Actualités sur les sectes en octobre 2000

 
Sectes Grosses ficelles
Sectes Les mots du droit
Sectes Loi n° 2000-516 du 15 juin 2000
Sectes Sectes : permis de blanchir
Saï Baba (*) Graves accusations de pédophilie contre Saï Baba. L'UNESCO lui retire tout partenariat.
Sectes (*) Manipulation mentale dans les groupes dits sectaires
Sectes Une nouvelle structure contre les sectes à Ponthierry (Seine et Marne)
Sectes « Elles se font de plus en plus discrètes »
Raël Prophète du clonage
Scientologie Scientologie: la juge jugée
Scientologie La lettre d'Elisabeth Guigou
Scientologie «On cherche à me déstabiliser » 
Raël Abus raéliens: l'ONU fait appel à la justice suisse 
Raël Michel Field kidnappé par les extraterrestres !
Raël Les Raéliens manifestent, la justice suisse reste muette
Raël Les raëliens ont été interdits de manif
Scientologie (*) Attrappe nigaud(e)s
Raël Aux frontières du Raël
Sectes (*) Sectes, sentiments, travail : Comment se fait-on manipuler ?
Scientologie L'imbroglio scientologique
Scientologie Lettre à tous les scientologues de l'internet
Sectes  L'Union européenne en quête de sens et de valeurs ajoutées
Raël La secte qui clone les bébés
Sectes Le conseil de l'Europe et les activités illégales des sectes
Sectes (*) La Charte des droits de l'UE 
Scientologie L'Eglise de scientologie de Lausanne devra payer...
Sectes La résistance des démocraties, face au totalitarisme sectaire
Moon La secte Moon se paie une ville
Scientologie Pourquoi je quitte l'instruction
Moon "Marche d'un million de familles"... le bide !
Scientologie La décision de la chambre d'accusation semble inévitable
Raël La course automobile. Promesse non tenue ?
Scientologie La juge Moracchini a été dessaisie
Scientologie La manifestation scientologue du 23 octobre à Paris est interdite
Nao Condamnation du gourou violeur
Contre Réforme Catholique Une secte à la Mutualité
Scientologie La manifestation scientologue du 23 octobre
Raël Détruisez tous les tracts !
Moon "Je suis un businessman supérieur aux autres". (Moon)
Sahaja Yoga Une synthèse
Raël Une gigantesque (et dramatique) farce
Saï Baba (*) La déchéance divine
Falungong Le Falungong défie encore Pékin
Sectes Elections américaines. Les sectes ont déjà gagné
 

  (*) Articles ou documents qui, compte tenu de leur taille, ne sont pas ci-dessous, mais sur une page particulière.

 

 


   France : Sectes

Grosses ficelles

Bulles, n°67 3ème trimestre 2000

[Texte intégral]

Faute de pouvoir attaquer nos actions sur le fond, nos détracteurs habituels tentent de nous prendre en défaut sur d'autres plans.

Ils nous présentent comme des inquisiteurs, des persécuteurs alors que notre raison d'être est la défense de la liberté de conscience de l'individu et de la dignité de l'homme face au totalitarisme sectaire.

Contester de front notre action serait trop périlleux pour ces pseudo-défenseurs des libertés religieuses et irait à l'encontre de l'opinion publique. De ce fait, ils ne feraient qu'exacerber ce sentiment, majoritaire chez les Français, que les sectes représentent un véritable danger. [.....]

Ces hérauts douteux de la liberté de choix spirituel utilisent différents procédés bien connus:

- la diversion par une attaque biaisée,
- la transformation du bourreau en victime,
- l'amalgame et la généralisation,
- les citations isolées de leur contexte

Sur le deuxième point, manipulés sans doute par des sectes avérées, ils font de certains groupes des persécutés de mouvements tels que le nôtre, des médias et des pouvoirs publics. Les agneaux égorgés, ce sont eux (comme si nous étions dotés de pouvoirs répressifs exorbitants !) et non les victimes que nous recevons par centaines dans nos ADFI chaque année, qu'il s'agisse de familles subissant l'emprise sectaire ou d'adeptes en détresse.

De cette inversion des rôles, les groupes extrémistes sont familiers, on le sait bien. D'oppresseurs, ils deviennent opprimés dès lors que l'on dénonce leurs méfaits. En d'autres termes, ils réclament la liberté de pratiquer la délinquance, de se mettre hors la loi en toute impunité et d'exercer une forme moderne d'esclavage. Faut-il rappeler crûment que l'on compte de nombreux morts, victimes directes ou indirectes des sectes ?

Cette comptabilité macabre comparée devrait inciter nos " chevaliers blancs " à plus de modération.

Pour ce qui concerne l'amalgame et l'extrapolation, ils sont experts. Prenons un exemple révélateur du point de vue d'un de ces protecteurs des minorités (soi-disant réprimées) : le seul titre de notre revue BULLES1 serait, par homologie, signe que nous sommes inféodés au Vatican, donc des inquisiteurs potentiels !

Devons-nous rappeler que les adhérents et militants des ADFI viennent de tous les horizons confessionnels et philosophiques : croyants, non-croyants et agnostiques coopèrent au nom d'un humanisme qui transcende leurs options personnelles. En conclure que nous sommes intégristes forcenés, c'est tomber dans un ridicule qui semble échapper à ceux qui nous dénigrent. Mais ils pensent, sans doute, que plus c'est gros plus ça passe pour une évidence.

Nos accusateurs excellent aussi dans le maniement de citations pour alimenter leurs discours destructeurs. Ainsi font-ils état de " listes de critères " de typologie sectaire que nous publierions. Qu'en est-il ? Dans une plaquette éditée par l'UNADFI, nous avons proposé un ensemble d'indices et symptômes qui font que l'on peut s'interroger sur l'appartenance de quelqu'un à une secte. Il va sans dire qu'un seul de ces critères n'est pas suffisant pour établir le diagnostic. C'est la confluence de plusieurs indices qui doit être prise en compte en situation de doute, cela tombe sous le sens. Que font alors nos détracteurs ? Ils isolent l'une des mentions, par exemple " déplacements en France et à l'étranger " ou bien " modification de la tenue vestimentaire " pour pouvoir dire : " Voyez, pour l'ADFI, quelqu'un qui voyage est forcément dans une secte ; de même, quelqu'un qui s'habille d'une façon originale est, d'évidence, embrigadé ". Trop c'est trop ! On prête à Richelieu cette réflexion : " Que l'on me donne trois lignes de l'écriture de quelqu'un et je me charge de le faire pendre ".

En conclusion, nous ne pouvons ni ne voulons répondre aux accusations portées contre les ADFI, qui ne sont appuyées que sur des assertions, des interprétations malveillantes et des dévoiements. Nous souhaiterions un débat plus élevé, des critiques fondées qui aiguillonneraient notre réflexion. Au lieu de cela - et nous le déplorons - nous sommes en face d'une pauvreté dialectique et d'une indigence intellectuelle patente. Notre cause mérite mieux !

 


   France : Sectes

Les mots du Droit

Bulles, n°67 3ème trimestre 2000

[Texte intégral]

En 1999 le Ministère de la Justice a co-produit, avec la chaîne de télévision la cinquième , une série de 26 émissions audiovisuelles, " les mots du droit ", d'une durée de 12 à 13 minutes chacune. Il dispose aussi de brochures :

- les guides de la justice : les droits des victimes, la justice des mineurs, droits et devoirs des parents, les lois antiracistes ... ;
- les fiches de la justice : à quel tribunal s'adresser ? vous portez plainte, les magistrats, le tribunal d'instance ...

Pour les obtenir, adresser votre demande écrite au Ministère de la Justice : Service de l'information et de la communication (SICOM), 13, place Vendôme - 75042 Paris

 


   France : Sectes

Loi n° 2000-516 du 15 juin 2000 renforçant la protection de la présomption d'innocence et les droits des victimes

Bulles, n°67 3ème trimestre 2000

Loi n° 2000-516 du 15 juin 2000 renforçant la protection de la présomption d'innocence et les droits des victimes

Cette loi, promulguée au Journal Officiel n° 138 du 16 juin 2000 page 9038, édicte en son article 105 : Après l'article 2-16 du même code [NdlR : code de procédure pénale], il est inséré un article 2-17 ainsi rédigé :

" Art. 2-17. - Toute association régulièrement déclarée depuis au moins cinq ans à la date des faits et se proposant par ses statuts de défendre et d'assister l'individu ou de défendre les droits et libertés individuels et collectifs peut, à l'occasion d'actes commis par toute personne physique ou morale, dans le cadre d'un mouvement ou organisation ayant pour but ou pour effet de créer ou d'exploiter une dépendance psychologique ou physique, dès lors que ces actes portent atteinte aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales, exercer les droits reconnus à la partie civile en ce qui concerne les infractions prévues par les articles 222-1 à 222-6, 222-7 à 222-14, 222-15 à 222-18, 222-22 à 222-32, 223-5 à 223-6, 224-1 à 224-5, 225-5 à 225-12, 225-13 à 225-16, 227-15 à 227-17-2, et 227-22 à 227_27, 311-1, 311-3 à 311-11, 312-1 à 312-12 et 313_1 à 313-4, 314-1 à 314-2, 321-1 du code pénal lorsque l'action publique a été mise en mouvement par le ministère public ou la partie lésée. "

À noter que l'Assemblée Nationale, dans le projet de loi qu'elle a voté en première lecture le 22 juin 2000 ,prévoit une modification aux dispositions définies par cet article 2-17, en limitant notamment le droit de se porter partie civile aux seules associations " reconnues d'utilité publique ".


   France : Sectes

Sectes : permis de blanchir

Bulles, n°67 3ème trimestre 2000

Le rapport final daté de juin 2000 " La lutte contre le recyclage de l'argent du crime organisé ", élaboré à la demande du Ministre de l'Intérieur, lui a été remis avant sa démission. Il est signé du Chef de l'Inspection des marchés financiers et de l'Inspecteur Général de la Police Nationale, qui dressent le bilan négatif de la lutte contre le blanchiment de " l'argent noir " en France.

Efficacité estimée contre cette criminalité : 0,5% de l'argent noir investi en France serait repéré. 160 affaires y ont été instruites contre 257 en Angleterre et 538 en Italie. Le rapport insiste sur les " centres offshore " (paradis fiscaux) qui drainent la moitié des flux financiers mondiaux et sur leurs comparses les " sociétés écrans ".

Ces centres sont presque tous sous l'influence de pays occidentaux. Pour comble, les grandes banques de ceux-ci y sont influentes.

Alerte à l'Euro

L'introduction de l'Euro, en supprimant les opérations de change, contribuera à amplifier la circulation de l'argent criminel. Des recommandations sont faites par les rapporteurs pour renforcer notre système de lutte.

Une fois de plus, l'UNADFI demande : à quand l'espace judiciaire européen ? Car cette criminalité risque de désorganiser le dispositif de prévention en Europe et nous savons comme l'argent des sectes est abondant.

Rappelons qu'à la mi-décembre 1997 deux cents magistrats européens s'étaient réunis pour demander à l'Union Européenne d'accroître la coopération internationale en matière de délinquance financière.

Fin 1997, Mme E. Guigou, Ministre de la Justice, avait enjoint par circulaire à tous les parquets de France d'harmoniser l'action des juridictions financières et pénales. Depuis cette année, elle a lancé un pôle spécialisé qui devrait comporter une trentaine de spécialistes, magistrats ou non.


   France : Sectes

Une nouvelle structure contre les sectes à Ponthierry (Seine et Marne)

Le Parisien, 3 octobre 2000 par N.K

[Texte intégral]

LE DÉPARTEMENT s'arme contre les sectes. Après l'ouverture en mars 2000, d'une antenne du Centre contre les manipulations mentales à Pontault-Combault, Saint-Fargeau-Ponthierry ouvrira demain sa propre permanence.

Une ville du Nord seine-et-marnais devrait se doter prochainement d'une semblable structure, ce qui complètera le maillage du département. « La Seine-et-Marne va devenir un département pilote dans la lutte contre le mouvement sectaire », se félicite le maire de Ponthierry, Lionel Walker, « c'est la première fois qu'au fonctionnement en réseau des sectes on répond par un maillage de correspondants, par des relations de proximité ».

Apporter des réponses rapides

La Seine-et-Marne, peut-être à cause des réserves foncières qu'elle possède à la porte de la capitale, est un
« terrain » de prospection privilégiée des sectes. Le rapport parlementaire de 1995 sur les sectes mentionne plusieurs implantations à Chartrettes (Soka Gakkaï), Soisy-Bouy (Orkos), Vaux-le-Pénil (Mandarom), et dans plusieurs villes les Témoins de Jéhovah... Ces deux derniers mouvements avaient d'ailleurs fait l'objet d'un sévère barrage de la préfecture qui a refusé le statut d'association cultuelle au premier et son implantation à Brie-Comte-Robert au deuxième.

Longtemps, aux attaques sectaires, la Seine-et-Marne n'a pu offrir que la combativité d'un seul homme, un Féréopontain, François Limoge : ce proche d'Alain Vivien a été, à Ponthierry, le premier correspondant seine-et-marnais du Centre contre les manipulations mentales (CCMM) de Roger Ikor.

Les attaches seine-et-marnaises du président de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes, l'oreille attentive du président du conseil général, Jacques Larché, à ce problème et le travail de la cellule anti-secte de la préfecture ont permis une synergie nouvelle. D'où la création de l'antenne CCMM de Pontault, pour le centre Seine-et-Marne, d'où l'ouverture de celle de Ponthierry pour le sud le 11 octobre (mais elle sera lancée officiellement demain) et le lancement probable de celle du nord à court terme. Ces trois antennes permettront d'établir tout un réseau dans le département, avec des correspondants dans les communes intéressées ou les plus importantes. L'antenne féréopontaine permettra d'apporter des réponses rapides et de proximité aux habitants de Melun, Dammarie, Fontainebleau, Avon, Nemours, Chartrettes et Arbonne qui auront des correspondants locaux. Elle sera ouverte tous les mercredis après-midi de 14 à 17 heures au 75, de l'avenue de Fontainebleau, à proximité de la mairie, tout près des services du travail et de la jeunesse. Renseignements à la mairie au 01.60.65.20.20.


   France : Sectes

« Elles se font de plus en plus discrètes »

Le Parisien, 3 octobre 2000 par Mickaël Bosredon

[Texte intégral]

JEAN-MARIE BAUDRY, responsable de l'antenne de Pontault

LA SEINE-ET-MARNE est réputée pour être un des départements de France qui accueillerait le plus de sectes, dit-on. « Ses grands espaces, ses vieilles fermes, ses domaines et la proximité de Paris attirent les sectes », explique Jean-Marie Baudry, responsable de l'antenne du CCMM à Pontault. Pourtant, on ne recense que quatre sectes dans le département, dont une seule maison mère (Orkos à Soisy-Bouy). Secte dont les agissements semblent d'ailleurs s'être réduits depuis l'incarcération, en 1997, de son gourou, Guy-Claude Burger.

A vrai dire, on ne connaît plus, sur le site du château de Montramé, qu'une activité de distribution de produits bio. Les trois autres (Soka-Gakkai à Chartrettes, antenne Ile-de-France du Mandarom à Vaux-le-Pénil, et Témoins de Jéhovah sur une dizaine de sites) ne font guère plus parler d'elles.

Certes, la « Soka » a attiré l'attention des élus et de l'Etat lorsqu'elle a commencé des travaux d'importance sur le site du Pré-à-Chartrettes, en mars 1999. Travaux colossaux, qui sont aujourd'hui achevés. Alain Vivien, président de la mission interministérielle de lutte contre les sectes, s'inquiétait à l'époque du devenir de cette antenne : « Il est possible que cette secte créée ici un grand centre européen. » Pourtant, personne n'a rien relevé d'anormal à Chartrettes. Il semblerait même que les investissements réalisés au « château » l'aient été dans un but privé, voire pour une simple opération immobilière... Les Témoins de Jéhovah ? Ils semblent faire « amende honorable » depuis quelque temps, et se font en tout cas de plus en plus discrets. Le Mandarom ? Son influence est minime dans le département et, s'il fait parler de lui, c'est davantage par ses actions juridiques contre la préfecture pour accéder à une salle de réunion dans le département.

Une association « vaudouesque » sur Torcy et Noisiel

« Attention, prévient toutefois Jean-Marie Baudry : nous gérons énormément de dossiers liés aux infiltrations de sectes dans les familles, dans les entreprises par le biais des stages de formation ou dans les administrations par la présence de personnes à des postes clés. Les communes nous contactent également souvent pour obtenir des renseignements sur telle ou telle association dite philosophique qui veut s'implanter chez elle. Enfin, nous sommes actuellement très attentifs sur les agissements d'une association à caractère vaudouesque sur le secteur de Torcy et Noisiel. » Il précise : « le CCMM a pour vocation de faire de la prévention et de l'information ». Mais les plaintes officielles liées à des agissements sectaires diminuent incontestablement, et force est de constater qu'aucun véritable dossier n'est sorti depuis le début de l'année. L'activité des sectes s'essoufflerait-elle, ou bien ces dernières deviennent-elles tout simplement de plus en plus discrètes ?
 
 


   Suisse : Raël

Prophète du clonage

L'Illustré, 4 octobre 2000 par Philippe Clot

[Texte intégral]

Sa notoriété est née il y a vingt-sept ans à bord d'une soucoupe volante
et son apologie d'une sexualité libérée a élargi son cercle de disciples. Aujourd'hui, Raël prône le clonage humain.

Sur la porte du bureau, un panneau décourage toute intrusion intempestive: «Ne jamais sonner ici!» Le photographe et le journaliste venus de Suisse, escortés d'une escouade de disciples locaux majoritairement féminins, attendent donc sagement que le «guide des guides», «le chantre du clonage humain», «le prophète du troisième millénaire» soit prêt à leur ouvrir sa porte.

Car Raël n'est pas le premier venu. Ce quinquagénaire est en effet le seul humain à avoir rencontré les Elohim, ces extraterrestres créateurs de toute vie sur Terre, grâce à leur parfaite maîtrise du génie génétique. A deux reprises, en 1973 et en 1975, ces êtres venus d'outre-ailleurs ont contacté ce modeste journaliste de sport automobile et lui ont fait rencontrer d'un seul coup Jésus, Moïse, Bouddha et Mahomet.

Les Elohim l'ont chargé ensuite de préparer leur retour sur Terre. C'est du moins, en raccourci, le récit fondateur du raélisme, religion athée et foncièrement scientophile.

Une heure auparavant, les deux hôtes helvétiques de l'association raélienne de Valcourt, une bourgade à 100 km de Montréal, avaient d'abord fait connaissance avec le Dr Brigitte Boisselier. Il s'agissait, avec cette chimiste française exilée aux Etats-Unis, de cerner de près le défi biotechnologique que se sont lancés les raéliens: dupliquer, pour la première fois dans l'histoire, un humain.

La naissance de la brebis Dolly, fruit des amours artificielles d'une chaîne d'ADN introduite dans un ovule débarrassé de son propre code génétique, a en effet conforté Raël dans ses prophéties: le temps est venu pour les humains de jouer à leur tour avec le mécano chimique du vivant.
«Nous espérons être opérationnels dès mi-octobre, nous promet Brigitte Boisselier. Après la préparation d'une cinquantaine d'embryons, nous en implanterons un dans l'utérus d'une mère porteuse. Tout sera fait dans les règles de l'art.» Et s'il y a fausse couche? «Nous avons une cinquantaine de femmes volontaires. Nous répéterons l'opération sur une autre femme avec un autre embryon.»

Ce ballon d'essai, si l'on ose dire, soulève forcément des objections scientifiques et morales virulentes. Mais cela ne décourage en rien la directrice de Clonaid, l'organisme d'obédience raélienne chargé d'organiser ces clonages devisés à 300 000 francs l'unité. Cette première tentative serait commanditée et financée par un couple américain désireux de faire revivre leur enfant mort à l'âge de 10 mois. Elle devrait avoir lieu aux Etats-Unis, dans un lieu encore tenu secret.

Nous dialoguons ensuite avec le guide spirituel, Raël lui-même. L'ameublement et la décoration de son grand bureau rappellent confusément ceux d'une chambre d'un grand adolescent: un lit, des photos d'une magnifique jeune femme en tenue d'Eve sur les murs, une étagère pleine de splendides modèles réduits de Ferrari, un arc et des flèches...
«Nous voulons réussir un formidable coup médiatique en étant les premiers à pouvoir présenter au monde un être humain cloné», s'enthousiasme Raël, fidèle à l'image qu'il a souvent donnée de lui dans divers talk-shows, avant qu'il ne quitte la France plus en guerre que jamais contre les éventuelles dérives sectaires. «Non, la France ne me manque pas du tout, martèle-t-il. Je n'y retournerai jamais. J'ai acquis la nationalité canadienne, car ce pays est tolérant, lui.»

Que compte-il faire à Genève, le week-end prochain, avec ses disciples européens? «La fête, tout simplement!» Le 7 octobre est en effet une date importante pour les raéliens. C'est ce jour-là, en 1975, que les Elohim ont rencontré Claude Vorilhon, rebaptisé Raël, pour la seconde fois. Celui-ci précise qu'il a engagé des poursuites à l'encontre du Noga Hilton genevois, qui a refusé d'accueillir les raéliens après avoir pourtant signé un contrat. Heureusement pour eux, l'hôtel Warwick a accepté de les récupérer.

Mais son principal cheval de bataille actuel, c'est le clonage. Le leader y voit un début de solution vers l'immortalité. La précarité de la condition humaine semble en effet le tarabuster, comme en témoigne la jeunesse des autres raéliens encore présents à Valcourt, avant le repli quasi général sur des terres moins rudes en hiver.

Après diverses considérations sur la vie, l'amour, le sexe et de nombreuses attaques contre le pape, il prend congé de nous. On visite alors le parc d'attractions d'UFOland, qui expose au moyen de panneaux didactiques, d'objets et de vidéos la doctrine en vigueur ici.

Certaines salles comportent quelques éléments très laïques, comme ce trophée gagné par Raël, pilote émérite, lors d'une course automobile. Anecdote amusante: lors de cette méritoire troisième place, Raël se serait retrouvé sur le podium en compagnie de Paul Newman. Le guide en aurait alors profité pour offrir un de ses ouvrages à la star. Newman lui aurait alors rendu la politesse sous forme d'une de ses fameuses bouteilles de sauce pour spaghettis qui portent son nom. Au fil des salles, le visiteur hermétique au charme de l'ufologie se laisse gagner par la lassitude.

On fuit alors l'odeur des diffuseurs de parfum pour aller fumer une cigarette. Un acte sacrilège dans la société raélienne, qu'il convient d'accomplir dans un champ, à une distance respectable d'UFOland.

Mais la promenade guidée, sous la conduite de Sylvie, très sémillante assistante de la non moins sémillante attachée de presse, dans la partie privée du domaine appelée le Jardin du Prophète, se révèle très oxygénante. C'est dans cette nature, au milieu des érables, que des raéliens du monde entier se réunissent par centaines en été pour s'adonner à la «méditation sensuelle», aux joies du naturisme et à des gestes d'affection qui ne nous regardent pas.

S'il demeure difficile de mesurer le degré exact de manipulation que subissent consciemment ou non les adeptes du raélisme, il faut admettre que ce mouvement, en vingt-sept ans, n'a guère fait parler de lui sur le plan pénal. Mais, en affirmant foncer tête baissée dans cette histoire de clones, les raéliens ne poussent-ils pas cette fois le cirque un peu loin?


France : Scientologie

Scientologie: la juge jugée

L'Express, 5 octobre 2000 par Jean-Marie Pontaut, François Koch

[Texte intégral]

L'Express révèle le contenu de la lettre de saisine adressée le 29 juin dernier par la garde des Sceaux à l'instance disciplinaire du Conseil supérieur de la magistrature. Il est accablant pour Marie-Paule Moracchini

Décidément, tout ce qui touche à la scientologie a des relents de scandale. L'Express révèle, en effet, un accablant document: il s'agit de la lettre de saisine, datée du 29 juin 2000, par la garde des Sceaux, Elisabeth Guigou, adressée à la formation disciplinaire du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) à l'encontre de Marie-Paule Moracchini, 50 ans, premier juge d'instruction au tribunal de grande instance de Paris. Que lui reproche la ministre de la Justice? Tout bonnement d'avoir laissé «pratiquement en déshérence durant cinq années» son enquête sur la branche parisienne de la scientologie, où dix-sept membres de la secte sont mis en examen pour escroquerie et exercice illégal de la médecine. L'Inspection générale des services judiciaires, saisie par la garde des Sceaux, accuse en effet la juge Moracchini d'avoir «fait preuve de manque de rigueur [...] au détriment de certaines parties civiles»: sept victimes, trois femmes et quatre hommes, dont l'opiniâtreté mériterait une inscription au Livre Guinness des records. Car l'instruction judiciaire est entrée, cet été, dans sa dix-huitième année, dont douze sous la direction de Marie-Paule Moracchini!

Pourquoi cette juge, «considérée comme l'un des meilleurs magistrats instructeurs», aurait-elle quasiment cessé d'instruire ce dossier sensible, prenant le risque de faire annuler toute la procédure pour cause de prescription? Et aussi de sortir de son rôle de juge d'instruction? Marie-Paule Moracchini a expliqué, selon les enquêteurs de l'Inspection générale des services judiciaires, que, «ayant des doutes sur les qualifications pénales des faits, elle avait souhaité favoriser un processus d'indemnisation des victimes».

Interrogée par L'Express, et bien qu'elle s'interdise de parler du contenu de l'instruction, Marie-Paule Moracchini rejette avec force cette accusation: «J'aurais favorisé l'indemnisation des parties civiles? C'est faux. J'aurais cessé d'instruire de 1993 à 1997? Si vous y croyez, demandez au parquet s'il est intervenu dans ce dossier, signalé depuis le début. Interrogez les avocats des parties civiles pour savoir s'ils ont fait des demandes d'actes. S'il n'y avait eu aucun acte, pourquoi l'avocat de la scientologie n'en aurait-il pas profité pour faire constater la prescription?» La magistrate ne supporte pas que les soupçons ne soient tournés que vers elle. Et souhaiterait que l'on regarde du côté du ministère public. Le parquet apporte une réponse dans le rapport (voir page ci-contre).

Difficile, pourtant, d'expliquer l'attentisme de cette juge d'instruction, réputée pour ne pas lâcher prise facilement. Elle a notamment démontré son ardeur, pour ne pas dire un singulier acharnement, en enquêtant contre son collègue Albert Lévy, soupçonné, alors qu'il était substitut à Toulon, d'avoir transmis à un journaliste un PV d'audition d'un homme d'affaires concernant des pots-de-vin versés pour un marché de cantines scolaires: alors que toute sa procédure était annulée par la cour d'appel de Paris, en 1999, elle a remis Albert Lévy en examen pour violation du secret de l'instruction.

L'information judiciaire sur les scientologues parisiens va-t-elle redémarrer au cabinet Moracchini? Fait exceptionnel, la cour d'appel de Paris lui a demandé, en 1999, de reprendre l'instruction à partir de février 1993, décision confirmée par la Cour de cassation, la semaine dernière: les magistrats se sont, en effet, appuyés sur la disparition d'une partie du dossier, dont la soustraction frauduleuse est probable, mais non prouvée, pour considérer que la prescription était «suspendue». Mais la chambre d'accusation de la cour d'appel de Paris doit se réunir, le 16 octobre, pour statuer sur la demande d'Olivier Morice, soutenue par Jean-Michel Pesenti, tous deux avocats de parties civiles: ils veulent voir désigner un nouveau juge d'instruction. Marie-Paule Moracchini pourrait donc être dessaisie du dossier avant même de comparaître devant ses pairs de la formation disciplinaire du CSM.


   France : Scientologie

La lettre d'Elisabeth Guigou

L'Express, 5 octobre 2000 par Jean-Marie Pontaut, François Koch

[Texte intégral]

Voici les principaux extraits de la lettre adressée au CSM visant Marie-Paule Moracchini

«Dans le dossier dit de l'Eglise de scientologie suivi au cabinet de Mme Moracchini, le 3 novembre 1997, la chambre d'accusation de Paris était saisie par les héritiers de M. Cordero, partie civile, d'une requête aux fins de règlement du dossier [...] En dépit d'une demande de communication, formée par le parquet général dès le 4 novembre 1997, le dossier n'était remis en original au greffe de la chambre d'accusation que le 3 mars 1998. [...] Le 5 mars 1998, une fonctionnaire constatait que le dossier comprenant dix tomes n'était pas complet, l'intégralité du tome 9 et les cotes D 1938 à D 1982 du tome 8 étaient manquantes, le tome 10 ne comprenait que six pièces non cotées. [...] Une mission était confiée à l'Inspection générale des services judiciaires, le 6 novembre 1998, suivie d'un complément d'investigations ordonné le 15 septembre 1999. Les recherches entreprises au greffe de la chambre d'accusation aussi bien que dans le cabinet d'instruction ne permettaient pas de retrouver les pièces manquantes. [...]

Mme Moracchini a placé, le 2 mars 1998 au soir, l'intégralité du dossier et le registre de transmission sur une petite table située à proximité de la porte de son cabinet. Sa greffière étant en vacances, et elle-même devant s'absenter le lendemain, elle a informé l'appariteur de service de sa galerie d'instruction qu'il devrait se charger du transport d'un dossier au greffe de la chambre d'accusation. [...] Pendant son transport, le dossier a pu être laissé sans surveillance dans un endroit accessible au public, les appariteurs ayant pour habitude de déposer, au fur et à mesure, les dossiers et le courrier sur un comptoir situé dans un couloir ouvert au public menant aux cabinets d'instruction. Le courrier étant distribué avant les dossiers, ceux-ci restent sur le comptoir, sans surveillance, dans l'attente du retour de l'appariteur. Par ailleurs, tous les dossiers, en raison de leur volume, ne peuvent être acheminés en une seule opération.

Au vu de l'inventaire du dossier et des précisions fournies par Mme Moracchini, l'Inspection des services judiciaires a été en mesure de conclure à la disparition: de l'intégralité des pièces de l'information ouverte en 1983; de l'ordonnance de jonction de cette information à celle ouverte en 1989; de toutes les pièces extraites d'une autre procédure, jugée à Lyon, impliquant l'Eglise de scientologie, et des ordonnances par lesquelles Mme Moracchini a versé ces pièces à son dossier; de lettres adressées au juge d'instruction par des avocats de parties civiles. [...] Les différentes hypothèses, quant à l'origine de la disparition, tendent à accréditer un acte de soustraction sans que ceci puisse être établi avec certitude. [...]

Le défaut de réception par un cabinet d'instruction parisien, tant d'une demande de transmission de procédure que du rappel la concernant, constitue un cas unique selon les renseignements obtenus par l'Inspection générale des services judiciaires. [...] L'article 81 du Code de procédure pénale dispose, d'une part, qu'il doit être établi une copie de toutes les pièces de la procédure, que chaque copie est certifiée conforme par le greffier ou par l'officier de police judiciaire commis; d'autre part, que les pièces du dossier sont cotées au fur et à mesure de leur rédaction ou de leur réception par le juge d'instruction. La tenue d'une copie complète aurait permis au magistrat instructeur de reconstituer les pièces portées manquantes dans l'original. [...]

Mme Moracchini a expliqué qu'ayant des doutes sur les qualifications pénales des faits, elle avait souhaité favoriser un processus d'indemnisation des victimes. Or selon les termes de la loi, l'office du juge d'instruction est de faire tout acte utile à la manifestation de la vérité. A cette fin, il a le devoir de rassembler les preuves de culpabilité ou de non-culpabilité et non de procéder ou de faire procéder à l'indemnisation des préjudices, mission des juges du fond. Lié par les réquisitoires du parquet, il ne dispose pas, contrairement à ce dernier, de l'opportunité des poursuites ni de la faculté de transiger. Le choix effectué par Mme Moracchini excédait sa compétence, dans un domaine où toute négociation apparaît délicate dans la mesure où elle met en cause des sectes à moyens financiers importants. [...] [Le représentant du parquet], qui a suivi ce dossier de 1989 à 1996, a précisé avoir plusieurs fois sollicité la communication du dossier pour règlement, mais s'être heurté à un refus du juge [...]. Or, la mission d'inspection a permis d'établir que le juge avait pratiquement cessé d'instruire en mai 1993. Cinq années après, Mme Moracchini estimait donc qu'il lui fallait faire le point avec les parties civiles. [...]

Mme Moracchini n'a pas apporté l'attention qui était nécessaire au suivi de la procédure, laissant pratiquement un dossier en déshérence, durant cinq années, malgré les relances du parquet et s'engageant dans une voie transactionnelle qui excède la compétence d'un juge d'instruction. Les constatations opérées par l'Inspection générale des services judiciaires ont démontré que, de 1993 à 1998, Mme Moracchini, après avoir fait le choix de privilégier la voie de l'indemnisation, n'a pas suffisamment veillé à ce que le dossier de l'Eglise de scientologie soit traité dans les meilleurs délais possibles. [...] En agissant ainsi, au détriment de certaines parties civiles dont elle affirme avoir voulu prendre en compte les intérêts, Mme Moracchini a fait preuve de manque de rigueur et a porté atteinte à la crédibilité de sa fonction et à l'image de l'institution. Mme Moracchini a ainsi manqué aux devoirs et aux charges de son état de juge. [...] Elisabeth Guigou


   France : Scientologie

«On cherche à me déstabiliser »

L'Est Républicain, 5 octobre 2000 par Laïd SAMMARI

[Texte intégral]

« Je conteste le droit à une autorité politique de dire à un magistrat comment il doit conduire une instruction », déclare Marie-Paule Moracchini.

- Quand avez-vous pris connaissance des griefs émis par la garde des Sceaux à votre égard ?

- J'ai reçu l'acte de saisine du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) par la ministre de la Justice durant le mois de juillet. Je voulais attendre de comparaître devant mes pairs pour m'expliquer car cette lettre est couverte par le secret de la procédure disciplinaire. Mais, aujourd'hui, la guerre est déclarée.

- A en croire Mme Guigou, vous auriez manqué de rigueur et porté atteinte à la crédibilité de votre fonction ?

- Une fois de plus, on déploie à mon égard des procédés tout à fait indignes. Ce sont des procédés scandaleux, monstrueux, qui visent à me déstabiliser. Il est clair que l'on veut m'empêcher d'exercer ma profession. Cette fois, on a dépassé les bornes. Considérant que mon honneur est en jeu, j'ai décidé de déposer plainte pour « violation et recel du secret professionnel ».

- Mme Guigou vous accuse notamment d'avoir laissé le dossier de la Scientologie en déshérence durant cinq ans ?

- Pour le moment, je refuse de répondre sur le fond car je ne veux pas céder à la provocation. Je ne veux pas me mettre au même niveau d'indignité que mes accusateurs. Je m'expliquerai devant le CSM et sur le terrain judiciaire. Je veux rester un magistrat digne. Mais, devant le CSM, je contesterai avec vigueur le tableau que Mme Guigou dresse de moi et les critiques qui me sont faites. Et je conteste le droit à une autorité politique de dire à un magistrat comment il doit conduire une instruction.

- Après de telles mises en cause, pouvez-vous encore continuer d'exercer sereinement votre métier ?

- Mme Guigou n'est peut-être pas la personne la mieux placée pour apprécier mes compétences en matière judiciaire. Je ne vais pas démissionner parce que Mme Guigou a porté des appréciations professionnelles sur moi. J'ai 25 ans de métier et, comme tous les magistrats, j'ai un dossier professionnel que le CSM examinera. Son contenu est loin de refléter les propos de Mme Guigou.

- On ne peut pas imaginer que la garde des Sceaux se soit exprimée à la légère ?

- Mme Guigou dit ce qu'elle veut. Elle ne m'a pas consultée avant d'écrire au CSM. Mais lorsque je comparaîtrai devant la juridiction disciplinaire, je produirai des éléments et d'autres écrits à mon sujet. On verra alors quel magistrat je suis et si j'ai abusé tout le monde durant 25 ans.

- Vous avez pourtant récemment demandé officiellement à être déchargée de vos fonctions de juge d'instruction ?

- C'est vrai mais cela n'a rien à voir avec cette affaire. Ce n'est pas parce ce que certains estiment que je suis un juge d'instruction incompétent qui a déshonoré la profession que j'ai demandé à changer de fonction. Je souhaite qu'il y ait beaucoup de magistrats en France qui travaillent autant que moi et aussi consciencieusement. Ce n'est en tout cas pas à Mme Guigou de dire si je suis, ou non, un mauvais juge d'instruction. Je ne lui permets pas de le dire.

- Alors pourquoi Mme Guigou vous en veut-elle autant ?

- Tout cela ressemble à de l'acharnement. Pourquoi cette haine ? Qu'ai-je fait ? En quoi suis-je gênante ? Je suis à mon cabinet du matin au soir. Je ne fais pas de politique. Je ne suis pas syndiquée et je ne m'exprime jamais dans la presse. Je vais mener l'enquête et je trouverai, croyez-moi.
 
 


   Suisse : Raël

Abus raéliens: l'ONU fait appel à la justice suisse

La Tribune de Genève, 5 octobre 2000 par André Lallemand

[Texte intégral]

Tract détourné - Les Nations Unies refusent d'être récupérées par les adeptes à Genève.
Ulrich von Blumenthal a tenu parole. Il y a deux semaines, le directeur du service juridique des Nations Unies à Genève affirmait vouloir prendre des mesures contre l'utilisation abusive du logo de l'ONU par la "religion raélienne" (nos éditions du 19 septembre). Depuis, il a demandé formellement aux autorités suisses de faire le nécessaire pour mettre un terme à ce détournement de sigle. Aujourd'hui, alors même que des centaines de disciples du Français Claude Vorilhon (Raël) convergent vers notre ville, le dossier est sur le bureau du procureur général genevois Bernard Bertossa.
Jusqu'à dimanche, la Cité de Calvin se mue en capitale mondiale des raéliens. Des quatre coins de la planète, les "ambassadeurs des extraterrestres" viennent assister à l'une de leurs rares conventions internationales. De quoi inquiéter sérieusement l'ONU et l'Unesco. Depuis août, des disciples du Français Claude Vorilhon (Raël) font en effet circuler, dans les rues de Genève et d'autres villes suisses, une version modifiée d'un dépliant qui porte les sigle des Nations Unies et celui de l'agence spécialisée dans l'éducation, la science et la culture.
Reproduisant pour l'essentiel le "Manifeste 2000 pour une culture de la paix et de la non-violence", les disciples du "prophète" ont remplacé l'une des six pages de ce tract bien-pensant par un texte de leur cru, frappé du logo raélien (la croix gammée indienne inscrite dans l'étoile de David) et laissant à penser qu'ils partagent les valeurs morales prônées par l'Unesco.

Clonage, mères porteuses, eugénisme et... Unesco

Ils ne sont pas prêts de s'arrêter en si bon chemin. Se posant en partenaires du Manifeste - sans autorisation de la Commission nationale suisse pour l'Unesco et contre l'avis du siège international de l'agence onusienne - les adeptes de ce syncrétisme venu de l'espace annoncent sans sourciller la tenue d'une conférence de presse, samedi après-midi, au cours de laquelle ils feront l'apologie du clonage humain, de l'eugénisme, des mères porteuses et... du Manifeste de l'Unesco!
Détail piquant: la Déclaration universelle sur le génome humain de cette même agence onusienne condamne clairement "le clonage à des fins de reproduction d'êtres humains", considéré comme une pratique contraire à la dignité (article 11). Sans compter que l'amalgame laisse à penser que l'ONU serait favorable à ces procédés interdits par la loi suisse! Quelles mesures prendra concrètement le procureur général de la République et canton de Genève pour défendre les Nations Unies et l'Unesco? Injoignable hier au téléphone, Bernard Bertossa n'a pu répondre à cette question. Affaire à suivre, donc.

Manifestation illégale aujourd'hui devant le Hilton

C'est à l'Hôtel Warwick que logent bon nombre de raéliens et dans ses salles qu'ils se réunissent pour leur quatrième convention internationale. Cette clientèle pas comme les autres ne dérange pas le directeur général. Pour autant que leurs activités n'aient rien d'illégal, Lucien Gibiser ne voit aucune raison de leur fermer sa porte.
Au Noga Hilton, son homologue Eric Kuhne n'est pas du même avis. Les raéliens avaient d'abord réservé dans son établissement. Mais il y a deux semaines, le directeur général avait préféré annuler, par crainte des manifestations de rue contre les projets de clonage humain.

Ironie du sort: ce sont ses ex-clients qui viendront manifester cet après-midi devant le Noga Hilton. La "Parade raélienne" convoquée à 15 h près de la gare Cornavin, devrait s'arrêter devant l'hôtel dirigé par Eric Kuhne aux alentours de 16 h 30. C'est du moins ce que nous a confirmé hier la porte-parole romande du mouvement, Dora Kefi. La manifestation est organisée sans autorisation de la police.
 
 


   France :Raël

Michel Field kidnappé par les extraterrestres !

L'Humanité, 5 octobre 2000 par Bruno Vincens

[Texte intégral]

L'émission de Michel Field a fait son retour sur France 3, il y a un mois, en direct de Toulouse. Nouvelle livraison ce soir depuis Strasbourg avec les nouvelles médecines pour objet. Dans la ville Rose, le thème garantissait le spectacle : les sectes. Reportage. Jeudi 7 septembre : France 3 avait planté ses caméras dans le hall de la cinémathèque de Toulouse, tout simplement parce que le lieu a été jugé télégénique.

Le décor de l'émission n'a aucun rapport avec son contenu. Avec le thème " Faut-il interdire les sectes ? ", Prise directe ne promettait pas un débat serein mais augurait une bonne audience. Avant le direct - que c'est long d'attendre jusqu'à 23 h 20 -, règne dans le hall une curieuse ambiance. Des membres de sectes et ceux qui les combattent feignent de s'ignorer. Pour être présent sur le plateau, il a d'abord fallu retirer des invitations et, à ce petit jeu, les raëliens ont été très forts.

On reconnaît facilement ces adeptes qui croient à l'arrivée prochaine des extraterrestres : ils portent en pendentif un svastika inséré dans une étoile de David. Michel Field, maître de cérémonie, arrive avec sa pipe.

L'animateur - il n'a pas apprécié que son émission hebdomadaire devienne mensuelle - se replie ensuite dans une petite cour, derrière la cinémathèque. Là, sont regroupés certains de ses invités, les " anti-sectes " : la députée PS Catherine Picard, un inspecteur général de l'Education nationale... François Simon, candidat PS à la mairie de Toulouse, est présent aussi. Ces personnes sont visiblement inquiètes : les illuminés ne vont-ils pas détourner l'émission à leur
profit ?

Michel Field s'efforce tant bien que mal de les rassurer : " Ça fait quelques semaines que je n'ai pas fait de télé, mais jusqu'à présent j'avais assez d'autorité pour ne pas laisser parler. " Une question demeure : " N'y a-t-il pas des micros baladeurs dans le public ? " " Oui, mais on peut les fermer à tout moment. Je ne serai pas là pour mettre de l'huile sur le feu. " Il ne sera pas possible d'entendre plus longtemps cette " conversation privée " : les assistantes de l'animateur chassent avec de grands hurlements toute personne indésirable. Plus que dix minutes avant le direct. Michel Field, jovial, s'adresse à l'assistance : " C'est une émission de reprise, on a un peu l'appréhension de ne pas retrouver nos marques ". Il confie une anecdote : " Avant, je travaillais avec Dechavanne. Quand l'audience de Ciel, mon mardi ! baissait un peu, on invitait à chaque fois les raëliens et l'audience remontait. "

Ça tombe bien, ce soir, les raëliens sont là ! Michel Field prodigue ses conseils aux participants de tous bords : " Verbalement s'affronter sans se foutre sur la gueule. L'agressivité, ça passe mal à la télé... Mais, il ne faut pas que ce soit chiant. " Merci d'éteindre vos portables, Michel Field montre l'exemple.

Et c'est parti. L'animateur est au centre de l'assistance, comme un dompteur au milieu d'une ménagerie imprévisible. Des victimes de sectes témoignent et, hors champs, les raëliens piaffent. L'un d'eux accède au micro pour compatir à la douleur d'une victime. " Guignol ! ", s'écrie un spectateur outré par cette hypocrisie. Vient le tour d'un scientologue. " Fasciste ! ", s'insurge une partie du public, tandis que les raëliens l'applaudissent. Field envoie le premier reportage et, dans la demi-seconde qui suit, s'exclame : " Pour le moment, le ton est bon ! " Sur place, personne ne s'intéresse au reportage. Chacun se libère et le débat se décline en une multitude de mini-discussions passionnées. Raëliens et scientologues devisent aimablement. Retour à l'antenne. Tout le monde veut s'exprimer.

Coup de théâtre - mieux que Dechavanne -, un chef scientologue et un curé, longtemps immobilisés dans un train, déboulent ensemble sur le plateau, à dix minutes de la fin. Mais le ton monte, et Field envoie un second reportage, providentiel. Hors antenne : " Les raëliens, vous avez déjà eu la parole ! " Retour au direct. L'ambiance est de plus en plus surchauffée. Enfin le coup de gong. Illico, Michel Field s'enfuit à toutes jambes vers la petite cour. A l'abri de la foule, du combat, de la passion, Michel Field récupère. Il s'empare d'une bouteille d'eau et sourit, satisfait.

Pendant ce temps, dans le hall et devant la cinémathèque, les passions continuent. Le prosélytisme aussi : les raëliens distribuent des tracts. Il est plus d'une heure du matin. Le chef scientologue, d'un calme olympien, est interpellé par des contradicteurs : " La scientologie est-elle riche ? ". " Cent mille fois moins que l'Eglise catholique. " " Parce qu'elle débute, c'est une start-up. " " Oui, la scientologie est une start-up. " Quelle belle formule choc ! Pourquoi ne pas l'avoir prononcée à l'antenne ?

Michel Field aurait tellement aimé.


  Suisse : Raël

Les Raéliens manifestent, la justice suisse reste muette

La Tribune de Genève, 8 octobre 2000 par Sophie Davarisr

[Texte intégral]

ANNIVERSAIRE - Le cortège a défilé dans les rues de Genève en évitant le Hilton. Entre trente et quarante selon la police, les manifestants s'estimaient entre trois cents et un millier à défiler dans les rues de Genève, hier après-midi. Partant de la gare Cornavin vers 15 heures, le cortège a gagné la rive gauche, arpenté les rues Basses, pour finalement revenir aux abords de l'hôtel Warwick - qui héberge le mouvement - vers 18 heures.

Contrairement à ce qui avait été annoncé la veille par le porte-parole romand des Raéliens, la manifestation ne s'est pas rendue devant l'hôtel Hilton. Cet établissement avait refusé d'accueillir la délégation.

Vingt-cinquième anniversaire

Munis de banderoles et distribuant des tracts, habillés pour certains de combinaisons en aluminium, les manifestants ont rappelé les raisons de leur présence à Genève. Une Convention internationale réunit les «coreligionnaires» du monde entier pour fêter le vingt-cinquième anniversaire de la rencontre de Raël avec une civilisation extraterrestre. Niant utiliser indûment le sigle de l'Unesco et réaffirmant leur volonté de pratiquer le clonage humain, les manifestants se sont une nouvelle fois insurgés contre la qualification de secte.

Contravention dressée par la police La police a suivi de près le cortège et constatait à 19 heures que tout était rentré dans l'ordre. «Le mouvement raélien n'a pas demandé l'autorisation de manifester. Une contravention lui a donc été signifiée pour manifestation non autorisée» précisait Pascal Di Camillo, officier de presse de la police.

A nouveau contacté, le procureur Bernard Bertossa est resté injoignable. On ne sait donc toujours pas ce qu'entreprendra la justice suisse pour défendre l'Unesco dont le sigle est toujours utilisé par le mouvement raélien.


  Suisse : Raël

Les raëliens ont été interdits de manif.

Le Matin, 8 octobre 2000 par Yves Lassureur

[Texte intégral]

Les Elohim, ces petits hommes verts qui ont créé l'humanité et pilotent des soucoupes volantes à toute berzingue dans l'espace, doivent avoir ces jours l'oeil rivé sur Genève : de jeudi à ce dimanche, la ville accueille la Convention internationale de la religion raëlienne.

L'événement marque le 25e anniversaire du jour où l'Auvergnat Claude Vorilhon, chef spirituel du mouvement sous le nom de Raël, a été emmené par lesdits Elohim sur le planète afin d'être mis au courant de la Vérité. Combien de "frères et soeurs de l'Infini" comme ils s'appellent, participent à cette rencontre ?

Entre 300 et 400 selon leur service de presse, venus des quatre coins de la planète. Initialement, le raout devait avoir lieu au Noga-Hilton; la réservation était faite, les arrhes versées (pas loin de 70 000 frances), mais la direction de l'hôtel a annulé le contrat, craignant que la présence de ce mouvement, connu pour ses prises de position en faveur du clonage d'êtres humains, n'indispose sa clientèle et le public.

Heureusement, les adeptes de Claude Vrilhon n'en ont pas été réduits à trouver refuge dans quelque crèche genevoise, entre l'âne et le boeuf; ils ont été accueillis par l'Hôtel Warwick.

Ils projetaient d'organiser hier une manifestation de protestation contre le Noga-Hilton, mais leur demande d'autorisation a été refusée par la police genevoise. Elle craignait une "atteinte à l'ordre public".

Rien d'autre qu'une "discrimination" de plus selon Raël. Petit chignon sur la tête et vêtu d'une sorte de toge immaculée, le Maître a reçu la presse pendant une heure, hier après-midi dans les salons du Warwick, pour fustiger l'intolérance dont les raëliens seraient victimes, comme toutes les "minorités religieuses".

En première ligne, dans son collimateur : la France, qu'il a quittée pour le Canada. Elle a accouché d'un "infâme rapport sur les sectes". Les raëliens, annonce-t-il, vont dénoncer la politique de discrimination religieuse et d'incitation à la haine du gouvernement français lors d'une réunion de sécurité européenne le 27 octobre, à Varsovie.

"Nous sommes complètement athées" lance-t-il. "Nous ne croyons en aucun dieu, nous croyons à la science". Cette science qui permettra bientôt de voir naître "le premier enfant cloné", de "vivre 700 ou 800 ans" et de transférer la personnalité d'un être humain sur un autre via un ordinateur... Un sacré programme qui passe donc, à entendre Claude Vorilhon, par la tolérance, le respect, le bonheur.

Ce monde de béatitude science-fictionnesque s'épanouissait plus, il est vrai, dans le discours de Raël que dans les coulisses de la rencontre. Hors conférence de presse, gare au journaliste qui s'approchait trop d'un groupe de congressistes en train de discuter : aussitôt, un malabar du service d'ordre venait lui intimer l'ordre de s'écarter sous prétexte qu'il s'agissait d'une "conversation privée".
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de Sylvie : Bonne fin de convention. Et que les Elohim soient avec vous.
 
 


   Belgique : Scientologie

Attrape nigaud(e)s

Le Vif / l'Express, 08/10/2000 par Valérie Colin

[Résumé]

Merchandising et Cyber-Traque

En recrutant désormais sur le Net la scientologie élargit son terrain de chasse. Sans renoncer aux méthodes traditionnelles de vente par correspondance «Mettez la tech en application dans la vie »... Le « catalogue des fêtes de dianétique et de scientologie », brochure luxueuse rédigée en français, propose la gamme complète des « produits » de Ron Hubbard. Blousons avec bras de cuir véritable, broches et bracelets d'argent d'un goût suspect, photos encadrées du grand maître à tous les âges de la vie y côtoient, bien sûr, la titanesque bibliographie de Source Ron Hubbard (Source s'est tari en 1986, pour le plus grand bien des arbres de la planète). Disponible en une quinzaine de langues, tous ces ouvrages volumineux racontent l'« histoire brillante de la vie la plus extraordinaire jamais vécue » (rayon culte de la personnalité, Staline et Mao peuvent aller se rhabiller). Total : 521 325 francs. Trop cher ? Il y a peut-être, quelque part, un petit électromètre en solde [NDLR : sorte de détecteur de mensonges, outil indispensable aux affiliés].

Un exemplaire de l'édition spéciale de la machine, émeraude ou rubis, se paie uniquement en dollar et en chiffres ronds (10 000 $, à titre de « donation pour la dissémination planétaire » de la religion). Pour tous ceux qui voudraient commencer, disons, plus modestement, la scientologie propose, depuis des lustres, de sonder les performances psychiques de ses recrues éventuelles. Gratuitement. « Normalement, ce genre de test vous coûterait plus de 500 $ » (C'est ça, c'est ça.) D'autant que les questions (200, pseudo-scientifiques et vaguement freudiennes) sont d'un rasoir... La liste des questions, dont les items se recoupent constamment, trahit quelques-unes des éternelles obsessions scientologiques : la hantise des drogues, la révérence aux règlements et à la famille.

Le document rempli, la scientologie vous invite à le lui retourner électroniquement (pour analyse par un évaluateur compétent »), avec mention de vos nom, adresse, téléphone, e-mail, age, sexe et emploi.


   France :Raël

Aux frontières du Raël

Fr.soc.sectes, 8 octobre 2000

[Texte intégral]

A la Lesbian and Gay Pride de Marseille, en fin de cortège, juste avant Amnesty International, se tenaient deux ou trois banderoles avec peu de gens derrière mais des slogans dessus. N'écoutant que mon instinct militant, en manque dans les LGP où les revendications deviennent plus anecdotiques que les drag-queen, je m'approche, refusant de soutenir cette grande cause nationale.......

Donc je m'approche et je m'aperçois rapidement qu'à côté du Stop à l'indifférence et du Rainbow Flag, c'était le sigle des Raëliens, l'étoile de David avec un tourbillon au milieu, la version édulcorée de leur premier logo : une étoile de David avec une croix gammée au centre. De bon goût, non? Et s'il n'est plus utilisé, ce n'est pas parce que le conseiller-marketing de Raël a trouvé que cela n'était pas assez vendeur, c'est seulement à cause des associations juives qui ont porté plainte et ont eu gain de cause.

Raëliens=secte Les Raëliens ne sont ni plus, ni moins, qu'une secte. En gros, la mère de Raël a été enlevée par les extra-terrestres, ........ ça a donné Ral (Claude Vorilhon en vrai mais ça a moins de gueule), une sorte de messie barbu, mi-homme, mi-extra-terrestre (ça ne vous rappelle pas quelqu'un ?) qui est sur Terre pour annoncer au monde que les hommes ont été créés par les E.T. et qu'il faut se préparer à les recevoir en construisant une ambassade. Il explique tout ça dans son bouquin qu'il appelle , et il ne s'emmerde pas : "Le livre qui dit la vérité", rien que ça! Mais le malheur a voulu que plutôt que de rester dans son jardin à traquer les petits-hommes-verts-installateurs-de-paraboles-chez-TPS, Cloclo a fondé une secte qui est devenue une des plus importantes de France. Eugénisme et géniocratie au programme

La secte raëlienne, outre qu'elle lave le cerveau et le portefeuille de ses membres, qu'elle détruit des familles et de vies, bref qu'elle fait son boulot de secte, prône des valeurs assez peu compatibles avec les banderoles pleines de tolérance de la LGP marseillaise. En effet, les E.T généticiens qui nous ont créés étaient répartis en équipe, plus ou moins performantes. La meilleure d'entre-elles créa le peuple d'Israël ........ les autres peuples étant les résultats, plus ou moins loupés, des autres équipes, et c'est pour ça qu'il prône l'eugénisme, c'est-à-dire la sélection génétique des humains, afin de récupérer le coup, en quelque sorte.

Dans ce système, si vous êtes trop basané, trop petit, trop mal foutu ou trop con, n'espérez pas pouvoir vous reproduire, seuls ceux correspondant aux critères raëliens peuvent perpétuer la race. De même, seules les personnes ayant un certain QI peuvent voter, mais uniquement pour des candidats ayant au moins un QI supérieur de 50% à la moyenne.

Et quand le cataclysme viendra, bien sur seuls ceux qui auront cru et ne qui ne sont pas trop difformes seront sauvés, les autres périront dans un maxi barbecue, partageant le sort échu habituellement aux merguez. Heu-reu-se-ment il y a Raël! Lour vivre, la secte qui est sous statut d'Association loi 1901 à but non-lucratif (pouf, pouf), outre le don annuel obligatoire ( 1/100 du salaire), les héritages dont elle doit être la seule et unique bénéficiaire et la vente de différentes babioles et livres dont l'achat est " recommandé ", congèle, pour un prix astronomique (normal pour des adeptes des E.T ) un petit bout de vos tissus, après votre mort bien sur, afin de pouvoir vous reconstituer juste à partir de votre ADN quand la technique sera au point.

Donc attention danger. Les Raëliens, comme toutes les sectes, s'adressent en priorité à un public fragilisé donc plus facile à "convertir" et trouve avec les jeunes gays et lesbiennes, pas toujours forcément bien dans leur peau, parfois en rupture avec leur famille, une cible idéale. Et on ne lésine pas sur les moyens, deux tracts différents sur papier glacé et en quadrichromie ont été largement diffusés durant la LGP marseillaise.

Il y est question de tolérance et d'égalité, et bizarrement, nullement question de hiérarchie des races humaines ou d'eugénisme. Adolf de Nazareth N'étant pas marseillaise mais seulement de passage là- bas, je ne sais dans quelles conditions se sont faites l'admission des Raëliens dans le cortège, elle n'était en tout cas pas clandestine puisque le bateleur qui tenait le micro (il manquait juste "et on lève les bras dans le tunnel!" pour se croire totalement à la Foire du Trône) les a remercié plusieurs fois pour leur présence, Tout comme Act-up , Amnesty ou la MNEF. Bref, ça serait bien que l'année prochaine on soit un peu plus regardant sur les associations participantes et qu'on ne laisse pas une telle tribune aux disciples d'une sorte de progéniture monstrueuse de Jésus et d'Hitler qui aurait trop regardé Spielberg.


   France : Scientologie

L'imbroglio scientologique

L'Express, 12 octobre 2000 par François Koch

[Texte intégral]

Le juge d'instruction parisien Renaud Van Ruymbeke vient de mettre en examen l'Association spirituelle de l'Eglise de scientologie d'Ile-de-France, en tant que personne morale. Un véritable tournant dans les nombreuses procédures visant la secte, puisque seuls des responsables avaient été jusque-là poursuivis à Paris, à Lyon et à Marseille. La justice souhaite sans doute empêcher la Scientologie d'affirmer après une condamnation, comme elle a pu le faire à Lyon ou à Marseille: «Ce ne sont que des dérives locales circonscrites à quelques individus.»

L'information judiciaire de Renaud Van Ruymbeke, connu pour sa rigueur et son opiniâtreté, avait donné lieu à une perquisition en mai dernier, où deux ordinateurs et deux serveurs avaient été emportés, le président francilien de la secte, Marc Walter, ayant été gardé à vue, puis relâché. Au siège de la Scientologie, son porte-parole affirme que la mise en examen, pourtant confirmée à L'Express de bonne source, n'a pas été notifiée: «Notre association n'exerce qu'une activité religieuse et n'a donc rien à se reprocher.»


   France : Scientologie

Lettre à tous les scientologues de l'internet

e mail de la Scientologie

[Texte intégral]

EN PROVENANCE DE L'EGLISE DE SCIENTOLOGIE
(NOTE : si vous connaissez un autre scientologue de l'Internet ou d'AOL, s'il vous plaît, transmettez-lui ce mail)

Cher scientologue,

Comme vous le savez, il y a un bon paquet de fausses informations ou d'informations erronées qui circulent sur Internet à cause de quelques détracteurs ou suppressifs.

L'Eglise projette de collecter toutes ces informations, et nous avons besoin de vous. Nous avons obtenu qu'une instruction soit ouverte à propos de ces messages envoyés individuellement, parce qu'ils sont diffamatoires ou violent les lois du copyright.
Nous avons un plan d'action que nous appliquerons pour faire disparaître les " enthéta " de ces forums (alt.religion.scientology, et alt.clearing.technology) etdonner une information positive au public sur ce qu'est réellement la scientologie, sur nos activités, nos réussites, et les œuvres de LRH (Lafayette Ron Hubbard). Il y aura aussi des actions en justice dont nous vous reparlerons plus tard. Fondamentalement, comme groupe nous ne supportons plus que soit PLUS LONGTEMPS critiquée, harcelée et dénigrée notre religion sur Internet.

En premier, je veux remercier tous ceux qui ont transmis des éléments positifs et fait disparaître quelques enthéta diffusés.

En second, je voudrais vous demander votre assistance pour que chacun d'entre vous envoie des messages positifs sur Internet (au moins une fois par semaine, plus si vous voulez) à propos de la scientologie.

Nous voulons des messages de fond. En d'autres mots, n'essayez pas de discuter. Submergez-les et continuez à diffuser des messages POSITIFS ET TONIQUES, qui expliquent ce qu'est réellement la scientologie, comment elle vous a aidé, vous ou un ami, quelles sont les activités de l'Eglise, et son expansion. C'est facile d'entrer en opposition avec les détracteurs dans ce système, mais cela ne fait pas nécessairement une bonne communication vers la masse du public qui peut lire ces forums.

Il y a une excellente réponse dans LRH, La Ligne de l'ennemi, PR Série 27. Dans ce texte, LRH dit qu'il ne faut pas combattre la ligne ennemie, ni même l'attaquer. VOUS SURMONTEREZ AVEC SUCCÈS AUTOUR DE VOTRE PROPRE CAMPAGNE.

Cela peut être appliqué chaque fois que vous diffuserez un message en faveur de la scientologie, comme nous voulons diffuser cette communication " théta " vers un large public.

L'Eglise Internationale de scientologie a son propre site sur Internet et nous allons aussi diffuser des messages régulièrement sur celui-ci ; aini si vous vous sentez attaqué par des détracteurs ou suppressifs, faites le nous savoir, et nous pourrons vous transmettre le matériel de ce qui doit être dit.
Si vous imaginez 40 à 50 scientologues diffusant sur Internet chaque jour, nous chasserons les suppressifs du système. Cela va être relativement simple, maintenant.

La CSI (L'Eglise Internationale de scientologie) va vous envoyer des mails avec des instructions détaillées et de bons messages individuels à diffuser, de façon à ce que vous ayez en permanence du matériel à diffuser.. Si vous manquez de matériel, ou si vous désirez croiser votre matériel avec nous pour vérifier le contenu, envoyez un e-mail, à cette adresse, jusqu'à ce que la CSI ait la vôtre.
Les deux forums sur Internet sont " alt.religion.scientology, " et " alt.clearing.technology " (fondé par Homer Smith, un suppressif déclaré). Nous devons submerger ces deux forums avec l'information positive de l'Eglise.
Pour ceux qui ont accès à AOL, vous savez que les mêmes attaques ont lieu sur ce système. La même méthode doit être pratiquée (diffusion de messages positifs sur la scientologie).

L'Organisation de Diffusion Planétaire (PDO) va avoir un site sur Internet, qui diffusera les œuvres de LRH,(1) et d'autres matériaux de campagne.. Nous ferons des disques laser des œuvres, et nous utiliserons tous les moyens donnés par Internet pour diffuser partout la scientologie.

Tout cela est très excitant, et ouvre une nouvelle ère aux internautes en ce qui concerne la scientologie.

Regardez rapidement vos boîtes pour recevoir le premier message de la CSI. Nous VOULONS faire disparaître tout cela.

J'aimerais recevoir vos idées et suggestions pour faire d'Internet un espace libre pour l'expansion de la scientologie.
Merci
ELAINE SIEGEL
Office des Affaires spéciales internationales

(1) J'espère que seront diffusées également certaines instructions de LRH concernant, par exmple, la propagnade noire ! Mathieu Ph Cossu.


   France : Sectes

L'Union européenne en quête de sens et de valeurs ajoutées

Libération, 12 octobre 2000 par Nathalie Dubois et Jean Quatremer

La Charte des droits fondamentaux, synthèse des textes déjà existants, sera soumise demain au sommet des Quinze à Biarritz.

Au "Liberté, Egalité, Fraternité" de la Révolution française, les petits écoliers devront-ils bientôt ajouter les six valeurs fondatrices de l'Union européenne: "Dignité, Libertés, Egalité, Solidarité, Citoyenneté et Justice"?

C'est l'ambition des auteurs de la "Charte des droits fondamentaux", qui sera soumise demain à Biarritz aux quinze chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union avant d'être "proclamée" à Nice, en décembre prochain. Ce texte de 54 articles est sans équivalent dans le monde puisque s'y trouvent mêlés, pour la première fois, les droits civils et politiques (liberté d'expression, droit de vote, prohibition de la peine de mort, etc.), les droits économiques et sociaux (droit de grève, syndical, d'accès aux soins médicaux) ainsi que les droits dit de "la troisième génération" (environnement, consommation, droit à la paix, etc.).

Déficit d'âme. "Cette Charte n'est pas une révolution dans l'énoncé des droits", constate Dominique Rousseau, professeur de droit public à l'Université de Montpellier, puis-qu'elle se contente d'effectuer une synthèse de droits déjà existants, dans les textes nationaux ou les conventions internationales. "Mais c'est néanmoins une révolution par le fait que quinze peuples européens qui ont chacun leur culture et leur histoire, déclarent leur adhésion à cet ensemble-là de principes fondamentaux, poursuit Dominique Rousseau.

Tout le monde peut s'en accommoder même si aucun peuple ne peut s'y retrouver entièrement." On comprend dès lors que ce catalogue de droits suscite déjà frustrations et récriminations

C'est l'Allemagne qui a eu l'idée de la Charte.

Lorsque les Quinze, au sommet de Cologne de juin 1999, la mettent sur les rails, l'argument majeur est de combler le déficit d'âme de l'Europe, de rapprocher les citoyens de cette construction communautaire dont ils se sentent éloignés, à en juger par les taux d'abstention record aux élections européennes. Face au fatras de 715 articles empilés par quatre traités européens successifs, il a semblé nécessaire de redonner du sens à ce qui fonde cette "union sans cesse plus étroite" du "club des Quinze". D'autant qu'à l'Est, dans les jeunes démocraties candidates à l'adhésion, certaines valeurs ne sont pas forcément superflues à rappeler. Il n'a jamais été question de se lancer dans une Déclaration des droits de l'homme modèle 1789, mais, plus sagement, de "réunir les droits fondamentaux en vigueur au niveau de l'Union dans une charte de manière à leur donner une plus grande lisibilité", comme le précise le mandat donné à Cologne. Prudence. Pour la rédiger, les Quinze ont eu recours à une procédure originale en créant une "convention" ad hoc composée de 30 parlementaires nationaux, 16 députés européens, 15 représentants des Etats et un membre de la Commission européenne. Cette enceinte a pris soin d'entendre toutes les associations et autres ONG qui le souhaitaient afin de ne pas être accusée d'être coupée de la "société civile". Durant les neuf mois qu'a duré l'élaboration de la Charte, de belles batailles ont eu lieu, à la fois entre pays et entre tendances partisanes.

Chacun, y compris les sectes, a tenté de glisser son amendement afin de faire reconnaître tel ou tel droit ou de faire prévaloir son interprétation dudit droit. Le compromis final porte la marque de ces batailles, ce qui explique certaines formulations prudentes. Chacun a ainsi "droit à l'éducation", mais le "droit au travail" ou "au logement" ne sont pas reconnus comme tels. De même, le droit "à la sécurité sociale" a été prudemment remplacé par le "droit d'accès aux prestations de sécurité sociale et aux services sociaux". Les pays nordiques n'ont pas obtenu la mention de droits pour les minorités nationales. Mais, en dépit d'une longue résistance du Royaume-Uni et de l'Irlande, le "droit de grève" et le droit de former des syndicats ont, in extremis, trouvé place dans le texte final.

La Charte, en dépit de ces négociations ardues, consacre et conforte une série de principes fondamentaux qui vont parfois au-delà de ceux proclamés dans la Convention européenne des droits de l'homme de Strasbourg: le droit à la protection des données (le fichage informatique), l'interdiction du clonage reproductif des êtres humains, les droits de l'enfant, le droit à l'objection de conscience, l'égalité entre hommes et femmes sans que cela "n'empêche [...] le maintien ou l'adoption de mesures prévoyant des avantages spécifiques en faveur du sexe sous-représenté", ou encore le droit à un environnement sain. Alors que l'exercice aurait pu se limiter à un morne catalogue de droits existants, "on a vraiment gagné la bataille du contenu", estime la socialiste française Pervenche Béres, qui représentait le Parlement européen dans la Convention. Menace de veto.

Cela étant, le compromis n'a pas toujours été possible. Et la Convention a parfois dû jouer sur... les langues. Ainsi, les démocrates-chrétiens, menés par la CSU bavaroise, ont exigé une référence d'abord à Dieu puis à la tradition judéo-chrétienne puis à l'"héritage religieux" de l'Europe. Tollé de la France laïque. Coup de fil et menace de veto du Premier ministre Lionel Jospin auprès de l'ancien chef d'Etat allemand Roman Herzog, qui préside les travaux sur la Charte. Finalement, le Préambule du texte se contente de faire référence au "patrimoine spirituel et moral" de l'Union. Du moins dans sa version française. Car la version allemande, elle, emploie l'adjectif geistig-religiös, qui veut dire "spirituel-religieux"... Ce n'est pas tout à fait la même chose, mais ça fait plaisir aux Allemands. Si cette Charte devrait être "proclamée" formellement sans difficulté lors du sommet de Nice, en décembre prochain, il est douteux que les Quinze soient prêts à lui donner tout de suite un caractère juridiquement contraignant. Mises à part la Belgique, l'Italie et l'Espagne, aucun Etat ne souhaite pour l'instant s'encombrer d'un nouveau texte obligatoire. Nombreux sont d'ailleurs ceux qui invoquent le risque de confusion avec la Cour européenne des droits de l'homme, basée à Strasbourg (lire encadré). En fait, certains juristes estiment qu'à peine la Charte proclamée les juges nationaux et la Cour de justice européenne de Luxembourg s'empresseront de lui conférer une force obligatoire. Tout comme le Conseil constitutionnel l'a fait en France en 1971 avec la Déclaration des droits de l'homme de 1789.


   Allemagne : Raël

La secte qui clone les bébés

BLICK 12 octobre 2000 par Muriel Spitzer

[Traduit de l'allemand]

Ce mois-ci encore, 50 mères porteuses ont été fécondées, à dessein de clonage humain.

NASSAU - Le médecin français, Brigitte Boisselier, 44 ans, veut cloner un bébé. Elle appartient au Mouvement Raëlien, qui croit aux extraterrestres. Le Dr Boisselier veut offrir aux parents d'une enfant décédée à l'âge de dix mois, la possibilité d'obtenir une copie parfaite de leur fille. Ce faisant, 50 mères porteuses ont déjà offert leurs services.

"Les extraterrestres nous promettaient, il y a déjà 25 ans, que nous pourrions nous faire cloner", explique Thomas Känzig, 27 ans, attaché de presse du Mouvement raëlien en Suisse alémanique. "Pour les parents, c'est tout simplement miraculeux. Votre bébé revit à nouveau." Aux Bahamas, la société "Clonaid" a déjà aménagé ses locaux et a assidûment amassé de grosses somme d'argent dans ce but.

Maintenant, ce rêve est devenu réalité :"Nous commencerons ce mois-ci les premières tentatives de clonage", déclare Brigitte Boisselier.

De nombreux scientifiques se déclarent horrifiés : "c'est un crime que de cloner un être humain", nous confie le professeur écossais Ian Wilmut, lui-même créateur de la brebis clonée, Dolly. "Représentez-vous le bonheur et la joie d'une veuve qui donnera naissance à un enfant qui ressemblera trait pour trait à son époux défunt", nous affirme la doctoresse Raëlienne, Brigitte Boisselier.

Cela est-il vraiment aussi simple ? "En pratique, les résultats déjà obtenus in vitro permettent de rendre parfaitement plausible la création d'un bébé en laboratoire ", dit Michael West de l'Advanced Cell Technologies, sise au Massachusetts. "Les procédés techniques envisageables ne sont d'ailleurs pas couvert par le sceau du secret, vu qu'ils se trouvent consignés dans chaque manuel."

La plus grande difficulté réside néanmoins dans le fait que plusieurs grossesses s'avèrent nécessaires pour cloner une personne : "c'est un peu une loterie à numéro", déclare l'expert es clonage Georg Seidel, de l'université du Colorado. "Si l'on procède à plusieurs essais réitérés, cela finira inévitablement par marcher." Ce faisant, Avec 20 oeufs de donateur et 50 mères porteuses, les Raëliens ont déjà de grandes chances de réussir à créer une copie de la fille défunte.

Notre laboratoire de clonage se trouve situé dans un pays où le clonage n'est pas punissable - contrairement aux pays industriels. Des centaines de personne s'annoncent déjà comme candidats au clonage, parmi lesquels figurent les parents de la petite fille américaine morte à l'âge de dix mois... qu'ils ont fait congeler chez "Clonaid"... pour la modeste somme de 50 000 dollars.

Une affaire très lucrative pour la secte raëlienne : au total, 40 millions de francs suisses (160 millions de FF) amassés sur les comptes bancaires suisses, affirme "Catalyst", une organisation britannique qui lutte contre les sectes.
 
 


   France : Sectes

Le conseil de l'Europe et les activités illégales des sectes

Le Midi Libre 12 octobre 2000

Alain Vivien, président de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (Mils), participera vendredi à Nîmes à la réunion de la cellule préfectorale de vigilance qui réunit acteurs judiciaires, sociaux-éducatifs et les représentants d'associations qui défendent les victimes des sectes. Au cours d'une interview accordée à Midi Libre il indique : " Le Conseil de l'Europe vient de marquer une étape essentielle dans l'harmonisation des positions des Etats européens, en adoptant en juin 1999, une recommandation sur les « activités illégales des sectes ». Les Allemands comme les Français et les Belges, les Suisses et beaucoup d'autres nations organisent actuellement la résistance des démocraties, face au totalitarisme sectaire".


  Suisse :Scientologie

L'Eglise de scientologie de Lausanne devra payer...

Web, 8 octobre 2000 par Yves Lassureur

[Texte intégral]

L'Eglise de Scientologie devra payer rétroactivement dix ans d'impôts au canton de Vaud et à la Ville de Lausanne.

C'est ce que démontre «La Liberté» sans avoir toutefois de confirmation officielle.

Le Tribunal a rendu son verdict, mais il n'est pas rendu public en raison du secret fiscal.

Deux gros indices permettent toutefois de conclure que les scientologues ont perdu.

La scientologie ne confirme pas sa défaite, mais affirme qu'il y aura des suites.

Les seules suites possibles sont un recours au TF que l'on ne fait que lorsqu'on a perdu. Et si elle avait gagné la scientologie le ferait savoir.


   France : Sectes

La résistance des démocraties, face au totalitarisme sectaire

Le Midi Libre 13 octobre 2000

[Texte intégral]

Alain Vivien, président de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (Mils), participera vendredi à Nîmes à la réunion de la cellule préfectorale de vigilance qui réunit acteurs judiciaires, sociaux-éducatifs et les représentants d'associations qui défendent les victimes des sectes. Au cours d'une interview accordée à Midi Libre il indique : " Le Conseil de l'Europe vient de marquer une étape essentielle dans l'harmonisation des positions des Etats européens, en adoptant en juin 1999, une recommandation sur les « activités illégales des sectes ». Les Allemands comme les Français et les Belges, les Suisses et beaucoup d'autres nations organisent actuellement la résistance des démocraties, face au totalitarisme sectaire".
 
 


  Paraguay : Moon

La Secte Moon se paie une ville

Nueva Radio International, 13 octobre 2000

[Texte intégral]

PARAGUAY Des représentants de la secte Moon ont visité une ville du Paraguay et se sont résolus à l'acheter.

Alertés, les habitants convoquèrent les députés et le vice-ministre de l'Intérieur afin d'éviter que les moonistes n'achètent les habitations et ne s'en tiennent qu'aux terres.

Mais les habitants de la ville de Casado (connue aussi sous le nom de La Victoria) s'y prenaient déjà un peu tard : la secte avait acheté toute la ville, soit le centre (6000 habitants) et 350 000 hectares alentours.

Cette transaction fut rendue possible avec la cessation d'activité de l'entreprise Carlos Casado S. A à qui appartenaient ces terres, vendant par la même occasion les maisons de ses ex-salariés.

Le Conseil du département de Alto Paraguay réunit très vite des députés et sénateurs, le vice ministre de l'Intérieur, la firme Casados S. A et Pard, le représentant mooniste.

Au cours de cette réunion, Pard déclara qu'il n'était pas habilité à concéder que les 6000 habitants de la ville conservent leurs habitations. Les négociations sont suspendues jusqu'au 25 octobre.

Selon les législateurs, la seule possibilité reste la déclaration de la ville dans le registre d'intérêt national afin que la secte ne s'empare des habitations, de l'hôpital, etc. Transmis par les relations internationales de la Federation Anarchiste Source :Nueva Radio International, 13 octobre 2000


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