Actualités sur les sectes en juin 2000

 
Scientologie Van Ruymbeke s'attaque à la Scientologie
Témoins de Jéhovah (*) Comment accueillir les témoins de jéhovah
Témoins de Jéhovah Les Témoins de Jéhovah court-circuités
HUE-SHY Cao Duy incarcéré
Scientologie La délation en souriant, pratique scientologue
Sectes Les sectes se rebiffent
Sectes (*) Méga-souk du spiritual business 
Témoins de Jéhovah Travail pour Dieu
Scientologie Les morts encombrants de la Scientologie
Scientologie Cochon de payeur à vie
Sôka Gakkai La secte Sôka Gakkai inquiète toujours 
Témoins de Jéhovah Le dilemme d'un Jéhovah
Sectes L'Assemblée prête à partir en guerre contre les sectes
Sectes  Alain Vivien : la Fédération d'Helsinki est infiltrée
Sectes  Lettre de la Fédération Internationale d'Helsinki 
Alpha et Omega Dans quatre mois, les magistrats de la cour d'appel de Lyon vont juger à nouveau un Lyonnais hors du commun
Témoins de Jéhovah Les Témoins de Jéhovah s'adaptent
Sectes Communiqué de presse relatif à la proposition de loi sur les sectes
Scientologie Est-ce qu'Hollywood paie les gens qui critiquent les allemands?
Krishna Un grand procès à Dallas
Scientologie Narconon Leman en liquidation judiciaire
Scientologie Nouvelle perquisition chez les scientologues
Sectes (*) Proposition de loi tendant à renforcer la prévention et la répression à l'encontre des groupements à caractère sectaire, 
Sectes La fronde s'organise contre la croisade anti-sectes en solitaire de la France
Sôka Gakkai Inquiétude des électeurs japonais
Scientologie La secte des étoiles
Scientologie La CNIL dénonce au parquet de Paris l'association "spirituelle de l'église de scientologie d'Ile de France"
Scientologie La Cnil dénonce la scientologie
Sectes Légiférer contre les sectes
Sectes La capitale infiltrée
Sectes Faut-il légiférer sur les sectes ?
Sectes La dissolution d'une secte bientôt possible
Scientologie La chancellerie relance le dossier des pièces disparues
Sectes Une loi contre la manipulation mentale
Scientologie Le PDG scientologue a remis sa démission
Sectes Des survivants et les familles des victimes réclament des dommages-intérêts
Sectes Les membres de la fraternité Saint-Pie X n'aiment pas la photo
Sectes Comment cerner un dangereux processus
Sectes " Les politiques se défaussent "
Sectes Loi anti-sectes : Pourquoi le Réseau Voltaire demande aux parlementaires de reconsidérér leur texte
Scientologie Les salariés contre le patron scientologue Edern (Finistère)
Sectes Loi anti-sectes : Pourquoi le Réseau Voltaire demande aux parlementaires de reconsidérér leur texte
Scientologie Les salariés contre le patron scientologue Edern (Finistère)
Témoins de Jéhovah Témoins de Jéhovah Association cultuelle 
Témoins de Jéhovah Texte intégral de la décision du Conseil d'Etat 
Sectes Déclaration de Mgr Marcel Herriot, Evêque de Soissons
Témoins de Jéhovah Profil bas pour les Témoins de Jéhovah
Sectes La petite loi sectes 
EURD Pour des cinémas Scala non sectaires
Sectes Les Evêques de France bombardés de "mails"
Sectes  Les sectes entre liberté et répression
Ventes multiniveaux "L'aura" de Jean Godzich, patron charismatique et visionnaire !
Sectes Sectes et sorciers Ouroukouzou
Sectes Interview du président de la MILS, Alain Vivien
Scientologie Les ouvriers envoient au diable leur PDG
Secte Aum La justice japonaise a condamné à mort jeudi un responsable de l'ex-secte Aum
Krishna Krishna le retour ?
Ventes Multiniveaux Procès du Groupement au tribunal correctionnel d'Evreux
Sectes Où passe la frontière entre la secte et la religion
Sôka Gakkai La Sôka pirate le net
Scientologie Je ne suis pas scientologue

 

(*) Articles ou documents qui, compte tenu de leur taille, ne sont pas ci-dessous, mais sur une page particulière.


 

  France : Scientologie

Van Ruymbeke s'attaque à la Scientologie

Libération, 1er juin 2000, par David Dufresne
[Texte intégral]

Tous nos fichiers sont déclarés à la Cnil. Nous n'avons rien à nous reprocher. S'il y a eu un oubli de notre part, on réparera. C'est tout. Danielle Gounord, porte-parole de la secte.

D'ordinaire, les sous-sols du siège de l'Association spirituelle de l'Eglise de scientologie d'Ile-de-France, rue Jules César, derrière la Bastille, à Paris, sont un lieu feutré. Là, sous la lumière artificielle, c'est le cour de la machine scientologue qui est en branle, dans le calme, dans l'ordre et dans la plus haute discrétion.

Après un escalier, un couloir borgne donne sur le bureau des finances de la secte, celui de son administration, ceux du DSA (Departement of Special Affairs, ex-OSA, service de renseignements maison) ainsi qu'une pièce dédiée aux purifications .

Partout, des dossiers empilés, des cartonnages impeccables. Mardi 16 mai, pourtant, les lieux ont connu une agitation extrême. Des policiers du Sefti (Service d'enquête sur les fraudes aux technologies de l'information) ont débarqué sans prévenir.

Perquisition.

Pour la secte, le coup est rude. C'est une partie de sa documentation interne qui va être saisie. Et pas seulement. Selon nos informations, deux ordinateurs ont été emportés, ainsi que deux serveurs informatiques. Deux serveurs qui, selon une source proche de l'affaire, se trouvaient dans un réduit, à l'abri derrière une sorte d'armoire électrique . Porte-parole de la secte, Danielle Gounord assure qu'elle ignorait la présence de ces deux serveurs.

Fichiers informatiques.

A l'origine de l'affaire, trois fois rien. Un ancien adepte proteste auprès de la Scientologie. Excédé de recevoir les publications de la secte, malgré son départ, il demande à être retiré de ses fichiers. Rien n'y fait. L'homme est relancé, encore et toujours. Reçoit des lettres, dont une manuscrite, et des revues comme Ethique et Libertés , l'organe des scientologues, celui-là même qui précisait pourtant, dans sa livraison de février, être en conformité avec la loi sur les fichiers informatiques. Las, selon l'adepte, jamais la Scientologie n'accède à sa demande. Et l'homme porte plainte pour atteinte à la vie privée par conservation de données informatiques, pour publicité mensongère et pour escroquerie .

Quelques semaines plus tard, un second adepte fait de même. Les plaintes atterrissent sur le bureau d'un premier juge puis sont reprises par Renaud Van Ruymbeke. C'est alors que le Sefti entre en jeu, le 16 mai au matin, comme le confirme une source judiciaire. Objectif : vérifier ce que les machines de la Scientologie peuvent bien receler. L'une contiendrait la comptabilité de la secte, l'autre celui de la SEL (Scientologie Espace Librairie), en charge du ommerce des livres de Ron Hubbard, le défunt fondateur de la Scientologie, et l'un des serveurs était relié en direct avec Copenhague, plaque tournante de la secte en Europe.

Pendant ce temps, Marc Walter, président de l'Association spirituelle de l'Eglise de scientologie d'Ile-de-France, est placé en garde à vue, puis relâché. Outre ses fonctions, la justice s'intéresse à la Commission des citoyens pour les droits de l'homme (CCDH), dont le bureau français fut longtemps domicilié chez lui, dans le nord de Paris. Une CCDH dont le but, depuis une trentaine d'années, est toujours le même : attaquer la psychiatrie, ennemie jurée de la Scientologie.

Les scientologues, justement.

Pour eux, la perquisition du 16 mai est du harcèlement administratif , une affaire anodine . Pour preuve, selon Danielle Gounord, disquettes et ordinateurs auraient été restitués quatre jours plus tard. Habituée des procédures judiciaires, elle minimise : Nous avons eu l'impression d'une visite de routine. Rien à voir avec le raid de 1990 , qui allait déboucher sur l'instruction puis le grand procès de Lyon, sept ans plus tard. Tous nos fichiers sont déclarés à la Cnil. Nous n'avons rien à nous reprocher. S'il y a eu un oubli de notre part, on réparera. C'est tout.

Dossiers agents morts .

Le problème, c'est qu'avec Renaud Van Ruymbecke, les scientologues sont tombés sur un magistrat connu pour sa rigueur et sa détermination. Pas sûr, dès lors, que leur optimisme affiché dure bien longtemps. D'autant qu'outre les fichiers des anciens adhérents, la police aurait saisi des documents relatifs aux sympathisants, comme aux adversaires de la secte, signés du Departement of Special Affairs (DSA). Ce que dément formellement la porte- parole de la secte.

Officiellement, le DSA est le bureau des relations publiques de la Scientologie. Y travaillent des gens connus comme Danielle Gounord et Jean Dupuis, les porte-parole. Et des gens plus discrets, en charge des affaires fiscales, juridiques et des investigations. Des gens capables, par exemple, de rédiger des Dead Agent Files ( Dossiers agents morts ), sortes de biographies officieuses établies à base d'articles, et parfois d'enquêtes individuelles, servant, selon l'aveu même de Danielle Gounord, à discréditer les individus . C'est ainsi que les interlocuteurs du milliardaire américain Bob Minton, farouche opposant à la secte, ont reçu par courrier un dossier le concernant, trois jours après son passage à Paris en avril. C'est ainsi, également, que les journalistes les plus véhéments ont droit à leur fiche. Et que chacun de leur article est résumé, traduit, et expédié à la maison mère, aux Etats-Unis, assorti d'un pourcentage de théta et d' enthéta , de bonnes et de mauvaises vibrations, et d'annotations comme les ennemis cités , les phrases clés , etc.

Dans l'organisation multinationale de la Scientologie, le DSA est au coeur du dispositif, du côté de l'élite. En 1990, une publicité interne en dévoilait la mission: créer un environnement sûr dans lequel la Scientologie peut prendre de l'expansion . Officiellement, du côté de la secte, on assure pourtant que tout ceci est bien fini. Que la purge a été faite , et que les sections sensibles du Bureau des affaires spéciales ont été dissoutes. N'empêche. Selon plusieurs sources, le 16 mai, les policiers auraient bien fouiné de ce côté-là aussi, dans les sous-sols du siège de la Scientologie.


 

  France : Témoins de Jéhovah

Les témoins de Jehovah court-circuités

La République du centre, 31 mai et 1er juin 2000 par Philippe Renaud[Texte intégral]LE MAIRE DE DADONVILLE CONTRE-ATTAQUE - La commune de Dadonville a acquis, hier matin, le terrain sur lequel l'association cultuelle envisageait d'implanter un temple. Cette dernière n'a pas souhaité, pour l'heure, réagir.

C'est ce que l'on appelle un retournement de situation. Tandis que le 20 avril dernier , le tribunal administratif annulait la délibération par laquelle le conseil municipal de dadonville décidait d'exercer son droit de préemption sur un terrain convoîté par les Témoins de jéhovah, la commune de dadonville s'est rendue acquéreur de ce terrain, hier matin.

Cette mesure, que les Témoins de Jéhovah n'ont pas souhaité pour l'heure commenter, coupe l'herbe sous le pied à l'association cultuelle, qui entendait implanter un temple plus spacieux sur un terrain de 1.800 m² du quartier. de la Groue.

Pour bien comprendre ce revirement de situation, il n'est pas inutile de revenir en arrière.

Depuis plusieurs années, le terrain de la Groue, à proximité duquel s'est déjà implanté un magasin Aldi, est la propriété d'un marchand de biens, la SCI Naxos. Cette société a obtenu un permis de construire, en vue d'installer une station de lavage. Le projet n'aboutissant pas, Naxos signe, au début de l'année 1999, une promesse de vente avec les Témoins de Jéhovah. Celle-ci court sur un délai de huit mois et est assortie d'une condition, suspensive : l'association cultuelle doit se voir délivrer, dans ce laps de temps, un permis de construire.

Cependant, le droit de préemption, exercé par la commune; puis le procès engagé devant le tribunal administratif vont faire traîner le dossier en longueur. La société Naxos s'en émeut. Curieusement alors que le jugement du 20 avril ouvrait un avenir radieux aux Témoins de Jéhovah, le marchand de biens informe ces derniers que le délai de huit mois est dépassé et que, par conséquent, la promesse de vente est caduque.

Dans la foulée, Naxos se tourne vers la mairie de Dadonville et lui propose de lui céder le terrain. Le maire, Claude Laurent, qui nourrit depuis plusieurs années le projet de réaliser une piste de skate-board et de hockey sur rollers, à destination des jeunes des communes du SIVoM, saute sur l'occasion.

Le conseil municipal se réunit le 24 mai et décide l' achat du terrain, moyennant un prix fixé à 300.100 F soit 100 F de plus que l'estimation du service des Domaines.

La vente a été officialisée hier matin devant notaire.

Plus rien ne s'oppose, désormais, à ce que la commune de Dadonville se tourne vers le SIVoM afin qu'elle réalise, si elle le souhaite, une piste de skateboard. Ce projet avait, du reste, été avancé par Claude Laurent pour justifier le droit de préemption contesté devant le tribunal.

Pour autant, le maire de Dadonville n'en a pas tout à fait fini avec les Témoins de Jéhovah. Ces derniers, on le sait, ont jeté leur dévolu sur un second terrain, situé celui-là au lieu-dit Denainvilliers. Les riverains ont, depuis plusieurs mois déjà, fait circuler une pétition contre ce .projet d'implantation et le maire a refusé de délivrer un permis de construire.

Saisi à nouveau par l'association cultuelle, le 11 mai dernier, le tribunal administratif a annulé cette décision et enjoint la commune de reprendre l'instruction de la demande de permis de construire.

On ne m'a pas pour autant condamné à ce que je change d'avis, martèle Claude Laurent, qui entend bien étoffer les arguments qu'il avait déjà développés pour justifier son refus. Et le maire de Dadonville d'évoquer notamment les nuisances sonores et le danger lié à la circulation des véhicules des membres de l'association cultuelle. Sans parler du permis de lotir, délivré en 1997 à un promoteur qui souhaitait construire. des pavillons. En l'occurrence, l'existence d'un tel permis semble incompatible avec l'édification d'un temple à cet endroit.


 

  France :EHU ou HUE

Cao Duy incarcéré

Libération, 2 juin 2000, par David DufresneLe Grand Maître pour le sud de la secte Energie Humaine et Universelle ( CaoDuy), a été écroué mercredi, à la prison de Villeneuve-les-Maguelone (Hérault) après avoir été mis en examen, notamment pour exercice illégal de la médecine.

NB : Cao Duy prétendait, comme MaîtreDang et par les mêmes méthodes, guérir toutes les maladies par la transmission d'énergie. Il prétendait avoir reçu la formation nécessaire de DASIRA NARADA II . Dang, gourou de HUE-SHY a prétendu la même chose jusqu'au jour, où, pour discréditer Cao Duy, il a avoué qu'il avait menti et qu'il avait été formé, directement par les Maîtres supérieurs ! Dang a été arrêté et incarcéré en belgique, en janvier 1999 puis libéré sous caution de cinquante millions de francs belges. Il était accusé d'escroquerie et d'exercice illégal de la decine. Mathieu Ph Cossu.


 

  France : Scientologie

La délation en souriant, pratique scientologue

Libération, 2 juin 2000, par David Dufresne

[Texte intégral]

La secte a diffusé le dossier d'un de ses adversaires.

Chez les scientologues, une règle d'or veut que le sourire soit là en toute circonstance. Même quand l'heure est plutôt aux préoccupations.

Ainsi, hier, après les révélations dans Libération de la perquisition, le 16 mai, du siège de l'Association spirituelle de l'Eglise de scientologie par le Sefti (Service d'enquête sur les fraudes aux technologies de l'information), c'était au tour d'un des plus farouches opposants de la Scientologie, le millionnaire américain Robert Minton, d'annoncer le dépôt d'une plainte à Paris, dans les prochains jours, par l'entremise de son avocat, Jean-Michel Pesenti.

Objet de sa plainte pour diffamation: le dossier agent mort (1) que la secte lui avait consacré. Fait de rapports de police, d'articles de presse, et de confessions d'anciens adeptes, le dossier agent mort de Minton avait été envoyé à Libération, et à d'autres organes, peu après son passage à Paris, le 10 avril (voir ci-contre).

Malgré cela, Jean Dupuis, l'un des porte-parole de la secte, ne déroge pas à la règle du sourire. A propos de Minton, il dit ne rien craindre , même si le millionnaire est la bête noire de la secte. Quant à la perquisition du 16 mai, même ton. C'est une tempête dans une tasse de thé. La Scientologie n'a rien à craindre. Ni de la garde à vue de son président, relâché depuis, ni de ses ordinateurs saisis - contenant notamment sa trésorerie - et, selon la secte, restitués. Mieux: Cette affaire prouvera que nous sommes transparents. Seulement, le juge en charge du dossier, Renaud Van Ruymbeke, est du genre tenace. Et en gens plutôt bien informés, les scientologues savent que ce n'est pas forcément une bonne nouvelle.

A l'origine de la perquisition: les plaintes de deux anciens adeptes franciliens pour atteinte à la vie privée par conservation de données informatiques, publicité mensongère et escroquerie . Lassés de recevoir brochures et relances, les deux avaient demandé à être radiés des fichiers de la secte, avant de finalement saisir la justice. Selon Jean Dupuis, leurs noms auraient bien été rayés, le Sefti l'aurait constaté, mais un ultime prospectus leur serait tout de même parvenu.

C'est le problème avec les gros fichiers: celui de la branche française de la Scientologie contiendrait environ 20 000 noms d'adeptes et de correspondants (toute personne qui a, un jour, écrit à la secte).

(1) A propos de notre article d'hier, la Scientologie précise: [...] quant aux prétendus dossiers agents morts qui auraient été saisis, il s'agit d'une information totalement erronée. En tout état de cause, le terme d' agent mort a été emprunté à un ouvrage chinois. Quand il est prouvé que l' agent (source d'information) a menti, il est mort en tant que source, d'où le terme d' agent mort . Des dossiers sont régulièrement envoyés à la presse afin de corriger les allégations mensongères à l'encontre de la Scientologie .


 

  Belgique : Sectes

Les sectes se rebiffent

Le Vif L'Express, 2 juin 2000, par Valérie Colin

[Texte intégral]Un tribunal itinérant recueille les témoignages d'adeptes de tout bord, qui s'estiment brimés. Où l'on retrouve la Scientologie, en première ligne.

Si vous avez été, à titre individuel ou associatif, la cible de discriminations en raison de vos croyances ou de votre pratique thérapeutique, votre témoignage sera reçu publiquement et transmis aux instances internationales garantes des droits de l'homme ...L'affiche était alléchante. Et, de fait, à Bruxelles - après Paris, Marseille, Lille, Lyon, Rennes -, une petite centaine de personnes s'étaient déplacées, le 26 mai, pour dire leur ras-le-bol de l' intolérance , mais surtout leur désarroi d'être, depuis des années, taxées de sectaires redoutables.

Parmi eux, des tenants de la médecine alternative, des représentants de Krishna, de Sahaja Yoga, de l'Energie universelle, du Parti humaniste et d'autres mouvements moins connus. Mais aussi, en grand nombre, des raéliens démonstratifs et des scientologues plus discrets, dont des responsables européens.

A Bruxelles, ce sont d'ailleurs des adeptes de ces deux Eglise qui ont servi de relais à l'organisation belge de cet étrange tribunal mis sur pied par une
Commission d'enquête européenne sur les violations des droits de l'homme , elle-même placée sous l'égide des Friends of the United Nations ... Méfiant, le journal Le Monde avait vérifié, en mars dernier, la réalité de cette fondation auprès du département de l'information des Nations Unies, où l'on avait effectivement confirmé l'existence d'une très petite ONG portant ce nom.

Les uns après les autres, les témoins exposent leurs doléances. Tous paraissent sincères et désemparés. Tous racontent les mêmes histoires : le cercle infernal des rumeurs qui tuent , les harcèlements permanents (de la part des administrations, de la justice et des médias) aux conséquences parfois désastreuses : ici, c'est un licenciement abusif et l'impossibilité de trouver un nouvel emploi ; là, une rupture de contrat ou le règlement partial d'un divorce. Parmi les experts internationaux qui encadrent les plaignants, le Pr. Anne Morelli (ULB) ne semble pas surprise : je suis fréquemment consultée par des avocats qui veulent las liste des 189 sectes belges (NDLR : publiée par le Parlement en 1997) En démontrant que le client de leur adversaire est mooniste ou adventiste du septième jour, ils espèrent obtenir un jugement à ses torts. Ou lui ôter la garde des enfants Anne Morelli évoque encore plusieurs cas d'adoptions refusées, les demandeurs appartenant à l'un des mouvements répertoriés. Et la disgrâce d'un passionné de démonologie, ancien fonctionnaire à la Communauté française : l'homme avait dû quitter son travail après que les forces de l'ordre eurent inspecté son domicile, lors de la vague d'investigations auprès de groupes dits satanistes. C'est souvent ainsi : on mène des perquisitions à grand renfort de publicité. Et, quand on déclare le non-lieu, plus personne ne rectifie le tir ... .

Brandissant une photocopie géante d'une carte d'identité où figure la mention missionaris Krishna , un fidèle flamand vient expliquer le décalage entre l'image que diffusent du groupe les autorités belges ( une secte dangereuse ) et la perception réelle du public ( une communauté farfelue mais inoffensive ) : Chaque année, des milliers de touristes et des classes entières découvrent notre centre de Petite Somme (Durbuy). Or, en 1997, pas un seul membre de la commission d'enquête parlementaire ne s'y était rendu... Etonnement du Français Joël Labruyère, l'un des experts en religion présidant la séance : dans l'Hexagone, il est impensable que des écoliers visitent le QG d'une secte. Qui s'acharne contre vous ? demande-t-il à l'assemblée. En France, c'est clairement l'Association de défense des familles et des individus et les Renseignements généraux.
Mais en Belgique ? Hésitation de l'auditoire. Sans être trop agressive, la chasse aux sectes viendrait ...d'un peu partout. Du monde politique , avec le soutien sans
réflexion des médias. Des associations antisectes. Mais de manière assez distante, finalement. On nous met tous dans le même sac et on ne sait pas pourquoi , dénonce un spectateur anonyme. On nous dit qu'il n'y a pas de fumée sans feu, s'insurge un raélien, portant un brassard à l'étoile jaune en signe de discrimination. Mais, enfin de compte, qui allume ces feux ?

Une fois rassemblés, tous ces témoignages devraient être transmis aux ministères compétents de France et de Belgique, ainsi qu'à la Cour européenne des droits de l'homme, assurent les organisateurs.


 

  France : Témoins de Jéhovah

Travail pour Dieu

Paris Normandie, 6 juin 2000 par véronique Baud

[Texte intégral]Un responsable jugé à Evreux pour infraction au code du travail.

Chez les Jéhovah, on travaille pour Dieu.

Qu'ils soient traducteur, lingère, intendant ou jardinier, tous les frères et soeurs de la communauté chrétienne des Béthélites disent travailler pour Dieu. La communauté pourtant composée d'environ 300 Témoins de Jéhovah possède en 1996 à Louviers une imprimerie aujourd'hui installée à Londres-, une menuiserie, un atelier de métallerie.

A la suite d'un accident du travail lors duquel un ministre du culte s'est coupé deux doigts sur une machine dans l'atelier de menuiserie en 1996, un inspecteur du travail va relever différentes infractions au code du travail. La justice a retenu trois délits de blessures involontaires, absence de mesures de sécurité, et travail dissimulé, auxquelles s'ajoutent douze contraventions.

La communauté chrétienne des Béthélites estime ne pas dépendre du code du travail car ce n'est pas une entreprise mais une communauté religieuse , déclare Michel Blaser, renvoyé hier devant le tribunal correctionnel d'Evreux. Pour le soutenir, environ 70 frères et soeurs ont fait le déplacement en car.

Récits béats

Vingt autres personnes ont été citées comme témoins par les deux avocats des Témoins de Jéhovah. Tous décrivent leurs journées dévolues, beaucoup à la Bible, mais aussi à des missions qui n'auraient absolument rien à voir avec une activité industrielle, alors que vingt-huit millions de brochures sont produites par an sur le site. Chacun reçoit un pécule de 900 francs, est logé, nourri, soigné, coiffé même, sur place.

Tâche et non pas travail; responsable par l'âge et l'expérience et non supérieur hiérarchique ; pécule et non rémunération. Autant de termes employés béatement par chacun des témoins, qui montrent que la vie communautaire des Béthélites s'organise hors les cadres de la législation du travail. D'ailleurs, une charte ecclésiale spéciale semble en tenir lieu.

Déni de la loi

Le procureur de la République Jean Berkani souligne que le 4 octobre 1996, par un artifice juridique, huit mois après l'accident, les Témoins de Jéhovah sont devenus la communauté des Béthélites, une autre association avec un autre statut. Puis il s'adresse au prévenu: Monsieur Blaser, vous n'avez pas appliqué la loi sciemment parce que vous espérez obtenir un statut dérogatoire en tant qu'association cultuelle ou religieuse, mais cela vous a été refusé par le conseil d'Etat comme par le ministre de l'Intérieur.

En clair, se déclarer comme une entreprise briserait à jamais le rêve des Jéhovah de se voir déclarer association chrétienne ou congrégation au même titre que les cultes reconnus par l'Etat français.

L'enjeu est effectivement d'importance.

C'est aussi ce que pensent les représentants de l'association anti-sectes ADFI, présents dans la salle, de même que la députée de l'Eure Catherine Picard, membre de la dernière commission d'enquête parlementaire et présidente du groupe d'études sur les sectes à l'Assemblée nationale.

Les réquisitions

Le procureur de la République Jean Berkani a requis à l'encontre de Michel Blaser une peine principale de six mois de prison avec sursis, accompagnée d'une interdiction des droits civiques, civils et de famille de cinq ans. S'y s'ajoute une série d'amendes allant de 20 à 100 francs par salarié (le nombre exact au moment des faits restant à déterminer). Le jugement devra être publié sur le site des Béthélites ainsi que dans les journaux. II a été mis en délibéré


 

  Etats-Unis : Scientologie

Les morts encombrants de la Scientologie

Site de Roger Gonnet, 7 juin 2000,

Cette page, du site Web de notre ami Roger Gonnet vient d'être mise à jour.En voici un extrait :

1. - QUENTIN HUBBARD, fils de L. Ron Hubbard, est décédé d'empoisonnement à l'oxyde de carbone en 1977, un tube relié au pot d'échappement coincé dans l'habitacle du véhicule. Quentin était le second des fils d'Hubbard, il était OT VII et auditeur Classe XII [le maximum possible à cette époque] (voir aussi 21)

2. - FLO BARNETT, belle-mère de l'actuel patron de la scientologie, Miscavige; on a dit que juste avant sa mort, elle venait de se disputer avec son gendre David Miscavige, et qu'elle menaçait de parler publiquement et de porter plainte contre la scientologie. Flo Barnett, née Miller, mourut de trois balles dans la poitrine et une dans la tête.

3 - Noah Lottick a sauté d'un immeuble de New York le 11 Mai 1990, à un pâté de maisons de l'organisation de scientologie. Mort. Détails ailleurs dans ce site.

4 - Rodney RAMONDO est mort en sautant d'un bâtiment de l'org de scientologie de Los Angeles en 1986.

5 - James Stewart, est mort en sautant d'un bâtiment à Edinburgh, Ecosse; il était patron de l'Org de scientologie de Durban, OT 3 (donc haut initié) et auditeur Classe VII.

6 - Lila Leighton Brown est morte en sautant dans le vide alors qu'elle était un préclair payant ses auditions en 1978 à San Francisco.

7 - Un individu (nom inconnu) s'est donné la mort en sautant dans le vide depuis le bâtiment de la Banque de Hanovre à New York, vers 81-83.

8 - Une femme agée de Suisse s'est donné la mort en sautant dans le port de Clearwater alors qu'elle était sur les niveaux OT. Immédiatement, le GO (services secrets) a envoyé une série de gens au RPF (goulag sciento). (Margery Wakefield a été éjectée de la secte à ce moment - voir son témoignage)

etc.......sur le site

 

  Etats-Unis : Scientologie

Cochon de payeur à vie

 

Forum fr.soc.sectes, 7 juin 2000, par Roger Gonnet

Quand on achète à la sciento, on ne devient pas propriétaire:

J'avais déjà signalé dans mon livre La Secte l'invraisemblable étiquette qui orne les électromètres vendus environ 30-35 000 F pièce. Cette étiquette indique que l'usage de l'appareil scientologue en question n'est pas autorisé aux psys etc, mais seulement aux auditeurs de la secte (les ministres , dit-elle). Bref, c'est un droit de semi-propriété.

Assorti désormais d'une obligation d'en acheter deux par tête et de les renvoyer tous les deux ans en vérification aux US, pour 1500 dollars environ à chaque fois. Ruineux par conséquent. Au bout de 10 ans, vous avez donc payé 2 appareils, soit environ 70 000 F, plus 5 fois 3 000 dollars, soit 75 000 F environ, total 150 000 environ. Déjà le prix d'une belle bagnole pour deux ponts de wheatstone, quelques potentiomètres et résistances, et quelques centaines de grammes de plastique plus une paire de jolies boites de soupe en fer blanc - vides.

Mais il y a pire: s'il vous venait jamais à l'idée de mettre ces appareils en vente aux enchères suite à votre abandon des théories fumeuses de la secte, et que vous vouliez par exemple passer par E-Bay pour les proposer sur le marché, E-Bay recevrait une notification de la sciento comme quoi il est interdit de proposer ces appareils à la vente sous prétexte de violation des droits d'auteur . Ce n'est plus propriétaire, ni même semi ou quart de-propriétaire que vous êtes donc devenu, c'est cochon-de-payeur-à-vie .

C'est en effet la mésaventure qui est arrivée à un ex-scientologue désireux de revendre sa bécane (dont le prix de revient est au grand maximum de 5000 F en raison de l'emballage et de la forme!); E-Bay a retiré l'appareil de la vente... Affaire à suivre.

Si ça arrive en France, je recommande vivement à la victime de cette nouvelle escroquerie de se faire connaître afin que je l'assiste dans les démarches juridiques pour venir à bout de cette nouvelle escroquerie ou clause abusive à la vente.


 

  France : Sôka Gakkai

La secte Sôka Gakkai inquiète toujours

Le Parisien,10 juin 2000, par Sophie Bordier

[Texte intégral]La secte Sôka Gakkai telle que les habitants de Chartrettes ne l'ont jamais vue.

Jeudi soir, la plupart des soixante personnes présentes à la salle polyvalente ont découvert la vraie nature des propriétaires du château du Pré, acquis en 1992 par la secte japonaise, reconnue comme très dangereuse par le dernier rapport parlementaire sur le sujet.

L'occasion ?

La diffusion d'un reportage, à l'initiative du comité contre les manipulations mentales. On n'entend jamais rien de ce château. On se demande de quoi ils vivent. Ce film m'a éclairé , commente une habitante. Les faits sont éloquents : 12 millions d'adeptes au Japon, 10 000 en France, un empire financier, politique ; deux châteaux en Ile-de-France, un centre européen en Provence, etc. Et un fort soupçon d'espionnage industriel. Bref, une secte en col
blanc .

Maire de la commune, Tino Petruzzi botte en touche. J'ai été piégé. Un jour, des gens comme vous et moi se sont présentés comme les nouveaux propriétaires du site. Ils se disaient Mouvement laïc du bouddhisme et ne demandaient rien, sinon l'autorisation de mener des travaux dans les dépendances. Le bouddhisme m'a toujours intéressé. Voilà ! Puis, l'actualité m'a dépassé, tout le monde a eu peur ici. Depuis, les gens s'interrogent moins sur le château que sur la secte elle-même.

Vraiment pas rassuréeLe hic : selon Anne Fournier, déléguée de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes, son statut d'association, type loi de 1901, ne l'oblige à aucune transparence sur ses activités . L'ouverture de la Soka sur Chartrettes ? Des journées portes ouvertes deux fois. Sinon, rien. Un couple et leurs enfants vivent dans le château. Le week-end, on voit des bus et des belles voitures y entrer. Il s'agit de séminaires pour les cadres de la Soka , relate le maire. Un habitant l'interpelle. Qu'est-ce que cela rapporte à Chartrettes ? La taxe d'habitation et les impôts fonciers , répond Petruzzi. Commentaire sceptique de Liliane Combourieu, qui réside juste à côté du château : Je suis informée, mais vraiment pas rassurée...


 

  France : Témoins de Jéhovah

Le dilemme d'un Jéhovah

Paris Normandie, 10.12 juin 2000[Texte intégral]

Un témoin de Jéhovah a renoncé à sa foi pour recevoir la transfusion sanguine qui lui a sauvé la vie, juste avant de s'évanouir après une attaque à la machette.
Avec tout le sang que j'avais perdu je n'aurais jamais pu survivre , a déclaré Bent Brond, 24 ans devant la Cour d'Assises de Nottingham qui jugeait son agresseur.

Monsieur Bond, la jugulaire tranchée a donc décidé, avant de perdre connaissance, de confier à un ambulancier qu'il consentait à recevoir une transfusion sanguine, contrairement aux préceptes de sa foi.


  France : Sectes

L'Assemblée prête à partir en guerre contre les sectes

AFP, 11 juin 2000, par Laurent Barthelemy

[Texte intégral]La lutte contre les sectes devrait être considérablement renforcée par un arsenal juridique spécifique, selon une proposition de loi à l'initiative du groupe PS, qui sera examinée le 22 juin par l'Assemblée nationale.

Le Parlement a longtemps hésité avant de prévoir des dispositions spécifiquement anti-sectes, mais cette fois-ci, il prend le taureau par les cornes , s'est félicitée la députée PS Catherine Picard, rapporteur du texte et présidente du groupe d'études sur les sectes de l'Assemblée.

Les députés socialistes ont fait inscrire à leur ordre du jour réservé la proposition de loi du sénateur UDF Nicolas About, adoptée par le Sénat en décembre.

Le texte vise à permettre au pouvoir politique de dissoudre des personnes morales plusieurs fois condamnées (elles-mêmes ou leurs dirigeants) pour certains délits typiques des sectes (mise en danger d'autrui, instruction scolaire non conforme, abus de confiance, etc.).

Mais ils ont préparé une série d'amendements qui vont bouleverser ce texte de fond en comble et le muscler considérablement.
Ainsi les socialistes proposent de donner à la justice, et non plus au pouvoir politique comme le prévoyait le sénateur About, le droit de dissoudre des sectes condamnée au moins deux fois par la justice.

Ce droit de dissolution par la justice était notamment réclamé par la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS).

Délit de manipulation mentale

Les socialistes prévoient aussi la création d'un délit de manipulation mentale , qui devrait permettre de lancer plus facilement des procédures judiciaires contre les sectes. Il s'appliquerait aux pressions graves et réitérées exercées sur une personne afin de créer ou d'exploiter un état de dépendance psychologique ou physique , dans le cadre d'un groupement ayant pour but ou pour effet créer ou d'exploiter ces dépendances.

Le délit serait puni de 200.000 francs d'amende et deux ans d'emprisonnement, selon le texte PS. La sanction serait aggravée à 5 ans d'emprisonnement et 500.000 francs d'amende lorsqu'elle est commise sur une personne particulièrement vulnérable.

La rédaction choisie permettra notamment d'engager des poursuites sans s'interroger sur le consentement ou non de la victime à ces pressions, a-t-on souligné de source parlementaire.

La lutte contre les sectes devrait être d'autant plus facilitée que pour la première fois, le législateur fournirait un embryon de définition de ce qu'est une secte , a-t-on également expliqué de même source.

Les propositions du groupe PS devraient trouver un large soutien à l'Assemblée, puisqu'elles reprennent pour la plupart des dispositions déjà proposées par exemple par le RPR Eric Doligé, auteur d'une proposition de loi sur la manipulation mentale, ou par le député-maire RPR de Paris, Jean Tiberi.

Comme M. Tiberi, les socialistes proposent ainsi d'interdire l'installation d'une secte déjà condamnée à proximité d'une école, d'un hôpital, d'un dispensaire, ou autres établissements accueillant des personnes vulnérables.

Ils suggèrent également, comme l'avait fait M. Tiberi, d'empêcher la publicité d'une secte déjà condamnée auprès des jeunes.

Toujours pour faciliter la condamnation des sectes par la justice, les députés PS reprennent par ailleurs la proposition sénatoriale d'étendre la responsabilité pénale des personnes morales à plusieurs délits: délits d'entrave ou d'omission de porter secours, provocation au suicide, complicité d'abandon de famille ou complicité de privation de soins et d'aliments à mineurs de moins de 15 ans.


  France : Sectes

Alain Vivien : " La fédération d'Helsinki est infiltrée "

Le Figaro, 13 juin 2000 par A.B

[Texte intégral]Président de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes.(MILS), Alain Vivien dénonce l'influence de ces organisations. au sein d'organismes internationaux censés défendre les droits de l'homme.

LE FIGARO - Cette offensive des sectes contre la France vous inquiète-t-elle ? .

Alain VIVIEN - Pas vraiment: Il n'y à encore jamais eu de sanctions prononcées à notre encontre par des organismes pertinents, tels que l'ONU ou l'OSCE. En revanche, ce qui peut nous préoccuper; c'est que les sectes infiltrent des instances apparemment neutres, comme la Fédération. internationale d'Helsinki pour les droits de l'Homme. Même si elle est proche de l'OSCE; instance très respectable, cette ONG semble aujourd'hui être passée entre les mains des scientologues et peut-être d'autres sectes transnationales.. Cela explique les critiques virulentes à l'égard de la France,. accusée de discrimination, religieuse.......

LE FIGARO - Qu'est-ce qui vous permet d'affirmer que la fédération d'Helsinki est infiltrée ?

Alain VIVIEN - Plusieurs indices révélateurs. à Moscou, par exemple , la dernière publication du bureau d'Helsinki consacrée aux violations des droits de l'homme, remercie noir sur blanc l'Église de Scientologie d'avoir imprimé ses documents.
Le lien est très clair... il est financier.. Des organismes internationaux en perte de vitesse peuvent ainsi devenir des proies faciles pour les sectes riches et puissantes.

LE FIGARO - Grâce à. leurs puissants relais, les Etats-Unis ne risquent-ils pas d'imposer aux pays européens leur conception très large de la liberté de religion ?

Alain VIVIEN - Non. Je crois que la position des États-unis est de moins en moins comprise. L'inquiétude à l'égard des sectes est devenue une préoccupation mondiale.
On ne peut pas s'interdire de légiférer sur les sectes au nom des droits de l'homme.
C'est absurde, quand on sait à quel point ces mouvements peuvent bafouer les droits les plus élémentaires .
Les dernières déclarations de Bill Clinton en faveur de la Scientologie ou de Moon sem blent d'ailleurs ahurissantes. De nombreux observateurs se demandent si le président américain n'est pas en train de solder des comptes avec ces grandes sectes, qui offrent une manne inépuisable de financement politique. .

LE FIGARO - La position radicale de la France sur les sectes n'est-elle pas une exception, même en Europe ?

Alain VIVIEN - Je ne le. crois pas: Dans la lutte contre les sectes; nous sommes dans le peloton de tête, mais l'Allemagne nous a devancés. La Belgique vient également de donner une définition légale de la secte. Ces principes finiront par s'imposer. La politique française est d'ailleurs devenue un exemple à suivre, notamment dans les pays de l'Est qui nous demandent des conseils. A Moscou comme à Varsovie, les autorités craignent une liberté associative sans contrôle. Ils envisagent de s'inspirer de notre loi de 1901 sur la liberté associative. Si cette tendance s'affirme dans deux pays aussi contrastés c'est, je pense, très significatif.


 Autriche : Sectes

Lettre de la Fédération internationale d'Helsinki (IHF)

15 juin 2000INTERNATIONAL
HELSINKI
FEDERATION FOR HUMAN RIGHTS

International Helsinki Federation for Human
Rights
Wickenburgg. 1417, A-1080 Vienna,
AUSTRIA.
Tel. +43-1-408 88 22
Fax +43-1-408 88 22?50
E-mail: office ihf-hr.org
Internet: http:llwww.ihf-hr.org/

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Open Letter to Alain Vivien about Religious Freedom in France

Monsieur Alain Vivien Président
Mission Interministérielle de lutte contre les sectes (MILS)

Vienne,
le 15 juin 2000

Cher monsieur,

Je vous écris au nom de la Fédération Internationale d'Helsinki pour les Droits de l'Homme (IHF), qui représente trente-neuf Comités d'Helsinki et autres organisations de défense de droits de l'homme affilés sur le territoire de l'OSCE, afin de vous communiquer notre stupeur face à l'accusation que vous avez portée contre notre organisation, qui serait selon vous " infiltrée " par des " sectes transnationales ", et en particulier par l'Eglise de Scientologie (Le Figaro du 13 juin 2000).

Je suis embarrassé, pour vous et pour vos concitoyens français, par le recours que vous faites à des méthodes de dénonciation et d'insinuation qui nous rappellent celles dont nous faisons parfois l'objet de la part de régimes totalitaires et rétrogrades, simplement parce que nous les rappelons à leur obligation de respect des normes de droit international en matière de droits de l'homme.

La Fédération Internationale d'Helsinki pour les Droits de l'Homme (IHF) est une fédération d'organisations indépendantes dont le mandat est de promouvoir l'observance des accords d'Helsinki. Un de nos membres, le Moscow Helsinki Group, a publié un livret sur la liberté religieuse. Notre groupe nous informe que l'Eglise de Scientologie a effectivement contribué à cette publication, ce qui est indiqué " noir sur blanc " à l'intérieur de la publication, comme vous le dites vous-mêmes dans l'entrevue au Figaro. Le groupe de Moscou aurait été avisé de refuser cette participation, y compris afin d'éviter les réactions abusives et insinueuses telles que la votre. Mais le Moscow Helsinki Group, l'organisation de défense de droits de l'homme la mieux établie et respectée en Russie, celle qui a donné naissance au mouvement des droits de l'homme à travers l'Europe et dont les membres sont morts ou ont été torturés dans les goulags soviétiques pour leurs croyances et opinions, n'est pas tombé aux mains des scientologistes dont il serait le porte-parole. Malheureusement, ses membres ne sont pas étrangers aux accusations telles que les vôtres, dont le but a trop souvent dans le passé été de miner leur crédibilité.

Face aux religions non-traditionnelles, la Russie et la France ont toutes deux une approche qui contrevient à leurs obligations internationales. Les représentants du comité de Moscou ont jugé utile de produire cet ouvrage général de droit international concernant la liberté religieuse et les méthodes de protection aux niveaux national et international en la matière, sans aucune propagande religieuse. Avant de le dénoncer, nous vous en conseillons la lecture, au-delà de la page de garde.

La liberté religieuse fait partie des droits reconnus dans les divers documents auxquels la France a souscrit en tant que membre de l'OSCE, du Conseil de l'Europe et des Nations Unies. L'article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le Document de Vienne adopté par les pays membres de l'OSCE, et surtout les articles 9, 11 et 14 de la Convention européenne des Droits de l'Homme et la jurisprudence de la Cour européenne des Droits de l'Homme à Strasbourg en matière de liberté religieuse concourent à faire de la liberté de pensée, de religion et de croyance un droit consacré par le droit international. Aussi, de réduire le débat sur la notion de liberté religieuse à des différences de points de vue entre la pensée " anglo-saxonne" et la tradition européenne n'a selon nous aucun sens.

Nous craignons que la législation que vous proposez puisse difficilement être jugée compatible avec la notion de pluralisme religieux dans une société démocratique. Dans le cas où les membres de ce que vous qualifiez de " secte" commettent un crime, le droit pénal français existe pour punir les auteurs.

Pour cette raison, notre organisation condamne le projet de loi que la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS), que vous présidez, a contribué à développer, et qui passera devant l'Assemblée Nationale le 22 juin prochain. Il appert que la justification de ce projet de loi à caractère répressif se trouve dans le désir de protection des "droits de l'homme" des membres des religions bannies et des citoyens vulnérables. Nous nous interrogeons comment une telle loi peut prétendre garantir les droits de l'homme lorsqu'elle va à l'encontre des libertés d'association, d'expression, de religion et de conscience, lorsqu'elle met en péril le droit des minorités et entretient des préjugés aussi incompatibles avec la notion de tolérance intrinsèque à celle de droits de l'homme. La France se doit de faire face à ses responsabilités et obligations en tant que signataire des conventions internationales et respecter le droit européen et son interprétation par la Cour de Strasbourg, avant de n'être amenée devant celle-ci par ses citoyens victimes de discrimination du fait de la loi que vous proposez.

Finalement, nous comprenons que vous n'avez pas apprécié la mention de votre nom dans notre rapport de mars 1999 à l'OSCE, dans lequel nous précisions votre activité passée à la tête du mouvement anti-secte français, questionnant indirectement votre indépendance en tant que président de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS). Cependant, nous nous étonnons de votre réaction calomnieuse à l'encontre de notre organisation. Cette réaction, toutefois, ne peut que nous conforter dans notre opinion.

Veuillez agréer, Cher Monsieur, l'expression de mes sentiments distingués,

Baron Rhodes
Executive Director


  France : Alpha et omega

Dans quatre mois, les magistrats de la cour d'appel de Lyon vont juger à nouveau un Lyonnais hors du commun.

L'Express, 15 juin 2000 par François Koch

[Texte intégral]

Au début des années 90, ses adeptes l'appellent " Maître Charles-Philippe ". Voyant mystique, il règne alors avec sa compagne, de vingt ans sa cadette, sur une vingtaine de fidèles plutôt aisés, regroupés à partir de 1992 dans l'association Alpha et Oméga. Mais, en 1995, la justice des hommes met un terme à ses rituels ésotériques et à sa magie blanche en l'envoyant derrière les barreaux.

Libéré sous caution après 84 jours de détention, René Lobraïco sera reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Lyon, en 1998, d'avoir extorqué à ses fidèles près de 6,5 millions de francs.

Condamnation: quatre années de prison, dont deux avec sursis, 300 000 francs d'amende et 1 256 700 francs de dommages et intérêts au profit de quatre anciens adeptes, qui l'accusent d'être le gourou d'une secte. Qui est donc ce moustachu à l'air bonhomme ?

Né dans le III° arrondissement de Lyon il y a 55 printemps, René Lobraïco a commencé l'étude des religions dès l'enfance: le christianisme à 7 ans, le bouddhisme et l'hindouisme à 11 ans. Il désire être prêtre, mais devient journaliste photographe au Dauphiné libéré, maquettiste en imprimerie, puis directeur d'une auto-école.

Après avoir fréquenté l'Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix, il étudie au sein de la secte du Mandarom pendant dix années, à Castellane (Alpes-de-Haute-Provence), où son ex épouse résidait encore il y a peu, et obtient le " diplôme " de " mystagogue agréé ". Pendant les dix années suivantes, Lobraïco officie dans un cabinet de conseillers-psychologues, tout près du palais des Beaux-Arts de Lyon, où il utilise ses connaissances ou aptitudes en sophrologie, radiesthésie, druidisme, théurgie (1), kabbalistique, hermétisme...

Enfin, il participe, en 1992, à la création de l'association Alpha et Oméga, dont l'objet est " l'étude, la recherche et le développement holistique de l'être ".
" Une amie grenobloise m'a parlé d'Alpha et Oméga comme de" l'université des religions de Maître Philippe", alors que j'étais au chômage, déprimée " , se souvient Thérèse. Cette femme de 36 ans, née dans une famille chrétienne italienne, a fait des études supérieures en lettres et reconnaît un penchant pour l'ésotérisme. " J'ai été impressionnée par l'énorme charisme du "Grand Mage" devant un public de gens bien habillés, se souvient Thérèse, en évoquant les premiers week-ends d'études auxquels elle a assisté, en payant chaque fois 2 500 francs. Il savait allécher, donner envie d'apprendre ; je ressentais du bien-être. "

Appâtée, elle est poussée à devenir membre fondatrice d'Alpha et Oméga : " Cela te sera utile pour retrouver du boulot ", insiste son amie.
Tarif 100 000 francs. Pour tout patrimoine, Thérèse ne possède qu'un appartement à Grenoble. Qu'importe : une étudiante du groupe la dépanne en contractant pour elle un emprunt bancaire.

Denis, marchand de biens, grossiste en textiles et chaussures, spécialiste en ingénierie financière au Luxembourg, 45 ans, verse 200 000 francs en liquide, pour son adhésion et celle de son épouse Martine, 41 ans: " Et on ne peut pourtant pas dire que je sois crédule ", tient-il à préciser. Aujourd'hui, il peine à expliquer la confiance presque aveugle que lui inspirait Lobraïco. Sa fascination remonte au jour où il dit avoir ressenti une intense circulation de fluides dans la tête pendant que le groupe s'adonne à un rituel sur l'eau. Pendant ces cérémonies très orchestrées, le Maître porte parfois des aubes et assure pouvoir combattre le chômage, les comptes bancaires déficitaires et les chagrins d'amour.

Maître Charles-Philippe enseigne la magie sacrée selon La Lumière sur le royaume, un ouvrage d'Alexandre Moryason. II a un tel talent pour la liturgie que ses adeptes en redemandent. Il les pousse alors à acheter des talismans porte-bonheur, obtenus auprès d'un Africain résidant à Paris. " Il m'a fallu lui donner une mèche de cheveux, un ongle de la main et du pied et quelques gouttes de sang, précise Thérèse. Et j'ai reçu un petit sachet en cuir, qui semblait rempli d'herbes et d'une bille, en échange d'un chèque de 30 000 francs à l'ordre de Lobraïco. " Pour Denis, le tarif est de 5O 000 francs : " Il était impératif d'acheter des talismans pour assister à certains cours. "

"Il fallait toujours plus et c'est pour cela qu'on nous poussait à recruter de nouveaux membres"

Le groupe loue ensuite pour 20 000 francs par mois une belle villa à Limonest, surtout utile pour loger confortablement le couple Lobraïco-Artizzu. " J'ai accepté d'y habiter car on m'assurait que résider sous le même toit que le Maître apportait de nombreux bienfaits, explique Thérèse. Mais ils ont exercé cette pression à un moment où j'étais vulnérable: mon fiancé venait de me quitter, agacé par mon attachement à celui qu'il considérait comme un escroc. " Mais c'est à Limonest que, selon d'anciens adeptes, les choses semblent se gâter.

Lobraïco donne à ses fidèles de plus en plus de travail, réduisant leur temps de sommeil. " Le Maître pouvait nous appeler à tout moment du jour et de la nuit pour des rituels, se souvient Thérèse. Il nous conseillait aussi de ne plus voir notre famille en affirmant qu'elle freinait notre évolution. Et elle ne peut oublier les rituels destinés à faire éclater la vérité sur les ennemis ou les traîtres " Ceux qui quittaient l'association, guidés par les forces du Mal, ou ceux qui nous accusaient d'être une secte. "

L'argent semble obséder le gourou. Plus les adeptes lui en versent, plus il les met en valeur. " Les autres, il pouvait les insulter, les humilier, les faire pleurer en public, casser leur ego en prétendant que c'était "pour leur bien" ", accuse Thérèse, qui vise aussi Pascale Artizzu, la compagne, la prêtresse. " J'ai été culpabilisée, car j'aurais dû faire plus profiter les autres de mon argent pour avoir un bon karma, a témoigné devant les juges Michèle, 40 ans, une autre victime ayant habité Limonest. J'ai donc versé 70 000 francs pour accéder à un enseignement supérieur et faire partie du "Cercle de diamant". " Loin des pratiques ésotériques, le Maître s'est même lancé, en 1994, dans la vente pyramidale de produits de filtration d'eau et d'air, un système illégal dit " à là boule de neige ", où les gains des fondateurs du réseau augmentent en proportion du nombre de distributeurs. "Cette construction commerciale visait encore à nous exploiter", accuse Denis. "Il fallait toujours plus d'argent" souligne Michèle et c'est pour cela que l'on nous "poussait à recruter de nouveaux membres pour les week-ends et les séminaires"
"On m'a accusé accusée d'être responsable du départ de Michèle d'Alpha et Omega", témoigne Thérèse, "et donc de la perte de 1 million de francs pour le groupe." insiste Thérèse,

Cet amateur de bonne chère n'a-t-il pas tenté d'abuser de son autorité spirituelle ? C'est ce qu'affirme Thérèse :
" Lors d'une première tentative, Lobraïco m'a demandé si j'avais déjà pratiqué la sodomie et je l'ai sèchement éconduit. Peu de temps après, à Limonest, il m'a pourtant proposé de lui faire une fellation, qu'il présentait comme une récompense, une chance pour moi de recevoir sa "substance divine".

Contactés par leur avocat, Me Yves Sauvayre, René Lobraïco et Pascale Artizzu ont refusé de répondre aux questions de L'Express." Tout ce qu'ils disent est faux ", avaient-ils martelé devant le tribunal correctionnel de Lyon, réuni les 27 et 30 mars 1998, après avoir entendu les accusations de leurs anciens adeptes.

Lobraïco nie catégoriquement avoir été le gourou d'une secte. Et se décrit comme le simple salarié conférencier de l'association Alpha et Oméga, rétribué 40 000 francs net par mois. Selon lui, il n'y a jamais eu ni rituels, ni incantations, ni Cercle de diamant, mais seulement des méditations, des travaux pratiques à vocation pédagogique. Il affirme enfin ne pas avoir vendu le moindre talisman. " En s'attribuant un rôle très secondaire dans Alpha et Oméga, Lobraïco est apparu maladroit, voire grotesque," estime Me Pascal Cornut, avocat des parties civiles." Ses victimes fortement endettées, qui ont connu son pouvoir autoritaire, y ont vu une ultime manipulation."

Changera-t-il son système de défense devant la cour d'appel de Lyon, le 11 octobre 2000 ?


 Belgique : Témoins de Jéhovah

Les Témoins de Jéhovah s'adaptent

Le Soir, 16 juin 2000, par C.L

[Texte intégral]Vers la levée d'une interdiction des transfusions

C'est une véritable révolution pour les Témoins de Jéhovah pour autant que l'interdiction soit effectivement appliquée dans les faits: les fidèles de la Tour de garde qui accepteraient des transfusions sanguines ne seront plus automatiquement -excommuniés .

C'est le Times de Londres qui a révélé l'information suite à une réunion discrète du Corps exécutif international des Témoins à New-York.

Officiellement, les Témoins parlent d'une adaptation peu importante qui n'a, du reste, pas encore été relayée vers la base, mais des membres plus critiques qui se battent notamment aux Pays-Bas pour une modification de fond de cette interdiction parlent d'un changement de fond.

Le plus important en fait depuis qu'en 1975, le mouvement avait dû admettre que la fin du monde, longtemps annoncée pour cette année-là ne s'était pas produite...

La mesure doit encore franchir le cap des différentes églises locales. Ce qui impliquera aussi qu'il faudra remettre à jour nombre de sites internet qui détaillent longuement pourquoi les Témoins doivent absolument refuser les transfusions sanguines, moult références bibliques à l'appui.

En résumé, pour les Témoins, la vie est un don de Dieu, symbolise par le sang. Il ne peut dès lors être question de le détourner de ses fonctions naturelles.

On notera que les Témoins ne s'opposent pas à des solutions de substitution - ce qui a parfois permis de réaliser des prouesses médicales comme, par exemple, une transplantation de foie sans transfusion, l'an dernier, au Centre hospitalier universitaire de Liège... et que certains d'entre eux admettent même l'emploi de certains composants (comme l'albumine, les immunoglobines et les préparations destinés aux hémophiles).

Iront-ils jusqu'à admettre un certain libre-arbitre dans le cas de solutions urgentes incontournables comme, par exemple, en cas d'accident grave ou d'opération très urgente? C'est évidemment sur le plan-là que l'on se rendra compte s'il y a vraiment un changement de cap...


  France : Sectes

Communiqué de presse relatif à la proposition de loi sur les sectes

Jacques Trouslard, 16 juin 2000

[Texte intégral]

Soissons le 16 juin 2000.

Monsieur le Directeur
Monsieur le Rédacteur (de LA CROIX ndlr)

Au nom des personnes et des familles pour la défense desquelles je lutte depuis une vingtaine d'années contre les Sectes, sur un plan a-confessionnel et a-politique, je me permets de vous adresser le communiqué de presse suivant.

Dans l'espoir que vous puissiez le publier .........

Communiqué de presse relatif à la
PROPOSITION DE LOI SUR LES SECTES

Le 22 juin sera soumise à l'Assemblée nationale, une proposition de loi destinée à renforcer la protection des personnes abusées ou des familles déchirées par l'action des organismes à caractère sectaire .

Au nom des victimes des sectes, je souhaite que cette proposition de loi, venant combler les lacunes de l'arsenal juridique de droit commun existant soit votée, au delà de toute option politique ou idéologique.Désormais, nous pourrons définir une secte. Les organismes à caractère sectaire, communément appelés sectes, sont des groupements qui poursuivent des activités ayant pour but ou pour effet de créer ou d'exploiter la dépendance psychologique ou physique des personnes qui participent à ces activités et portant atteinte aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales, d'exercer sur une personne des pressions graves et réitérées, afin de créer ou d'exploiter un tel état de dépendance et de la conduire , contre son gré ou non, à un acte ou à une abstention qui lui est gravement préjudiciable


 

  Allemagne : Scientologie

Est-ce qu'Hollywood paie les gens qui critiquent les allemands?

Site web de Roger Gonnet Der Tagesspiegel par Robert von Rimscha , 16 juin 2000

[Texte intégral]

Washington, USA

Le député US Mark Foley de Floride menace de soumettre le thème de la liberté de religion en Allemagne à la WTO (Organisation du Commerce Mondial ou OMC).

Les auditions au congrès mercredi qui ont abordé le boycott de Microsoft en Allemagne étaient menées par Ben Gilman à New York. Gilman, Foley, et le républicain Matt Salmon d'Arizona, aidés du sénateur Mike Enzi, sont tous membres d'un gang de critiques réguliers de l'Allemagne.

D'un autre côté, ce sont toujours les mêmes stars hollywoodiennes qui avancent leurs noms en faveur de la scientologie; on retrouve ainsi Tom Cruise et Nicole Kidman, John Travolta, le musicien de jazz Chick Corea, l'avocate TV Greta Van Susteren, ainsi que les actrices Anne Archer et Catherine Bell.

A partir des fichiers de la Commission d'Election Federale, qui indiquent les donations aux partis politiques, le "Tagesspiegel" a observé les connexions entrecroisées du système: est-ce que les adeptes hollywoodiens scientologues donnent de l'argent aux défenseurs de la scientologie installés au Congrès?

Ceux-ci reçoivent-ils d'importantes sommes de la soi-disant église? La réponse est non, des deux côtés. John Travolta et Chick Corea, dont les noms ne cessent d'apparaître au sujet d'un "boycott" des artistes scientologues en Allemagne, n'ont pas donné un centime à des politiciens depuis 1993. Seuls Cruise et Kidman donnent régulièrement. Depuis 1998, Cruise a écrit 11 chèques, sa femme sept durant la même période. Les principaux bénéficiaires des largesses, plus de 400 000 FF (58000 $) ne sont pas des représentants pro-scientologues du congrès, mais Hillary Clinton (14 000 $), le chef de la minorité démocratique au Sénat, Tom Dachsle (2 000 $), et le vice-président Al Gore ($ 5000).

Pour équilibrer le tableau, les principales sources financières des défenseurs de la scientologie au congrès ont été recherchées. Gilman a reçu de l'argent des représentants des pilotes, des albaniens, des avocats, des ingénieurs et des sociétés Boeing, mais aucun des centaines de donataires ne provient d'un environnement écclésial. Enzi a reçu des planteurs de canne à sucre, des revendeurs, des éleveurs bovins, des sociétés Coor, JP Morgan et GE, mais rien semble-t'il de la scientologie. Leur support envers "l'église" ne semble pas motivé par l'argent, en tout cas pas directement.

NB : l'article aurait pu faire observer que le plus grand défenseur de la scientologie n'est autre que Clinton.... dont la femme a touché au moins ces 14 000 dollars, ndt, et que le RTC, instance gouvernant la scientologie mondiale, a dépensé 420 000 dollars en frais de "lobbying". Où sont-ils allés?]roger gonnet - Le Secticide 


 

  Etats-Unis : Krishna

Un grand procès à Dallas

Site de Steven Hassan, 17 juin 2000,Grand procès d'anciens adeptes (44) de Hari Krishna à Dallas pour divers abus psychiques et physiques subis durant toutes les années scolaires dans des écoles Hari Krishna. Des articles dessus sur le site de Steven Hassan: Un site à consulter impérativement : http://www.freedomofmind.com/news.htm

  France :Scientologie

Narconon Leman en liquidation judiciaire

Jugement.

TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE THONON-LES-BAINS
Redressement et liquidation judiciaire des entreprises
Dossier n°2000/00385
EXTRAIT D'UN JUGEMENT D'OUVERTURE
D'UNE PROCEDURE DE LIQUIDATION JUDICIAIRE

Par jugement du 18 juin 2000, le tribunal de grande instance de Thonon-les-Bains, faisant fonction de tribunal de commerce, a ouvert une procédure de liquidation judiciaire à l'égard de :Association NARCONON LEMAN, Le Clos Belle Vue Le Mont Bené, 74420 Saxel. Association Enregistrée à la sous-préfecture de Thonon?les?Bains le 1er août 1993

Activité : prévention réhabilitation pour toxicomane. A constaté l'état de cessation des paiements au 16 juin 2000. A nommé en qualité de juge commissaire: Jean?Paul DUPORT. juge commissaire suppléant: Pascale SAPPEY-GUESDON, liquidateur: Selafa BELLUARD.& GOMIS. 15, avenue des Allobroges, 74200 Thonon-les-Bains. A ordonné la publicité dudit jugement. Les créanciers sont priés de déclarer leurs créances entre les mains du liquidateur au plus tard dans les deux mois de l'insertion qui paraîtra au bulletin officiel des annonces civiles et commerciales, avec une déclaration des sommes réclamées, accompagné d'un bordereau récapitulatif des pièces produites. Pour extrait, Fait à Thonon-les-Bains, le 16 juin 2000.

E. BRUNET.


  France : Scientologie

Nouvelle perquisition chez les scientologues

Le Parisien, 17 juin 2000, par François Vignolles

[Texte intégral]A près la saisie de documents et d'ordinateurs au siège de la Scientologie d'lle-de-France le 16 mai dernier, rue Jules-César, à Paris (XII), dans le cadre de l'en quête diligentée par le juge Renaud Van Ruymbecke pour atteinte à la vie privée , publicité mensongère et pour escroquerie , la justice s'est une nouvelle fois invitée chez les scientologues.Selon nos informations, les policiers de la division nationale de répression aux at teintes aux personnes et aux biens ont procédé à une perquisition pendant plus de quatre heures mercredi dernier dans les murs de l'Association spirituelle de l'Église de scientologie
Celebrity Center (ASES-CC), au 69, rue Legendre, à Paris (XVIIe arrondissement), important centre du mouvement.

Les enquêteurs agissaient sous commission rogatoire des deux juges parisiens du, pool financier, Bismuth Sauron et XaviéreSiméoni, après l'ouverture d'une instruction pour escroquerie en bande organisée .Après cinq heures de perquisition dans les trois étages du bâtiment les policiers sont repartis avec des copies de disques durs, des documents relatifs à la comptabilité et au fonctionnement de la secte, ainsi que des fichiers contenant des listes du personnel et de fidèles. Cette saisie s'est déroulée sous les yeux des responsables de l'ASES-CC dans le plus grand calme. Certains d'entre eux ont été entendus à titre de témoinces derniers jours. Personne n'a été mis en garde à vueA l'origine de l'enquête, des plaintes d'anciens adeptesEn possession des pièces saisies, les juges vont tenter de découvrir d'éventuelles malversations financières qui se seraient produites au sein de l'association. A l'origine de cette vaste enquête, de banales plaintes d'ex-adeptes déposées depuis un an et demi. Ces derniers avaient déboursé plusieurs dizaines de milliers de francs pour effectuer des formations dispensées par l'ASES-CC. Séance de purification et d'épanouissement personnel. L'association recrutait
aussi parmi les chefs d'entreprise et leur proposait des séminaires spécifiques.Les plaignants se sont rapidement retrouvés endettés, remettant en cause le sérieux de l'enseignement de l'SES-CC.Cette dernière aurait consenti à les rembourser. Mais quelques uns des anciens fidèles se sont portés partie civile poussés par leurs proches. Les deux juges parisiens devraient mettre en commun leurs investigations avec celles de Renaud Van Ruymbecke en charge d'un autre dossier sur la scientologie.


  France : Sectes

La fronde s'organise contre la croisade anti-sectes en solitaire de la France

Yahoo, 20 juin 2000

[Texte intégral]La France, en s'apprêtant à renforcer son arsenal législatif anti-sectes, fait sa croisade presque en solitaire et suscite la colère de mouvements considérés comme sectaires, notamment américains, mais aussi de défenseurs des droits de l'homme, qui redoutent une atteinte à la liberté religieuse ou d'association.

Les députés examinent jeudi une proposition de loi du groupe socialiste visant à paralyser l'activité des organismes à caractère sectaire et de les mettre hors d'état de nuire .

En adoptant cette loi, qui prévoit un délit de manipulation mentale (punissable de deux ans de prison et 200.000 F d'amende) ainsi qu'un droit de dissolution des sectes condamnées au moins deux fois par un tribunal, la France se retrouverait très isolée sur la scène internationale.

En Europe, seule l'Allemagne se distinguait jusqu'à présent dans la course anti-sectes. L'Eglise de scientologie, qui compte de 8.000 à 10.000 membres outre-Rhin, a fait l'objet ces dernières années d'une campagne de dénonciation. L'Union chrétienne-démocrate (CDU) a même tenté, en 1996, d'empêcher ses adeptes d'accéder à la fonction publique. Et le statut de religion a été refusé à la scientologie par la Cour constitutionnelle fédérale.

Aux Etats-Unis, où la Constitution protège au contraire très largement la liberté de religion, la pression monte. Mercredi dernier, une cinquantaine de représentants de diverses associations religieuses, principalement américains, se sont offerts une page de publicité dans le quotidien International Herald Tribune. Législation déjà opératoire

La proposition de loi y apparaît comme le produit de l'hystérie suscitée par la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) et son président, Alain Vivien . Directement interpellé, le Premier ministre, Lionel Jospin, est invité à faire retirer le texte, faute de quoi la France serait comparée à la Chine, écrivent-ils.

Alain Vivien pense au contraire que la position française est devenue un exemple à suivre, notamment dans les pays de l'Est . L'inquiétude à l'égard des sectes est devenue une préoccupation mondiale, a-t-il déclaré la semaine dernière au Figaro. On ne peut pas s'interdire de légiférer sur les sectes au nom des droits de l'homme .

En guerre ouverte avec le président de la MILS, qu'elle traite publiquement d' extrémiste , l'Eglise de scientologie soutient en effet que la législation proposée pourrait devenir une violation grave des droits de l'homme .

Les sectes, qui multiplient par ailleurs, mais en vain, les recours contre la France devant les instances internationales, ont trouvé début juin un précieux appui avec le rapport annuel de la Fédération internationale des droits de l'homme d'Helsinki. On peut y lire que si la proposition de loi était adoptée, elle éliminera toute liberté d'association en France . Réplique immédiate d'Alain Vivien: il a accusé cette ONG, affiliée à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), d'être infiltrée par les scientologues.

Tout en se démarquant complètement de leurs homologues d'Helsinki, les responsables français de la Ligue des droits de l'homme (LDH) ne sont eux aussi guère emballés par la proposition de loi. La législation est déjà très largement opératoire, remarque son nouveau président, Me Michel Tubiana. Si vous faites une descente dans l'Eglise de scientologie en liant l'inspection du travail, les services fiscaux, la CNIL (Commission nationale informatique et libertés) et quelques plaintes d'adhérents, vous aurez de quoi les étaler . Nous serons en tout cas très vigilants, avertit-il, à ce que cette loi ne puisse jamais porter atteinte à la liberté d'association


 Japon : Sôka Gakkai

Inquiétude des électeurs japonais

AFP, 20 juin 2000

[Texte intégral]TOKYO - Une partie des électeurs japonais s'inquiètent de l'influence politique grandissante de la première secte boudhiste du pays, la Soka Gakkai, pilier du Komeito, un parti devenu l'allié incontournable du Premier ministre Yoshiro Mori.

Cette crainte pourrait influer sur le résultat des élections législatives de dimanche en dissuadant des électeurs de voter pour la coalition tripartite conservatrice, actuellement au pouvoir.

Officiellement, la Soka Gakkai, qui revendique 8,1 millions de foyers membres au Japon et 1,4 million d'adeptes dans le monde, ne fait pas de politique. Mais le Komeito ne fait pas mystère du soutien qu'elle lui apporte. Ce mouvement religieux "est le principal soutien" du deuxième parti de la coalition gouvernementale après le Parti Libéral Démocrate (PLD), a récemment reconnu le leader du Komeito, Takenori Kanzaki. "La Soka Gakkai a le droit de soutenir un parti politique et ses membres ont leur liberté de penser", a-t-il expliqué.

Créé dans les années 50, le Komeito a servi de branche politique à la Soka Gakkai jusqu'à leur séparation en 1970 et, aujourd'hui, le parti "ne reçoit pas de fonds" de la secte, a affirmé M. Kanzaki.

Le maintien de proches relations incommode cependant une bonne partie de l'électorat, qui se méfie de l'interférence de la religion avec la politique, comme ce fut le cas durant la montée de l'impérialisme nippon avant la seconde guerre mondiale.

La constitution adoptée au lendemain de la défaite de 1945 a depuis officialisé la séparation de l'Eglise et de l'Etat.

Cette méfiance s'est accrue lorsque le Komeito a rejoint, à l'automne 1999, le camp majoritaire, influant ainsi directement sur la politique du gouvernement, où il compte un ministre. 69% des électeurs estiment que cette coalition n'est "pas bonne", selon un sondage publié par le quotidien Mainichi le 13 juin. "Cette forte impopularité reflète l'aversion du public pour le Komeito et la Soka Gakkai qui l'influence", commente Yasuhiko Yoshida, professeur de sciences politiques à l'université de Saitama. "De nombreux groupes religieux se sont sentis trahis par la décision du PLD de s'allier avec le Komeito", selon lui. Ils pourraient donc appeler leurs adeptes à voter pour l'opposition "juste pour protester contre la place prise par le Komeito".

Mais, pour la majorité, ces pertes devraient être compensées par le poids électoral très lourd que représente la secte lorsqu'elle mobilise ses troupes. Ce qu'elle entend faire pour cette élection afin d'aider la coalition à "résoudre les problèmes économiques et à assurer un pouvoir stable", a expliqué Kazuaki Saito, un porte-parole de la secte.

Depuis son rapprochement avec le PLD en 1999, la principale décision, très controversée, du Komeito a été la distribution par l'Etat de coupons d'achats aux familles et aux personnes âgées afin de stimuler l'économie. "Ce parti a plutôt tendance à promouvoir des politiques de dépenses", souligne Hiroshi Abe, un professeur de sciences politique.

Essentiellement implantée dans les milieux populaires, la Soka Gakkai (Société pour la création des valeurs) se réclame du moine Nichiren (XIIIème siècle) et prône "la paix, la culture et l'éducation". S'appuyant sur des moyens financiers jugés considérables et un prosélytisme qualifié d'agressif, elle a étendu sa toile dans une centaine de pays et compte des adeptes célèbres, comme la rock star Tina Turner.


  France : Scientologie

La secte des étoiles

Charlie hebdo 21 juin 2000 par Gérard Biard

[Texte intégral]

Restez chez vous

Nous sommes sur terre aux alentours de l'an 3000.
Des extraterrestres très laids et très mal peignés ont réduit l'espèce humaine en esclavage. Heureusement, un Terrien plus impliqué que ses congénères va se révolter et foutre sur la gueule aux barbares d'outre-espace. Voilà pour le scénario.

L'affiche du film, elle, représente la tronche de Travolta - tendance lendemain de fièvre du samedi soir chargée - ainsi qu'une nuée de vaisseaux guerriers au look hésitant entre l'insecte et la poubelle à pédale, se dirigeant vers notre belle planète avec l'intention évidente de l'envahir sans plus attendre. Rien de bien nouveau, donc, sous la Voie lactée.

À première vue, ce navet ntersidéral ne diffère en rien des centaines de films analogues que Hollywood s'escrime à produire chaque année, afin de polluer nos étés déjà passablement pourris. C'est une sorte de rituel : en juin-juillet-août, la journée, on se goudronne les pieds à la plage, et le soir on s'enfarine les neurones au cinéma.

Et c'est bien là le problème : que rien ne signale au spectateur que Terre, champ de bataille n'est pas d'une inoffensive ringardise estivale, mais bien un film de propagande battant fièrement pavillon scientologue. Car avant de fonder l'Église de Scientologie et d'épouser le lucratif métier de gourou, Ron Hubbard rêvait d'être écrivain de science-fiction. Il voulait être Asimov, il a fini Jean-Paul II. Mais, entretemps, il a tout de même eu le loisir de pondre quelques romans insignifiants, qu'il a, par la suite, fait acheter à ses disciples.

Parmi lesquels John Travolta, bien décidé aujourd'hui à rendre hommage à la minable carrière littéraire de son maître à ne pas penser.

Battlefield Earth, qui a été écrit par le fondateur d'une des sectes les plus nuisibles du monde, et produit et interprété par l'un de ses porte-parole, sort sans aucun avertissement sur l'affiche, c'est à peine si on lit le nom de Ron Hubbard. Alors que l'indication Attention, film 100 % scientologue devrait y figurer, au même titre que l'avertissement Nuit gravement à la santé figure sur les paquets de cigarettes. Chaque spectateur qui achète un ticket d'entrée doit impérativement savoir qu'il finance une secte dangereuse. Et prendre, en toute connaissance de cause, ses responsabilités


  France : Scientologie

La CNIL dénonce au parquet de Paris l'association "spirituelle de l'église de scientologie d'Ile de France"

Communiqué de la CNIL 21 juin 2000

La Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés dénonce au parquet de Paris l'association "spirituelle de l'église de scientologie d'Ile de France" pour avoir conservé dans ses fichiers les coordonnées d'une personne qui avait précédemment exercé son droit d'opposition à y figurer.

La CNIL qui est saisie par de nombreux particuliers souhaitant ne plus recevoir de publications ou de courriers de sollicitation en provenance des associations liées à la scientologie (l'association spirituelle de l'église de scientologie d'Ile de France, le centre de dianétique, la "commission des citoyens pour les droits de l'Homme", le Celebrity Center, etc.) intervient systématiquement auprès d'elles pour faire radier les coordonnées de ces personnes de tout fichier.

Saisie par la CNIL en 1997 du cas de monsieur L., l'association spirituelle de l'église de scientologie d'Ile de France avait fait savoir à la commission que les coordonnées de ce requérant avaient été radiées de ses fichiers. Or, monsieur L. a de nouveau reçu, en mars et avril 2000, divers courriers et publications de cette association dont l'étiquette-adresse informatisée comportait le même numéro d'identification que trois ans auparavant.

La conservation et l'utilisation par cette association de scientologie des coordonnées de monsieur L., en méconnaissance de son droit d'opposition et contrairement aux assurances qui avaient été données à la CNIL, constituent des infractions à la loi " Informatique et Libertés " du 6 janvier 1978.

La commission, au rapport de M. Alex Türk, Sénateur du Nord, a souhaité porter ces faits à la connaissance du Parquet par une délibération du 20 juin 2000.


  France : Scientologie

La Cnil dénonce la scientologie

Libération, 22 juin 2000, par Daniel Licht

[Texte intégral]Le PS invite aujourd'hui l'Assemblée à légiférer en faveur des victimes des groupes sectaires. Une loi largement inspirée par DL.

Hier, la Commission nationale informatique et liberté (Cnil) a décidé de dénoncer au parquet de Paris l'Association spirituelle de l'Eglise de scientologie d'Ile-de-France pour avoir conservé dans ses fichiers les coordonnées d'une personne qui avait demandé à ne plus être mentionnée.

Autre infraction, l'association spirituelle autoproclamée avait également menti à la Cnil et entravé son action, encourant au titre de personne morale (c'est-à-dire l'intégralité des filiales de sa structure) des mesures d'interdiction et 10 millions de francs d'amende.

En vingt-deux ans d'existence, la Cnil ne s'est livrée qu'à dix-sept informations auprès du parquet.

La Commission reçoit de nombreuses missives de particuliers se plaignant de courriers intempestifs de la part des filiales de la scientologie, dont le Centre de dianétique, la Commission des citoyens pour les droits de l'homme, le Celebrity Centre, etc.

Comme de coutume lorsqu'elle est prise en défaut, la scientologie a assuré à la Cnil qu'elle diligentait une enquête interne pour déterminer les causes de ce dysfonctionnement .


  France : Sectes

Légiférer contre les sectes

Libération, 22 juin 2000, par Daniel Licht

[Texte intégral]C'est ce que propose aujourd'hui le groupe socialiste à l'Assemblée.

Les tribunaux de grande instance pourront dissoudre n'importe quelle secte dans toute la France à partir du moment où elle est condamnée comme personne morale ou pour les délits de ses dirigeants.

Les maires auront la possibilité d'interdire l'installation ou le développement de groupes sectaires. Des peines de 50 000 francs d'amende sanctionneront toute publicité sectaire.

Le bus jaune à l'impériale de la scientologie n'a plus qu'à ripoliner sa carrosserie...

Mais, surtout, le délit de manipulation mentale sera clairement inscrit dans le code pénal avec une amende de 500 000 francs et cinq ans d'emprisonnement.

Une innovation destinée surtout à protéger les victimes qui pourront se porter parties civiles à condition que leurs associations de défense soient reconnues d'utilité publique - il s'agit d'éviter les associations sectaires masquées.

Aggravation inquiétante . Le gouvernement vient de fait de reconnaître que la législation actuelle est insuffisante. Aussi, en accord avec celui-ci, le groupe socialiste a obtenu de présenter aujourd'hui en première lecture à l'Assemblée nationale un texte tendant à renforcer la prévention et la répression à l'encontre des groupements à caractère sectaire .

Le fait d'utiliser la procédure des fameuses niches parlementaires pour accélérer l'adoption de ce texte confirme le caractère d'urgence que les députés confèrent à un phénomène à l'aggravation inquiétante . En 1995, lors de la création de la Commission d'enquête parlementaire sur les sectes, je faisais partie des rares à militer pour une nouvelle législation, rappelle Jean-Pierre Brard, député-maire (ex-PC) de Montreuil (93). Aujourd'hui, l'ensemble des parlementaires est d'accord. Il est cependant indéniable que la législation actuelle aurait été suffisante si elle avait été appliquée. Mais cela n'a pas été le cas. Cette défaillance renvoie au problème de la formation des magistrats. Rapporteur de la commission d'enquête, il ne se prive pas de déplorer les puissants courants d'air qui font disparaître les dossiers de la scientologie dans les palais de justice... . Et Jean-Pierre Brard d'estimer que toute la formation continue, sectaire ou pas, est à même d'être détournée par des escrocs... De même, c'est toute la loi de 1901 qu'il aurait fallu réexaminer, mais c'est tellement complexe...

Quatre ans après la création de l'Observatoire sur les sectes, dissous il y a deux ans pour cause d'inefficacité et remplacé par la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (Mils), une première réflexion avait été apportée par le rapport que cette structure avait remis en février. Elle y préconisait la dissolution de l'autoproclamée Eglise de scientologie et de l'Ordre du temple solaire, dont près de cinquante adeptes avaient été retrouvés morts.
France pionnière.

La France figure donc parmi les premiers pays européens à se doter d'un arsenal juridique spécifique.