Actualités sur les sectes en août 2000

 
Anthroposophie Un rapport inquiétant sur les écoles Steiner
Scientologie  Bête noire : la France n'est pas la seule pour la Scientologie
Scientologie Les scientologues déboutés par le tribunal administratif de Hambourg
Sectes Proposition de loi du 22 juin 2000
Sectes Communiqué de Raymond Forni, président de l'Assemblée nationale

Sectes

Tolérance ou intolérance
Scientologie Un dirigeant pas très au courant
Scientologie Autres poursuites engagées
Scientologie L'ennemi public n ° 1 est récompensé en Allemagne
Raël Les Raëliens récidivent
Omnium des Libertés Manipulation mentale : épouvantail ou réalité
Scientologie Mort dans un studio de film de la Scientologie
Scientologie Scientologie : mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose
Sectes En Grèce : lentement mais sûrement
Scientologie (*) La Scientologie contre la fraternité
Sectes (*) Les sectes à l'école 
Sectes La nouvelle loi renforçant les moyens de lutte contre les sectes dangereuses a provoqué une vive controverse
Scientologie La présidente de l'UNADFI et son avocat, M° Morice, renvoyés en correctionnelle
Anthroposophie Récusation des critiques du rapport de l'Education Nationale
Sectes Définir une secte est difficile. Observer des comportements est possible
La Citadelle Ecrouée pour l'enlèvement de sa fille
Sectes Fribourg dit non au centre d'information sur les croyances
Scientologie La Scientologie lance une campagne publicitaire de grande envergure

Sectes

Affrontements dans une secte chrétienne
Sectes La femme qui décrypte les sectes
Falungong Quelques victimes de la répression 
Falungong Falungong, la secte qui donne des sueurs froides aux hiérarques de Pékin 
Scientologie Un avis partagé par la Scientologie et le Dr Massimo Introvigne, président du CESNUR. 
Raël Raël supporte l'eugénisme génétique de l'intelligence
Témoins de Jéhovah Une réaction à "Les Témoins de Jéhovah et la Bible"
Ordre du Temple Solaire (OTS) La nébuleuse de l'Ordre du Temple solaire
Ordre du Temple Solaire (OTS) Selon le juge, Michel Tabachnik ne pouvait ignorer ce qui se préparait 
Ordre du Temple Solaire (OTS) L'OTS, une secte qui avait fait de la mort « le cœur de sa doctrine »
Ordre du Temple Solaire (OTS) Une « multinationale » financière qui devait beaucoup à ses mécènes
Le Mandarom Le Mandarom, opération séduction,
Ordre du temple Solaire Une secte qui avait fait de la mort " le coeur de sa doctrine (suite)
Sectes Sectes liées aux "Nouvelles Religions"
Sectes Cinq adeptes d'une secte japonaise morts de faim
Sectes Deux mises en examen après des profanations
Ordre du Temple Solaire (OTS) Les millions africains d'un proche de Jo Di Mambro - précision
Mormons (*) Une Eglise qui baptise les morts
Mormons (*) La généalogie, outil prosélyte
Mormons (*) Fichier mormon sur le Net : la France s'inquiète
Mormons (*) Au sujet des races et des castes
Mormons (*) Prophètes high tech
Mormons (*) Problèmes raciaux : comment ils affectent (sic) notre église
Le Mandarom Le Mandarom veut garder sa statue
Raël Les raéliens veulent cloner un bébé américain décédé
Raël Pour leur propre pub, les raéliens exploitent le nom de l'Unesco
Sectes De la manipulation mentale à la secte globale
Raël L'ONU menace de déposer plainte contre les raéliens
Le Mandarom Itinéraire du « Messie cosmoplanétaire »
Raël Peut être pas d'hôtel pour Raël

Sectes

130 fidèles d’un mouvement protestant sont arrêtés
OKC Un ex-adepte d'OKC règle ses comptes en public
Scientologie Déclaration de guerre des scientologues à la France
EURD L'implantation récente sur le sol luxembourgeois de l'EURD soulève une polémique
Sectes «Contre une loi anti-secte»

Scientologie

Protestation contre une expo sur la scientologie
Anthroposophie Les anthroposophes sont là

 

(*) Articles ou documents qui, compte tenu de leur taille, ne sont pas ci-dessous, mais sur une page particulière.


  France : Anthroposophie

Un rapport inquiétant sur les écoles Steiner

Le Parisien, 1er août 2000 par François Vignolle[Texte intégral]Enquête

Enfants non vaccinés, absence de normes de sécurité, pédagogie incohérente : un rapport commandé par le ministère de l'Education nationale s'étonne du fonctionnement des écoles Steiner.

Ces établissements scolaires s'inspirent de la Société anthroposophique fondée par le théoricien controversé Rudolf Steiner (1861-1925) : ils proposent aux élèves d'appréhender le " monde physique " mais aussi le " monde spirituel et divin ". Cette association figure dans deux rapports parlementaires belge et français sur les sectes.
Un contrôle inopiné

Pour la première fois, quatorze écoles privées Steiner, regroupant un peu plus de 3 000 enfants de la maternelle au secondaire, ont été inspectées par des fonctionnaires de l'Education nationale. Ce contrôle inopiné, effectué en décembre, présente une série d'observations surprenantes.

Les émissaires de l'Education nationale qui se sont présentés à l'Ecole Monteils (Gard) notent : " Les activités organisées ne laissent aucune place pour l'esprit critique, ni pour l'éducation physique et sportive, ni pour la biologie. " Même constat à l'école de Sorgues (Vaucluse). " Dans ses trois classes, aucun apprentissage structuré. Une maîtresse dit procéder par imprégnation. "

Les inspecteurs relèvent ainsi que les programmes d'enseignement sont fondés sur des thèmes mythiques et mystiques qui ne laissent aucune initiative aux élèves. " Les jeunes sont transformés en de simples exécutants gentils mais béats. On ne leur demande surtout pas de discuter ", constate un fonctionnaire à Saint-Julien-du-Sault (Yonne). Dans l'établissement de Strasbourg, l'eurythmie (recherche de l'équilibre et de l'harmonie), spécificité de la pédagogie Steiner, suscite le malaise des inspecteurs. " Ceux-ci (les enfants) ont évolué en musique (vieille dame au piano), revêtus de tuniques uniformes et de la même couleur. Ils ont essentiellement imité le professeur en représentant (...) un alphabet gestuel. On peut se demander si l'on ne cherche pas à gommer la personnalité des individus à travers l'uniformité du geste et du vêtement. Il s'agit sans doute de la séance la plus étrange qui nous a été donnée à voir. "

Des conditions sanitaires insuffisantes
Après la pédagogie, le rapport de l'Education nationale s'inquiète du nombre important de certificats de vaccinations non conformes. Ainsi, à l'école Steiner de Campagne-sur-Arize (Ariège), 42 enfants sur 68 ne sont pas vaccinés.

Les contrôles sanitaires effectués ne sont pas plus brillants. Cuisine à gaz dans une salle de classe, sanitaires inachevés... : seules trois écoles Steiner observent les normes de sécurité en vigueur.

Les inspecteurs n'ont cependant fait état d'aucune brimade sur des élèves comme l'affirmait un rapport des renseignements généraux (RG) de 1998 sur les enfants dans les sectes. " Les enfants faisant preuve d'inadaptation à la pédagogie Steiner sont en situation de danger psychique et physique", écrivaient les RG. Devant être " cassés " pour éviter qu'ils ne " mangent les autres ", ils sont régulièrement soumis à des sévices (isolement, soins médicaux forcés). " La Société anthroposophique, injoignable, a récemment indiqué que ses institutions ne portent pas en elle de caractère de secte. Elle ajoute qu'elle ne figurait pas dans le rapport parlementaire sur les sectes publié en 1997, même si elle l'est sur le dernier document portant sur l'argent des mouvements sectaires. Prudent, le ministère de l'Education nationale admet que les écoles Steiner ont interprété très librement les méthodes éducatives anthroposophistes, mais " qu'elles ne semblent pas relever d'une organisation sectaire ". Pour l'instant, les autorités demandent surtout aux établissements de se mettre en conformité avec les règlements de sécurité.


   Allemagne : Scientologie

Bête noire : la France n'est pas la seule pour la Scientologie

Bulles , n°66, 2ème trimestre 2000

[Texte intégral]Où le gouvernement américain intervient
Hambourg, le 25 octobre 1999 : lors de la pompeuse clôture d'un "Marathon européen pour les droits de l'homme", la Scientologie présente ses nouveaux locaux, en plein centre de la ville hanséatique, Domstrasse, à 100 mètres de l'Hôtel de Ville : immeuble de 5 étages, 3 000 m2 utilisables.

L'opération avait été tenue secrète jusqu'à ce que David Miscavage, chef suprême de l'organisation, l'eut annoncée triomphalement lors de la réunion annuelle de l'IAS tenue les 22-24 octobre à St Hill Manor (Angleterre). Le propriétaire est Waterfront SARL, au capital de 5,75 millions de DM (environ 19 millions de Fr), elle-même émanation d'une société américaine d'investissements sise à Washington, DC. Celle-ci avait chargé l'un de ses directeurs, Robert Drew Roseman, de créer en Allemagne une société pour l'acquisition de biens immobiliers. Ce qui fut fait en septembre 98. Unique associé : la firme de Washington. PDG : Robert Roseman.

Au printemps 99, Waterfront achète à Hambourg l'immeuble en question pour près de 20 millions de DM (67 millions de Frs) et y établit son siège. Le locataire fut vite trouvé : la Scientologie hambourgeoise avait dû quitter son siège en raison d'affaires peu claires : loyers impayés disent les uns, fuites d'eau, pannes de chauffage, disent les scientologues. Ils affirment que le contentieux a été réglé légalement. Le 27 novembre 1999 la Scientologie emménage, après transformations et installations luxueuses.

Qui a financé, en réalité, l'acquisition de l'immeuble ? "Nous avons de bonnes relations" avec le propriétaire, dit le porte-parole scientologue. À la Sûreté de Hambourg, on est persuadé que l'argent est venu, en tout ou en partie, de la centrale scientologue américaine, ce qui ne serait pas illégal. Alors pourquoi le camoufler ?

Les travaux de transformation ont été effectués sans permis. Le services d'urbanisme de Hambourg, avertis, ont envoyé un fonctionnaire se rendre sur place, et assigner un délai pour la présentation de la demande avec les documents requis.
Réaction : 48 heures plus tard, un fonctionnaire du Consulat général des États Unis à Hambourg se présente au Département de l'Intérieur du Sénat (gouvernement) de la Ville-État et demande des explications à la déléguée pour la Scientologie. C'est le Département d'État (ministère des Affaires étrangères américain) qui a donné ordre de s'occuper de l'affaire.

Étonnement : la Scientologie de Hambourg est une association allemande, déclarée à Hambourg (sans but lucratif bien sûr). En quoi cela regarde-t-il les autorités américaines ? Réponse : "Nous avons l'obligation de nous préoccuper des problèmes des citoyens américains". Mais la présidente de l'association scientologue est allemande. C'est d'ailleurs elle qui est allée se plaindre au consulat.

Le Sénat de Hambourg a adressé un courrier au Consulat américain pour lui préciser la législation allemande en la matière. le Département d'État comprend-il mieux l'allemand que le français ? (Morgenpost, 28.10.99 - Focus n° 52, 1999)


   Allemagne : Scientologie

Les scientologues déboutés par le tribunal administratif de Hambourg

Bulles , n°66, 2ème trimestre 2000

[Texte intégral]Objet du litige : depuis plusieurs années, le bureau "scientologie" du Département de l'Intérieur de la Ville-État de Hambourg a mis au point un formulaire que des entreprises peuvent utiliser pour s'assurer que leurs partenaires commerciaux n'utilisent pas les méthodes inventées par Lafayette Ron Hubbard (prophète de la Scientologie). Il s'agit d'éviter, dans la mesure du possible, l'infiltration d'entreprises par la Scientologie, en particulier par le biais de "séminaires de formation".

Deux scientologues se plaignaient d'avoir été lésées dans leurs affaires, et voulaient faire interdire la diffusion de ces questionnaires. La Scientologie s'était jointe aux plaignants.

Le 7 avril 2000, le tribunal a débouté tout le monde. La Scientologie, comme association, n'est pas concernée ; ses buts déclarés sont purement spirituels. Quant aux plaignantes : tout chef d'entreprise est libre de s'informer sur les méthodes et pratiques de ses partenaires. Le bureau "scientologie" de la Ville-État de Hambourg n'a fait que fournir informations et conseils, selon sa mission. Les chefs d'entreprise en font ce qu'ils veulent. Il n'est pas question de discrimination religieuse.

La Scientologie a fait appel et se dit décidée à aller jusqu'aux tribunaux européens.(Die Welt, 7-8.04.2000)


  France : Sectes

Editorial : Proposition de loi du 22 juin 2000

Regards sur, Eté 2000 par Jean-Pierre Bousquet - Directeur des publications du CCMM.

[Texte intégral]Il est des endroits de la route, virages ou carrefours qui se révèlent à l'usage plus dangereux que d'autres. D'autant que s'y conjugue, parfois, le sans- gêne et l'imprudence de certains conducteurs.

Nul ne s'offusque que l'on se décide un jour à diminuer le risque par tous moyens techniques appropriés. Bien au contraire, chacun s'interroge : combien aura-t-il fallu d'accidents avant que l'autorité prenne la décision d'agir ? Il apparaît tout aussi naturel que le conducteur responsable d'une faute caractérisée enfreignant le code de la route soit sanctionné par un retrait de permis.

La loi de 1901 sur le contrat d'association ouvrait un large chemin de liberté parcouru paisiblement par une grande foule depuis un siècle. Mais force était de r'connaître que, parmi les honnêtes citoyens respectueux des règles et dispositions de la loi, s'étaient glissés des conducteurs importuns. Il s'agissait, bien sûr, de ces organismes à caractère sectaire qui ont fait l'objet de plusieurs rapports parlementaires ou interministériels et à propos desquels nos associations tentaient, depuis longtemps, d'alerter les pouvoirs publics.

Combien de temps et combien de victimes allait-il falloir pour que l'on se décide à agir ?

Et voici que le 22 juin 2000, une proposition de loi "destinée à renforcer la protection des personnes abusées ou des familles déchirées par l'action des organismes à caractère sectaire" a été soumise à l'Assemblée nationale. Au cours du débat précédant le vote de nombreux orateurs, représentant toutes les familles politiques, ont exprimé leur conviction que l'ampleur et la force du phénomène sectaire ne permettait plus de tergiverser. Il fallait "appeler un chat un chat", et il est vrai que c'est la première fois que le mot "sectaire" apparaît clairement dans un texte de loi. Alors, diront certains : n'est-ce pas là la mise en place d'une législation anti-secte dont on prétendait ne pas vouloir ?

Mais seules les associations qui refusent à leurs adhérents la liberté dont elles-mêmes se réclament avec parfois tant de véhémence pourront redouter les rigueurs de la nouvelle loi.

D'autres estimeront que les outils juridiques existant suffisaient et que cette loi était donc inutile. Mais alors pourquoi la craindre ? A moins, bien sûr, de se reconnaître dans les actes dangereux qu'elle veut réprimer afin de mieux protéger l'exercice normal des libertés.

La loi votée à l'unanimité par l'Assemblée nationale va maintenant entamer sa navette parlementaire pendant laquelle elle sera, sans nul doute scrutée avec attention par tous ceux que préoccupent les Droits de l'Homme et, certainement, encore améliorée dans sa forme.

Mais le vieil argument selon lequel il n'était pas possible de définir ce qu'est une secte et qui a alimenté tant de polémiques extérieures aux familles vivant une extrême détresse à cause du fait sectaire, ce vieil argument risque fort de perdre beaucoup de sa validité.

Et il faudra toujours plus de mauvaise foi pour justifier la prospérité des "organismes à caractère sectaire".


  France : Sectes

Communiqué de Raymond Forni, président de l'Assemblée nationale

Regards sur, Eté 2000

[Texte intégral]

Le communiqué qui va suivre fait suite à l'assignation dont les membres, au nombre de quinze députés, en 1998-99, de la Commission d'enquête parlementaire sur les sectes viennent de faire l'objet, assignation déposée au Tribunal de Grande Instance de Paris par la société Stratégique dont le gérant est Christian Cotten.

L'association Stratégique ayant des activités dites de formation a été citée dans le rapport parlementaire "Les sectes et l'argent" de juin 1999 en page 141 comme liée à la scientologie ; à ce titre celle-ci estime avoir subi un préjudice grave et réclame 4,5 millions de francs de dommages et intérêts.Voici le communiqué tel que l'a prononcé M.Forni

"L'Assemblée nationale, a adopté à l'unanimité le IS décembre 1998 une proposition de résolution créant une commission d'enquête chargée d'étudier le phénomène des sectes qui, je le souligne, se caractérise souvent par des pratiques dangereuses et condamnables.
Les travaux de cette commission d'enquête ont donné lieu à un rapport en date du 10 juin 1999. Les quinze députés membres de cette commission d'enquête font l'objet d'une assignation devant le Tribunal de Grande Instance de Paris à l'initiative des gérants d'une société citée dans le rapport parlementaire de cette commission.
En qualité de président de l'Assemblée nationale, je tiens d'abord à exprimer ma totale solidarité à l'égard des parlementaires mis en cause. Je me dois de rappeler que l'article 26 de la Constitution protège les membres des assemblées de toutes poursuites "à l'occasion des opinions et des votes émis par eux dans l'exercice de leurs fonctions". Il est évident pour moi que les travaux accomplis par cette commission d'enquête relèvent de cette disposition. Aussi, la procédure engagée contre mes collègues ne peut se rattacher qu'à une manœuvre d'intimidation, d'autant plus contestable qu'elle porte atteinte à la liberté d'expression des parlementaires, principe de la Démocratie ".


  France : Sectes

Tolérance ou intolérance ?

Regards sur, Eté 2000

[Texte intégral]

Quelle "phobie" peut bien éprouver la Fédération Protestante de France (F.P.F), sous l'influence de son nouveau président, Jean-Arnold de Clermont, à l'égard des personnes, des associations ou des pouvoirs publics qui prennent la défense des victimes des sectes, pour ouvrir, par cette citation, un important dossier sur les sectes, dans cinq numéros de l'hebdomadaire protestant d'information générale REFORME (N° 2865-2866-2868-2869) ?

Benoît Hervieu-Léger, l'auteur de ce dossier, commence son premier article par cette citation du pasteur de Clermont, qu'il trouve sévère, mais qui a, selon lui, "le mérite de pointer l'erreur fondamentale de vue qui affecte le combat anti-sectes des pouvoirs publics depuis ses débuts : celle d'avoir introduit comme critère répressif la vocation religieuse (réelle ou non) de groupes par ailleurs convaincus mais pas toujours ? de crimes ou de délit".

Comment peut-on comprendre et admettre une telle diffamation accusant les pouvoirs publics, et les "anti-sectes", de discrimination religieuse ? On croit rêver ou, mieux, lire "Ethique et Liberté".

On est d'autant plus surpris de cette position que la Fédération Protestante de France nous avait habitué à un autre discours en matière de secte. On se rappelle l'excellent dossier préparé par Claudine Castelneau, intitulé "Voyage au Pays des sectes", paru dans le n° 2464 de REFORME du samedi 4 juillet 1992. On avait retenu en particulier cette phrase

Tolérance ou intolérance
"La phobie des pouvoirs publics à l'égard des sectes va bien au-delà de la seule volonté de défendre les victimes des groupes sectaires. Elle traduit, plus largement, une suspicion à l'égard du religieux général".

"Si le discours de la Fédération Protestante sur l'obligation de la tolérance a sûrement sa raison d'être en France, il dérape totalement aujourd'hui répéter que le christianisme "est une secte qui a réussi" ou que les Eglises protestantes françaises doivent être tolérantes parce qu'elles étaient considérées comme des sectes, il y a peu encore, n'intéresse plus personne et ce discours, utilisé par les groupes sectaires, désespère ceux qui attendent un encouragement positif et adapté, quand ils se battent sur le terrain sectaire".

L'amalgame est un peu gros. Avoir voulu, au nom de la sociologie des religions, ou de la théologie, baptiser les sectes de "nouveaux mouvements religieux" puis prendre leur défense en portant l'accusation d'atteinte à la liberté religieuse contre ceux qui se battent uniquement pour défendre les Droits de l'Homme bafoués et violés par les sectes, est simplement intolérable.

La tolérance devient intolérable quand elle tolère l'intolérable.


  France : Scientologie

Un dirigeant pas très au courant

Regards sur, Eté 2000

[Texte intégral]

Deux anciens scientologues ayant quitté la secte depuis plusieurs mois continuaient à être relancés par l'intermédiaire de l'Association Spirituelle de l'Eglise de Scientologie d'Ile-de-France (A.S.E.S.I.F.). Des plaintes ont été déposées, avec constitution de partie civile.

Sur les instructions de M. Renaud Van Ruymbecke, magistrat instructeur, une perquisition a été effectuée dans les locaux de l'A.S.E.I.F., rue Jules César dans le 12° arrondissement à Paris.

Dans les sous-sols de l'immeuble, les policiers du SEFTI -une unité spécialisée dans la criminalité informatique - ont découvert, dissimulée dans le local électrique, une petite pièce verrouillée où se trouvaient un serveur informatique contenant les fichiers des adhérents de l'association et cinq ordinateurs ainsi que des documents en rapport avec le contenu de ces machines.

Les deux porte-parole de la scientologie, Danièle Gounord et Jean Dupuis ont tenté de minimiser l'affaire, expliquant que les machines saisies leur avaient été retournées très rapidement ensuite par la Justice, et qu'elles ne contenaient rien qui puisse les gêner.

Quant au président de l'A.S.E.S.I.R, M. Marc Walter, titulaire d'un doctorat en informatique appliquée, il a déclaré ne rien connaître au système informatique gérant les fichiers de l'A.S.E.S.I.R.


  France : Scientologie

Autres poursuites engagées

Regards sur, Eté 2000

[Texte intégral]

Trois citoyens américains ont également porté plainte contre divers organes ou personnages de la scientologie, pour diffamation.

L'un d'eux est le millionnaire américain Bob Minton, financier de 53 ans à la retraite, qui dénonce les pratiques illégales et scandaleuses de la scientologie aux Etats-Unis.

En effet, dans son dernier numéro de "Ethique et Liberté", la secte, non contente de s'en prendre à Alain Vivien, président de la MILS, à Jacques Guyard, rapporteur de l'Assemblée nationale, et à Nicolas About, sénateur dont le projet de loi ne lui est pas favorable, s'est payé la tête de Jesse Prince, un ancien haut dirigeant scientologue dont certaines révélations avaient été utilisées dans le rapport 1999 de la MILS paru le 7 février dernier.

De surcroît, la scientologie ayant appris la venue à Paris de Bob Minton et Stacy Brooks, classés parmi ses principaux ennemis aux USA, envoyait alors des "paks d'agent mort" à divers organes de presse ou aux ministres, ainsi qu'à divers membres du gouvernement allemand.

Mal lui en a pris, car la justice a été saisie pour diffamation à leur encontre, les dossiers contenant fort peu d'éléments capables de convaincre un juge de la bonne foi des auteurs de ces pamphlets... Un "pack d'agent mort", c'est cet ensemble de documents présentés par la scientologie pour tenter de faire avaler aux crédules que ses opposants sont des criminels endurcis et des menteurs pathologiques.

Pour corser le tout, Bob Minton a également porté plainte pour diffamation contre la scientologie en Allemagne, et vient de remporter un procès que la secte lui avait indirectement intenté aux Etats-Unis: là-bas, un scientologue s'était arrangé pour être heurté par le panneau de carton porté par B. Minton , lors d'une manifestation en face des locaux de la secte à Clearwater. Ce scientologue s'était laissé tomber à terre et emmener à l'hôpital.

Le jury de six personnes a unanimement décidé de l'innocence de B. Minton pour les "voies de faits" que lui reprochait le Procureur de l'état de Floride. Il fait dire que la vidéo montrant un gaillard de 30 ans et de 1,80 m se faisant tomber par terre en recevant une poussée d'un panneau de 200 grammes n'était guère à l'avantage de la "victime" !


  France : Scientologie

L'ennemi public n ° 1 est récompensé en Allemagne

Regards sur, Eté 2000 (Suite de l'article précédent)

[Texte intégral]

Quelques semaines plus tard, B.Minton et Stacy Brooks, fondateur du Lisa Mac Pherson Trust à Clearwater, revenaient à Paris pour rencontrer plusieurs membres de la MILS et quelques autres personnes : ils étaient en route pour l'Allemagne - Leipzig - où les attendait un bon nombre de critiques nationaux et internationaux de la secte, pour la remise du prix "Charlemagne alternatif"', récompense créée sur le modèle du Prix Charlemagne.

Bill Clinton recevait le prix Charlemagne - on peut se demander pourquoi - tandis que Bob Minton recevait ce prix alternatif.

On notait ainsi parmi d'autres, la présence de Ursula Caberta et de quelques-uns de ses assistants, celle du professeur Alexander Dvorkin, responsable du groupe St-Irénée de Lyon à Moscou ou de Suzanne Haller, connue pour ses activités anti-sectaires en Suisse alémanique. La présidente du Lisa Mc Pherson Trust (http://www.lisatrust.net), Stacy Brooks, et B.Minton sont donc en train d'étendre leurs activités à l'Europe, plus que jamais décidés à faire entendre raison à ce groupe scientologue qui se dit honnête mais ne cesse néanmoins d'attaquer tous ses critiques par des moyens inqualifiables, et de réduire ses propres membres à l'état d'esclaves obéissants en entretenant de véritables goulags privés et des armées de gens de l'ombre qui s'infiltrent partout où ils peuvent pour récupérer toute information ou assistance allant dans leur sens. Comme l'ont bien résumé B. Minton et le rapport de la MILS, nous ne sommes pas ici en présence d'une église, mais d'un groupement politique à visées totalitaires caché sous un masque pseudo-religieux. Gageons que cette nouvelle installation de B.Minton et de ses amis ne va pas faire plaisir à l'armée de l'ombre qui se cache derrière le nom d'OSA, point central de transmission de l'essentiel des illégalités scientologues.


  France : Raël

Les Raëliens récidivent

Regards sur, Eté 2000

[Texte intégral]

La secte des Raëliens, religion athée (sic), annonce à grand renfort de trompette qu'elle vient "d'être reconnue officiellement comme religion aux USA".

Un mensonge de plus : le premier amendement à la Constitution américaine interdit au gouvernement des Etats-Unis de reconnaître une religion. Pour contourner cet obstacle, les Raëliens ont pris modèle sur les scientologues. Ils ont demandé et obtenu ? d'être défiscalisés. Ce qui est tout autre chose. Il ne s'agit plus de spiritualité, même athée, mais bien de gros sous.

Les Raëliens montrent d'ailleurs le bout de l'oreille en se félicitant "des avantages fiscaux très importants sur les ventes mais aussi la possibilité de déduire leurs cotisations de leurs revenus imposables". Mais ce n'est encore rien. Cette défiscalisation baptisée reconnaissance "permettra également aux raëliens européens qui souffrent de la discrimination antisecte de demander aux USA, comme au temps des persécutions contre les protestants, le statut de réfugiés politiques pour motif religieux" (resic).

En d'autres termes, on contournera aussi les lois américaines sur l'immigration en se faisant passer pour des martyrs : "le rapport contre les sectes de l'Assemblée nationale classant la religion raëlienne parmi les sectes dangereuses est le document idéal pour être accepté comme réfugié politique pour motif religieux aux USA. On ne pouvait espérer mieux".

Toutes ces citations sont extraites de la revue raëlienne "Apocalypse international" 2ème trimestre 2000.


  France : Omnium des libertés

Manipulation mentale : épouvantail ou réalité

Regards sur, Eté 2000

[Texte intégral]

Dans la "Lettre d'information" de l'Omnium des Libertés, édition spéciale juin 2000, on peut lire sous le titre "Normalisation mentale" "La notion de manipulation mentale, un terme forgé pour effrayer les citoyens, est une notion qui n'a aucun fondement scientifique et qui a été réfutée par les associations professionnelles et les cours de justice de plusieurs grandes démocraties, comme le fut la notion de piagio forgée par les fascistes italiens. Cette notion est pourtant au centre de la proposition de Mme Picard qui la définit comme des pressions graves et réitérées afin de créer ou d'exploiter un état de dépendance et de conduire une personne, contre son gré ou non, à un acte ou une abstention qui lui est gravement préjudiciable. Une personne déçue par son passage dans un mouvement peut très bien estimer après coup, sous la pression de son entourage et d'associations de détracteurs, qu'elle a fait l'objet de pressions graves et réitérées même si à l'époque des faits elle était pleinement consentante ! On voit quelle dose d'arbitraire ce projet de loi contient en germe". De son côté, à la question : "que recouvre la notion de manipulation mentale en psychiatrie ?"

Le docteur Samuel Lepastier, psychanalyste, psychiatre à la Salpétrière à Paris, répond dans le journal "La Croix" du 22 juin 2000 "Elle va au delà de la persuasion ou de la séduction. Pour l'expliquer, je fais référence à ce qu'en psychanalyse nous appelons un transfert : dans certaines circonstances, on reporte sur une personne les sentiments que l'on a éprouvé autrefois pour ses parents. C'est ce qui se passe dans l'état amoureux, ou lors d'une cure analytique. Le transfert est aussi ce qui dans une secte, lie l'adepte au gourou. Mais tandis que le psychanalyste s'efforce d'amener son patient à prendre conscience du caractère imaginaire du transfert, le gourou, lui, feint de prendre ce transfert pour une réalité, afin de l'utiliser de façon perverse. On peut alors parler de manipulation mentale. Là où le psychanalyste dit: vous me parlez comme si j'étais votre père, le gourou affirme : je suis votre père. Il exploite le besoin de dépendance qui existe en chacun de nous, tirant plaisir du pouvoir qu'il existe ainsi sur l'autre".

Il est permis de douter de la garantie scientifique offerte par les "associations professionnelles" auxquelles l'Omnium des Libertés se réfère, sans daigner nous faire connaître la nature des professions qu'elles regroupent, alors que l'opinion du docteur Lepastier est fondée sur de véritables connaissances scientifiques ainsi qu'une expérience et une compétence reconnues.


  Etats-Unis :Scientologie

Mort dans un studio de film de la Scientologie

Regards sur, Eté 2000

[Texte intégral]

Le 26 juin dernier un bizarre accident semble être survenu dans les studios de la Golden Era, firme qui se consacre à la promotion de la secte sous le masque d'activités cinématographiques.

Une jeune femme adepte depuis deux ans et demi de la scientologie a été retrouvée au nord de San Jacinto dans les sous-sols des studios, électrocutée et gravement brûlée. Son corps a été découvert sans vie par un gardien, lui-même membre de la secte. C'est le deuxième accident mortel survenu à San Jacinto.

Le 17 mai dernier une jeune fille de 16 ans avait perdu la vie "dans une tragique collision avec un tracteur qui travaillait pour le studio scientologue".

 


  Suède :Scientologie

Scientologie : mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose

Regards sur, Eté 2000

[Texte intégral]

Dans le dernier numéro de son organe français, la secte de scientologie annonce une nouvelle victoire : elle aurait été reconnue comme religion par le "Kammarkollegiet" suédois.

Nous savons en France ce que vaut ce type d'annonce. La secte de scientologie n'avait-elle pas claironné sa reconnaissance à la suite d'un modeste attendu du procès de Lyon (qui avait vu plusieurs de ses membres condamnés pour escroquerie et l'un d'entre eux pour avoir poussé un ex-adepte au suicide). La Cour de Cassation n'avait pas tardé à faire justice de cette prétention abusive.

Que s'est-il passé en Suède ? Dans ce pays, l'enregistrement des actes d'état civil, comme les mariages, est fait après que les cérémonies privées organisées dans le cadre des convictions individuelles aient été achevées (En France, le mariage civil doit au contraire être effectué avant lesdites cérémonies).

La décision du "Kammarkollegiet" va donc permettre à des scientologues d'organiser pour des scientologues des cérémonies scientologues qui devront ensuite passer devant l'état civil public s'ils veulent valider juridiquement leurs mariages ! Comme on le voit, une vraie révolution...

 


  Grèce : Sectes

En Grèce : lentement mais sûrement

Regards sur, Eté 2000

[Texte intégral]

Les principes de laïcité, c'est à dire de séparation des églises et de l'Etat, viennent de progresser sensiblement en Grèce.

Désormais la mention de l'appartenance religieuse ne figurera plus sur les cartes d'identité.

Cette décision a été vivement combattue par la hiérarchie de l'église orthodoxe, très largement majoritaire en Grèce, et soutenue par les milieux progressistes, laïques ou appartenant à des minorités religieuses.

Cette réforme de la loi grecque, qui s'accompagne de la suppression simultanée des mentions concernant la profession et l'identité du conjoint, abolit également les empreintes digitales sur la carte d'identité.

La Grèce, à la veille de son entrée dans la zone euro, rejoint donc le peloton des membres de l'Union européenne dont elle respecte désormais les obligations découlant des principes des Droits de l'Homme.


 France : Sectes

La nouvelle loi renforçant les moyens de lutte contre les sectes dangereuses a provoqué une vive controverse

L'Express, 3 août 2000 par François Koch

[Texte intégral]La députée Catherine Picard et le pasteur Jean-Arnold de Clermont ont répondu aux questions de L'Express

POUR
La députée PS de l'Eure Catherine Picard préside le groupe d'études parlementaires sur les sectes.
Pourquoi légiférer alors qu'en 1996 la commission d'enquête parlementaire avait conclu que l'arsenal juridique était suffisant?
Il manquait dans l'arsenal juridique les moyens de protéger les personnes physiques vulnérables lorsqu'elles ne sont pas victimes d'escroquerie
.Pourquoi préférer la dissolution d'une secte par la voie judiciaire plutôt que par décret présidentiel?
Force est de constater que le pouvoir politique ne dissout pas les associations, à l'exception du SAC et de deux groupes kurdes proches du PKK. Sinon, il aurait supprimé le DPS [service d'ordre du FN] en utilisant la loi de 1936 [sur les groupes de combat et les milices]. Donner cette responsabilité aux magistrats permet d'avoir un débat public et contradictoire, ce qui est essentiel pour préserver les libertés publiques.

Pourquoi était-il utile de créer un délit punissant la manipulation mentale?
Nous ne confondons pas conviction et contrainte. Ne sont visées que des pressions graves et réitérées, au travers de techniques qui altèrent le jugement et l'esprit critique, sans consentement. Lorsqu'une personne est sous-alimentée, privée de sommeil ou soignée par des charlatans, il n'y a plus de liberté. Les magistrats forgeront leur conviction en étudiant les preuves fournies par les victimes et, si besoin est, des expertises psychiatriques. Sans être la panacée, ce nouveau délit constituera un outil supplémentaire pour les juges.La Fédération protestante et des évêques catholiques ont exprimé de vives réserves...
Chacun doit faire le ménage chez soi: certaines extensions groupusculaires, tolérées dans les grandes religions, ne commencent-elles pas à leur porter ombrage? Je n'ai jamais pensé qu'un mouvement religieux puisse faire des pressions graves et réitérées sur des pratiquants, les privant de liberté ou les menaçant. Je ne comprends donc pas ces récriminations.

CONTRE

Le pasteur Jean-Arnold de Clermont préside la Fédération protestante de France.
 Comment réagissez-vous à la loi Picard, en particulier à la dissolution judiciaire des sectes?
Cela me choque moins que le nouveau délit de manipulation mentale. Je préfère une dissolution par le juge qu'un acte administratif, comme le prône le sénateur Nicolas About [UDF]. Il n'empêche: je ne vois pas l'intérêt d'une nouvelle loi, superflue selon moi, puisque les tribunaux ont déjà tous les moyens utiles pour lutter contre les dérives sectaires et dissoudre une association. Les députés ont donc seulement voulu manifester leur sensibilité aux dangers des mouvements sectaires, stigmatisant, une fois de plus, le manque de volonté politique. Bravo. Mais je crains que ce ne soit un acte velléitaire.Pourquoi êtes-vous très hostile au nouveau délit de manipulation mentale?
Il nous choque, car, pas plus qu'il n'y a de définition de la secte, il n'y a de définition claire de la manipulation mentale. Lorsqu'un délit n'est pas défini, la loi qui le condamne peut servir à n'importe quoi. L'exploitation de la fragilité est condamnable, mais comment apporter la preuve qu'il ne s'agit pas de libre arbitre, de consentement? Si un enfant majeur décide d'entrer dans les ordres et que cela ne plaît pas à ses parents, ces derniers pourraient utiliser ce nouveau délit contre ceux qui l'auraient «détourné» de la carrière qu'ils imaginaient pour lui. Je veux bien que cette loi ne soit pas antireligieuse, mais elle s'oppose tout de même à la transmission de convictions fortes, notamment religieuses, mais aussi politiques. Cela induit une vision molle de la société, alors que j'aime le choc des convictions. Cette proposition de loi - adoptée en première lecture sans débat ouvert - traduit le sentiment de supériorité du monde politique: «Nous savons, bon peuple, ce qui est bon pour vous.» Et qu'il soit clair que je n'ai aucune complaisance à l'égard des conduites délictueuses de certains mouvements spirituels ou religieux !

 


 France : Scientologie

La présidente de l'UNADFI et son avocat, M° Morice, renvoyés en correctionnelle

Le Parisien, 4 août 2000

La présidente de l'association de lutte contre les sectes UNADFI, Janine Tavernier, et son avocat, Me Morice, sont renvoyés devant le tribunal correctionnel pour diffamation à l'encontre de la Scientologie. Mme Tavernier avait mis en cause dans la presse la secte dans l'affaire de la disparition de pièces d'un dossier sur la Scientologie instruit à Paris en 1998.

Commentaire de Mathieu Cossu : Le renvoi vers le Tribunal Correctionnel ne signifie ni culpabilité, ni surtout, condamnation. Il est normal que le juge fasse ce qu'il considère comme son devoir. Quand on sait ce que l'UNADFI a fait et fait pour les victimes des sectes, on comprend l'empressement de la scientologie à déposer plainte. On peut supposer qu'elle en a les moyens. La Présidente de l'UNADFI (Association qui n'a pas beaucoup de moyens) ne devrait pas manquer, si besoin était, de témoins de moralité, (y compris l'auteur de ce commentaire) car son action est connue et celle de l'Association dont elle est la présidente, reconnue ... d'utilité publique !


  France :Anthroposophie

Récusation des critiques du rapport de l'Education nationale

Le Parisien, 8 août 2000

[Texte intégral]

La Fédération des Ecoles Steiner de France, qui regroupe les établissements d'enseignement privé, a récusé, hier, les critisques qui lui ont été faites dans un récent rapport de l'Education nationale. Ce rapport avait soulevé de "graves disfonctionnements en matière d'hygiène et de sécurité", sans toutefois retenir la thèse "d'un lien avec une organisation sectaire" pourtant souligné par la commission d'enquête parlementaire sur les sectes en 1999.


 France :Sectes

Définir une secte est difficile. Observer des comportements est possible

La Croix, 8 août 2000 par Le Père Gaston Pietri, prêtre à Ajaccio

[Texte intégral]

LIBRE OPINION - Pour le délit de manipulation mentale. Définir une secte est difficile. Observer des comportements est possible. Voir où ils conduisent est un impératif moral.; Gaston Pietri. Prêtre à Ajaccio.

Rien n'est plus précieux que la liberté religieuse. Par rapport à des mentalités catholiques longtemps crispées sur la vérité à préserver à tout prix, c'est un grand coup qu'a frappé le Concile Vatican II par sa déclaration sur la liberté religieuse.

Il s'agit d'un droit fondamental, d'un droit pour tous, d'un droit qui, au demeurant, est symétrique du devoir de chercher la vérité librement. Les groupements qualifiés de sectaires mais aussi les Eglises ont vu dans la récente loi sur les sectes une grave menace pour cette liberté. Le délit de « manipulation
mentale » introduit dans le texte de la loi leur est apparu comme la porte ouverte, non seulement à la chasse aux sorcières, mais encore à l'ingérence systématique de la puissance publique dans la vie interne des groupes religieux.

La crainte est facile à comprendre. Toute législation dite « d'exception » court le risque d'attenter au libre exercice des croyances et des pratiques de type religieux. Les régimes totalitaires nous ont appris à quel point la protection de l'ordre public peut servir de couverture à la neutralisation et à l'éviction du fait religieux en ses diverses expressions. Ce qui n'empêche pas pourtant de penser que la reconnaissance du « délit de manipulation mentale » peut, en certaines circonstances, protéger la liberté religieuse plutôt que l'entraver.

La société en tant que telle n'a aucune compétence pour juger des croyances en elles-mêmes. Mais n'est-il pas de son devoir de veiller à ce que les méthodes employées ne relèvent pas de pressions génératrices d'extrême dépendance et, en définitive, totalement aliénantes ? Il est heureux que le garde des Sceaux ait proposé d'organiser une « réflexion complémentaire ». Car la définition du « délit de manipulation mentale » ne sera jamais assez rigoureuse pour éviter que son interprétation devienne à son tour liberticide. Il reste que le péril est si grave qu'il serait lâche de la part de la puissance publique de ne pas aller, autant que possible, au fond des choses. L'actuelle palette du droit, manifestement, n'y suffit pas.

Notre société favorise au maximum l'autonomie individuelle. De tous côtés l'on observe que l'exacerbation de cette autonomie entraîne, dans un certain nombre de situations, des contrecoups désastreux. Ceux qui se sentent trop seuls, en leur vulnérabilité, pour porter le poids de leur existence trouvent, un jour ou l'autre, l'occasion de s'en décharger entre les mains de quelque « guide spirituel » et du groupe qu'il anime. Définir une secte est difficile. Observer des comportements est possible. Voir où ils conduisent est un impératif moral auquel nul ne peut se dérober, ni la société ni les Eglises elles-mêmes.

Les « justes exigences de l'ordre public », mentionnées par la déclaration conciliaire sur la liberté religieuse (n° 4) sont aussi les justes limites en dehors desquelles, inévitablement, le droit à cette liberté religieuse se dénature. Aucun chrétien ne peut oublier l'exclamation de saint Paul dans sa Lettre aux Galates : « C'est pour que nous soyons vraiment libres que le Christ nous a libérés. Tenez donc ferme et ne vous laissez pas remettre le joug de l'esclavage. » Il est des privations de liberté psychologique qui sont de véritables esclavages, même quand un adulte est entré de son plein gré dans un groupe dont il s'avère, à l'usage, que telle méthode se traduit par une allégeance inconditionnelle et donc une réelle abdication de l'esprit critique. La sagesse séculaire de l'Eglise a donné naissance à un certain nombre de règles pratiques qu'observent généralement, pour le bon équilibre spirituel de leurs membres, les instituts religieux dûment reconnus.

Si certains croyants pensent pouvoir redouter, comme l'a signalé un évêque, la « généralisation du soupçon », il n'y a cependant pas de raison que l'Eglise elle-même ne redouble pas de sens de la responsabilité devant tout ce qui pourrait, jusqu'en son sein, contredire le véritable esprit de liberté. C'est la meilleure façon pour elle de promouvoir l'authentique liberté religieuse. Il en est qui imposent leurs propres idées en les présentant comme venant de Dieu, en quelque sorte par fil direct. Ils transforment leur bon vouloir en expression immédiate de la volonté de Dieu. Une telle tendance s'accuse ici ou là en s'appuyant sur des indications diverses soi-disant manifestées à travers des signes irrécusables. Lorsque se déguise ainsi en conseil spirituel ou, comme on dit encore, en direction spirituelle la manipulation des esprits, il est normal que celle-ci soit dénoncée pour ce qu'elle est, c'est-à-dire comme une « manipulation mentale ». Pourquoi alors ne pas accepter que la société s'en inquiète en en faisant un délit ?


 France :Sectes

Ecrouée pour l'enlèvement de sa fille

Le Parisien, 8 août 2000

[Texte intégral]

La petite Victoria, 10 ans, devrait bientôt rentrer en France, dans les Yvelines.

Sa mère, qui l'avait enlevée le 14 juillet, a été interpellée le 28 juillet à Belfast (Irlande du Nord).

Après avoir été au centre d'une affaire de secte au Vésinet alors qu'elle n'avait que 3 ans, cette petite fille vient de subir un autre choc lorsque, le 14 juillet dernier, sa maman, Delwin JohnsSchmidt, 34 ans, d'origine néo-zélandaise, l'a kidnappée.

La fillette résidait alors à Louveciennes, chez ses grands-parents, qui en avaient la garde depuis 1993. La mère a ensuite quitté illégalement la France avec sa fille pour se rendre en Irlande du Nord.

Le 25 juillet, un juge d'instruction de Versailles délivrait un mandat d'arrêt international pour " enlèvement et séquestration " à l'encontre de la mère. La fugitive a fini par être retrouvée. Elle est aujourd'hui placée sous mandat d'écrou extraditionnel.

La petite Victoria a été placée dans un foyer d'accueil. Elle ne devrait pas tarder à retrouver sa famille, car le parquet de Versailles a formulé une demande d'extradition en début de semaine. La mère de Victoria n'a visiblement pas voulu se contenter du droit d'hébergement sous contrôle qu'aurait pu lui concéder la justice française.

Cette arrestation constitue un ultime rebondissement dans la troublante affaire de là Citadelle.

En 1995, trois responsables de cette secte, également dénommée Eglise chrétienne biblique, basée au Vésinet comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Versailles. Le père de Victoria, âgé de 40 ans, et les deux autres adeptes avaient alors été condamnés à des peines de 18 mois à 3 ans de prison pour " séquestration et coups et blessures volontaires " sur sept mineurs, dont Victoria.


  Suisse : Sectes

Fribourg dit non au centre d'information sur les croyances

Le Temps, 9 août 2000, par Battiste Cesa

[Texte intégral]
L'affaire tragique de l'OTS a marqué de plein fouet le canton de Fribourg.

Pourtant, le Conseil d'Etat a décidé de ne pas participer au Centre romand d'information sur les croyances, initié par le canton de Genève. La décision prise il y a plus d'un mois jette le malaise sur la collaboration intercantonale en la matière.

Le conseiller d'Etat fribourgeois Pascal Corminboeuf justifie cette attitude «par la nécessité d'une approche supra-régionale des sectes. Sur les 180 à 200 mouvements recensés, leurs ramifications dépassent la Suisse romande. Sachant que les travaux à l'échelon de la Confédération sont avancés, nous estimons qu'il serait judicieux d'appréhender le problème au niveau suisse et non pas seulement romand.»

Canton bilingue, Fribourg n'a pas l'intention d'oeuvrer dans une fondation qui laisserait de côté une partie de sa population. Bien plus, le Conseil d'Etat n'a pas été convaincu par le catalogage des mouvements religieux: «Lorsque l'on voit que les Témoins de Jéhovah ou alors l'Armée du Salut sont considérés comme dangereux, ça peut prêter à sourire.»

Dès la création de la Commission intercantonale sur les dérives sectaires en 1997, Fribourg s'était démarqué en proposant le rattachement du futur centre d'information à une chaire universitaire. En désaccord sur la forme, Fribourg ne veut pas d'un cavalier seul de la Suisse romande. Mais alors de qui viendra l'initiative de la création d'une commission nationale en la matière?

Pas de la Confédération en tous les cas. La commission de gestion du Conseil national a d'ores et déjà affirmé qu'en matière de croyances, la compétence relevait des cantons. Les affirmations fribourgeoises sont donc paradoxales: d'un côté, l'action locale est refusée pour exiger une vision globale, de l'autre, la compétence cantonale en la matière est «oubliée». Un moyen de repousser le problème?

L'initiative genevoise semble à l'heure actuelle la plus à même de réaliser une coordination sur le sujet. On voit en effet mal comment une structure confédérale pourrait rapidement voir le jour.

Me François Bellanger, président genevois de la commission intercantonale, juge «la décision fribourgeoise regrettable. Mais celle-ci ne saurait perturber l'ouverture du centre au début 2001.»

La fondation doit permettre l'accès au public d'une information précise sur les mouvements religieux: «Si l'information donnée sera vulgarisée pour un accès au public le plus large possible, les protocoles seront basés sur des études universitaires. L'avenir de la fondation n'est d'ailleurs pas limité aux seuls cantons romands. Si d'aventure une structure nationale se met en place, nous pourrons l'intégrer. Mais il faut bien que quelqu'un commence.»

Un élément de plus qui souligne bien l'ambiguïté de la position fribourgeoise.
 
 


  Suisse : Scientologie

La scientologie lance une campagne publicitaire de grande envergure

Le Temps, 11 août 2000, par Patricia Briel

[Texte intégral]

«L'important, ce n'est pas tant de décider où vous voulez aller, c'est de savoir comment y aller.»

Ce slogan, accompagné d'un dessin qui montre des cyclistes en pleine action et d'une publicité pour un livre signé L. Ron Hubbard, figure sur la nouvelle campagne d'affichage de la scientologie.

Sur un autre type d'affiche, on peut voir un montagnard qui chausse des patins à roulettes, et une formule proche de la précédente: «L'important, ce n'est pas tant ce que vous voulez atteindre, mais c'est de savoir comment l'atteindre.»

Selon Eric Ribaud, responsable de cette campagne, près de 350 affiches ont été placardées essentiellement dans le bassin lémanique, dans des gares, des centres commerciaux et des parkings. La scientologie s'apprête à mettre des annonces dans les journaux, et à distribuer 140 000 papillons tous ménages.

«C'est la première fois que nous lançons une campagne de cette ampleur. Il s'agit donc d'une campagne-pilote, qui marche très bien. Beaucoup de gens nous appellent, et commandent le livre», explique Eric Ribaud. «Une peur a été générée par tout ce qu'on a dit sur la scientologie, affirme Suzanne Montangero, porte-parole de la secte. Nous voulons donc améliorer notre communication pour que les gens puissent s'informer par eux-mêmes.»

Ennuis à Lausanne et à Zurich

La scientologie a d'autres campagnes de publicité à son actif, qui lui ont valu des ennuis dans différentes villes. Il y a deux ans, la Municipalité de Lausanne donnait un préavis négatif à la Société Générale d'Affichage qui s'apprêtait à lancer une campagne en Suisse romande. Silvia Zamora, alors directrice des Travaux, fondait sa décision «sur le maintien de la tranquillité publique vu le caractère contesté de la scientologie».La secte avait fait recours au Tribunal administratif. Celui-ci n'a pas encore rendu son verdict.

En 1994, la scientologie avait également rencontré des problèmes à Zu-rich. La municipalité avait interdit aux scientologues de distribuer dans la rue des tracts et un test de personnalité. A la fin du mois de juin de cette année, le Tribunal fédéral a confirmé une décision du Tribunal administratif zurichois qui oblige la Ville à autoriser cette distribution à certaines conditions.

Il n'y a pas que les autorités pour s'inquiéter des campagnes de la scientologie. Certains citoyens, comme ce lecteur d'un quotidien romand, crient à la manipulation mentale et estiment que le rôle de l'Etat est d'interdire une telle propagande. Cette année, à Lausanne, la secte a limité sa publicité aux seuls parkings et aux centres commerciaux. A Genève en revanche, elle a pu afficher sur l'ensemble du domaine public. La Société Générale d'Affichage a toutefois pris la précaution de soumettre la campagne au Département de justice et police et des transports (DJPT). «La SGA ne fait aucune censure, explique Claude Miffon, directeur. Elle n'a pas le droit de refuser une affiche. Mais en cas de doute, elle en réfère au DJPT.»

Selon Christophe Friederich, secrétaire adjoint au DJPT, «les possibilités d'interdire ou de censurer une affiche sont extrêmement limitées. Pour qu'une telle mesure soit appliquée, il faudrait que l'affiche soit contraire aux m¦urs ou menace l'ordre public. Ce n'est pas le cas de la campagne actuelle de la scientologie».

Claire-Lise Hoehn, membre du Centre de liaison et d'information concernant les minorités spirituelles, adopte une attitude de neutralité face à cette campagne: «Du moment qu'on permet à toutes sortes de groupes d'afficher leurs convictions, on doit laisser la possibilité à la scientologie de faire de même.»


  Philippines : Esprit de Dieu Catholique

Affrontements dans une secte chrétienne

Yahoo, 11 août 2000, par Patricia Briel (AFP)

[Texte intégral]

Au moins 20 morts dans des affrontements entre policiers et membres d'une secte chrétienne dans le sud des Philippines
Malaybalay, Philippines (AP) -- Au moins 20 personnes ont été tuées et deux autres blessées au cours d'affrontements entre policiers et membres d'une secte chrétienne dans le sud des Philippines, a annoncé samedi la police

Les incidents ont éclaté après qu'un groupe de policiers s'est rendu tard vendredi dans une colonie de l'Esprit de dieu catholique dans le village de Kimanait, dans la province du Bukidnon, pour y arrêter un membre de la secte, Roberto Madrina. L'homme est recherché pour tentative de meurtre, a précisé la police.

Les membres de la secte se sont servis de couteaux et d'armes à feu artisanales pour empêcher la police de s'emparer du suspect, selon le chef de la police provinciale, Edgardo Villamayor.

M. Madrina ainsi que 15 membres de la secte ont été tués, de même que quatre civils qui accompagnaient les policiers.


  Belgique : Sectes

La femme qui décrypte les sectes

Le Soir : 12 août 2000, par Catherine Callico

[Texte intégral]

La femme qui décrypte les sectes Julia Nyssens se bat pour renforcer la loi contre les sociétés secrètes.

Procès saints coeurs. Cela se trouve ici, pointe Julia Nyssens sur une coupure de presse déchiffrée à la loupe. Un accessoire qui lui est devenu inséparable depuis qu'un voile lui opalise l'iris gauche.

Dans ce corps fatigué, tout respire la soif d'être. Un tempérament vivace, qui se manifeste par de petits indices extérieurs : un châle vert vif jeté sur les épaules, un collier de perles rouges autour du cou, une chaleur dans les gestes. Non, Julia n'a rien perdu de sa fougue. Ni de sa faconde. Et se plaît à évoquer son passé.

Les sectes ? J'ai été amenée à m'y intéresser par hasard, il y a bientôt trente ans, lors de "l'affaire des Trois-saints-coeurs". C'est suite à l'enlèvement d'une jeune fille de vingt ans par un groupe sectaire pseudoreligieux que l'Adif a été créée. Avec pour but de procurer une aide psychologique et juridique aux
(ex-)adeptes de sectes et à leur proches. A ce moment, j'ai ouvert la boîte de Pandore en Belgique. Les autorités belges ne s'étaient jamais encore penchées sur le problème sectaire.

Avant cette prise de conscience, son parcours fut jalonné par un certain nombre d'événements qui m'ont forgé l'esprit. La Seconde Guerre, les études de droit à Saint-Louis, la Question royale - J'effectuais alors un stage auprès du ministre Pierlot, très contesté à l'époque -, un mariage puis un départ en Afrique avec un haut responsable des "cités extracoutumières de la main-d'oeuvre de l'Union minière" du Katanga, d'où fut extrait l'uranium utilisé par Marie Curie et... pour la bombe d'Hiroshima.

La juriste revient en Belgique après l'indépendance du Congo et un nouveau passage au Katanga, puis elle établit définitivement son cabinet à Tervueren. Dans son bureau, les dossiers s'empilent: Ecoovie, Organisation Moon, Scientologie, Enfants de Dieu, OKC, Témoins de Jehovah... Julia étudie chaque groupe de manière autonome, en concertation avec d'autres associations de l'Union européenne. Elle se rend à Paris, Barcelone, Cologne et même à Toronto et à New York pour compléter ses données. Mon rôle est d'informer les trois pouvoirs par rapport aux actes nuisibles d'associations sectaires.

Entendue lors des dernières enquêtes parlementaires sur le problème, puis nommée membre suppléant du nouveau "centre d'avis et d'information sur les sectes" qui dépend du ministère de la Justice, Julia Nyssens concède que ce centre représente une étape importante pour contrer les effets destructeurs des groupes sectaires. Ses membres sont chargés d'émettre un avis sur un groupe sectaire, à la demande d'une autorité publique. Mais il y a du pain sur la planche.

Car les pratiques sectaires évoluent. Il y a vingt ans, des groupuscules se contentaient de prôner des idéaux philosophiques et religieux. Mais aujourd'hui, des organisations tentaculaires s'infiltrent dans tous les rouages de la société: politique, économie, éducation et santé. La création d'un centre administratif vient d'être publiée au Moniteur, qui vise la communication entre les différents ministères. Encore faut-il que chacun transmette les informations qu'il détient, précise-t-elle avec scepticisme.

Tandis qu'elle applaudit à la proposition de loi votée à l'unanimité par l'Assemblée nationale en France le 21 juin. Démocratiquement, je suis contente que l'Assemblée ait proposé de légiférer sur les sectes. Cette initiative jette les bases d'une réflexion par rapport à l'inertie parlementaire mondiale dans ce domaine. De mon côté, je me bats pour défendre un texte juridique adéquat. Pour l'instant, une modification de la loi sur les ASBL est en cours car les groupes sectaires opèrent souvent sous cette étiquette.

Depuis le rapport parlementaire rendu en avril 1997, les choses bougent. Des victimes ont eu le courage de quitter des groupes et les magistrats sont mieux informés. Du coup, les inculpés changent leur fusil d'épaule et jouent les "faux repentis". On entre dans une phase d'espionnage, poursuit Julia Nyssens qui, depuis, assume les coups de fils anonymes et les consultations de membres de groupes sectaires - qui se font passer pour des victimes - dans le but de connaître les nouveaux arguments juridiques qui leur sont opposés. Par cette tactique, ils me font perdre du temps et tentent de déstabiliser le système car ils répandent de fausses rumeurs. Mais Julia n'est pas dupe.


  Chine :Falungong

Quelques victimes de la répression

Le Monde, 14 août 2000

[Texte intégral]

La Chine à l'heure de la " rectification idéologique "

An Xiukun, institutrice de 50 ans, arrêtée place Tiananmen dans une manifestation de membres de la secte Fa Lun Gong, décédée le 23 juin d'asphyxie à la prison de Hengshui (province du Hebei, Nord), après avoir été nourrie de force au bout de six jours de grève de la faim, selon le Centre d'information sur les droits de l'homme et la démocratie en Chine (CIDHDC, basé à Hongkong).

Ce serait le vingt-cinquième cas de décès en détention depuis l'interdiction du mouvement en juillet 1999.

Gong Baohua, 35 ans, décédée le 27 juin à la prison de Pinggu, près de Pékin, nourrie elle aussi de force durant une grève de la faim.

Huang Jinchun, juge au tribunal intermédiaire de Beihai (Sud), licencié en novembre 1999 pour refus d'abjurer sa foi, aurait été enfermé à l'hôpital psychiatrique Longqianshan (province du Guangxi).

Trois journalistes
 
 

travaillaient pour la télévision de Zhuhai (sud de la Chine) ont été récemment démis de leurs fonctions pour avoir par inadvertance diffusé une photo du mouvement étudiant de 1989.


  Chine :Falungong

Falungong, la secte qui donne des sueurs froides aux hiérarques de Pékin

Le Monde, 14 août 2000 par Frédéric Bobin

[Texte intégral]

PÉKIN de notre correspondant

C'est une répression implacable mais pour une large part silencieuse. Depuis le déclenchement - il y a précisément un an - de la " chasse aux sorcières " contre le mouvement d'inspiration bouddhiste et taoïste chinois Fa Lun Gong, les informations filtrent au compte-gouttes, relayées par le Centre d'informations sur les droits de l'homme et la démocratie en Chine, basé à Hongkong. Grèves de la faim fatales en prison, suicides, brutalités voire tortures infligées par des gardes résolus à toutes les extrémités pour faire abjurer leur foi aux détenus... Ces accès de violence carcérale traduisent une évidente impuissance. En un an de campagne, le régime n'est toujours pas parvenu à extirper du corps social le " poison " Fa Lun Gong.

Des dizaines de milliers de membres de la secte ont été interpellés - souvent relâchés ensuite. Pourtant, des noyaux d'irréductibles continuent de manifester régulièrement au coeur de Pékin, des escouades de policiers les y attendent pour les emmener de force. Le régime chinois se plaint souvent des images
" caricaturales " et " biaisées " véhiculées dans la presse étrangère sur ces interpellations. Pourtant, l'image de policiers frappant à terre un adepte de Fa Lun Gong au visage ensanglanté est d'une incontournable réalité.

La nervosité du pouvoir s'explique aisément. La désobéissance civile que continue de manifester Fa Lun Gong dans l'adversité lui apparaît comme une insupportable provocation signant l'échec de ses schémas classiques de répression. Depuis 1949, l'appareil de sécurité du Parti communiste a été formé à écraser les " ennemis de classe " ou les factions rivales de la direction, puis des mouvements démocratiques quêtant une alternative au communisme. Mais l'émergence d'un mouvement mystique ne s'inscrivant pas expressément dans le champ politique temporel constitue un défi nouveau.

Quête du martyre

Il y a un côté sacrificiel dans les sorties des adeptes de Fa Lun Gong, allant au-devant d'arrestations certaines, qui frappent de stérilité des techniques policières fondées sur la peur et l'intimidation. Comment effrayer quand les protestataires s'offrent de plein gré aux fourgonnettes de police ? La quête du martyre des intégristes de Fa Lun Gong, déjà si troublante dans une société chinoise gagnée par l'argent-roi, est d'autant plus insupportable pour le parti qu'elle lui renvoie l'image de sa propre épopée héroïque, époque révolue où les militants communistes combattaient pour un idéal. Fa Lun Gong est l'insoutenable mauvaise conscience du parti.

Au-delà, la " secte hérétique " - selon le vocable officiel - conjugue bien des périls. En premier lieu, Fa Lun Gong illustre la crise idéologique et morale profonde que traverse la Chine de la réforme économique. La débâcle du messianisme maoïste suivie du triomphe du mercantilisme le plus cru ont attisé le désir de nouveaux credo et de nouvelles cosmologies.

Ce réveil des spiritualités, qu'il se manifeste sous la forme d'une adhésion à des religions constituées (bouddhisme, christianisme, islam) ou d'un retour à des croyances puisées dans le fonds taoïste populaire, place le régime sur la défensive. Depuis l'éruption du phénomène Fa Lun Gong, le pouvoir riposte en durcissant le contrôle des églises, des mosquées et des monastères tout en resserrant la surveillance autour des multiples associations de qigong (" travail du souffle ") suspectées d'être la couverture de structures sectaires revitalisées. Simultanément, il a intensifié ses campagnes de propagande fustigeant les
" superstitions " et exaltant les vertus de la science et de l'athéisme.

Les scientifiques des académies officielles sont invités à visiter la Chine profonde afin de prononcer des conférences déjouant les complots des sectes. Une série de dix émissions " antisuperstitions " a été diffusée sur les chaînes de télévision. On a même créé un Prix récompensant des " héros " du combat contre les superstitions comme on célébrait naguère des " héros " de la construction socialiste.

Désarroi social

Deuxième péril qui a de bonnes raisons d'inquiéter le pouvoir est d'ordre social. Car Fa Lun Gong a prospéré sur le désarroi de couches déboussolées par la réforme, licenciés des entreprises d'Etat ou retraités rangés au garage de l'inutilité sociale. Parmi les groupes ayant rejoint Fa Lun Gong - noyaux de jeunes intellectuels et des cadres du parti lui-même -, la catégorie du " troisième âge ", absorbée par les soucis de santé mais rejetée par un système médical corrompu, a particulièrement retenu l'attention des autorités.

Depuis un an, les sexagénaires chinois sont l'objet de toutes les sollicitudes. Les diverses " organisations de masse " censées s'occuper d'eux, sévèrement critiquées par la direction du parti pour leur inaction avant l'émergence de la secte, sont désormais aux petits soins pour eux. Les retraités prisent-ils les exercices de gymnastique respiratoire dans les parcs ? On en contrôlera plus sévèrement les séances. On multiplie également les festivals de chant et de danse réservés aux retraités afin de recréer des réseaux de sociabilité dont la carence avait permis l'essor de la " contre-société " Fa Lun Gong.

Enfin, le troisième péril illustré par Fa Lun Gong, et non le moindre, a trait à l'irruption des nouvelles technologies sur la scène sociale chinoise. Bien que souvent taxé d'obscurantiste, Fa Lun Gong a usé de manière très habile des méthodes de communication offertes par Internet. On sait aujourd'hui que la fameuse manifestation du 25 avril 1999 - dix mille personnes autour de Zhongnanhai (siège du pouvoir) - a été organisée en partie grâce au courrier électronique. Depuis, le gouvernement a bloqué l'accès aux sites Fa Lun Gong localisés aux Etats-Unis, tout en les bombardant d'attaques de ses hackers. Mais la riposte n'a pas permis de colmater les brèches de la " cyber Grande Muraille ", celle-ci étant par nature impossible à bétonner. L'accession prochaine de Pékin à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) rendra l'exercice encore plus futile.

Triple défi moral, social et technologique, on comprend que Fa Lun Gong donne des sueurs froides aux hiérarques de Pékin.


 France : Scientologie

Un avis partagé par la Scientologie 
et le Dr Massimo Introvigne, président du CESNUR.

Pour information, 15 août 2000
Citation de la Scientologie
Déclaration de Massimo Introvigne
 
Une citation de la Scientologie

A titre personnel, Monsieur Denis Barthélémy a parfaitement le droit de défendre les points de vue les plus fantaisistes. Mais c'est en tant que secrétaire général d'une structure interministérielle française digne de l' Inquisition (la MILS) qui, sous la férule d'Alain Vivien, Jacques Guyard et consorts, s'attaque à la liberté de croyance, que D. Barthélémy s'est exprimé le 22 mars dernier.

Il s'est adressé à 320 délégués de gouvernements et d'associations de défense de Droits de l'Homme européens réunis à Vienne ; c'est donc notre image nationale qui a souffert.

D. Barthélémy répondait aux nombreux participants à la conférence organisée par l'OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe), qui avaient exprimé leur inquiétude devant l'attitude de la France et son blocage de tout dialogue par le choix de mesures hostiles et discriminatoires à l'encontre des minorités religieuses.

Le problème, selon D. Barthélémy, c'est que toutes les attaques contre la France émanant de représentants des gouvernements étrangers ou d' organisations internationales « peuvent être interprétées comme émanant » de l'Église de Scientologie française ou des Témoins de Jéhovah. Un des orateurs a résumé la réaction des assistants dans un commentaire poli, décrivant le discours de D. Barthélémy comme « une déclaration faite sous le coup de l'émotion - frisant par moment l'hystérie ». Selon un autre participant, « la France a remporté le prix du pays le plus hystérique et le plus paranoïaque ».

Avant l'éclat de D. Barthélémy, un large consensus s'était établi sur la nécessité d'ouvrir le dialogue.

La Commission avait proposé une déclaration de principe engageant à « un dialogue renforcé », « essentiel... à l'objectif qui nous est commun, la promotion d'une tolérance et d'une compréhension plus grandes ». Même le chef de la délégation allemande, le Dr Rudolph Schmidt, parlait "d' une prise de conscience de plus en plus nette des liens entre le dialogue religieux - ou son absence - et la prévention des conflits, qui est l'une des fonctions essentielles de cet organisme (l'OSCE) ". Le principal catalyseur qui a conduit à la réaction de D. Barthélémy a été un rapport présenté à la conférence par la Fédération Internationale d' Helsinki pour les Droits de l'Homme (FIH).

Le rapport de la Fédération d'Helsinki mettait en cause la nomination d'une figure de proue du mouvement anti-sectes comme Alain Vivien, à la tête de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS), dont D. Barthélémy est le secrétaire général. « Alors que d'autres rapports à l' étranger (comme le rapport parlementaire suédois ou le rapport du canton du Tessin) recommandent le dialogue avec les prétendues « sectes », la France a choisi la confrontation ouverte », écrit la FIH.

Qui plus est, afin d'insister sur l'intolérance religieuse concrète encouragée par Vivien et sa petite clique politicienne, le rapport de la FIH ajoute : « Cette attitude a engendré des articles de presse calomnieux, des pertes d'emploi, de la discrimination religieuse de la part des autorités françaises, et la montée de l'intolérance de la société civile à l'égard de gens ordinaires à cause de leurs croyances religieuses personnelles. » Selon le Dr Massimo Introvigne, président du CESNUR, Centre d'études sur les Nouvelles Religions, établi à Turin(Lire cette déclaration ci dessous): « Plus que n'importe quelle analyse sociologique, la réponse quelque peu extraordinaire de D. Barthélémy lors de la conférence de l'OSCE démontre à l'évidence l'intolérance qui prédomine actuellement en France, particulièrement au sein de la MILS. Non seulement la théorie paranoïaque de l'infiltration, qui voit en tout critique un scientologue ou un adepte d'une secte semble y avoir remplacé toute approche rationnelle du sujet, mais une idéologie de la laïcité datant du XIXe siècle et hostile à la religion en général est présentée dans un forum international comme la position officielle française sur la liberté de religion. » Tout naturellement, la conférence de l'OSCE n'est que l'une des occasions où la réputation de la France s'es