FECRIS
Prévention des mineurs

Minors’ Prevention

Barcelone 2002

Fédération Européenne des Centres de Recherche et d’Information sur le Sectarisme

14, rue Modigliani, 75015 Paris

Vous ne trouverez ici que les textes en français ou ceux qui ont été traduits en français. Les textes en anglais, allemand et italiens
peuvent être consultés sur le site de la FECRIS

La FECRIS s’est assurée de l’accord des différents intervenants préalablement à la diffusion des textes de leur intervention.Les exposés des conférenciers sont repris dans cet ouvrage dans leur langue d’origine.Des résumés en français, en anglais et en allemand de notes prises au cours de certaines conférences figurent en fin de ce document

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Remerciements

Sous l’égide et dans les locaux du Secrétariat Général de la Jeunesse du Gouvernement catalan, la FECRIS a tenu son colloque les 12 et 13 mai 2002 à Barcelone, sur le thème « Sectes et Enfants – Prévention ».

L’organisation de cette rencontre était remarquablement assurée par l’association A.I.S., membre catalane.

Ce fut l’occasion pour les 43 associations représentant 28 pays du réseau FECRIS de participer aux débats animés par 17 conférenciers internationaux spécialistes du sujet.

Les débats ont porté essentiellement sur les effets des agissements sectaires sur la santé physique et mentale des enfants et adolescents, la réinsertion sociale, les méthodes et outils pédagogiques de prévention et la protection des enfants sur le plan du droit civil et pénal.

Ces deux journées ont débuté par une réception de bienvenue au Parlement de Catalogne par son président, Monsieur Joan Rigol i Roig et se sont terminées par une conférence de presse en présence de Madame Rosa Maria Pujol i Galobart, Secrétaire générale du Secrétariat Général à la Jeunesse du Département de la Présidence du Gouvernement de la Catalogne.

La FECRIS les remercie encore chaleureusement de leur accueil et de leur aide.

Rencontre de Barcelone. 10 -12 mai 2002

Lieu de la rencontre : Secrétaria General de Joventut, Calle Calabria 147 08015 Barcelone

« Sectes - prévention des enfants et adolescents »
· Effets sur la santé physique et mentale des enfants
. Réinsertion sociale
· Méthodes et outils pédagogiques existant ou en gestation pour la prévention
· La protection des enfants sur le plan du droit civil et pénal

Intervenants

Berger Turid : Norvège – "Save the children" - Helping second generation
ex-members enter society after leaving isolated religious communities/
New Religious Movements (NRM) – “Save the children – project GO ON”

Degen Mireille : Belgique – membre de CIGS, membre du bureau FECRIS,
représentante des associations belges : "Présentation de trois outils didactiques »

El Mountacir Hayat : France - auteur du livre “ Les enfants dans les sectes” :
« Une cohabitation paradoxale - La laïcité face au projet éducatif
des mouvements sectaires »

Fournier Anne : France - membre de la Mission interministérielle de Lutte
contre les Sectes - MILS ; en charge des relations avec le département de
l’Education nationale en France : « Quelles pistes pour la prévention ».

Gagliardi Giorgio : Italie - psychothérapeute : (Docente della Scuola Europea
di Terapia Ipnotica Amisi di Milano) – « Contributo italiano allo studio dell’
abuso satanico ovvero sadomasochistico (SRA) nei vari cults, circoli di VIP,
ed itinerari del commercio dei minori » et traduction en français

Glatz Georges : Suisse - président du Comité international pour la Dignité des
Enfants-CIDE : « La pédophilie du cas particulier au crime organisé et
l’omniprésence d’éléments sectaires ».

Haworth Ian : U.K. - C.I.C. - Cult Information Centre, auteur du livre “Cults :
a practical guide” : « Educating about cults »

Hornby Simmonetta : U.K. - avocate : "Some practical considerations on
Sectarianism human rights and judicial proceedings »

Jansà Josep Maria : Espagne - chercheur en médecine et coordinateur médical
pour AIS : « Continguts doctrinals i control familiar, tensions en infants i
adolescents relacionats amb situacions de manipulació psicològica” .

Jougla Jean-Pierre : France - Avoué, co-responsable pédagogique du

Diplôme Universitaire de Victimologie liée à la nuisance sectaire

–Faculté de médecine Lyon I : « Prise en compte juridique en droit français

de la maltraitance psychologique sectaire de l’enfant » .

Jougla Sonya : France - psychologue clinicienne, Co-responsable pédagogique
du Diplôme Universitaire de Victimologie liée à la nuisance sectaire –
Faculté de médecine Lyon I - : "Les enfants victimes de sectes"

Kendall Lois : U.K. -candidat Docteur en psychologie à l'Université de
Buckingham Chilterns : "Une recherche empirique des différences dans le
fonctionnement psychologique entre la première et la seconde génération
d'anciens adeptes de sectes" .

Mamay Inge : Allemagne - (Centre de réhabilitation en Allemagne) : "Erfahrungen
mit Sektenrehabilitation von Jugendlichen im « Odenwälder Wohnhof“ einem
europaweit einmaligen Projekt zur Krisenintervention bei Sektenaussteigern“

Marshall Rod : U.K. -Acting Dean of faculty / Senior lecturer in Psychology -
Faculty of Applied Social Sciences and Humanities - Buckinghamshire Chilterns
University Collage (professeur de Science humaine à l’Université de Buckingham
Chilters : "Cults, Children and Harm : the Response of local Education Authorities
and social Services Departments in the UK”

Perlado Recacha Miguel : Espagne - (A.I.S.) psychologue, psychothérapeute :
« Sobre la funcion terapeutica en el asesoramiento a familias con padres
adeptos a un « grupo-secta »

Petrovic Bratislav : Yougoslavie - spécialiste en neuropsychiatrie et
psychothérapie, membre de la présidence de l'Association yougoslave pour le
Droit en Médecine : « Quelques réflexions sur la manipulation mentale des sectes
en Yougoslavie et conséquences sur les mineurs ».

Petrovic Bratislav : « Les sectes – Un nouveau problème social et
médico-psychologique »

Zillikens Jürgen : Allemagne - juriste et vice-président de l’association KIDS
à Leverkusen : "Sektenzugehörigkeit und deren Auswirkungen

auf das Recht der elterlichen Sorge »

Notes traduites .

Associations membres ou correspondantes présentes au colloque

A.G.P.F.e.V. - Aktion für geistige und psychische Freiheit e.V., Bonn - Allemagne
A.I.S. - Asesoramiento e Informacion sobre Sectas - Espagne
A.R.I.S. Veneto - Associazione per la Ricerca e Informazione sulle Sette - Italie
A.S.D.F.I. - Association Suisse de Défense des Familles et de l'Individu - Suisse
C.C.M.M. - Centre de documentation, d'éducation et d'action Contre les Manipulations Mentales - France
C.I.C. - Cult Information Centre - UK
C.I.G.S. - Contacts et Informations sur les Groupes Sectaires - Belgique
F.A.I.R. – Family Action Information Resource - UK
FRI Sverige - Föreningen Rädda Individen – Suède
G.E.M.P.P.I - Groupe d’Etude des Mouvements de Pensée en vue de la Prévention des Individus - France
G.S.K. - Gesellschaft gegen Sekten- und Kultgefahren – Autriche
POLISH FAMILY ASSOCIATION - Defense of Family and Individual Association in Warsaw
S.A.D.K - Schweizerische Arbeitgemeinschaft gegen destruktive Kulte - Suisse
U.N.A.D.F.I –Union nationale des Associations pour la Défense des Familles et de l'Individu
AFF American Family Foundation - USA
Attention-Enfants - France
Dialog - Institut für Sozialwissenschaften und Sozialpolitik Dialog - Bulgarie
Dialog Ireland
F.P.P.S. - Family and personality protection society – Ukraine
F.A.C. - Forum against cults, Israël
I.C.C.S. - Informational Consulting Center on Sectarianism at the St.Alexander Nevsky Cathedral - Novosibirsk –Sibérie
Jaan Leppik - Estonia
P.P.U. - Pancyprian Parents Union – Cyprus
R.M.R.C. - Religious Movements Research Centre, Malta
St Irinaeus of Lyon Information and Consultation Centre- Russie
Prof. Bratislav Petrovic - Serbie
U.V.S.C. – Institut für Staat-Kirche Beziehungen (Institute for State-Church Relations) - Slovaquie

Associations invitées au colloque

Save the Children - Sverresgt - 4, N-0052 – Oslo, Norvège
KIDS e.V. Kinder in destruktiven Sekten – Leverkusen - Allemagne
Odenwälder Wohnhof - Unterer Flachsberg 15 – D – 74 743 Seckach– Zimmern - Allemagne

Participants au colloque

N.B. Les orateurs sont en caractère gras

AUBE-LOTTE Marie-Josée, chargée de mission au Ministère de la justice, département des affaires criminelles et des grâces – Paris - France
BARTHOLOMEUS Monique, vice-présidente du C.C.M.M. - France -
BERGER Turid, family mediator and attorney-at-law - présidente de Save the Children’s - Norvège
BEZBORODOVA Nataliya, déléguée de Family and Personality Protection Society - Ukraine
BLASBALG Netanel, délégué de Forum against Cults - Israel
BOLADERAS Maria Rosa, conseillère de la FECRIS - Espagne
BOLGAN Milena, membre de A.R.I.S. Veneto - Italie
BONANNO Paul J., délégué de R.M.R.C. - Malta
BORDA Manfred, membre de R.M.R.C. - Malta
BROUDO Lyliane, pédiatre, membre de U.N.A.D.F.I. - France
CELLIER Jean-Claude, délégué de Attention-Enfants – France
DEGEN Mireille, membre de C.I.G.S. Belgique – membre du C.A. de FECRIS
DONSIMONI Marie-Anne, avocate au Barreau de Marseille, avocate de la FECRIS
DVORKIN Alexander, délégué de St-Iraneus of Lyon Information and Consultation Centre - Russia
DYKE Angelina, membre de Save the Children - Norvège
EDELSTAM Anne, déléguée de FRI Sverige - Suède – membre du C.A. de FECRIS
EL MOUNTACIR Hayat, sociologue, chargée de mission au C.C.M.M. – France
ENES Randi, membre de Save the Children - Norvège
FOURNIER Anne, chargée de mission à la MILS, 66, rue Bellechasse, 75007 Paris
GAGLIARDI Giorgio, medico chirurgo, Direttore del Centro Ricerche e Studi sulla Psicofisiologia degli Stati di Coscienza di Milano, Docente presso la Scuola Europea di Psicoterapia Ipnotica A.M.I.S.I. di Milano – délégué rapporteur pour A.R.I.S.Veneto - Italie.
GARDE Mike, délégué de Dialogue Ireland
GLATZ Georges, député au Grand Conseil de l’Etat de Vaud, délégué à la prévention des mauvais traitements envers les enfants, SPJ, BAP, 1014 Lausanne - Suisse
GRIESS Friedrich (et Poldi), délégué de G.S.K. – Autriche - vice-président de FECRIS
GUIBERT Annie, directrice du bureau de Paris de la FECRIS
GUJSKA Bozena (Dr), Polish Family Association – Pologne – membre du C.A. de FECRIS
HÄUSLER Charles, délégué de S.A.D.K. – Suisse – membre du C.A. de FECRIS
HAWORTH Ian, president of C.I.C. – United Kingdom – membre du C.A. de FECRIS
HEINEMANN Ingo, directeur de A.G.P.F. - Allemagne – membre du C.A. de la FECRIS
HORNBY Simonneta, avocate, Hornby & Levy Solicitors, London SW9 8HY- UK
JANSA Josep Maria, chercheur en médecine et coordinateur médical de A.I.S. - Espagne
JOUGLA Jean-Pierre, juriste spécialisé en victimologie, délégué de U.N.A.D.F.I. - France – membre du C.A. de FECRIS
JOUGLA Sonya, psychologue clinicienne, psychothérapeute, co-responsable pédagogique du Diplôme Universitaire de Victimologie liée à la nuisance sectaire. Faculté de Médecine Lyon 1 - France
KANIAS Neophitos, membre de Pancyprian Parents Union – Cyprus
KARTNES Ellen, membre de Save the Children - Norvège
KENDALL Lois, University of Buckinngham Chilterns – UK
LEPPIK Jaan, MP, Estonie
LODJA Miro, délégué de U.V.S.C. - Slovakia
MAMAY Inge, fondatrice et directrice de „Odenwälder Wohnhof“ – Socio pédagogue diplômée – enseignante à l’Ecole spécialisée de sociopédagogie de Buchen, Formation en psychothérapie par la Parole et en théologie – Allemagne
MARSHALL Roderick, Acting Dean of faculty/Senior lecturer in Psychology – Faculty of Applied Social Sciences and Humanities - Buckinghamshire Chilterns University College, UK
MARTINI Mario, vice-président de A.R.I.S. Veneto - Italie
Mc MILLION Andrew, membre de Save the Children - Norvège
MICHIELETTO Dino, membre de A.R.I.S. Veneto - Italie
MULLER-TULLI Danièle, présidente de A.S.D.F.I. - Suisse - membre du C.A. de FECRIS
N'KAOUA Line, avocate au Barreau d’Aix-en-Provence, France
NOKIN Jean (et Suzanne), président de la FECRIS
NOVOPASHIN Alexander, délégué de Informational Consulting Center on Sectarianism at the St.Alexander Nevsky Cathedral – Nopvosibirsk – Sibérie
NUENO Julia, presidente de A.I.S. - Espagne – membre du C.A. de FECRIS
PACHOUD Didier, président de G.E.M.P.P.I. – France – membre du C.A. et trésorier de la FECRIS
PERLADO RECACHA Miguel , psychologue, psychothérapeute – membre de A.I.S. - Espagne
PETROVIC Bratislav B., Prof. dr sc. med., spec. za psihijatriju i psihoterapiju, délégué par Aleksandar SENIC
RICHARD Jacques (et Hanne), président d’honneur de la FECRIS
ROSE Christine, vice-présidente de Attention-Enfants - France
ROSEDALE Herbert, president de American Family Foundation - USA
SCHOFIELD Panayiota, déléguée de Pancyprian Parents Union - Cyprus
SHALOMAY Ivan, European Parliamentary Assembly of the Council of Europe, 67015 Strasbourg cedex - France
THIARD Antoine, président de A.D.F.I. Paris – France - secrétaire général sortant FECRIS
TSIAKKAS Christoforos, président de Pancyprian Parents Union - Cyprus
TZANKOVA Margarita, déléguée de DIALOG - Bulgarie -
VANE Daphne, chargée des relations internationales à F.A.I.R. – U.K - Vice-présidente de la FECRIS
ZILLIKENS Jürge, juriste et vice-président de KIDS à Leverkusen - Allemagne

BELGIQUE

Barcelone, mai 2002

OUTIL PEDAGOGIQUE

"Enfance et sectes"
Aurore BASTIN

AVCS Association des victimes des comportements sectaires –

Warre 45 – B-6941 TOHOGNE -

I. Présentation

Je suis institutrice primaire depuis juin dernier. Comme lors de toutes études supérieures, j'ai dû réaliser un travail de fin d'études.

J'ai choisi un thème peu abordé dans la formation des instituteurs primaire.

Mon travail de "Prévention sectes à l'école primaire" est d'ailleurs un premier en Belgique au-delà des essais personnels de certains professeurs par exemple au cours de religion.

Pourtant dans les sectes les plus répandues en Belgique, les enfants de sectes sont nombreux à fréquenter l'école officielle, que ce soit dans l'enseignement communal ou dans l'enseignement de la communauté française. Et rares sont les enseignants qui dans leur classe n'ont jamais eu des enfants dont les parents font partie d'un mouvement sectaire. En début d'année scolaire, certains d'entre-nous ont peut-être déjà vécu des entretiens avec des parents d'enfants expliquant à l'enseignant leurs croyances et le pourquoi des non-participations à certains évènements de classe.

II. Mes motivations

Bien sûr, comme tout bon citoyen, je pense être tolérante. Chacun est LIBRE de faire, de penser et de croire à ce qu’il veut.

A la seule condition que ces croyances n’aient pas de conséquences sur les autres et en particuliers sur les enfants.

Or, bien souvent, comme j’ai pu le lire dans de nombreux ouvrages mais surtout le vivre, les enfants sont « victimes » des croyances de leurs parents.

Ils ne sont pas libres de leurs croyances… ils doivent suivre leurs parents et leur obéir et cela bien souvent au détriment du respect de leurs droits.

C’est pourquoi j’ai décidé d’informer des enfants de 10/11 ans sur le danger des comportements sectaires.

Ainsi, lorsqu’ils seront en âge de décider de leur avenir, ils pourront poser leurs choix.

On pourrait se demander pourquoi commencer une telle prévention si tôt, je réponds en disant que si l’on part du même principe que pour l’apprentissage des langues, plus on s’y prend tôt, meilleur sera le résultat.

La partie pratique de mon travail de fin d'étude s'est déroulée lors d'un stage de trois semaines. Un laps de temps fort court car devaient aussi être données les leçons de mathématique de français et d'éveil !

III. Ma méthode

C'est pourquoi, j’ai décidé d’aborder le sujet par l’intermédiaire d’une lecture.

Ce livre a été lu en suivant le principe d'un cercle de lecture. Il s'agit d'un procédé didactique mis en route et expérimenté par Monsieur Serge TERWAGNE et Mesdames Annette LAFONTAINE et Sabine VANHULLE du Service de pédagogie expérimentale de l'université de Liège

Chaque enfant a reçu un cahier de semences ou carnet de bord du cercle. Il s'agit d'un cahier ordinaire dans lequel l'enfant note toutes les impressions qu'il ressent lors de la lecture du livre.

Le livre a été lu entièrement mais chapitre par chapitre et de façon variée. J'ai lu le premier oralement, puis ils ont lu le deuxième individuellement et en classe, le troisième à domicile et ainsi de suite.

A la fin de chaque chapitre les enfants devaient inscrire toutes leurs impressions dans leur cahier de semences.

Afin de les aider à rédiger leurs impressions, j’ai réalisé une affiche qui est restée aux murs de la classe pendant tout le stage ainsi que dans leur cahier.

De quoi discuter?

De ce qu'on pense du livre

De l'ambiance, de l'atmosphère

Du titre

Du bon choix des mots, du vocabulaire

Des images

Du caractère des personnages: ceux que j'aime, ceux que je déteste,…

De l'histoire: de quoi parle le livre

Des mots et passages du livre que je trouve intéressants, spéciaux…

Mes sentiments, mes émotions pendant la lecture

Moi et le livre: a quoi il me fait penser dans ma vie

Ensuite, par petits groupes de trois, les enfants devaient discuter du livre et de leurs impressions. Afin de les aider dans leur discussion, une affiche était également disposée au mur.

Comment discuter?

Ø Ecouter les autres

Ø Parler chacun à son tour

Ø Demander l'avis des autres

Ø Comparer ses idées

Ø Bien réfléchir à ce qu'on dit

Ø Etre patient, calme, mais défendre ses idées

Ø Accepter l'erreur

Ø Rester dans le sujet

Pour la plupart des chapitres cette discussion en petits groupes était suivie d’une discussion collective en groupe classe. Ce qui a permis de faire le point et de répondre aux questions éventuelles des élèves.

Ensuite, j’ai voulu montrer aux élèves que ce qui est relaté dans le roman n’est pas uniquement de la fiction et que les sectes ne respectent pas certains droits de l’enfant.

Pour cela, j’ai demandé aux élèves quelles définitions on pouvait trouver du mot secte. Ils se sont servis pour cela du livre le manoir invisible, de leurs dictionnaires et des définitions diverses que j’avais indiquées au tableau.

"La dernière de ces définitions définissait la secte comme une association qui viole les droits de l’enfant".

Il convenait donc de voir avec eux ce que sont les droits de l’enfant.

Ensuite, nous avons essayé de voir comment les droits de l’enfant étaient bafoués par la Roseraie (secte décrite dans le livre).

J’ai ensuite raconté aux enfants des exemples réels ressemblant à ceux décrits dans le livre.

Je tiens à signaler que je n'ai jamais cité aucun nom de secte et que j'ai juste dévoilé des comportements sectaires.

Les élèves ont ensuite reçu la visite de Michèle et Siggy d'AVCS et de l'OLS. Ceux-ci ont expliqué plus en détail le fonctionnement d’une secte et ont répondu aux questions des élèves.

Après tout cela, j'ai proposé aux enfants de réaliser quelque chose afin d'effectuer une brève prévention aux enfants des classes inférieures.

Ils ont décidé de créer une pièce de théâtre en se servant du livre et des faits réels que je leur avais relatés. A partir des photos de leur pièce, un roman-photo a été réalisé. C'est ce dernier qui se trouve dans l'entrée.

Un résultat à court terme est évidemment impossible à distinguer puisque la prévention comme son nom l'indique est un ensemble de mesures prises en vue d'éviter un comportement futur.

Je pense qu'un tel travail pourra être renouvelé mais en le menant sur une plus longue durée. Effectivement, trois semaines pour faire tout cela, c'est peu! Nous sommes certainement passés à côté de certains détails du livre qui auraient été intéressant à relever et des décors pour la pièce de théâtre auraient pu être réalisés.

Si je devais recommencer l'étape où j'ai relaté des faits réels afin de comparer le roman et la réalité, j'essayerais de rendre les élèves plus actifs.

C'est pourquoi, pour la défense de mon travail, j'ai préparé une nouvelle version basée sur une lecture de documents avec questions à répondre, un peu comme on procéderait pour une leçon d'histoire.

* * *

Pour ceux qui désirent essayer une prévention dans leur classe de primaire, mon travail est disponible
Références du livre utilisé dans mon travail: Geneviève SENGER, Le manoir invisible, Casterman Huit et Plus, 1997.
Pour ceux qui désireraient appliquer ma méthode mais pour une classe de secondaire d'autres livres pour enfants et jeunes existent:

· Thierry ROBBERECHT, Gaffe au gourou, CASTERMAN Romans dix et plus, 1997
· SOLET Bertrand, L'année du Diable, SYROS Jeunesse
· LECISAIN Nicolas, Ils m'ont dit de me taire, Michel LAFFONT, 1998
· ABGRALL Jean-Marie, Martin et le gourou, MAGNARD Jeunesse, 2001

Et pour les plus petits

· CORNUEL Pierre, Gourou de Moutons, GRASSET Jeunesse, 2000

BELGIQUE

Barcelone, Mai 2002

OUTIL PEDAGOGIQUE

LES AFFICHES
Les invitations des sectes comme outil de prévention

C.I.G.S. , 9, rue du Congrès, B 1000 Bruxelles, Belgique

La réflexion sur la création d'un outil de prévention a été approfondie au départ d'une question qui revenait de la part d'enseignants traitant du sujet avec leur classe:

"Comment parler de sectes avec nos élèves en sortant des généralités, des idées que l'on retrouve de long en large un peu partout ?"

"Comment être concret? ”.

Un premier test de sensibilisation a été réalisé au départ de textes d'invitations de sectes. Nous avions opéré une sélection parmi ces invitations de sectes, que le hasard nous avait fournies, et nous n'avions gardé que les textes les plus courts pour ne pas décourager le lecteur.

Un inconvénient persistait: il y avait encore trop de texte pour les jeunes qui n'aiment vraiment pas lire et qui se découragent immédiatement. Leurs professeurs nous disaient que le test était peu accessible, pour certaines classes d'apprentissage professionnel, par exemple.

Et pourtant, il fallait protéger tout le monde en développant l'esprit et le regard critiques.

C'est alors que l'idée est venue de partir des affiches que les sectes offraient à notre regard, qui sont colorées, variées, certaines très belles et très attractives.

Enfin nous tenions un bon matériel, vivant, incontestable puisque fourni par les sectes elles-mêmes. Notre collection a grossi. Nous avons ouvert nos classeurs, nos dossiers.

Un réseau de bénévoles s'est mis en marche pour repérer, chasser, rapporter, si possible en plusieurs exemplaires, toutes ces invitations qui constitue une source d'information très riche.

Une anecdote: une petite ville de province a été ainsi entièrement" détapissée" des affiches d’une secte annonçant une soirée, ce qui a eu deux effets :

° il n'y avait que trois personnes à cette soirée

° nous avons récolté toute une série d'affiches qui iraient à la prévention.

Partout, les sectes nous abreuvent d'invitations: affiches en ville, mais aussi tracts sur comptoir, en foire bio, journaux, toutes boîtes, courrier personnalisé, annuaire téléphonique, livre offert, cassettes proposées à la vente, etc.

En parcourant les invitations rassemblées, nous avons été surpris de découvrir plus de 20 moyens différents pour les sectes d'entrer en contact avec nous, que nous pouvions faire découvrir aux élèves, certains inattendus, comme les containers de ramassage de vêtements, ou une télé-écoute mise en place par un adepte de secte.

En regardant toutes ces invitations, nous avons découvert d'autres richesses à exploiter:

* la mise en exergue de l'extrême discrétion des sectes, parfois, sur leur identité: ex :

Une secte avait son identité bien en vue il y a quelques années, un simple sigle est apparu par la suite, et s'est fait beaucoup plus discret, et maintenant, il a même complètement disparu. Seule la mention de l'éditeur responsable ou de l'adresse reste indicative, uniquement pour l'oeil averti du connaisseur.

* les moyens mis en oeuvre pour nous contacter: de la journée portes ouvertes à la kermesse dans les jardins d’un château , avec exposition sur la protection de la nature, jeux éducatifs et spectacle son et lumière. Egalement un courrier personnalisé envoyé après un deuil, etc.

* les subterfuges utilisés pour ne pas trop se dévoiler: absence de nom et adresse sur certaines invitations, seulement un n° de téléphone par exemple, ou bien on camoufle une appellation dans une exposition rappelant la dernière guerre intitulée "Mémoire de Témoins" qui prête à confusion puisque le nom du groupe n'est pas repris, et que l'on songe uniquement aux témoins de la guerre, sans plus.

* les titres pompeux et auto proclamés : Maître authentique, Sa Sainteté, …

* et bien entendu, tous les masques: du spirituel, en passant par l'humanitaire, le thérapeutique, etc. Ils apparaissent de façon flagrante sur toutes ces invitations.

Au détour des images, nous découvrons avec le public, les mensonges des sectes, leurs tentatives pour nous séduire mais aussi nous abuser, etc.

Tout cela, il fallait le montrer aux jeunes.

Une fois notre outil mis en place - il n'est jamais terminé, car il s'enrichit et s'actualise de jour en jour - nous l'avons testé auprès des classes: SUCCES GARANTI !

Les questions sont variées, le débat ravivé, l'esprit critique entraîné, l'intérêt indiscutable.

Nous l'avons également testé avec un public adulte : même succès. Un classeur, garni avec les sectes fleurissant dans la région où se donne la conférence et qui peut même circuler à titre d'exemple parmi les auditeurs de la conférence récolte un franc succès.

Heureux et fiers de ce succès, nous avons ouverts deux autres classeurs sur deux autres thèmes:

* le NOUVEL AGE en IMAGES (la récolte est très abondante et inépuisable)

* SECTES et SANTE qui au fil du temps s'enrichit "peu a peu.

Une dernière chose nous restait à faire: obtenir un prix d'ami pour les reproductions auprès d'une papeterie chez qui nous les faisons toutes.

A ce sujet, une remarque: nous nous sommes posés la question:

“Dans quelle mesure pouvions-nous reproduire ces invitations sans être pris à parti par les sectes?”

Nous avons trouvé un texte, paru dans tous les journaux belges et qui traitait du sujet:

Nous pouvons reproduire sans autorisation préalable aux fins d'enseignement et dans un but non commercial, ce qui est notre cas.

Il me reste une chose à faire: vous inviter à essayer et aussi ECHANGER nos trouvailles pour un enrichissement mutuel.

Je signale que les classeurs apportés aujourd'hui ne constituent qu'un échantillon de ce que nous avons (à cause du poids du transport jusqu'ici). Mais nous en avons actuellement plus de 200.

Ceux qui souhaiteraient obtenir certaines affiches peuvent nous contacter.

BELGIQUE

Barcelone, Mai 2002

OUTIL PEDAGOGIQUE

L’outil “Théâtre”

“N’importe quel message, même de médiocre qualité, parvient, avec un peu de chance,

à trouver d’attentives oreilles”.

UN GRAND HOMME

Interprétation : Renaud Riga, Caroline Safarian

Mise en scène : Jacques Delcuvellerie

Une production de la Compagnie P 3, 14 en collaboration avec le Théâtre Le Public

Cela ressemble à une conférence puis à jeu de questions-réponses.

Le sujet ? Une secte, que nos deux hôtes maîtrisent sur le bout des doigts. L’un est barbu et sourit sous son veston trop large, l’autre est blonde et cache derrière ses lunettes des yeux trop doux.

Gare ! Ce duo est parfaitement fanatisé .

Un grand Homme est une leçon de vigilance. Sain, le rire s’invite à une reconstitution qui évite les clichés et préfère le trouble. Une confrontation avec nos propres fragilités et avec notre soif de liberté

Jacques Delcuvellerie, professeur au Conservatoire de Liège et metteur en scène de renom en Belgique, mène depuis 1980 avec son collectif liégeois une recherche théâtrale radicale jalonnée de grands spectacles.

Un grand Homme est le fruit d’une création collective sur base des écrits de Claude Vorilhon, dit Rael, gourou du Mouvement raélien.

L’interprétation de Renaud Riga et Caroline Safarian est tellement convaincante qu’il vaut mieux organiser un débat sur la pièce après le spectacle afin de ne pas donner l’impression que c’est une vraie séance de recrutement montée par la secte elle-même.

Cette pièce tourne en Belgique francophone depuis 2 ans. Elle a été jouée à Bruxelles, Liège, Arlon et Tournai ainsi que dans d’autres petites villes de province. Elle n’est pas très onéreuse et ne demande pas de mise en scène compliquée.

FRANCE

Barcelone, mai 2002

Une cohabitation paradoxale

La laïcité face au projet éducatif des mouvements sectaires

Hayat EL MOUNTACIR

Le thème choisi pour ce colloque «les enfants dans les sectes » est d’une importance cruciale :

- Par les différentes formes de maltraitance que les sectes imposent aux enfants ;

- Par la confrontation et l’opposition du fonctionnement sectaire aux différentes législation nationale de protection de l’enfance ;

- Mais plus globalement, par le problème majeur que posent les dérives sectaires à toutes sociétés démocratiques. Car l’enfant c’est le citoyen de demain. C’est l’avenir d’une société.

- On recense en France entre 30 et 70.000 enfants concernés. Le ministère de l’éducation nationale avance les chiffres de 5.000 enfants déscolarisés et qui sont instruits, soit au sein d’une communauté sectaire soit au sein de leur famille. Au-delà des constats empiriques des faits de maltraitance des enfants dans les sectes, il nous semble important d’axer la réflexion sur le projet éducatif des sectes. Que proposent-elles ? Quelle conception de l’individu et de la société développent-elles ? C’est dans cette perspective qu’elles s’opposent aux principes constitutionnels de la laïcité et plus globalement aux fondements même des droits de l’Homme.

I/ Une désocialisation radicale

L’un des moyens de la secte pour atteindre ses finalités est de faire de la famille un lieu de transmission de sa doctrine. Les relations inter familiales sont régulées par les directives du leader. L’identité, nécessaire à la restructuration du sujet est remplacée par l’identification au groupe de façon quasi inconditionnelle. Déjà les parents adeptes avaient rompu avec leur propre famille et la société. Cette rupture induit le refus de l’ancrage dans un lieu, une histoire, une famille. Les adeptes n’ont plus de vécu particulier à transmettre à leurs enfants. Cette situation est préjudiciable à leur épanouissement car elle empêche leur structuration et leur socialisation à l’extérieur de la secte. L’Age d’Or promis par les sectes passe par la transformation des adeptes adultes et le façonnement précoce des enfants.

Or, si chaque famille a la liberté de promouvoir ses propres conceptions éducatives, celles-ci doivent s’exprimer dans le cadre du respect des normes juridiques et des valeurs communément admises. Par ailleurs, quelles que soient les conceptions éducatives, la finalité reste la préparation de l’enfant à l’intégration à la société. En intervenant dans l’espace privé de la famille, dans ses interactions avec l’environnement social, les sectes mettent en place leur pouvoir privé. Un pouvoir souvent en contradiction avec les normes juridiques. Et lorsque les sectes remettent en cause le rapport des adeptes aux normes juridiques, c’est toute la société dans son ensemble qui est visée. Les sectes ne mettent aucun moyen à la disposition des enfants pour se socialiser, c’est à dire construire des rapports cohérents et surtout harmonieux avec les autres. Au contraire :

- Elles contrôlent les fréquentations de l’enfant pour l’isoler des enfants et des adultes extérieurs à la secte.

- Elles investissent son « espace transitionnel » c’est à dire un espace ouvert, en dehors de l’autorité des parents. Ce qui ne lui permet donc pas d’établir durant les premières années de sa vie des liens avec un environnement diversifié.

- Elles orientent la pensée des enfants en contrôlant ses lectures, ses fréquentations, ses activités culturelles. Elles donnent une vision explicative de la société à travers ses propres enseignements et à la lumière de sa doctrine. Ce qui va l’enfermer dans la micro société sectaire au risque de bloquer son épanouissement et le développement de toutes ses potentialités.

- Les sectes donnent une vision dichotomique de la société. Elles sont toutes caractérisées par le clivage entre le groupe détenteur de la vérité et le reste de la société. A ces classements intérieur/extérieur vont correspondre des schémas de comportements bons/mauvais, négatifs/positifs. Le monde extérieur étant jugé négatif, la secte exerce son emprise sur l’enfant par la peur qu’il développe d’aller vers ce monde négatif. Or, l’enfant évolue et s’autonomise par son contact avec les autres. Ce refus de l’autonomisation place l’enfant dans une situation conflictuelle car il refoule ses pulsions agressives. Des recherches sur la personnalité autoritaire(1) démontrent que ces pulsions agressives peuvent se libérer à l’encontre de groupes différents, jugés inférieurs. On constate que dans l’état de l’Utah, aux Etats-Unis, où les Mormons sont majoritaires, les jeunes adeptes sèment une forme de terreur en attaquant violemment les jeunes non-membres qui ne respectent pas les interdits du groupe (notamment fumer, boire, sortir avec un jeune de sexe opposé, aller danser…).

II/ Une confusion entretenue entre l’instruction et l’éducation

.

La Laïcité invite à opérer une distinction entre l’éducation et l’instruction. L’éducation relève de la famille, intégrée dans la société, mais libre de transmettre à sa progéniture ses valeurs religieuses et culturelles. C’est ce qui va donner à chaque enfant sa singularité. L’instruction comporte la transmission des connaissances. C’est l’apport d’un savoir fondé sur la raison et l’expérience ; un savoir qui se réfère à l’universel humain et qui permet du même coup de respecter la singularité de chaque enfant tout en la soumettant à cet universel. Ainsi tout en gardant sa particularité, l’enfant se sent partie prenante de toute la société et pourra accéder à la réflexion critique, garante de sa liberté de pensée. C’est pourquoi, l’instruction est obligatoire en France. En contradiction avec le principe de liberté les sectes ne préparent pas l’enfant à devenir un individu libre. Elles cherchent à le placer dans un monde rigoureusement hiérarchisé autour d’un leader qui est seul habilité à penser. L’adepte n’a qu’un devoir d’obéissance et de loyauté.

Dans un soucis de légitimation de leur discours, et pour lui donner une cohérence interne, apparemment convaincante, les sectes vont faire appel à des théories pédagogiques dites spiritualistes. Par exemple : « l’être humain doit se mettre en contact avec la divinité qui est présente partout et tenter d’atteindre par l’intuition cette nature divine et spirituelle qui doit le guider et dans laquelle il faut avoir confiance » (2).

Quelle que soit la matière enseignée, l’enseignant se limite « à faciliter chez l’enfant cette perception intuitive de sa relation avec l’univers » (3). Ainsi la secte « Horus » qui était installée dans la Drôme avait créé une école privée pour les enfants des adeptes basée sur la «réceptivité de l’âme » (4). Dans cette secte, un cours sur Kafka se réduit à cacher le livre et à demander aux élèves de découvrir l’auteur au moyen de leurs sens (5). Une autre secte, « la Famille », qui vit en communauté et scolarise les enfants à l’intérieur du groupe prétend s’appuyer sur la pédagogue Maria Montessori issue du courant spiritualiste (6). Marylin Ferguson (7), égérie du nouvel âge a synthétisé et popularisé dans les années 80 cette conception spiritualiste.

III/ La laïcité face aux sectes.


Une République laïque

Le modèle républicain laïque ne s’appuie pas sur le communautarisme mais sur la notion de citoyenneté. Ce n’est pas le cas de toutes les démocraties. Certaines s’accommodent du communautarisme comme les Etats-Unis par exemple. En ce qui concerne la France, la notion de citoyenneté, consacrée par la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen après la Révolution de 1789, est l’aboutissement d’une longue maturation. Elle reconnaît la valeur de l’individu indépendamment de son appartenance à une quelconque communauté. En France le modèle éducatif s’inspire de ce principe de laïcité. Il vise un double objectif : l’universalité et la singularité (8). La laïcité tend à affranchir de l’ignorance en favorisant le développement de la réflexion critique et en donnant des armes intellectuelles pour apprendre à faire ses choix. La laïcité s’oppose donc aux sectes pour lesquelles il n’y a pas d’objet de pensée. Il faut croire au leader. Un des précurseurs du siècle des Lumières, Jean-Jacques Rousseau expliquait fort justement : « avant d’examiner l’acte par lequel le peuple élit un roi, il serait bon d’examiner l’acte par lequel un peuple est un peuple » (9).

Les sectes, toujours promptes à semer la confusion attaquent la laïcité en assimilant sa base philosophique à un combat contre la religion. Or la laïcité est garante du libre exercice des convictions religieuses de chacun dans leur diversité et pour autant qu’elle respecte les lois. Elle constitue, au contraire, un rempart contre les sectes qui s’arrogent l’exclusivité de la vérité et œuvrent pour une société entièrement au service de leur doctrine.

En quoi et comment la conception éducative des sectes s’oppose à la laïcité ? (10)

Le développement de l’esprit critique chez les enfants devrait éviter l’écueil de l’asservissement et de la tyrannie. En déscolarisant et en contrôlant le contenu de l’enseignement donné aux enfants, certains groupes sectaires tentent précisément de les asservir par un endoctrinement dès le plus jeune âge. Le modèle républicain rompt avec la logique groupale pour lui substituer une cohésion sociale basée sur le sens de l’autre et le respect de l’individualité. Les sectes revendiquent et promeuvent au contraire une appartenance clanique exclusive qui refuse la singularité individuelle. Appliquée à l’éducation et à l’instruction des enfants, cette logique d’enfermement et de désocialisation est incompatible avec la mission de l’école laïque qui prône l’ouverture. Les écoles créées par les sectes sont présentées comme des réseaux alternatifs d’enseignement censés

répondre à la demande des parents dans le strict respect du pluralisme inhérent au système démocratique. Or l’enseignement dispensé dans ces écoles repose sur une idéologie qui véhicule, quelque soit la secte, une conception du monde qui modèle l’enfant tout en le maintenant dans un cadre physique et intellectuel réduit au groupe :

- Elles développent une vision holiste qui induit une organisation coercitive où l’enfant n’est qu’un élément du rouage. Or la laïcité fonde la reconnaissance d’un espace commun d’échanges, de débats contradictoires qui respectent les individualités dans l’intérêt général. Le doute qui est à la base du développement de la rationalité critique est perçu par les sectes comme une remise en cause de l’existence et de la pérennité du groupe.

- Les sectes inscrivent dans leurs pratiques des comportements attentatoires aux droits élémentaires des enfants et sont dans leurs finalités négatrices du droit. Or les enfants qui ne connaissent pas leurs droits et leurs devoirs ne peuvent pas opposer une résistance aux pressions de la secte. Une adhésion pérenne à la secte à l’âge adulte n’est pas le résultat d’un choix mais d’un défaut d’information.

- Une loi a été votée le 18 décembre 1998 pour renforcer le contrôle de l’obligation scolaire. Elle est assortie d’un décret (23 mars 1999) qui fixe le contenu des connaissances qui doivent faire l’objet d’un contrôle par les inspecteurs de l’Education Nationale tout en s’appuyant sur l’article 8 de la déclaration internationale des droits de l’enfant, elle réaffirme le principe de la laïcité et l’explicite par rapport à la mission dévolue à l’école.

- Auparavant la loi du 28 mars 1882 imposait un contrôle sommaire. Vérifier si l’enfant savait lire, écrire et compter. Les ce minimum, neutralisant groupes sectaires qui prenaient en charge l’instruction des enfants des membres veillaient à assurer ainsi préventivement toute intervention de l’inspecteur.

- L’article premier de la nouvelle loi sur le contrôle de l’obligation scolaire inclus dans le droit de l’enfant à l’instruction et à l’éducation des éléments qui constituent une réponse adaptée aux problèmes rencontrés dans les sectes. Il s’agit de l’acquisition d’une culture générale, de la formation professionnelle, la socialisation, l’exercice de la citoyenneté et plus globalement l’épanouissement de la personnalité. C’est ainsi que cette loi, grâce à un contrôle élargi des connaissances scientifiques et de la formation de l’esprit critique protégera désormais les mineurs de l’obscurantisme de l’idéologie sectaire.

Cette loi rappelle et réaffirme que l’Etat protège les mineurs non seulement en cas de maltraitance physique ou de situation de danger qui compromettent leur avenir, mais aussi si leur préparation à l’exercice de la citoyenneté est défaillante. L’école reste le creuset de la citoyenneté et de la cohésion sociale par la promotion de l’universel. et les groupes sectaires s’intéressent au monde de l’éducation car il constitue un enjeu majeur et il serait incompréhensible de leur laisser le soin de façonner une partie de la jeunesse dans des valeurs anti-humanistes qui s’opposent à la liberté.

NOTES

(1) « La personnalité autoritaire » in revue des Sciences Humaines n° 115, avril 2001.

(2) « Théorie contemporaine de l’éducation » Yves Bertrand, édition chroniques sociales, Lyon 1993.

(3) Idem. Opus cité.

(4) Revue du centre « Horus », Al Thaïsis n°2 , 2ème trimestre 1992, « Enseignement : quelle éducation pour nos enfants ».

(5) Journal le Dauphiné, 28 mars 1990.

(6) Gordon Marie-Christine « devenir adulte dans deux sectes contemporaines », mémoires IUT de Tours, département carrières sociales, 1981.

(7) Marylin Ferguson « Les enfants du verseau : pour un nouveau paradigme », Calman-Lévy, 1987,parue en anglais en

(8) Catherine Kintzler « Condorcet. L’instruction publique et la naissance du citoyen », édition le Sycomore, 1984 .

(9) Cité in Henri Pena Ruiz « Dieu et Marianne. Philosophie de la laïcité », édition PUF, 1999.

(10) Hayat El Mountacir « Laïcité, écoles et sectes » in Regards sur, bulletin du CCMM, Novembre-Décembre 1999 Janvier 2000.

FRANCE

Barcelone, mai 2002

Anne Fournier

Chargée de mission à la Mission Interministérielle de Lutte contre les Sectes (MILS)

QUELLES PISTES POUR LA PREVENTION ?

S'agissant d'un colloque centré sur les enfants, je suis obligée de dire que ce que je vais vous expliquer concerne les pistes françaises, et la législation française. Non pas que je veuille nous donner en exemple, car bien des choses restent à faire, mais parce que je ne connais pas les règles qui s'appliquent précisément aux enfants ailleurs, hors du cadre très général de la Convention internationale des Doits de l'enfant.

Je tiens à préciser en outre que dans mon domaine d'activité à la MILS, l'éducation et le para-scolaire, l'enfant est entendu au sens large : il s'agit aussi de jeunes majeurs (+ de 18 ans), s’ils sont au lycée ou à la Faculté.

C'est probablement dans ce champ de la protection de l'enfance, de la garantie de ses droits (Déclaration Universelle des Droits de l'enfant), en particulier de son intégrité physique, de sa santé et de ses possibilités d'éducation que le consensus est le plus large pour une «lutte contre les sectes». Le corps social se projette dans ses enfants : ceux-ci, dans les représentations les plus communes représentent l'avenir de la société, et c'est probablement la raison pour laquelle la vox populi rejette à la fois les «sauvageons» et le terme pour les désigner. En matière de lutte contre le bizutage, de lutte contre la pédophilie, le travail entrepris par le gouvernement était attendu et est soutenu par la population. Or pour les groupes sectaires, les enfants sont un enjeu majeur. Qu'ils soient cible du prosélytisme, enjeu des ruptures induites par le sectarisme, qu'ils soient enfermés dans des citadelles hors du monde, ou bien plus fréquemment isolés de leurs camarades et de la société par les croyances sectaires de leurs parents, les enfants sont en danger. En France, on estime leur nombre à 60.000.

60 0.00 enfants qui reçoivent une éducation tronquée, souvent traumatisante autour des thèmes de l’Apocalypse). Certains sont astreints

à des régimes délirants, privés de sommeil. D'autres sont les victimes de mauvais traitements. Quelques-uns subissent des abus sexuels ou

des incestes "rituels"... Plus dociles et malléables, ils peuvent être des adeptes parfaits. Reproductibles presque à l’infini, ils assurent la

croissance et l'avenir du groupe sectaire. Ils peuvent aussi, et c'est souvent le cas, «ramener à la raison» des parents pris de doutes et qui

souhaiteraient quitter le groupe. Ils sont quelquefois utilisés comme appât pour des «méditations sensuelles» ou autres «flirty fishing». Ils sont

otages du groupe, pour apitoyer lors des quêtes, ou restreindre les opérations policières (cf. les discussions préalables à Waco). Il est donc

particulièrement important de bien cibler ce que nous pouvons, dans le cadre général des lois actuelles, poursuivre et sanctionner, mais aussi

préconiser comme précautions pour éviter un sort désastreux aux « enfants des sectes ».

I. Nature des risques

Les risques pour l'intégrité physique ne concernent pas la généralité des groupes sectaires. Mais la justice a eu à connaître des cas d'enfants dénutris, épuisés, ou sans soins, ou morts par absence de vaccination, elle a eu à instruire des affaires d'abus sexuels voire même de prostitution enfantine. Les risques pour la santé, immédiats ou à terme, sont grands dans les groupes guérisseurs ou dans ceux où le gourou impose des régimes carencés..

Les risques pour l'intégrité psychique sont beaucoup plus fréquents. Les ruptures avec les parents (enfants envoyés dans de lointains ashrams, dans des écoles du groupe à l'étranger, ou. parents eux-mêmes envoyés - en « formation »), les ruptures avec le monde extérieur (refus des fêtes, des anniversaires, des sorties scolaires ou avec les copains), la disparition des liens avec les grands-parents (perturbant la transmission transgénérationnelle) suffisent à perturber gravement un enfant. Mais tous les autres risques énumérés ont à l'évidence un retentissement psychique.

L'absence de sécurité matérielle n'est pas non plus une généralité. Mais, en particulier dans les petits groupes, la précarité est forte, soit liée aux conditions d'existence du groupe (groupe récent) soit liée aux prescriptions du gourou (régime, sommeil). Les carences affectives sont évidentes : outre les ruptures déjà évoquées, le « multiparentalisme » peut souvent apparaître à l'enfant comme de l'indifférence, voire un abandon. Le manque de copains variés, les changements de lieux ou l'enfermement provoquent aussi ces carences.

L'exploitation n'existe pas dans tous les groupes, et elle est quelquefois modulée selon l'âge. Mais chacun a vu des bambins accompagner leur mère dans une tournée de «bonne parole», vu des reportages sur les travaux agricoles ou domestiques dans des communautés fermées, vu des jeunes recruter sur la voie publique.

Ces différents risques encourus par les enfants dans le cadre des groupes sectaires sont déjà pris en compte soit dans les principes généraux du droit (déclaration universelle des droits de l'enfant interdisant le travail), soit dans l'application quotidienne de la législation : poursuites pour mauvais traitements, absence de soins, de vaccination, poursuites pour abus sexuels, placements des enfants pour absence de sécurité matérielle et carences affectives.

C'est en matière éducative qu'il faut cerner avec précision ce qu'est la mission d'éducation impartie à l’Etat, en liaison avec les parents dans la «communauté éducative». Quelle est cette mission ? Elle revêt de nombreux aspects, mais le premier est celui d'éviter toute forme d'appropriation. C'est la raison pour laquelle les parents sont intégrés aux processus éducatifs (conseils d'école ou de classe, liberté de passage ou de redoublement, participation pour un tiers aux conseils d'établissement ... ). Or l'appropriation des enfants est l'une des caractéristiques sectaires : les enfants sont considérés dès leur conception (1) comme propriété du groupe sectaire. Qui mieux qu'eux pourront être des adeptes parfaits ?

Respecter la singularité de l'enfant et préserver ses possibilités d'autonomisation est l'une des autres missions de l’Education :

les lois de la République et le principe de laïcité fait que l'on respecte ses croyances privées, son opinion, son intégrité et que l’on ne cherche pas à le modeler. Faut-il rappeler que toute forme de prosélytisme est interdite à l'école de la République? Le but du groupe sectaire n'est pas le respect de la singularité, du développement autonome. C'est au contraire l'embrigadement.

Permettre sa «socialisation» : On doit lui permettre d'évoluer avec d'autres enfants, pour parce que les autres enfants lui permettent de cerner mieux ce qu'il est, ses limites et ses premiers droits sociaux. Or certains groupes fermés, de grands groupes «ouverts» empêchent cette socialisation et instaurent des coupures définitives et une diabolisation du monde extérieur, parce que ces groupes se veulent radicalement alternatifs.

Permettre une ouverture à la diversité des possibles comme champs d'investigation intellectuelle ou comme créneaux professionnels, et faire acquérir une morale «de base», c'est ­à-dire l'adhésion à des valeurs communément admises et sanctionnées par le corpus juridique de la société dans laquelle l'enfant est amené à vivre sont les finalités ultimes que se donne l'Education. Faire de l'enfant un adulte capable de développer seul ses talents, de trouver une insertion sociale et professionnelle, d'avoir un comportement civique en démocratie. Or les groupes sectaires privent de la diversité des possibles : parce que les références doctrinales sont indépassables et sont soit le seul apprentissage de l'enfant, soit un apprentissage additif (exploitation de leur temps par l'apprentissage des textes de référence, les rituels, cérémonials, porte à porte, etc ... parce que l'univers est réduit à l'univers-prothèse du groupe, substitut familial et sociétal : les seuls repères des «enfants des sectes» sont ceux donnés par le groupe. La réadaptation à l'extérieur est extrêmement difficile, d'autant plus que l'extérieur a été en permanence dévalorisé.

Mais ce qui fait un processus éducatif réussi, c'est la combinaison de toutes les missions: que serait une éducation sans tonalité affective ? Que deviendrait un enfant uniquement socialisé ? Un processus éducatif digne de ce nom apporte de manière équilibrée une «dose» de chacune des missions. Il se doit aussi de respecter la croissance de l'enfant, et donc de proposer les acquisitions en «temps utile», donc au moment où le développement intellectuel ou physique de l'enfant les permettent, et à un rythme compatible avec la fatigabilité de celui-ci. Mais surtout ces acquisitions doivent être diverses, ouvertes sur le monde et les possibilités propres de chaque enfant, ce doit être une acquisition de langages, de savoir-faire, d'outils utilisables ailleurs et autrement, et non des contenus accumulés sans fin. Il faut privilégier l'adaptabilité à des contextes différents, avec des outils efficaces (et non la docilité et la malléabilité, qui sont une adaptation par défaut de structures propres de l'enfant).

Enfin un processus éducatif doit se conclure par l'auto-invalidation progressive des précepteurs, l'imago parentale doit être dépassée par l'adolescent, les maîtres doivent pouvoir dire : «tu en sais suffisamment maintenant pour voler de tes propres ailes». Rien de cela, et surtout pas l'auto-invalidation des maîtres n'existe dans l'univers des groupes sectaires : l'éducation dans ces groupes se caractérise par la fermeture (au monde, aux autres approches, aux autres langages, à l’autre) et par l'amputation (moins de sociabilité, moins d'autonomie, moins d'échanges).

(1) Aïvanhof O.M., Une éducation qui commence avant la naissance, Fréjus, Ed. Prosteva, coll. Izvor,1990

Il. Principe général

L'histoire française explique en très grande partie les positions prises par l’Etat dans la protection des enfants.

En effet, à la fin du XIX° siècle, la République nouvellement née s'affronte avec l'Église. C'est l'époque de ce que nous appelons les "hussards de la République". Ces hussards, ce sont les instituteurs créés par Jules Ferry en 1881, en même temps que la loi sur l'obligation scolaire.

Cette loi poursuit plusieurs objectifs :

- "éradiquer l'ignorance", c'est-à-dire alphabétiser toute la population. Cet objectif sera atteint au moment de la première guerre mondiale. Il n'y a plus d'analphabétisme, seulement de l'illettrisme.

- empêcher le travail des enfants, dans le même temps où la république met en place la journée de 12 heures, et les congés hebdomadaires obligatoires. Les vacances scolaires, qui font tant parler en France, proviennent en réalité d'une dure négociation avec le monde paysan. Il faut se souvenir qu'il y a alors plus de 60% de la population active qui vit de la terre. Pour que les petits paysans aillent à l'école, il faut leur permettre aussi d'aider leur père dans les durs travaux d'été : les vacances vont alors du 15 ou 20 juin (fenaison), jusqu'à la fin des vendanges (fin septembre).

- implanter l'idéologie républicaine : les instituteurs, et les institutrices, puisque les filles vont à l'école au même titre que les garçons, sont formés progressivement dans les écoles normales. Ils doivent enseigner la morale républicaine civique substitutive ou complémentaire à la morale religieuse. Ils font oeuvre de santé publique, en diffusant des conseils de prophylaxie, en dénonçant en même temps que Zola les ravages de l'alcoolisme. Ils enracinent l'idée du mérite. Par le système alors très favorable des bourses, les enfants des campagnes peuvent poursuivre leurs études, passer des concours de la fonction d’Etat, et donc progresser dans leur vie comme on progresse alors dans les sciences.

Si je fais ce détour dans les années 1880, c'est pour vous faire sentir à quel point l'enfance est un enjeu capital pour la République. Dès ce moment-là, l'enfant est considéré en France dans son devenir : le citoyen en herbe. Il est préservé par l’Etat, contre même ses parents : il n'y a pas de dérogation à l'obligation scolaire, comme il n'y aura pas de dérogation à l'obligation vaccinale.

Ce futur citoyen suivi de près par la République est aussi un enjeu pour les grandes religions, et en particulier l’Église catholique, largement majoritaire (en 1960, 80% des Français se déclaraient catholiques, et la plupart étaient pratiquants, au moins pour les Pâques). Le combat entre la République et l’Eglise va se clore officiellement en 1905, par la loi de séparation des églises et de l’Etat, et le système de laïcité de l’Etat mis alors en place.

III. Prévenir par l’information et la formation

Aujourd'hui, et depuis les années 80 (1983, pour être précise) la République se préoccupe des sectes. Alain Vivien, l'actuel Président de la MILS, est chargé, comme député, d'un rapport remis au Premier ministre d'alors, Pierre Mauroy. Si ce rapport n'a pas d'effets visibles pour le grand public, il a des conséquences fort importantes pour les enfants :

- information des toutes les ambassades et consulats français, aide aux “expatriés” des sectes : on ne déplore pratiquement plus de cas de déportation depuis 20 ans.

- adoption de la Convention internationale des droits de l'enfant, accélérée par l'action du Rapport Vivien et de la députée Denise Cacheux

Le drame du Vercors lié à l'Ordre du Temple Solaire, en 1994, réveille les consciences. L'Assemblée nationale crée une première commission d'enquête, sous la présidence d'Alain Gest (UDF), avec Jacques Guyard (PS) comme rapporteur. Ce rapport est adopté à l'unanimité sous le titre Les sectes -en France (2) . Il contient pour la première fois une " liste “ de 173 groupes sectaires. Cet exemple sera suivi, en particulier en Belgique et en Suisse romande.

En 1999, l'Assemblée nationale crée une seconde commission d'enquête portant, cette fois, sur les ressources des mouvements sectaires, reprend son travail d'enquête et publie Les sectes et l'argent (3) (Jean Pierre Brard, apparenté PC, président, et Jacques Guyard PS, rapporteur).

Au plan gouvernemental, l'adoption progressive de certaines dispositions législatives est ratifiée par les députés et les sénateurs : la laïcité est remise au premier plan dans le contrôle exercé sur les établissements hors contrat (loi Royal) : il s'agit pour l'Etat de s'assurer de l'hygiène et du bien-être médical des enfants, mais aussi de surveiller l'adéquation des programmes de ces structures hors normes par rapport à un savoir scientifique et une éducation à la citoyenneté. Le but, laïque par excellence, est de donner à chacun un plein épanouissement intellectuel des enfants en évitant un enfermement dans des doctrines d'exclusion.

En 1997, la création. de la MILS réaffirme le rôle du pouvoir exécutif dans la lutte contre les sectes. Dans les diverses fonctions de la MILS, la prévention est essentielle.

Elle incite. les services publics à prendre les mesures appropriées :

La MILS transmet les informations dont elle dispose aux ministères concernés, et suggère les actions à mener, les modifications réglementaires à effectuer, les dispositions de contrôle à mettre en place. Elle joue aussi un rôle dans le fonctionnement des cellules de vigilance départementales instituées par une circulaire du ministère de l'Intérieur en 1997.

Elle peut transmettre au procureur de la République les dossiers qui lui paraissent susceptibles d'une qualification pénale..

Elle contribue à la formalîon des agents publics :

Les membres permanents de la Mission interviennent dans la formation des cadres des trois fonctions publiques (d'Etat, territoriale ou hospitalière). Dans le cas particulier de l'Education Nationale, outre une Cellule de prévention interne (CPPS), la sensibilisation aux risques sectaires doit s'opérer au sein des IUFM rénovés, en 2' année, dès l'application de la réforme. Une expérimentation est prévue dans trois IUFM à compter de la rentrée 2001. (Les inspecteurs (IPR et IEN) de même que les chefs d'établissement ont été formés dans le cadre de leurs journées de formation depuis 4 ans par les soins de la CPPS).

Elle informe le public :

Par des publications ciblées (éducation, maires), par des conférences, par des contacts presse réguliers, et par le rapport annuel, la Mission informe le public de l'état du sectarisme et sur les groupes inquiétants.

Le Parlement reprend à son tour un rôle d'initiateur en matière législative :

I/ La loi Royal de 1998 permet à l'Etat de contrôler toutes les activités scolaires, que les écoles soient sous contrat ou hors contrat avec l'Etat, ou même que les enfants soient instruits par leurs parents. Ce contrôle permet de garantir l'étude critique de texte, la formation citoyenne. On peut dire qu'aujourd'hui en France, il n'y a plus d'écoles de sectes. Même les enfants de Tabitha's Place -sont aujourd'hui sous contrôle judiciaire, et le juge oblige à une scolarisation normale pour les onze familles concernées.

2/ Au Sénat (Nicolas About, UDF, rapporteur) et à l'Assemblée (Catherine Picard, PS, rapporteure) est élaborée une loi, ratifiée le 30 mai 2001, qui constitue aujourd'hui la réponse la plus appropriée aux menaces que le sectarisme fait peser à la fois sur les libertés individuelles et sur la société. Trois séries de dispositions permettent désormais à l'autorité judiciaire (et à elle seule) :

- de sanctionner plus sévèrement les infractions sectaires, y compris dans les domaines nouveaux où les sectes s'investissent (informatique notamment) ;

- de dissoudre les associations qui auraient fait l'objet d'une grave sanction pénale (avec interdiction de reconstitution) ;

- de protéger les individus, en état ou non de faiblesse contre les pressions sectaires exercées sur eux (mise en “état de sujétion”)

________

(2) Documents d'information de l'Assemblée Nationale, 1996, et sur le site Internet de l'Assemblée.

(3) Documents d'information de l'Assemblée Nationale, 1999, et sur le site Internet de l'Assemblée.

BIBLIOGRAPHIE COMMENTEE

I.- Rapports parlementaires (disponibles sur. Le site de l'Assemblée ou au Kiosque de l'Assemblée)

- Commission d'enquête de l'Assemblée nationale : Les sectes en France, Rapport 1996, Documents d'information de l'Assemblée nationale.

- Commission d'enquête de l'Assemblée nationale : Les sectes et l’argent, Rapport 1999, Documents d'information de l'Assemblée nationale.

Ces deux rapports sont facilement utilisables par des élèves de lycée qui trouveront dans le premier les critères permettant de définir une secte et la liste des principaux mouvements sectaires connus en 1995, et dans le second les mécanismes financiers des sectes.

- Vivien A., Les sectes en France: expression de la liberté morale ou facteur de manipulation - Documentation Française, 1985 - Le premier rapport sur la question. Historique.

II -. Ouvrages généraux

- Monroy M. et Fournier- A., Les sectes, Toulouse, Milan, Les essentiels

Petit ouvrage (60 p) compréhensible dès la 3e, et très utile pour le lecteur pressé.

Sur les mécanismes sectaires

- Fournier A. et Monroy M., La dérive sectaire, Paris, PUF, 1999

- Abgrall J. M., La mécanique des sectes, Paris, Payot, 1996

Ces deux ouvrages font référence pour comprendre le mécanisme de mise en "sujétion Le premier offre en outre un éclairage sur les manques de la société qui favorisent le développement du sectarisme.

Sur les enfants

- El Mountacir H., Les enfants des sectes, Paris, Fayard, 1994

Ouvrage très important et très lisible. Descriptif des paroles et des méthodes des gourous par rapport aux enfants.

III - Pour aller plus loin dans la théorie

- Sur la "manipulation mentale"

- Beauvois J.L., Joule R.V, Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens, Grenoble, PUG, 1987

Petit livre facile- pour adultes- sur toutes les manipulations mentales, pas seulement sectaires.

- Sur les abus

- Durand G.-Structure religieuse de la transgression in Violence et transgression, Anthropos, Paris1979 p 25

Référence difficile, et uniquement théorique sur ce qui amène presque obligatoirement le gourou à être transgresseur

- Sur le contexte

- Arendt H., La nature du totalitarisme, Paris, Payot, 1990

- Arendt H. Les origines du système totalitaires le système totalitaire, Paris, Seuil, réed. Points Politique 1972

Incontournable si on ne veut pas banaliser le terme "totalitarisme'

- Lacroix Michel, L'idéologie du New Age, Dominos Flammarion, 1997

Tout savoir sur le Verseau, les nouveaux traitements…. Court et bien fait pour des élèves de Terminale

Sociologie de la religion

- Weber M., Sociologie de la religion, rééd., Paris, Gallimard, Coll. Bibliothèque des Sciences humaines, 1996

- Hamayoun R.N., La chasse à l’âme. Esquisse d’une théorie du chamanisme, Société d’ethnologie, Paris, 1989

- Eliade M., Traité d’histoire des religions, Paris, Payot, rééd. 1970

Trois fondamentaux pour ceux qui s’intéressent aux “vrais religieux” pour le distinguer de l’usurpation sectaire.

- Schlegel J.L., Religions à la carte, questions de société, Hachette Dominos, 1995

- Hervieu-Léger D., La religion en miettes, Paris, Seuil 2001

- Revue ESPRIT Des religions sans Dieu ? Paris Seuil 1997

Trois ouvrages sur la thématique d’un « nouveau » religieux éclaté à risque de dérive sectaire. Seul le premier, court, est éventuellement utilisable par des élèves de lycée

IV Témoignages

- Sebag I. L’adepte, Le Comptoir 1996

- Huguenin T. Le 54e – Press Pocket-Fixotte 1996

- Darcondo J. Voyage au centre de la secte Paris Trident 1987

- Besred B. Confiteor Paris Albin Michel – Nouvelle édition « Espace libre » 1996

- Debray R. Loués soient nos seigneurs – Une éducation politique – Paris Gallimard NRF 1996, p. 427

On a mélangé volontairement des références de sortants de sectes (Iso Zen, OTS, Scientologie), avec un abbé défroqué et un politique amer. Pour réfléchir. Aucun ne peut être mis directement dans les mains des élèves (trop violents pour les sectes, trop complexes pour les autres)

V Quelques groupes

- Sectes – Etat d’urgence, Paris Albin Michel 1995 – Publication du Centre Roger Ikor

Un répertoire des principaux groupes sectaires, de leur histoire, de leurs doctrines

- Miller R. Le gourou démasqué Paris, Plon 1993

Sur Ron Hubbard, fondateur de la scientologie

- Blandre B. Les Témoins de Jéhovah, un siècle d’histoire – Paris Desclée de Brouwer 1987, op.cit.

ITALIE

Traduction française sans engagement, réalisée aimablement par Mathieu Cossu

Giorgio Gagliardi MD,Ph.

Direttore del Centro Ricerche e Studi sugli Stati di Coscienza Sede di Milano,

22033 Asso ( COMO) Italy

Contribution italienne à l’Etude de l’abus satanique et sadomasochiste dans les différents cultes, cercles de VIP et commerces de mineurs

Des sectes établies ou émergentes ou encore micro-sectes se livrent contre des enfants à des abus, tortures, assassinats ritualisés relevant de la pédocriminalité.

En 1998, le Ministre de l’intérieur Mancino a déclaré publiquement que, au cours des deux dernières années, 2.000 mineurs avaient été entendus, chiffre plutôt élevé qu’aucune institution n’a expliqué. Les sièges locaux de la police qui ont fourni ces statistiques sont seuls à connaître parfois le contenu des accusations portées par ces mineurs.

Toujours en 1998, le ministre de l’intérieur a publié une circulaire officielle « Sectes religieuses et nouveaux mouvements de magie en Italie » ; il s’agit là de l’unique document fourni par l’Etat italien concernant les nouveaux ou anciens mouvements religieux, de magie, fausses églises, églises de complaisance, psycho-sectes dont l’illégalité est constituée par la déstructuration physico-mentale de leurs victimes et les dégâts causés à leurs adeptes.

Il est en effet question de mécanismes subliminaux de fascination (lavages de cerveau) et autres méthodes destinées à limiter la liberté de la victime, à favoriser les intérêts matériels des chefs charismatiques, à cacher des comportements immoraux et des conduites illicites n’ayant rien à voir avec les déclarations sur les buts poursuivis qui donnent une apparence de respectabilité.

Il est à noter qu’il n’y a pas que des sectes ou des « cults » religieux, de magie, ésotériques mais certaines sont également politiques, commerciaux (ventes multiniveaux), psychothérapeutiques.

Contrairement à ce qui existe dans le droit anglo-saxon, le crime sectaire ou rituel n’est pas codifié dans le droit italien autrement que comme tous les autres délits (…)

Les crimes rituels sont considérés comme des actes sporadiques et occasionnels.

Le cas Pacciani (Florence) et la condamnation pour le meurtre perpétré par Nadi Roccia sur Anna Maria Botticelli et Marina Sira (Bari) ont, en quelque sorte amené à une attention particulière portée aux crimes rituels de la part des enquêteurs et des magistrats. Cependant, pour ce qui concerne la vague de meurtres rituels découverts dans les environs de Florence (cas Pacciani et autres) les preuves d’appartenance à une secte satanique et de meurtres rituels ont été habilement cachées par les organismes institutionnels.

Beaucoup plus prenant a été le procès de Modène (2000) contre les pédocriminels (….) dont les enfants avaient été violentés par les parents, des voisins, des amis et prostitués pour d’autres personnes sans parler des enregistrements de scènes de violences sur mineurs. Les enfants n’ont pas été écoutés quand ils ont indiqué les lieux où ont-ils affirmé, des enfants ont été massacrés et suspendus à des crochets pour animaux bien que l’usine indiquée était désaffectée et fermée depuis des années.

Les condamnations furent modestes, après le ballet de remplacement d’experts, malgré le suicide d’une mère et la mort d’un prêtre accusé et condamné à quatre ans de prison. Cette affaire a été décrite par le sénateur Augusto Cortelloni dans son livre « Pédophilie et Satanisme, le sale gâchis de la Bassa Modenese » (novembre 2000 édition Artestampa - Modène

Une enquête a été diligentée dans l’Oltrepo pavese (en 1998) concernant la « Villa des chrysanthèmes », secte satanique inconnue qui pourrait être la suite ou une filiale d’une autre secte satanique (1996) agissant aux alentours de Piacensa, concernée par deux « suicides » classés sans suite (2001) les enquêteurs n’ayant rien pu obtenir.

Le second suicidé était l’ami du premier, membre des pratiquants de l’occultisme et il est probable que tous les deux fréquentaient le même groupe évanoui dans le néant.

On trouve dans l’enquête « Villa des chrysanthèmes » huit arrestations, les minutes de l’enquête indiquent : « violences multiples sur mineurs, administration de drogues à des mineurs, y compris des garçons, qui doivent être amenés dans des lieux où sont pratiqués les rites. Une église dont la consécration a été annulée est considérée comme lieu d’exécution des rites mais non pas comme siège de la secte qui les exécutait et qui s’est volatilisée dans les brumes de l’Oltrepo.

La secte s’est dissoute et ne sont restés sur le ban des accusés que quelques adeptes, les autres n’ont pas été retrouvés alors qu’on a découvert les os d’un enfant.

En 1998, Marco Dimitri de Bologne, fondateur des « Enfants de Satan » a été accusé, entre autres, d’avoir enfermé un enfant dans un cercueil contenant le cadavre d’une femme. Dimitri a ensuite été acquitté mais personne n’a nié la violence physique exercée contre l’enfant enfermé dans le cercueil.

Chaque secte satanique possède ses rites qui prévoient l’utilisation des enfants mais tout ceci est habilement caché. Le traumatisme subi sera enregistré mentalement par le mineur qui, victime d’autres traumatismes consécutifs aux violences subies se confiera à des thérapeutes qui noteront ce qu’ils constatent mais ne seront pas en mesure d’apporter la moindre preuve sur les causes des dégâts psychologiques constatés.

L’abus rituel, le rituel satanique ou à tendance satanique, la pédo-criminalité déguisée en rituel ont en commun la violence de tous types sur les animaux, les êtres humains particulièrement les jeunes, les enfants, les femmes, l’usage de substances hallucinogènes, de stupéfiants, d’hypnotisants, de sang humain ou d’animaux. (voir Anton Long dans « L’Ordre des neuf Anges » qui sévit partout en Europe, et Alister Crowley dans son « Liber Legis »).

La nouvelle secte satanique appelée « Blaue Rose » est beaucoup plus destructrice. Elle est composée d’éléments racistes, de rock metal, de psycholitique et surtout d’incitation au suicide et autres divers crimes célébrés par une chanson de rock transgressive. Cette secte s’est rapidement développée à partir de l’Allemagne vers les pays limitrophes et a causé des suicides de groupes de mineurs.

La « Blaue Rose », groupe satanique a comme siège secret Reichenbach (ex Allemagne de l’est) . Elle recrute ses adeptes par Internet avec des théories disant que la vie est inutile et que la mort est agréable. En 1999, 15 suicides seraient en rapport avec cette secte destructrice. Au cours de l’ été 2000, deux jeunes de Kleis âgés de 17 ans ont envoyé un SMS à des amis de Berlin disant « Aujourd’hui est une belle journée pour mourir ». Ils ont jeté leur voiture contre un arbre. En juillet 2000, un jeune homme a tué un ami de 66 coups de couteau prétendant que Satan lui en avait donné l’ordre.

En août 2001, Michael 14 ans, Mike 17 ans, René 18 ans se sont jetés d’un pont de 78 m de hauteur. Ils avaient le corps couvert de signes sataniques. Après avoir atteint le pont avec des amis, ils ont allumé un feu puis les mains liées ils ont sauté par-dessus le feu et se sont jetés du pont en criant « Vous ne nous reverrez plus ». Sur une lettre d’adieu de René, il y avait des signes sataniques et le chiffre 666.

Le suicide est l’acte du rituel extrême le plus prisé par beaucoup de sectes sataniques car après un acte d’une telle violence des pouvoir occultes seraient donnés aux autres adeptes.

Le satanisme moderne est une sorte de bricolage de diverses tendances ésotériques dont la référence est Alister Crowley avec toutes ses publications, cérémonies et rites (Liber Legis).

Dans la majorité des cas, l’autel sur lequel est célébrée une « messe noire » est le corps d’une jeune femme ou d’un jeune homme. (Note collective de plusieurs psychothérapeutes).

Les sectes qui décrivent le rituel pour tuer un être humain comme sacrifice à Satan sont nombreuses, certaines parlent d’adultes, d’autres ne précisent rien. Le fait de ne retrouver aucune trace vient de l’utilisation désormais connue de l’acide sulfurique ou nitrique pour dissoudre tous les éléments humains indésirables.

Quel est le lien entre la pédocriminalité, les multinationales, les nouveaux mouvements religieux et les sectes ?

Statistiques

En Italie, il n’y a pas de statistique concernant les enfants dans les sectes ou dans les cultes destructifs même si nous savons que les enfants grandissent dans ces groupes pour y avoir été amenés par un des parents ou les deux qui, eux-mêmes, vivent à l’intérieur de la même secte que leurs enfants.

Les enfants n’ont pas une vie différente des autres adeptes. Ils ont des moments de vie commune.

Maltraitance des mineurs au sein de ces groupes : ces faits sont généralement rapportés par des parents qui quittent la secte. Souvent le parent sorti de la secte contacte les associations d’écoute en lien avec sa situation et même des centres d’écoute publiques. Il raconte son histoire mais aucune suite judiciaire ne peut être donnée car les mineurs sont dans le groupe. Ils risqueraient de subir des mesures de rétorsion des parents qui y sont encore ou des autres membres du groupe.

En Italie toujours, les Enfants de Dieu appelés La Famille suivent encore les instructions relatives à la force sexuelle considérée comme force de recrutement, message destiné surtout aux femme s qui par la pratique de l’union libre, rendraient peut-être adeptes leurs partenaires. L’union libre imposée à l’intérieur de la secte a de graves conséquences surtout sur les femmes qui hésiteront à quitter le groupe avec leurs enfants. Cette secte est présente dans la péninsule au sein de nombreuses petites communautés agricoles.

« Fellowship of friends», association de l’amitié. Le leader, Richard Burton, outre la prédication de catastrophes mondiales de 1998 à 2006, affirme être en relation avec la force C composée de 44 anges. Burton a souvent été cité en justice devant la Cour américaine pour abus de confiance, maltraitances sexuelles, actes sexuels sur des mineurs et souffrances morales causées intentionnellement. Cette association existe en Italie avec des sièges dans plusieurs villes et souvent les parents qui en sont adeptes partent avec leurs enfants dans d’autres villes.

Certains mouvements religieux refusent catégoriquement la présence des mineurs. C’’est le cas de l’ »Anima Universale » de Leini (Turin), de l’ « Ontopsychologia » (Pisignano) alors qu’au sein d’autres mouvements comme Damanhur et La Famille, les mineurs sont acceptés et ont même des écoles au sein du groupe, écoles qui peuvent être des jardins d’enfants ou des écoles maternelles.

Les microsectes destructrices

Les affaires qui viennent d’être rappelées ont été rapportées aux autorités institutionnelles qui ont écouté le parent privé de ses droits et de ses devoirs. Souvent cependant, le

signalement n'est pas suivi de dénonciation même si celle-ci est faite par un autre membre de la famille mais comme personne ne veut engager d'action, le tout est archivé.

Les éléments non encore publiés mais connus des autorités compétentes parlent d'un nombre croissant de micro-sectes composées de quelques familles soit d'une dizaine de personnes qui louent un local à la campagne et dirigées par un leader, homme ou femme, autoproclamé le plus souvent accompagné par des personnes de couleur se faisant passer pour des chamans.

Ceux-ci forment une communauté qui suit les doctrines et enseignements du leader qui peut faire tout ce qu'il veut sur les personnes . Il est difficile de suivre la trace de ces adeptes qui souvent passent d'un local à un autre, qui n'ont pas de numéro de téléphone fixe et qui changent souvent leur numéro de téléphone cellulaire ; la difficulté est encore augmentée par le fait qu'ils se cachent sous l'apparence de groupes agricoles situés parfois dans des endroits très éloignés dans lesquels sont cachées les personnes recherchées.

La pédocriminalîté internationale, l'Italie carrefour entre le nord de l'Europe et les pays de l'Est.

Question : Pouvons-nous considérer comme étant des sectes destructives ces réseaux internationaux qui ont en commun l'utilisation sexuelle des enfants, commettent des crimes sur mineurs sous couvert d'organisations humanitaires et politiques ou comme émanation de véritables sociétés secrètes.

A mon avis on peut répondre affirmativement à cette question ? C'est l'approche que je souhaite avec le thème de ce séminaire ainsi que je vais l'exposer.

En Suisse, la Cour criminelle de Mendrisio le 13/07/1999 s'est prononcée contre l'italien Vittorio Nitti, marié et père d'enfants qui organisait des voyages au Brésil et en Amazonie pour des pédophiles (il recrutait des enfants mais le trafic de mineurs n'a pas été prouvé). Les traits des enfants relevés sur des vidéocassettes sont de type amérindien. Nitti a été domicilié au Brésil, Boa Estrada Roralma. Il a déjà été condamné pour infraction aggravée à la législation sur les stupéfiants ( il mettait de la cocaïne dans des petits chocolats) , pour pornographie (de mineurs) dans le but de s'enrichir, il avait aménagé un appartement près de la frontière italienne, à Chiasso, au 16 de la rue Odescalchi et il était toujours en contact avec son frère, Claude qui avait établi des contacts avec la Pologne, des pays européens, le Brésil pour la diffusion et la vente de matériel pornographique concernant les mineurs .

Sur un de ses agendas ont été trouvées des adresses du monde entier et donc aussi de l'Europe de l'Ouest, des contacts avec Klopp Jean Michel au Luxembourg et d'autres correspondants luxembourgeois.

Dans l'appartement de Chiasso se trouvaient, outre des vidéos, des revues comme

« Jeunes et naturels » revue de pornographie de mineurs édités par Orwid. L'italien Nitti avait été condamné en 1996 à deux ans de prison pour trafic de stupéfiants par le tribunal de San Gallo (CH). En France, en 84 il avait écopé de 4 ans de prison et interdiction de séjour pour trafic de cocaïne avec la Colombie. Son histoire ne s'arrête pas là car il a été condamné au Brésil pour trafic de stupéfiants, pédophilie et utilisation d'un faux nom. Tout comptes faits, il pouvait recommencer ailleurs comme il l'a fait et au détriment des seuls mineurs.

Son frère Claude en a tout autant à son actif, il a été condamné à Alcamo (Trapani) pour abus sexuels sur mineurs.

Ce n'est pas le seul chemin allant de l'Italie vers le marché international, il en arrive également des pays de l'est par le passage désormais bien connu de Trieste avec la frontière commune Italie/Slovénie.

Des enfants sont abandonnés par des passeurs dans la zone aéroportuaire de transit où ils seront recueillis par la police ou par des organisations comme Charitas qui suivent ce phénomène, cela est inquiétant car ces enfants peuvent aussi être pris par des prédateurs d’enfants qui pourront en faire l’usage qu’ils désirent. Un trafic à double sens a été interrompu en avril 2001. Une statistique indiquant que le trafic d’enfants (y compris les adoptions illégales) aurait diminué en Roumanie alors qu’il augmentait en Russie est un énorme mensonge. Il est vrai que le gouvernement roumain a donné un tour de vis aux adoptions vers l’étranger et on estime que 30.000 mineurs sont exportés illégalement tandis que les enfants abandonnés dans les instituts roumains sont au nombre de 110.000.

A Bucarest, Ileana Bustea, la dame des orphelins, travaille derrière le paravent de deux organisations humanitaires Irene et Stuart.

 De RussieDe Roumanie

1996

197 580
1997 314416
1998655260
1999 834243

Ces chiffres indiquent que l’afflux de Russie a augmenté mais c’est uniquement parce que les enfants font plusieurs tours dans le pays d’où ils viennent pour arriver à Kiev et de là à Lubiana puis par Trieste, ils arrivent à Milan.

Le trafic d’enfants qui passe par Trieste ne fait pas partie des chiffres officiels : les enfants passent par petits groupes, non accompagnés par des adultes puis envoyés dans différents centres de Charitas, souvent sans avoir encore été identifiés officiellement ils disparaissent et on ne sait plus rien de leur destination.

Pour certains, la greffe d’organes dans des cliniques renommées, y compris dans le nord de l’Italie, constitue la fin du voyage. Un slovène de 14 ans en sait quelque chose lui qui, après avoir traversé la frontière slovène/ italienne, a réussi à s’enfuir à Padoue des mains de ses accompagnateurs de la clinique où il aurait terminé comme donner d’organes.

Le trafic a subi deux séries d’arrestations :

La première avec l’arrestation de Josip Loncaric, slovène en avril 2001 et de sa compagne Xue Mei Wang ; des chinois, des hindous et beaucoup d’autres ethnies passaient entre leurs mains. Les pérégrinations de ces malheureux passaient volontiers par Kiev et Lubiana, Trieste et, la partie la plus délicate consistant à entrer en Italie, était confiée à des petits délinquants sans scrupules. (On susurre que la marchandise de mauvaise qualité était ensevelie dans des lieux qui seraient devenus des petits cimetières non autorisés).

La seconde, en février 2002, avec l’arrestation de trafiquants turcs de « marchandises humaines » qui avec des passeurs locaux et italiens transportaient cette « marchandise » de Trieste à Milan puis Côme et ensuite se dirigeaient vers la Suisse en suivant les anciennes routes de contrebandiers de cigarettes.

Le commerce et le trafic des mineurs a dans les sectes et associations secrètes des défenseurs officiels et mondiaux du milieu et de sous-groupes nationaux.

25/08/95 – Sentence n° 2089 du tribunal de Milan. - Condamnation pour association de pédophiles. L’association, le groupe P, avait des statuts explicites ayant pour but une réforme législative prévoyant l’abaissement de l’âge minimum pour le consentement d’actes sexuels ou similaires. L’accusation a tenté de démontrer qu’il s’agissait d’une association qui devait être dissoute. L’association avait attribué à ses membres diverses fonctions :

- Regroupement de nouveaux éléments de séduction de mineurs

- Motivation et justification y compris idéologiques de délits commis

- Enseignement de techniques de séduction

Une nouvelle découverte après une opération de police en 1997 : Le Parti des pédophiles.

Selon le/la PM (?) Paola Mastrobernardino , plusieurs personnes impliquées dans l'enquête sur la pédophilie appartiennent ou adhèrent au Front Pédophile International Danois.

La « procura » de Naples a obtenu les résultats suivants de l'opération Cathedral : trois personnes arrêtées, cinq dénonciations, perquisitions à Naples, Catanzano, Florence et autres villes italiennes, 440 vidéocassettes et 2600 CD comprenant des scènes de pédophilie, de sévices et de meurtre d'enfants.

Le site WEB italien était associé à la grande Bretagne mais la référence était en Californie. Le coordinateur était un physicien ( ?) italien Enrico de Marinis. Un autre personnage était un pédiatre de Catanzaro Guido Ferrero qui avait pour fonction le recrutement.

En février 2002 l'association de Pordenone CIATDM a signalé à la police 170 nouveaux sites pédophiles.

Sur le grand marché télématique encore en action pour soutenir le libre amour adultes/enfants il y a le Mouvement Pédophile italien qui compte 50 soutiens actifs. Mouvement cité par le groupe Luther Blisset de Bologne. Sachez que le livre édité par ce groupe « Lasciate che i Bimbi » se trouve encore gratuitement sur le net.

On trouve également sur le net le site de l'Association danoise de pédophilie fondée en 1985 avec une filiale également en Italie et autres groupes internationaux tels que la Nambia (hftp://danpedo.dk/italiano)

27/08/2001 - les meurtres d'enfants continuent: : les techniciens de la Compagnie de téléphone Arcobaleno ont dénoncé à la Procura di Siracusa des sites Internet montrant des tortures et violences de toutes sortes sur des nouveaux-nés de douze à dix-huit mois.

Un livre clarificateur: « Une expertise des profils des pédo-criminels » de Michele Agrapart-Delmas .

Ce livre explique comment un criminel et pédo-criminel peut en arriver à passer à l'acte par l'étude de sa personnalité, ses comportements et ses délits passés.

L'auteur(e) met en garde contre les profils de criminels créés par l'intuition ou les médias, comme on le voit dans les séries télévisées particulièrement les américaines. Selon elle, il y a en Europe plus de faux experts de profils que de vrais experts de serial killers. Le vrai dommage atteint l'entourage familial ou nom de celui qui en est victime.

Pedocriminels, couvertures, abus sado masochistes, snuffmovies (vidéos de tortures et meurtre d'enfants) en Hollande.

Un autre cas retenu comme abus sexuel rituel et snuff vidéo a été perpétré en Hollande.

Hollande 1987.

Le Dr Joncher Fredericia visite un enfant qui a des pertes anales inexplicables. Dans la petite ville de Oude Peketa une centaine d'enfants appartenant à soixante-trois familles auraient été arrêtés sur la route par des adultes déguisés en clowns qui leur ont offert des glaces et de la limonade contenant de la drogue, puis ont été contraints de participer à des orgies et soumis à des violences sado sexuelles associées à des rites sataniques pour des sacrifices humains rituels et combats entre eux de ces enfants drogués et armés de couteaux..

En 1992, le Dr Jonker présenta les résultats de son enquête lors d'un congrès londonien, soutenant que les rituels décrits étaient réels et faisaient partie d'un processus connu des adultes et étaient destinés à leur donner des pouvoirs émanant de ces morts sacrificielles. L'enquête avait découvert un groupe satanique important avec des violences sexuelles de toutes natures et de meurtre d'enfants.

Il n'y a eu aucune accusation ni condamnation car, selon les magistrats intervenus dans cette affaire, il y avait un manque d'objectivité et davantage de désir de confirmation de préjudice plutôt que de recherche de la vérité.

Hollande 1998 - 18 juillet - l'ASBL MORKOVEN dans la défense des enfants.

A Zandvoort, localité balnéaire près d'Amsterdam, une bande vendait des vidéos pornographiques 20000 euros l'exemplaire. La police qui a examiné les vidéos indique « des enfants d'un ou deux ans violentés de façon brutale, drogués, torturés » et dit n'avoir jamais encore vu de telles horreurs. La bande serait basée à Berlin, centre international des pédophiles et également en Italie , près de Milan, avec studio photographique et agence de photos de modèles très jeunes, mais surtout en connexion avec l'Europe de l'Est et le trafic de clandestins et de mineurs destinés aux prélèvements d'organes, prostitution enfantine, groupes pédo criminels, vidéos, snuffmovies ou travaux débilitants.

La découverte a été faite par les bénévoles du groupe Morkhoven, association civile de lutte contre la pédophilie. Le groupe avait été contacté par ancien membre de la bande de Zandvoort.

En faisait partie, le hollandais G.Ulrich tué dans les environs de Pise par Robert Van Der Plaken actuellement en prison (condamné à 15 ans) tous les deux pédophiles avec des contacts en Croatie.

Les clients de cette bande étaient dans le monde entier: USA, Israël, Allemagne et Russie.

Il y a une enquête sur les contacts de deux pédophiles criminels anglais arrêtés à Hoordorp en Hollande.

Warwick Spinks et son complice Edward pour avoir filmé viols, tortures et meurtre d'au moins cinq enfants. ( ces groupes internationaux ne sont-ils pas des « cults » ?)

La radio canadienne CKLN 1999 dans le cadre des émissions sur les abus sexuels sur mineurs.

Le docteur Stephen Kent spécialiste du satanisme (1989) département de sociologie de l'université d'Alberta a rendu évident le fait qu'il existe un élément commun à tous les divers mouvements satanistes qu'il a connus personnellement ou dont il a étudié les écrits : ces sectes tirent leurs rituels d'un livre diffusé dans le monde entier: l'ancien testament.

Toutes les associations de protection des mineurs devraient :

Les chiffres et les informations italiens retracés ici peuvent ne pas faire toute la lumière sur l'importance de ce phénomène.

Alors que les sectes destructives qui sont bien couvertes ou protégées par des hommes de pouvoir, les associations qui voient le jour pour la défense des mineurs se font souvent la guerre froide entre elles, les comités nationaux sont dissous, tout cela ne nuit qu'aux mineurs qui sont ainsi violentés de nouveau, pour cela, il est souhaitable de

- rester unis dans la lutte commune et non faire prévaloir les intérêts personnels ou les mythomanies qui nuiront surtout aux mineurs

Sans s'irriter d'un contrôle réciproque nous devons tous indiquer ce que nous faisons et le faire, reconnaître les points de vue moins cohérents et être plus humbles et plus unis. Certaines sectes et les sectes sataniques en particulier ont des buts destructifs et de non valorisation de l'être humain : il est souhaitable de :

- Créer un flux continu d'informations et avoir un tableau récapitulatif national mis à jour en permanence sur les nouvelles associations dites humanitaires, leurs statuts, leurs qualités, et pourquoi pas des enquêtes sérieuses et objectives.

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M.Singer,Psicoterapie folli,ediz. Erickson 1999

SUISSE

Barcelone, mai 2002

La pédophilie du cas particulier au crime organisé
et l’omniprésence d’éléments sectaires.

Georges Glatz, Député au Grand Conseil de l’Etat de Vaud, délégué à la prévention des mauvais traitements envers les enfants - Délégué du C.I.D.E. (Comité International pour la Dignité de l’Enfant)

Permettez-moi tout d’abord de vous remercier de votre invitation à cette conférence où il m’a été demandé de traiter le thème : « La pédophilie du cas particulier au crime organisé et l’omniprésence d’éléments sectaires ». Mon préambule portera sur une brève présentation du Comité International pour la Dignité de l’Enfant.

Le CIDE, fondé il y a 11 ans, est une fondation reconnue d’utilité publique par l’Etat de Vaud et qui a son siège à Lausanne. Le CIDE prend pour référence la Convention internationale relative aux droits de l’enfant et milite pour le respect de celle-ci. Notre principale action consiste à mener des enquêtes puis de les transmettre aux autorités compétentes, car nous nous considérons comme des auxiliaires de la justice. Il est vrai que le CIDE est interpellé principalement sur des affaires qui concernent des abus sexuels perpétrés sur des mineurs. Cela est sans doute dû au fait qu’il y a 10 ans déjà, notre première enquête concernait une agence de voyages zurichoise, Partner Travel, qui s’était, elle, spécialisée du moins dans une de ses branches, dans le tourisme pédophile. Nous avions pu après enquête déposer une dénonciation pénale contre les représentants de l’agence en question, ce qui a eu pour conséquence la cessation des activités de cette agence de voyages qui depuis lors, a été dissoute.

Ce premier préambule précisé, venons-en au thème pour lequel vous m’avez convié.

Bien évidemment, tout abus sexuel sur un enfant est innommable ! mais lorsque l’on a à faire à des organisations structurées qui exploitent financièrement ces déviances, la lutte est encore plus difficile et c’est dans cet esprit que je voudrais développer le fil rouge de cet exposé dans lequel j’emploierai volontairement un langage assez froid pour mieux me calquer sur la réalité de ceux qui font de la pédophilie un business sans foi ni loi. Cette mise en garde s’imposait afin d’éviter toute susceptibilité de votre part.

La pédophilie est donc une attraction sexuelle pour les enfants. La première forme ou le premier cercle que nous rencontrons au CIDE est la pédophilie traditionnelle, primaire, dite de proximité. Nous ne nous y attarderons pas puisqu’elle est connue depuis la nuit des temps et que la lutte s’organise en Suisse et ailleurs en Europe de façon évolutive. C’est ce que l’une de mes connaissances, un magistrat appelle l’acte de captation sur le cercle le plus proche, c’est l’abus sexuel intra-familial ou dans le voisinage immédiat de la famille. C’est la forme la plus répandue, toutes les études le prouvent. Elle fait des ravages immenses dans nos sociétés. Il est admis selon les statistiques existantes en la matière qu’une fille sur 8 et un garçon sur 10 sont victimes d’abus sexuels avant l’âge de 18 ans, abus sexuel pris dans son sens large du terme qui va du voyeurisme jusqu’au viol le plus sordide.

Le 2e aspect de cette pédophilie dite de proximité est l’agression à l’aveuglette, agression de rue, perpétrée sur le chemin de l’école notamment où les pédophiles emploient des stratégies diverses. Stratégies douces, la séduction, ou violente, rapt rapide et brutal. Cette pédophilie de captage d’enfants à l’aveuglette est excessivement dangereuse, puisqu’on le sait, elle se termine malheureusement souvent par l’élimination de l’enfant, non par déviance, mais pour éliminer le témoin gênant conduisant à des ennuis judiciaires.

Le crime organisé lui, ne s’intéresse en rien à cette pédophilie de proximité qui est en dehors de tout circuit économique. Nous y reviendrons.

La 2e forme de pédophilie, plus élaborée, est la pédophilie dite institutionnelle, qui en principe-, je dis bien en principe, car il y a dans ce domaine des exceptions – n’a pas de lien avec la pédophilie à caractère économique. Le schéma est simple. Nous sommes en présence d’un consommateur d’enfant qui va consciemment, ou inconsciemment, se rapprocher du corps de l’enfant en s’infiltrant, par le biais d’une profession appropriée, dans une institution qui précisément s’occupe de mineurs. C’est ainsi que bon nombre de pédophiles embrassent des professions qui les mettront en contact plus directement avec les corps d’enfants, et pour ce faire, s’infiltrent dans les institutions s’occupant d’enfants telles qu’ institutions éducatives, foyers, cercles sportifs, mouvements de scoutisme, cercles de catéchisme. Et des cercles de catéchisme aux cercles sectaires, il n’y a qu’un pas. Nous aurons également l’occasion d’y revenir.

Les pédophiles qui veulent pouvoir opérer en réduisant les risques s’infiltreront dans les institutions pour handicapés, handicapés mentaux de préférence. Et lorsque les choses sont bien faites, ces pédophiles se structurent et vont en tir groupé se fixer sur telles ou telles institutions. C’est la technique du cheval de Troie. Certains pédophiles occupent dans ces organismes des postes cadre, ce qui leur permet d’engager d’autres déviants camouflés en professionnels du monde de l’enfance.

L’ex-premier juge d’instruction de Mulhouse, Germain Sangelin, qui s’est notamment occupé de débusquer des affaires de pédophilie institutionnelle, me disait que selon son expérience, lorsqu’un pédophile est identifié dans une telle institution, il faut mettre en examen l’ensemble des professionnels du secteur, pousser au maximum l’avantage en faisant parler les enfants.

Dans la plupart des cas, quasiment à chaque fois, d’autres pédophiles qui s’étaient infiltrés dans ces mêmes institutions, apparaissaient après enquête.

Sans vouloir ici brosser la liste de toutes les institutions impliquées dans des affaires d’abus sexuels, on a tous en mémoire en France, l’affaire des disparues de Lyonne, où entre 1977 et 1989, 15 jeunes filles handicapées ont été violées ou violées et tuées. On se rappelle aussi en 1997, l’immense scandale qui