Communication à la Society for the Scientific Study of Religion, San Diego, California , le 7 novembre 1997, 2H4

(par le Pr. Stephen A. KENT, Professor-Department of Sociology ,University of Alberta, Edmonton, Alberta , Canada T6G
Trad. Jacques Richard Juin 2001)


Branwashing in Scientology's Rehabiltation Project Force, (RPF) october 2.000.
(780) 492-2204 , répondeur 24/24
(780) 492-7196 :
E-mal<Steve.Kent@alberta.ca>

PREFACE à Brainwashing in Scientology's Rehabilitation Project Force (RPF)

L'organisation de Scientologie, ses méthodes, ses pratiques commerciales , et par dessus tout ses victimes et leur sort continuent de susciter l'intérêt du public. Au cours des dernières années différents reportages dans les médias ont aussi mis en lumière un aspect particulier de l'organisation, le " Rehabilitation Project Force " ou RPF.
En particulier les récits d'anciens membres, qui ont souffert du RPF aux USA, en UK et au Danemark ont permis à l'auteur de produire cette brochure. Le Prof. Stephen A. Kent peut ainsi décrire ce qu'il considère comme des pratiques inhumaines dans le RPF. Si le terme " brainwashing " (lavage de cerveau), si souvent associé par le public à l'Organisation de Scientologie,peut s'appliquer à quelque chose,alors il s'applique certainement au RPF, comme cette brochure le montre.
Le RPF fait partie de la " Sea Organisation " (connue aussi sous l'appellation Sea Org) de l'Organisation de Scientologie. Sea-Org a été établie en 1967 , et selon L.Ron Hubbard, le fondateur de l'Organisation de Scientologie,il est la " seule garantie pour la survie de cette planète ". Les membres de la Sea-Org portent des titres et des uniformes pseudo-navals , et le corps est entièrement organisé selon un mode militaire. La Sea-Org déclare que son but est de " maintenir la Scientologie comme organisation opérante ", et que les membres , selon sa propre publicité,ont " signé un contrat perpétuel de service pour la Scientologie et pour ses objectifs ". Service perpétuel signifie littéralement , que chaque membre de ce corps signe un contrat pour un milliard d'années.
Quand la définition de la Sea-Org est exprimée en ces termes à l'intérieur de l'Organisation de Scientologie, ce n'est nullement une surprise que Hubbard ait envisagé des châtiments spéciaux pour des membres de ce corps,qu'il considérerait comme critiques ou désobéissants.Il s'en suit que le RPF créée par Hubbard n'est pour l'essentiel rien de plus qu'un " camp d'éducation " du genre de ceux en fonctionnement sous les régimes totalitaires.
Cette brochure prolonge le travail effectué par le Ministère de l'Intérieur pour l'information exacte sur l'Organisation de Scientologie.Le RPF , mieux que toute autre chose,révèle le véritable visage de la Scientologie. Seuls ceux qui savent ce qui arrive ou peut arriver aux gens qui sont dans l'Organisation de Scientologie pourront résister à la tromperie de ses brillantes publications.
Ainsi j'espère que ce livret d'informations retiendra l'intérêt de nombreux lecteurs.

Ursula Caberta, Directrice du groupe d'étude sur la Scientologie
au Ministère de l'Intérieur.(Länd de Hambourg).

RESUME
Cette étude a pour objet les systèmes de réclusion et les camps dont se sert la Scientologie comme de soi-disant installations de réhabilitation pour des membres " déviants " de son " élite ", la Sea Organisation. Ces systèmes, connus parmi la collectivité comme le Rehabilitation Project Force (RPF), placent ceux qui sont obligés d'y prendre part dans des conditions de rudes châtiments physiques, de confessions forcées, d'isolement social, de travail pénible,d'étude intensive de la doctrine, et tout ceci faisant partie de tentatives du commandement pour ramener des membres à l'acceptation de l'idéologie. L'isolement dont les assignés font l'expérience, combiné à des formes de maltraitance physique, à l'étude intensive de l'idéologie, et aux confessions forcées,justifient les scientifiques de parler du RPF comme d'un système de lavage de cerveau .

Sommaire

Introduction
Le " Brainwashing Debate " au sein des Sciences Sociales
Déclarations sur le RPF devant les tribunaux et devant les médias
Questions méthodologiques
Histoire idéologique du RPF
Le lavage de cerveau de Hubbard et la psychopolitique en action
Discussions sur le lavage de cerveau hubbardien au cours des dernières années 1960
Précurseurs dans l'organisation du RPF
L'établissement du RPF
La création du RPF dans le RPF
Les constantes du RPF et ses variations

1. L'assignement forcé à résidence
Robert Vaughn Young m'a raconté :
2. Attestations de maltraitances physiques

3. La maltraitance sociale


4. Etude intensive de l'idéologie
5 . Les confessions forcées
6. Histoires de réussite

Enfants et adolescents au RPF

1. Compte-rendus d'anciens membres adultes sur des enfants et des adolescents.
2. Référence à des enfants dans un document de la Scientologie
3. Descriptions d'adolescents au RPF par la télévision et par des journaux

L'EFFET SUR DES SCIENTOLOGUES D'AVOIR VU LE RPF EN ACTION
Le lavage de cerveau comme une pratique en Scientologie et comme un concept en sociologie
COMMENTAIRE
Le RPF et le renforcement de la loi américaine
Le RPF et les Droits de l'Homme
NOTES CONCLUSIVES


Introduction

En tant qu'institution internationale demandant à ses membres reclus une totale conformité,le Rehabilitation Project Force de la Scientologie (RPF) a peu d'équivalents parmi les organisations idéologiques contemporaines, qui opèrent dans le monde occidental. Bien que des organisations controversées connues comme The Family (ou Children of God )aient agi selon des procédés analogues pendant les années 1980 (voir Kent et Hall,1997), le RPF a existé depuis environ un quart de siècle. Fondé en janvier 1974 le RPF est un système de rude travail physique, de confessions forcées, et d'étude intensive de l'idéologie dans un environnement du genre carcéral. La Scientologie insiste sur ce que le système est conçu pour corriger des problèmes affectant des membres du goupe directeur, de façon à leur permettre de rester dans l'organisation d'élite : la Sea Org., et d'y agir efficacement. Des esprits critiques et beaucoup d'anciens membres disent avec insistance que son but est de briser la volonté des détenus de façon a affaiblir les capacités des gens pour agir en dehors des contraintes idéologiques de l'organisation. Ils avancent aussi que cela procure à la Scientologie pour un prix minime une réserve de main d'œuvre maugréante parce que, contraints -forcés elle ne reçoit presque aucun salaire.Quoi qu'il en soit, des journaux ont publié des reportages sur le système depuis au moins 1984,avec des histoires parues dans des médias américains, britanniques, danois et allemands. Cependant, aucune publication universitaire n'existe à son sujet, alors que même la manière d'opérer a une signification directe quant à un sujet que beaucoup de sociologues considèrent comme résolu : à quel point certains groupes idéologiques utilisent les techniques de " lavage de cerveau " sur leurs adeptes.
Cette étude discute de ce que le lavage de cerveau(c'et à dire : " l'élimination systématique, scientifique et coercitive de l'individualité dans l'esprit d'autrui "(Scheflin et Opton 1978 :40) est un concept social scientifiquement adéquat pour analyser le fait que la Scientologie impose des systèmes de ré-endoctrinement à l'intérieur de situations d'enfermement dont les détenus font l'expérience au RPF , les conditions les plus sévères
étant le RPF du RPF. L'étude bâtit son argumentation en se servant des document de base,que le fondateur de la Scientologie, L. Ron Hubbard a écrit ou diffusés, aussi bien que de documents ayant valeur légale, de transcriptions d'interviews, et de reportages dûs à des médias. Ces documents et d'autres items aident à définir les contextes historiques et d'organisation , d'où le RPF est sorti, et ils procurent de larges vues sur les manières d'agir actuelles en plusieurs lieux ,pendant des périodes définies. L'usage que fait l'étude des publications de la Scientologie depuis le milieu des années 1950 jusqu'aux dernières années 1960, qui ont trait spécifiquement aux techniques de lavage de cerveau sont d'intérêt spécial pour les universitaires, et pour les membres du public ,qui sont en recherche sur le lavage de cerveau . Non seulement , en effet, la locution " lavage de cerveau " est un terme approprié et scientifique en matière sociale, et à utiliser quand on décrit le RPF, mais encore, c'est une locution qui coincide avec les propres descriptions de la Scientologie relatives à la manière d'obtenir un changement forcé d'attitude à l'intérieur d'environnements clos. .

Le " Brainwashing Debate " au sein des Sciences Sociales

Le " débat sur le lavage de cerveau "au sein des sciences sociales s'est déroulé principalement au cours des années 1980 et des premières années 1990, lorsque plusieurs organisations professionnelles, des professeurs et des universitaires ont réagi contre des tribunaux américains, qui acceptaient des arguments selon lesquels des groupes idéologiques très exigeants "contraignaient " des membres à se convertir. Beaucoup de ces attaques sur le plan sociologique ont visé la psychologue Margaret Singer, PhD, qui s'est servie du modèle persuasion coercitive/lavage de cerveau pour expliquer devant des tribunaux comment des personnes en litige avaient adhéré et s'étaient comportés dans les groupes qu'elles étaient à ce moment-là en train de poursuivre, ou contre lesquelles elles se défendaient.
Les attaques provenant de sociologues concluaient que le terme de lavage de cerveau n'était valide que si le groupe en question se servait de l'incarcération et de maltraitances physiques sur des membres(voir Anthony,1990 :304 ;cf Zablocki,1998 :231-232) dans des situations de consentement obtenus sans information préalable (Young et Griffith, 1992 :93). Cette triple exigence était minimale, étant donné que le système de lavage de cerveau doit aussi comporter un programme intensif d'endoctrinement, couplé à des confessions de " péchés " antérieurs (Les confessions de soi-disant péchés sont un élément déterminant lors de la renonciation des gens à des croyances précédemment adoptées, mais qui sont devenues inacceptables étant donné les actions qui sont consécutives à celles-ci) Puisque ni les partisans, ni les détracteurs du terme [lavage de cerveau] ne fournissaient de preuves solides que ces actions même sous une forme minimale survenaient d'une manière uniforme dans la plupart des actions de
" groupes convertisseurs ", les sociologues et d'autres en ont conclu que " lavage de cerveau " n'était pas un terme satisfaisant pour décrire comment et pourquoi des gens adhéraient à des idéologies nouvelles ou controversées.
Parmi ces conditions pour user du terme " lavage de cerveau ", celle de beaucoup la plus importante était " la coercition physique extrême " (Anthony et Robins,1992 :20,25n.11). Si une telle condition existait, alors elle permettrait à la fois aux chercheurs et aux tribunaux de particulariser le lavage de cerveau vis à vis des autres formes de persuasion coercitive.
Comme Robins et Anthony l'ont conclu : " Sans une force physique comme celle d'une frontière matérielle, il n'y a pas de point-limite rendant possible que la persuasion contraignante soit assez forte pour contrecarrer la volonté libre ",comme l'implique le concept de lavage de cerveau(Anthony et Robins,1992 :21).

Un aspect crucial du lavage de cerveau , objet de la controverse, a été un effort pour spécifier quand les tribunaux pouvaient permettre à des individus de se servir du concept comme d'une excuse pour des actions déviantes ou illégales. Le chercheur Dick Anthony (travaillant souvent avec son associé Tom Robins) a beaucoup promu l'étude théorique en ce domaine, et ils ont servi d'experts consultants à des avocats défendant l'Eglise de l'Unification, la Scientologie, la Société Internationale pour la Conscience de Krishna(ISKSON),la Méditation Transcendentale,et la Community Chapel contre des allégations de lavage de cerveau émises par d'anciens membres devenus opposants(Anthony et Robinss,1992 :6n.1).Anthony et Robins concluaient que quelques tentatives pour utiliser le lavage de cerveau dans le but de justifier des exonérations de charges en vertu des protections inhérentes au Premier Amendement de la Constitution Américaine présupposent qu'il s'agit d'un sur-déterminisme (hard determinism), impliquant que les gens sont enfermés dans des systèmes idéologiques dont elles sont obligées d'adopter les doctrines(Anthony et Robins,1992 :23). Anthony et Robins déclarent que les explications de comportement humain faisant intervenir le sur-déterminisme " ne recueillent pas l'assentiment général ,ni même substantiel parmi les assemblées scientifiques compétentes "(vraisemblablement celles des sociologues et des Psychologues), et " qu'elles ne doivent plus être prises au sérieux dans le monde universitaire "(Anthony et Robins,1992 :25).En conséquence Anthony et Robins espèrent qu'à l'avenir les chercheurs se concentreront " sur le champ libre des idées ", plutôt que sur soit une réglementation gouvernementale accrue, soit sur des décisions juridiques lors de procès(Anthony et Robins,1992 :26). En d'autres termes, ces sociologues respectés croient que la recherche pour savoir si certain groupes pratiquent le lavage de cerveau a abouti à la conclusions qu'ils n'existent pas, du moins pas selon un mode de contrainte dure[hard deterministic]..Cette conclusion élimine tout besoin de discussion quant à [l'opportunité] d'une intervention gouvernementale ou judiciaire contre des groupes, dont les soi-disant pratiques maintenant controuvées de lavage de cerveau sur leurs adeptes,[qu'ils auraient ainsi] transformés en robots commettant des actes déviants ou criminels. En tant que sociologue Benjamin Zablocki a conclu en critiquant ses collègues qui avaient mis " sur la liste noire "le concept de lavage de cerveau, et qui, en le faisant, avaient ignoré son utilité pour expliquer le " coût de sortie " , que les gens ressentent lorsqu'ils s'efforcent de quitter des organisations à forte exigence idéologique(Zablocki 1997 :1998).

Déclarations sur le RPF devant les tribunaux et devant les médias

ait remarquable , cependant, au cours de la majeure partie de ce débat, la Presse générale, quelques documents d'audiences au tribunal, et au moins une décision de cour d'Appel ont décrit l'enfermement forcé, la maltraitance et le consentement obtenu sans information préalable, dont les membres de la Sea Org ont fait l'expérience dans le système RPF de la Scientologie et dans ses installations. Ces descriptions étaient celles d'un système de lavage de cerveau employé comme des tentatives de retenir des adeptes plutôt qu'à titre d'essais pour les gagner. C'est peut-être pour cette raison que des sociologues ont négligé de tenir compte de ces déclarations.
La première déclaration publique sur le RPF semble être apparue le 25 janvier 1980 dans la déposition sous serment (affidavit) de l'ancien membre Tonya Burden de Las Vegas,Névada,qui l'a décrit comme " un camp de concentration de la Scientologie "(Burden,1980 :8), et d'où elle s'était échappée après avoir été soumise au système pendant trois mois (Burden, 1980 :9-10).L'ancien membre Gerry Armstrong a soutenu la description générale des conditions décrites par Burden dans un affidavit de1982, déclarant qu' " il avait observé personnellement des gens (y compris Tonya Burden) au RPF dormant par terre dans des pièces de stockage, dans la chaufferie, et dans d'autres conditions infra-humaines… "(Armstrong,1982 :3).
Armstrong et deux autres anciens membres, Laurell Sullivan et William Franks ont parlé durement du RPF dans un article en Floride en 1984, le Clearwater Sun.
Franks l'a appelé " une chose horrible "(cité dans Shelor,1984 :1B), et Sullivan a dit comme ce système était " rude ", ayant dû " travailler par 120° de chaleur [dans le désert de Californie], avec une sévère colite "(cité par Shelor,1984 :2B). Cette même année, le Sunday Times Magazine de Grande Bretagne a rapporté des descriptions du RPF données par trois anciens Scientologues : Bent Corydon,Jay Hurwitz et David Mayo, l'avant dernier ayant passé du temps dans le système.
Hurwitz a dit que pendant les cinq premiers jours lui-même et d'autres avaient été tenus enfermés sous bonne garde : " On nous apportait notre nourriture et nous dormions par terre. Nous avions à nous servir du même WC en présence les uns des autres "(Barnes,1984 :38).
Hurwitz était au RPF de Gilman Hot Springs,Californie au cours de l'été 1982, en même temps que dix-huit autres membres du groupe de direction de la Scientologie(Barnes,1984 :38-39).
En 1984 aussi, un tribunal Anglais a déclaré dans son jugement écrit, que deux ans plus tôt, au Quartier Général de la Scientologie à East Grinstead on avait demandé à une femme d'effectuer au moins douze heures par jour de travail physique, à remettre en place des briques,à vider des bennes, etc.,ce qui aggravait un mauvais état chronique de mon dos (Royal Courts of Justice 1984 :27). Cette même histoire est réapparue dans l'excellent livre écrit par l'Anglais John Atack (1990 :341), puis dans un article de journal en 1994 (Bracchi, 1994).

De retour aux USA en1985, l'ancien Scientologue Howard (Homer) Schomer repondait en déposant pour une enquête relative au temps qu'il avait passé sur le navire Apollo, en disant :
" Oui nous vivions séparés du reste de l'équipage sur le navire. Nous ne pouvions pas leur parler , sauf si d'abord ils nous adressaient la parole. Nous dormions à fond de cale, et la plupart du temps sur des matelas supposés avoir été débarqués, mais personne ne s'en était chargé ; heureusement , si non nous aurions dormi par terre. Nous mangions après le reste de l'équipage, et nous mangions les restes.. Bien des fois ce pouvait être des œufs frits ou quelque chose d'autre, mais comme il n'y avait pas assez de restes, nous faisions du riz.
Il ne nous était permis de dormir que sept heures par nuit. Nous devions avoir cinq heures pour l'étude, puisque nous devions devenir " proficient auditors ", ce qui en termes de Scientologie signifie " counsilors ", ou " therapists ",de telle sorte que nous puissions nous tirer nous-mêmes de l'ornière où nous nous étions fourvoyés. Le reste du temps nous travaillions sur les ponts, à les récurer, à peindre le navire, à le laver, et à nettoyer les sièges des toilettes , vous savez. Voilà ce que nous avons fait. "(Schomer,1985 :21).

Même en tenant compte de ce que cette expérience s'est déroulée sur un navire en 1974,elle est encore remarquablement en correspondance avec l'histoire ultérieure de la Scientologie, et ceci en diverses parties du monde.
Un autre ex-membre, Don Larson, a rapporté ceci en 1986 au magazine Forbes :" Il a conduit à lui seul environ 300 Scientologues récalcitrants aux " Rehabilitation Project Forces " dans des centres de la Scientologie répartis dans le monde , ceci au cours d'une période de 14 mois, jusqu'à son départ en fin 1983….Dans ces systèmes sadiques de détention, des membres du staff étaient habituellement contraints à de durs travaux physiques, mangeant des restes à partir de poubelles, et dormant par terre. Assurément certains étaient gardés là contre leur volonté ".(Behar,1986 :318).

L'année après l'article de Forbes, le biographe britannique Russel Miller (1987) a publié son récit de la vie de Hubbard, qui contenait presque une douzaine de passages sur le RPF.Un résumé du récit de Vicki Aznaran sur son temps passé dans le tristement célèbre système RPF de Happy Valley en Californie est paru le 22 décembre 1988 dans le numéro du St Petersburg Times ; et Bob Lobsinger, rédacteur en chef du Journal Oklahoma, a réimprimé l'histoire dans le numéro du 6/7/1989 du Newkirk Herald Journal (Koff ,1989). Bien qu'Aznaran elle-même ait expédié une douzaine d'autres personnes au RPF pour méfaits envers l'église " et " qu'elle ait personnellement traîné dans ses tâches au RPF dans son ascension de l'échelle scientologue,….ce temps était différent, a-t-elle dit. Une grave infection utérine lui a donné de la fièvre, et les gardes devaient ne pas la laisser consulter un médecin"(Koff,1989 :6).

En 1989 la Cour d'Appel de Californie a noté que " sans arrêt pendant trois semaines ", l'ex-scientologue Larry Wollersheim avait été " harcelé et tourmenté " pour entrer au RPF, ce que le juge a mentionné comme " une preuve que Wollersheim avait accepté une part de son auditing sous la menace et sous la contrainte physique "(Cour d'Appel de ,Californie,1989 :9274).(3). Les récits de Franks, deSullivan,et de Hana Whitfield ,autre ex-membre du staf de la Sea Org sont parus à nouveau dans une collection sur l'organisation que le Los Angeles Times a publiée en 1990(Welkos et Sappel,1990). L'article indiquait :
" Le RPF procure à l'église une main d'œuvre pour la maintenance de bâtiments,pour desherber, pour vider les ordures, pour nettoyer les toilettes, et pour effectuer toutes les autres choses que les cadres estiment nécessaires à leur réhabilitation " (Welkos et Sappel,1990 :25).
Au cours de la même année que celle de la collection du Los Angeles Times, l'étude approfondie de l'ex-membre du groupe Jon Atack contenait des informations de valeur sur le RPF (Atack,1990 :206,341,358, etc ; voir aussi Atack,n.d ;9-10).

Dans un article de décembre1994, les Allemands ont lu l'article où les ex-membres RPF Robert Vaughn Young et Stacy Young en ont parlé dans une interview publiée dans le magazine Focus (interviewvers Gruber et Kintzinger, 1994 :79). Robert Vaughn Young décrivait le RPF comme un " prison camp " (straflager) et un " goulag " , dans un article qu'il a écrit pour le numéro de septembre de Der Spiegel, 1995 (Young 1995 :107 ; voir Kent,1999a :158-159). L'année suivante le RPF retenait l'attention dans une étude sur la Scientologie produite par l'ex-membre Bent Corydon(1996). Au cours de l'été suivant, 1997,les Allemands étaient informés une fois de plus sur les " camps de concentration modernes " (" modernes Konzentrationslager "), quand l'ex-scientologue danoise Susanne Elleby a décrit ce qu'elle avait subi au RPF à Copenhague.(interviewer :Kintzinger,1997 :52)

Au cours de la même année, le journaliste Manheim et l'auteur Peter Reichelt ont procuré aux Allemands des émissions comportant une information étendue sur les opérations RPF en Californie, y compris le fait que le sommet de la hiérarchie scientologue avait manifestement envoyé l'un des fils de Hubbard (Arthur) au RPF, puis l'avient récupéré après qu'il se soit échappé (Reichelt,1997 :284-285,voir 273-285 ; A. Tabayoyon,1994 :21 para.#104). Au début de1999 Reichelt et sa collègue, Ina Brockmann, on produit un documentaire pour la télévision allemande ,qui montrait des Scientologues en train de bloquer la route quand les deux chercheurs essayaient de conduire leur voiture vers les installations de Happy Valley (près deSan Jacintho), Californie (Brockmann et Reichelt,199)., une scène que les téléspectateurs américains du Nord avaient vu deux mois plus tôt sur le programme de télévision ABC News, 20/20 (ABC ,1998). Six jours avant l'émission de 20/20, la chaîne de télévision américaine Arts and Entertainment (A&E) a présenté une émission de deux heures " Investigating Reports ", qui contenait plusieurs récits dramatiques sur le RPF. On ne sera pas surpris que le Parlement Allemand ait chargé une commission d'étudier des " sectes et des groupes psychologiques ", et notamment de collecter de l'information sur le RPF dans une section traitant de l'action sociale et de la manipulation (Enquête Kommission,1998a :77n.135 ;198b :150n.35).
Le récit le plus récent paru dans les médias sur le RPF a été un long article paru dans le journal diffusé dans la région où sévit l'installation de Happy Valley. Il juxtapose des récits d'ex-scientologues , qui ont été dans le système RPF de Happy Valley à des démentis de ces maltraitances exprimés par des responsables de la Scientologie (Thurston, 1999).Le plus intéressant dans cet article ce sont les commentaires de l'ex-membre Mary Tabayoyon, qui y parlait de son expérience du RPF , comme " très dégradante. On lui hurlait constamment des accusations sur ce qu'elle était en train de faire ou de sentir. Il n'y avait aucune espèce de réhabilitation pour moi . C'était un cauchemar "(cité par Thurston, 1999 :A ").Dans l'ensemble ces sources issues de la Justice ou des médias suggèrent fortement que le RPF est un système de lavage de cerveau, correspondant aux exigences définies par Anthony (1990) et par Young et Griffith(1992), mais aucun sociologue n'a continué la recherche.

Questions méthodologiques

Peut-être qu'une des raisons pour lesquelles des sociologues n'ont pas examiné les pratiques du lavage de cerveau réside dans les obstacles méthodologiques que présente cette étude, obstacles qu'ils doivent surmonter pour obtenir l'information appropriée. D'abord la Scientologie a pris des dispositions extra-judiciaires vis à vis des ex-membres victimes du RPF, et ces dispositions incluent des engagements à ne pas parler de manière critique et publique contre l'organisation. Je connais au moins cinq personnes (deux Américains, deux Canadiens et un de Nouvelle-Zélande), qui ont signé de tels engagements.
Deuxièmement, la Scientologie garde comme des secrets les sections de documents essentiels définissant les pratiques RPF. Ces documents apparaissent dans les textes 3434, qui contiennent au moins cinquante-six sujets distincts, et dont seulement un petit nombre ont fui jusqu'aux chercheurs. C'est pourquoi il demeure impossible de suivre le développement du système RPF au travers des documents parmi les plus fiables de l'organisation. Cela signifie que la meilleure source d'information pour les universitaires demeure les récits des ex-membres.
Troisièmement, les ex-membres qui sont passés au RPF sont difficiles à trouver, et une fois trouvés, ils répugnent à parler à un chercheur. La difficulté de trouver des anciens détenus au RPF provient en partie du fait que le but du système est de nourrir le remord chez des membres de la Sea Org pour les ramener dans l'organisation ; et selon certains récits que je cite, certains sont brisés sur le plan émotionnel Il s'en suit que beaucoup d'informateurs potentiels demeurent en Scientologie sous la menace d'être excommuniés ou renvoyés au RPF pour avoir parlé de manière négative du temps passé là. Plus encore , en tant que détenus au RPF ils passent d'innombrables heures à confesser leurs prétendus péchés et crimes, et ils craignent que l'organisation se serve de leurs auto-accusations , s'ils se mettaient à parler. Bien entendu, les " RPFers " qui achèvent leur parcours doivent écrire et signer une déclaration avant de quitter, laquelle loue et exalte les merveilles du RPF. Pour toutes ces raisons je n'ai pu me servir pour mon information, que d'un seul Scientologue actif , qui avait été " usager "du RPF. Sous le nom " SB " cette personne a situé son histoire au RPF dans les nouvelles du groupe ,alt.religion.scientology, puis il fait suivre son récit initial de réponses à des questions que d'autres lui posent. Pour ce membre de la Scientologie, et pour d'autres membres actifs, je demeure inquiet du fait que toute critique,et toute déclaration négative que des informateur pouvaient avoir faites à propos de leurs expériences aient pu vraisemblablement avoir de fâcheuses conséquences pour eux. " SB " , cependant connaissait les risques, et ses commentaires étaient offerts à la lecture pour tout un chacun.

Pour cette étude, cependant, j'ai interviewvé huit personnes qui avaient été au RPF en différentes régions du monde. De plus j'ai réuni des documents judiciaires, des dépositions sous serment, et des correspondances provenant de quinze autres. Par surcroît j'ai interviewvé une personne qui témoignait sur le RPF en action(mais sans avoir participé à l'action), et j'ai réuni des récits, au moyen de correspondances personnelles, d'écrits anonymes provenant d'un " newsgroup ", et de documents judiciaires, ceux-ci provenant de dix personnes supplémentaires, qui déclaraient aussi avoir vu des détenus du système. En plus de l'information reçue de ces 34 personnes, j'ai recueilli des originaux de documents et de publications de la Scientologie, qui traitent du RPF, à propos de récits le concernant parus dans la Presse générale. Parmi les documents que j'ai réunis il y a des copies de passages du dossier RPF de Suzanne Schernekau (maintenant Elleby), qu'elle a pris avec elle en quittant le système. J'ai vu aussi la video que Peter Reichelt a prise à Clearwater, Floride, en août 1998, qui montre des membres du RPF au travail dans les installations de la Scientologie (voir Tongi, 1998).(4). L'image qui s'impose à partir de ces sources varie selon des détails (parfois importants), mais l'image d'ensemble concernant la marche du système demeure remarquablement cohérente.

Histoire idéologique du RPF

Cinq activités tendant au contrôle des personnes , et qui sont imbriquées les unes dans les autres, semblent universelles selon l'information disponible à partir de sources scientologues. Ces activités sont : 1 La détention forcée,2, la maltraitance physique, à travers des pratiques telles que l'exercice pénible, la demande de corvées physiques, l'alimentation pauvre,le temps limité accordé à l'hygiène, et les conditions de sommeil inadéquates,etc. ;3 la maltraitance relationnelle, par des restrictions à la communication orale et écrite avec autrui, l'abaissement, le salaire très réduit,etc. ;(4) l'étude intensive de l'idéologie ;(5)les confessions forcées de prétendus " péchés ". Le but de ces activités est l'alignement des détenus RPF sur l'idéologie de la Scientologie, telle qu'elle est définie par ses leaders..Cette mise en conformité se produit suivant le système ,qui a éliminé la capacité ou les désirs des gens de critiquer les doctrines des leaders , qui supervisent leur bourrage de crâne(implementation).
Précisément un opuscule de 1995, écrit presque sûrement par Hubbard décrivait les techniques psychopolitiques pour subjuguer les gens et les populations à un pouvoir totalitaire ; et quelques unes des techniques sont annonciatrices des consignes RPF, que par la suite il a ordonnées et approuvées pour en user contre son propre corps d'élite.

Le lavage de cerveau de Hubbard et la psychopolitique en action

La brochure était intitulée, Brainwashing, une synthèse du manuel russe sur la psychopolitique, et une présentation était " publiée comme un service pour le public, par l'église de Scientologie "(auteur probable Hubbard,1955 : dos de couverture). L'introduction est présentée comme étant un discours de Lavrenti Béria, le fameux chef de la police secrète soviétique aux " étudiants américains de l'Université Lénine " sur la manière de subvertir les sociétés en imposant les " psychopolitics " à des populations sous prétexte de " guérison mentale "([auteur probable] Hubbard,1955 :3). La totalité du texte est une imposture[fraudulent] (Kominsky,1970), et toutes les indications montrent que Hubbard en est l'auteur.(5). En tous cas, Hubbard a écrit pour ses adeptes un livre sur le " brainwashing " (Hubbard,1955a :309-310 ;1955c :312-313 ;1956 :328).Il y proclame : " Sans que la philosophie de base du " laveur de cerveau " (brainwasher)soit comprise, les auditors auront du mal à " manier " les clients soumis aux techniques "(Hubbard,1955a :309). Plus probablement il essayait à la fois de discréditer la psychiatrie, et de vanter son organisation devant le Gouvernement Américain (avec le motif que la Dianétique et la Scientologie pouvaient inverser les effets du lavage de cerveau communiste, et que par là elles étaient de puissantes armes politiques). Certainement que le désir de Hubbard de sécuriser la Dianétique et la Scientologie en tant qu'armes contre le communisme expliquerait pourquoi il a écrit au FBI à propos de ce livret à la mi-décembre 1955.(6). Cela expliquerait aussi pourquoi l'église de Scientologe a publié la mince brochure
" comme un service pour le public "(dos de couverture de Hubbard[auteur probable],1955).

Obsédé par les moyens de prendre le contrôle et de subjuguer les gens et les nations, le " Brainwashing manual " est macchiavélique. Le plus probable est que les idées fondamentales que Hubbard[vraisemblablement lui] a écrites dans le brainwashing manual sont devenues les directives et les manières d'agir dans le RPF environ vingt ans plus tard .Par exemple, la définition -même de la psychopolitique dans le manuel indiquait que " L'art et la science d'assurer et de maintenir la domination sur les pensées et les dévouements d'individus, de cadres, de bureaux et de masses, et la réalisation de la conquête des nations ennemies s'obtenait par la " guérison mentale "(Hubbard[auteur probable],1955 :6).
Plus loin le texte présentait une stratégie concernant les subversifs, consistant en la destruction des individus s'opposant à l'Etat, et cette stratégie incluait la destruction de n'importe quelle forme d'individualité susceptible de favoriser des doutes contre l'idéologie à imposer : " Les principes d'individualisme tortueux, de détermination personnelle, et de créativité personnelle sont ,dans les masses, antinomiques au bien du Grand Etat. Ces forces obstinées et non-alignées ne sont rien de plus que des maladies , qui apportent le dissentiment, la désunion , et , à terme, la destruction du groupe auquel l'individu est rattaché " (Hubbard[auteur probable],1955 :9).
Après avoir identifié l'individualité comme une menace pour "le Grand Etat ", la solution était simple : " C'est la mission de la psychopolitique de fixer d'abord l'obéissance et les buts du groupe, puis de maintenir la ligne de conduite par l'éradication de la capacité d'action des personnes et des personnalités qui peuvent servir à la dissidence contre le groupe…La psychopolitique rend possible de supprimer cette partie de sa personnalité, qui, par elle-même massacre l'être propre de la personne, autant que le groupe auquel la personne est rattachée " (Hubbard[auteur probable],1955 :10).

Pour l'essentiel l'Etat doit énoncer ses propres buts comme les seul acceptables, puis détruire. les parties de la personnalité des gens qui pourraient les conduire à des modes d'expression individualistes, qui seraient étrangers à l'alignement sur ces buts. Ce plan pour le conformisme totalitaire s'est mué en la réalité du RPF.

Discussions sur le lavage de cerveau hubbardien au cours des dernières années 1960

Pendant les dernières années 1960 Hubbard a discouru sur le lavage de cerveau au moins quatre fois dans différentes allocutions et écrits, et ces considérations avaient toujours trait aux techniques de base de destruction de la personnalité, et au réalignement sur les buts
expliqués dans le " brainwashing manual " de 1955. Le livre " All about Radiation " est à cheval sur les années 1950 et1960, étant donné que Hubbard puisait ses commentaires à partir du " Congrès sur la Radiation Nucléaire et la Santé ", de 1957 , et qu'il a publié ses commentaires la même année. Ceux-ci ont été réédités dans le livre de 1967. Cette publication incluait un chapitre intitulé : " Qu'est-ce que le lavage de cerveau ".
" Le lavage de cerveau est un mécanisme très simple. On conduit une personne à admettre que quelque chose pourrait être d'une certaine façon, puis on le mène par l'introversion et par l'auto-critique à admettre cette façon. C'est alors seulement , qu'un homme croit vraiment que le fait erroné était une vérité. Par une gradation de martelage, par le pilonage et la torture, les " brainwashers " sont capables de faire que les gens croient que ces gens [c'est à dire les victimes] ont vu et ont fait des choses qu'ils n'ont assurément jamais faites". (Hubbard,1957 :84 ;cité aussi dans Hubbard,1976b :55).

Comme il l'avait indiqué en1955, que les gens pouvaient être " brainwashed " (croyait-il) en leur donnant un but ou un fait extérieur(external), puis en les écrasant par le stress jusqu'à ce qu'ils y croient.

Le 20 décembre 1969, ce qui était environ deux ans après la réédition de All about Radiation , Hubbard s'est exprimé à nouveau sur le lavage de cerveau, mais il a ajouté une rouerie. Maintenant il le définissait comme la " sujétion d'une personne à l'endoctrinement systématique, ou à une mise sous dépendance mentale (pressure)avec pour objectif de lui faire changer de point de vue ou confesser un crime "(Cité dans Hubbard 1976b :55). Cependant Hubbard n'a pas simplement indiqué qu'il savait comment des gens forçaient autrui à changer leur mentalité sur des points vitaux, mais de plus il a pensé que des gens donneraient des confessions (probablement fausses) ,si leurs ravisseurs (captors)persistaient à leur laver le cerveau en les soumettant à un stress sévère. Là encore ces aperçus ont fructifié dans l'environnement RPF.

Des coups d'œil supplémentaires sur la connaissance répertoriée de Hubbard sur le lavage de cerveau se trouvent dans un article du journal scientologue Freedom de mars 1969. Lors de la publication initiale, l'article intitulé " Brainwashing " ne révélait pas son auteur, et c'est seulement en 1992 que les chercheurs ont pu vérifier qu'il provenait de Hubbard lui-même
(voir Church of Scientology International,1992 :757). L'article comportait un long extrait d'un écrivain politique conservateur, Robert G.Ridgway (suivi à la fin par les commentaires de Hubbard), et un passage des commentaires de Ridgway. Il contenait un paragraphe avec le sous-titre " nervous breakdown ".Il décrivait les techniques destinées à écraser les individus , puis à les reconstruire suivant les buts définis par le groupe. " La première partie de la technique de lavage de cerveau est une dépression nerveuse artificiellement induite, qui brise la ligne d'ensemble de l'expérience antérieure de l'individu, et qui le précipite à la dérive dans une mer de suggestibilité . Ceci est provoqué par l'épuisement , la confusion, la douleur physique continuelle, par la crainte et l'anxiété. Cela détruit l'individualité humaine et l'identité en fracturant les modèles fixés, et en usant des fragments utiles de ceux-ci, en les cimentant par la suggestion ,pour reconstruire une personnalité entièrement différente. La mémoire est brouillée. La logique est désorganisée et la capacité de jugement est distordue étant donné l'absence de références et de discipline. La personne a perdu le contrôle de son esprit ; c'est alors que la suggestion est la plus efficace. La victime st reconnaissante de se trouver réorientée. Elle est reconnaissante de toute orientation ou directive qui lui est donnée..
Cela a été fait en Corée envers les pères Américains, et envers leurs fils au Vietnam (Ridgway, cité dans [Hubbard] ,1969 :[4] .
Similaire aux écrits de Hubbard datant de la décade précédente, cet article spécifiait la nécessité de détruire l'individualité (c'était accompli là en provoquant des dépressions nerveuses), puis de conformer la personnalité bouleversée à l'objectf et à la direction officiellement donnés.
Hubbard (nous le présumons) avait produit un exposé similaire sur la manière de briser les gens dans le Brainswashing manual de1955, bien qu'il y ait insisté sur le rôle que peuvent jouer les formes d'abaissement dans le processus de la dépression. Le manuel déclarait :
" Il y a un tournant dans l'abaissement qui fait descendre à un point où l'endurance d'un individu est presque à bout, et n'importe quel acte survenu brusquement envers lui le met en état de choc. De même , un soldat maintenu prisonnier peut être trompé, contre-dit, diffâmé et rabaissé jusqu'à ce que le plus minime mouvement de la part de ceux qui l'ont capturé le fasse trembler. De même le plus petit mot de la part de ceux-ci le mènera à obéir, ou à changer ce à quoi il est fidèle et ses croyances. Soumis un abaissement suffisant, un prisonnier peut être conduit à tuer son compatriote compagnon de détention. Des expérimentations sur des prisonniers Allemands ont démontré il y a longtemps après seulement soixante-dix jours de nourriture réduite, de manque de sommeil, et d'hébergement presque insupportable, que[sic] le plus petit mouvement envers le prisonnier pouvait mener au delà de son seuil d'endurance à un état de choc, et l'induire à recevoir comme sous hypnose n'importe quoi de ce qu'on lui dit.. C'est ainsi qu'il est possible dans tout un camp de prisonniers, comptant jusqu'à des milliers, de plonger dans un état d'obéissance tout à fait servile, et sans avoir la peine de s'adresser à chacun d'eux personnellement, pour invertir leurs fidélités, et pour implanter en eux les ordres propres à s'assurer de leur conduite à venir, même en s'adressant à leurs propres congénères "(Hubbard[auteur probable] :1955 :41-42).

À nouveau, des techniques incluant des tentatives de changement de comportement au moyen de stress sévères sont devenues des réalités dans les RPF, que Hubbard a établis moins de cinq ans après avoir publié un article sur le lavage de cerveau, qui contenait les commentaires de Ridgway sur les dépressions nerveuses.


Précurseurs dans l'organisation du RPF

Au cours de la période-même où Hubbard écrivait sur le lavage de cerveau , dans les dernières années 1960, il a établi un certain nombre de structures organiques
à l'intérieur de la Scientologie, conçues à la fois pour punir les déviants perçus comme ceux dont les performances de travail étaient insuffisantes , et afin de disposer de gens pour les jobs nécessités par les besoins de l'organisation. Ayant été en mer depuis la fin de 1967 (Atack,1990 :176-177), les punitions de Hubbard et les systèmes de travail reflétaient les besoins et les nécessités de la vie maritime. Le 4 janvier 1968, par exemple, Hubbard a crée ce qu'il a appelé la "Mud Box Brigade ", qui était la punition infligée à tout membre de la Sea Org,dont Hubbard décrétait qu'il était un " parasite (freeloader)qui fainéante à son poste et se laisse aller au vent "(cité dans Hubbard,1976 :341).Les travaux rébarbatifs comprenaient le nettoiement de l'endroit où les ancres du navire traînaient dans la boue(the mud boxes) avec le mazout, l'eau croupie, le fond de cale etc. "(cité par Hubbard 1976b :31).C'étaient des affectations difficiles , sales et plutôt dangereuses, mais après quelques années elles ont été le lot des détenus du système de punitions internes au RPF :le RPF du RPF.
Certainement vers le début de 1969,Hubbard avait mis en place deux corvées : la Deck Project Force (DPF, corvée de pont), et la Pursers Project Force (PPF,celui du commissaire de bord), mais il les a supprimés le 25 mars 1969 (Hubbard, 1969). Visiblement le DPF avait conduit des membres de la Sea Org à différents travaux sur le navire, et le PPF avait mené des gens à des tâches touchant aux frais pour le navire et pour son ravitaillement (voir Hubbard, 1976b :429). De même, quelque temps avant le début d'avril 1969, Hubbard disposait d'une corvée de services domestiques appelé le Stewards Project Force (SPF[Hubbard,1972a ;1976b :501]). Il avait aussi un programme appelé le Estates Project Force(EPF),qui , comme nous le reconstituons partir d'un document ultérieur, consistait en travaux tels que peinture et balayage (Hubbard,1977 :1). Jusqu'à l'apparition du RPF, le EPF recevait aussi des membres de la Sea Org pour ce que la Scientologie appelait du "rechapement " [ retreading=vulcanisation,ndt]. Ces structures nécessitaient une surveillance constante et causaient d'évidents problèmes, ou fournissaient leur travail sans enthousiasme(c'est à dire, souffraient de " robotisme "[Conseils d'Administration des Eglise de Scientologie,1977 :1]).

Un ancien Scientologue de haut rang, Jesse Prince a rapporté à quoi ressemblait la vie dans l'EPF de Los Angeles vers fin 1976, début 1977. Son entrée dans ce système faisait partie de son enseignement doctrinal et de son entraînement comme recrue de la Sea Org.Voyant les choses avec recul, les différences les plus grandes entre le EPF et le RPF étaient que les assignés au EPF , ni n'avaient à courir en tous sens , ni n'avaient à porter un brassard de couleur pour montrer leur situation dans le système (Interview de Kent avec Prince, 1998 :7). Le " programme " normal de EPF comportait des travaux de rénovation (toitures, pose d'isolation etc,)pendant plus de dix heures par jour (interview de Kent avec Price,1998 :5), plus cinq heures d'étude par jour. l'étude quotidienne incluait la lecture des publications et autres documents classiques de la Sea Org Executive Directive de Hubbard.(interview de Kent avec Prince, 1998 :10,12), qui identifient les ennemis de la Scientologie (interview de Kent avec Prince ,1998 :11), et qui faisaient recevoir de l'instruction sur l'importance et les (prétendus) objectifs supérieurs de la Sea Org elle-même (interview de Kent avec Prince ,1998 :11). Chacun des trois repas durait une demi-heure. Pour sarcler nos " plantes " ou espions , dont Hubbard craignait qu'ils puissent s'efforcer d'infiltrer la Sea Org, les EPFers subissaient toujours des sessions d'interrogatoire (appelées sec-check, ou security checks, que j'évoquerai plus loin [interview de Kent avec Prince, 1998 :7]. De plus au cours du programme les gens de trente à quarante ans subissaient des châtiments physiques (tels que mises au piquet, tractions des bras ou course) pour avoir commis de prétendues infractions (Interview de Kent avec Prince,1998 :8_9).

Vers le début de 1972, Hubbard avait visiblement réinstitué le DPF, et cela avait une fonction dépassant le seul entraînement. En plus des nouvelle recrues ,le DPF recevait des membres de la Sea Org qui posaient problème à l'autorité. Dans la logique et le langage particuliers de la Scientologie, ces gens avaient " intériorisé ", c'est à dire que " la personne est en train de trouver à l'extérieur un projet contraire, qui correspond à son propre projet (ce qui est de la reasonableness)[l'esprit raisonneur,ndt], et son attention devient fixée sur son propre projet contraire, plutôt qu'à son objectif. "(Hubbard,1976b :437), citant un Flag Order du 23 septembre 1969[insistance dans l'original]. Carrément, ces gens étaient en train de se poser des questions sur des aspects de la vie de la Sea Org, et ils trouvaient des choses dans le monde extérieur, qui renforçaient leurs doutes intérieurs. C'est pourquoi le DPF avait à " réhabiliter et à rétablir leur attention pour l'extérieur[d'eux-mêmes] " en les affectant à des tâches (Hubbard,1972a :voir 1976b :133).
Encore un coup, tout simplement, le but du programme était de faire qu'une personne arrête son introspection et qu'elle ré-apprenne à accepter les ordres que l'organisation et ses leaders donnaient.
Avec cet objectif présent à l'esprit, Hubbard a imposé aux membres du DPF un système de récompenses et de punitions appelé " éthique ", qui était équivalent à celui auquel les membres ordinaires de la Sea Org étaient soumis. Au DPF la personne chargée de " l'éthique " avait le titre de " Deck Project Force Master-at-Arms [DPFMAA] , " Et il ou elle était chargé de soumettre à l' " éthique " des membres du DPF en retirant du secteur leurs orientations contraires et autres intentions, et en faisant que chaque membre du DPF fournisse des productions conformes à une honnête statistique en croissance "(Hubbard ,1976b :133) ;citant un Flag Order du 20 février 1972). En d'autres termes le MAA avait à éliminer toutes idées non-alignées aux buts de la Scientologie, ceci par la mise en œuvre du système " éthique " de récompenses/punitions. Retards,médiocres performances de travail, attitude négative, etc., étaient des actions " out-ethics "qui autorisaient le MAA à affecter le fautif à une situation éthique inférieure, ce qui entraînait des pénalités de degrés croissants de sévérité. Le fautif avait à effectuer ces pénalités par de longues heures de travail supplémentaires après les 8/10 heures de travail quotidien (voir Conseils d'Administration des Eglises de Scientologie,1973). L'accomplissement de ces sanctions était supposé apprendre aux gens les conséquences de ne pas avoir de continuels accroissements de leurs résultats de travail, ce qui était supposé en relation avec des intentions personnelles divergentes par rapport aux objectifs de la Scientologie. Dans les consignes d' " éthique " du MAA, nous pouvons entendre l'écho des idées de Hubbard sur le lavage de cerveau, telles qu'il les avait formulées en 1955, puis élaborées au cours des dernières années 1960. Ce membre du staff avait pour rôle de démolir les gens, en s'efforçant de les faire renoncer à leurs doutes intérieurs, avec l'intention de leur faire adopter complètement les buts de l'organisation.
Visiblement le régime de durs travaux sous de rudes conditions du DPF ont continué jusqu'aux premières années 1980, étant donné que le compte-rendu de Birgitta Dagnell sur son temps dans le DPF au Danemark comporte de remarquables similarités avec les compte-rendus de RPF. Selon sa propre déclaration, elle se trouvait parmi les 82 membres du Gardian Office envoyés au DPF en Danemark, par la nouvelle direction de l' " Office of Special Affairs " en 1982. Les conditions concentrationnaires, la nourriture minable, les heures de travail épuisant,, les affectation incluant " le nettoiement des toilettes et des corridors ",ainsi que des chambres d'hôtel, ou certains travaux de peinture et de construction (Dagnell ,1997 :3) étaient les mêmes que celles des détenus du RPF en d'autres parties du monde. Tels étaient les " gang-bang sec checks "(dont je traiterai plus loin), et la demande que " nous nous reconnaissions réellement mauvais et mal intentionnés "(Dagnell,1997 :4). Elle en avait eu l'expérience pendant ce qu'elle pensait devoir être des séances d' " auditing ".

L'établissement du RPF

Le RPF a été bâti directement sur le modèle " brainwashing " punitif pourrait-on dire, que le DPF avait développé. Les motivations de Hubbard pour établir le système en janvier 1974 incluaient une vengeance personnelle. Ayant débarqué en fin 1973 pour monter à motocyclette à Ténérife , aux Iles Canaries, Hubbard s'est renversé et a souffert de blessures. Pendant qu'il se rétablissait à bord du navire amiral, Hubbard a accusé de l'accident des membres de l'équipage sans les nommer, dont il croyait qu'ils n'exécutaient pas ses ordres avec assez de diligence. Comme résultat il a ordonné la création du RPF (7), avec l'intention d'y assigner quiconque avait une " counter-intention " à ses ordres et à ses désirs,… ainsi que tous les fauteurs de troubles et les renégats "(Miller,1987 :321 ; voir l'interview de Kent avec Pignotti, 1997 ;6 ;et interview de Kent avec Ernesto,1997 :2).
Les chercheurs ne disposent pas d'exemplaires des trois premiers Flag Orders (c'est à dire les règlements de la Sea Org), qui établissent le RPF, mais ils ont bien le quatrième ,qui est du 30 mai 1977, qui est la seconde révision de la version du 7 janvier 1974. Quelque temps après l'avoir commencé et fin mai 1977 le RPF a rempli les fonctions punitives précédemment assurées par l'EPF, et vraisemblablement le DPF. Des membres de la Sea Org ont été envoyés au RPF s'ils avaient des notations péjoratives (appelées " rock-slams "[talonnage sur écueil,ndt], quand ils étaient " conseillés " ou "audités" au confessional de la Scientologie, et soumis à la machine à détecter le mensonge, le E-meter (qui donne des indications sur la conductivité galvanique de la peau). Un tel indicateur, ou ses sauts d'aiguille révélaient soi-disant " un intention pernicieuse cachée à propos du sujet ou de la question objet de la conversation ou de l'auditing(Hubbard,1975 :357). D'autres recevaient des assignations au RPF pour leurs médiocres résultats au travail ou à leurs postes, pour leurs mauvaises notations personnelles(vraisemblablement telles que dépression, mauvaise humeur, ou doutes sur Hubbard et sur ses techniques),ou pour être ouvertement facteurs de troubles (Conseils d'Administration des églises de Scientologie,1997 :1).

Avec un luxe de détails le document sur le RPF exposait le cadre de l'assignation forcée à résidence, de la maltraitance physique et sociale, du ré-endoctrinement intensif, et des confessions forcées ,qui étaient(et qui sont) au centre du système.
Les assignés ne pouvaient pas quitter l'installation et ne pouvaient circuler entre les bâtiments qu'accompagnés par des agents de sécurité (Conseil d'Administration des églises de Scientologie,1997 :10). La maltraitance physique avait lieu à l'intérieur d'endroits requerrant parfois le travail dangereux auquel ils étaient assignés. Précisément , les assignés avaient à effectuer onze fonctions d'entretien : le nettoiement intérieur et extérieur des bâtiments ; le nettoyage des salles de bain ;la peinture en général ; les rénovations intérieures des bâtiments ; le nettoiement des magasins, des accès des cages d'escaliers ; d'autres " grandes surfaces " jouxtant les lieux de sommeil, la cuisine, ou les réfectoires ; " le nettoiement du garage " ; " le nettoiement d'ascenseurs et de cages d'ascenseurs " ; le nettoyage de la salle des machines et de la chaufferie ; la manutention occasionnelle de mobilier ;et l' "évacuation des ordures ". Ils pouvaient aussi avoir des assignations de la part de certain personnels Scientologues (C.A des églises de Scientologie,1977 :3). Ils étaient sensés avoir sept heures de sommeil (C.A. des églises de Scientologie,1977 :4), et on ne leur permettait de faire appel à un " Scientology Medical Officer" (qui n'avait pas besoin d'être médecin) que s'ils avaient de la fièvre, ou s'ils avaient ne blessure requerrant des médicaments ou un traitement (C.A. des églises de Scientologie,1977 :6). Les assignés étaient autorisés à manger des repas normaux , sauf s'ils en étaient privés par des membres de la Sea Org non-assignés au RPF (C.A des églises de Scientologie,1977 :9).L'emploi par eux des salles de bain et des douches était limité (C.A. des églises de Scientologie,1977 :11),et " à la charge du RPF ", les assignés pouvaient disposer " d'un nombre minimum de ventilateurs mobiles " pendant leur temps d'étude et dans les lieux de sommeil " où AUCUNE autre ventilation n'était facilement disponible " (C.A.des églises de Scientologie,1977 :11 [caractères en capitales dans l'original]. En additionnant l'ensemble les temps que les assignés avaient pour effectuer les tâches variées, nous pouvons en déduire que quotidiennement les assignés étaient sensés disposer de sept heures de sommeil, de cinq heures pour l'étude et l'auditing, qu'ils avaient une demi-heure pour chacun des trois repas, qu'ils passaient trente minutes par jour à la toilette ou pour l'hygiène, et qu'ils effectuaient du travail physique pendant dix heures par jour.

Les questions concernant la maltraitance sociale étaient nombreuses. Les assignés avaient à porter des vêtements noirs ou des bleus-de-chauffe bleu-foncé (c'est à dire une sorte de lourd treillis [C.A. de l'église de Scientologie,1977 :1]). Ils étaient empêchés de toutes activités normales en société dans les installations ou dans la communauté (C.A. de l'église de Scientologie,1977 :2-3,11), et tout problème que cette restriction pouvait causer à propos de relations extra-Scientologues devaient faire l'objet d'un rapport immédiat aux supérieurs (C.A. de l'église de Scientologie,1977 :3). Comme le déclarait succinctement le règlement, " [un] membre du RPF est un membre du RPF et de rien d'autre au dehors, jusqu'à ce qu'il soit libéré (C.A. des églises de Scientologie,1977 :3). S'agissant des assignés , " suivant le stade de progression la paie était soit d'un quart ou de la moitié de celle des membres normaux de la Sea Org, " sauf privation ou amende suite à mesure de justice " (C.A. des églises de Scientologie ,1977 :9 ;voir 9-10).(8). Les locaux de sommeil des assignés étaient isolés de ceux des autres membres de la Sea Org, et ils étaient sensés être conformes quant à l'incendie, à la santé, et aux règlements de sécurité (C.A. des églises de Scientologie,1977 :10). Les assignés ne pouvaient pas parler à des membres ordinaires de la Sea Org, à des Scientologues vivant au dehors, ou à des personnes du public , sauf s'ils en recevaient l'ordre pour éviter l' " impolitesse "
(C.A. des églises de Scientologie,1977 :10). Un époux ne pouvait avoir de visite conjugale avec son ou sa partenaire qu'une nuit par semaine en un lieu autorisé suivant que les progrès de la personne mise au RPF étaient satisfaisants.(C.A des églises de Scientologie 1977 :10). De même, les épouses ne pouvaient visiter leur partenaire ou leurs enfants d'âge solaire qu'une fois par jour pendant les repas, ou la nuit si leur progression était satisfaisante, et si elles s'abstenaient d'évoquer leur situation au RPF. Les assignés pouvaient convenir de rencontres supplémentaires aux repas avec des enfants d'âge préscolaire (C.A. des églises de Scientologie,1977 :10).
L'étude intensive de l'idéologie de Hubbard était une partie de base du système, avec " cinq heures d'étude ou d'auditing " par jour allouées aux détenus (C.A des e. de SC,19774, voir6).
Certaines preuves indiquent que les détenus dans le milieu des années 1970 pouvaient remplir le programme en plusieurs mois, mais les compte- rendus plus tardifs indiquent que les assignés y mettaient fréquemment plus d'un an, et qu'ils subissaient des condamnations plus d'une fois dans leur parcours de Scientologues. Le Scientologue " S.B. " par exemple, avançait que lorsqu'il était entré au RPF de Los Angeles (probablement vers la fin des années 1980, ou début 1990), " quelques RPFers en étaient à leur quatrième année, quand je suis arrivé et je ne pouvais tout simplement pas le croire "(" S.B ",1998b :1).

La création du RPF dans le RPF

Le 24 avril 1974 un Flag Conditions Order a institué le RPF du RPF. Ce système recevait des gens qui étaient au RPF, mais qui ne progressaient pas de manière satisfaisante, ou qui pensaient que leur affectation au RPF était une plaisanterie. Comme Hubbard l'a rapporté dans son " management technology "dictionary : " La première affectation au RPF du RPF était donnée parce que la personne considérait leur[sic] affectation au RPF comme amusante, une récompense[award,sic], et qu'ainsi elle était incapable de reconnaître un besoin de se racheter, ou incapable de tout moyen pour l'effectuer. Jusqu'à temps que la personne reconnaisse ce besoin, et leur[sic] propre initiative comme nécessaire pour être admise dans les actions de rachat du RPF, les interdits du [RPF'sRPF]s'appliquaient. (Hubbard,1975 :451,[caractères gras dans l'original]).
Les gens au RPF's RPF étaient séparés des détenus du RPF dans leurs affectations de travail, de réfectoire , de sommeil, d'horaires, et d'autres activités. Ils n'étaient pas payés, ne recevaient pas d' "auditing ", ne devaient pas dormir plus que six heures par jour, et ils écopaient " en éthique " de doubles punitions pour leurs méfaits. Compte tenu de ce que le RPF's RPF commençait sur un bateau, les détenus de ce système n'étaient autorisés à travailler que " dans les cales de la salle des machines ". Plus encore, ils n'étaient autorisés à communiquer qu'avec la personne chargée du RPF, et ils ne pouvaient entrer vraiment au RPF, qu'après avoir fait amende honorable vis à vis de tous les membres du RPF "(Hubbard,1975 :451[caractères gras sur l'original]).
Fait surprenant, ce résumé sur le RPF'sRPF est disponible dans le dictionnaire de la Scientologie, auquel le public a facilement accès. Cependant il n'est pas étonnant que cette même information n'apparaisse pas sur les documents les plus récents à large diffusion, sur son site-Web mondial. Sponsorisé par l'église de Scientologie internationale, Il n'est fait nulle mention du RPF'sRPF parrainé par l'église de Scientologie Internationale, et il[le site] décrit le RPF en des termes qui le font apparaître comme un programme pour bâtir la confiance, et la réinvigoration personnelle. Selon le site Web, le RPF est "une seconde chance " pour " des membres de la Sea Org, qui autrement auraient été tentés de démissionner après de graves et/ou continuelles violations envers l'église", " une occasion de faire l'expérience d'une " complète réhahilitation " après des " burn out "(aberrations)personnelles.
(église de Scientologie Internationale,1996).Les participants au système reçoivent quotidiennement " à la fois de l'instruction et du conseil religieux pour traverser des zones difficiles dans leurs vies personnelles. " Aussi ils " travaillent huit heurs par jour en équipe , à des tâches qui améliorent les installations de l'église par laquelle ils sont employés, et ils améliorent l'équipe de travail et la coordination parmi les participants ;Le travail permet à l'individu de retrouver sa confiance en lui-même[sic] avec sa fierté du résultat ". Les membres de la Sea Org., qui sont sensés avoir rempli le programme " attestent de son énorme bénéfice , et ils expriment leur contentement d'avoir été capables de s'être procuré le rachat au lieu de la démission "(Church of Scientology International,1996). Cette description du RPF à l'intention du public contraste d'une manière tragique avec les compte-rendus à son sujet , que beaucoup d'anciens participants procurent après n'avoir plus été sous la domination directe des règles de la Scientologie , qui punissent les personnes critiquant l'organisation ou ses doctrines. Chacun des sujets que cite la page -Web le mentionne sous un jour favorable :étude, conseil religieux/auditing, " huit heures " de travail par jour, qui restaurent la confiance et la fierté, les conditions d'emploi et de paie, et les signes d'avancement de la part des cadres reçoivent une appréciation bien différente de la part des ex-membres de la Sea Org , qui ont procuré l'information pour mon étude.

Les constantes du RPF et ses variations

Tandis que les histoires sur le RPF, que rapportent les anciens membres montrent de remarquables constantes dans le temps et par de là les distances, des variations existent selon les installations, le personnel, les demandes immédiates des organisations. Pratiquement tous les récits illustrent comment le RPF a essayé de dominer le corps de ses détenus au moyen de diverses exigences, d'excès et d'obligations de travail pendant qu'en même temps il s'efforçait de dominer leur esprit au moyen d' "auditings" prolongés , d'étude de cours, de confessions et de succès allégués.
Voici ce que j'ai rassemblé en tout comme dépositions sous serment, interviews ; messages Internet, et correspondances : deux compte-rendus de l'Apollo (le navire sur lequel Hubbard a vécu de 1967 à 1975) ; sept du complexe Hotel Fort Harrison, à Clearwater ; Floride, un de La Quinta,California ; un de Indio , California ; quatre de Gilman Hot Springs, Californie ( que les informateurs appelaient ou bien " Hemet ", d'après le nom de la ville voisine, ou Gold d'après son nom scientologue ; trois du camp Happy Valley près de Gilman Hot Springs et de Soboda Indian Reserve ; sept du complexe Cedars à Los Angeles, un d'un navire innominé basé près de Los Angeles ; un de East Grinstead, Sussex, England ; un du RPF primitif à Copenhague ; et un du système actuel de Copenhague. Six informateurs provenaient du RPF'sRPF, dont un du système actuel de Copenhague. Six informateurs provenaient du RPF'sRPF, dont un de l'Apollo ; deux du Complexe de Fort Harrison ; un du complexe de Cedars, et deux soit de Gilman Hot Springs, soit de Happy Valley.

1. L'assignement forcé à résidence


L'enfermement, qui est une des conditions nécessaires d'après les scientifiques en sociologie pour se servir du terme " brainwashing ", est apparue explicitement dans dix compte-rendus sur le RPF , et dans deux sur le RPF'sRPF. Assurément sept des informateurs donnaient des histoires sur leurs tentatives (parfois réussies) d'échapper au système et aux gardiens chargés de les en empêcher. Ces compte-rendus forment un triste contraste avec l'insistance de la Scientologie quant à une " participation " volontaire au système RPF.
A partir du 30 mai 1977, tous les Scientologues entrant dans le système étaient sensés signer une déclaration légale donnant vraisemblance à ce que la personne ait été dans le système volontairement[voir Conseil d'Administration des églises de Scientologie ,1977 :9]. Un formulaire non-daté " RPF waiver "(" sortant du RPF ")montre nettement qu'une telle déclaration légale indiquait : " Je soussigné ……….admets ici que l'individu a pu se racheter lui-même[sic], et devenir un membre productif du staff.
Ayant été pleinement informé de ce que j'ai fait , ou de ce dont j'ai été accusé pour mériter mon affectation au RPF, j'admets de plus que j'entre dans ce " program " de mon plein gré et suivant mon propre choix. Je comprends que je peux décider à tout moment pendant ce " program " de le quitter, sachant que si j'agis de la sorte, c'est le règlement de l'église de Scientologie de me considérer démissionnaire or de me chasser de l'église de Scientologie. "
" Sachant que je suis transféré de plein droit à la Rehabilitation Project Force, je comprends que si je choisis de ne pas commencer ce "program ", j'accepte l'alternative d'être porté démissionnaire de l'église de Scientologie.
J'admets de plus que je commence ce programme sous ma propre responsabilité, et que je ne peux tenir personne d'autre responsable d'accidents ou d'incidents au RPF " (anonyme,n.d.).
Le document devait être signé, daté, et visé par un témoin . Bien entendu, comme le formulaire le suggère, quelques personnes apparemment ont pris la fuite
de la Sea Org au cours de leurs affectations au RPF, et le Scientologue " S.B " s'est sorti du RPF'sRPF dans le temps inhabituellement court de deux semaines après avoir indiqué qu'il voulait agir ainsi (SB,1998c :1).
Cependant, forcés de choisir entre l'expulsion d'un groupe auquel des gens avaient dévolu leur vie, ou le bannissement de ce qu'ils considéraient être " la seule voie vers la liberté totale ", le " choix " des gens pour entrer au RPF semble bien peu volontaire. Plus tragiquement cependant beaucoup d'anciens détenus insistent sur le fait que leur entrée et leur persistance dans le système RPF ont été coercitifs. Par exemple l'expérience de Denis Erlich au RPF et au RPF'sRPF dans Fort Harrison en fin 1978 a commencé assurément avec deux "gardiens ", qui l'ont escorté dans le système. Il ne leur a pas résisté parce qu' " il était implicite que si vous aviez voulu sou battre, ils vous auraient fait sortir la merde à coups de pied [sic](interview de Kent avec Erlich ,1997 :9). De l'autre côté du continent , à peu près à la même époque, Pat avait(a-t-elle relaté) " deux grands costauds "Pat, disant de manière démonstrative :" Tu vas continuer au RPF …"(Interview de Kent avec Pat 1996a :19).
Jesse Prince a indiqué qu'il avait été dans la Sea Org seulement pendant un temps court, lorsque " cinq grands mongoloïdes idiots ",comme il les appelait lui-même avec colère, " m'ont physiquement traîné, mes pieds râclant le sol ", pendant qu'il " envoyait des coups de pied et hurlait "(Interview de Kent avec Prince, 1998 :15). Ce RPF était au septième étage des bâtiments nouvellement acquis de Cedars Sinai Hospital à Los Angeles ; et comme les travaux de rénovation y continuaient, cette structure " était entourée de barbelés, et était parcourue de patrouilles avec des chiens de berger allemands. Donc il n'y avait pas d'échappatoire ",ou en tous cas pas d'évasion facile, étant donné ce qu'a dit Prince en revenant sur le sujet pour rapporter qu'une poignée de gens s'en sont tirés(Interview de Kent avec Prince,1998 :15). L'ancien membre David Mayo a rapporté une histoire aussi dramatique dans une déposition sous serment, en insistant sur le fait que " le 29 août 1982,David Miscavidge et d'autres , agissant sous les ordres de L. Ron Hubbard, m'ont kidnappé, puis m'ont tenu captif, et ont abusé de moi physiquement et mentalement pendant six mois "(Mayo,1994 :2-3).
D'autres personnes ont dit qu'ils avaient été forcés soit de se tenir eux-mêmes en détention, , soit d'en voir d'autres enfermés. Sur la côte ouest, Jesse Prince affirme qu'il a vu une cage métallique au RPF'sRPF dans les sous-sols du bâtiment de Cedars Sinai, où les détenus " étaient enfermés la nuit pour s'assurer qu'ils ne tentent pas de s'évader "(Interview de Kent avecPrince,1998 :18). Sur la côte Est , Erlich plaisantait à propos de son affectation au RPF,et, suivant le règlement de Hubbard, il avait été jeté au sous-sol de Fort Harrison. Gardé là pendant dix jours, Erlich déclare qu'il avait passé le premier ou les deux premiers jours " enfermé dans une cage de fil de fer "(Interview de Kent avec Erlich,1997 :8). Quand Nefertiti (ce qui est le nom d'emprunt d'un ancien membre) s'est trouvée elle-même au RPF'sRPF dans le même sous-sol quelque dix ans plus tard, elle a rencontré une femme ,qui, dit-elle était " dans la trentaine, avec de la fièvre,, le corps entièrement trempé de sueur, portant des chaînes. Elle avait une chaîne d'environ trente pouces attachée à ses deux chevilles, de sorte qu'elle devait faire de petits pas rapides (Nefertiti ,1997 :3). Tonya Burden a juré " en connaissance des peines et conséquences d'un faux témoignage "(Burden ,1980 :12),qu'elle avait observé personnellement une personne enchaînée à des tuyaux dans la chaufferie du bâtiment Fort Harrison pendant une période de plusieurs semaines "(Burden, 1980 :10). De même , dans une déposition sous serment, Hanna Whitfield a juré que, pendant qu'elle était au RPF à Fort Harrison, Lyn Froyland avait été affectée au RPF'sRPF, et qu' " elle était enchaînée là à un tuyau dans la chaufferie[au sous-sol], pendant des semaines , sous bonne garde. Elle y prenait les repas, et était autorisée à des pauses pour aller à la toilette, mais sans autre hygiène "(Whitfield,1994 :42).

Le compte-rendu le plus complet de détention provient de l'ancien membre André Tabayoyon, qui a écrit sur l'installation de Gilman Hot Springs, où travaillaient des membres du RPF. Ils avaient un système de sécurité qui comportait " le périmètre de défense, des barrières ultra-coupantes, l'éclairage du périmètre de défense, des alarmes électroniques, des microphones dissimulés, des alarmes de sol, des détecteurs de mouvements et des caméras cachées, qui étaient installés dans toute l'étendue, et même en dehors de la base "(Tabayoyon,1994 :8[para #28]). Tabayoyon a rapporté qu'il travaillait au système de sécurité de la base en 1991, mais déjà en janvier1983, la détenue récalcitrante Julie Mayo avait trouvé la voie de sa libération barrée par une défense gardée à Gilman Hot Springs..Saisissant ce qui aurait pu avoir été la seule possibilité de s'évader, Julie Mayo a attendu le seul matin où le garde ouvre la grille , pour permettre à quelqu'un de traverser la rue pour le petit-déjeuner, et elle a filé vers la route, sans être vue, avant que ce soit refermé (J.Mayo 1996 :8-9). Si le compte-rendu de Jesse Prince est exact, alors, beaucoup des membres du staff de la Scientologie étaient lourdement armés, comme l'étaient les gardes du RPF de Happy Valley(interview de Kent avec Prince,1998 :49).
D'autres histoires d'évasions indiquent que les victimes du RPF étaient très réellement emprisonnées dans des conditions auxquelles elles n'avaient pas consenti que leurs geoliers les gardent (ou en ayant consenti en étant beaucoup moins informés). Vicky Aznaran par exemple, "et deux autres victimes se sont échappées de Happy Valley en direction de Sobo[b]a Indian Reservation, où elles ont été poursuivies par des gardes de Happy Valley à motocyclette. Vicky et les autres victimes ont été récupérées par des résidents de la réserve , qui les ont fait monter sur un camion et qui les ont emmenées dans un motel de la ville de Hemet(Aznaran et Aznaran,1998 :12)).
L'ancien membre Pat s'est évadée grâce à plusieurs ruses très raffinées. D'abord elle a inventé une histoire propre à convaincre les gardes de lui permettre d'employer le téléphone.
Puis elle a appelé un ami non-Scientologue, et elle lui a donné des instructions précises indiquant où son ami devrait être la nuit suivante(interview de Kent avec Pat,1997b :3).
La nuit suivante, elle a concocté une seconde histoire grâce à quoi elle se trouvait près de la rue où son ami l'attendait. En manipulant le garde qui était avec elle, Pat a manœuvré pour prendre assez de distance de lui et pour monter dans la voiture : " [j'ai]claqué la portière et j'ai dit:"Go!". Mon ami a vérrouillé les portières et il a foncé….C'était un moment affreux,affreux ; et là j'étais dans cette voiture, ne sachant pas où aller, avec 40 cents dans mon porte-monnaie…mais je ne pouvais pas rester là plus longtemps ; je ne pouvais pas rester là une minute de plus. Je ne pouvais pas supporter un seconde de plus de dégradation "(interview de Kent avec Pat,1997 :4).
Pendant que la voiture rugissait en s'éloignant, des Scientologues qui en étaient témoins ont hurlé contre elle. Evidemment comme punition pour avoir laissé Pat s'évader, l'homme chargé de la garder a fini au RPF'sRPF(interview de Kent avec Price,1998 :31). Suivant Jesse Prince (qui avait été dans ce RPF à ce moment-là), un seul affecté au RPF a essayé de quelque façon de franchir les défenses de barbelés qui entourent les nouvelles installations à Los Angeles(qui étaient en rénovations), et s'est échappé (interview de Kent avec Prince,1998 :25). On comprendra qu'un autre évadé soit retourné à l'intérieur des limites du bâtiment plusieurs jours après, et qu'il ait tué par balles son épouse (interview de Kent avec Prince,1998 :29).
Des récits supplémentaires d'évasions existent ;tous indiquent que beaucoup de gens se trouvaient dans le système RPF contre leur volonté. Pourtant quelques personnes ont permis par eux mêmes qu'ils soient renvoyés dans le système( ou dans un programme voisin) par les équipes de récupération de la Scientologie ayant mission de les ramener. Ainsi qu'Anne Rosenblum l'a raconté , par exemple, elle s'est échappée du RPF de Fort Harrisson à Clearwater , en se glissant hors de l'infirmerie et en sautant par dessus un mur(Rosenblum,n.d :6). Elle a fui vers la maison d'un ami Scientologue, qui évidemment a averti l'organisation, et (avec le concours de quatre " escorts " scientologues) l'a convaincue de retourner et de quitter la Sea Org selon les procédures habituelles de la Scientologie. Dans un état émotionnel bouleversé, elle est retournée à Fort Harrison, et elle est restée sous bonne garde, et elle a subi force séances d'interrogatoire en vue d'être relâchée par l'organisation (9). Il est advenu que Hubbard accorde une amnistie générale au détenus du RPF à ce moment-là, ainsi elle et plusieurs autres ont accepté cette offre. Elle a indiqué que l'organisation l'a poursuivie ainsi que les autres au moyen de vérifications de sécurité.
" concernant le fait de garder avec nous des données de la Scientologie ;quelles étaient nos intentions quand nous quittions etc.. ". Des Scientologues examinaient leurs bagages à la recherche de tout ce qu'ils auraient essayé d'emporter, tel que la déclaration sous serment qu'elle avait signé, et qui énumérait tous ses soi-disant crimes " commis au long de la vie ", que l'organisation avait sélectionnés à partir de leurs dossiers d'auditing prétendument confidentiels (Rosenblum,n.d :7).

Robert Vaughn Young m'a raconté :


" Je me suis évadé une nuit par le lit de la rivière. Je l'avais prévu depuis longtemps. J'ai été à Hemet, et ils[c'est à dire des membres du groupe de récupération de la Scientologie]m'ont trouvé dans un motel. C'est là que vous tombez au pouvoir de l'organisation ; et sans qu'aucune main ne se soit tendue vers moi, j'ai été obligé de retourner au RPF "(interview de Kent avec Young,1994 :22).
Lors d'une seconde tentative, cependant, il n'a pas eu autant de chance. Il a été pris(interview de Kent avec Young,1994 :22). Evidemment Hanna Whitfield s'est aussi échappée du RPF (à Clearwater), mais elle aussi est rentrée soumise à la pression des Scientologues , qui l'ont trouvée.(Whitfield,1989 :7).
Le constant opposant à la Scientologie Laurence (Larry) Wollersheim a aussi été pris en essayant de s'évader du RPF, qui était établi sur un navire en 1974.(Vraisemblablement ce navire était dans la région de Los Angeles, et presque certainement c'était l'Excalibur, qui était amarré à un quai près de Long Beach [voir Wakefield,1990 :2 ; Schomer,1985 :23]
Comme une décision de Justice l'a déclaré en sa faveur : " Finalement Wollersheim a senti qu'il ne pouvait pas supporter plus longtemps le système [RPF] . Il a tenté de s'évader du navire parce que, comme il l'a attesté plus tard " j'étais en train de mourir et de perdre l'esprit ". Mais son essai d'évasion a été découvert. Plusieurs membres de la Scientologie l'ont attrapé et retenu captif. Ils l'ont relâché seulement quand il ait accepté de rester, de continuer l'"auditing " et d'autres " pratiques religieuses " d'usage sur le navire " (Cour d'Appel de Californie,1989 :9274).
Le Tribunal a fait usage de cet exemple comme "preuve " que Wollersheim " acceptait certains de ses " auditings " sous la menace et la contrainte physique "(Cour d'Appel de Californie,1989 :9274).
Bien qu'il puisse être imprudent de généraliser à partir de ces compte-rendus , et de suggérer que tous les assujétis aux systèmes RPF y aient été contre leur volonté, il est certain que certains d'entre eux n'avaient pas consenti ni choisi d'être là.10.

2. Attestations de maltraitances physiques

Sans aucun doute la maltraitance physique dont beaucoup de gens ont fait l'expérience dans différentes installations du RPF a été un facteur de leur désir de s'évader. J'hésite pour dire que tous les gens ont fait l'expérience de maltraitances physiques, étant donné qu'un seul des informateurs, qui a été dans le RPF de Fort Harrison Hotel a dit que le quotidien " n'était pas embêtant " et qu' " il avait eu assez de sommeil "(interview de Kent avec Ernesto,1997 :16,17). Il a admis pourtant qu'il n'était pas affecté au travail physique dur, mais que seulement il nettoyait et qu'il vidait les ordures(interview de Kent avec Ernesto,1997 :16). De même le Scientologue " SB " a écrit : " être au RPF n'était pas terriblement dur pour moi. J'étais en bonne forme physique, et réellement je me plaisais d'avoir la chance d'effectuer un rude travail physique " "(SB,1998a :2). Plus tard cependant, il a répondu à un message en concédant : " Je ne voudrais pas mentir, le RPF est un travail sacrément dur, et vous êtes presque certainement véridique [en disant] que certains anciens (et actuels) assignés au RPF se sentent soumis à des abus et terrorisés (SB,1998f :2). Assurément, d'autres ont fait l'expérience d'une grande variété de (ce qu'ils ont considéré être) de la maltraitance physique.

A . Exercice excessif, le système " Running "

La course forcée était de pratique universelle au RPF, mais les leaders l'employaient aussi comme punition spécifique. Selon une personne qui était sur l'Apollo, Hubbard employait le " running program " comme punition envers un membre dont il pensait " qu'elle avait besoin d'un peu de discipline ". Il ordonnait au membre " de courir cinquante tours de pont promenade. [le membre] en faisait une vingtaine , et il déclarait[qu'] en avait couru cinquante. Je me souviens qu'il s'en tirait comme ça "
(interview de Kent avec Ernesto,1997 :5). Avec l'institution du RPF la course rapide est devenue une punition classique.
Le lieu de la peine de course faisait varier celle-ci, bien sûr. Monica Pignotti,qui était au RPF sur l'Apollo (en même temps que le fils de Hubbard , Quentin, maintenant décédé ).
(Pignotti,1989 :19) a écrit une description particulièrement claire de la peine de " running " ,dont elle a fait l'expérience au cours des premiers mois de 1975 :
" Nous avions à récurer toute la salle de bain, y compris les murs porteurs et les plafonds. Après que nous ayons nettoyé l'endroit, on passait l'inspection au gant blanc. Si le gant revenait sale, la personne qui avait a nettoyer l'endroit avait à courir de tours de la proue à la poupe du navire (environ 1/5 de mile par parcours). Une fois ,comme mon " senior " n'était pas content de la manière dont j'avais nettoyé la salle de bain, il m'a donné l'ordre de " faire un tour ". J'ai protesté parce que je pensais que c'était injuste, alors la réponse a été : "Ne me Q&A [question/réponse]pas. Fais deux tours. J'ai à nouveau fait objection, et il a dit : "fais trois tours ". Cela a continué jusqu'à ce que je sois au dessus de dix tours, qu'effectivement j'ai dû effectuer.(Pignotti,1989 :23).
Selon le langage technique de la Scientologie, Pignotti avait été mise " on rocks and shoals "(textuellement :rochers et échouement, ndt), une punition pour membres de la Sea Org.(Hubbard,1976b :449).
A partir de son expérience à Fort Harrison, Anne Rosenbaum a indiqué que la punition " rocks and shoals " consistait souvent en mises au piquet et tractions sur les bras en plus de courir des tours " en montant/descendant la rampe du garage " (Rosenblum,n.d :2) Denis Erlich a aussi rapporté qu'il "avait eu à monter/descendre en courant au bâtiment du parking " (interview de Kent avec Erlich,1997 :16). Dans le Complex Cedars à Los Angeles, les rocks and shoals consistaient à " courir dans les escaliers " ou à " courir tout autour du complexe "(interview de Kent avec Pat,1997a :27) . Les tours en courant étaient aussi une pratique essentielle pour le rachat des violations des soi-disant " ethics " de la Scientologie pour les assignés au RPF dans le système de Copenhague (Scherkenau/Elleby,1990g :2 ;1990h ;1990k ;voir1990i). Assurément les punitions par la course les plus dures ont eu lieu dans les installations soit de Gilman Hot Springs , soit de Happy Valley, où précédemment des membres de haut rang de la Sea Org avaient à courir soit autour d'un arbre, soit d'un poteau pendant douze heures par jour(voir l'interview de Kent avec Prince ,1998 :45 [sur Happy Valley]). Julie Mayo a indiqué qu'elle " avait été dans un running program pendant 12 heures par jour, les sept jours de la semaine, et qu'elle avait à courir autour d'un arbre soumise à toutes les conditions extrêmes du désert "(J. Mayo,1996 :7). Son mari a rapporté qu'il " a été forcé de courir autour d'un arbre dans le désert par des températures de plus de 110 degrés F. pendant 12 heures par jour, sept jours par semaine pendant trois mois… ".
(D. Mayo,1994 :3). Vicky Aznaran a fait une déclaration similaire, d'avoir dû " courir autour d'un poteau de téléphone orange de 7h. du matin jusqu'à 9h30 du soir, avec dix minutes de pause chaque demi-heure, et des arrêts de trente minutes pour le déjeuner et le dîner "
(Aznaran et Aznaran,1998 :9). A l'évidence l'âge des assignés au RPF n'influait pas sur leur obligation de courir, étant donné que le Scientologue " SB " a mentionné que le " shuffle "[" traîneur de pieds ",ndt] du RPF était traité comme beaucoup d'autres assignés au RPF incapables de courir autant, mais qui au moins devaient donner l'impression qu'ils couraient "(SB,1998b :1).

B. Travaux de routine exigeants physiquement

Le travail pénible était un aspect essentiel des systèmes RPF,consistant habituellement en entretien et en rénovation. Sur l'Apollo, les assignés au RPF effectuaient nombre de travaux de nettoiement, grattage et peinture ; récurage des ponts etc. ;(interviews de Kent avecDale,1997 :6). Pendant qu'elle était au RPF'sRPF, Monica Pignotti avait à " descendre et à nettoyer la boue des fonds de cale. C'était mon travail toute la journée…et j'avais à évacuer toute cette crasse, puis à peindre. J'y ai été pendant cinq jours… "(interview de Kent avec Pignotti,1997 :26). Un autre sale (et dangereux aussi) travail de nettoiement , qui était dévolu à une personne u RPF'sRPF était le " routine cleaning of " Rat'sAlley ",probablement la plus infecte chose que vous puissiez imaginer, et je veux dire ça littéralement. J'ai vu des adultes s'évanouir à cause de l' odeur ".(SB,1998 :1). " Rat's Alley " avait acquis son surnom à cause (selon le Scientologue " SB ") de son faible éclairage, de l'étroit tunnel en dessous d'une cambuse , et qui contenait des tuyaux d'évacuation et un tas d'autres tuyaux, dont certains étaient extrêmement chauds. Quand les Scientologues avaient acquis le bâtiment , il avait été infesté de rats, mais maintenant des restes de nourriture et des flaques d'eau faisaient que le coin était infesté de cafards. Les assignés au RPF'sRPF qui nettoyaient l'endroit devaient rouler sur des planches à roulettes, tant l'espace était réduit, mais même ainsi " c'était si bas en certains endroits, qu'il n'était pas rare que vous restiez coincé entre votre kart et un tuyau d'eau chaude . Croyez-moi, j'ai sur le dos deux cicatrices dues à ça ! "(SB,1998h :2). Vraiment l'odeur était si fétide dans Rat's Alley, que le Scientologue " SB "(qui était malade à ce moment-là) : " réellement j'ai eu un petit évanouissement pendant environ deux minutes et je me suis affaissé sur mon kart. Mon jumeau [c'est à dire co-équipier] m'a vu et m'a secoué pour me ranimer, et j'avais bon nombre de cafards sur moi. Mon coéquipier , [qui avait 16 ou 17 ans à cette époque] en avait récolté quelques uns dans les cheveux pendant qu'il roulait à travers une flaque d'eau plus profonde, que sa tête était un peu basse et qu'il roulait à travers la crasse poisseuse en attrapant quelques cafards"(SB,1998h :2).

Dans un " newsgroup " ultérieur situé sur alt.religion.scientology, " SB "disait que " l'eau stagnante était si infecte, que c'est à peine concevable "(SB,1998,i :2) .
En dépit de ces conditions épouvantables, "SB " a indiqué qu'une fois il a nettoyé dans " Rat's Valley " pendant cinq heures.(SB,1998h :3).
Alors qu'un compte-rendu provenant du RPF de East Grinstead parlait de " gratter la croûte de foyers de cuisinières ou de pierres peintes "(Forde,1996 :3), et d'activités comme l'évacuation des ordures (Royal Courts of Justice,1984 :27), et de nettoyage de salles de bain (Pignotti 1989 :23 ; Rosenblum,n.d. :1) et de cages d'escaliers (Nefertiti,1997 :10) travaux qui étaient beaucoup plus ordinaires,Vicky Aznaran a assurément creusé des fossés(Aznaran et Aznaran,1998 :11), et Pignotti faisait partie d'une équipe RPF dont on a pris des photos pour des images qui ont paru dans la publication de 1978 , " Qu'est-ce que la Scientologie ?"(voir Eglise de Scientologie de Californie,1978). Gerry Armstrong a aussi fait de l'emballage (Superior Court of the State of California,1984 :1462), mais il a aussi effectué d'autres tâches ordinaires du RPF comme la rénovation de bâtiments.
Dans la période autour d'avril 1979, Armstrong a travaillé dans une équipe qui rénovait une maison où devait habiter Ron Hubbard (Superior Court of the State of California,1984 :1475). Andre Tabayoyon (1994 :24[para.#116-117,120-121]) parle du "travail d'esclave " du RPF, lors de la construction et de la rénovation de nombreuses habitations et bâtiments à l'usage de leaders de la Scientologie , et de leurs stars de cinéma. Des membres de la Sea Org au RPF danois on effectué des rénovations dans les bâtiments de la Scientologie à Copenhague, dont nous avons connaissance à partir des compliments que les équipes RPF ont reçus pour leurs réalisations. Un compliment (du 23 novembre 1989) félicitait les membres du RPF en disant : "Les plafonds, les murs, les menuiseries, et le tapis est [sic]fait de bonne qualité " (probablement l'hôtel Nordland[TCO Estates,1989]). De même un autre(du 21 septembre 1990 )reconnaissait que les assignés au RPF avaient bien fait leur travail pour peindre la chaufferie et les tuyaux dans le bâtiment où dormait le staff(Crivellaro,1990). Le membre du RPF Suzanne Scherkenau/Elleby s'est même plainte des travaux mal faits que les ouvriers du Estates Project Force laissaient lors des rénovations, et que les assignés au RPF devaient compléter (Scherkenau/Elleby,1990b).
Les compte-rendus les plus frappants à propos de rénovation sont venus de Jesse Prince et de Pat, dont les équipes RPF (ils l'ont déclaré dans des interviews séparés) étaient impliquées dans des travaux de rénovation d'un vaste bâtiment en Californie méridionale au cours des années 1970. Voici ce que Pat a résumé : " La pression augmentait chaque jour à mesure des rénovations. Chaque jour qui passait il y avait une plus forte pression pour que les rénovations soient faites…jusqu'à ce que ça atteigne un point où nous avions à travailler trente heures , à part trois heures [de pause](je le jure devant Dieu). Nous avons travaillé par équipes pendant trente heures d'affilée. "…Interview de Kent avec Pat,1997a :25) : " Nous avions à travailler tant d'heures, Steve, que, je me souviens d'avoir croisé des gens, et d'avoir été dans une pièce sombre avec une visseuse traînant contre un mur. La pièce était complètement obscure, j'avais a y passer, et je me suis arrêtée parce que j'ai vu des étincelles jaillissant de cette chose, et j'ai dit : qu'est-ce qui arrive ? Alors la personne m'a jeté un regard éberlué en me disant : " Oh ! moi , je ne sais pas ;je ne regarde que les étincelles ". Je veux dire que nos étions abrutis d'une telle fatigue.
Je me souviens d'avoir essayé de construire une phrase et d'en avoir été incapable. Vous savez ;dire, et savoir que je devais dire " J'ai besoin de ce tourne-vis ", et d'avoir dit : " J'ai besoin de cette protection pour le sandwich qui n'est pas rouge "[…]J'étais complètement incapable d'être cohérente ".(interview de Kent avec Pat,1997a :26).

Prince a indiqué qu'il a été dans ce schéma de travail pendant huit mois, "et les gens tombaient littéralement d'épuisement comme des mouches "(interview de Kent avec Prince,1998 :16).Les équipes de travail portant sur trente heures de Pat et de Jesse n'étaient pas habituelles ; Robert Vaughn Young a parlé de douze heures de travail quotidien
(interview de Kent avec Young,1994 :18) ; mais Monica Pignotti a rapporté qu'une fois elle avait dû travailler " pendant trente-six heures sans sommeil " parce que Hubbard avait donné l'ordre de nettoyer tout le navire (interview de Kent avec Pignotti,1997 :14).

C. Alimentation pauvre

La lourde charge de travail aurait dû garantir un régime riche en calories, mais plusieurs des anciens assignés au RPF se sont plaints de la qualité de la nourriture. En dépit de ce que Tonya Burden a décrit comme un travail de 18 heures par jour, elle a indiqué que souvent elle " ne recevait que du riz, des haricots et de l'eau " pour ses repas(Burden,1980 :10).Assurément Néfertiti mangeait ce qu'elle appelait " la soupe pour les cochons ", avec quelque fois seulement de la poudre de lit(Néfertiti,1997 :9).Pat s'est plainte que " Nous étions nourris d'aliments réellement affreux ",que nous considérions constamment comme " répétitifs et mal préparés ",et qui comportaient des " déchets ce qui était à jeter "(Interview de Kent avec Pat, 1997a :24). Pignotti a rapporté que la coutume était que son équipe RPF mangeait après que le reste du staff ait fini, mais les déchets qu'ils consommaient venaient de la cuisine, et pas les éléments servis dans les assiettes des gens(interview de Kent avec Pignotti,1997 :14 ;voir interview de Kent avec Dale,1997 :6).
Cependant Margery Wakefield,