Actualités sur les sectes en janvier 2001

Falungong Au moins 700 adeptes arrêtés à Pékin le Jour de l'An
Stop au cancer Le docteur Hamer fait opposition
Sectes La " mutilation " mentale
Sectes L'association "Attention enfants", s'attache à sensibiliser les parents
Sectes Initiatives sectaires dans le cadre des Soins palliatifs
Sectes Liberté et vérité
Sectes Abus de faiblesse
Sectes
Sectes (*) La régression intellectuelle au centre de la manipulation mentale
Falungong Le Falungong récidive
Scientologie Les Droits de l'Homme selon Saint Ron
Témoins de Jéhovah (*) Réorganisation au sein de la Watch Tower
VPM Le vote sur les soldats armés à l'étranger resserre les liens entre l'UDC et la secte VPM
Nouvelle Acropole Des parents d'élèves contre la Nouvelle Acropole
Sectes Loi antisecte: la proposition de loi modifiée avant son examen par le Sénat
Sectes Les victimes du gourou libérées de leur imprudente caution financière
Sectes Naissance de Sectes Infos
Sectes Les sectes ne progressent plus
Témoins de Jéhovah Mort à la suite du refus de transfusion sanguine
Témoins de Jéhovah Les témoins de Jéhovah ne sont pas diffèrent des autres personnes "du monde"...
Falungong Le Falungong récidive encore
Falungong Douze adeptes de Falungong venus de l'étranger ont été interdits d'entrée samedi à Hong Kong
Roses-Croix d'Or (*) Expérience sectaire dans ma petite enfance
Sectes L'Eglise catholique admet qu'elle peut abriter des "dérives sectaires"
Sectes L´Eglise catholique admet de possibles " dérives sectaires " en son sein
Sectes L´Eglise catholique admet de possibles " dérives sectaires " en son sein (autre article)
Raël Les Raëliens intensifient la lutte contre l'Eglise Catholique
Communauté de la Nativité (*) Que sait-on de la Communauté de la Nativité
ECK (*) Droit de réponse
Moon La secte Moon veut prendre pied dans le Pacifique sud
Témoins de Jéhovah Jéhovah décide, l'Etat (le contribuable) paiera
Falungong Cinq adeptes du Falungong s'immolent
Scientologie Manifestation devant l'ambassade de France
Falungong L'année du serpent sous le signe du Falungong
Scientologie Nouvelle condamnation de l'Etat
Falungong La police de Pékin a empêché mercredi le Falungong de perturber la fête du Nouvel An chinois
Sectes La création du délit de manipulation mentale
Falungong Le gouvernement chinois ne sait plus comment faire
Opus Dei Le 262e pape a à ce jour personnellement désigné presque tous les 120 membres du Sacré Collège
Scientologie La juge Moracchini se constitue partie civile
Falungong Première passe d'armes sino-américaine, à propos du Falungong
Sectes Les sectes : un rempart contre la fragilité intérieure
Anthroposophie La vache et le philosophe
Sectes Des sectes dans l'Eglise catholique
Sectes Enquête sur des dérives sectaires au sein de l'Eglise catholique
Sectes Les "petits gris": erreur de casting manifestes
EURD Nouveau sursis pour la Scala
Raël Prison ferme requise contre cinq Raéliens
Sectes Les sectes, sauve-qui-peut au Congo-Kinshasa
Falungong Quelques uns des points douteux sur l'interview des rescapés du drame de la place Tian An Men
Sectes (*) Rapport de Stephen Kent sur la controverse américaine contre les français et les allemands.

(*) Articles ou documents qui, compte tenu de leur taille, ne sont pas ci-dessous, mais sur une page particulière.


   Chine : Falun Gong

        Au moins 700 adeptes arrêtés à Pékin le Jour de l'An

AFP (Yahoo), 1er janvier 2001. bar/md eaf.

Photo prise le 1er janvier 2001 /Andrew Wong REUTERS

PEKIN, 1er jan (AFP) - Au moins 700 adeptes de la secte interdite Falungong ont été brutalement appréhendés le Jour de l'An à Pékin sur la  place Tiananmen alors qu'ils tentaient de protester contre l'interdiction du mouvement à l'appel de leur gourou, Li Hongzhi.

Alors que des milliers de badauds avaient envahi la plus grande place du monde à l'occasion du Nouvel An, des membres de la secte, isolés ou en petits groupes de deux à dix personnes, ont défié la police pendant plusieurs heures, criant des slogans, jetant des tracts ou brandissant des petites banderoles rouges ou jaunes favorables au mouvement.

En quelques secondes, les forces de l'ordre, présentes par milliers sur l'immense esplanade, jetaient les manifestants à terre avant de les traîner, parfois par les cheveux, à bord de fourgonnettes de la police. Au moins trois jeunes enfants ont été embarqués dans les bras de leurs parents.

Même à terre, les contestataires, qui ne se défendaient pas, étaient roués de coups de pied et de coups de poing. Une femme d'une quarantaine d'années, qui saignait abondamment à la tête, était maintenue le visage contre le sol par un policier en attendant qu'une fourgonnette vienne la chercher.

Pendant ce temps, des nettoyeurs versaient des seaux d'eau sur la flaque de sang laissée par la blessée tout en balayant le sol pour faire
disparaître les traces de violence.

Sous la violence de l'interpellation, certains détenus laissaient sur le sol leurs lunettes ou leurs chaussures. Un bon nombre de badauds de passage à Pékin étaient visiblement ravis du spectacle et accouraient vers les manifestants dès que l'un d'entre eux se signalait dans la foule, accroissant encore la nervosité des forces de l'ordre.

"Reculez, reculez, il n'y a rien à voir", hurlaient les policiers.

Les journalistes de l'AFP ont assisté en l'espace de cinq heures à quelque 700 interpellations, mais leur nombre pourrait être plus élevé. Une adepte de la secte a déclaré à l'AFP qu'une première protestation avait eu lieu sur la place à minuit (dimanche 16H00 GMT) lors du changement de millénaire et que la contestation avait repris à l'aube avec le lever des couleurs.

Plusieurs manifestants ont alors été interpellés, a-t-elle indiqué sous couvert de l'anonymat.

La jeune femme âgée de 30 ans a expliqué que Li Hongzhi avait invité ses disciples à "sortir pour prouver leur foi". Le message du gourou, qui vit en exil aux Etats-Unis, a été envoyé vers le 20 décembre à ses disciples via l'internet, a-t-elle déclaré.

Li Hongzhi n'a pas explicitement appelé ses ouailles à se rendre sur la place le 1er janvier, mais les membres de la secte savent que c'est lors des jours fériés que leur arrestation à le plus de chances d'être vue par la population, a-t-elle expliqué.

"Les gens peuvent constater que nous ne faisons rien de mal et que nous sommes victimes d'une injustice", a ajouté la jeune femme originaire de Pékin qui a déjà purgé en deux fois deux mois de prison pour avoir manifesté par le passé sur la place, symbole du régime communiste, et a perdu depuis son emploi de secrétaire.

Selon Amnesty International, les autorités chinoises ont accentué ces derniers mois leur répression des adeptes du Falungong, dont au moins 77 sont morts en détention, soit du fait de mauvais traitements, soit à la suite de grèves de la faim.

La secte a été interdite en juillet 1999, trois mois après avoir rassemblé une énorme manifestation silencieuse devant le siège du régime communiste à Pékin pendant une journée entière. Ce rassemblement était le plus gros dans la capitale depuis les manifestations de 1989.


Il est ici nullement question de cautionner les méthodes policières employées par le régime communiste de Pékin, pour lequel nous n'avons d'ailleurs aucune sympathie. Mickael Tussier


   France : Stop au cancer

Le docteur Hamer fait opposition

Bulles, n° 68, 4ème trimestre 2000

[Texte intégral]

Le " docteur " Hamer, poursuivi pour exercice illégal la médecine et complicité de non-assistance à personne en danger dans l'affaire de " Stop au Cancer ", avait été condamné, par défaut en mars dernier. Depuis la justice française a trouvé son adresse en Espagne et lui a fait notifier sa condamnation.

Il a fait opposition au jugement et devrait comparaître devant le tribunal correctionnel de Chambéry au cours du 2ème trimestre 2001. Hamer, guérisseur allemand, est l'inventeur de la " médecine nouvelle " prônée par l'association chambérienne " Stop au Cancer ".

Il prétend qu'un choc émotionnel est à l'origine du cancer et qu'il peut être soigné par la résolution de ce conflit psychologique sans apport des thérapies de la médecine conventionnelle qui, selon lui, aggrave l'état des patients. (D'après Le Dauphiné Libéré, 14.10.2000)


   France : Sectes

La " mutilation " mentale

Bulles, n° 68, 4ème trimestre 2000

[Texte intégral]

Nous ne boudons pas notre joie lorsque l’Assemblée Nationale, à l’unanimité, vote une loi qui inscrit dans le Code Pénal une néo-délinquance, que nous dénonçons depuis des années : la délinquance sectaire. Nous ne pouvons que nous réjouir d’entendre les commentaires de représentants des religions établies, telle l’Eglise Catholique (lire le commentaire) et le Bouddhisme authentique, applaudir les nouvelles mesures qui discriminent les vraies des fausses religions. Ainsi, autorités politiques et religieuses ont pris en compte l’intrusion nocive des sectes dans notre société. C’est dire, n’en déplaise aux contempteurs des associations comme la nôtre, que nous ne sommes pas, comme ils veulent bien le dire, des groupes de fanatiques qui traquent systématiquement tout ce qui bouge et condamnent tout ce qui est en marge.

Dorénavant, cette judiciarisation des délits commis par les sectes permettra de placer leurs auteurs sur le même plan que les autres citoyens. Les procédures contradictoires, les enquêtes menées lorsqu’il y aura plainte permettront aux groupes et gourous de se justifier. Ils ne pourront plus revendiquer impunément la religion comme justification de leurs méfaits. Les bonnes âmes qui défendent les groupes pseudo-religieux pourront enfin savoir pour qui elles roulent.

Le noyau dur de cette loi concerne en particulier la manipulation mentale, instrument favori des sectes, qui conduit à ce que, malheureusement, nous constatons chaque jour : des blessures psychologiques et morales durables. En effet, il était temps, que l’on prenne acte de ce type de traumatismes infligés et d’atteintes volontaires à l’intégrité de la personne. Le virus est maintenant identifié et passible de la répression légale. Mais, paradoxalement, si nous savons bien constater la manipulation mentale ou, pour le moins, ses effets, il reste à la dé-finir précisément. De nombreuses questions restent posées : Où commence la manipulation mentale ? Comment définir les actes qui la caractérisent ? Existe-t-elle en soi ou en fonction des buts poursuivis ou de ses effets tangibles et constatables ?

Prenons quelques exemples :

- Lorsque je suis en présence d’un vendeur compétent, ne va-t-il pas tout mettre en œuvre pour me persuader que l’article dont il me vante les mérites me convient et jouer ainsi sur mes émotions et désirs ? Ne me tente-t-il pas par une manipulation de ces derniers – sans pour autant utiliser le mensonge ? Il cherche à faire tomber mes défenses pour parvenir à ses fins et, peut-être, in fine, à ma grande satisfaction !

- Combien de fois n’ai-je pas utilisé le chantage affectif vis-à-vis de mes proches pour les rallier à mes desseins ? N’est-ce pas assimilable à de la manipulation mentale ?

- La propagande, la publicité, la communication politique n’utilisent-elles pas les moyens de la manipulation pour me convaincre d’adhérer et d’agir conformément au discours
tenu ?

Nous pourrions multiplier ces exemples ou situations et montrer - si ce n’est démontrer - que chacun manipule chaque jour ses semblables.

Mais où est donc la frontière ?

Dans tous les cas que nous avons cités, le but est de faire adopter un comportement précis, dans un instant précis, pour un objectif précis. Nous remarquerons au passage que la liberté de l’individu lui permet de se reprendre voire de se renier. En tout état de cause, son identité, sa personnalité n’ont pas été touchées ontologiquement, si l’on peut dire. Son être profond n’a pas été atteint.

Définir la manipulation mentale en soi est périlleux. Nos adversaires ne manqueraient pas de s’emparer de cet absolutisme pour nous ridiculiser. En revanche, le délit peut mieux se définir et se comprendre si on le rattache à l’intention et aux effets. Dans la plupart des sectes, la personne est captée puis travaillée méthodiquement et conduite de manière systématique et concertée à une aliénation inconditionnelle. L’outil " manipulation mentale " devient alors redoutable car il transforme la personne dans sa globalité et il la chosifie. Il la rend conforme au modèle souhaité par le gourou ou la doctrine. Nous ne sommes plus dans l’ici et maintenant mais dans l’ailleurs et demain.

Ces quelques réflexions nous invitent à bien préciser ce que nous entendons par manipulation mentale. Par exclusion, elle va au-delà de la simple action de persuasion qui veut modifier un comportement ou une attitude qui sont réversibles et limités dans le temps.

En revanche, la manipulation mentale sectaire a comme objet la transformation radicale de l’individu en vue de le convertir en sujet conforme à la norme voulue. Cette préméditation suppose que - petit à petit, et pour l’éternité, si possible ! – celui-ci soit privé de son libre arbitre. La manipulation mentale sectaire a pour objectif la " mutilation mentale ". Ce type d’agression, non physique, est assimilable à un véritable crime, mais contentons-nous pour l’instant de sa dénomination de délit.

Nous avons fait un grand pas !

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Commentaire : Le représentant de l'Eglise catholique en matière de sectes en France semble avoir changé d'avis, si l'on en croit son intervention auprès du Sénat . Mathieu Cossu


   France : Sectes

L'association "Attention enfants", s'attache à sensibiliser les parents

Bulles, n° 68, 4ème trimestre 2000

[Texte intégral]

L'association " Attention enfants ", fondée en mars 2000, s'attache à sensibiliser les parents sur le problème des sectes.

Les riverains bénévoles à l'initiative de ce mouvement, s'intéressent particulièrement aux activités prosélytes des sectes, tels les ateliers proposant des activités ludiques pour les enfants et les adolescents.

L'association assure une permanence les 3èmes samedis du mois à la mairie du 17ème arrondissement de Paris.

Ses membres renseignent les parents sur l'affiliation éventuelle d'un atelier à une secte. Une antenne a été ouverte dans le 15è arrondissement où la Nouvelle Acropole est implantée. " Attention enfants " souhaiterait s'installer également dans le 2ème arrondissement où la Scientologie a ouvert une librairie.

Les méthodes de prosélytisme des sectes, recrutant par le biais d'activités de loisirs, sont illustrées par un encart titré " Derrière l'Ecole du rythme se cachait la
Scientologie "
.


   France : Sectes

Initiatives sectaires dans le cadre des Soins palliatifs

Bulles, n° 68, 4ème trimestre 2000

[Texte intégral]

Nous remercions le Docteur Michel Monroy de nous permettre de reproduire la communication qu’il a faite au 7ème Congrès de la Société Française de Soins d’Accompagnement et de Soins Palliatifs qui s’est tenu à Strasbourg les 23 et 24 juin 2000 sur le thème" Soins palliatifs, médecine et société ".

Actualité du problème

Si les praticiens et les bénévoles engagés dans l'accompagnement et les soins palliatifs sont amenés à s'intéresser aux dérives sectaires, ce n'est pas une question de mode et encore moins prétendre exclure toute dimension spirituelle des modalités d’aide qu'une personne peut être en droit d'attendre à la fin de sa vie. C'est plutôt parce que de réelles dérives préjudiciables aux patients ont pu être constatées au nom de l'idéologie développée par des groupes bien organisés et très actifs.

Ces dérives peuvent aller du harcèlement et de la pression exercée sur les patients à l'exploitation financière, au recrutement forcé de l'intéressé ou de sa famille par le biais de promesses fallacieuses ou de menaces de perdition et peuvent aller jusqu'à la prescription de l'interruption de soins ou à la mise en œuvre de pseudo-soins nuisibles.

Ces pratiques peuvent être le fait d'individus isolés, professionnels ou bénévoles, engagés dans des groupes à caractère sectaire. Elles peuvent également être le fait d'associations déclarées, filiales d'organisations plus importantes qui développent surtout des thèmes de guérison ou des thèmes religieux. Dans tous les cas, la démarche d'accompagnement et de soins palliatifs est subvertie au bénéfice d'autres finalités.

Analyser et comprendre pour mieux prévenir

S'agissant d'un phénomène social complexe, une prévention des risques en-courus par les personnes n'a de chances d'aboutir que si elle s’appuie sur une analyse approfondie et sereine des mécanismes en cause dans la dérive sectaire et de leur parfaite adéquation au champ particulier des soins palliatifs. La médiatisation, par ailleurs utile, d'événements dramatiques survenus dans le cadre des sectes n'a pas toujours permis de bien cerner l'essentiel de la mécanique, l'embrigadement sectaire.

Il faut savoir que l'essentiel du sectarisme ne se réduit pas à la croyance forte dans des idées erronées ni dans le fait que l'irrationnel y tient une grande part, ni dans le contenu métaphysique ou eschatologique des dogmes. Bien sûr, ces éléments sont souvent présents dans la démarche sectaire, mais ne suffisent aucunement à la définir.

On ne peut non plus assimiler la démarche individuelle de la plupart des adeptes à une tentative d'exploitation intéressée d'autrui relevant de l'escroquerie cynique. Même si des dommages sont occasionnés et si l'activité du groupe s'avère souvent délictueuse, les motivations personnelles des adeptes sont avant tout idéalistes.

Une autre erreur serait d'assimiler les transformations constatées chez les adeptes à un phénomène psychopathologique, une sorte de délire, même si des troubles de ce type ont pu être constatés dans des circonstances très particulières. S’il y a aliénation, au sens d'une perte de maîtrise de son destin (comme dans le cas de l'aliénation sociale), il s'agit ici de ce que l'on pourrait appeler aliénation groupale plus proche du fanatisme politique ou religieux que de la folie individuelle.

Enfin, il faut savoir que le champ des dérives sectaires n’est pas homogène, qu'il existe d'un groupe à l'autre d'énormes différences (dans la taille, l’organisation, le type de risques provoqués, les méthodes d'embrigadement, l’importance des facteurs affectifs, etc.). De même qu'il existe d'importantes différences dans le degré d'allégeance de différents adeptes et que l'embrigadement correspond le plus souvent à un processus insidieux et progressif.

Ces réserves étant établies, il est important de connaître ce qui fait la spécificité de la dérive sectaire et que l'on retrouve dans tous les groupes qualifiés de sectes. Il semble que le terme d'embrigadement résume approximativement la situation. On peut parler de construction d’une allégeance inconditionnelle à une personne ou à un groupe. Celle-ci est obtenue grâce à un travail de transformation personnelle orientée dans le sens d'une conformisation à un modèle invariable. L'entreprise vise à exclure toute diversité des choix et toute possibilité de remise en question.

Dans tous les cas il s'agit de couper le sujet de ses références antérieures (intellectuelles, affectives, éthiques) et de les remplacer par celles du groupe, toujours exclusives et auto suffisantes. Il s'agit d'enfermer le sujet dans un isolat culturel imperméable aux influences extérieures. Ainsi transformé, modelé, conformé, l'adepte pourra être instrumentalisé au service du groupe, de ses dirigeants et de la Cause. Dès lors, le sujet ne s'appartiendra plus et ne connaîtra plus comme horizon existentiel que celui du groupe concerné.

L'entreprise suppose que le sujet participe activement au processus, qu'il soit poussé par la peur ou un fort désir de progression et d'appartenance. Les groupes sectaires ont parfaitement intégré toutes les subtilités des psychotechniques développées dans d'autres champs (thérapies, marketing, communications, politiques). Et leurs programmes exercent une séduction indéniable alors que les coûts et les risques pour les personnes et la collectivité restent soigneusement masqués.

La fin de la vie, occasion privilégiée d'emprise sectaire

Toute démarche visant l'embrigadement sectaire s'appuie sur les aspirations profondes et essentielles des sujets. C’est pourquoi les thèmes développés par les groupes sont le plus souvent universalistes (développement personnel, santé, sens de la vie, explication du monde, thèmes religieux et politiques). Or, la fin de la vie incite fortement à un retour à l'essentiel. Mais tandis que les praticiens de l'accompagnement cherchent à créer un contexte dans lequel le sujet puisse se réapproprier l’essentiel de sa vie, se retrouver dans sa singularité de personne libre et autonome, les groupes sectaires visent à s'identifier à l’essentiel, à capturer le sujet, à confisquer dans la dépendance cette singularité.

Le succès des entreprises sectaires s'explique en partie par l'apparence de possibilité qu'elles offrent d'une reprise de l’initiative dans les situations d’impasse. Ce projet n’est pas étranger à la situation d'accompagnement. Mais, alors que les praticiens et bénévoles concernés tentent d’aider les personnes à redécouvrir leurs propres ressources et les possibilités relationnelles et morales qu’ils détiennent, le discours sectaire incitera au reniement des références et des liens antérieurs, au déni de ce qui a fait la valeur du tissu singulier d'une vie qui se termine. L'initiative qui est proposée là est de tourner le dos à tout ce que l’on a été.

Il n'y a pas d'entreprise sectaire ou totalitaire sans production massive de promesses fallacieuses (l’âge d'or, la toute-puissance, la guérison, l'harmonie universelle, le salut, la valeur compétitive). Pour chacun de nous et pour nos proches, l'imminence de la mort incite à saisir le moindre indice d'espoir quitte à le payer cher ensuite. Les groupes sectaires ont en commun la prétention fallacieuse d’un pouvoir de refuser les limites. Les vraies pratiques d’accompagnement excluent le recours aux promesses fallacieuses sans pour autant imposer brutalement ce qui est encore inacceptable. Elles ne prétendent pas évacuer tous les questionnements et les incertitudes qui contribuent à la richesse de la condition humaine. Elles ne prétendent pas évacuer la complexité au bénéfice d'une exploitation totalisante, proposition d’un " kit existentiel tout compris " standardisant. Pour autant, elles ne prétendent pas faire réviser aux personnes concernées les convictions spirituelles et religieuses auxquelles elles peuvent être attachées pour les convertir à une rationalité intolérante.

Le moteur de la peur est systématiquement exploité dans les groupes sectaires, soit qu’il s’agisse de mettre en garde les adeptes contre un monde profane diabolisé, soit que l’on agite le risque de perdre les faveurs du gourou, soit encore que l’on soit menacé d’une perte d’appartenance par le rejet du groupe, soit enfin que l’on compromette sa promotion, sa guérison ou son salut par une docilité insuffisante. La peur inséparable des moments de fin de vie n’est pas exploitée par les vrais accompagnements comme un instrument d’emprise et une garantie de docilité.

En résumé, si la démarche sectaire auprès de personnes en fin de vie semble parfois reprendre certains aspects de la pratique d’accompagnement (disponibilité, présence, réconfort, dialogue), elle s’en distingue radicalement en ce sens que ces attitudes ne sont pas au service réel de la personne mais visent à servir une Cause supposée être l’expression d’une vérité exclusive.

Alors que faire ?

Il est hors de question de nier que, agissant dans le champ de l’accompagnement et des soins palliatifs, les groupes sectaires provoquent des préjudices et des dommages bien réels aux patients et à leurs familles. Pour autant on ne peut traiter les adeptes qui interviennent dans ce champ comme de simples délinquants intéressés et malfaisants. Le critère d’appréciation sera la qualité de la pratique et non la seule appartenance à un groupe.

Si le cahier des charges de la pratique des soins palliatifs et de l’accompagnement est suffisamment précis, les défaillances et les dérives seront plus faciles à déceler. Il s’agit plus de développer une culture de vigilance que de se livrer à une traque des adeptes potentiels. Il semble également souhaitable de développer auprès des intervenants mais aussi du public une information précise sur les mécanismes de l’emprise sectaire, de sorte que chacun dispose d’éléments d’évaluation, condition d’une prévention véritable.

Les pratiques de soins palliatifs et d’accompagnement par des personnels spécialisés ont dû se développer en raison de carences du monde médical et de la société globale à assurer dans les moins mauvaises conditions possibles l’approche de la mort. C’est aussi sur ces carences que s’appuient les groupes sectaires avec des finalités tout autres. Leur succès relatif doit nous interroger sur toute notre culture et nos valeurs collectives.

Michel Monroy


   France : Sectes

Liberté et vérité

Regards sur , novembre et décembre 2000, par Jean-Pierre Bousquet, président du CCMM

[Texte intégral]

Pendant de longues décennies, la liberté passait pour être l'apanage des pays du bloc occidental dont les régimes politiques étaient, et restent encore aujourd'hui, des démocraties représentatives.

A l'Est sévissait une utopie philosophique récupérée par des pouvoirs totalitaires privatifs de toute liberté.

Pendant cette période, à l'Ouest, les sectes ont émergé, pris leur essor et prospéré, tandis qu'il a fallu attendre à l'Est que les pouvoirs politiques desserrent leur emprise pour assister à leur invasion. Les sectes seraient-elles comprises dans le prix à payer pour la liberté ?

Des cinq parties du monde, l'Océanie est la seule à ne pas avoir été le théâtre d'un de ces massacres qui défient la raison et sont attribués au délire d'une secte ; sursis ou sagesse des peuples de l'océan ! En fait, comme partout maintenant dans le monde, le virus sectaire y est présent, mais son action n'a pas encore pris là cette dimension spectaculaire.

Partout, même en des lieux où les libertés n'ont certes pas encore toutes les couleurs démocratiques, l'homme est menacé de servitude dans son univers quotidien. Soyons réalistes : " La liberté n'est pas aisée comme le croient ses adversaires qui la calomnient, elle est dure, elle est un joug accablant; les hommes renoncent facilement, ils s'en exemptent. " Comme l'écrit Nicolas Berdiaev.

Le terme lui-même ne recouvre-t-il pas une vraie diversité de concepts ? La liberté est souvent confondue avec le libre-arbitre alors que celui-ci n'est que le moyen pour chacun de manifester celle-là. C'est le lïbre-arbitre qui est manipulable et non la liberté. C'est sur lui que pèse la menace liberticide.

Il y a bien menace : elle est fondée sur le mensonge.

Il est vrai que liberté et vérité sont parfois opposées l'une à l'autre. La vérité est contraignante et peut donc apparaître comme un obstacle à la liberté. Mais c'est en poursuivant la première que l'on peut rencontrer en chemin la seconde. Nombre d'agissements sectaires tombent sous le coup de condamnations répertoriées dans le code pénal. Mais il n'est pas prévu de qualification pour réprimer le mensonge érigé tout simplement en Vérité absolue, donc en tromperie absolue. Pour la première et la dernière fois de notre existence nous avons en en tête d'une lettre la date sous la forme 010101 comme un signal informatique annonçant le siècle nouveau.

Accueillons-le avec confiance. Même si nous devons encore subir la méfiance injuste de quelques-uns qui nous prétendent normatifs, inquisiteurs et intolérants, mais jurent de leur côté que la loi, c'est vrai, doit être respectée et les abus sanctionnés.

Cela ne nous découragera pas dans notre course à la vérité, ni dans notre goût pour la liberté, la nôtre et celle des autres. A vous tous qui vous dépensez avec courage au service des autres avec pour principale récompense, sinon la seule, leur confiance méritée, je souhaite une bonne Année et que ce siècle en son commencement voit prospérer votre famille et votre descendance dans la joie et la liberté.

 


   France : Sectes

Abus de faiblesse

Bulles, n° 68, 4ème trimestre 2000

[Texte intégral]

Qui n'a pas de faiblesse ? Tous nous avons des points plus ou moins sensibles qui dans certaines circonstances, ou suivant notre humeur, nous mettent en situation de faiblesse. De tout temps cela a existé et existera, mais peut-être cette faiblesse est-elle d'autant plus dangereuse que l'on n'en est pas conscient ou que l'on ne veut pas en être conscient "Maître Corbeau, sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage." Qu'il se sent fier ce Corbeau sur cet arbre, fier d'avoir attrapé un fromage ! Il ne craint rien." Maître Renard, par l'odeur alléché, Lui tint à peu près ce langage : A l'odeur du fromage ce Renard développe une envie folle d'en manger ! N'a-t-il pas perçu en même temps la fierté du corbeau ? L'idée lui vient de tirer parti de la vanité du Corbeau qu'il perçoit pour assouvir sa gourmandise, il va donc abuser de la faiblesse qu'il a décelée et va exciter : " Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau, Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois. " Et ça marche : "A ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie ; Et, pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie". Le Corbeau a bien été manipulé, comme le Renard le lui fait remarquer : Le Renard s'en saisit et dit : " Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l'écoute "

Comme l'illustre bien cette fable, la soif de possession peut conduire à abuser de la faiblesse des personnes. Ici le préjudice semble mineur, mais en est-il de même lorsque la soif de puissance, de domination est la cause d'une telle manipulation. C'est bien ce qu'avait déjà retenu le législateur en édictant le délit d'abus de faiblesse (Article 313-4 du Code Pénal).

Mais n'y est prise en considération que la situation de faiblesse " soit d'un mineur, soit d'une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse est apparente ou connue ". Rien donc pour une personne en " état normal " ; et pourtant celle-ci n'aurait-elle pas le droit d'avoir aussi des faiblesses ? Est-elle exempte de pressions morales graves exercées délibérément par des agresseurs mal
intentionnés ? Actuellement ne parle-t-on pas beaucoup de torture ? Celle-ci est-elle seulement une agression physique douloureuse mais aussi, hélas bien souvent, une mutilation ?

Les auteurs de cette torture ne cherchent-ils pas à travers elle une déstabilisation psychique, une manipulation mentale ? Ne peut-on pas dire alors que certaines pratiques de manipulation mentale peuvent être par elles-mêmes considérées comme de la torture ?

Voilà un délit manifeste. Aussi le législateur a-t-il eu bien raison de prendre en considération un délit de manipulation mentale en complément du délit d'abus de faiblesse déjà existant. Encore faut-il qualifier et définir précisément ce nouveau type de délit.

C'est pourquoi nous essayons dans ce numéro de donner quelques pistes ou exemples de réflexion .


   France : Sectes

Dérives sectaires et Droit de la consommation

Bulles, n° 68, 4ème trimestre 2000

[Texte intégral]

Plusieurs textes peuvent être utilisés pour poursuivre certaines dérives sectaires lorsqu'elles se caractérisent par un abus ou une fraude vis-à-vis de l'adepte. Tout l'intérêt consiste à bien cerner la meilleure arme lorsqu'on utilise un " arsenal " varié.

Certaines infractions sont connues, ainsi : l'escroquerie ou l'abus de faiblesse. D'autres le sont moins, mais sont tout aussi graves telles que celles qui se trouvent dans le code de la consommation comme la tromperie et la publicité mensongère.

Un exemple assez original dans lequel on a, à juste titre, utilisé ces deux dernières infractions nous a été donné par la Scientologie. Il pourrait tout aussi bien s'appliquer à d'autres organismes sectaires. Il s'agissait d'un centre de formation aux métiers de la vente qui proposait des stages au terme desquels " un emploi était garanti aux participants " Le dirigeant de ce centre a été condamné à deux titres : pour tromperie et pour publicité trompeuse,

Sur la tromperie
Les articles L 213-1 et L 213-2 du code de la consommation prévoient une répression d'un maximum de 2 ans d'emprisonnement et 250 000 F d'amende à quiconque aura trompé l'autre partie dans un contrat, sur les qualités essentielles de la marchandise (ou de la prestation de services : Art. 16, loi du 1 août 1905). Cette disposition donne toute une série de possibilités pour pouvoir caractériser la tromperie; les moyens et les buts visés sont assez vastes, et elle pourrait s'appliquer à un bon nombre de dérives sectaires.

Le centre de formation en question avait oublié de préciser aux participants des stages qu'ils avaient affaire à un organisme lié à la scientologie. S'agit-il pour autant d'une tromperie ?

Les juges ont estimé que cette information était une qualité substantielle du contrat que proposait le centre de formation scientologue. Reste à préciser qu'à l'origine cette infraction concernait uniquement les marchandises. Mais l'article 16 de la loi du 1er août 1905 qui crée ce délit a étendu son champ d'application aux contrats portant sur une prestation de services. C'était bien le cas des stages proposés sous l'enseignement de Ron Hubbard.
Qu'entend-on par " qualité substantielle " ? C'est cette notion qui fait toute l'originalité liée à l'affaire. Une qualité substantielle selon la jurisprudence est une " caractéristique qui, si elle avait été connue, aurait été de nature à écarter certains consommateurs ". Autrement dit, ici les juges ont pensé à juste titre que les clients d'un centre proposant des stages de formation ne se seraient pas engagés, s'ils avaient su que le centre dépendait d'une secte. La tromperie consiste alors à cacher cette particularité de la formation au moment de la signature du contrat.

Les juges ici n'ont visiblement pas voulu soulever une ancienne querelle sur une éventuelle distinction entre secte et religion. Si les inspirateurs du centre y avaient distillé la pensée religieuse d'une quelconque église, la dissimulation de cette circonstance aurait été pareillement trompeuse. S'il y a une liberté religieuse qui doit être protégée c'est celle du consommateur avant tout.

Quelques limites à noter cependant dans la mise en œuvre de cette infraction :
- Il s'agit d'un délit intentionnel, on doit en effet prouver que la personne avait l'intention de tromper son cocontractant. Néanmoins, l'intention est facilement déduite par les juges, puisqu'en général, les moyens et procédés utilisés n'ont rien d'innocent.
- D'autre part, cette infraction suppose l'existence d'un contrat ou d'un acte à titre onéreux et n'est donc pas applicable si l'objet est remis à titre gratuit.
Pour cette dernière hypothèse il est possible d'appliquer le délit de publicité trompeuse. C'est la deuxième infraction retenue contre le directeur du centre de formation scientologue, dans cette même affaire.

A propos de la publicité trompeuse .
Il s'agit d'une infraction prévue par les articles L 121-1 et suivants du code de la consommation. Cette disposition est rédigée d'une façon tellement large qu'elle prévoit pratiquement tous les cas de figure de publicité mensongère : " est interdite toute fausse indication portant sur un quelconque support publicitaire… " Les sanctions sont équivalentes à celles prévues sur le délit de tromperie. L'annonceur est responsable à titre principal de l'infraction et l'agence ou le complice peuvent être poursuivis à titre de complice ou coauteur.

Dans la même affaire évoquée plus haut, le responsable du centre de formation est déclaré également coupable de publicité mensongère. Lorsqu'on annonce " emploi garanti à la fin du stage ", la tromperie portait sur le caractère aléatoire des placements garantis par la même entreprise. Elle a porté préjudice à des chômeurs prêts à tout pour trouver un emploi.
La jurisprudence, par ailleurs, interprète de façon extensive la notion de publicité : il s'agit de tout message par lequel une personne fait connaître au public les biens ou les services qu'elle lui propose, même s'il s'agit d'une simple information sans but lucratif et sans caractère commercial. (Crim, 6 mai 1998).
Quant à la publicité, elle doit être fausse ou " de nature à induire en erreur " ce qui signifie que même si elle n'est pas " littéralement fausse " il suffit qu'elle soit assez suggestive pour tromper le public. Puisqu'il ne s'agit pas ici d'un délit intentionnel, il n'est donc pas nécessaire de prouver l'intention de tromper : la simple négligence ou imprudence suffit pour caractériser l'infraction.
Les juges utilisent souvent à la place du délit de tromperie ou de publicité trompeuse le délit d'escroquerie. L'escroquerie et la tromperie sont deux infractions similaires, et les tribunaux ont rarement l'occasion de le préciser : le seul fait qu'un consentement ait été surpris suffit à consommer le délit de tromperie, même si la personne trompée ne s'est pas appauvrie.

La règle est aussi celle applicable à l'escroquerie. Il suffit de se rapporter à la rédaction des deux infractions : Art. 1er de la loi du 1er août 1905 " quiconque… aura trompé… " et art. 313-1 du code Pénal " quiconque… aura escroqué… ".

L'impact psychologique et social d'une condamnation pour escroquerie est en effet plus important que pour les délits ci-dessus étudiés. Cependant, en général, la qualification d'escroquerie est retenue pour des faits ayant eu beaucoup d'ampleur ou ayant entraîné un préjudice (individuel ou collectif) économique important.

Les qualifications de tromperie ou de publicité trompeuse gardent toute leur importance pour les petits et moyens méfaits des sectes qui les font insidieusement progresser.


   Chine : Falun Gong

        Le Falungong récidive

Dernières Nouvelles d'Alsace, 2 Janvier 2001 par Eric Meyer

[Texte intégral]

Pékin. - De notre correspondant.La secte interdite Falungong continue à défier le pouvoir chinois : à l'occasion du Nouvel An, ses adeptes ont manifesté pendant plusieurs heures, par petits groupes, sur la place Tiananmen. Bilan : probablement un millier d'arrestations, très brutales.

Ce lundi à Pékin, une surprise de taille attendait les passants et les forces de l'ordre sur la place Tiananmen pour les premières heures du nouveau millénaire : dès l'aube, quelques centaines d'hommes et de femmes de tous âges, par petits groupes successifs, se sont déployés et ont entamé de lents mouvements de gymnastique, en brandissant des bannières jaunes ocre et en criant le mot d'ordre " falundafa hao ", " vive la roue de la loi ".

L'impuissance de la police
C'était le mouvement du Falungong, interdit et persécuté depuis 18 mois, qui donnait une fois de plus la preuve de son pouvoir de nuisance contre l'Etat. Il a réussi à faire converger vers la capitale des milliers de militants de toute la Chine, afin de faire pression sur l'Etat et imposer une révision des mesures qui le frappent comme ennemi public nº1. Comme toutes les autres fois, la police a été incapable de prévoir ni prévenir le coup, et notamment d'empêcher les dissidents de se rendre à Pékin en train, en bus ou en avion. A mesure de leur apparition, d'innombrables policiers en uniforme ou en civil de saisissaient des adeptes par les cheveux, les vêtements ou les bras, les rouaient de coups de pied ou de matraque (le sang n'était pas rare), avant de les embarquer dans des minibus en attente.

Vers 17 heures, le nombre des arrestations était évalué à 700, mais le mouvement, qui avait débuté la veille au soir lors de la descente du drapeau national et s'était intensifié dès minuit, se poursuivait. Le nombre des arrestations pourrait dépasser le millier.

En fait, le Falungong suit une stratégie de longue date, démontrant au régime qu'il faut compter avec lui, et que la répression pure et dure ne marche plus face à une organisation de masse déterminée, organisée et prête au martyre.

La dernière grande démonstration de force du Falungong avait eu lieu place Tiananmen aussi, le 1er octobre, jour de la fête nationale, et avait duré deux heures, contre toute une journée ce lundi.

Les fêtes du printemps lunaire
Le bras de fer entre ce club de gymnastique mystique et l'Etat socialiste a donc franchi une nouvelle étape en intensité, à laquelle répond la violence sans précédent de la réaction des forces de l'ordre. Plus question désormais de raccompagner courtoisement les vieilles dames dissidentes vers les cars, voire de les laisser repartir avec un avertissement.

Cette réaction de la police ne fait que démontrer son sentiment d'impuissance, et son incapacité à éviter une humiliation de plus, avec d'autres manifestations désormais inévitables et impossibles à occulter, dans trois semaines, pour les fêtes du printemps lunaire. On peut se demander si le régime, à ce stade, avec le pragmatisme qui le caractérise, ne sera pas tenté de négocier secrètement avec Li Hongzhi, le maître du Falungong en exil aux USA (actuellement, semble-t-il, de passage à Taiwan), plutôt que de laisser perdurer ce dangereux étalage de sa vulnérabilité.


   France : Scientologie

Les Droits de l'Homme selon Saint Ron

La Dépêche du Midi, 4 décembre 2000 par Philippe Emery

[Texte intégral]

Les adeptes de Ron Hubbard ont envoyé à des associations 20.000 courriers très choquants "Psychiatrie: supercherie ".

C'est le titre de la brochure reçue il y a quelques jours au siège de l'association de lutte contre la toxicomanie Clémence-Isaure.

Un document envoyé à 20.000 exemplaires en France par une mystérieuse Commission des Citoyens pour les Droits de l'Homme-France.

Un courrier qui est une véritable charge contre la psychiatrie, accusée de tous les maux (lire encadré), et sur lequel on peut lire, en bas de page et en tout petit: " CCDH a été fondée par l'Eglise de scientologie pour enquêter sur les violations des Droits de l'Homme par la psychiatrie et pour les dénoncer ". " C'est scandaleux " s'insurge Martine Lacoste, directrice de l'association Clémence-Isaure, qui nous a fait part de son étonnement vis-à- vis de la démarche émanant d'un organisme reconnu comme secte par deux rapports parlementaires français.

De récents procès retentissants ont placé la scientologie sous les feux de l'actualité judiciaire et médiatique, en France et ailleurs dans le monde. Ce qui choque le plus les destinataires de l'envoi des adeptes de Ron Hubbard, le fondateur de la scientologie, est l'utilisation d'une en-tête officielle, évoquant les Droits de l'Homme.

Pour Frédéric Grossmann, le président de la CCDH, la dite commission est tout ce qu'il y a de plus officiel: " Notre association existe depuis 1974. Elle compte 400 membres. Elle s'occupe essentiellement de lutter contre les abus psychiatriques et notamment les internements forcés, trois fois plus nombreux en France qu'en Angleterre ou en Italie " selon lui.

Le responsable, qui ne fait pas mystère de son appartenance à l'église de scientologie, explique que la CCDH a envoyé les 20.000 exemplaires de la brochure et sa lettre d'accompagnement à "des associations qui travaillent dans le domaine social ", dont les adresses ont été trouvées suite à des achats de listes informatiques. L'action a été financée par des membres de la commission et par un certain nombre de membres de l'église de scientologie, selon le président. Celui-ci reconnaît le caractère volontiers
" provocateur " des accusations de son association et notamment du titre de la brochure: " Il y a des gens qui font des efforts en psychiatrie moderne, mais la situation globale est intolérable " affirme, péremptoire, cette personne qui reconnaît n'avoir " aucune formation médicale " pour étayer ses propos.

Ron Hubbard et la scientologie ont, dès les débuts de leur mouvement controversé, attaqué les psychiatres et la psychiatrie. L'offensive n'est donc pas nouvelle. Mais elle fait suite à plusieurs initiatives des scientologues qui semblent montrer un regain de leur activité, notamment à Toulouse. Il y a quelques jours, les marchands de journaux se sont étonnés de recevoir une revue de la scientologie destinée à leurs présentoirs. Le 10 octobre, un " Marathon 2000 " organisé par les scientologues a failli bénéficier du soutien de la mairie de Toulouse. Le mouvement est présenté par un rapport parlementaire comme parmi les plus riches et les plus structurées des organisations sectaires internationales: la scientologie a pignon sur rue aux USA et des comédiens fameux comme Tom Cruise en sont adeptes.

Morceaux choisis

Voici quelques morceaux choisis de la lettre accompagnant la brochure envoyée par la CCDH: " La psychiatrie est supposée soigner la dépression mais le nombre de suicides ne cesse d'augmenter (...), (elle) est présente auprès des écoles mais il n'y a jamais eu autant de violences dans les établissements scolaires (...), l'illettrisme gagne du terrain et le niveau scolaire s'effondre (...) (La psychiatrie) revendique l'exclusivité en matière de lutte contre la toxicomanie mais il n'y a jamais eu autant de trafic et de consommation de drogues (...), (elle) expertise et déclare soigner les criminels mais la plupart des grands tueurs en série ont été ou sont sous traitement psychiatrique avant de tuer. " Autrement dit, une version modernisée du " C'est la faute à Voltaire, c'est la faute à Rousseau ": " Je suis tombé en plan, c'est la faute à Lacan, le monde ne tourne pas rond, c'est la faute à Sigmund

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Un témoignage intéressant ! qui n'accompagne pas la brochure !


   Suisse : VPM

Le vote sur les soldats armés à l'étranger resserre les liens entre l'UDC et la secte VPM

Le Temps , 8 janvier 2001 par Sylvain Besson

[Texte intégral]

EXTREMISME. Le soutien de la psycho-secte zurichoise dans la campagne contre l'armement des soldats suisses à l'étranger est bien accueilli par le parti de Christoph Blocher. Mais ses dirigeants nient tout contact "conscient" avec ce groupe.

Que faire d'un ami utile mais avec lequel on ne tient pas trop à s'afficher en public? En dissimuler l'existence tout en recourant discrètement à ses services.

Cette relation quelque peu hypocrite est exactement celle qu'entretiennent depuis de longues années l'Union démocratique du centre (UDC) et l'Association pour la connaissance psychologique de l'homme, une secte ultraconservatrice basée à Zurich et désignée par l'abréviation allemande VPM.

Le journal dominical Sonntags-Blick offrait hier une nouvelle preuve de la connivence entre le parti de Christoph Blocher et les membres de la VPM, obsédés par la décadence des valeurs, la criminalité, l'hygiène et l'avènement d'un gouvernement mondial omnipotent. Il révélait que le président de l'Association pour une Suisse indépendante et neutre, Hans Fehr, qui est aussi conseiller national UDC, a rencontré dans un restaurant de la gare de Zurich la vice-présidente du VPM, Erika Vögeli, pour coordonner leurs efforts dans la campagne contre l'armement des soldats suisses envoyés en mission à l'étranger.

De nombreuses organisations, dont le VPM, récoltent actuellement des signatures en vue d'un référendum dont le succès constitue l'un des principaux objectifs de l'UDC pour cette année.

Fondé au début des années 80, le VPM est issu d'une groupe de thérapie psychologique plutôt orienté à l'extrême gauche. La secte a évolué vers la droite extrême et s'est dotée d'une structure rigide où l'application de l'ordre moral prôné par la doctrine fait l'objet de contrôles et de sanctions stricts au sein d'un appareil rigoureusement hiérarchisé.

Implantée également en Allemagne et en Autriche, elle compte dans ses rangs de nombreux enseignants, mais aussi des médecins et des juristes. L'une de ses caractéristiques est de rarement apparaître ouvertement, mais d'agir au travers d'organisations ad hoc contrôlées en sous-main, comme récemment l'association Hippocrate, opposée à l'euthanasie.

Ultra-droite
Les membres du VPM ont été de tous les combats de la droite conservatrice depuis le début des années 1990: contre le rapprochement avec l'Europe, contre l'envoi de casques bleus à l'étranger, contre la distribution d'héroïne... La secte entretient donc des liens étroits avec une nébuleuse d'organisations nationalistes bien implantées en Suisse orientale notamment. Ses contacts avec les cercles politiques ultra-conservateurs sont étroits. Ainsi les représentants de la secte côtoient-ils, au cours de réunions politiques anti-européennes, des personnalités de ce milieu comme le conseiller national Luzi Stamm (rad./AG), le jeune UDC saint-gallois Lukas Reimann ou le bras droit de Christoph Blocher, Ulrich Schlüer, également conseiller national UDC.

Ces liens, antérieurs à ceux noués dans le cadre de l'actuelle campagne contre l'engagement de soldats armés à l'étranger, sont donc parfaitement connus des spécialistes de l'ultra-droite helvétique. Mais l'UDC n'aime pas en faire état. Hans Fehr a expliqué ne pas avoir "consciemment réalisé" que son rendez-vous de la gare de Zurich était membre du VPM. Le président de l'UDC, Ueli Maurer, a déclaré au Temps que son parti "fait attention à ne pas avoir de contact avec ces gens" et se montre "très strict là-dessus", même s'il n'existe pas de "consignes formelles" à ce sujet.

Le président de l'UDC avoue cependant "qu'on ne peut pas exclure que ces gens récoltent des signatures" pour des référendums que soutient son parti.

Au début des années 90, le VPM avait tenté d'être plus actif au sein même de l'UDC, dont les dirigeants s'étaient opposés à cette tentative d'infiltration. Cela avait conduit à un refroidissement des relations entre la secte et le parti. L'enjeu crucial que représente le vote sur l'armement des soldats suisses à l'étranger pour l'UDC semble avoir resserré leurs liens.


   France : Nouvelle Acropole

Des parents d'élèves contre la Nouvelle Acropole

Le Figaro, 8 janvier 2001 par Arnaud Grellier

[Extraits]

L'association "Attention Enfants dénonce les cours de " philosophië proposés par cette secte

La philo, à quoi ça sert ? , demande un tract publicitaire du Forum. Les cours payants que propose la Nouvelle Acropole - autre appellation du Forrum - pour répondre à cette question dérangent et mobilsent toujours plus dans le XV° arrondissement de la capitale.

Installée rue Péclet depuis mars 1999, la Nouvelle Acropole se définit comme une association culturelle et une école philosophique. Mais le rapport parlementaire de 1996 sur
" Les sectes en France " la. qualifie de groupe sectaire à caractère néofasciste: Conséquence les cours de philosophie donnés actuellement par la Nouvelle Acropole les mardi et jeudi soir inquiètent, surtout chez les parents d'élèves de ce quartier à forte population scolaire.. Au lycée Camille-Sée, situé à deux pas du siège de la secte, on confirme que des adeptes ont .démarché plusieurs fois les élèves à la sortie du lycée depuis la rentrée. Progressivement, une prise de conscience s'opère." Nous essayons de faire savoir aux parents et aux autres établissements que ces tracts émanent d'une secte ", explique Annie Chéreau, présidente de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) du lycée. Une réunion d'information a déjà eu lieu au printemps, qui devrait être renouvelée cette année.. " Les parents ont compris le danger, et leur inquiétude grandit", note Didier Dehaene, coordinateur de l'association des parents d'élèves des écoles publiques (Deep) du XV°. Mais la mobilisation aussi prend de l'ampleur, et doit se confirmer dans les écoles.

Depuis un an, pétitions et manifestations se multiplient à l'appel d'un collectif d'associations pour demander le départ de la Nouvelle Acropole. A la tête du mouvement, Attention Enfants. Créée en février 2000 dans le XVII, arrondissement, cette association se bat pour la protection des jeunes contre les sectes." Nous refusons le prosélytisme pratiqué par la Nouvelle Acropole pour attirer des adolescents qui n'ont pas encore leur libre arbitre, Même à 19 ou 20 ans, affrme Christine Rose, responsable d'Attention Enfants pour le XV° arrondissement. La Nouvelle Acropole doit cesser de distribuer ses tracts autour des établissements scolaires".

Face aux accusations, la Nouvelle cropole se défend de toute volonté d'embrigadement et rappelle que ses cours sont 'destinés uniquement aux majeurs. " Les associations de parents sont manipulées, estime Isabelle Ohmann, présidente de l'association à Paris. Ces rumeurs sont non fondées, et motivées par des considérations purement électoralistes. " A la mairie, le sujet dépasse. les clivages politiques. Alertée par le PS, la majorité RPR a décidé de réagir. Elle envisage de mettre à la disposition d'Attention Enfants, deux samedis par mois à partir de janvier 2001, un local de permanence à la Maison des institutions sociales, rue Violet, afin de faciliter .l'information du public: " Il y va de la sécurité des jeunes du quartier. En attendant l'adoption définitive la loi Picard par le Parlement, l'information reste le moyen de lutte le plus efficace contre les sectes ", explique Cécile Renson, adjointe à la Santé.[.....]


   France : Sectes

Loi antisecte: la proposition de loi modifiée avant son examen par le Sénat

AFP , 10 janivier 2001

[Texte intégral]

Le Sénat examinera, en principe le 25 janvier, une version modifiée de la proposition de loi anti-sectes adoptée le 22 juin dernier par l'Assemblée nationale, a annoncé mercredi le sénateur UDF Nicolas About.

Les deux rapporteurs de cette proposition de loi, Nicolas About pour le Sénat et Catherine Picard (PS) pour l'assemblée nationale, travaillent à un texte "consensuel" qui prendra en compte les critiques soulevées par le texte de l'assemblée nationale, a-t-il indiqué à des journalistes en marge d'un colloque sur les sectes organisé par le président de l'UDF Hervé de Charette.

La nouvelle version ne retiendra pas le délit de manipulation mentale, dont la création n'a pas été jugé opportune par la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) et qui a suscité l'inquiétude des représentants des grands religions.

A la place, elle proposera la transformation du délit d'abus de faiblesse, déjà inscrit dans le code pénal, en celui d'"abus frauduleux d'un état de sujétion psychologique ou physique". Ce délit serait passible de trois ans d'emprisonnement et 2,5 millions de francs d'amende pour les particuliers, peine portée à cinq ans de prison et 5 MF d'amende pour les dirigeants de fait ou de droit de mouvements.

Concernant la possibilité de dissoudre les sectes ayant fait l'objet de condamnations pénales, la proposition de loi gardera en revanche l'esprit du texte adopté par l'assemblée nationale: elle sera confiée au pouvoir judiciaire et non au pouvoir politique comme le sénateur UDF l'aurait souhaité.

Le texte sera examiné le 17 janvier par la commission des Lois du Sénat et pourrait être adopté le 25 janvier. Ensuite, "si le gouvernement veut le faire adopter définitivement par l'assemblée nationale avant l'été, il en a les moyens", a estimé Nicolas About.

En ouvrant le colloque, Hervé de Charette s'est réjoui de la "recherche de solutions bipartisanes à des questions concernant l'ensemble de notre société". Le dossier des sectes montre "qu'on peut converger, se retrouver, en tout cas mener une réflexion commune" que l'on soit de droite ou de gauche, a-t-il estimé.


   France : Sectes

Les victimes du gourou libérées de leur imprudente caution financière

L'Echo- Le Régional, 10 janvier 2001

[Texte intégral]

La cour d'appel de Versailles a rendu un arrêt civil intéressant, qui peut être appelé à faire jurisprudence, mais en fait les magistrats n'avaient guère le choix. S'ils n'avaient pas annulé l'engagement de caution extorqué par le gourou de l'IPES à deux élèves, c'est eux qui auraient dû payer à sa place la punition infligée à la banque. Yves Darel; ancien bâtonnier, avocat à Pantoise, ne cache.pas sa satisfaction depuis l'arrêt de la cour d'appel qui libère de leurs cautions deux jeunes gens menacés d'être ruinés, toute leur vie durant, après avoir été abusés par Fay Chemli, le gourou du prétendu "Institut pédagogique des entrepreneurs stratèges" (IPES), longtemps installé dans le château d'Avernes, un village du Vexin.

Condamné et en fuite Nous avons relaté dans ces colonnes le caractère sectaire de ce pseudo institut dans lequel Fay Chemli (aujourd'hui condamné par contumace et en fuite en Tunisie) prétendait resocialiser des adolescents en situation de grave échec scolaire et relationnel. Dans une de ses dernières démonstrations spectaculaires autour d'une sorte d'opéra écrit, mis en scène et interprété comme premier rôle par lui même, Fay Chemli apparaissait comme le Christ au milieu de ses élèves déguisés en apôtres. Une ancienne usine d'Eragny avait été redécorée et aménagée en la circonstance en théâtre.

Peu avare de l'argent des riches parents qui lui confiaient leurs rejetons, Fay Chemli ne trouvait rien de trop beau ni de trop spectaculaire pour s'auto glorifier. Flambeur, escroc etc. Flambeur, frimeur, jouisseur, hâbleur, charlatan sans foi ni loi, Fay Chemli ne se contentait pas de soutirer aux parents culpabilisés tout l'argent possible.

En 1989, il avait convaincu deux adolescents à peine majeurs, à l'insu de leur famille, de garantir un prêt de un million de francs auprès de la société "Natiocrédit murs". Fay Chemli avait notamment promis à la jeune fille, Sonia, qu'elle aurait sans problème son bac et qu'elle deviendrait à son tour enseignante dans le mirobolant institut pour entrepreneurs. stratèges. Evidemment, Sonia avait lamentablement raté l'examen,.et du poste d'enseignante il n'avait plus été question. Ni de Fay Chenfli qui, quelques mois plus tard, incapable de payer plus longtemps de dettes ni de soutirer à ses victimes davantage d'argent, avait trouvé refuge dans son pays d'origine où il.réside toujours et d'où il n'est pas extradable.

Entre temps Sonia et Quentin ont vieilli, ont refait leur vie. Mais ils ont été rattrapés par l'imprudente caution consentie devant notaire le 28 avril 1989.

Retour de bâton. En 1997, la banque, n'obtenant évidemment aucun remboursement de Fay Chemli, se retournait donc contre les deux jeunes gens. Outre le capital, ils étaient redevables des intérêts à compter de l'échéance des remboursements. Soit au total des sommes considérables, augmentant sans cesse, et qu'une vie d'épargne ne pourrait éteindre. En principe, la loi s'applique en pareil cas dans toute sa rigueur: la défaillance de l'emprunteur met en jeu la garantie des personnes caution. Mais Yves Darel, avocat des jeunes gens, a fait valoir que l'engagement de caution " était manifestement disproportionné à leurs facultés financières ", "que la société Natiocrédit murs a manqué à son obligation de conseil " et donc " engagé sa responsabilité ".

Cette argumentation a été retenue par la cour d'appel de Versailles, ce qui a provoqué un immense soulagement des deux jeunes gens et de leur famille, déjà durement éprouvés par le fait d'avoir été dupés par Fay Chemli durant des années. Sonia était ainsi entrée à l'Ipes sur le conseil du conseiller pédagogique de son lycée où son échec scolaire désolait parents et enseignants. Elle était alors âgée de 16 ans et a passé quatre années dans cette sorte de secte. " La banqué n'a qu'à se retourner vers Fay Chemli: C'est à lui de payer les dettes qu'il a contractées ", conclut Yves Darel.


   France : Sectes

Naissance de Sectes Infos

Midi Libre, 11 janvier 2001

[Texte intégral]

"Sectes-infos" a été portée mercredi à Narbonne sur les fonts baptismaux. Objectifs : rechercher d'abord toute l'information disponible sur les mouvements sectaires, les organisations pouvant générer des agissements de cet ordre, mais encore celles qui ne rentrent en aucune façon dans ces catégories et peuvent faire l'objet d'amalgames.

Puis informer aussi complètement que possible et répondre aux demandes d'aides, action judiciaire à l'appui en cas de nécessité.

Les relais du centre de documentation, d'éducation et d'action contre les manipulations mentales (CCMM-Centre Roger Ikor) étant déjà solidement implantés dans les cinq départements de la région. " Or, travailler chacun dans son coin est peu efficace ", remarque le médecin nîmois Gérard Dahan, élu président de l'association. " Face à des mouvements sectaires qui ont une grande mobilité et une égale capacité à changer d'image, de nom, il faut travailler autrement ".


   France : Sectes

Les sectes ne progressent plus

Le Point, 12 janvier 2001 par Ugo Ranki 10 janivier 2001

[Texte intégral]

La Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) estime qu'il y a moins d'adeptes qu'il y a dix ans.

Les sectes ne progressent plus en France. C'est la conclusion essentielle du rapport 2000 de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes. On estime qu'il n'y a pas plus d'adeptes aujourd'hui qu'il y a dix ans.

Même si la Mission ne dispose pas de chiffres précis, la tendance au ralentissement de l'activité des sectes de tous ordres semble indiscutable.

La France se serait mieux protégée que tous les autres pays concernés du péril que représente l'activisme des gourous. C'est la première explication, en forme d'hommage à la MILS et aux associations antisectes, fournie à l'essoufflement du mouvement sectaire.

On peut en avancer d'autres, et en particulier le manque d'attrait de l'offre. La Scientologie semble particulièrement concernée par ce problème. La secte absolue , selon le vocable de la MILS, aurait quelques difficultés à proposer de nouveaux " produits spirituels " suffisamment attrayants pour inciter les anciens et les très rares nouveaux adeptes à s'endetter pour les acquérir.

L'adversaire piétine, mais le péril demeure. C'est le message de l'Unadfi et du CCMM, les deux associations antisectes les plus dynamiques. En fait, elles estiment que ceux qui luttent contre le mouvement sectaire ont aujourd'hui mangé leur pain blanc en mettant au pas les groupes les plus délirants et ceux dont l'activité constituait un trouble manifeste de l'ordre public.

On annonce désormais que la prochaine bataille se livrera contre un ennemi plus " professionnel ", plus discret, difficilement identifiable parce que totalement confondu aux milieux qui lui sont favorables : le réseau des psychothérapeutes et certaines ONG.

Autres sujets d'inquiétude, les sectes qui se propagent au sein même des religions officielles. On assiste en effet au développement de nombreux groupes de guérison ou de lutte contre le Diable constitués autour d'un leader charismatique qui, à la différence des gourous, se réfère à la Bible, au Coran ou au Talmud pour assurer son emprise sur les adeptes et les couper du monde.


   Engleterre : Témoins de Jéhovah

Mort à la suite du refus de transfuqion sanguine

Lu sur le Web, 12 janvier 2001

[Traduction

Un témoin de Jéhovah âgé de 22 ans qui a refusé une transfusion de sang après un accident de la route est mort l'Hôpital Général .

Le Coroner M. Barrie Williams a diligenté une enquête sur l'accident et pour déterminer si la mort de Jonathan James Everett est la conséquence de son refus de transfusion sanguine lors de son opération.

M. Everett, roulait sur sa moto quand il a eu une collision avec une voiture . Il a été hospitalisé à l'Hôpital Général pour des blessures internes, et une opération s'est revelée nécessaire.

Sa famille et son père , qui était présent à l'hôpital quand son fils est décédé ont été contactés.

Selon l''enquête, ouverte mardi (le 16 janvier), M. Everett, qui, comme ses parents, était Témoin de Jéhovah, aurait signé un accord pour l'intervention chirurgicale en excluant toute transfusion d'extraits de sang et de sang.

M. Everett et son frère fréquentaient la salle du Royaume de Bolton depuis 12 ans.

L'officier de police M. Geoff Cave a précisé que l'autorisation de l'opération excluant des transfusions de sang à cause des convictions religieuses les condamnant , avait été rédigée en présence d'un témoin et d'un médecin de l'hôpital.

M. Everett est mort le matin suivant à la suite d'une hémorragie interne consécutive à des blessures abdominales.

Commentaire : En notre beau pays de France aussi, les Témoins de Jéhovah ont le droit de choisir la mort sur les instructions de leurs dirigeants de la Watch Tower car les médecins doivent appliquer la loi . et c'est bien triste. Mathieu Cossu.


   France : Témoins de Jéhovah

Les témoins de Jéhovah ne sont pas diffèrent des autres personnes "du monde"...

Lu sur les news 12 janvier 2001

[Texte intégral]

Bof...........Pour les avoirs fréquentés très (trop ?) longtemps je peux affirmer qu' il se cachent derrières leurs certitudes de posséder la vérité en attaquant perpétuellement les catholiques dès que cela leurs est possible (NB : je ne défends pas non plus les catho..),ils se font passer pour des gens bien sur eux mêmes, sourires aux lèvres, prônant l'amour de leurs semblables, et les abandonnant dès que ceux-ci se posent des questions a leurs sujet ou traversent des mauvaises passes, appelant les anciens à la rescousses dès qu'ils ne sont plus capable de faire face à des problèmes internes, excluant jusqu'aux membres de leur propre famille si ceux-ci se montrent peu enclins a suivre leurs enseignements, ils se montrent juste en apparence et font pour la plupart tous le contraire, adaptant les textes bibliques a leurs sauce, déplaçant les virgules dans la bible pour donner une cohérence à leurs délires, (exemples connu "en vérité je te le dis, aujourd'hui tu sera avec moi dans le paradis", qui donne "en vérité je te le dis aujourd'hui, tu sera avec moi dans le paradis"..),

Ils assomment leurs fidèles de discours moralisateurs a deux balles, de lectures de livres, de préchi-précha incessant, faisant faire des devoirs aux gosses comme aux adultes, prônant la peur du diable qui est présent un peu près partout, ( anecdote : une personne témoin de Jéhovah baptisée est partie a l'hôpital pour cause de fatigue mentale due a d'incessantes lectures biblique, écoutant leurs k7 bibliques en plusieurs langues etc. etc. et ceci tous les jours, bilan des médecins : fatigue mental, bilan des témoins de Jéhovah : cette femme étais ennuyée par un esprits malins....(sic) ) et non je n'invente pas[.....].

Certes tous ne sont heureusement pas à mettre dans le même panier mais hélas c'est bon nombres de témoins anciens qui agissent dans cet état d'esprits, on comprend donc que beaucoup d'enfants pris dans la tornade de ces incessantes privations, (sorties avec des "gens du monde" seulement tolérées, mariage avec un témoin encouragé ou alors il faut essayer de convertir l'autres), flirt entre témoins avec chaperons...(et j'en passe), on comprend donc que la majorités des enfants arrivés a l'âge de raison et de la liberté religieuse préfèrent retourner dans le vrai monde.

Ils sont incapables pour la plupart de se remettre en questions, de prendre une décisions de leurs propre chef, faisant passer les personnes qui leurs posent des questions gênante pour des" gens du monde" voués a l'"armagedon" ou carrément débiles.

Ils mettent sur un piédestal leurs "oints" persuadés que ces derniers font partie des 144.000 élus prêts a régner avec leur Dieu, ils boivent leurs paroles comme source de vie. Ils travaillent comme bénévoles dans les bethel de par le monde, pour des sommes dérisoires allant contre les lois du travail. S'ils demandent de l'argent on leur donne l'exemple d'une enfants qui ne possédais pas beaucoup d'argent et qui a donné à la congrégations ses maigres sous encouragent ainsi les autres faire de même tout cela bien sur sous" l'appellation " "dons bénévoles"

Aux témoins de Jéhovah qui lisent ceci, je dirai," vous savez pertinemment que ceci est vrai, que vous êtes très loin de représenter aux yeux du monde le peuple de Dieu, (ou alors dieu ? si si vous me comprenez très bien), alors soyez un peu plus ouverts, cessez de marcher sur votre ligne ignorant que vous n'êtes pas le nombril du monde, mais simplement un mouvement qui dts a ses adeptes ce qu'ils ont envie d'entendre. Et cela existe depuis toujours, vous n'êtes pas les seul.

Prenez le temps de poser votre bible et de penser par vous mêmes.


   Chine : Falun Gong

        Le Falungong récidive encore

Yahoo, 13 Janvier 2001

[Texte intégral]

Des centaines de membres de la secte Falun Gong (Roue de la Loi) ont défilé samedi en fin d'après-midi devant le bureau de liaison du gouvernement chinois à Hong Kong pour protester contre les meurtres et tortures d'adeptes par la police chinoise.

''Il y a des gens qui meurent et leur nombre est en augmentation'', a déclaré Sophie Xaiao, porte-parole de la secte dans l'île. ''En septembre, 50 morts ont été signalées. Désormais, ce chiffre est passé à 120. Il est temps d'arrêter ça''.

Douze fidèles ont aussi été arrêtés à l'aéroport de Hong Kong, dont deux personnes titulaires de passeports australiens, sept Japonais et trois Américains, selon la secte.

Des adeptes de Falun Gong venus du monde entier se sont rassemblés ce week-end à Hong Kong, où la secte est légale, pour pratiquer leurs exercices physiques lents et rythmés et manifester leur mécontentement concernant l'interdiction de leur mouvement par le régime de Pékin.

Interdite en juillet 1999, cette secte fondée il y a huit ans compte aujourd'hui des millions d'adeptes attirés par le mélange d'exercices physiques et d'idées tirées du bouddhisme, du taoïsme et de son fondateur, Li Hongzi.

Selon les fidèles, la pratique de cet enseignement améliore la santé physique et mentale, et les plus aguerris en tireraient même des pouvoirs surnaturels.


   Chine : Falun Gong

        Douze adeptes de Falungong venus de l'étranger ont été interdits d'entrée samedi à Hong Kong

Yahoo, 13 Janvier 2001

[Texte intégral]

 

Douze adeptes de Falungong venus de l'étranger ont été interdits d'entrée samedi à Hong Kong où se tient un rassemblement mondial de ce mouvement banni par Pékin, mettant ainsi à l'épreuve l'autonomie du territoire vis à vis de la tutelle chinoise, a indiqué un porte-parole.

Trois adeptes de Falungong ont été refoulés, deux vers les Etats-Unis et un vers l'Australie. Les autres étaient retenus samedi dans les locaux de l'immigration de l'aéroport international de Chep Lap Kok, a déclaré à l'AFP Sophie Xiao, porte-parole du mouvement. "Je pense que les services de l'immigration disposent d'une liste des membres des Falungong qui leur a été fournie par Pékin", a déclaré une autre porte-parole du mouvement Hui Yee-han.

Elle a souligné que certaines des personnes retenues ont déjà été arrêtées lors de manifestations précédentes en Chine. Selon la porte-parole, l'une des Falungong actuellement retenue, Zhang Cuiying, de nationalité australienne, devrait vraisemblablement être refoulée vers son pays dans la soirée de samedi. Mme Zhang devait prendre la parole au cours du rassemblement qui aura lieu dimanche afin de témoigner de "l'expérience horrible endurée alors qu'elle avait été arrêtée en Chine l'an dernier", selon la porte-parole. D'après un groupe de défense des droits de l'Homme ayant son siège à Hong Kong, sept interdits d'entrée sont originaires du Japon, trois des Etats-Unis et deux d'Australie.

Frank Lu, porte-parole du centre international pour les droits de l'Homme, estime que l'initiative des responsables hongkongais de l'immigration "peut être interprétée comme un avertissement aux membres de Falungong de ne rien entreprendre de grave à Hong Kong". "Le gouvernement de Kong Kong a autorisé cette réunion et je pense que Pékin a inspiré ces mesures répressives", a-t-il ajouté.

Selon ce porte-parole, de nombreux autres adeptes des Falungong ont également été retenus pendant plusieurs heures ces derniers jours avant d'être autorisés à entrer sur le territoire.

Les autorités en charge de l'immigration à Hong Kong ont refusé de répondre aux questions concernant cette affaire.

La conférence qui se déroule dimanche dans les locaux du City Hall dans le centre de Hong Kong, un bâtiment du gouvernement de l'ex-colonie britannique, va réunir un millier d'adeptes originaires d'une vingtaine de pays. Ce sera le troisième rassemblement de ce genre à Hong Kong mais le premier à se dérouler dans un bâtiment public.

Le Falungong, qui allie exercices physiques traditionnels et méditation, est l'objet d'une répression féroce de la part des autorités chinoises qui le considèrent comme une secte dangereuse. Le mouvement a été interdit en juillet 1999 par Pékin après un grand rassemblement devant le siège du Parti communiste.

Le Falungong reste toutefois légal à Hong Kong, ex-colonie britannique rétrocédée à la Chine en 1997 et qui jouit depuis d'un statut d'autonomie garantissant notamment les libertés publiques.

Voici une semaine, les autorités chinoises ont reconnu publiquement leur incapacité à endiguer une recrudescence des manifestations de protestation de la secte, tout en prenant vivement à partie le soutien apporté au mouvement à l'étranger. Dans un long article de l'agence Chine nouvelle, reproduit à la une, le Quotidien du peuple a admis le 5 janvier que les manifestations d'adeptes de la secte n'avaient pas cessé et que "le degré de nuisance avait augmenté".


   France : Sectes

L'Eglise catholique admet qu'elle peut abriter des "dérives sectaires"

AFP, 15 janvier 2001 par Martine Nouaille

[Texte intégral]

Pour la première fois, l'Eglise catholique a reconnu officiellement lundi qu'elle pouvait abriter des "dérives sectaires" et qu'il lui revenait de "faire le ménage" parmi les mouvements qui y succombent.

Elle a cependant précisé que toutes les accusations portées par les médias, les "réseaux anticléricaux" ou des familles contre tel ou tel mouvement reconnu par l'Eglise n'étaient pas fondées ou en tout cas ne relevaient pas nécessairement de la justice pénale. A quelques jours de l'examen par le Sénat de la proposition de loi renforçant le dispositif de lutte contre les sectes, le bulletin d'information de l'épiscopat a publié un texte de Mgr Jean Vernette, le prêtre en charge de ce dossier, sur "l'Eglise catholique et les sectes".

Dans une première partie, Mgr Vernette, secrétaire du service national "pastorale, sectes et nouvelles croyances", y réitère l'opposition de l'Eglise catholique à la création d'un délit de manipulation mentale en estimant que les lois existantes permettent d'ores et déjà de lutter efficacement contre les dérives sectaires.

Mais l'élément nouveau de ce document, c'est la deuxième partie: un "état des lieux" de la situation au sein de l'Eglise catholique, et une liste des "critères de discernement" à l'intention des fidèles et des responsables.

Aucun mouvement n'est cité nommément, mais Mgr Vernette évoque notamment les "mouvements de Réveil en christianisme" (communautés nouvelles) dont le fonctionnement est parfois l'objet de plaintes ou d'inquiétudes de proches: coupure abusive avec les familles, autorité incontestée des responsables qui refusent en outre de partager le savoir, non-respect de la législation sociale ou fiscale... En cas de délit la justice doit être saisie, mais bien souvent les dérives constatées "ne relèvent pas du pénal".

Ces mouvements "ne sont pas des groupes totalitaires trompeurs" mais "croient bien faire, au nom de Dieu". Quand une médiation est mise en place par les autorités ecclésiales, la situation évolue souvent favorablement, souligne Mgr Vernette.

Interrogé par l'AFP, il a cité le cas de la "Fondation du monde nouveau", un mouvement du renouveau charismatique dénoncé par d'anciens adeptes au début des années 90 et qui a corrigé son mode de fonctionnement sous l'égide de l'évêque de Versailles Mgr Jean-Charles Thomas. Dans un autre cas plus ancien, l'intervention de l'évêque de Grenoble avait conduit à la dissolution de la communauté Sainte-Croix.

Mgr Vernette souligne que dossier relève d'une "certaine urgence", mais qu'il est "difficile" car il s'agit à la fois de "défendre les groupes catholiques accusés sans discernement" et "faire le ménage en cernant les dérives existantes". Il ajoute cependant que ces dérives ne sont pas propres à l'Eglise catholique, mais peuvent concerner "tout groupe, religieux ou non".

NB : Nous avons toujours pensé, pour notre part, que les dérives n'étaient pas le propre des sectes mais qu'elles peuvaient concerner aussi l'Eglise Catholique ! Mathieu Cossu.


   France : Sectes

L´Eglise catholique admet de possibles " dérives sectaires " en son sein

Le Monde,16 janvier 2001par Xavier Ternisien

[Texte intégral

Le secrétaire du service " Pastorale, sectes et nouvelles croyances " de l´épiscopat, le Père Jean Vernette, reconnaît que des " dérives sectaires "peuvent exister au sein de l´Eglise catholique. Dans un document intitulé " L´Eglise catholique et les sectes ",publié le 15 janvier, il affirme, sans citer d´exemples, que de telles dérives peuvent se trouver notamment dans certains " mouvements de Réveil en christianisme ". Mais " ces groupes croient bien faire ", précise le Père Vernette, qui conseille aux fidèles de
" recourir aux tribunaux ecclésiastiques "
.

Il propose quelques " critères de discernement " pour repérer quatre types de dérives : oppression, endoctrinement, exploitation et fermeture.

A propos de la proposition de loi About-Picard contre les sectes (Le Monde du 12 janvier), le représentant de l´Eglise catholique réaffirme son opposition à toute " législation d´exception ", estimant que " certains souhaitent utiliser la lutte antisecte comme fusée porteuse d´une lutte antireligieuse ".

Le Père Vernette juge cependant que le délit d´abus de faiblesse est " le plus pertinent pour prévenir la manipulation mentale " et qu´il peut être " musclé ".

 

 


   France : Raël

Les Raëliens intensifient la lutte contre l'Eglise Catholique

NEWS, 17 janvier 2001 par Frank Muhletaler

[Texte intégral]

Bonjour! Nos amis raéliens planifient d'intensifier la lutte contre l'Eglise catholique romaine par une campagne de dénonciation internationale. Il est de notoriété publique que je ne défends absolument pas les pédophiles et qu'il m'arrive à moi aussi, de temps à autres, de signaler des activités de ce type aux services compétents des Etats concernés.

Cependant, je ne le fais absolument pas dans un but de combat religieux ni de prosélytisme. Ce n'est pas le cas de nos chers raéliens, comme à l'accoutumée.

Voici le message qui parle de cette future opération, publié tout récemment dans une de leurs revues internes :

Suite aux cas toujours croissants de pédophilie des prêtres catholiques, notre Prophète Bien Aimé lance une campagne de prévention de la pédophilie en Europe francophone, en Italie et au Quebec.

Voici les grandes lignes de mise en chantier du projet :

1 / Création d'un association par pays à but non lucratif appelée Association pour la Dénonciation des Prêtres Catholiques Pédophiles (ADEPRECAP) qui grâce aux nouvelles lois pourra se porter partie civile contre les prêtres catholiques.
2/ Mise en route d'un téléphone " hot line " à appel gratuit où les enfants ou adultes ayant été victimes dans leur jeunesse d'abus sexuels de la part de prêtres catholiques pourront téléphoner.
3/ mise en route d'un site internet avec les mêmes objectifs.
4 / Réalisation d'un tract que les Raëliens pourront distribuer incitant les gens à dénoncer les prêtres catholiques pédophiles auprès de notre association, leur citant les nombreux cas, et les incitant à ne plus envoyer leurs enfants au catéchisme car les risques y sont plus grands qu'ailleurs de les exposer à la pédophilie.
5/ signature d'une pétition réclamant au gouvernement des mesures pour lutter efficacement contre la pédophilie , à savoir : ajout à tous les cours d'éducation sexuelle d'un chapître sur la prévention et la dénonciation de la pédophilie leur donnant les numéros de téléphone de notre association afin qu'ils puissent se plaindre immédiatement sans attendre en subissant des années d'abus sexuels, en insistant sur le fait que ces cours devraient en priorité être imposés dans les écoles Catholiques étant donné les milliers de prêtres condamnés pour pédophilie.
5 / Envoi de communiqués de presse expliquant tout cela.
Bienôt dans vos régions....une belle façon de désarmer nos détracteurs n'est-ce pas ?

Amusant, non ? Je note au passage que la cible est parfaitement définie : l'ECR. On ne parle ni ne pense s'occuper de la masse de pédophiles laïcs n'ayant pas de rapport avec l'ECR. Une victime de ce type de pédophile n'aura donc aucun secours à attendre de nos raéliens. C'est assez ignoble. -


   Iles Marshall : Moon

La secte Moon veut prendre pied dans le Pacifique sud

AFP, 19 janvier 2001 (PAPIER D'ANGLE) Par Michael Field - AUCKLAND

[Texte intégral]

L'Eglise de l'Unification de Corée du sud, plus connue sous le nom de secte Moon, s'implante dans le Pacifique sud où on l'accuse d'avoir presque provoqué la chute d'un gouvernement et d'avoir des liens avec celui des îles Fidji.

La semaine dernière, le président des îles Marshall, Kessai Note, a failli être renversé par une motion de défiance à l'initiative de l'un de ses principaux opposants, le sénateur Justin de Brum, en raison de ses liens récents avec la secte.

Aux îles Fidji, le ministre de l'Information du gouvernement intérimaire, Inoke Kubuabola, a participé cette semaine à Tokyo à une Conférence Mondiale sur les Médias, sponsorisée et financée par l'Eglise de l'Unification.

Toutefois, dans un communiqué publié peu après, le ministre fidjien n'a fait aucune mention des liens entre cette conférence et la secte. "M. Kubuabola s'est joint à 300 personnalités politiques et professionnels des médias de 60 pays différents, qui se sont regroupés pour réfléchir à la responsabilité des médias dans un monde qui évolue rapidement", indiquait le communiqué du ministère fidjien.

Ce communiqué ajoutait que le thème de cette conférence était "une direction unifiée pour les médias dans le nouveau millénaire".

Le révérend Sun Myung Moon, gourou des Moonistes, prétend qu'il a été contacté par Jésus Christ en 1935 qui lui aurait demandé de fonder ce qui est devenue l'Eglise de l'Unification. Celle-ci revendique aujourd'hui quelque 200.000 membres à travers le monde. Elle a été créée en 1954. Cette secte est notamment devenue célèbre par ses mariages de masse organisés à travers le monde dans d'immenses stades.

Politiquement classée très à droite, cette organisation a aussi été mi