L’A.M.O.R.C. sort ses griffes

(Source : site de Philippe Allard archivé sur http://web.archive.org/collections/web.html )


Les manoeuvres d’intimidation de l’Ordre Rosicrucien AMORC

Précédemment publiée aux bons soins d’un hébergeur situé sur le territoire français, la page web intitulée «L’Hérésie Rosicrucienne, ou les délires d’un Américain qui se prenait pour un Pharaon» suscita de la part des dirigeants de l’AMORC, section francophone, de vives réactions puisque ladite page web est qualifiée par leur soins de «diffamatoire». En foi de quoi ils ont purement et simplement menacé l’hébergeur et l’opérateur de les traîner en justice si la page n’était pas effacée sur le champ. Je regrette que ces gens aient cédé à l’intimidation et j’en suis d’autant plus étonné qu’une telle manoeuvre mafieuse est la preuve éclatante que l’AMORC est une secte ! Une telle réaction de la part de l’AMORC mérite d’être analysée à plusieurs titres :

Relevons tout d’abord que l’article de Raymond Lau et Nicole Bréyat et particulièrement bien documenté puisqu’il y est justement fait mention de cette obligation pour le rosicrucien de «protéger l’Ordre contre la critique». En ce sens, ils se sont révélés cohérents; agressifs, revanchards, haineux mais cohérents. Il est également très instructif, grâce à ce brusque réveil de l’AMORC, de découvrir qu’ils n’hésitent pas à louer les services d’un avocat et d’un “service juridique” pour assurer leur défense et leur protection. Je me pose dès lors, et très légitimement la question de savoir où est passé leur si noble idéal ? Où est la spiritualité dans tout ça ?

On retrouve bien la sale mentalité américaine qui consiste à te faire un procès pour un oui, pour un non (signe des temps, il n’y a qu’à voir toutes les séries télévisées made in USA qui mettent en scène des procès ou des avocats : Matlock, Perry Mason, New-York District).

La volonté affichée et déclarée d’interdire par tous les moyens, même les plus bas, toute velléité de contestation ou de critique est l’apanage des sectes. En effet, pour un non rosicrucien, la lecture du texte intitulé «L’Hérésie Rosicrucienne, ou les délires d’un Américain qui se prenait pour un Pharaon» peut à la rigueur être plaisante, mais nullement perçue comme diffamatoire. On dirait que l’avocat de l’AMORC, un certain Maître Michel Zaoui, ignore délibérément ce que signifie le mot «diffamation». Est diffamatoire un propos qui porte atteinte à la bonne réputation d’une personne physique, nullement d’une organisation ou d’une personne morale. En outre, ne peuvent être considérés comme diffamatoires que des propos mensongers et non fondés. Or, ayant fréquenté de nombreux membres de l’AMORC et ayant eu entre les mains la totalité de leurs monographies, je suis bien placé pour confirmer la véracité de tous les propos tenus par Raymond Lau et Nicole Bréyat. Je pense donc que les menaces de l’AMORC n’étaient qu’intimidantes, car si le “service juridique” de l’AMORC devait monter un dossier pour porter plainte, il serait intéressant, le jour du procès de leur montrer que tout ce qui figure dans l’article incriminé a été purement et simplement puisé dans la littérature rosicrucienne ! Assurément, en cas de procès, l’AMORC serait forcément débouté !

Je trouve un peu facile que l’AMORC, sous la simple menace de procès en diffamation, exerce ainsi son pouvoir de secte même sur des gens qui ne sont pas membres de ladite secte et qui cherchent justement, comme nous (et tant d’autres, trop peu nombreux malheureusement), à ouvrir les yeux aux gens qui se font endormir par ces endoctrineurs, ces sectaires et ces fanatiques de tous bords. C’est le dur combat de la vérité contre le mensonge. Je voudrais encore souligner le fait que vouloir à tout prix (même au prix d’un procès) bâillonner la critique extérieure relève d’un travers psychologique bien connu : le FANATISME. Avoir un service juridique qui explore Internet pour savoir si on dit du mal de la secte, ça relève aussi de la PARANOIA. Et je me demande ce que penseraient les membres de la sectes en apprenant que leur fric est, entre autre, utilisé pour payer un service juridique. Si le rosicrucianisme AMORC était un enseignement valable, si l’AMORC n’avait rien à se reprocher, l’idée ne serait même pas venue aux dirigeants de la secte de constituer un service juridique. L’existence même de ce service juridique et des propos tenus par celui-ci au sujet du fameux article est la preuve que quelque part, l’AMORC n’a pas la conscience tranquille, a quelque chose à craindre ou à perdre. Bien sûr, si nous nous replaçons dans le contexte de la réalité, l’AMORC a effectivement quelque chose à perdre : ses clients, pauvres gogos abonnés à vie à un service de “prêt à penser”, et qui dit client dit fric. En fait, il est clair qu’on ne paie un avocat que pour défendre un bien matériel. Si l’AMORC se veut un ordre mystique (AMORC signifie bien “antique mystique ordre rose-croix”), les valeurs qu’elles doit défendre ne peuvent être que mystiques et sont donc en dehors des compétences d’un juriste ou d’un législateur. La critique est, dès lors, un simple débat d’idées, de croyances. Lorsque l’AMORC affirme à qui veut bien l’entendre qu’elle n’est ni une religion, ni une secte, elle démontre néanmoins qu’elle est bel et bien une secte ET une religion par ses actes et par sa doctrine. Alors, où est la diffamation ? À propos de la mort de Spencer Lewis, j’ai remarqué que le fait qu’il soit mort relativement jeune (maladie de pléthore : crise cardiaque due à son obésité à 55 ans) avait de quoi déranger les adeptes. il est du plus élémentaire bon sens de penser qu’un «maître» ne devrait pas mourir jeune. Aussi l’AMORC a-t-il cherché à se dédouaner d’au moins trois manières :

En trichant légèrement sur l’âge de Spencer Lewis au moment de sa mort (les amorciens affirment qu’il est mort à 56 ans alors qu’en réalité il était bien âgé de 55 ans et quatre mois); En prétendant qu’il n’était absolument pas obèse (alors que toutes les photographies du personnages en sont des preuves flagrantes);
Cliquez ici pour voir une photo de Spencer Lewis, alors âgé de 54 ans. En publiant un livre intitulé «H.S. Lewis, mission accomplie» de la plume de son propre fils Ralph Maxwell Lewis (on n’est jamais mieux servi que par les siens), s’échinant à démontrer que la courte vie de Spencer Lewis fut amplement suffisante pour «accomplir son oeuvre». Après tout, jésus n’est-il pas mort à 33 ans ?

DOIT-ON LEUR ACCORDER UN DROIT DE RÉPONSE ? Conformément à la loi, seule une personne physique peut exercer un droit de réponse, si sa réputation est atteinte (Droit de réponse : droit pour toute personne nommée ou désignée dans un journal ou un périodique de faire insérer gratuitement sa réponse dans le même journal.). En tant qu’organisation, l’AMORC ne peut légalement revendiquer aucun droit de réponse. Elle peut démentir par ses propres moyens de communication et essayer de démontrer que ce qui a été déclaré à son sujet est faux, mais ce ne sera pas dans le sens légal du droit de réponse. Le fait pour l’AMORC de revendiquer un droit de réponse rejoint l’idée selon laquelle l’AMORC à quelque chose à défendre autre que spirituel ou mystique. L’AMORC poursuit un objectif mercantile et doit donc défendre son quignon de pain, comme n’importe quelle entreprise commerciale. Au cas où les amorciens l’auraient oublié, le temps où l’on brûlait les incroyants et les infidèles et révolus ! En outre la liberté d’expression, de croire et de penser est un droit acquis depuis 1789, tout du moins en France ! CONCLUSION La réaction pour le moins menaçante de l’AMORC doit particulièrement interpeller notre attention. Elle prouve que l’AMORC a quelque chose de commun avec les temps révolus de l’inquisition, ce qui est la caractéristique d’une secte. Pour citer un contre-exemple, on peut voir que l’église catholique qui est largement moquée ou critiquée par la presse satirique ou anticléricale (par ex. Charlie Hebdo) ne se rabaisse jamais à menacer de faire des procès. Si l’AMORC poursuivait réellement des objectifs mystiques, elle devrait prendre exemple sur la tranquillité tolérante de l’église catholique. Seuls le fanatisme et l’intolérance engendrent le conflit. Il est clair que les rosicruciens sont bien comme les témoins de jéhovah, totalement fermés au dialogue (ils disent être ouverts au dialogue, mais nous savons bien dans quels sens : uniquement pour vous démontrer qu’eux ont raison et nous tort). REMERCIEMENTS : Je remercie A. B., M-C. B., C. G. et bien d'autres pour avoir mis à ma disposition toute la documentation “secrète“ de l’AMORC.



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