, soit 15 de plus que ses collègues", précise Claude Noquet.

Considérée comme une as de la procédure, elle héritait (ou s'autosaisissait) des cas les plus difficiles avec une prédilection pour les affaires impliquant d'autres magistrats ou des policiers. "Je ne l'ai jamais vu refuser un dossier", dit sa supérieure. Tout en prodiguant les conseils à droite et à gauche, en suppléant le malade ou le vacancier. "Elle nous remplaçait tant la semaine que les week-ends. Elle nous conseillait, car elle était totalement incollable", confirme Mireille Philippini, aujourd'hui conseillère à la cour d'appel de Paris. Entre 1996 et 1998, elle a tenu trois fois plus de permanences de week-end que ses collègues. "Au minimum, elle a tenu deux temps complets de magistrat pendant la période qui vous est soumise", considère la première vice-présidente.

André Garazzio ose une question: "Considérez-vous que vous aviez la capacité de conduire à bien les dossiers ouverts dans votre cabinet?" Marie-Paule Moracchini: "J'ai du mal à comprendre le sens de votre question."

Scientologie.
Que l'instruction sur l'Eglise de scientologie, ouverte en 1983, ne soit toujours pas close en 2001 ne perturbe pas la juge. "Je vais choquer beaucoup de gens dans cette enceinte, mais, avant la disparition d'une partie du dossier, en 1997, et la campagne médiatique qui a suivi, avant les discussions sur la loi sur les sectes, mon dossier n'intéressait personne!" Dans sa saisine du CSM en juin 2000, la garde des Sceaux Elisabeth Guigou reproche à la juge d'avoir laissé le dossier "en déshérence durant cinq années" et d'avoir fait le jeu de la secte en choisissant "de favoriser un processus d'indemnisation des victimes". Ce choix "excédait sa compétence dans un domaine où toute négociation apparaît délicate, dans la mesure où elle met en cause des sectes à moyens financiers importants", estimait l'ex-ministre de la Justice.

Moracchini n'en démord pas: elle n'a jamais pris l'initiative de favoriser l'indemnisation des victimes, mais a laissé faire les avocats, convaincue dès le départ "qu'on s'acheminait vers un non-lieu". Pour elle, en effet, la qualification pénale des faits (escroquerie) ne tenait pas dans un domaine où l'on flirte avec la liberté de conscience et de culte.

"Défilé de greffiers".
Quant à la disparition d'une partie des pièces, à l'absence de doubles des dossiers prévus par la loi, tout le monde est formel: rien que de plus normal compte tenu des conditions de travail à Paris où, depuis cette affaire, un service de reprographie a été créé. "Marie-Paule Moracchini fait un peu partie des meubles, ce qui n'a pas suffi à la transformer en photocopieuse", ironise le juge Gilbert Thiel. Martine Anzani, conseiller à la Cour de cassation, raconte qu'une fois "un dossier perdu a été retrouvé au-dessus de la chasse d'eau des toilettes". Mireille Philippini renchérit: "Il n'y a pas tellement de pertes, mais il y en a. Ce n'est pas la première fois que ça arrive."

Marie-Paule Moracchini admet que son cabinet n'était pas impeccablement tenu, mais explique que le défilé de greffiers débutants ou incompétents ou allergiques à l'informatique qui s'y sont succédé n'ont rien arrangé. Pour cette juge qui "compte" double, les candidatures de greffiers n'affluaient pas, confirme Françoise Couenne, l'une des greffières les plus chevronnées du TGI.

De tout cela, Marie-Paule Moracchini conclut: "Depuis plus d'un an et demi, je vis un cauchemar, car je fais l'objet d'une entreprise de lynchage. C'est vous qui allez me dire si j'ai encore une place dans l'institution."

Le CSM rendra sa décision le 13 décembre.



   France : Eglise du Christ de Paris

A bientôt, Mr et Mme Mc Kean !

Reveal, 15 novembre 2001

En consultant le site Reveal.org nous apprenons que Kip Mckean et son épouse prennent un congé sabbatique d'une durée indéterminée.



   Japon : Sectes

Peine de mort requise pour un "exorcisme" à la baguette de tambour

AFP, 16 novembre 2001

[Texte intégral]

TOKYO, - Un parquet japonais a requis vendredi la peine de mort contre une femme qui avait pratiqué un "exorcisme" sur six de ses adeptes en les frappant à mort à coup de baguettes de tambour en 1995 à Fukushima, au nord-est de Tokyo, a-t-on appris de sources judiciaires. "Aujourd'hui, le bureau du procureur de Fukushima a demandé la condamnation à mort de Sachiko Eto, 54 ans", a indiqué à l'AFP un responsable du tribunal de district de Fukushima.

Le parquet a par ailleurs demandé que la fille de Mme Eto, Hiroko 29 ans, et une disciple Yutaka Nemoto, 27 ans, soient condamnés à des peines de réclusion à perpétuité et qu'une autre adepte Mitsuo Sekine, 51 ans, reçoive une peine de 20 ans, pour leur complicité dans cette affaire. Selon l'accusation, les quatre accusées ont battu à mort en janvier 1995 deux adeptes avec de grosses baguettes de tambour japonais (taiko) en prétendant les libérer des esprits malfaisants et en ont tué quatre autres de la même manière entre janvier et juin. "Les crimes ont été menés en accord avec les intentions d'Eto. C'est un crime atroce commis au mépris de la dignité humaine. Ses responsabililités sont graves", a indiqué le procureur devant le tribunal. Selon l'accusation citée par l'agence de presse Kyodo, Eto était mue par la jalousie envers Nemoto, qui était devenue son amante. Eto "a fait d'elle même une sorte d'autorité divine et a tué des gens afin d'éviter de se faire voler Nemoto par une autre adepte", a indiqué Kyodo, en citant l'avocat de l'accusation. Les victimes trouvées par la police au domicile d'Eto en 1995 étaient un couple entre deux âges, leur fille de 18 ans, la fille de la femme du couple, un homme de 42 ans et une femme de 27 ans, selon Kyodo.

L'avocat de l'accusation a indiqué que Eto et les autres souffraient de troubles mentaux et n'avaient pas eu particulièrement l'intention de tuer les adeptes. Le procès durera jusqu'à la mi-décembre.



   France : Contre-Réforme Catholique (CRC

Père de trois enfants victimes d'une secte

L'Actu du Conseil Général du loiret, 19 novembre 2001

[Texte intégral]

Ancien journaliste orléanais, il a vu ses trois fils entrer dans la secte de " l'abbé de Nantes ". Après plusieurs années de combat, il témoigne. Car " se trouver pris dans les filets d'une secte n'arrive pas qu'aux enfants des autres ".

Le Concile Vatican 2 s'est achevé en 1965 en même temps que se développait une peur de l'avenir chez certains catholiques. S'ouvrit une crise aggravée par l'application parfois hâtive ou désinvolte de directives, par exemple dans le domaine de la liturgie, qui ne s'imposait pas. N'ont pas tardé à s'engouffrer dans la brèche ainsi ouverte quelques marginaux de l'Eglise, souvent des frustrés, tel cet ecclésiastique aubois, Georges de Nantes, né en 1924, champion de l'exploitation de la peur sous toutes ses couleurs. Il s'oppose à Vatican 2 au nom de Dieu à Qui, notamment, il s'identifie, mais aussi au nom de sa propre Vérité et d'une " Contre-réforme " inspirée de celle du XVIème siècle.

Cela lui a permis de donner libre cours à un instinct de transgression, de domination et de perversion des esprits, qui le distinguait de Mgr Lefebvre. " L'abbé de Nantes " s'est auto-proclamé supérieur de pseudo-communautés mixtes dites foucauldiennes, en France et au Québec, s'appropriant au passage le logo de l'authentique Fraternité, qui dut en changer. Ce prêtre imposteur, ordonné en 1948 par usurpation de recommandation, diablement intelligent, manque cependant totalement de jugement pour prédire l'avenir et commenter ses visions. Il est, depuis 1997, " interdit " par Rome, ainsi que ses complices, adeptes des premiers jours. Dès 1966, il avait été déclaré " suspens a divinis " par l'évêque de Troyes.

Les familles de ses victimes, elles, ne tardèrent pas à organiser leur défense, en créant à Orléans le collectif " Espoir et Dialogue ". Bourrage de crâne Aux accusations portées contre l'abbé de Nantes s'est ajouté un parfum de scandale, en raison, entre autres, de ses affabulations, tel l'anathème lancé contre Mgr Lustiger, ancien évêque d'Orléans, qui devait mourir avant le 7 décembre 1987, frappé par le Jugement de Dieu... A noter d'ailleurs que ce mouvement n'est appelé " secte " que par la nuisance de ses agissements. A la fin des années 70, furent piégés trois étudiants orléanais, trois frères qui ne faisaient qu'un.

Après 20 ans d'un bourrage de crâne précédé du classique lavage de cerveau, deux ont retrouvé avec bonheur leur famille. Pas assez tôt pour revoir leur mère, abattue par le chagrin. Sans prétendre se substituer aux autorités civiles ou religieuses, encore moins à leurs fils dont ils auraient respecté la " décision " si elle n'avait été le fruit d'un authentique viol psychique par manipulation mentale, les parents ont mené une nécessaire enquête, au sein de l'association orléanaise rattachée à l'ADFI et avec l'aide du CCMM, qui leur a permis de démasquer l'imposture et de dénoncer l'alibi religieux.

La Commission parlementaire de 1996 a d'ailleurs répertorié le groupe de l'abbé de Nantes comme secte totalitaire. Autre satisfaction : selon les Renseignements Généraux, l'audience de la secte dans le Loiret s'est considérablement réduite...

Malhonnêteté intellectuelle
Parmi les délires de l'abbé de Nantes et de son petit livre rouge, " Les 150 points de la Phalange ", figurent la conversion de l'Islam et la reconquête de l'Algérie (sic). Pour simuler des manœuvres en territoire saharien, la secte utilisa un terrain près de Gien, prêté par les parents de l'un de ses responsables. Le regretté curé de Châtillon-sur-Loire rencontra un jour, tout étonné, ces drôles d'extra-terrestres, la tête enrubannée façon touaregs... Il fut également un temps où cette propriété accueillit un camp estival de recrutement dit de " Notre-Dame des Enfants ", pieux et trompeur vocable, où l'on programme de jeunes cerveaux de 9 à 12 ans en commençant par les culpabiliser et les menacer du " feu de l'enfer ". La malhonnêteté intellectuelle de Georges de Nantes atteint son sommet lorsqu'il reçoit illégitimement les vœux de ses " moines " et " moniales ", les accompagnant d'une formule mensongère, stigmatisée en 1996 comme une " tromperie " par Mgr Daucourt, actuellement évêque d'Orléans. Ces " frères " et " sœurs " risquent d'être désemparés quand viendra l'heure de " l'Après de Nantes ". C'est d'une impasse et d'un isolement générateurs de déséquilibre qu'il leur faut tenter de sortir avant qu'il ne soit trop tard. En effet, selon cet avertissement d'un ancien moine dans une confession dénonciatrice, " Nul ne peut dire comment cela finira. L'homme est happé dans un entraînement dont il se croît le maître, mais qui le domine en fait. Aussi, tout, je dis bien tout, peut arriver (...). Je mets en garde les familles. Faites attention ! "



   Suisse : Falungong

Des adeptes étrangers de la secte Falun gong arrêtés à Pékin

Edicom, 20 novembre 2001

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BERNE - Une trentaine de membres étrangers de la secte Falun gong, dont quatre Suisses, ont été arrêtés à Pékin sur la place Tiananmen. Ils manifestaient contre la répression dont sont victimes les adeptes de ce mouvement en Chine. Selon un communiqué de la secte diffusé avant l'intervention de la police chinoise, les manifestants proviennent de huit pays: outre la Suisse, le groupe compte des Français, des Allemands, des Britanniques, des Suédois, des Canadiens, des Américains et des Israéliens.



   Suisse : Falungong

La vérité derrière les mensonges

China.org, 20 novembre 2001

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Je publie cet article par souci d'objectivité. Je me dois cependant d'attirer l'attention sur son origine. On peut, en effet, se poser la question de savoir si, quand on est arrêté et emprisonné parce qu'on est adepte de cette "secte hérétique"et pour cette seule raison, le séjour en prison est aussi agréable - Mathieu Ph Cossu.

Ces derniers temps, un site web de la secte hérétique Falungong a accusé le gouvernement chinois d'avoir persécuté une ancienne adepte du Falungong, du nom de Teng Chunyan, qui purge actuellement une peine dans une prison chinoise. Pour connaître sa véritable situation, notre journaliste l'a interviewée dans la prison de femmes de Beijing.

Voici son reportage.

Teng Chunyan est originaire du Heilongjiang. Il y a plus de dix ans, elle s'est rendue aux Etats-Unis pour rendre visite à ses parents et s'y est installée. Puis elle a commencé à pratiquer le Falungong, devenant rapidement une adepte fanatique. Manipulée par la secte, elle est revenue plusieurs fois en Chine pour participer à des activités dites de " protection de la loi ", et ce même après l'interdiction de Falungong par le gouvernement chinois. Teng Chunyan a été arrêtée par les services de sécurité de la Chine en juillet 2000 et condamnée à une peine de trois ans de prison. Teng Chunyan a expliqué à notre journaliste que c'est pour rompre sa solitude morale qu'elle avait commencé à pratiquer le Falungong, mais qu'elle n'aurait jamais imaginé qu'elle ne pourrait plus s'en sortir. " J'ai vécu aux Etats-Unis pendant plus de dix ans ; mon mari est américain. J'avais un sentiment de vide intérieur et menais une vie solitaire. Au début, je croyais que la pratique du Falungong me permettrait d'enrichir ma vie. Mais, au fur et à mesure de la pratique, je devenais fermement convaincue que je pourrais devenir Bouddha. Tout ce qui venait de l'humanité ne me concernait plus. "

Selon Teng Chunyan elle-même, après avoir commencé à pratiquer le Falungong, elle est devenue très têtue ; elle ne croyait pas ce que disaient les autres et repoussait toute nouvelle du monde extérieur. Elle ne croyait que ce que disait Falungong et était complètement sous le contrôle mental de la secte. " La plus grande différence entre le Falungong et d'autres exercices de respiration ( qigong ) réside dans le contrôle mental. J'ai lu des articles sur le site de Falungong, qui racontent comment des adeptes du Falungong ont été persécutés par le gouvernement. "

Dans la prison où elle est détenue, Teng Chunyan n'a jamais assisté à des scènes où l'on battait ou insultait des délinquants. Elle-même peut téléphoner aux membres de sa famille chaque semaine et se tenir au courant de tout ce qui se passe chez elle. Chaque jour, elle participe aux activités organisées par les autorités de la prison ; en outre, elle cultive des fleurs et lit. Souvent elle participe à des représentations artistiques. Grâce aux études et aux discussions avec d'autres détenues, Teng Chunyan a totalement rejeté son fanatisme envers la secte. " En réalité, beaucoup d'informations sur le site du Falungong sont fausses, exagérées et ne reposent sur aucune vérité. Quand on sort du cercle du Falungong et que l'on regarde ces nouvelles de sang-froid et d'un point de vue extérieur, on peut facilement les percer à jour. Ce ne sont que des mensonges inventés pour attaquer le gouvernement. "

Teng Chunyan espère que ceux qui restent des adeptes fanatiques analyseront les choses de manière objective et pondérée, de façon à voir clairement la vérité derrière les mensonges. Elle a confié à notre journaliste qu'après avoir rejeté le Falungong, elle se sentait beaucoup plus détendue et que les membres de sa famille en étaient très contents.



   Suisse : Falungong

La Chine va expulser les sympathisants occidentaux du Falungong interpellés

AFP, 20 novembre 2001

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PEKIN - La Chine va expulser 35 occidentaux, sympathisants du mouvement Falungong interdit en Chine, qui avaient été interpellés mardi par la police après une manifestation sur la place Tiananmen, a affirmé l'agence officielle Chine Nouvelle. Ces ressortissants étrangers "ont reçu l'ordre de quitter la Chine", a ajouté l'agence qui précise que la police a interpellé ces personnes après qu'elles aient déroulé des banderoles portant des slogans du Falungong. "Leur comportement est allé à l'encontre des lois qui régissent les manifestations et les cultes", a ajouté Chine nouvelle. Selon un communiqué de l'association française du Falungong, les manifestants étaient des citoyens venus de France, d'Australie, du Canada, d'Allemagne, d'Israël, des Etats-Unis, de Suède, du Royaume-Uni et de Suisse.

Deux Français, Olivier Hayoun et Hélène Petit, figuraient également parmi les personnes arrêtés, selon un porte-parole français du Falungong. "Une femme allemande a perdu connaissance après avoir été battue", selon Alexis Génin qui a déclaré à l'AFP avoir parlé avec Hélène Petit depuis la cellule où elle était détenue avec les autres manifestants. Après s'être "assis en méditation", les manifestants ont été "frappés, puis frappés à terre avant d'être traînés jusqu'à une fourgonnette", selon les propos de Mme Petit rapportés par M. Génin.

Selon un journaliste allemand basé à Pékin, il y aurait huit Allemands, cinq Suédois et quatre Suisses parmi les personnes arrêtées. Ce journaliste a précisé qu'un autre journaliste allemand présent sur les lieux avait également été arrêté.

Cette manifestation du Falungong était la première d'envergure depuis plus de six mois et elle revêt un caractère particulier parce que tous ses participants étaient des étrangers et n'étaient pas d'origine chinoise, selon des journalistes sur place. Deux membres du Falungong avaient par ailleurs été arrêtés lundi, également sur la place Tiananmen, selon un journaliste français témoin de leur arrestation. Les manifestants de mardi protestaient contre la répression de leur mouvement par les autorités chinoises, depuis son interdiction en juillet 1999.

Des dizaines de milliers de membres du mouvement Falungong ont été arrêtés par les autorités chinoises depuis cette date, des milliers ont été envoyés en camp de rééducation par le travail et plus d'une centaine sont morts en détention. Les manifestations de membres du Falungong sur la place Tiananmen se sont faites beaucoup plus rares cette année après l'immolation par le feu de cinq personnes au mois de janvier, présentées par les autorités comme des membres du Falungong, une affirmation démentie par la secte. Les images des corps en proie aux flammes avaient été abondamment montrées par la télévision chinoise.



   France : Sectes

Le président de la MILS souhaite miser davantage sur la prévention

La Voix du Nord 21 novembre 2001 par Ph Max Rosereau

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Près de six mois après le vote de la loi About-Picard qui est venue renforcer l'arsenal législatif, le président de la mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) passait hier la journée dans la région.

Des rencontres successives avec la présidente de l'ADFI, Charline Delporte, le préfet de région, le recteur, des élus... Cette mission a été créée il y a trois ans à la suite d'un rapport d'enquête parlementaire. " Aujourd'hui, le paysage a bien changé, beaucoup de choses ont bougé, à la fois dans le bon et le mauvais sens ", explique Alain Vivien.

D'un côté, les sectes multinationales ne sont pas éteintes et nous échappent de plus en plus : le premier amendement de la Constitution américaine, qui interdit de légiférer sur des questions de prosélytisme religieux, leur assure un confort à nul autre pareil. Les sectes continuent à agir en utilisant de nouvelles méthodes pour empêcher de les combattre : elles labellisent des expressions, des formules juridiques qui précisent leurs activités de façon à interdire à quiconque de pouvoir s'exprimer à leur sujet. Ces grandes multinationales deviennent de véritables Etats non territoriaux : " Le budget de l'Eglise de scientologie est supérieur à celui du Niger ", affirme Alain Vivien.

Ce qui a changé aussi, ce sont les moyens techniques qui permettent de faire circuler des sommes considérables sans qu'il soit possible de remonter les filières.

Stagnation
La loi About-Picard apporte des protections supplémentaires : l'autorité judiciaire et elle seule peut dissoudre une association condamnée pour un motif grave, elle renforce les sanctions sur les crimes et délits commis par une personne morale. Alain Vivien estime les textes mieux rédigés. Il a déjà eu l'occasion de dire que notre région n'était pas la première concernée : " Plus de la moitié des effectifs recensés dans le Nord - Pas-de-Calais appartiennent aux Témoins de Jéhovah, explique-t-il. Or, ce n'est pas une secte absolue, mais une association religieuse qui a des aspects de dérive sectaire. " Le président de la MILS cite le refus de certains soins liés aux transfusions et le refus de socialisation d'enfants sur le plan scolaire, ainsi que des cas de harcèlement à l'égard de ceux qui renoncent et sont considérés comme " apostats ". La " Scientologie " est aussi présente ; elle anime indirectement des groupes au nom de la défense des libertés. De plus en plus, on trouve des sectes derrière certaines thérapies et formations professionnelles continues.

La MILS espère pouvoir les démasquer par un partenariat avec les entreprises. " Globalement en France, et particulièrement dans cette région, le sectarisme donne l'impression de recruter plus difficilement. Profitons-en pour développer la prévention. " La MILS a ainsi conçu un guide à l'intention des éducateurs (bientôt disponible sur le site de l'IUFM Nord - Pas-de-Calais), ainsi qu'un guide (1) pour les élus qui sera dévoilé début décembre.

(1)Ce guide est disponible ici



   Suisse : Falungong

Les 35 manifestants du Falungong ont été expulsés

AFP, 20 novembre 2001

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PEKIN, - "Les 35 ressortissants étrangers qui ont manifesté place Tiananmen mardi après-midi en proclamant leur appartenance au Falungong avaient tous quitté la Chine à 19H00 (11H00 GMT)", selon l'agence officielle chinoise. Originaires d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Australie, les manifestants étaient parvenus à déployer une banderole, à clamer des slogans et à s'asseoir en position de méditation sur la grande esplanade située en plein centre de la capitale chinoise.

La police chinoise était alors rapidement intervenue et avait traîné et poussé les manifestants dans des fourgons de police, parfois brutalement, avant de les interroger. Les manifestants avaient ensuite passé la nuit dans un hôtel proche de l'aéroport de Pékin avant d'être amenés à l'aéroport mercredi matin. Huit Allemands, trois Suisses et un Espagnol ont quitté la Chine mercredi en début d'après-midi par un vol d'Air China à destination de Francfort, a déclaré un porte-parole de l'ambassade d'Allemagne, Tilo Klinner. Une porte-parole de l'ambassade de Suède, Rigmor Petterson, a déclaré de son côté que huit Suédois avaient été expulsés, dont sept à destination de Copenhague et une pour Londres.

Le consulat de Suède n'a pas eu accès à ses ressortissants détenus par les autorités chinoises malgré une demande en ce sens invoquant la convention de Vienne, a indiqué Mme Petterson, qui a ajouté avoir été présente au moment de l'embarquement pour le vol de Copenhague. Les Suédois expulsés ne portaient pas de traces de coup mais l'un d'entre eux a déclaré que les trois hommes du groupe avaient été brutalisés, a-t-elle précisé.

Un porte-parole de l'ambassade des Etats-Unis a indiqué de son côté que six manifestants américains avaient été expulsés mercredi, sans plus de précisions. Les deux manifestants français ont quitté la Chine mercredi matin par un vol Air France, a-t-on appris auprès de l'ambassade de France. Selon l'Association française de Falungong, il s'agit d'Olivier Hayoun et d'Hélène Petit. Parmi les autres personnes arrêtées mardi sur la place Tiananmen se trouvent quatre Australiens et un Canadien. La nationalité des deux autres manifetants demeurait inconnue.

Cette manifestation du Falungong était la première d'envergure depuis plus de six mois et revêtait un caractère particulier parce que tous ses participants étaient des étrangers et n'étaient pas d'origine chinoise, selon des journalistes présents sur la place Tiananmen mardi. Les manifestants protestaient contre la répression de leur mouvement par les autorités chinoises, depuis son interdiction en juillet 1999.

Des dizaines de milliers de membres du Falungong ont été arrêtés par les autorités chinoises depuis cette date, des milliers ont été envoyés en camp de rééducation par le travail et plus d'une centaine sont morts en détention. Les manifestations de membres du Falungong sur la place Tiananmen se sont faites beaucoup plus rares cette année après l'immolation par le feu de cinq personnes au mois de janvier, présentées par les autorités comme des membres du Falungong, une affirmation démentie par la secte.

Les images des corps en proie aux flammes avaient été abondamment montrées par la télévision chinoise.



   France : Instinctothérapie

Guy-Claude Burger aux assises

L'Express 22 novembre 2001 par Marion Fetraëts

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Pâques 1986. Férue de médecines douces et «alternatives», la mère de Marthe (1) vient passer une semaine au château de Montramé (Seine-et-Marne) avec ses trois filles, histoire d'essayer cette fameuse cure d'instinctothérapie dont on parle tant à l'époque. Manger cru, selon ses instincts olfactifs, pour reconquérir forme, équilibre et santé: la fumeuse théorie de Guy-Claude Burger, maître des lieux et fondateur de ce centre - répertorié depuis dans le rapport parlementaire sur les sectes de 1995 - promet de tout guérir. Non prévu au programme: le vieux gourou va faire de Marthe, 10 ans, le cobaye d'une autre doctrine de son cru, la «métapsychanalyse», une apologie de la pédophilie emballée dans un charabia pseudoscientifique. Révélées par L'Express en 1997, les pratiques criminelles de Guy-Claude Burger et de ses acolytes - dont son fils aîné, Christian, en fuite depuis lors - leur vaudront de comparaître devant les assises de Melun à partir du 22 novembre pour viols et agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans, assortis de menaces de mort répétées.

Déjà condamné en Suisse et en France
Guy-Claude Burger, 67 ans, n'en est pas à sa première comparution. Déjà condamné en Suisse à quatre ans de prison, en 1978, pour avoir abusé de son propre fils, Christian, et de Maya (1), 9 ans, puis condamné en France à trois mois de prison avec sursis en 1997 pour exercice illégal de la médecine, ce personnage décrit par les enquêtes de personnalité comme charismatique, pervers, manipulateur et amoral a consacré sa vie à ses deux grands combats: l'instinctothérapie et la métapsychanalyse, seules capables selon lui de remédier aux divers maux de la société. C'est au début des années 60 que ce violoncelliste met au point sa doctrine alimentaire.

Résumé: notre ancêtre pithécanthrope, ne cuisant pas ses aliments, ignorait la maladie. L'apparition du feu et de son corollaire, le rôti de mammouth, aurait plongé l'humanité dans les affres de pathologies aussi diverses que fatales, dont seul le retour à une alimentation «instinctive» pourrait nous sauver. En pratique, manger «instincto» consiste à se restaurer exclusivement d'a